mercredi 28 octobre 2020

Daumesnil

 

J'essayais d'accrocher son bleu regard au mur
imperméable et froid de mes nuits cinéphiles
afin de n'en garder que la bobine et le fil

Et le film ainsi mu et la pièce ainsi tue
martelaient le beau rôle à l'actrice in situ
le choix moi me restait : la corde ou le bromure

On peut rêver de cieux peinturlurés d'azur
et pourtant rien ne vaut ce regard inédit
que tu me tendais comme une tasse en brisure
Oh non ! l'acquis n'est rien à ce que l'inné dit

Tout ce que le puits sans fond d'un amour éteint
fut à la volonté de vivre absolument
se trouve à la façon d'un service en étain
dans le volcan figé d'un ménage en tourment

 

mardi 13 octobre 2020

Brindille

 

J'épuise en vain ma mélodie
dans la clarté de ton regard
et sur ta lèvre en prosodie
l'entrain qui n'a su crier gare

Il reste de mon corps de rude
une corde raide et vocale
un sanglot dolent qui s'exsude
et qui se récolte en bocal

Un aquarium en aquarelle
en m'embrassant — crapaud martien —
ta bouche est un cœur et pour elle
on arracherait bien le sien

J'ai léché sur ta peau salée
les tâches de son silencieuses
et bu lentement de son lait
l'or et les pépites précieuses

À présent qu'il faut nous quitter
que tout élément du décor
au prix de notre identité
s'arrache à nos maillots de corps

Et qu'à celui des jolies filles
— au tien qu'à deux nous connaîtrons —
s'attache un lien sur les brindilles
en croyant que ce sont des troncs

samedi 10 octobre 2020

Pour Toi

 

 

J'arroserai de verbe un parterre en partant
pour te plaire emportant mes plus belles grimaces
et les deux mots d'amour que conserve le temps

J'araserai d'un trait les bleues fumigations
d'un cadavre embaumant l'écrit par contumace
où tout auteur absent s'encense et sans sanction

Chaque nuit me semble une absolue catharsis
et chaque rêve étrangle une vie mal apprise
à te chercher sans cesse au reflet des narcisses
et des printemps dénués des serments que l'on brise

Or bruissons doucement dans le feuillage ouvert
afin de grandir en paix sous les frondaisons
de notre arbrisseau généalogique offert
entre une ronce et l'objet de nos déraisons

mercredi 30 septembre 2020

Perle à rebours

 

 

Lorsqu'en t'écrivant l'encre afflue je sais qu'il pleut
qu'on pourra me maudire et que je n'en ai cure :
en ville on a jazzé sur nos comportements

Rien ne saurait mieux dire à mes pensées du Bleu
que l'infini profond de ton regard obscur
au sein duquel il est urgent de me plonger

Nous mouillons le maillot sans désir apparent
rejetant de nous deux l'idée fausse aux orties
mais en nage amoureux nous aimons le danger
— perle à rebours au doigt dont on fait le décompte

Où qu'on en soit de ma démunition sortie
d'une plume ou d'un flingue armé d'un silencieux
j'écrirai toujours afin que mes mots racontent
à ton cœur ce que ta beauté chante à mes yeux

dimanche 20 septembre 2020

Labyrinthique

 

 Au miroir de tes yeux je suis devenu gris
je me suis enivré du faux des faux-semblants
défait du vrai que l'on devrait avoir écrit 

Dans ton regard argent du noir allant au blanc
du sale allant au propre amour en quelques cris
j'ai recueilli ta bouche en pétale accablant

Dans sa caverne aiguë ma basse œuvrait sans tain
je n'en démordais pas ton cou de cygne indien
qu'un minotaure où la raison se dissimule
ait appelé deux fois comme un été anglais

Tout m'est futile et toute impasse une obsession
tout dégénère en somme et même en soustraction
tout est serpentiforme et prêt à m'étrangler
tes bras d'abord et le désir que j'accumule

jeudi 10 septembre 2020

En chair




Le pouvoir de nos mots confine au stupéfiant
désirer fait rêver mais aimer désespère
on s'enivre à vau-l'eau de billets lénifiants

Mon poème à propos de toi n'est qu'une fable
inventée tout de go par mes deux hémisphères
un voyage ineffable un mirage esthétique

Il est un puits d'ego naufragé dans les sables
une oasis enflée par ton souffle amoureux
vivre au point d'en mourir est vraiment poétique
et pourtant susciter c'est kiffer comme on crève

Un grand bleu dans tes yeux c'est un ciel dans mon rêve
éclairant sans nuage un garçon ténébreux
l'incarnat de ta lèvre est un sang dans ma chair
infusant l'indu âge à mon âme aux enchères

https://soundcloud.com/annaondu/en-chair

lundi 31 août 2020

Naïade



Quand au creux de ses vers un peu de ton essence
a d'un calice ouvert extrait la renaissance
on voit son cœur offert en guise de trophée

Quant à remettre aux fers une âme apostrophée
laisse au choix l'enfer ou l'infâme esclavage
et le chant possédé de la femme au rivage

Épanche aussi sec une intarissable soif
étanche à ce sexe inexpressif et rugueux
que ta beauté remplace irriguant de son bief
un moulin sur parole et mes mots de guingois

Vide enfin de la place un obscur importun
que déesse adorée tu n'aies plus qu'un seul homme
effeuillant ta corolle en te parlant d'amour
et des grains mordorés de ce sable incertain

https://soundcloud.com/annaondu/naiade

lundi 17 août 2020

Éléments



L'éclair griffait la nuit de ses doigts affectueux
mais l'accélération de sa lacération
te scarifiait la peau de son métal onctueux

Que l'orage à présent dépèce à l’hallali
le corps de notre amour et sa déréliction
mon cœur est en grisaille un nuage sali

Nous randonnions en rang d'oignons dans les égouts
de luxe où confinés les raffinements crûrent
infiniment plus vite et bien qu'un champignon
qui t'hallucine à t'incarner en ce qu'ils crurent

Et transpirant la terre exorcise une ondée
rigole un nom de ru dont je repars empli
dévale et puis démonte un plateau sans pignon
déchaîne et montre enfin tout mon retard en pluie

https://soundcloud.com/annaondu/elements

lundi 10 août 2020

L'émoi doute



Damnée somme d'années nos saisons se bousculent
empruntant vers l'hiver une route trop courte
allant de notre aurore à notre crépuscule

Entre les deux le corps balance et s'évertue
d'aimer trop aimant mal émancipé du temps
qui pourtant le rattrape autant que ces vers tuent

Vicieusement le jour avance en faux-fuyant
grattant les arpégés de son compte-à-rebours
au gré des traits tirés par l'archet de nos rides
et par l'épuisement des printemps s'effeuillant

Mais dans les moissons drues blondissant au soleil
il faut du coquelicot les tâches de sang
les floraisons d'été sont des cœurs endettés
le cri de désespoir et l'agonie d'amour

vendredi 7 août 2020

Asphalte



Fleur de pavot fleur de pavé fleur de pas vu
pas pris par la patrouille on te renifle on flaire
en ton parfum le doux poison de l'imprévu

Sur les chemins de croix sur les chemins de fer
et les décorations de ces apparats chics
on décalcomanie le verbe à peine offert

En le cueillant rosé sur ta bouche grenat
j'ai pu décomposer ton numéro d'artiste
et retirer la chevrotine et la grenaille
incrustées dans tes yeux comme des améthystes

En vérité je t'enlaidis tu es ma belle
expulsée de mes visions tu me descends balle
antimoine excommunié je t'ai rêvée svelte
en ce trèfle où butine un papillon d'asphalte

https://soundcloud.com/annaondu/asphalte

mardi 4 août 2020

Chiromancie



J'aime embrasser la nuit sur les Bouches du rêve
embarrasser d'idées le delta du désir
et bâtir un barrage aux confins de l'envie

Dans ces baisers de plomb le poison sert d’appât
ta langue est de mer et tes petits seins deux îles
ignorant d'un trait ce que ma pointe dura

Du pays de ta peau j'ai défait tout empire
étirant mes déliés sur ce doux palimpseste
évitant du bélier qui confine à l'inceste
une identité qui n'est que geôle où croupir

Aujourd'hui libéré de la carte en bataille
où sommeil est angoisse où la veille est défi
je m'inscris lentement dans ta ligne de cœur
Écrivain, ma plume est le fruit de vos entailles

https://soundcloud.com/annaondu/chiromancie

lundi 6 juillet 2020

Celluloïd



J'ai laissé ma dérive épuisée me guider
sur le chaud méridien de ta moelle épinière
et froissé sur ta nuque une belle orchidée

L'art a cinématographié ton réceptacle
où le nectar embaume et ta corolle enceinte
enferme enfin bien mieux qu'un noyau cellulaire

Il m'a suffit de ton regard afin de fondre
ainsi qu'une poupée de cire à l'horizon
qu'un ciel éclaire en ne pouvant que nous confondre
ensemble à l'océan de notre déraison

Le galbe délicat de ton mollet gainé
promet ton élégance au cœur de mon désir
et d'un feu minéral l'éclat de ton sourire
éclaire au plus profond le puits de mes années

https://soundcloud.com/annaondu/celluloid

mardi 9 juin 2020

Xylème



J'irai larguer les amarres des astres auxquels je me suis entravé
privé de voyages
encalminé
dans des havres de guerre
aux veilleurs marmoréens
qui font payer du passé le passage
et de l'avenir l'agrément
pour nos entrefilets et nos trop vieux gréements.
J'irai chercher l'éclatement
des bois les plus rares
et des automnes chatoyants
dans des regards brûlants
et des sèves de curare
issues des buissons d'euphorbe sauvage
ou des reliquats de sève aux essences enivrantes.
Et grisé par la mine au crayon du destin
je glisserai sur l'onde et ses interférences
écoutant les vibrations végétales
écoutant bruisser les feuillages
et grincer les tissus en croissance
écartelant les parois des alvéoles
et les fibres élastiques et turgescentes
élargissant les troncs puissants des grands ancêtres
Encore éminemment présents dans la coque
et dans l'âme inhérente au bâtiment.
Concentriques à la façon des ronds dans l'eau
le xylème a fait ses cernes
aux yeux des matelots
qu'il protège
une longue et détendue bouée
que l'on lit dans le fil du bois
comme une partition saisonnière
aux notes accrochées comme des tons de couleurs à la lignine
aux ligneurs et leurs thons pendus sous les gaules
à la ligne où le point s'est tendu pour laisser couler l'écriture
où l'encre et l'ancre ont pris la même ampleur
et la même profondeur.
Un élan vital emplit l'ensemble
un vent gonfle aussi les voiles
un sentiment d'inéluctable envie met ce corps en mouvement
je me sens repousser mes limites
on se sent repousser passée la taille
et forcir en largeur
en épaisseur
en consistance
en maturité
je ressens l'allégresse assagie de la sérénité rendue
mon vaisseau retrouvé conduit ma sève à l'état brut
élaborant des plans d'odyssées tardives essentielles
Ulysse irlandais qu'alimente un nouveau Xylème
écrivain breton sans papiers mais que l'exil aime.

dimanche 7 juin 2020

Flamme elle



Je convertirai les métaux
plutôt que les mauvais croyants
faisant des plombs des dents de l'or
et des prisons Casanova

De ces reflets carnavalesques
on extraira quelques grimaces
et de Venise entre deux eaux
quelques secrets insubmersibles

Ys est à présent sous les flots
Paris pareille est sous la scène
où l’on se joue la Comédie
du rire et du contrat social

À chaque endroit les eaux confluent
le cours du temps leur obéit
comme un Narcisse épileptique
aux soubresauts synchronisés

Le chorégraphe un alchimiste
a deviné que la flamme elle
était aussi produit d’un flux
que la lumière est la fusion

https://soundcloud.com/annaondu/flamme-elle

samedi 6 juin 2020

Éréthisme



M'étant laissé longtemps polluer
par les regards et les visages
et par les tâches de rousseur
enflammant les regards d'azur
il a fallu qu'un jour enfin
j'éteigne en moi la dictature
iconophile et féminine
assujettissant ma raison

Rêver ma muse ah ça m'amuse
et d'amour l'idée m'énamoure
en caracolant loin des corps
et loin des fleurs de chloroquine
on a bien cru m'avoir perdu
mais c'était sans me décompter
des morts-vivants de série B
s'abrutissant du sens commun

Je me retrouve enfin sans gants
dans l'brouhaha d'un cœur qui bat
tel un vieux fret entre les cordes
un drôl' de ring qui m'a sonné
me répercute un air à gares
un uppercut en pleine foi
qui me rappelle au sentiment
définissant mon éréthisme

mercredi 3 juin 2020

Précession



Petite plante annuelle il est temps de mourir
on fleurit au printemps mais la sève est fugace
et toute l'énergie s'est rangée dans nos graines
à présent parsemées sur les champs de demain

Monte un peu non sans mal au nadir un pauvre astre
et dans sa course folle une année chaque jour
un baiser du soleil a suffit pour t'ouvrir
a suffit pour tourner ta corolle à sa flamme

Un pistil est pastel ignorant la migraine
en partant l'état mien n'était pas un désastre
et pourtant l'étamine est un mot qui m'agace

À la fin me couchant sous l'horizon des mers
un public ébahi m'applaudit des deux mains
je m'achève en pluie tel un nuage essoré

https://soundcloud.com/annaondu/precession

vendredi 29 mai 2020

L'intrication quantique



Tes courbes délicates
et c'est l'hiver autour
ont du sourire en elles
à la façon Mayol

L'intrication quantique
entre nous deux s'affirme
et de ces particules
il reste nos deux noms

Il fait froid dans mon cœur
et ton étoile éclate
à la fois minuscule
et voilée de ses ailes

Or ton brasier sans viol
en ce qu'il me confirme
être un métal précieux
j'en connais le renom

Je retourne à tes yeux
quand leurs baisers m'écœurent
en janvier ces vautours
aux amours élastiques

https://soundcloud.com/annaondu/lintrication-quantique

dimanche 24 mai 2020

Le Chemin des Dames



Il pleut dans ma mémoire un soupçon d'arc-en-ciel
et le jour est bien pâle en reflet de ses teintes

Il peut se dépasser de couleurs au moins sept
et se perdre en tes yeux d'aquarelle ébahie

Lorsque la nuit s'effondre et le jour ne point plus,
nous sombrons lentement dans l'idée qu'il a plu.

La pluie s'abat comme un rideau ferme la scène
et dès lors on suspend ce théâtre essentiel

Oui l'essieu de la roue de la vie nous oblige
à rouvrir au public un champ de mine en mots

https://soundcloud.com/annaondu/le-chemin-des-dames

lundi 11 mai 2020

Le grain



Je plus aux femmes du passé
parfois averse en m'enfuyant
le tuyau se perce en amour
et les sentiments se dispersent

On se bat — Les moulins à vent
comme des moulins avant
de moudre enfin le mauvais grain
que son ivraie m'aurait livré

Je t'appelais souvent ma pluie
plus plausible adieu qu'en baisers
mais ta bouche était un brasier
d'où je ne sortais sans appui

Le poète est un postillon
qui transmet son virus aux gens
celui de la passion du vers
et du vent qui le dissémine

À force enfin de deviner
qui tu étais je t'ai touchée
ton sourire a la fluidité
d'un croissant de lune apaisée

https://soundcloud.com/annaondu/le-grain

mercredi 6 mai 2020

Lépidoptère




Papillon sur la fleur des mots
je la butine en m'ignorant
car en chaque grain de pollen
est mon histoire en morceaux

La Poésie sera toujours
une merde enveloppée d'or
et dont l'odeur éloigne et dont
l'image attire ainsi qu'un leurre

À la mouche on dépêchera
le messager de la merde et
sur ce fumier ma fleur unique
aura le parfum de la Rose

Elle aura sa grâce et son teint
son incorruptible énergie
son poison qui m'est un délice
et mon ultime idée de la Mort

Alors obsédé de survivre
et de l'aimer quelque peu plus
je lui ferai pleuvoir mes phrases

vendredi 24 avril 2020

SarsCoV2



Le virus est ici dans ta bouche où j'expire
on se rend dans la tombe où la peur nous convie
l'hôpital éperdu croule de lits perdus
je bégaie je bégaie ma béquille est en moi

J'ai mes mots dans la pluie qui s'abat sur l'epp'lé
j'ai mes maux dans la plaie qui s'abat sur la plèbe
et le sentiment se récolte au revolver
et les morts en caissons dans nos yeux s'accumulent

On dira du virus un paquet de conn'ries
mais en face de lui le riche est un mendiant
puissions-nous de concert oublier notre banque

On vivra survivra si les Dieux nous l'accordent
un jour un écrivain saisira mon poème
en fera son roman tout s'écrit par-dessus

https://soundcloud.com/annaondu/sarscov2

mercredi 22 avril 2020

La nuit de silence



Dans ma nuit de silence où passe ton fantôme,
où ta beauté se perd et le fil est rompu,
de toi je désespère et n'ai plus un atome
innocent de t'aimer tout autant qu'il ait pu.

Du puits de ton regard où la source est si claire,
au fruit charnu brûlant de ta bouche idéale,
il me faut t'espérer comme on passe en éclair,
et de t'attendre aussi la patience immorale.

Il me faut te l'écrire et rêver ta réponse,
un cri désespéré dans la nuit du silence ;
il me faut recueillir un baiser que tu lances...

À ma belle héroïne, à l'amour qui m'enfonce,
à la femme idéale entourée de murailles,
il me faut grafiter la paroi du sérail.

https://soundcloud.com/annaondu/la-nuit-de-silence

lundi 20 avril 2020

Poésie



Je me rêvais Borges et des fois Pessoa
m’imaginais serpent dans la mue d’un boa
je pensais qu’un faux-nom feraient mes écrits vrais
mais de ce faux espoir on est resté navré

Moi j’adorais Racine et Molière et Boileau
j’étais le végétal en beaux vers à vau-l’eau
je composais pour toi le bouquet le plus beau
je me croyais géant je n’étais qu’un nabot

J’ai beau vouloir m’en faire à force de t’aimer
La peau d’homme est panthère et sa tâche est semée
dans les sillons du verbe où je me perds à l’envi

J’ai beau vouloir m’enfuir rien ne peut résumer
la Poésie ce qui compte le plus dans ma vie
je la lis je l'écris la partage et la vis

https://soundcloud.com/annaondu/poesie

samedi 4 avril 2020

Transgression



J'ai déchiré devant
le public un rideau
de nos passions cachées

J'ai révélé l'intime
au cœur atomisé
de notre union fugace

Un regard a suffi
pour m'enchaîner à toi
comme un bateau coulé

Le Rimmel à tes cils
a bien su larmoyer
pour m'envoyer au fond

De ta mine d'aisselle
et des coins de ton corps
où se fourre un poème

À quoi bon composer
ces décompositions ?
L'Amour a fait des vers...

Et Toi magnifique
avec tes grands yeux verts
avalant mon désir

Et l'ayant digéré
je supplie ton sourire
et tes clignements d'yeux

Mais pour être poète
il faut être tombé
amoureux de tant d'autres

https://soundcloud.com/annaondu/transgression

jeudi 26 mars 2020

Crusoë



Il est minuit au square du temps
ma montre molle est indécente
à remonter l'écran du JE
Je ne sais plus mon score latent

Je suis sur mon île disserte
à te raconter mon récit
je suis un puits pour que mon eau
te rafraîchisse à moindre frais

L'isolement quoi qu'infernal
est cellulaire et biologique
une paroi chronologique
a mis plus d'espace entre nous

La pluie qui tombe à petits pas
Du coup respectant la mesure
Où la taille obscure est sévère
Oui manque en baisers répétés

Tu dis : « Robinson, je t'attends ! »
mais c'est un merveilleux mirage
éloignez-moi de la beauté
je veux mourir en gribouillant

https://soundcloud.com/annaondu/crusoe