samedi 21 novembre 2009

Alchimie

(1330-1418) : Nicolas Flamel
Quel joli patronyme !
que la flamme, elle,
induite par l'athanor de la passion humaine
- la vasque femelle -
où brûlent encore les fantômes de nos jeunesses détestées
par les dents qui se cassent
les cheveux que l'on ramasse
dans les conduits d'évacuation des douches roides
de lustres écossés
haricots magiques de notre alchimie.

« Changer le plomb en or »
me dis-tu ?
Convertir le mal pour un bien
les soldats pour des dents de raccroc
et quelques crocs de rats
plantés
au cœur de l'œuvre en trois temps
trois mouvements
couleur couleuvre
trois couleurs
trois coups leurrent
l'étroit cou-leurre de l'athanor
col
planté entre deux monts devenus
des frontières de paternité
la passe de Khaïber
où tout hindou couche
pour devenir roi
pour devenir père
pour mourir aussi puisque l'on tue le père
et que quand le roi est mort
on crie « Vive le Roi ! »
sur le cadavre de Kipling
« God save the King ! »
et « tu seras un Homme mon Fils ! »
départi d'artifices
départi de hoquets
dans la glace
du toit du monde où je t'ai placé...
Transmuter
mieux que muer
transmuter le plomb en or
et le verbe en pléthore
de vers
arrosant le jardin de l'avenir
de nos canaux qu'irrigue
la sève de la vie
d'un monstrueux lavis
qui devient un être entier.

« Changer le plomb en or »
d'un subterfuge

la Pierre philosophale
use
ponce
les rugosités de l'existence
les va-et-viens inutiles de tant d'hésitations
de tant de refus ou d'acceptations
de temps perdus à chercher à gagner du temps
alors que nous ne sommes voués qu'à le dépenser du mieux possible
et que chaque étreinte
chaque procréation
ne peut nous ramener
qu'à notre humaine condition
ni dieux
ni maîtres
du temps qui se rit de nous
hermétique
tel un récipient dont on ne peut contenir
la fuite intérieure
de notre contention
vase clos
- vasque femelle -
vaste fumisterie du Nous
dont il faut un jour prendre conscience
si l'on veut avancer
sur la voie de la science
sur la voie du bien-être
et du savoir de ce pourquoi l'on naît.
Subterfuge ?
Quelle curieuse étymologie !
Elle sent le brûlé
le soufre
l'Alchimie
Ignifuge est plus rassurant !
Un monde ignifugé
qui ne craint plus les incendies
qui est froid, isolé des tortures à la tête de cigarette
un monde différent du père Popieluszko
un monde sans souffrances
ni solidarité
ni bourreaux
ni tortionnaires
bref !
une vue de l'esprit pour amateurs de séries télévisuelles à l'eau de rose
pour négationnistes de guerre en ex-Yougoslavie
pour aplanir les conséquences de cinq cents ans de haine en Irlande
et planer
d'une Europe idéale
presque masturbatoire
alors qu'il s'agit de s'accoupler.

« Changer le plomb en or »
à quoi bon jouer les Gilles de Rais ?
À quoi bon se faire passer pour Barbe-bleue ou pour un violeur d'Outreau ?
Dutrou ?
Dutrou, d'Outreau, ce contrepet m'a toujours amusé...
Il résume nos confusions :
un juge
comme un coussin péteur
a du juger en fonction d'une musique des mots
influencé par son air malsain à base d'hydrogène sulfuré
œufs pourris
une odeur de soufre
Alchimie
Je ne crois pas vivre dans un monde moderne :
la torture a changé de forme
mais elle est omniprésente !
Les coupables sont toujours ceux que le peuple souhaite voir pendus
comme un cigare au bord des lèvres d'une pute des bordels de Djibouti
je n'ai pas vu
on m'a dit
mais un cigare est toujours coupable
d'une petite guillotine
juste pour fumer
le feu
d'une pointe rouge
dont on tatoue les martyrs de la Terre.

« Changer le plomb en or »
Mon Amour,
il est simple de dire les choses, de les écrire, plus difficilement de les faire, pourtant je m'y efforce
il s'agit de respecter les temps
comme en musique
de marquer de cette pointe rouge
comme d'un stick à ta bouche suave
l'heur des confluences incongrues et des perspectives bataves
les trois temps de l'Alchimie :
l'œuvre première est au noir.
On conduit l'être à sa putréfaction
que ne résiste nulle impureté !
Sont tant de souvenirs en faction
qu'il faut cette matrice cureter !
La seconde est au blanc :
petit magistère
Lune de miel
Lune de fiel
l'une m'est à l'autre ce que l'autre ne sut être à mon ciel
l'éclaircie.
Les cieux de pluie me sont si communs
ici
la pluie est un élément de composition poétique
lorsque l'on omet de se laver
on devient vert comme l'Irlande
les algues se mettent à nous pousser sur la peau
on devient de la couleur de nos pays
on fructifie
les cadeaux empoisonnés des vasques caténaires
- vases féminins -
déployant l'immensité de leur onction thuriféraire
pour un tout petit peu
de douceur débonnaire
et la couleur des yeux
qu'on croit toujours première.

Vert
de loin ou d'un pré
je rumine l'herbe du regard.
Quant à l'œuvre au rouge et à son arbre solaire
hagard
je ne sais qu'en penser.
L'air
de rien ou de près
qui ne laisse au hasard
que tant de miettes épistolaires
qui me font écrire enfin
l'Alchimie des mes vers incertains
qui se fondent en toi pour je ne sais quel matin.

mercredi 18 novembre 2009

De l'escroquerie artistique

Ce court billet fait suite à une formidable discussion sur l'espace de mon ami poète Morgan Riet, durant laquelle lui-même, Vincent M-A et "Je", nous étions livrés à un massacre désinvolte de la pseudo-poésie pompeuse et délétère.
Avant toute chose, je vous invite à revoir, ou à voir (pour peu que vous ne connaissiez point cette pièce merveilleuse), "Art" de Yasmina Reza, avec par ordre d'apparition Pierre Vaneck, Fabrice Luchini et Pierre Arditi, que Dailymotion nous offre en version intégrale : http://www.dailymotion.com/video/x66105_art-de-yasmina-reza-la-piece-aux-2_fun
Offrez-vous une heure et quart de pur bonheur devant votre écran d'ordinateur ! Passés les fous-rires, vous aurez le temps de songer à la profondeur de la réflexion sur l'amitié, et aussi sur l'art... Car tel est mon propos ce soir !
Bon !
Cet après-midi, je me suis hasardé à lire un truc sur la toile. Par gentillesse, je ne dirai ni quoi ni de qui (ne vous sentez pas tous visés, vous avez peu de chances de connaître), mais cela ne m'a fait ni chaud ni froid, tant l'aspect succinct de ce "travail", sans rimes ni l'once d'une vraie structure créative en vers libres, m'a semblé merdique... Non ! Ce n'est donc pas cela qui m'a énervé ; ce qui m'a énervé, c'est le commentaire que j'ai trouvé en-dessous.
Je veux bien être le Pierre Vaneck de service, mais ce truc était une MERDE ! Et que l'on dise d'une MERDE que c'est sublime, m'a profondément déstabilisé... J'ai cherché à y voir une image poétique (les fameuses bandes moins blanches sur un tableau blanc), mouais, peut-être, mais j'étais pas plus convaincu.
Je sais ce qu'est suer sur une œuvre lorsque l'on crée : ce n'est pas chier huit lignes sans structure avec l'apparente facilité de l'ange initiateur de pouvoir du Beau !
Et n'est pas en cause ma préférence de genre ; je suis fan' de l'écriture de Cendrars et de celle de Maïakovski (grands modernistes), je kiffe les vers libres de mon pote au point d'en avoir choisi une tournure à ma propre écriture. Non, c'est que cela me gonfle quand en matière d'art on néglige le vrai travail de l'ombre des créateurs à la sueur, pour des MERDES pondues avec l'élégance des dieux, sans effort. Et ce, tant en littérature qu'en musique, en peinture qu'en sculpture, en tous ces arts qui ont pour objectif de FABRIQUER DU BEAU, de nous raccommoder avec la putain d'vie tant elle est parfois difficile à vivre...
Je vais vous dire un truc : nous vivons dans une société qui, craignant de louper l'artiste qui va provoquer une vraie rupture en matière d'épistémologie de son art, tel Van Gogh, Rimbaud ou Camille Claudel, qui craignant de les laisser crever dans leur misère et elle, la société, dans le constat de sa bêtise et de sa pauvreté intellectuelle, préfère considérer ce qui change, choque et surprend, comme d'emblée du "beau"...
Alors oui, je ne peux pas empêcher quiconque de trouver quoi que ce soit de "beau", je me retrouve dans la position de Vaneck dans la pièce... Mais quelle ESCROQUERIE !
Et cette ESCROQUERIE ARTISTIQUE repose sur le principe sus-mentionné. Les plus habiles l'utilisent, parfois même inconsciemment, tels des mythomanes persuadés de leur mensonge...
Une chose me rassure toutefois : ce ne sont que les siècles qui décident de la valeur de l'œuvre. Quant au marché...

mardi 17 novembre 2009

Aleksandria




De lettre en minus cris, ça nous en fait combien ?
A vaincre la raison, je ne sais plus très bien...
Ce sont des histoires sans nom, drôles de trains
qui nous conduisent à germer de ces quatrains :

Ils viennent girofler la lanterne magique
des nuits tant esseulées de nos peurs névrotiques,
et le feu d'un regard de lumière antalgique,
de quelque giron phare, Alexandrie mythique.

Dressée, tel un beffroi,
font de source et fraîcheur,
qui insinue sa chair
dans ton sein, dans ton froid.
Nul n'est mauvais prêcheur
au faux-filet casher
du vœu auquel on croit,
par chance et par bonheur.

Et l'horizon marin des cieux hellénistiques,
des cités de porphyre aux teintes élastiques,
nous cause encor d'onyx et de pierre en distique,
comme des yeux que firent des dieux agnostiques.

Suivant la route d'un itinéraire enfin,
au creux d'un ventre où je crierai toujours ta faim,
tu rends soudainement uniques et certains
les uniformes lourds, poètes et crétins.

Dressée par nul effroi,
ni sang, ni nulle peur,
qui insinue sa chair
en un sinus étroit,
tu es mon Nil happeur,
mon delta, marais cher,
tu vogues comme Troie,
par chance et par bonheur.

En paroles de nuit, mes écrits incertains,
pourtant, trouvent le jour d'amers s'étant éteints ;
Est-ce ton incendie et le feu de tes livres ?
Est-ce d'un son dit ce dont tu me délivres ?

En paroles de nuit, mes écrits éclaireurs
n'en sont pas à un prêt, biblio de l'erreur...
Mais pour peu qu'éclairé, si ton signe m'atteint,
J'eusse le souvenir de ta flamme au matin...

Je saurais que c'est Toi !
Qu'à trop parler on pleure
sur nous, sur nos malheurs
sur la vague à la foi...
sur les vagues de leurres.
Laisse aller cette fois :
ta lumière, Aleksandria !
Et toutes ses ampleurs.

lundi 16 novembre 2009

Un bout de chemin ensemble

Si toute paupière est à l'œil un crépuscule,
et que parfois long nez soit ce qui le bouscule,
n'envoyons point Cléo paître à notre amertume,
dont n'est aucun écho de nos amours posthumes.

Nous sommes circonscris de doutes et d'envies,
nous sommes circoncis du culte de la vie,
ne désirons qu'infime univers de « nous deux »
et le moment intime où tout est hasardeux.

Puis, tout comme un vent frais, tout chasse nos tourments,
de qui la chouette effraie, on trace des serments,
des êtres que l'on cloue aux portes du passé,
de jolis Christ enrouent nos plaies qui sont pansées...

On dresse un mur d'échine, et il décrit nos lignes
de conduite, et se signe à l'aune d'un contrat
en quadruple exemplaire, aux stigmates malignes
des croix que pour se plaire, on crut bon graver là.

Et puis l'on se réveille, à garder près de soi
des faiblesses d'oreille aux froissements de soie
de draps que l'on se tresse en innocence pure,
emprunts de la détresse où se noient nos épures.

Sentir le chaud soleil d'un ventre sous la main,
l'incarnât du vermeil, un baiser de carmin,
fondre en fiente, en pigeon, sur un portrait ultime,
que nous seuls nous pigeons, Dewaere et balle intime.

Je veux marcher, marcher sur tant d'autres chemins
pour voir ensemble enfin, de quoi se fait demain,
de tes éclats de rire, et tant de nos soupirs,
nos regards sont l'impôt du meilleur pour le pire.

Soufflet

Drogue ! Antépénultième hymne homo à nos maux,
et triste requiem à nos vers anormaux,
tu viens peinturlurer d'un vert que ceint Étienne,
la vue que nulle urée ne ferait mieux que tienne.

Et nos sabbats d'onctions sur des croupes de chiennes,
sont de nos connexions les indicibles chaînes ;
si ce froid nous empêche à nous rejoindre enfin,
ne gardons de la pèche un rien que notre faim...

De tes bras m'enlaçant j'aimerai la chaleur,
De ton opalescent regard, les braises froides,
dont je veux, me berçant, l'appétit avaleur.

Car sous ta latitude où mes besoins s'enroident,
s'il est décrépitude étant un équateur,
j'ai pris pour habitude un baiser-étouffade !

dimanche 15 novembre 2009

Hécatonchires





Il me tarde de reprendre le train
le train des convenances
le train des choses
le train de la vie
le train-train, quoi, comme on fait coin-coin
dans chaque arrondissement de Paris
mutuel, urbain,
bonjour, bonsoir
le train des solitudes dérisoires
et des automnes qui précèdent les hivers
puis les printemps de renaissance.

Ma vie commença par le lien ténu
d'une voie ferrée
cordon ombilical d'un monde à sa mamelle
suce-pendu, aux confins de l'occident
qui tranche le soleil, le soir
de sa lame de rasoir.
Ma vie commença par le pari osé
de distendre, au sein du même fuseau horaire
l'identité nationale.
Malheur à qui écoute Mahler
en rameutant
de tels souvenirs géographiques.
De cette démarche Commune
l'on s'emmure du fait d'errer
sur les parterres de coquelicots et de bleuets
des vers d'un fort d'où « aimons-nous »
est un euphémisme grippal.
Et pourtant
en partant
sur les chemins d'amasse-poussière
sur les travées mérulées d'enfances céruléennes
comptabilisant les traverses mercières
de nos reprises sur un pantalon troué
de chutes enfantines
nous retissons
Bayeux
Aïeux
des scenarii qui mènent à des potences
de vélos
et des synopsis sur des palimpsestes qui n'ont pas eu de pot.

La voix Ferré
je reprends donc le récit :
parfois, il m'arrive de voir dans le vaste réseau de rails qui couvre le Monde
une sorte de polichinelle articulé
où chaque lieu dépend d'un autre
un théâtre de Guignol étant son propre marionnettiste
les entrelacs complexes d'une mécanique huilée par le flux des humains
au sein de fils à couper le labeur.
Babel existe !
Nous l'avons bâtie !
Mais elle ne nous a nullement rapproché du Dieu pour lequel nous nous sommes pris...
Elle n'a finalement fait que nous rapprocher de nous
enfin des autres
pour autant qu'on cessât de les ignorer
et de ne voyager que pour découvrir l'endroit
et non les gens qui le peuplent.
Vous êtes-vous déjà demandé
COMBIEN
de jours, semaines, mois ou années
vous aurez passé dans votre vie à joindre un point à un autre ?
A pied, à cheval, en voiture, en train
ENTRAIN
?
Vous êtes-vous demandé SI
entre naître et mourir
nous ne faisions
jamais que, finalement
établir une jonction ?
Et que les pointillés dont se composent nos vies
- métro
dormir
aimer
divorcer
manger
chier
thésauriser
construire
détruire
théoriser
carrièrer
couler
pisser
boire (ah, boire !)
baiser
enfanter
accoucher
élever
vieillir
perdre
partir
métro -
se remplissent d'un vide qui ressemble à la mort ?
Vivre ne serait donc que s'efforcer à resserrer ces pointillés
comme les trains s'époumonent à écourter la succession des traverses
et les temps musicaux entre chaque jointure de rail.

Ou bien alors
vivre serait remplir ces vides
d'une conscience suprême du voyage
dans la moindre des onces de son temps
dans le moindre de ses silences
dans le moindre intervalle mélodique du cht-cht
des roues
des pans
de nos parcours impersonnels.
Soufflant la buée sur la vitre
afin que nos doigts violent sa virginité neigeuse
pour l'ECRITURE
OUI !
Jusque sur la vitre des voyages ennuyeux
puisque les vies de nombreux sont des voyages ennuyeux
nous comblons des fossés de non-être
par des bêtises éphémères mises à l'index
de la peur du vide.
Nous sommes la même entité à cent mains
badigeonnant de sept à cent-vingt ans
les mots du genre humain
sur les carreaux illustrés
de poétiques plaques métalliques
les dénominant en langages européens
de
« Nicht hinaus lehnen »
« E pericoloso sporgersi »
« Do not lean out of the window »
« Il est dangereux de se pencher au dehors »
Telle est la poésie du voyage en train
résumée en ce seul quatrain.
Et ses lecteurs
écrivains digitaux
comme à Lascaux
confient leur lenteur
aux confusions hécatonchires
gardant le monde des enfers
et du chemin de fer
et de tant de tags
puisqu'en germain ça veut dire « jour ».

Ma vie commença par le lien ténu
d'une voie ferrée
comment faire « eh ! »
lorsque nous tous on continue ?

CHAOS

J'ai Érythrée des os de Lucy
En travers du nez
comme d'une maison friable
suspendue à des nerfs de bœufs...

Le monde est un juge castrateur :
Nos bâtisses sont l'objet de contensions
écartelées entre les yeux d'observateurs engoncés de bon droit,
et les oreilles d'un peuple sourd à nos supplications.

Il y a quelques millions d'années,
quand elle s'endormit dans un lit de vase,
Nul ne fut à planter des fleurs sur sa dépouille indivise :
de petits os,
tels ceux qu'il ne faut pas donner aux chiens de peur qu'ils ne s'éventrent,
des os de lapins posés par les écueils de l'histoire,
et que reconstituent les apôtres d'une science illusoire.
J'ai irrité mon encéphale du squelette de Lucy,
à me gratter l'épithète avant la phrase
et l'emphase avant le verbe,
avant l'adverbe,
avant l'Eve,
pour ne rien sortir d'autre du tombeau
que l'Evidence d'un pomme pourrie au chaud
de mes mains qui lacèrent sa peau virginale
de traits de ressemblance.

Il ne faut pas laisser le pouvoir aux phrases
de rendre un quelconque écho
de ces sentiments dont l'extase
dissèque chaque os
chaque tendon
chaque artère
Il ne faut pas
Il faut laisser le scalpel des prédations modernes
Ouvrir un saignement que l'on déteste
Aux paupières d'un monde en quête d'exhibitions.

Il faut écrire et attendre
le heurt de gauches et de droites insécantes
et nos arcs à tendre
une parousie inconséquente.

vendredi 13 novembre 2009

Déclaration

Il est grand temps que j'écrive en vers libres, afin de laisser respirer ma poésie.

Triste novembre...

Novembre est le mois du morne. Du spleen. De l'automne. De Verlaine. Annonçant l'hiver, laines et frimas, feuilles échues et chutées, chut et pourrissant.
Il fallait bien être Verlaine, avec ses aubes grises chantées par Barbara - Gottingen -, pour célébrer d'aussi belle manière ce mois de la pourriture.
La pourriture est une étape du grand cycle de la régénération ; ce n'en est pas forcément la plus folichonne, mais elle a aussi sa nécessité sans hasard. Les cadavres tombés des frondaisons comme des poilus à un chemin des dames annuel, n'en finissent pas de mêler leurs humeurs déliquescentes aux merdes de chien citadines et aux bouses rurales.
Novembre est également un mois d'armistice. Depuis tout enfant, ce mot m'a toujours épaté, tant dans son fond que dans sa forme. Armistice. Comme tout enfant j'ai posé la question : "ça veut dire qu'on a fait la paix, Papa ?"
Ah non ! Moi aussi je suis papa à présent... Ah non, non, non ! "Armistice", ça veut dire qu'on a arrêté de faire faire la guerre, mais qu'on n'a pas encore fait la paix. J'imagine Hugo (oui, j'ai affublé mon fils du sobriquet de l'homme de lettres que je déteste le plus, mais ceci est une autre histoire) me zieuter d'un air circonspect... Tu verras mon fils, lorsque tu auras divorcé, tu comprendras le sens du mot "armistice".
Et puis, novembre est aussi le mois de la mort des poètes : le 10 de 1891 pour Rimbaud, le 9 de 1918 pour Apo. Balaise, Blaise nous le rappelle dans "La main coupée" : le jour du susnommé "armistice", il rentre des funérailles de son pote, mort au champ d'honneur de l'ancêtre de l'haschinnénin. C'est con la grippe, hein ? Tu survis à une guerre pareille pour crever de cette saloperie ! Cela me rappelle l'histoire que me racontais mon père, celle de ce pilote mythique de formule 1, Alberto Ascari, je crois, en tout cas l'un des rares à pouvoir tenir la dragée haute au monument dont même les gosses d'aujourd'hui connaissent le nom avec celui d'Ayrton Senna, Fangio. Donc Ascari, l'engin dans son engin, il est sorti du tunnel à Monaco, et sur une putain de flaque d'huile, le v'là t'y pas qu'il prend la tangente direction la grande bleue. Ce sont des hommes-grenouilles qui l'ont sauvé de la noyade. Quatre jours plus tard, ce con mis au repos par son écurie, ne peut s'empêcher de prendre part à une séance d'essais privés durant laquelle il trouve la mort dès la première boucle. Mektoub !
Ce n'est pas important de mourir ! Tout le monde meurt ! Ce qui est important, c'est quand, comment et après quoi. Finalement Ascari a eu une belle mort puisque j'en parle encore... Rimbaud ? Il a crevé comme un rat ; les rats sont hémophiles, tout le monde le sait, il suffit d'entamer leur cuir pour les laisser crever. Rimbaud ? Il était déjà mort : il a cessé de vivre le jour où il décida de cesser d'écrire ; on parle de tout à son sujet, syphilis, cancer, gangrène... Oui gangrène, au moins de l'âme... Rimbaud est un fantôme qui nous laisse écrire à sa place pour tenter de la racheter au diable, mais la patente est à la hauteur de son génie. Très chère. Son génie très cher...
Bon Dieu, il faut vraiment être Verlaine pour parler de novembre, et faire d'une pourriture de mois des poésies aussi belles que la "Charogne" de Baudelaire.

Le Beau

« Le beau est toujours bizarre. Je ne veux pas dire qu'il soit volontairement, froidement bizarre, car dans ce cas il serait un monstre sorti des rails de la vie. Je dis qu'il contient toujours un peu de bizarrerie, de bizarrerie non voulue, inconsciente, et que c'est cette bizarrerie qui le fait être particulièrement le Beau. »
Charles Baudelaire

Aphorisme du jour


Ce qui me rassure, participant à des concours littéraires, c'est que Blaise Cendrars ne reçut qu'une seule et unique distinction dans toute son existence : le prix du roman de la ville de Paris. C'était quelques jours avant sa mort, il était déjà grabataire après un premier AVC...

jeudi 12 novembre 2009

Inspiration


Puisqu'un jour, tu ne viendras plus
frapper aux portes de mon crâne,
puisqu'il aura plu et déplu,
ta gouttelette en filigrane,
et que des cieux ne tomberont
que les filets des soleils d'autres,
dis-moi que nous moissonnerons
sans troquer le blé pour l'épeautre.

Dis-moi, toi, mon inspiration,
quel poète est le plus mauvais,
violant le mot « macération »
pour en tirer des « je m'en vais »,
pour arrêter toute écriture
et jouer Rimbaud sur de faux-airs,
emprisonnés de fioritures
et de déballages diserts...

Dis-moi que c'est moi, mon miroir,
que je suis le plus haïssable,
que je suis dans un entonnoir
tel un château - Kafka - de sable,
qu'il faut en sortir ou mourir,
que je dois m'attabler sans crainte
à l'œuvre de chair à nourrir
qui puisse laisser une empreinte.

Dis-moi la lumière à ton tour
et les mots vivifiants du monde,
Les Caravage et les atours
dont on orne le plus immonde,
la beauté de la création
malgré l'en-soi du diable en l'Homme,
malgré nos franches destructions,
au gré de mes Capharnaüm.

mercredi 11 novembre 2009

Na guerre

Dieu, qu'il y en avait de la verdure au pieds
des soldats qui gisaient sous l'incessante bruine,
des pantalons garance une infortunée ruine,
du soufre la fragrance en cartouches usées.

Petits piou-piou punis enluminant l'entour,
jolies fleurs démunies de la respiration,
qu'on comptait dans les champs sans autre inspiration
que ceux d'un martial chant dont ils étaient l'atour.

Si l'alizarine est pigment de la garance,
que les prés de bleuets et de coquelicots
sont aux poilus l'effet de nos cocoricos,

que soient de l'Allemagne et de la pauvre France,
le poids d'un Charlemagne au cou de nos souffrances,
et l'ex-chapelle aimant ces sarcophages rances.

11 Novembre


"Le métier d'homme de guerre est une chose dure, pleine de cicatrices, comme la poésie."
Blaise Cendrars


Blaise Cendrars était suisse de nationalité originelle. Dès 1914, il fit parti des 88 000 combattants étrangers qui s'engagèrent dans la légion pour défendre les couleurs de la France. Il écrivit même et signa un manifeste incitatif à cet engagement, de son nom de poète : Blaise Cendrars.
Mais jamais, durant son service, engagé sous un faux nom anglais, il ne mit en avant sa stature littéraire hors norme.
Il perdit un bras, le droit.
Il survécut à cette boucherie sans précédent, parce qu'il avait perdu le bras par lequel il avait écrit de si belles poésies.
Il raconte, par la voix de Jacques Bonnaffé (dans la version dite de 4h que je possède en collector de 3 CD, de son roman "la main coupée, et que je me suis offert d'écouter à nouveau ce soir, pour le souvenir), comment se déroula cette apocalypse grégaire.
Nul témoignage n'est plus saisissant ni étoffé que le sien. Les archéologues de la guerre de 14, dont j'ai pu entendre cet après-midi sur France-culture, les explications de l'un d'entre eux, y font sans cesse référence.
Il y raconte aussi comment il écrivit pour la première fois de sa main gauche, les lettres aux femmes, fiancées ou amantes de ses copains perdus.
Après la guerre, Blaise Cendrars devint un romancier majeur. Il venait d'enterrer son maître, Guillaume Apollinaire, bêtement mort de la grippe espagnole -mais meurt-on intelligemment ?-, et je ne crois pas qu'il fit l'effort idiot de croire aux lendemains qui chantent d'internationales aujourd'hui désuètes...
Il perdit un fils aviateur en 1945. La description qu'il en fit ne peut susciter aucun commentaire, juste le silence à l'ombre de l'homme et l'admiration à la lumière du littérateur.

"Hélas !... Le 26 Novembre 1945, un cable de Meknès (Maroc) m'apprend que Rémy s'est tué dans un accident d'avion.
Mon pauvre Rémy, il était si heureux de survoler l'Atlas tous les matins, il était si heureux de vivre depuis son retour de captivité en Bochie.
C'est trop triste...
Mais un des privilèges de ce dangereux métier de pilote de chasse est de pouvoir se tuer en plein vol et de mourir jeune.
Mon fils repose, au milieu de ses camarades tombés comme lui, dans ce petit carré de sable du cimetière de Meknès réservé aux aviateurs et déjà surpeuplé,
chacun plié dans son parachute,
comme des momies ou des larves qui attendent chez les infidèles, pauvres gosses, le soleil de la résurrection."
Blaise Cendrars

jeudi 5 novembre 2009

Versets versés




... sur les tombes contigües de ma mère et de son amie d'enfance.


Les fleurs que je vous offre
sont un bouquet de mots
dont je remplis un coffre
du bout de mon stylo.

Leur parfum de naguère
est à vos souvenirs,
le mien ne vaudra guère
que le blanc d'un soupir.

Ce sera donc ici,
le temps faisant son œuvre,
que seront réunis
les nids de nos couleuvres...

Les non-dits épatants
qui, d'un effet de bombe,
ô secrets éclatants,
sont cachés dans les tombes.

C'y sera donc aussi
ma dernière demeure,
et comme un dernier lit,
le fleuve où l'on se meurt.

j'y coulerai les jours
en toute éternité,
en sachant, tout autour,
vos deux maternités.

Novembre est tout plié
du feu des chrysanthèmes,
mais j'avais oublié
de vous dire "je t'aime".

mercredi 28 octobre 2009

Au fait...

... Mon petit "Pataquès", ci-dessous, était mon 500ème poème écrit ou réécrit depuis le 18 Avril 2005. Comme quoi ! :-)

mardi 27 octobre 2009

Un rêve




Heureux nous le vivrons, ce bout de temps certain,
lorsque nous marcherons à pied, main dans la main,
Et que nous gravirons les marches deux par deux,
Jusqu'à l'appartement, qui de mien sera mieux.

J'y poserai gaîment des fleurs en ton jardin,
Et tant de papillons qu'étant même fanées,
nos fièvres garderont, confites de dédain,
comme un bouton de rose ou un beau temps d'acné,
ce que l'on décompose au prisme de l'acmé.

Qui ne saura jamais la voie de nos deux vies,
ni la seule unité dont nous fissions devis
aux voix de l'explosion, aux spasmes nucléaires,
et jusqu'à mes visions d'un vide aréolaire.

lundi 26 octobre 2009

Pataquès



"Mes bien chers frères,
Mes biens chères soeurs,
RepreneR avec moi tous en choeur !"


Eddy Mitchell



Si je trace un trait rouge et, sur un mur, dis : qu'est-ce ?
Certains y voient l'amour et d'autres la passion,
Certains un corps qui bouge ou des menstruations,
Je n'y vois à ce jour que tout mon pataquès.

samedi 24 octobre 2009

Le guetteur




J'ai fait foin des douceurs, j'ai entendu des chants :
fais amie la clameur du chaos déchéant,
parcouru dans la nuit, l'onde des cris d'enfants,
ai vécu sous des pluies qu'à tout autre on défend.

Pauvre de nous, vaincus, nous errons en puisant
les furoncles au cul dont on est impuissant,
ne pouvant qu'une chose horrible : on attend !
N'ânonnant que la glose où n'est qu'impénitent...

Tant me fallut racler les quais de l'ouest extrême,
pour enfin me prouver, ô mort, que je m'aime,
que je dressai détresse à l'horizon suprême
des versets que j'engraisse au mépris de moi-même.

J'étais comme un forçat qui, tirant sur ses chaînes,
des déserts s'exerça les parcours de leurs plaines,
et du sable écœurant, lorsque la coupe est pleine,
n'eut justice qu'on rend que des glands de son chêne !

Insensible, je vois défiler dans le ciel,
des étoiles les voies qui muettes déferlent,
et de mon Finistère, la raclure de sel
dont ta joue s'encolère en y fixant des perles.

C'est que moi j'y entends le chant universel !
D'outre-chute le chant et les rimes cruelles,
sirènes lamentées qui s'écorchent entre elles
et poissons aimantés violés à tire-d'aile.

Dans les cacophonies, je patiente à présent.
Que le vrai du faux nie ses orgasmes pesants,
peu m'importe : ils sont là pour enterrer le temps !
La tombe au Mandala qui m'est dédié : j'attends...

Et comme la sœur Anne, assise en sa tour d'argent,
Lassé des combats d'âne où je sortais perdant,
Je guette aux alentours, comme tombent les dents,
couronnes sans atours et propres détergents.

vendredi 23 octobre 2009

Le temps d'aimer

Quand des êtres sexués, on secoue l'émulsion,
on récolte des suées et des pluies et des yeux,
qui dans leurs bouillons gras nous confient l'émotion,
et des mois qu'un ingrat trouverait oublieux.

Quand d'un amour sincère on ne put que s'étreindre,
qu'un rapace eut la serre à nous réduire en miettes,
faudrait-il lui laisser notre flamme à éteindre,
et des torchons brûlés, notre simple serviette ?

Je ne crois qu'aux vivants et fais fi des fantômes,
qui nous on savamment fait défi des fontaines,
mais dont nos souvenirs indécents se font "home".

Je me crois revenir sans l'once d'une haine,
je laisse à notre horloge un temps pour se calmer,
pour bâtir la loge où, sans aiguille s'aimer.

jeudi 22 octobre 2009

Sous le signe de Prévert






"Jacques, tu ne sais pas peindre, mais tu es peintre !" Pablo Picasso

Je connais assez mal la poésie de Jacques Prévert. Un peu, quand même... Mais mal ! Alors j'ai décidé d'y remédier, curieusement au moment où je m'apprête à quitter le Finistère pour Montmartre, où il résida le plus longtemps de son existence. J'ai la bio de son frère et de lui à lire, son recueil le plus connu "Paroles", à disséquer, ainsi qu'un autre recueil de circonstance que je viens de m'acheter, évidemment : "Paris est tout petit".

En quatrième de couverture figure un sizain que je trouve emblématique :

"Entre les rangées d'arbres de l'avenue des Gobelins
Une statue de marbre me conduit par la main
Aujourd'hui c'est dimanche les cinémas sont pleins
Le oiseaux dans les branches regardent les humains
Et la statue m'embrasse mais personne ne nous voit
Sauf un enfant aveugle qui nous montre du doigt."

Alors, si on le lit conformément aux canons de l'écriture classique ça nous donne ceci :
15 pieds
13 pieds
13 pieds
13 pieds
14 pieds
13 pieds

A présent, parlons ce sizain !


"Entre les rangées d'arbr' de l'av'nue des Gob'lins
Une statue de marbr' me conduit par la main
Aujourd'hui c'est dimanch' les cinémas sont pleins
Le oiseaux dans les branch' regardent les humains
Et la statue m'embrass' mais personne ne nous voit
Sauf un enfant aveugl' qui nous montre du doigt."


Ô magie, nous avons des vers en alexandrins partagés par une césure en deux hémistiches, avec rime interne !
J'adore !
Je suis vraiment fan' !
J'y trouve le contournement des règles que je ne parviens pas vraiment encore à oser, preuve (entre autres) de mon immaturité littéraire... Mais bon, mon écriture va sûrement vieillir dans le bon sens du terme. Avec l'aide de Monsieur Prévert. J'y compte ! ;-)
J'ai déjà pas mal écrit sur Paris, mais ce premier chapitre de trente textes n'est vraisemblablement qu'une introduction. Il s'y trouve un certain nombre pour lesquels j'éprouve une tendresse sincère : "Paris-indien", que nombre d'entre vous connaissent déjà, "Paris demain", idem. En l'hommage de Monsieur Prévert, je vous présente celui-ci, que je ressors de mes tiroirs pour l'occase !



La place Maubert

C’est un jour de marché, sous la rue des écoles,
Un jour de giboulées, comme des valses folles,
Au doux chant des baleines et de leurs parapluies,
Des passants dont l’haleine, en nuages, s’enfuit.

Je la vois atterrir sur la vitre embuée,
Ma frontière à franchir… Attaché au café !
D’où je regarde avide, les rues se remplir,
Comme une étoile au vide, se remet à luire.

De la Mutualité, le palais est fermé,
La rue Monge écoulée comme un temps d’aparté,
Comme une bouche muette au sourire édenté,
Une place sans fête a son identité.

Dans son chardonneret, le vieux saint Nicolas
S’arrête de prier de ses sermons sournois,
Coincé par Mitterrand et Monseigneur Lefèvre,
Entre les Bernardins et l’autre rue de Bièvre.

Parallèle au grand fleuve, il s’en va saint Germain,
Peu importe qu’il pleuve puisqu’il vient de si loin,
En remontant la Seine et le quartier latin,
Il s’achève avec peine, après la place enfin…

Maubert-Mutualité et ses marchands étals,
Tout de vert plastifiés sous l’averse martiale,
Ses légumes, ses fleurs et ses spécialités,
Je n’en garde l’odeur que d’un carreau glacé.

Mais j’en garde l’image aux rétines collée,
De l’étudiante sage que j’y attendais,
De ce blond vénitien et son parfum mouillé,
De ces moments martiens qu’à Paris j’explorais.

Et si j’étais resté béat bas de Béa,
Si ma tante en avait et que mon oncle pas…
Si Paris en bouteille avançait à la nage,
Rien ne serait pareil à ses embouteillages.

Le boul’vard saint Germain est bien à sens unique !
De vouloir l’ignorer, sous le regard des flics,
Serait suicidaire pour un permis de vivre,
C’est ainsi qu’on erre quand on est bateau ivre…

Il pleut place Maubert et c’est réconfortant,
Car il pleut comme hier, comme sur tes vingt ans,
Plus besoin de prières ni de faux semblants,
Car en son cœur de pierre sont des mots berçants.

mardi 20 octobre 2009

De ma fascination pour la peinture sur corps

Beaucoup des travaux de mon ami Manser Fluxser m'inspirent et m'impressionnent.
J'ai des raisons à cela que j'ai creusées un peu...
Il y a quelque chose de primal, de fondamentalement sensuel et humain, qui recoupe le chamanisme et les légendes, telles qu'elles furent illustrées de la plus belle manière par nombre d'auteurs.
Je suis depuis mes treize ans, fasciné par une œuvre cinématographique que je vis en première exclusivité. S'y trouve une anecdote antique sur les vertus de la magie par la peinture à même la peau.
Si vous êtes curieux, regardez ceci.
Puis cela.
"Conan", fut un film très malmené. Les muscles de Schwarzy... Un thème à trouer le cul des intellectuels...
Pourtant, excusez du peu, sa réalisation est signée John Milius -scénariste "d'Apocalypse now"- et son scénario d'Oliver Stone, que l'on connait un peu depuis...
Lorsqu'à treize ans j'ai vu ce film, j'ai été transporté. Ensuite j'ai lu Howard, l'auteur génial d'origine irlandaise qui avait inventé ce personnage, et déposait dans la même petite revue d'écrivains maudits, la construction de cet univers auprès de celui horrible de son ami H.P. Lovecraft.
Je sais que mes copains d'enfance qui lisent ceci, ont le sourire au lèvres ! :-D
On en a fait des jeux de rôle que je maîtrisais, "Légendes celtiques", "L'appel de Chtuluh"...
On avait entre dix-sept et vingt-trois ans.
Je crois qu'au début, il y eut "Conan". La ruine de Dino de Laurentis - avec le gouffre de "Dune" qui est aussi pourtant un chef-d'œuvre - nous préserva des suites médiocres qui devaient être au nombre de quatre et dont ne fut qu'une que l'on oubliera bien vite. Il nous reste "Conan", merveille absolue à la cheville de laquelle l'industriel "seigneur des anneaux", arrive à grand peine .
J'avais treize ans et plein de rêves à fabriquer, lorsque, le cinématographe se mettant en branle, me fit lire ma première phrase de Nietzche. Nous étions en 1982 ; elle n'était pas aussi populaire qu'elle l'est à présent, où même les participants des jeux de TF1 peuvent la citer. Juste après, sur ces terribles battements lents de tambour, on y parle de l'Atlantide - ah ! MÛ, l'Atlantide - et des fils d'Aryus - ceux là-mêmes à qui peu savent rattacher le terme "d'aryen". On y parle aussi d'Aquilonia, qui est le nom antique de Quimper - Howard puisait énormément dans la vasque celtique, l'Irlande, le pays de Galles et MA Bretagne...
Alors, laissez juste venir l'eau à la bouche, car il n'est rien que je ne trouve plus beau, plus captivant ni plus stimulant, que ces chansons de geste antiques où la brutalité rivalise avec la ruse, la violence avec la force et l'injustice avec le droit.

lundi 19 octobre 2009

Lilith





©Fluxser
Photo et création de Manser Fluxser
http://www.fluxser.com


Le mystère
-----------des femmes
-----------------------magiciennes
------------------------------------tient à
------------------------------------------la verdeur de leurs yeux.
Quand austère,
--------------leur flamme
------------------------méridienne,
------------------------------------croisa
------------------------------------------d'un Dieu ceux chassieux...
….................................................................................................
Qui n'aima jamais l'une de ces créatures ?
Qui ne laissa libre court aux longues tortures
de la fluorescente invasion de nos sens
qui semble nous guetter depuis notre naissance ?
…...................................................................
Lilith, Elle, avait ces yeux verts !
Lilith, Elle, fut la première.
Epouse répudiée d'Adam ?
Pauvre pomme héritée des dents
qui croquèrent le fruit des chairs,
et Salem à chaque sorcière ?
….....................................
L
..
Ainsi leur fut gravé au fer, comme un bétail,
le doigt de l'homme laid ne faisant pas détail,
pour peu que réchappassent aux bûchers l'endroit
des filles de Lilith ayant clamé leurs droits.
.............................................................
Le péché originel n'est pas celui qu'on croit :
la bible de l'homme a mis la femme en croix !
Déversé sataniq', ta mère en est victime !
Le mâle en sa tunique est l'avorteur ultime !
..............................................................
Lorsque l'on fait l'amour,
------------------------qu'elle ouvre ses deux prés,
----------------------------------------------------le regard de Lilith
se met à moi au jour.
---------------------Dieu ne sait : c'est de près
------------------------------------------------que ce m'est implicite !
Un serpent qui vous prend dans l'en dedans de l'âme,
vous saisit par la tripe en sortant les neurones,
dont elle tatoue trip sur une peau qu'enflamme
le coït hérétique où l'on en puise l'aune.
.........................................................

Lilith
......
Il n'est de cabarets à la jument cabrée
ni plus coups de balais ni danses macabrées,
il n'est que vie curieuse à toujours explorer,
et la toux impérieuse à faire expectorer !
Je ne connais pas d'homme au tel regard viride,
pas plus qu'il n'est de chat arborant trois couleurs,
comme si d'un regard surpassant toute ride,
la femme-chatte étouffait d'un rien ses douleurs...
.....................................................................
On ne peut continuer le voyage insolite
ni nos tours de pass'-pass', ni nos vers transpercés,
sans ne jamais s'en souvenir, transes percées,
sans ne jamais avoir senti, compris Lilith.

dimanche 18 octobre 2009

De jardins et de haine



©Fluxser
Photo et création de Manser Fluxser
http://www.fluxser.com






Ample aux promiscuités, la splendeur d'Ispahan
que saoules fiancées se doigtent d'une alliance,
reflète en ses miroirs les rayons d'Ys perçant
l'opacité des soirs des cités d'espérance.

Un sombre chant les berce aux jardins suspendus
par un lustre de Perse aux cristaux dispendieux,
racontant de leur chute à nos lèvres pendue,
leur légende, mais chut ! La ville d'Ys pend Dieu...

L'étroit détroit de Troie qui finit par sombrer,
de Ninive l'octroi dont me fit ta cambrure,
me sont de Babylone un souvenir ambré
des jardins où s'adonne une faible membrure...

Dans ces jardins perdus, je repense à des lois,
Que des cheveux vendus aux couleurs de l'automne,
trahiraient de l'or fauve où se fonde l'aloi
des papiers que l'on sauve et dont tant m'environnent.

Dans ces jardins venus pour que je crois en toi,
et de tant d'avenues rabattues sur mon être,
parcourir le sentier comme on glisse d'un toit,
et des pluies de tomber, m'enœiller des fenêtres...

Il n'est nulle passion à laquelle abaisser
une quelque obsession, car dans nos ciels de plomb
est oligocéphale un affront de baiser,
et la vague rafale à nos vastes surplombs...

Dans mes jardins perdus où persiste l'essence
d'un mystère odorant, d'un Eden oublié,
j'avancerai nu, si tant est que j'avance,
Et raisonnablement, tout sera tout plié...

samedi 17 octobre 2009

Le péché originel




©Fluxser
Photo et création de Manser Fluxser
http://www.fluxser.com



Des arbres de la vie et de la connaissance,
pommiers poussifs poussant d'un pubis à des seins,
sans que trace d'un vit égrainant sa semence,
n'incarnât le serpent, j'ai subi les desseins.

Nos terres sont sillons que l'on creuse en la femme !
Ton nombril est un pôle aux mondes masculins,
d'un éther sourcillons à ces sens qu'il affame !
Ta finesse d'épaule, un péché catullien.

Tu m'as laissé la vasque aux versoirs écroulés,
dans ma liquéfaction, et dans ton chandelier,
comme une tige flasque et combien mal roulée,
je n'ai plus d'effractions qu'on ne me plaint délié...

Si surnage le crawl de ces intestins frêles,
dont d'écroulants efforts dégueuleront les vers,
vérités que l'on frôle à la plume réelle,
d'écriture omnivore, on créera l'univers !