jeudi 21 avril 2016

De suivre ou d'être




Si je ne suis plus rien, alors mon âme sombre
obscurcit de ton corps les chemins, les méandres
et les trop longs discours des gigantesques ombres,
auxquels je ne concède aucune excuse tendre.

Si je ne suis plus rien rien, alors mon âme sombre
au plus profond de l'océan de tes yeux clairs
et dans l'abysse hurlant dont ta silhouette s'ombre
afin de me confondre au spectre d'un éclair.

Alors, à toi bel astre, occupant de mes cieux
la principale part issue de mes enfers,
on a cédé la place entre mes deux essieux
sur mon automobile, et tu n'as su qu'en faire...

De l'heure — indice en lacérant la moleskine —
il ne t'est revenu que le champ d'asphodèles
où l'or fait du délice une source mesquine,
un jardin merveilleux où tout homme est fou d'elle.

De l'écartèlement d'un cœur ouvert sur toi,
je n'ai de palpitant qu'un désastre isolé,
que les quelques coulées de pierres sur un toit,
que tes larmes cachées d'un sourire immolé.

Je n'ai de palpitant que mes fables étranges
à-propos d'amants morts sur des bûchers solaires
et sur ta belle Terre avec sa peau d'orange
où tu ne t'épanouis qu'en plante parcellaire.



2 commentaires:

MC G a dit…

Parfois, quelque chose accroche, dans ma lecture, mais les deux derniers... Les vers, ce sont comme ces petits découpages au laser que l'on détache d'une carte en coupant les infimes languettes qui les retiennent entre eux. Ici, je distingue le coup d'x-acto parfait. Je retrouve mes prairies d'asphodèles.

Michel P a dit…

Bravo Marie, tu as tout dit.