dimanche 18 mars 2012

Aphorisme du jour

"Le fait d'être seuls nous permet d'être libres, mais le fait d'être libre n'implique pas d'être seul."

Michel P

dimanche 11 mars 2012

Oustachis

In The Deathcar by Goran Bregovic on Grooveshark


Pour se payer des clopes
il faut vendre sa poésie agrafée sur du papier de pattes de mouche
tip-tip-typographiée
par « La Petite » - cadeau de Noël oublié par sa sœur aussi petite...
et cric-crac-reliée par un porte-clefs qu'une chaîne
- écart-type aux graphiques -
attache à son agrafeuse-gadget
pour faire un recueil de flops
avec des mots sortis du sourire emplumé de la bouche
miss-miss-miss-mystifiée
par les baisers que l'on jette
en cédant pour dix bals son œuvre poétique
qui n'est rien qu'un roseau qu'un post-ado' déchaîne.
Pour pouvoir s'enfumer
il faut se rendre au Luxembourg
(au Jardin, pas au paradis fécal de la « cabane au fond »
qui est la honte indénoncée de l'Union Européenne)
et quitter la petite couronne
afin de s'en poser une moyenne sur l'épithète
en pénétrant l'intra-muros
comme une aiguille de seringue, ah !
(dans la candeur insoupçonnée de son tropisme cruciforme)
sans s'imaginer que la fleur du fusil où l'on aiguise son rasoir
coupera les ailes des anges pisciformes
des vœux exocets dans mes calembours
de mes soupirs où ma muse y cause au plus profond
de mes proches au fait ou de mes roches tarpéiennes
au fond du sceau de ma daronne
la trace des forceps imprimée sur la tête
comme deux cornes de rhinocéros
la beauté par les vers est mue d'un cocon d'illusoire
elle affleure au seringa
dans des vers parfumés.

A Paris.

J'écrasai le paquet de Philip marrons entre la paume et quatre doigts
la dernière offrait ses fragrances opiacées au quai de mon attente.
La gare de Maisons-Alfort est un plongeoir vers le grand-bain parisien.
L'omnibus arrive
– Omnibus comme Omniscient ou Omnichiant quand on le prend tous les matins –
l'Homme nie l'autre rive...
L'autre rive c'est

Paris.

Les portes se sont ouvertes et je suis monté
le wagon sentait la cendre
comme à Auschwitz ou Birkenaü
ou aux ghettos de Varso-Craco-non-vie
les sièges étaient normalement éventrés
ils donnaient l'envie de descendre
mais le train nous menait là-haut
dans la ville-lumière aux lumières où l'on vit.

Paris.

Affligé contre un coin de carreau que j'embuais
je ne pus longtemps ignorer l'étrange mélodrame qui s'imposait :
dans les méandres val-de-marniens conduisant
outre le confluent
aux souterrains de la gare de Lyon
l'esclandre s'enflait en l'espace ainsi que l'eut fait un Pygmalion

Presque Paris...

Une équipée de jeunes blacks encerclait un petit bonhomme...
Le wagon chassait le dragon depuis Saint Georges et sa Villeneuve...
L'accent provocateur était celui tant imitable de la banlieue.
Les garçons gesticulaient et les filles attisaient la véhémence
ils étaient nombreux
et je ne comprenais pas pourquoi ils s'en prenaient à ce petit homme
qui taiseux laissait passer l'orage et le tonnerre
sans induire un moindre indice de colère.
Nous n'étions pas à Sarcelle ni même à La Courneuve
nous n'étions nulle part ni même en aucun lieu
pas au Darfour ni même en Casamance
ils étaient nombreux.

Paris, Gare de Lyon...

Je vais pour m'interposer entre l'équipe et ce petit homme
- l'agression que je ne comprends pas me paraît inique -
je m'approche des belligérants au moment où s'ouvrent les portes.

Emir Kusturica

Enki Bilal

Goran Bregovic

Des artistes qui m'inspirent
Je pourrais citer aussi les poètes...
Mais là
Je trouvais que ce petit homme avait un côté balkanique

Break

Lorsque les portes se sont ouvertes
et que je m'interposai pour revendre un peu
de notre tolérance inepte
et de notre droit français

Il a sorti un « coupe-chou »
un sabre

Je restai figé

un rasoir de quinze centimètres de lame
puis bondissant hors du wagon
il se mit à poursuivre dans les escalators
- qui a raison, qui a tort -
celui qui durant le voyage l'insultait
pour le saigner ou pour le tuer ?
Certains humains ont l'art et les cochons à satiété.

Je ne sais quel profil glabre
ni quelle anti-maîtresse de l'âme
eut pu placer hors de ses gonds
celui qui porte la mort sûre.

Figé
je vis la haine se précipiter
et l'arrogance déguerpir
je vis ce que subodoré
de la violence inscrite dans les gènes
de la Yougoslavie subordonnée
à ses massacres indigènes
ses sacrifices indigents.

Ô peuples de la Guerre
Ô peuple afghan
Ô peuple des Balkans
Ô boxeurs de Thaïlande et du Viet-Nam
Ô lutteurs éternels
Ô rochers de la pointe du Raz et du Vorlenn
Laissez au passé l'incarnation de son horreur
Les yeux dans les bocaux qui hantaient Pavelic
Le formol et le faire Mal aparte
puisque tout est « Kaputt »
laissez l'âme au sandwich
et la chair aux jeunes filles en fleur.

Ouaté notre monde.
Doigté notre immonde.
Et soudain la mémoire en moi de cette violence
de ce qui ressemble au monstre de Srebrenica
- plus jamais ça –
aux oustachis qui préparèrent l'épuration ethnique
aux massacres de Vrgin-Most
- plus ou moins vierges –
à notre égalité devant l'horreur
au peuple allemand qui n'est pas moins non-coupable
que le peuple français
que le peuple croate
que le peuple serbe
ni que le peuple turc.

Je n'ai jamais su si le petit homme saigna le grand black qu'il poursuivit dans les escalators
mais j'ai su qu'il ne fallait plus se fier aux apparences.

J'ai compris que l'on était peu de chose au regard de la brutalité du mouvement du monde.
J'ai compris qu'il fallait observer.
Et protéger ceux que l'on aime.

lundi 5 mars 2012

A Dame en tain




Miss, à vous parler vrai, mon état d'âme est triste,
si tant est que givré, j'ai surmonté cristaux,
et que j'ai balancé chapelets d'antéchrists
sous l’appât cadencé d'une perle entrée tôt.

Sur la rivière, épure où sont les arrondis
de ce reptile impur que les arts ont forgé
et qui vous sert de corps comme écrin pour rubis,
j'ai serti mon décor en d'amandes dragées :

J'ai cherché l'émeraude et les aigues-marines
dans les mues où je rode et les reflets d'iris,
chez la muse assouvie que mon cœur amarine.

Chez la serpente envie – belle-soeur d'Apophis –
je devine instamment ce qui me crie, hagard :
ce précieux qui nous ment mais dont on boit le regard.

mardi 28 février 2012

1992

Si loin de Bora-Bora, vingt ans dépecés,
j'ai croisé bord à bord avec les caravelles
de Colomb l'hérétique aux rêves insensés,
qui s'offrit l'Amérique en vache à lait qui vêle.

J'ai vu ces cinq cents ans aux gréements orgueilleux,
gonflés et séduisants d'un hoquet atlantique,
croiser mon bateau gris sous les cieux sourcilleux
d'un Abel amaigri par le cancer tropique.

J'ai croisé notre histoire en voiles déployées,
impudique et notoirement télescopique :
j'avais beau me pincer, j'avais beau m'employer,

le fruit de mes pensées était au point critique,
au point de non-retour où la mémoire émue
s'effondre à mon contour telle une peau de mue.

dimanche 19 février 2012

Le sommeil de l'Amen est loir

Sugar Sugar by Diving With Andy on Grooveshark


Ils me manquent parfois l'air doux, le vent d'Angers,
la procession de fois face à nos surdités,
ces sentiments qu'il faut que je revende en jets
de vers d'un vert qui faux, traduit leur nudité...

Sur la corne d'Aubance et l'aqueux mou Layon,
en joue feue ma bombance a mû d'où le corps niche,
et la mémoire aussi se retrouve en haillons,
tant ma pendule oscille entre deux hémistiches.

J'étais entre les mains d'un génie statuaire,
mais les après-demains sont privés en désir,
comme du séneçon le grain : le statut erre...

Des raisins ce ne sont pas des jus traits des ires,
mon passé - l'adipeux - crie : "chaud devant ! Danger !"
d'amours floues qu'en dits, peu me chaut de vendanger.

mercredi 15 février 2012

Agon-Coutainville

Words by The Christians on Grooveshark


Ton vent souffle le son d'un corps de harpe Agon,
et ta langue leçon d'un sable impermanent
au gré d'un havre épais renfermé sans un gond,
la Sienne en est l'épée dans mes mains de manant.

Si ton écharpe Agon coûte un vil appendice
à la côte où lagons font Geffosses commune,
je t'aurai de Blainville un câlin lapant dix,
la cale, ô Coutainville, où l'auto m'est immune.

Et dans l'emperlement des maisons biscornues,
aux céans perle ment, bourgeoisie frondemer,
il me reste ton sable entre tes plages nues.

Puis j'ai pris sur le râble un amour éphémère,
une bleue promenade où le cœur est hier
et de l'algue en salade où l'Agon sert pierres.

dimanche 5 février 2012

Quinzième round

Tomorrow (Sadio) by Salif Keita on Grooveshark

Je suis le sable du désert,
l'enclume où frappe le soleil,
les poings de plomb d'un adversaire
qu'escompte à dix un grand sommeil.

Je suis les grains de l'océan,
les dépressions du pot-au-noir,
l'effondrement sur son séant
d'ogre affamant l'Afrique noire.

Je compte
                les grains de sable
                                            aux yeux
des machineries stables
                                     d'essieux
d’acomptes
d’étrennes regrettables
                                   qu'envieux
les jeunes font jetables
                                   au mieux...

Si je suis BUMAYE ALI
que mon combat semble perdu,
c'est que j'encaisse et que je plie
comme un roseau l'indéfendu !

Je sonne la révolte humaine
aux grandes ouïes d'un continent
à l'extensible supr-hymen
où mon coeur bat depuis vingt ans.

BUMAYE ALI
                    BUMAYE ALI
                                     BUMAYE ALI
                                                    BUMAYE ALI

Le géant tombera sous les coups répétés
de la voix de ton peuple en ton poing ravageur,
tout ogre chutera parce qu'il peut chuter !
C'est la loi de nos poings et de nos mots lutteurs.

AFRIQUE ! Souviens-toi de MUHAMMAD ALI !
Le colosse a chuté sous les coups du danseur,
et la pluie s'est mise à tomber sur l'accompli
de notre prophétie distillée dans la sueur.

lundi 30 janvier 2012

Sénégal


Si sont ses élections sous ses chants alizés
et ses dérélictions laissées au grand désert,
ce pays merveilleux sera scandalisé
des mots qu'on dépouille - eux - mais dont on fit des airs :

Des langues surpassées, des voix patriotiques,
qu'un pouvoir compassé ne peut bien bâillonner,
qu'en français ou wolof on foudroie d'esthétique,
comme un commentaire "off" parfois nous baille au nez !

Or, le peuple immanent scelle dans la poussière
de l'Afrique où manants et rois s'interchangent,
le pacte citoyen des unions fiduciaires.

Lieu qui m'es mitoyen, toi théâtre d'archanges,
au cri de liberté n'est nulle scène égale
à l'ocre inimitée de ton sol, Sénégal !

dimanche 22 janvier 2012

L'oiseau du voyage*




Quoi que l'étiquette qu'à l'un colla le temps,
Puisse être la quête romantique du vide,
Je sais ces chants forts, cathédrales du vent,
Que j'exsude et t'honore en secrète Atlantide.

Je sais la latitude exacte où s'est perdue
L'identique attitude à nos nomomanies,
La langueur tahitienne et du songe à mains nues,
Cette foi qui fait sienne une humble prosodie.

Je ne sais toujours pas ce que main nue rêva,
Ce qui guide nos pas ni nos loxodromies,
Les mues du dur Adolf et de la tendre Eva...

Je ne sais que du Golfe un peu d'anatomie,
Un peu du Morbihan, beaucoup de la Guinée,
Le cola pétillant d'une bulle qui naît.

Copyright Michel P

*En tahitien se dit : "manureva"



samedi 14 janvier 2012

Dix-neuvième

Afin de savoir ce que vous en pensez...

Dix-neuvième

samedi 7 janvier 2012

De passage



A  Anita , qui fut une grande amie littératrice,
Et qui vient de mourir d'un cancer le jour de Noël...




Nous sommes de passage en ce monde aberrant,
Qui donne à Dieu l'usage où le mal exsuda,
Et cette extrême onction que soudain l'abbé rend
Contre une componction qu'affecte un ex-Juda.

Et que dire des trous dans nos mythes de couple,
Des vices, des écrous dont on bague les veaux :
Glissant dans un corsage infiniment peu souple,
Nous sommes deux pas sages mais pas au niveau...

Nous vivons sans penser ce que les ans nous rognent,
Nous luttons sans panser ces angles incarnés
Par Baudelaire en vers et contre sa « Charogne ».

Les sabots de Denver qu'on traîne à nos lignées
génétique et textuelle, ont tracé nos destins :
nous sommes la truelle où crève l'intestin.

samedi 10 décembre 2011

L'arktanthrope

Je me suis rendu compte, un mois, d'être arktanthrope,
lorsque Dame Nature émit en moi la bête,
avec les sentiments émus d'un héliotrope
et leur jolie fracture en mots analphabètes.

Oui, la jolie "failure" à l'ordi' de ma tête,
la forêt de mon corps à l'Eve et à la dent
qu'elle a contre l'allure où mes pulsions s'entêtent
à devenir décors des hivers ramadans.

Désirs, vers, on dévore un vide évident,
on lèche le miel à grands doigts évasifs
d'un fugace omnivore où la ruche est vie dans.

Et l'on guette l'abeille où les chevaux se piquent,
le cas "mue" de Camus quand il conte Sisyphe,
les baisers qu'on commue dans des ourses épiques.

lundi 21 novembre 2011

J'aragonise


Si j'avais su qu'en écrivant,
de son accroche un triolet
irait s'inscrire en tous mes vents
comme le son qu'on trie aux laids,
j'aurais soigné d'Elsa l'aimant
que mon plumage galvanise,
en décrivant exactement
qu'effectiv'ment j'aragonise...

Si j'avais vu qu'éternuant
j'arrosais le Tigre et la phrase,
mais au pot d'amis percluants
qui font que l'avenir s'écrase,
j'aurais projeté sur l'écran
des sentiments qu'on éternise,
l'image incessamment à cran
qu'effectiv'ment j'aragonise...

Et je me serais instillé
dans un tango désargentin,
la veine à l'aide d'un stylet
de tes baisers adamantins,
la fente faite entre tes cuisses
- Que Semmelweiss, oh, m'immunise ! -
sans que dire en moi nul ne puisse
qu'effectiv'ment j'aragonise...

Et j'ai posé mon long menton
sur les cannisses de tes côtes,
et l'azur vert d'un ton pour ton
sur tes lèvres que je bécote ;
si sont des conquêtes à faire,
ton ton gaulois les romanise,
mon oppidum est un enfer :
effectiv'ment j'aragonise...

Les canaux du cœur sont multiples
et toi tu me les fis gémeaux ;
tant il est vrai que nos disciples
ne sont que l'ombre de nos mots.
Ce muscle pompe et s'évertue
à masquer les rues de Venise,
mais quand s'envole la vertu,
effectiv'ment j'aragonise...

Si sont couleurs à l'arc-en-ciel
dont je n'ai plus la perception,
qui donc me payera d'un pot
la peinture à nos exceptions :
mon amour a regard persan
de ces sucettes qu'on anise...
Je sais combien je perdrais sans
qu'un jour enfin j'aragonise.

dimanche 13 novembre 2011

Aquafortiste

Eau-forte et piano-forte,
j'apporte un nom à ta portée ;
qu'en sorte un « oui » sans se forcer,
d'accorte amante on t'a corsée...

Ton aquarelle a pris mes os
- tant qu'à croire est là mon museau
qu'en broutant, jeu mène au réseau -
en breton « Je » se dit « me zo »...

S'il est un autre pour t'aimer
(cillait un nôtre aveu témé-
raire en riant des rétamés),
braire en rien n'en est l'acmé !

Tes doigts pianotent mes baisers,
tu dois grignoter mais biaiser
le long d'un sourire apaisé,
l'élan toi souris, l'a puisé !

Et croches volent à l'archer,
décrochent vol à l'arrachée !
L'amour est tellement béant
qu'un jour on finit chant bêlant...

Mais si d'Agneaux, près de Saint Lô,
je laisse la gnôle aux salauds,
c'est pour engrainer ton silo
d'avenirs aimant aussi l'eau !

Mais si ne te plaît pas ma voie,
j'accepterai que tu ne vois,
en répondant à quoi, fort triste,
que je ne suis qu'aquafortiste.

mercredi 2 novembre 2011

Novembréhal

L'arbre aux quarante écus t'a vêtue d'un drap d'or,
trente deniers d'inculte ont dépendu ma langue
en novembre, aux signaux que ce mois subodore,
quand le loup fait l'agneau comme un fruit dans sa gangue.

La vie même s'enkyste et l'on meurt près de l'âtre,
on gribouille une liste où les dates s'empilent
tant la nuit prend la place à ce jour que l'on châtre,
la pièce après sa face exhibera sa pile...

Mais ma plume est nocturne et les scènes s'écrivent,
un verset taciturne accompagne mes rimes ;
puisque faute de perle il me reste des grives,
cette plage en maërl est théâtre de crimes.

J'ai connu des chaussées (du Sillon... Saint-Malo...),
déchaussées des Chausey, autant que de jours d'an,
des Jourdain fantasmés et dont on aima l'eau,
mais n'est plus de ce met qu'un latent mal aux dents.

J'ai pris une Vanlée sur le havre susdit,
au beau des prés salés pour dédier à tout saint,
à Michel ou Martin, peu importe, mardi,
tout ce mal qui m'atteint, que je livre en vaccin.

Puis aussi j'ai traîné, Plat Gousset, montre en main,
où Granville étrennée prépare sa Noël,
car décembre est déjà siphonné par demain,
et des cendres d'orgeat reste son pain de miel.

Ville haute où s'éteint tout l'espoir de l'été,
où le croissant d'étain sur mes rides s'immisce,
puisque l'on ne peut pas être et avoir été,
laisse moi donc - sherpa - t'escalader la cuisse.

Les cafés qu'on dit d'un "nec plus ultra" marin,
n'auraient plus que dédain pour les maudits poètes ?
Il est vrai que d'oseille, ils n'ont que romarin...
et que leur nez groseille est le bec à la mouette.

Leur Ophélie, défaits dont ils vont à la quête,
fait d'eux les portefaix d'un fatalisme obtus,
et dépendants fumeux d'un fameux spirochète :
j'ai su ma Sophie lisse aux baisers qu'on m'obstrue !

Les marées sont passées sur les pas hasardeux,
les beautés ont poussé sur des champignons creux,
l'amadou brûle lent sur la mèche d'eux deux ;
si j'en suis, non-violent, c'est pour moins désastreux.

dimanche 30 octobre 2011

Impressions manchoises

C'est tel un point brandi, le bras grêlé d'estuaires,
par une maladie d'évidence océane
que la Manche retrousse un rictus qu'hélas tuèrent
les marées que repousse une onde qui s'ahane.

Mes versets singuliers dans ce pays liquide
ont l'aspect régulier des havres grimaçants,
et l'humble densité d'un salin air languide
endormant ses cités dans un rythme quiescent.

La hanche dénudée des plages cotentines,
quand Dieu se dénue dés et que tout est écrit,
se recouvre d'un drap – jet sur l'adultérine –
d'écume où s'éprendra de la fée le proscrit.

Entre-temps, suspendu par le balancement
des eaux, le dépendu de ses fourches caudines
pourra, patibulaire, espérer comme on ment,
brasser l'heur, brasser l'air, vivre un peu comme on dîne...

Puisque nos vies sont vouées à une mise en bière,
mais avant à dévouer nos deux poings à des rings,
battons-nous et tremblons que demain soit hier,
mais pour l'or du houx blond de nos enfants vikings.

Et la Manche se fait sans mendier pour autant,
et quelque étrange effet vient saluer son affront,
d'est en ouest en marais, et depuis quarante ans,
le soleil par ses rais, inonde notre front.

Là, les baies font des « V » – serpentins ostensoirs –
oubliant qu'on devait, lorsque s'en va la fougue,
à Prévert et Gourmont faire aumône d'un soir,
aux poètes gnomons donner Saint-Vaast-la-hougue...

Par ailleurs on sommeille : ici quelque port baille !
Dans sa teinte vermeille, il brille par l'absence.
Si la normande en glaise se dit « Lullaby »,
l'océan, vous en plaise, absorbe notre essence.

A la face du ciel et du grand Erebus,
dans leur reflet partiel, telle un lac haut en teint,
telle l'âme à tiroirs où l'homme est un rébus,
la mer est un miroir avec la côte en tain.

mardi 25 octobre 2011

Aphorisme à Elle (en attendant Israël...)


"L'amour, c'est comme la sélection naturelle de Darwin : ne dure que ce qui répond à l'exigence du milieu, ne résiste que ce qui a vocation de vie."

Michel P

dimanche 16 octobre 2011

L'ultime atome

Si les mots sont bannis de ce dont brille amant,
les miens sont l'avanie de ta pulpe d'émoi :
braises de bouche bée balbutiées brillamment,
un bel âtre absorbé par les cendres des mois.

S'il est feu sous ton toît et de nous synergie,
alors reproche-moi mon air d'enfant choyé,
peu m'importe l'esbrouffe où se perd l'énergie,
s'il me reste un seul souffle, il est à ton foyer !

J'ai reçu mon portrait sans le moindre éclectisme,
tel un faux Dorian Gray qu'en sosie je déçois,
ces mots - caricature - ont forgé mon mutisme,
tant la moindre rature est un refus de soi.

D'une gomme arabique à ma main l'estropiée
(la pression sur un bic nommé "simulation",
dont la griffe latente arrachait le papier),
j'ai pressé la détente avec délectation.

Caressant de ma plume un espoir juvénile,
la rivière en enclume à ton col exulta !
clavicule fluette, âme verte d'une île,
j'ébréchais mon squelette à des ailes delta.

Des oiseaux hérités - pages, rouge entonnoir -
j'ai la gorge irritée qui me dit "secours les !"
car pour toi je picole atone au siphon noir
l'encre molle où l'on colle une coquille ourlée.

J'envoie valser les temps qu'on accorde à la gym'
de ta vigie guettant tes actions à souscrire,
si singeries bouffons qu'on nous mette au régime
l'ultime atome où fond la matière à t'écrire.

dimanche 9 octobre 2011

Twins

(Mount Saint Michael - Cornwall)


When the sea let us on the shore like a poor shell
While the moon fights the day for emportin' the tide,
Front to front, Mount Saint Michael and Mont Saint Michel
are the two points of entrance in the britonside  !

mercredi 7 septembre 2011

Le parvis

D'un parvis vivipare est parvenue nouvelle,
la vipère en ma part de ce vent épervier
qui m'enserre en ses crocs ou me croque en cervelle,
dont l'hémisphère accro' vide à l'envers l'évier.

Souffle d'ouest, ô puissant giflant le Cotentin,
sur sa face fouissant, corps qui sur son cou danse,
corde raide pendue qui souvent en tente un,
je goûte de ton dû des moutons sur Coutances.

Alors ce vent malin qui soulève les jupes,
lèche d'un air salin les jarrets des clochers,
et caresse invasive, entre deux chupa-chups,

de sa pluie l'intensive il me reste l'archet,
des violons de Ferré lorsque tout est extra,
des baisers enferrés quelqu'aigreur d'un contrat.

Aphorisme socio-économique

Comme quelques autres avant moi, j'ai tissé ma vie de bouts de pauvreté pour éviter la trame de la médiocrité.

Michel P

lundi 5 septembre 2011

Aphorisme auto-non-référent

Objectivement, si moi je m'interdis peut-être certaines choses, aucune chose ne m'interdit d'être moi !

Michel P

mardi 15 mars 2011

Tanka-hommage au peuple japonais

A Fukushima
sagaie mue par le magma
par la vague amère
sort de son anonymat
l'Armageddon nucléaire.

samedi 12 mars 2011

Chroniques coutançaises, épisode premier

En Coutances, sans simplifier excessivement, il existe une rue, quelque peu diverticulable ou calculable, mais à peu de choses près une rue, taillée dans la roche telle une saignée dans une motte féodale de beurre normand, à cet autre peu de choses près d'ouest en est, de sorte que les vents dominants s'y engouffrent avec la délectation de staphylocoques pour une plaie béante. Cette rue monte sur ses deux tiers est, puis descend sur son dernier tiers ouest ; au sommet se trouve une cathédrale, au bout du tiers ouest une gigantesque église gothique, au tiers milieu des deux tiers est une imposante église romane... L'ancien oppidum est donc le fer porteur d'un trident d'édifices dont le sommital et plus prestigieux est lui-même vecteur de trois clochers : les deux des classiques tours et le troisième de celle lanterne arrosant le cœur de son puits de lumière régénérant.
Se promener dans Coutances consiste donc à monter puis descendre puis remonter et redescendre cette asymétrique artère, tel un ludion dans un tube où l'eau serait ce bleu que l'on croise dans le regard des passantes ou dans les pluies impromptues venues de la mer proche. Marcher ce court kilomètre illustré par les devantures des commerces est donc un bercement subtil et rassurant, rappelant le ventre maternel et le paradis gestatif de "l'eau fermée" de Paul Eluard. Dieu, que je m'y sens bien.