vendredi 12 octobre 2018

Bris de vie






On est des animaux de verre
à la fourrure accidentée,
dont le passage un peu sur Terre
est foin d'une paille écourtée.
Je suis aussi Patrick Dewaere
à l'incongrue fragilité,
tu es Romy devant-devers
un Cinéma facilité...

Facilité par l'intuition
que n'aiment pas nos sociétés,
nos distendues fréquentations
tombant comme un slip empoté
sur notre désincarnation,
sur un écran de cécités
s'offrant nos propres projections.

L'objection tâchant notre honneur
est bien loin des sénilités ;
la Mort est un vieux poinçonneur
accrochant des Lilas gâtés
sur des tickets dont la longueur
est à géométrie ratée,
marquant d'un fer avec rigueur
un brin de ruine horodatée.

De ceux qu'on perd un éclat reste,
éblouissant de sa clarté
les tourbillons qui vont de Brest
au cœur de l'intériorité.
Parfois, des tessons qui l'attestent
épousant l'image annotée,
s'en font le concret manifeste.

On se croit si souvent servi
dans l'orgasme ou l'alacrité,
pourtant partout le temps sévit ;
richesse ou bien médiocrité,
la Mort ajuste son devis
comme un monteur ayant monté
débris de verre en bris de vie.

https://soundcloud.com/annaondu/bris-de-vie

Tanka du 12 Octobre 2018


Balle de soleil
Elle au-dessus des filets
Plafonne aux nuages
Et d'écailles poissonneuses
Emplit son poumon cyclope



samedi 6 octobre 2018

Corps vidé



On pourrait naviguer dans des sortes de nasses
et se noyer aussi dans leur épais filet,
deux voies s'offrant en gare où je lus mon Parnasse,
il me fallait l'interstice où me faufiler.

L'infime intervalle où le ruisseau des pensées
rejoint ton estuaire et toutes tes commissures,
un Delta dont l'erreur est la mort annoncée,
dont l'errance à ton bras n'est que la moisissure.

Aimer écrire, écrire « Aimer », mais — lacrymal —
alarmer de l'armée des mots l'alacrité,
me rend mâle à femelle et ta fleur à mon mal.

La couleur d'un corbeau dont la médiocrité
dissimule assez bien le talent littéraire,
est venue de sa plume éclairer les terreurs.

https://soundcloud.com/annaondu/corps-vide

mercredi 3 octobre 2018

Orpaillage



Je baignais dans ton huile et son lac en mercure,
orpaillant de mon mieux ton iris épanoui ;
t’aimer en t’écrivant m’étais la sinécure
à laquelle en mes vœux je m’étais évanoui.

Je sais le poids des mots, celui des métaux rares ;
écrire est l'industrie toxique et très plombée
d'un pic incidemment plongé dans le curare
et dont pourtant leçon vous laisse bouche bée.

Des cylindres ronflaient comme des tuyaux d'orgues ;
on en sentait la fugue où l'Amour y perdure,
et le Poème était comme l'eau de la Sorgue,
en partage entre nous d'héritage hyper-dur.

On composait une ode à la femme sans âge,
à son trait lunatique et fantasque à dessein ;
mais j'aimais à ce point caresser ton visage
à la plume adoucie, qu'il était comme un sein.

Lorsque la fleur affleure à la larme de l'encre
et que le stylet grave en ses aigus tes angles,
on te dirait sortie de ma cuisse où le chancre
accouche endolori des tourments de la langue.

À nulle autre pareille est la beauté lunaire
et le vert de la pomme en tes yeux de velours ;
on maudirait de toi ton reflet dans mes nerfs,
il m'en resterait tant que léger serait lourd.

https://soundcloud.com/annaondu/orpaillage

dimanche 23 septembre 2018

La peau



La peau lecteur, la peau hésite à chaque mue
comme la poésie déchirée par trop d'amours,
et sa métamorphose aux jeux du PMU
n'est qu'une anamorphose en ses odieux labours.

Il me faut, toi lecteur, assurément t'ouvrir
au mystère absolu de la transmutation
que Nicolas Flamel eût su d'un sceau couvrir
et délivrer pourtant de toute inquisition.

La peau n'est que le masque affublant le visage
éteint de ceux dont le sourire est la grimace
ou la moue triste affichant sur ce paysage
un rictus amer et mou, d'un baiser de limace.

Et traînant — mollusque informé du triste sort
étrennant ma vie larvée sur le bord du rien —
de-ci de-là, me flétrissant sans ressort,
on me voyait compter, métronome aérien.

Compter le temps qui passe et la ride imprévue,
dont s'en suit la frayeur et la grande panique
où le Monde s'avance à perte de bévues
vers un iceberg à la façon du Titanic.

On pourrait balbutier des tas de poèmes
au sujet de cette élasticité perdue,
de la vergeture et de ce que la peau aime
indépendamment des lents jours et de leur dû.

Quoi qu'il en soit, sans passer par quatre chemins,
lorsque la mienne effleure un brin de son histoire,
à la peau de mon Amour est un Parchemin
gravé par la caresse infinie de l'espoir.

https://soundcloud.com/annaondu/la-peau

mercredi 19 septembre 2018

Tanka du 19/09/18



Marcher sur le sable
Et contre le vent nager
À contre-courant
D'air et d'embruns inondé
Flux marins impérissables

lundi 17 septembre 2018

Septembre



Lorsque le crépuscule étendant sur Septembre
une main délicate aux rousseurs étiolées,
se replie à son tour en ses nuits étoilées,
ma noirceur intimiste évaporée se cambre.

Écheveau de mon Verbe et passion de ma vie,
je me suis crucifié sur ses grilles de mots,
labyrinthes d'émois sur un grill où l'ego
bâtirait ma Babel au bois dormant d'envies.

Lorsque le crépuscule éteignant en Septembre
un été désiré comme un enfant de vair,
il nous faut distinguer de chaque endroit l'envers.

Il nous faut naviguer sur la Meuse et la Sambre
en oubliant le son de nos passions guerrières,
en oubliant le sang d'une aurore incendiaire.

https://soundcloud.com/annaondu/septembre

mercredi 12 septembre 2018

Chemin d'faire



Je t'ai pensée comme une plaie,
Passant des mois durant, l'ego
dans l'air d'un vent dont tu m'app'lais
tout en bottant dans mes légos.

Si ta beauté me statufie,
me stupéfie, me rend pas Loth,
on te voudrait comme un défi
sous mes baisers comme à Grav'lotte.

Et dans ces glauques embrassades
où l'eau fermée des grands poètes
inonde à l'encre aiguë de Sade
un désespoir anachorète,

Il me déplaît de m'oublier
sans ton fantôme envahissant,
sans ton fantasme à tout plier
de ton visage étourdissant.

Je te noierai dans mes prières
en donnant l'air d'savoir y faire,
Comme quand j'pissais après dix bières
Le long des rails du chemin d'fer.

Élongation des sentiments
— puisque la coke est un chemin
qui déraille au gré des gréements
d'un bateau ivre en parchemin.

dimanche 2 septembre 2018

Asphaltes



Je voyais du Désert une peau chamarrée,
la carapace émue d'une Terre épuisée,
dont les larmes taries par un flux trop puisé,
ruisselaient de leur sel attendant nos marées.

Là-bas, sous l'horizon des asphaltes brumeux,
J'ai cherché des raisons de prier l'inconscience
entourant de son voile un objet d'impatience
appartenant aux débris d'un fantasme écumeux.

Puis, creusant ma mémoire à la façon d'un trou,
j'ai fouillé dans son ventre un vestige amoureux
(l'ombre éclaircie de l'or en pépite en ses yeux),
je poursuis aujourd'hui de ce vice un écrou.

Je crois avoir posé sur le chemin du rêve,
un gravier fait de mots et de ressentiments,
dispersé par les roues d'un soleil véhément,
par des rayons d'enclume où se battre sans trêve.

vendredi 31 août 2018

Alchimique



Au feu de tes cheveux ne nous exposons pas.
Préservons-nous de ta fontaine d'or fondu.
Le plomb sur ma cheville adapte à tous mes pas,
le rythme où mes versets à tes creusets sont dus.

Le lac où le mercure en tes yeux stagne aussi,
renvoie l'écho profond d'un métal en fusion,
dont les reflets sur tes deux pommettes roussies,
d'harmonie pure en font l'infinie profusion.

Mon regard tangue au gré de ce si beau fourneau,
qu'il me faut effacer tout espoir de survie :
je sombre en ta clarté dans le théâtre No

de ma mort imagée par l'amour et l'envie,
par la troupe inspirée de mes maux doux porno',
par l'immensité que ta Beauté m'a ravie.

mardi 28 août 2018

Fatale



Nous sommes dévêtus de paille
et balayés par tous les vents
qui pèlent nos cottes de maille
à la façon d'un fruit savant ;
souvent, sous l'écorce enlevée,
nous révélons de nos ripailles
un cancer si bien élevé
qu'on l'adopterait sans chamaille.

Alors, des beautés que nous fûmes
en nos jeunesses désinvoltes,
on garde un joint que l'on fume
à défaut des deux-cent-vingt volts
auxquels on s'était transformé
— dans des flots d'encens qui parfument
au plus profond les mal-formés
que nous sommes — air que neuf eûmes !

Et pourtant, dans ce curieux flou,
je ne pourrais pas oublier
ce magnétisme âprement fou
sans lequel en papiers pliés
j'aurais négligé ma Fatale,
et qu'en bateau ivre on renfloue
comme un supplice de Tantale.

https://soundcloud.com/annaondu/fatale

lundi 20 août 2018

Jeanne



Jeanne, es-tu le fruit du bûcher ?
Sinon, l'étrange énamourée
d'un univers amouraché
par tes échos tant emmurés ?

Jeanne, aussi bien
pourrais-tu n'être
                   en fait qu'un leurre
ou l'autre lien
               vers la fenêtre
                         où les couleurs
de l'arc-en-ciel
ont le besoin
                       de se confondre
en l'essentiel
  unique point
                  d'où tout peut fondre.

Il est un infini de temps juxtaposés
selon lequel on prend des voies aléatoires,
et nos visions, nos voix, sont alors exposées
sur l'ouvrage étoilé d'un Dieu jubilatoire.

Ô victoire arrachée comme un membre à son corps,
à l'hostie des romains tu te trans-substituas,
tu vidas ses boyaux dans le grand désaccord
où stagnaient nos pensées quand tu les instituas.

Jeanne, es-tu le marasme auquel on se consacre
ainsi qu'un vin de messianisme inespéré ?
Sors-tu de la cuisse amortie dont le massacre
a fait d'un Jupiter à terre un apeuré ?

Sors-tu du ventre
              effarouchant
                          des vieux enfers ?
Ou de ce centre
             épanouissant
                         dont n'a que faire
un tribunal
ecclésiastique
                             et corrompu ?
Es-tu banale
ou fantastique ?
                        Es-tu rompue ?

Jeanne, es-tu le fruit du bûcher ?
Sinon, ce que nous fabriquons
de ton histoire endimanchée,
sinon d'un sacrifice abscons ?

« Faisons rôtir de la pucelle
et réservons à chaque femme
un petit peu du sort de celle
à qui l'on fit goûter les flammes ! »

Une lecture
est ainsi faite
                            à mon avis,
d'une imposture
où la prophète
                         eut sur sa vie
payé le prix
du sexe faible
                         et de la guerre.
On l'a compris
(vu de la plèbe) :
                      on ne vaut guère !

Il y a chez ma Jeanne, un relief étonnant :
loin d'être bas, ça sculpte en moi des certitudes ;
un faux-semblant de merveilleux mais détonnant,
confère à son ensemble une absolue quiétude.

Il y a sous les traits tirés de Jeanne d'Arc,
une flèche indiquant la bonne direction,
sous ses soudards ou Rais, le signe qui nous marque :
un brin libre et génial où naît l'incorrection.

https://soundcloud.com/annaondu/jeanne

vendredi 17 août 2018

De la soul



À la mémoire de Madame Aretha Franklin,


De la soul on en a plein les écouteurs
et de nos fantaisies d'être un plus joli cœur
on garde un bon tempo, comme un souffle au corps
et quelques vibrations qui nous éloignent de la mort...

En garde à la façon des mousquetaires
on ne sait trop verbeux jamais comment se taire
et l'âme au bord des lèvres, on se récite en rythme
une chanson d'amour à la façon d'un algorithme.

On se réclame un peu comme une pub' !
À la façon de ces chansons qui font des tubes
et des jolies chorégraphies de ces danseurs
auxquels une souplesse est truc de prestidigimasseur !

Alors, Aretha, que rien n'arrêta,
repose en paix armée par la beauté des tas
de musicalités que tu mis dans la Soul
et qui littéralement sont les splendeurs qui nous saoulent.

lundi 13 août 2018

Au Huelgoat






À Jacques et Danièle Milon,


On écrivit fort au Huelgoat :
on dégoulinait d'encre alerte
au point d'en avoir les mains moites
et par la plume orange et verte,
au cœur ouvert des pages blanches,
irlandiser la celtitude
et savonner de bleu la planche
où périraient nos certitudes.

On écrivit pour Jack Kerouac
et ses ancêtres montagnards
— au Yeun Elez un vieux bivouac
est comme un Brest aux dieux bagnards —
On écrivit pour Segalen
et ses bretonnes utopies,
pour des prosodies hors d'haleine
envahies d'âmes sans répit.

C'est le Chaos qui nous inspire !
Et de la fleur de ses rochers,
je sale au mieux, je sale au pire
(avec un grain bien arraché),
le plat corsé d'un Finistère
auquel l'identité sans doute
est le fleuron de cette Terre,
est au Huelgoat à toute écoute !

On écrivit aux Monts d'Arrée
depuis toujours et de tous temps,
Connemara, maisons d'arrêt,
de Pontaniou son Léviathan,
j'ai bâti ma mythologie
dans un café dans la forêt,
l'esprit des bois quand il agit,
transforme un être perforé.

https://soundcloud.com/annaondu/au-huelgoat

lundi 30 juillet 2018

Sur le Zéro et l'Infini



Comment penser sur le Zéro et l'Infini ?
Pourquoi, comment survivre à nos effondrements
tout en brillant comme une étoile au firmament
dont la nova rejette aujourd'hui le déni ?

Nous oscillons entre la mort et la naissance,
entre deux bornes d'un néant commensurable,
et parfois même entre deux états misérables,
entre métamorphose et pâle évanescence.

Au moins conscients des vacuités de nos destins,
des pauvretés que nous laissons en héritage,
il faut s'enorgueillir de nos plus beaux ratages !

Ainsi, l'infini qui nous tord les intestins
— né du zéro signant, je crois, sa bouche ouverte —
avale en l'Univers un peu des vies offertes.

https://soundcloud.com/annaondu/sur-le-zero-et-linfini

vendredi 27 juillet 2018

Orage



J'ai su des clameurs de l'orage,
aspirer le venin gazeux
qu'un éclair arrosait du feu
des eaux libérées d'un barrage.

Et cascadaient en fruits de lumière
(abreuvant) les prismes des gouttes,
au vent que les soucis d'écoute
orientait d'étrange manière.

En éventrant la canicule
ainsi qu'un poisson qu'on torture,
un orage aux températures
administre un coup sans recul.

Une vie dévie de son cours,
un long fleuve en torrent de boue,
serpente en joignant les deux bouts
de son ex-absurde discours.

Où te trouves-tu Désespoir ?
Et ce que je baille à Corneille
est-il un vernis de vermeil
ou les vers nés d'eaux sous la poire ?

Orage ! Il était écrit là
qu'un craquement de l'univers
en ressuscitant l'Art du vers,
aurait l'effet d'un Attila.

https://soundcloud.com/annaondu/orage

mardi 24 juillet 2018

Descendance



Descendre d'un ancêtre ou descendre un ancêtre ?
Il suffit d'un seul mot fait d'une seule lettre
et bascule le sens à cheval sur un trait,
d'unions nous l'attachons : la phrase a son attrait.

Tout est détail ici, tout est battements d'ailes ;
un nœud de papillons vient à tâcher le ciel
— auréole où l'essaim pigeonne à l'horizon —
quand le chant des grillons frissonne en oraison.

Sur un trait d'arbalète on voyage plus vite !
Et les petits carreaux qu'à la nappe on invite,
ont le damier déçu des drapeaux d'arrivée.

Je ne sais de ces liens que l'on fixe aux rivets,
qu'une silhouette floue que mes rimes cadencent,
et descendre est un Art inspiré d'ascendances.

dimanche 22 juillet 2018

Veau doux



Je déjouerai le Verbe et son début mythique
en composant pour toi, tel un théâtre No,
nos ombres découpés de « si » si concentriques
en un veau doux, veau d'or aux cinq points cardinaux,
que l'on s'enivrera d’idéal esthétique.

« Enjoue les mots, com' sur des touches de piano !
Joue sur mon corps, pour effacer toute romance !
Et que les sanglots lents de nos violons porno'
rameute un peuple entier d'envies et de semences,
afin de danser sur les reliques de nos os ! »

J'invoquerai des dieux antérieurs aux croyances
et des esprits sortis du ventre de la Terre,
afin de retrouver dans tes yeux de faïence
un peu de ce qui fit ma vertu grabataire
et de ma chasteté l'absolue défaillance.

Après, je te lirai dans ton seul caractère,
apposerai mes mains sur tes rêves blessés,
qui s'y déposeront comme on pose un cautère,
et tes cils incurvés comme une lune en C,
décroîtront lentement sur tes soleils austères.

Enfin libre en mes vers lents de chanter bien assez,
j'étirerai mes mots dont la phrase élastique
animera le pouls de ton cœur élancé
dans une course folle aux accents pathétiques,
à l'accent grave épique et l'angle aigu dressé.

https://soundcloud.com/annaondu/veau-doux

samedi 21 juillet 2018

L'illusionniste




Bien qu'on le croyait seul, il vivait comme à deux ;
son image était floue mais son âme était belle.
Il écumait des mers en périple hasardeux
qu'il imitait grâce à d'étonnants décibels :

Enroulements de tambours, jolies pétarades,
on l'écoutait nourrir en ses feux d'artifices
un espoir incongru mais qui laissait en rade
un peu du Saint-Esprit, tout du Père et du Fils...

En sa cathédrale où, sous d'écrues verreries,
le kaléidoscope agissait sur chacun,
faisant du temps passé de jolies vieilleries,
Lui, bâtissait des mains nos présents baldaquins.

« Le lit de l'avenir est écrit dans vos paumes »,
annonçait-il au vent véhiculant ses airs,
« en pondant le premier, j'attends vos seconds tomes
et leur suite infinie qui surgit en geyser. »

Ainsi, nous l'écoutions, tout emplis d'optimisme ;
un magicien du Verbe animait nos esprits.
Qu'on le lut en musique ou qu'on l'eut au mutisme,
à son église encré l'art avait le bon prix.

C'est aux temps du Poète et de ses mélodies
que l'on règle un tempo des battements du cœur,
et je regrette aussi la saveur des non-dits
de cet illusionniste aux savantes liqueurs.

https://soundcloud.com/annaondu/lillusionniste

vendredi 20 juillet 2018

Métamorphique



Comment dire aussi crue, votre beauté flagrante
et mon ivresse émue par vos traits délicats,
sinon par l'éclat de splendeur émigrante
en vos yeux rutilants d'innombrables micas.

Nous sommes composés de multiples trésors,
et les couleurs des yeux ne sont qu'un verre amorphe
où le reflet de l'âme est un vieux dinosaure
assujetti souvent aux pressions métamorphes.

Alors on change en pierre un vain cœur d'artichaut
que l'amour effrayait tandis que l'on frayait,
que l'effroi des passions se peignait à la chaux.

Redessinant ta bouche au hasard des rencontres,
il m'arrive aujourd'hui d'y payer mon loyer,
de me loger en toi, contre toi, oui, tout contre !

https://soundcloud.com/annaondu/metamorphique

vendredi 13 juillet 2018

Filles & Garçons



Je décomposais sur les cordes de tes côtes
un mouvement musical auquel on tenait
comme au week-end autopsié d'hôtel à Zuydcotte,
où nous bavions de ce que l'Amour contenait.

Qu'on l'y masse ou qu'au lit macère entre deux ombres
un de ces embryons, qui sait de ce fœtus
un brin de vérité dont la part d'encre sombre ?
Un brin des entrelacs dont on est un fétu ?

Foin de bombe hirsute et de canons de beauté !
Je décodais ta clavicule en la longeant ;
la paille était dans l'œil ainsi désorbitée.

Je déconnais parfois, tandis qu'en t'allongeant,
j'offrais en sacrifice un agneau dépité
par une maladresse en mon être indigent.

mardi 3 juillet 2018

Aphorisme sino-cantonesque

Quand on est cantonné cantonnais qu'entonnait canto né, l'on rit jaune au nom de Cantonna.

jeudi 28 juin 2018

Aphorisme jupitérien


Emmanuel Macron souhaite «voir aboutir» la suppression du mot «race» dans la Constitution : la race l'harasse.

mercredi 27 juin 2018

Le blé sauvage






Comment dire un peu plus des mots de la beauté ?
Dire un peu plus des maux de tête à son image,
et raconter comment par un éphèbe ôté,
le reflet du miroir est masque à son visage.

On a bâti des murs afin de l'afficher,
de l'enfermer dans un atroce labyrinthe,
et comme un minotaure absurde amouraché,
j'ai Picassé sur elle un signe qui m'éreinte.

En broutant la prairie de son regard avide,
en buvant ses désirs inavoués au martyre,
hors d'Elle il m'a fallu faire un infini vide.

Il m'a fallu — tanguant — mimer Carlos Gardel,
et crucifier comme une option que l'on retire,
un blé fol et sauvage ayant la passion d'Elle.

https://soundcloud.com/annaondu/le-ble-sauvage

vendredi 22 juin 2018

Inspiration, transpiration

L'engagement fait suer quand on est en nage de se marier.