mardi 9 juin 2026

Clandestine idée



Les sentiments sont le poison

qu'on administre à chaque instant de nos choix

ceux-ci souvent sont à foison

tout juste issus des sensations qui nous échoient

formant ainsi tant de cloisons


Porter au mieux ses morts en soi

mon point sur l'horizon c'est l'au-delà boxé

de la pensée qu’un temps déçoit

puis relever du ring une âme cabossée

le poing dans un gros gant de soie


Quand la mémoire est intestine

notre attirance au sexe est naturelle et saine

elle est l’idée qui nous destine

à la survie voulue loin des idées obscènes

où l’existence est clandestine

lundi 8 juin 2026

Près de l’étang



Le talent n'a pas de frontières

il n'a que la limite inhérente à nos vies

ma jeunesse était avant-hier

et j’ai dans les genoux bien moins de synovie

mais en moi des idées entières


Aimer déjà c’est concevoir

rendre une main c'est prendre une virginité

s’écrire avant tout c'est tout voir

imaginer l’enfance en notre intimité

tout mûrir et tout prévoir


Il faut surtout faire un aveu

(j’y réfléchis me promenant près de l’étang)

les passions sont comme un grand feu

surtout ne les laissez pas s'éteindre avec le temps

que l’on déclame de nos vœux

dimanche 7 juin 2026

La suavité de ton parfum



Malgré des règles contractuelles

le froid du jour habille en vain ma nuit cachée

dépérissant d’un être actuel

où je n’ai su garder des occasions gâchées

la discipline intellectuelle


Aimer c'est vivre et respirer

rêver se fait dans toute langue imaginable

et tout ne fait plus qu’empirer

si ce n’est sauf apparaître un peu moins minable

un peu de quoi nous inspirer


L’encre en coulant de mots défunts

j'ai construit sans soucis des maisons de papier

des pans se terminant par « Fin »

me noyant dans la flaque où je n’avais pas pied

la suavité de ton parfum

samedi 6 juin 2026

L’ombre affranchie



Je ne t'avais pas vue ma cible

eh bien la vie durant nous rêvons de nos femmes

en les imaginant sensibles

aux préoccupations que nous trouvons infâmes

en tant que mamans ostensibles


Et dans l'ennui du temps qui passe

à n'avoir absolument rien su détailler

si ce n'est l'ombre qui trépasse

une femme amoureuse est un diamant taillé

comme un objet qui nous dépasse


Entrer mon sexe dans le tien

te regarder sourire en l’acceptant dans toi

tout est si fou quand ça nous tient

de la passion bâtie nous n’avons plus le toit

l’ombre affranchie nous appartient

jeudi 4 juin 2026

Les voies de la pensée



Mes pensées ont repris en chœur

un secret sourd anamorphique et que l'on garde

inconsciemment au fond du cœur

un doux moment que l’on vénère et qu’on regarde

à la façon d’un chroniqueur


Il est la justification

pure en laquelle on dissout le doute au sujet

des propres mystifications

dont on est à la fois le coupable et l’objet

dans d’étranges imbrications


J’ai mis l’amie de mon hiver

aux scories qu'évacuent les voies de la pensée

cela fabrique un univers

envahi d’amis mots quand on s’est dépensé

sans compter les pieds de nos vers

mardi 2 juin 2026

Le tombeau de Léonard



Chaque instant je te vois Joconde

avec un doux sourire en coin (dieu vipérin)

ta beauté nourrit ma faconde

une écriture y coule en un spasme utérin

que mon poème enfin féconde


Et je mesure ma diction

la maladie d'amour en gros n'est finalement

— comme celles de l'addiction —

que constituée d’un manque acquis banalement

dont on sale les additions


Reste entre Trouville et Dinard

un vieil air oublié d’expositions gâchées

quand on célèbre en plus d’un art

Amboise au bord de Loire (Angers juste en danger)

sur le tombeau de Léonard

dimanche 31 mai 2026

Les jardiniers du vide



J'ai conçu des paradis flous

la pulpe de ta chair éclate en jus salé

d’envies coulées que l'on renfloue

comme un vieux navire ivre ayant dû dessaler

sous l’horizon qui me rend fou


S’envolant comme une hirondelle

l'ombre de ma main s'est posée sur ton visage

oubliez ce qu’ils nieront d’elle

un sentiment d’amour est un heureux présage

un vœu sans anneau ni rondelle


Et pourtant d’un pas impavide

un se sent rassuré tandis que l’autre à peur

étant son assassin livide

— univers en miroir et son effet trompeur —

on est les jardiniers du vide

vendredi 29 mai 2026

Le temps passant du sans-soucis



Le temps passant du sans-soucis

j'ai rêvé nos vies comme on compose un poème

en écrivant novice aussi

je ne suis pourtant plus qu’un enfant de bohème

aimant les jeux qui dissocient


Tout se découvre en débutant

l'Art est un éventail ouvert à la demande

et de mes mots — les débitant —

je fis l’usage osé du « JE » mais qui commande

à qui n’en fut que l’habitant


L’instant que notre cœur agrée

chaque histoire en son sein recèle explication

du fruit que nos passions recréent

la nuit s'étend toujours après nos ambitions

jusqu’aux frontières des regrets

mercredi 27 mai 2026

Rêve éperdu



Rien ne laissera régresser

l’asile où les invalides sentimentaux

sans faute ont tôt fait de dresser

la liste noire des besoins fondamentaux

de quartiers de fruits dépressés


Rien de ce que j’avais escompté

je me sens aussi seul au sein de ce marché

dont les teints se sont estompés

qu’un maraîcher qui s'est efforcé de ranger

les salades à raconter


Rien ne va du rêve éperdu

de l’espoir et du vent quand tout amour inouï

se retrouve ainsi distordu

ne se retrouve plus dans un songe évanoui

néanmoins plus rien n’est perdu

dimanche 24 mai 2026

L'hémorragie



Quel amour aurait résisté

face aux réalités d’un nouveau temps qui ment

dès lors à quoi bon insister

fabriquer son destin c'est penser sentiments

si l’on ne peut pas exister


De vivre à quoi ça sert enfin

l’aspirine engagée nous réclame un devis

tandis qu’on est des morts de faim

toute unité dissoute est un comprimé de vie

qu’on avale entier à la fin


L'amour est une échappatoire

rien ne tient dans nos mains qui ne soit bien tangible

un cœur en sang l'hémorragie

découle en son sein du minimum exigible

après lorsque la mort agit

jeudi 21 mai 2026

Ce qui nous reste de squelette



L'amour est un gros parachute

toutes les tentations ne sont que tentatives

où tout n’est plus qu’une rechute

à la source du mal et d’une attente hâtive

ourlée d’une toile de jute


Un fruit de notre compassion

naquit d’un purgatoire et d’enfers aussi tués

des bornes que nous dépassions

sans paradis l'essentiel est de se situer

je suis l'enfant de mes passions


Se faufilant comme belette

le sentiment s’infiltre au fond de nos récits

sans moi tu sembles bien seulette

et dans ma poésie désossée j’apprécie

ce qui nous reste de squelette

mardi 19 mai 2026

Courir à sa perte



Dans un pavillon délivré

j'ai trouvé des bouquets de grand luxe un par un 

dont je veux vraiment m’enivrer

le premier déjà testé m'emmène très loin

comme un bateau bien manœuvré


L’Absolu Carven en apprêt

sensuel et capiteux puis le roi des parfums

Chanel Numéro 5 après

Marylin et sexuel où l’on découvre enfin

Femme de Rochas aussi près


Je crois la serrer toute inerte

assoupie dans ma mémoire où j’ai toute entière

une essence associée couverte

un peu par un passé fuir est perdre en matière

autant que courir à sa perte

samedi 16 mai 2026

L'enfant de la pluie



On aura beau serrer les poings

malgré nos accords et l’harmonie l'ennui

c'est ne pas comprendre à quel point

nous sommes aveuglés d’un éclat dans la nuit

qui tombe comme un contrepoint


La mer est l’ogre engloutissant

la carcasse affectueuse à laquelle on se pend

mais qui sans cesse emboutissant

nos regrets dessine un objet dont on s’éprend

ne rien faire est intéressant


Je suis un enfant de la pluie

chaque instant de soleil est un miracle inouï

ton bleu regard est un appui

guidant ma plume imaginaire et badine oui

dans la lumière au fond d’un puits

vendredi 15 mai 2026

Le style



Dans le voyage est une voie

dans le bruit de la nuit j'entends l'écho des rêves

et celui charmant de ta voix

la vie se consume et notre jeunesse est brève

un temps simplement qui se voit


Pourrait-on parler si longtemps

qu'on ne dirait pas mieux — l'essentiel est le mot —

celui qui claque à tout printemps

tel une fleur éclose aux vents d’un chalumeau

forgeant sa force à contre-temps


Le désir est le distillat

d'une attirance obscure au fond d'un trou brillant

comme un tunnel il instilla

ce besoin de lumière au charme émerveillant

de feux l’attrait que mon style a

mardi 12 mai 2026

Fantôme



Ce sentiment si vaporeux

contribue sans cesse à forger ma poésie

sortie d’un canevas poreux

perméable à ces mots moquant mon amnésie

disant ce que je suis pour eux


Ce sont sous ces soucis mentaux

que se cache un passé dont on sait la contrainte

en ôtant soudain son manteau

la douceur d'un baiser vaut bien plus qu'une étreinte

on l’oublie moins vite et moins tôt


Consommer des litres de vin

n’y fait rien pour autant mais chassant la déprime

aucun de nous là n’est devin

chaque illusion de l'autre est un fantôme en prime

on poursuivra son ombre en vain

lundi 11 mai 2026

Narcisse



Je suis le reflet du miroir

ici le lac est une flaque de mercure

et moi pantin dans son tiroir

et l'on se noie dans le reflet de l'écriture

où Narcisse est dans son mouroir


Un rien suffit à s’émouvoir

un berceau d’eau nous enveloppe étonnamment

tout prête en fait à se mouvoir

ondulant du bassin quand je suis ton amant

l’humidité se donne à voir


Est-ce un liquide à recevoir

un chaud fluide amniotique en anathème

un peu de l’encre à percevoir

au gré des mots coulant de source en un baptême

et qu’on ne peut apercevoir

dimanche 10 mai 2026

Inconsistance



La Liberté compte en premier

tout amour est défunt s'il ne sait ce qu'il feint

s’il ne sait être infirmier

de ce vrai-faux début dont on connaît la fin

qui laisse place à mon plumier


Qu’on le bâtisse à la truelle

à la taloche en un caveau rien ne se vit

peu m’importe qu’il soit cruel

le vrai désir est un amour inassouvi

faim de loup d’un Pantagruel


La limite est dure et très fine

à chaque interstice est un début d'existence

et quoi que j’eus mes endorphines

une preuve oubliée de mon inconsistance

est sous l’action de ma morphine

samedi 9 mai 2026

La ballade de la geôle de Taganrog



En hommage aux citoyens-soldats d’Ukraine



Le jeune lieutenant des forces ukrainiennes

à leur avis parlait trop.


Beaucoup l'appelaient « le bavard »

il argumentait sans cesse

ils l’on roué de coups

d’humiliations

de violences

il avait des lésions

des hématomes

accumulés

qui ont pourri sur les fesses

et l'arrière des cuisses

il est mort dans cette prison russe

il est possible que son corps ait été enterré

sans nom.


Des milliers

de soldats

de civils

ont été soumis à des atrocités

physiques et psychologiques

au sein de centres

en Russie 

en Ukraine occupée

le pire a pour nom

Taganrog.


C’est là que j’ai su

qu’on les avait brisés

comme des chiots.


La plupart ont été privés

de communication avec l’extérieur

ainsi que cela se faisait

du temps du goulag.


Ils arrivent à changer vos pensées

vous faire croire que plus personne

ne vous attend.


Le chef a donné carte blanche

« utilisez sans restriction

la force physique

et personne n'en sera tenu responsable 

travaillez avec sévérité, ne craignez plus rien ».


Mais un gardien s’est enfui

« je n'aurais pas pu vivre avec ça

regarder mes enfants dans les yeux. »


Nombre de ses collègues

étaient heureux d'avoir l'occasion d'employer

toute la violence qu'ils voulaient

sont partis accomplir avec joie

leurs missions.


Dans un couloir formé de geôliers

les frappant de tous côtés

nombreux ont subi cette torture infligée

déjà

dans des « camps de filtration »

de Tchétchénie.


Puis, les coups continuaient

des détenus réduits à l'état d'animal terrorisé

« Je suis un être humain

j'ai de la valeur »

ainsi résistent les plus forts.


À Taganrog

au fond du trou

les méthodes de tortures

incluent aussi l'électrocution dans les parties génitales

les attaques de chiens

les viols

les pendaisons simulées

j’en sais même un

d’avoir été si affamé

qu'il en est venu à manger des cafards

attrapés dans sa cellule

et certains

dévoraient des souris crues.


S'ajoutent à cela

de nombreuses règles de soumission

l'interdiction de regarder dans les yeux

rester debout pendant seize heures d'affilée

sans l'autorisation d'aller aux toilettes

(et tous se faisaient dans le pantalon)

des expérimentations

se tenir par la main

passer de l'électricité à travers eux

(pour voir à peu près

combien de personnes en souffriraient)

les prisonniers étaient battus avec des tuyaux de chauffage

(en polypropylène

ils ne cassent pas)

des médecins russes ont gravé les mots

"gloire à la russie" sur le ventre d'un prisonnier

lorsqu'il a été opéré.


Dites-moi

de quel bord

est le camp des nazis.


Je vous le jure

un jour la russie s'excusera.

Les coupables ?

On les retrouvera

puis on les punira tous.




Texte inspiré de l’article de l’AFP du 08/05/2026,  bur-rco/dp/bfi

https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/russie-plongée-dans-la-machine-à-briser-les-prisonniers-ukrainiens/ar-AA22FOXs?ocid=socialshare


jeudi 7 mai 2026

Morveux



Un amour est un papillon

si l'Amour à l'origine est un ministère

il est celui que nous pillons

l'origine d'amour est bien un grand mystère

un rêve au creux d’un roupillon


Celui qui néglige ô combien

l'être est profond s'ignore et laisse aux gémonies

le doux soin du mal ou du bien

le choix des convenus de son hégémonie

la punition qui lui convient


Je ne connais pas de parfaits

même en pays Cathare et qu’on se remémore

une hérésie s’éteint par feux

je n'ai plus d'amour ambitieux le reste est mort

en mes ambitions de morveux

mercredi 6 mai 2026

Dante



Parfois le compte n’y est pas

la perfection se trouve en notre imperfection

si je ne lui obéis pas

je répondrai du vide et de notre affection

dans d’improbables pays bas


Combien mon poème vit d’ailes

aux mots du transport et dont l’âme vagabonde

en sachant ce que l’on fit d’elle

l'amour est une croix qu'on porte au bout du monde

à laquelle on se lie — fidèle —


La Beauté ne se donne pas

ni ne prend les démons des maux me poursuivant

dans l’infernal épiscopat

dont on repeint le mur attendant son suivant

Dante ainsi ne pardonne pas

mardi 5 mai 2026

Éclaboussures



Toute attirance est volatile

la mettre en poésie je le fais de ce pas

si me lire est un vol utile

qui ne me répond pas ne s'intéresse pas

dans l’écrit soyons volubiles


Libérons-nous petits oiseaux

nous nous comporterons comme des hirondelles

la libertine au damoiseau

le moindre sentiment d’amour est infidèle

laissons-le donc à des oiseux


Puis dans un liquide élément

peuplé de mots giclant d’envies d’éclaboussures

(une encre coulant vivement)

c'est l'eau qui me cherche et me retrouve à coup sûr

un peu comme on colle un aimant

dimanche 3 mai 2026

Adaptation musicale de "Compromissions nécessaires" par SUNO

samedi 2 mai 2026

Pensum



Même en traçant des pattes-d’oie

parler de la beauté c'est créer un poème

et d’une plume entre les doigts

la main sur un beau corps est ce que la peau aime

et qui se paient de ce qu’on doit


Toute la douceur en vous

la tendresse et le geste affectueux dispensé

s'affirme en ce que l'on avoue

dans les infinités de nos mots impensés

dans les intentions que l'on voue


Faisant fi de la calomnie

qu'importe comment nous vivons mais nous vivons

notre amour est une insomnie

quand bien même éveillés souvent nous le rêvons

ce que le moindre pensum nie

jeudi 30 avril 2026

L’emprise



Tout amour est une illusion

comme de toi j’étais amoureux de Paname

et tout était fait d’allusions

ta bouche écho du sexe et tes yeux de ton âme 

un cœur aussi fait de lésions


Quoi qu’en relations l’on renoue

décroisant du Boul’Mich au Boul’vard Saint Germain

quoique l’on sache des remous

l'amour en vrai c'est prendre des seins dans ses mains

prendre la Seine en bateau mou


Mais en Normandie sans méprise

on entend dans l’été (fenêtre ouverte) un pin 

craquer sous l'effet de la brise

et s’offrir ostensible au tableau que l’on peint

sous l’effet certain de l’emprise

lundi 27 avril 2026

Opuscules



J'ai perdu le sens du sensuel

et le mécanisme de la sexualité

mais si mes mots sont consensuels

la Poésie se crée de contextualités

qui n’ont rien de besoins sexuels


En pianotant les gouttes vont

la pluie qui tombe est la partition de nos cieux

nos mains se lavent au savon

la trace est là restant l’expression de nos yeux

de si peu de ce que nous savons


J'adore sentir au crépuscule

un mélange enivrant de sève et d'herbe hachée

ton onde est bien mon corpuscule

et ta forme adorée loin du papier mâché

que je réduis en opuscules



dimanche 19 avril 2026

Les couches de suie



Je ne suis qu'un produit d'appel

avec son lot de promesses de déceptions

ma feuille morte à la pelle

écrivant dans la rue ne fait pas exception

chacun son Dieu dans sa chapelle


Loin d’un bûcher rouge on s’enflamme

en vivant de la mort à son degré social

et soutenu jusqu’à l’infâme

on soutient son désir en des joutes martiales

l’envie vis à vis de ces femmes


Maudissant tout ce qui s'enfuit

— la sorcière à son bras quand c’est la mer à boire —

on oublie tout ce qui s’ensuit

l'ombre d'un espoir est celle du désespoir

et nos nuits des couches de suie

jeudi 16 avril 2026

Compromissions nécessaires



Je garde en rancœur absolue

— l'amour est une punition s'il est tout seul —

un cœur inerte et qu'on pollue

bien refroidi comme un cadavre en son linceul

le cercueil étant dévolu


Le désir est un objet sourd

évidemment puisqu'il ne s'entend pas vraiment

ce n’est pourtant qu’un bruit qui court

et si vite et si fort et si rapidement

qu’il embolise nos parcours


En pompant du sang la viscère

est loin de pomper des sentiments dans la vie

ni sans savoir à quoi ça sert

et surtout sans couteaux sous la gorge à l’envi

sans compromissions nécessaires


mercredi 15 avril 2026

La Dame du Lac



C’est une onde offerte aux déments

la marée qui s’en vient qui s’en va me nuisant

— tentation du débordement —

chaque nuit chaque ennui me nie m'amenuisant

mais ce qui me saborde ment


La vérité c’est qu’on descend

notre attirance est un rituel océanique

un liquide un fluide un des sangs

qui circule en nous tous et coule en Titanic

un derrière en l’air indécent


La liberté c'est sans contrainte

une liberté sans enjeux financiers sans drames

un amour ému sans astreinte

un miroir est mon lac et j'y guette mon âme

et sa dame à la tendre étreinte

mardi 14 avril 2026

Biscornue



Nous sommes les avant-propos

du récit qu'on fera des chemins de nos vies

parcheminé de qui-pro quo

d’une interprétation comme on donne un avis

dans un grand coup de sirocco


Chaque hésitation se conjugue

à l'impératif imparfait conditionnel

l'amour est l'objet que subjugue

une volonté d'entrer non intentionnelle

en ce morceau dans cette fugue


En m’enfuyant vers l’inconnu

j'ai perdu la raison des suites numériques

comme un combat face aux bras nus

d’un conquérant tout rouge et que l’on nomme Éric

comme une saga biscornue

lundi 13 avril 2026

Étincelle



Un rêve est mais nous l'obérons

comme chez le grand singe d'une nuit d'été

les mots d’un cruel Obéron

rimaillant vaguement son jus sans s’arrêter

feront que notre globe est rond


La Terre — univers parallèle —

abrite en son giron mon grand assassin blême

au gène écorché par allèles

au désir insoumis se révèle un problème

où ma plume ainsi para l’aile


Lorsque l’on reconnaît bien celle

à laquelle on prétend de nos corps emboutis

(mais dont l’existence est un sel)

une âme est impalpable aux doigts d'un abruti

chaque choc est une étincelle

samedi 11 avril 2026

Élégie



J'accepte en tes baisers trop lestes

un poids de culpabilité que j'aurais déchiré

qui me ferait larguer du lest

en te quittant sans jamais t'avoir désirée

tout juste handicapé du test


Auquel la réponse est cruelle

le sexe d’une femme est l’écho de sa bouche

aux lèvres — pourparlers sensuels —

à la douceur inouïe du satin de sa couche

indécent fragile inusuel


L'amour est une stratégie

la nuit s'offre à nos yeux sans rêve et sans mémoire

en fin de calcul elle y gît

je t'ai laissé du sable en guise de grimoire

il coule comme une élégie

jeudi 9 avril 2026

Les espoirs ineffables



On s’en rend compte aussi parfois

chaque amour alimentaire — île soulevant —

c’est un pansement sur la foi

tandis que s'alimenter d'amour est souvent

un poison violent pour le foie


Tristesse alcool et l’abandon

l'aiguille d'un midi qui ferme à quatorze heures

la tendreté nous l’attendons

la douce viande issue d’Éros (un partouzeur)

et de son arc que nous tendons


Dans le désir un feu crépite

avec un craquement qui nous compte une fable

on cherche tous une pépite

un peu juste au sujet des espoirs ineffables

où mes amies se précipitent

mercredi 8 avril 2026

Un pari



La Poésie c'est un dialogue

avec celle qui nous lit dans ce qui nous lie

dans ce qui nous rend analogues

et nous voguons saoulés mais dans son lent roulis

la vie n’est qu’un grand catalogue


À propos de ce qu’assumer

nous faisons souvent fi des maux qui nous abîment

on sait bien en fait qu’à s’aimer

chaque tentative est une mise en abyme

et tout désir à consommer


Quand les amoureux s’apparient

quand le printemps revient puis son soleil aussi

traînant sur les quais de Paris

on se rêve on s’invente on s’en fait le récit

nos perditions sont un pari

lundi 6 avril 2026

Bien involontairement



Le sentiment de toute-puissance

emmène une infinité de gens dans le mur

un doux rapport à l’impuissance

et dans les miaulements simulés qu’on murmure

rien ne conduit à la jouissance


On ne guérit pas en trois mois

ni même en quelques décennies d'un traumatisme

on développe en son for moi

la forteresse issue d’une forme d’autisme

hérité d’un ancien émoi


Chaque amour est un errement

le présent n’est que ce que le passé trépane

on croirait un enterrement

l'amour accumulé dans ma mémoire en panne

et bien involontairement

dimanche 5 avril 2026

Ma langue au chat



Je sais très bien les mots qu’on lance

en voulant ne plus avoir le moindre aphorisme

à faire osciller dans la balance

espérer désespérer dans l'éclat d'un verbe

à conjuguer dans le silence


Et malgré tout passé formel

la fable incongrue d'une femme qui m'observe

est bien là pour que je m’emmêle

les pinceaux sans cerveau que je conserve

en pestant de quoi je me mêle


Il y a loin du jeu déjà

du soleil dispersé des amours fulgurantes

un imprudent prêchi-prêcha

dans la bouche bée d’une pâle figurante

où j'ai donné ma langue au chat

samedi 4 avril 2026

Frénésie



Tous nos désirs et nos fantasmes

ont pris leur source au creux des reins d'amoureuses

à grands coups d’humeur et de spasmes

on a bien souvent cru pouvoir en rendre heureuses

et c’était bien loin de l’orgasme


En toi je me casse les dents

sur un clavier salé d’un si beau sexe offert

et je sais qu’en m’y hasardant

chaque instant que ta peau m'effleurant marque au fer

est l'objet d'un désir ardent


Si fait je sais qu’en hérésie

l'entrée de l'écriture est aux portes du Verbe

en récitant mes poésies

j’essaie de les franchir à la façon d’un adverbe

improbable en sa frénésie

vendredi 3 avril 2026

L'esprit d'adolescence



Par un bout de ma fenêtre

un de mes regards est porté vers le lac

il absorbe un nouveau soir

à la façon

d'un gros dinosaure herbivore.


En Finistère

au bout du monde

on est déjà dans l’ailleurs

au bord de l’océan sans fin

dont en pensait qu’il nous précipitait dans l’abîme

et c’est peut-être en vrai la vérité

dans ce qu’on délave

hérité

de la jeunesse éloignée

perdue dans les limbes

où le souvenir égaré

choisit d’autres chemins

ceux des tourbières

au Yeun Elez

entre un Roc’h et l’autre et recouverts

à l’infini de landes

et baignés dans l’eau de pluie qui s’accumule

en délavant les images oubliées.


Les monts d'Arrée

de par leur étrange appellation

marquent à la fois le départ et la fin

je crois bien être un des enfants

de ces plus vieilles montagnes du monde

où tout se perd et se rejoint

tellurique et puissant

juste écrasé de Nature

et me souvenant du passé

que je vous raconte en poème

à la façon des chansonniers.


Les gros dinosaures

herbivores

ont disparu sans plus rien à manger

la mémoire anthropophage est vive

et mon disque dur en boucle

— au micro professeur —

envoie le son

d’une chanson

d’un suicidé

de satiété

d’un post-adolescent

blondin comme les blés

les pieds dans les glaïeuls

il est comme un aïeul

et dort au Val-fourré

qu’est notre Père-Lachaise

où gisent des géants.


Partager de la musique

est une façon de communiquer

des morceaux profonds

de ce qui nous constitue.


C'était il y a plus de trente ans

j'étais assez beau garçon

je faisais mon service militaire

au sein de la

Marine

Nationale

Française

à Brest

en discothèque

il m'est arrivé d'embrasser des filles

en dansant sur ce morceau mythique

ensuite

on est parti en Afrique

on est revenu

— la salive est une denrée rare —

à Brest

au port de commerce

il y avait une discothèque appelée "César"

à Guipavas

le "Melody"

ce morceau retentissait comme une apothéose

aimer d'amour est une lente destruction

Kurt Cobain avait compris ce froid concept.

mardi 31 mars 2026

Un laps



Dis-moi la façon d'oublier

les leçons de la recherche et du temps

comment du passé tout plier

quand un moment le vent de ce boulet s’étend

tandis que tremble un peuplier


Dans les instants qu’aidé j’aimais

la grande bourgeoisie que la nature abhorre

est sortie de mon monde et j’étais là déjà mais

rien ne vaut ce qu’une femme mature adore

on n'en guérit parfois jamais


Je m'incarne en mon beau pays

tant et si bien que je le présente à ma place

ce bout du monde est ébahi

par un laps suspendu que la beauté remplace

ce sablier qui l’envahit

lundi 30 mars 2026

Les amours jaunies



Sans même l’avoir décidé

nous bâtissons en nous tant de châteaux de cartes

en attendant téléguidés

le paradis fleuri que tes jambes écartent

toute femme est une orchidée


Ta bouche est une porte ouverte

(tout amour influent crée destinée béante)

à de nouvelles découvertes

ton attraction ma planète est une géante

telle une vieille plaie rouverte


Alors en me décomposant

mort absolu de peur et de rire jauni

j'essaie d'écrire en composant

de mes mots façon Tristan Corbière (un Génie)

ma mélodie d’or imposant

dimanche 29 mars 2026

Serpent visqueux



Chaque instant qu'on vole au présent

représente un trésor et puis nous réconforte

au-delà des yeux méprisant

j'aimerais tellement que la vie soit plus forte

et le passé moins malfaisant


Ma plume assez folle en fusion

gratte un papier brûlant comme un signal d’alarme

en mon verbe emplit d'effusions

bien trop souvent la pluie du cœur est l'eau des larmes

et la source de confusions


Serpent visqueux mais condamné

toute attirance est illusoire et fruit du vide

dont les anneaux soudain damnés

sont à mon ombre objet des égéries livides

un déjà trop grand nombre d'années

samedi 28 mars 2026

Comme Rimbaud



Tout amour est un abandon

toute beauté n'est qu'un aveu de bienvenue

vous le savez quand nous bandons

c’est bien souvent qu’en un fantasme on vous veut nues

comme un tison comme un brandon


Ce que Dieu m'a donné n’est rien

le feu de Prométhée ce sont mes sensations

vêtues d’un soupir aérien

la beauté féminine est ma compensation

je ne sais pas si c'est un bien


Je ne sais pas si le corbeau

que tu remues m’est dû mais je le sens tu mens

le sexe n'est jamais plus beau

qu'en l'oubliant dans un pâté de sentiments

qu’en l’oubliant comme Rimbaud

vendredi 27 mars 2026

Piraté



J’avais cette lucidité

qui me laissait en proie soumise et recueilli

(parfois de ta virginité)

mais à la fin — l’histoire aidant — j'ai cueilli

les fruits de l'infidélité


Nous nous pensions comme deux mages

et nos crimes sont là qui nous rendent coupables

(art de détruire et c'est dommage)

un changement d’aspect dont j’étais incapable

en tout lieu d’un dernier hommage


Je me souviens de nos ratés

je me souviens souvent des amours impatientes

et nous comme des dératés

toutes nos séductions nous étaient inconscientes

et nos deux âmes piratées

jeudi 26 mars 2026

Maritime



C’est sur vous que je peux compter

je puise un élixir étrange en vous Mesdames

il me pousse à vous raconter

comme sur un damier comme on jouerait aux dames

en vous guidant dans mon comté


Si tout me vient soudainement

c'est que le temps perdu veut se venger de moi

souvent la Cybérie ne ment

qu’à ce trajet sans fin qui nous prendrait deux mois

qu’on vit comme un évènement


Nous pensons être des victimes

(mes rêves sont légions repeuplant ma région)

les endroits nous sont tant intimes

en fait on vit de ce dont nous nous arrangions

dans ces contrées si maritimes

mercredi 25 mars 2026

Ancêtres



Comment inventer le présent

lorsqu’un avenir enfuit le passé trépasse

en souvenir omniprésent

l'amour est une attente hors de ce temps qui passe

et se montre en fait écrasant


Quand viennent les nuits d'équinoxe

alors étrangement sa voix s'adresse à moi

la Poésie n'est pas de l'intox'

elle est juste équilibre d'un astre en ce mois

que l'autre envahit que l'un boxe


Avant de fuir on peut sans s’être

empêché sur les mots de bien se reposer

rêver de mourir au sens « être »

écrire est une façon de se décomposer

pour retourner chez nos ancêtres

mardi 24 mars 2026

Une dose d'ennui



Les pluies de nos incertitudes

affluent dans les torrents de nos dévastations

coulant avec exactitude

au creux de nos saillies qui font déjà stations

chemin de croix des servitudes


Dans la solitude j'écris

tous ces infinis maux qui se changent en mots

du coup qui se changent en cris

qui se changent en coups de rancœur animaux

dans le non-choix de mon Je gris


J'aimerais avoir froid la nuit

mais ce n'est plus le cas ma solitude est chaude

et si plus rien du tout ne me nuit

c'est que je ne suis plus que ce chat qu'on échaude

avec une dose d'ennui

lundi 23 mars 2026

La Désirade



La Désirade où parvenir

revenue d'un sourire au chemin de ta bouche

est l'avenue d'un avenir

et la rue des pavés dépravés où l'on couche

en cherchant l'amour à venir


Rien ne te verra comme un prix

rien n'est plus beau qu'un désir de femme en chaleur

rien n'est plus laid que son mépris

ruminant les tourments  comme une vache à l'heure

eh bien j'étais quand même épris


Je ne suis qu'un petit poucet

cherchant des cailloux blancs sur le chemin fangeux

d’un amant souvent repoussé

le sexe est merveilleux quand il est sans enjeux

quand le linge est bien repassé

dimanche 22 mars 2026

Moins mourir



J'ai fréquenté des endroits louches

où la sexualité de vrais faux innocents

se servait souvent à la louche

et de la trahison qui fermente en nos sangs

le goût souvent nous reste à la bouche


À peine issu de leur matrice

ces femmes que j'attire ont l'âme maternelle

et la volonté protectrice

en restant dans un placenta sempiternel

le jouet de ces dominatrices


Ailleurs en grandissant enfin

comprenant ça je me promets d’au moins nourrir

une alternative à la faim

nous cherchons de l'amour afin de moins mourir

et de mieux survivre à la fin

samedi 21 mars 2026

Insaisissable



Je m’entoile et suis décoté

la blessure est bien là quand je dépeins mes croûtes

écorché vif à vos côtés

je suis pendant d'oreille à celles qui m'écoutent

(il est si bon d’être écouté)


Poison du marbre de Carrare

écrire est un pari contre un oubli de soi

le passé comme le curare

racontant ce récit de vie qui nous déçoit

rend la beauté de vos culs rare


Et peu m’importe la saison

le grain de votre peau s’écoulant comme un sable

au point d’en perdre la raison

la femme de mon rêve est juste insaisissable

idéale et sans comparaisons

vendredi 20 mars 2026

Le faux cil

J'ai métissé mon écriture

à grands coups de couteau sur la toile au grand lustre

en imitant ma signature

un désir est un leurre et son reflet l'illustre

retissant la Littérature


Haïr n'est pas si simple en fait

il faut pouvoir aimer sans être un prédateur

et puis répandre un cœur en fête

où solitude est la rançon du créateur

où créature est sa défaite


Aimer n'est pas si difficile

il suffit de se démentir en disant non

les collections sont des fossiles

les femmes de ma vie sont des beautés sans nom

le paradoxe est un faux cil

mardi 17 mars 2026

La chose à perdre



Le corps est un état d'esprit

si nous les enfants d'un insensé grandissant

suivons les bons vents qu’Hermès prie

nous serons plus légers que ce dieu bondissant

sur une voie qu’un express prit


Le temps sera bien entendu

propre à nous redonner le goût de la surprise

et nous saurons qu’enfin tendus

chaque adoration n'est qu'innocence incomprise

arc à bander comme attendu


Sexe et puis chair à regarder

j’ai remonté ce temps comme le cours de l’Erdre

et des rivières retardées

chaque amour absolu n'est qu'une chose à perdre

à vouloir autant le garder

dimanche 15 mars 2026

Sans aller-retour



L'amour est fait d'inspirations

(j'ai laissé mon empreinte au creux de ton oreille

en soufflant ma respiration)

la Poésie c’est un langage corporel

ligaturé d’aspirations


La haine est faite en expirant

d’un fiel abstrus comme un soupir est carnivore

on se conquiert en empirant

quoi que nous y fassions nos passions nous dévorent

en recherchant un soupirant


Le bruit du cœur est sans secours

en dysfonction de nos états émotionnels

un état d’âme est sans recours

où l’histoire à cueillir est au conditionnel

l'amour est sans aller-retour

vendredi 13 mars 2026

L'écran de l'ego



Sur tous les continents

la condition humaine imagine un peu les

mêmes recettes

en général les amants s'aiment

et se racontent

à l'entour leurs envies

— les désirs sont du domaine privé —

puis se rêvent un peu

faussement dans une idylle fantasmée

touchante de naïveté

car leur vérité n'alimente au final

en les filmant

qu’un drame de Prévert et tourné par Carné.


Rares sont ceux

qui se souviennent

du "Jour se lève"

et fricotent outrageusement

frénétiquement

dans l'anxiété d'une guillotine indexée

directement aux liens qu'elle doit couper

furent-ils physiques

amoureux ou cérébro-spinaux.


La relation entre les êtres humains

d'où qu'ils soient

c’est donc une moelle intense

et complexe unissant

leur pensée lourde à leurs mouvements de pensée

leurs sentiments lourds à leurs actes

sans que jamais

cette continuité

ne se garantisse implicitement

tant elle est sensible et fragile.


Gabin

Gabin qui est Prévert en beau

qui allume ses clopes pareil

— la suivante avec le mégot d'la précédente —

et gouaille un parigot d'la même eau

c'est un peu nous tout ça, non ?

C'est ce qui fait l'immortalité de ce film

puisque nous l'portons encore avec nos vies d'chiens.


Le drogué

c'est celui qui s'offre une aide

afin d'affronter le chemin

de croix

viscéral au long duquel un

autre se serait suicidé.


La mer est comme un écran sur lequel

les poètes projettent

(et vainement) le film de leur vie rêvée.


Plus prosaïquement

j'en connais peu

qui s'y soient véritablement affrontés

— pas même Hugo, faiseur de vents entre les lignes —

et les si longues métaphores

comptent à mes yeux

bien moins qu'un sémaphore.


Il arrive un jour où

puisant en soi

comme en une terre aride et chaude

on perce enfin la nappe et frénétique

issue d’une existence véritable

et non des projections

qu'on s'est fait de soi

sur un écran factice

auquel il n'est nul audacieux spectateur

sinon son propre ego.

mardi 10 mars 2026

Le rêve phocéen





J’ai su le rêve phocéen

Marseille étrange et belle inconnue toute nue

blanche comme la peau d’un sein

mais si multiple en décroisant ses avenues

son peuple étant comme un essaim


J’ai pu respirer sans entrain

chaque femme est si belle — on ne sait qui choisir —

et l’air ici c’est comme un train

qui file un bas avant qu’on en ait le loisir

ou qu’on fisse un alexandrin


J’ai vu ce juif arabe errant

le Mistral et son atmosphère qui nous mord

ou son soleil exubérant

le seul espoir en nous c'est celui de ta mort

Ophélie d’un Sud aberrant

lundi 9 mars 2026

Jamais changer



Chez les adeptes du grimage

gestes sont commis qui sont kaléidoscope

entremêlant leur lot d’images

je n’ai donc pas besoin d’un brillant horoscope

pour interpréter mieux qu’un mage


Je ne pourrais jamais changer

qu’en refusant de vivre en paix mais rien n’offre âge

à celui qui veut engranger

des sensations dont la divine est un naufrage

j'ai rêvé l’amour en danger


Maintenant ma ressource est sûre

écrire est ma façon de tromper le présent

conter ce dont la source assure

en chargeant le passé d’un futur écrasant

mais que la Poésie rassure

samedi 7 mars 2026

Gestation



Qu'est-ce qui compte dans la vie

sinon se sentir bien quand on en fait mine (hein ?)

Parfois quand elle a son avis

la main d'un homme est le creuset du féminin

d’un plaisir aux doigts qui dévient


Nous recherchons la soie des peaux

qui nous requalifie (parlant ainsi d’amants)

mais elle n’est pas en dépôt

la nuit commence aux yeux qu'on ferme incidemment

c'est l'art de dicter les tempos


La mélancolie m'envahit

de tous nos trains ratés qu’importe la station

du métro la bouche ébahie

tout amour est un avenir en gestation

dont le terminus est trahi

vendredi 6 mars 2026

L'anomie



Si vraiment je suis contre les gens qui sont contre

alors je ne suis pas pour les gens qui sont pour

et rien ne vaut jamais le temps d’une rencontre

afin de discuter sans sortir un tambour


On se décivilise à coups de manivelles

oubliées les idées que ma conscience épiait

le mécanisme est là qui par le bas nivelle

le globe est plus beau quand on le regarde en biais


Je veux trouver les mots parlant à mes amis

du Monde et ses nations dont je sais l’attitude

un couple ambivalent souffrant de trisomie


Le froid de chaque nuit remplit d'incertitudes

dans le bleu de tes yeux j'ai relu l'anomie

de la terre emblavée de grains de servitude

jeudi 5 mars 2026

Autant en emporte le tain



Dans mes poèmes syncopés

j'effleure mes années (tant de pétales morts)

ou comme les onglets coupés

d'un agenda mené quand à cheval on mord

on trouve un signe à découper


Les mots sont bien les plus sensuels

l'amour est une chose intangible et fluette

on l’écoute il devient sexuel

enfle et s’étend (quand ce ne sont pas des bluettes)

et pourtant n’est pas consensuel


Le sexe d'une femme est un

paradis mou que l’on ne sait jamais tenir

et la passé — miroir éteint —

c'est toujours ce que nous n'avons pas su retenir

alors autant en emporte le tain

mercredi 4 mars 2026

La Lune



Quoi que l’on mette en parallèle

le célibat fabrique en nous d'autres passions

plaisir ou gène et par allèles

un goût subit du sexe et de ses obsessions

de l’envie qui n’est pas râle elle


Des mains se faufilant soudaines

ont l’art abstrait de communiquer par hoquets

des petits cris doux qui font haine

(écrire une beauté confine à la croquer)

ton joli corps est ma fontaine


Nul ne sait jamais en aimant

mesurer le désir y compris même entier

son bien-être en tant qu’amant

vivre est un désespoir à chercher sa moitié

la Lune véritablement

dimanche 1 mars 2026

Impassible



Il pleut sur le lac impassible

il pleut sur une idée que j’avais de la vie

qui pleut sur un rêve impossible

un peu comme un enduit comme coule un lavis

sur un mur hideux pris pour cible


Bleue grisâtre est l’eau de mon lac

qui se marie sans consentir aux cieux fermés

l’humidité lie comme laque

entre deux os qu’articule un air renfermé

l’imposant nuage à sa flaque


Que devient le Monde aujourd’hui

le Bout du monde est en train de pleurer

le bout de l’enfer introduit

dans la bouche entrouverte et vraiment apeurée

par un effet tout juste induit

vendredi 27 février 2026

Goutte de pluie



Chaque amante est goutte de pluie

j'en ai beaucoup aimées tu n'es pas la première

et chacune fut un appui

papillons nous sommes attirés par la lumière

on s'y brûle en aimant et puis


La vie continue sans soucis

nous retrouvons souvent de nouvelles compagnes

au doux dessin de tes sourcils

il m’apparaît pourtant errer dans ta campagne

enfin comme les sens oscillent


Il faut aussi se recueillir

afin que l’eau du ciel en nos mains s’accumule

eau bénite et franche à cueillir

issue d’un gros nuage envahissant — cumul-

o-nimbus — il faut l’accueillir

Actrices



Si la vie me semble irréelle

la caresse a le don de soigner les blessures

et je ne peux l'ignorer elle 

aux gestes si prudents si parfaits et si sûrs

infirmière aux doigts en rouelle


Le son des articulations

résonne au fond des vies qui dans le temps perdurent

un massage est une émotion

rien ne passe et précisément car rien ne dure

un don comme une sensation


J'ai su panser mes cicatrices

et su penser le Monde au gré de mes stigmates

on ne peut aimer des actrices

à moins de s'éviter des femmes automates

et l'attraction des génitrices

mercredi 25 février 2026

Indécisions



Susurre à mon oreille un mot

notre amour illettré n'est qu'une exploration

tes lèvres sont deux beaux jumeaux

qu’on articule avec et sans déploration

ton âme est comme un chalumeau


Je me murmure avec plaisir

« écris comme on respire en soufflant le plus fort »

afin d’exprimer le désir

et n’étant pas le partisan du moindre effort

il faut sans cesse le saisir


En désirant tout devient fou

nous nous appréhendons avec imprécision

nous avançons sans garde-fou

nous sommes les enfants de nos indécisions

de ce que la raison bafoue

lundi 16 février 2026

Architectonique



L'amour est un artefact

auquel

un public

assez fiévreux

cède

assez volontiers ses miasmes.


Même 

en me languissant

d'être à ce point muré dans ma solitude

il me reste un fol espoir

une impromptue rencontre

occasionnelle et fortuite

avec laquelle

on sait que naît la littérature.


Rien ne m'inspire autant

que les jérémiades ignorantes

et les sanglots égotiques

que les regards dans les miroirs

isolant du Monde leurs adeptes

implorations sinistres aux ogives gothiques

œuvrant du mal de l'être

ainsi qu'un architecte

absurdement

surdoué

dans l'art d'enterrer la lumière.


Rien n'est plus lâche à prêter

qu'une corde insuffisamment tenue

chaque jour est un effondrement

quand au quotidien

la vie triche

avec

un désir inassouvi

le silence ambiant

— sépulcre au sein duquel

on enfouit au jour le jour

une manifestation du vivant qu'on inhume —

est l’enfant de sa tombe

au sein de laquelle

hurlent les non-dits.


La nuit est vide

ainsi qu’un œuf

aurait été déjà gobé

l’absurde est un théâtre

où se jouent des pièces

à pile ou face

et qui retombent sous le sens

son sourire est un lever de soleil

et lorsqu'elle est penchée

ses seins sont les astres sur lesquels

la gravité se répand

parce que sa beauté transperce à la fois

les tympans des cathédrales

et le dessein de mes doigts hérétiques.


Écrire est offrir un peu de son âme

en confiance

à ceux

dont on croit qu'ils nous aiment

(il semblerait qu'il faille automatiquement

salir

afin d'épancher ses désirs)

ici

le soleil se lève au moment de se coucher

j'ai rêvé de cieux imposants

de nuages lourds

enceints de pluies salvatrices

essuyant

sur le glacis de l'inconstance

un peu de notre orgueil infondé.


Nous sommes allés marcher sur un volcan

j'ai marché vite

ainsi que je marche habituellement

quand arrivé seul au sommet

j'ai contemplé le spectacle offert

il m'a semblé que la beauté du Monde

enfouissait nos petites passions fugaces

et misérables

— architectonique intuition

que le Monde est loin

d’être à nous

mais que nous sommes à Lui —

les années sont la jauge

aux souvenirs accumulés

tout au fond du puits de la vie.

dimanche 15 février 2026

Illusoire



Aimer — penser à autre chose —

écrire est un acte ayant besoin de cela

je ne le peux mais pourtant j’ose

un effort ayant aussi besoin de ceux-là

trouvés dans un bouquet de roses


Et ce qu’on bâtit est Lego

construction confondant le seigle et le froment

le pain promis est à l’ergot

l'amour que l'on écrit n'est qu'un mauvais roman

la chose promise à l’ego


Finalement c’est dérisoire

on en fait tout un plat que l’on veut enrober

c’est un alibi provisoire

et je comprends les larmes que tu m'as dérobées

chaque attirance est illusoire

samedi 14 février 2026

Le plus juste



J'aimerais créer

des mots

pour étrangler

des ectoplasmes

envahissant la place où nous nous imaginons.


Je n'ai que ce chef-d'œuvre de Chopin

qui nous raconte en nos passions déçues

qui nous décrit

sans le vacarme de nos cris.


C'est quoi la littérature ?

Une phrase

— aussi simple que possible —

un peu de musique

et la vision comme au ciné

de la scène.


On ne peut écrire

à moins d'une absolue réflexion

d'un regard à propos de soi

sinon qu'être écriveur

en lieu d'écrivain

nous grandissons dans l'illusion

d'un avenir à construire

alors qu'on se construit

sur notre avenir

— en amour

on peut se perdre aussi sûrement

dans le désir ardent

que dans son labyrinthe —

en écriture aussi.


Ce qui est important dans la vie

c'est de se souvenir

en effet

la mémoire a pour vertu

de conférer le sentiment du devoir accompli

d’apaiser l'âme

au regard objectif

émanant de nos jolies choses

et de les raconter.


Parfois

ce que j'écris me surprend.


Je me souviens d'un soir

au Huelgoat

à notre atelier littéraire

on devait rédiger

je ne sais plus quoi

puis en faire une lecture.


À mon habitude un peu dandy

je m'exprime en dernier

l'amie commune alors exulte

"ah !

Mais Michel

il cherche à chaque fois

des mots stupéfiants !"


Dans le groupe

il y avait un auteur

un clown

un vrai professionnel

et vivant de ses pitreries

(j'aimais beaucoup cet homme)

il répond aussi sec

"ah non !

Ce n'est pas Michel qui cherche des mots

ce sont les mots qui le cherchent."


Et dans le grand silence après

je sais que c'est le plus beau compliment qu'on me fit

parce que le plus étrange

et le plus juste.

vendredi 13 février 2026

Brasero



L'amour est fait d'imperfections

cet amour intenté n'est qu'un rêve à tenter

nous prenant tel une infection

maladie reconnue symptôme patenté

dont la cause a fait défection


Car j'aime la beauté des femmes

et cela me rendrait totalement friable

à leur charme ému qu’on diffame

alors qu’on ne devrait que rendre inoubliable

un sentiment que nous trouvâmes


On pleut d’éclair en sombrero

retourner son chapeau comme un homme apaisé

brusquement comme un sombre héros

(si jolie que ta bouche est un rêve à baiser)

devenir un vrai brasero

mercredi 11 février 2026

Baiser



Baiser

désir absolument animal

et

proprement reptilien

pulsion sordide

incontrôlable

et

justifiant tous les débordements

mais nos amours aussi.


J'aime expliquer le vivant

le disséquer

comme on le fait de la littérature

et

regarder les vivants

s’attirer

se repousser

comme des aimants

qui s’inversent

à grands coups d’épaules

l'amour est

un baiser volé

sur le fil à linge innocent du destin

l'amour est

l'anti solution de la recherche du bonheur.


Aimer d'un baiser

sous la voûte des yeux

l'amour

le vrai

commence

inéluctablement

sur un malentendu

les amoureux se retrouvent

quand leur désir est fort

— ou alors

ne se retrouvent pas

mais c'est qu'ils n'étaient pas amoureux —

leur baiser

scelle un pacte hémophile

entre eux

le futur et le passé

dont ils avaient perdu le fil.


Le baiser

que l'on attend

n'est jamais celui que l'on reçoit

pourtant

quand les coins des lèvres se frôlent

on est déjà

dans un baiser d'amour

et confondant

la baise et le baiser

l’homme oublie trop souvent que

la femme n'est pas une chose que l'on baise

elle est un être en soutien de ce qu’il est.


Qu'est-ce que c'est bon

le miel de bruyère

il a le goût

des baisers des amoureuses

à mes vingt ans

sauvage et sucré

butiné

sur les landes du bout du monde

oublié

dans la tombe abyssale

où sombrent

infiniment

les échos de nos jeunesses

en rappelant que

le baiser d'une femme est

le dépôt d'une goutte d'or fondu

sur un papillon perdu.


Les routes de l'à soi

disent aussi probablement

le bout de mon chemin.

lundi 9 février 2026

Balafon



Tant elle est loin d’être éternelle

la chaleur amoureuse est la belle énergie

douce comme un sein maternel

une irruption d’envies qui n’est pas allergie

mais nourrie d’un élan charnel


Libre à ce point d’en vivre aussi

chacun de nos désirs est une histoire étrange

un pendule en balance oscille

l’une ou l’autre à choisir rien ne soit qu’on dérange

au marteau du choix des faux-cils


Et résonnant comme un balafon

le cœur en sursautant si souvent redémarre

en naviguant dans de grands fonds

dont nous pensons un jour extirper chaque amarre

au prix de ce que nous agrafons

dimanche 8 février 2026

Dix-neuvièmiste



Voilà, j'écris…


C'est toujours ainsi

ça me prend au cœur de la nuit

(Céline ainsi l'avait parfaitement décrit)

"Plus ne m'est rien"

c'était le titre infligé par Yslaire et Balac

au premier album de "Sambre"

— évidemment le plus beau ! —

qui m'a beaucoup marqué dans mon adulescence.

Il m'est difficile à vrai dire en effet

d'évacuer ma dimension gothique

et romantique

héritée de mes lectures

absolument

dix-neuvièmistes

où Lautréamont

Baudelaire

et consort

avaient pris toute la place.

Il me semble avoir été

rarement

compris sur ces points.


Finalement

tout s'écrit gratuitement

puisque l'écrivain

se retrouve abandonné

plaçant son énergie dans des projets

qui ne concernent que lui

qui ne sont compréhensibles en vérité

que de lui

dont l'horizon ne peut s'apercevoir un instant

qu'en ses yeux.


La poésie pousse comme une fleur sauvage

— un champ mis en jachère —

un peu trop cultivée

produit d'ouvriers ayant trop défriché

la pauvre risque alors de disparaître

au profit d'une écriture productiviste.


Il ne faut pas prédire une poésie

mais se contenter de l'accueillir

et nul ne sait

ni peu l'importe

au sujet de sa forme finale

une poésie n'est belle en vérité

que parce qu'elle échappe

aux règles qui voulaient l'enfermer.


La poésie, c'est l'oiseau de Jacques Prévert

c'est une cage ouverte

où ce dernier prend forme

à cause en vrai qu'elle est ouverte

en explosant les frontières

et les règles prosodiques

(en ce qu'ont montré des gens

comme Arthur Rimbaud).


Mais en faisant de l'explosion de ces règles

une nouvelle règle

on a subi l'auto-proclamation de nouveaux rois

qui l'ont renfermée.


Le problème de notre temps quant à sa poésie

c'est d'abord qu'à la différence du XIXème

et des siècles qui l'ont précédé

tout le monde ait appris l'écriture

et que beaucoup s'en croient donc écrivains.


L’autre problème est que l'interprétation

des licences osées par les auteurs transgressifs

ait été prise pour argent comptant

puis institutionnalisée par une académie

construite à leur suite

en un moment d'intellectualisation de la société

— totalement antithétique avec la nature des auteurs susnommés —

dans une forme de dogme brutal

auquel une majeure partie de la population

reste absolument hermétique

alors qu'il détiendrait une vérité propre

à quelques élus.


C'est ce qui permet pour finir

à certaines "intelligences"

issues de cette nomenklatura

d'affirmer à propos d'aucuns

— sans la moindre once d'humilité —

que "l'on n'écrit plus ainsi depuis le XIXème siècle".


Imbéciles et qui seront balayés par le souvenir futur.

samedi 7 février 2026

Comme un ancien rêve évanoui



Ma tête en boule emplie de neige

je suis perdu dans mes détours imaginaires

en mon cerveau tourne un manège

je n’ai là sous ma peau plus que d’imagés nerfs

rien ne dit plus de ce que n’ai-je


J'attrape ton regard ainsi

que sur un lac au soir azur un poisson mouche 

au lieu d’un non je veux un si

pareils aux doux baisers qu’on pose sur la bouche

aux tremblements juste indécis


J’hérite d’un nuage inouï

tout amour est dans sa suspension le suivant

reflet d’une averse épanouie

comme un grand romantisme allant nous poursuivant

comme un ancien rêve évanoui

Conte hivernal



Quand on veut lui régler son compte

un amour est la chose à ce point incertaine

en l'oubliant qu'on le raconte

autant de fois qu'on peut parfois une centaine

à la jolie façon d'un conte


On est des oiseaux illogiques

étrangement perchés sur la branche infinie

d'un arbre généalogique

on sait ça de son sang décent qu'un défi nie

de nos parents dits "biologiques"


Et ceci ce n’est qu’un sang cible

une attirance est une excursion vers un lieu

dans lequel on court insensible

en enfilant d'emblée des bottes de sept lieues

sur une route inaccessible

mardi 3 février 2026

L'aperçu du désir



Tout amour est une aventure

et nous finissons tous un jour au fond d'un trou

sans que ce soit mésaventure

aimer c'est s'inventer bien au-delà de tout

de la mort et de la torture


En chacun le futur est là

chaque envie de nous n'est jamais qu'inaboutie

pour autant si le cœur est las

les larmes de la peur ont pour écho l'envie

dans les coussins mous d’un prélat


Je me suis joué d’un impair su

voulant aider celle ou celui dont on prend soin

tout tient à ce qu’on a perçu

nous ne nous construisons qu'en fonction du besoin

j'ai du désir un aperçu

lundi 2 février 2026

Précieux bijou caché



Tout est reflet de souvenirs

un éclat de diamant dont on sait l’incidence

au meilleur amour à venir

un instant de nos vies résonne en son silence

et porte en lui notre avenir


Au lit mon culte de tes fesses

assoit la liberté de mes visions salaces

ce que ma religion professe

est vain j’en suis conscient puisque à la fin ça lasse

(assermenté comme à confesse)


À la façon d’un steak haché

mon écriture enfin quand je n’aurai plus de toit

sera ce que j’ai saccagé

de tout ce qu'on me laisse il n'y a plus que toi

comme un précieux bijou caché

dimanche 1 février 2026

Létal



Dans la tempête inécrasée

je suis l'îlot fortuit de ton naufrage inouï

l’endroit dont l’âme est abrasée

par en corolle un peu de ton corps épanoui

ta fleur en coulant mon phrasé


Je t’ai dans mes pensées charnelles

— l'amour est un instant passager clandestin —

nourri de ton lait maternel

il faut te désirer le reste est sans destin

tel un besoin sempiternel


Écrire est une envie fatale

adapter son discours est comme caresser

baiser est un poison létal

en te léchant mon timbre est sans cesse à dresser

ton corps offert est à l’étal

vendredi 30 janvier 2026

Libertin



On me dit libertin mais je suis libéral

en ne me mêlant pas de l’alcôve inconnue

des recoins de ton sexe où chaque homme animal

est venu se reperdre aux bas-fonds d’un con nu


Dans l’orgasme on fait fi d’une seule âme à rendre

(une fille aussi sait des éjaculations)

chacune de nos relations est bonne à prendre

en chaque attirance est une accumulation


Jolie paire adulée de seins se maintenant

tétons acidulés dont on sait le succès

que va-t-il se passer dans nos vies maintenant


Mon amoureuse en bouche a le goût d'un bonbon

rose et si délicieux qu’on voudrait le sucer

comme un bel entrecuisse entre deux beaux jambons

mercredi 28 janvier 2026

Incertitude



Tout amour est une épopée vers une étoile

À la belle on s’endort une épopée sans toit

Mais sans se séparer du parfum qui sent toi

Tout amour est le fruit d’une araignée sans toile


Liberté ma chérie dont je ne sais le gain

Je m’endors en pleurant de ton grand déplaisir

En chaque relation réside un faux désir

Rien ne dure en instants tout autant qu'un béguin


L'écriture est un legs offert au plus offrant

Ma plume en écrivant caresse aussi ton corps

Un bon dessert entre le fromage et la poire


En poésie j’avoue je ne suis pas très franc

Mais dans mes sensations quand j’y repense encore

À chaque incertitude est associé l'espoir

lundi 26 janvier 2026

Un monde insensé



Je crois que la Poésie

consiste

à formuler des pensées

que ses lecteurs ignorent

à déformer le réel

à l’embellir

à l’extrapoler

l'amour est une illusion lui

dont nous nous délectons

pour espérer

toujours un peu

plus en nos vies si pauvres.


Pardonnez-moi d'écrire un peu trop

c'est mon souffle vital

l’écriture est

un choix

de déréliction

(je le sais maintenant)

j'essaie de trouver les images

et les sons

qui sauront

vous capturer

vous captiver

vous cap-horniers

de la lecture

et voyageurs en mots.


Voyager

ce n'est pas forcément vivre à l'étranger

voyager

c'est précisément bousculer sa vie

— qu'elle soit en France

ou à l'étranger —

voyager

c'est changer son monde

en le décalant

systématiquement

changer ses habitudes

et se mettre en danger.


Parce qu'on ne le conduit pas

le train revêt

l'attribut complet du voyage

en ses dimensions imprédictibles

— il est de ce fait un lieu de rencontre idéal

un aiguillage aux fils du destin —

parce qu'on ne la conduit pas

la Poésie

roule au-dessus des rails

imposés

de la banalité

des idées reçues

de l’imbécilité quotidienne

et des combats galvaudés

la Poésie

aide à survivre.


On ne décide pas de s'aimer

sur une simple image

on ne décide pas de sa vie

sur une simple impression

la beauté triche à chaque instant

nous conduisant aux pires

erreurs

aux pires

imaginations

la beauté n'est qu'une vibration

que l'on ressent

parfois

très rarement

le baiser sur la bouche

est la façon folle

et pourtant délicieuse aussi

de s'en rendre compte

et le Poème est

ce baiser.


Si mes papiers

mettent le feu

dans vos pensées

la langue est l'expression

la plus aboutie d'une identité

qu'on peine à définir

et ce baiser français

se tourne et se retourne

un peu dans tous les sens

et dans l’essence

absolue

de l’être

en chassant le néant

quand on ne peut rien contre un monde insensé

la seule arme est la Poésie.

dimanche 25 janvier 2026

À genoux



Gordien ce que le doigt dénoue

chaque entité perdue que nous véhiculons

se trouve au plus profond de nous

mais qui s’enfuit quand on avance à reculons

souvent comme des rats d’égout


Nous sommes des gamins fragiles

ignorant l’avenir et dépourvus de buts

martyrs aussi souvent de nos passés labiles

une fin constatée n'est qu'un nouveau début

si nous nous tenons immobiles


L’Art est bien comme un billet doux

chaque amour ignoré se retrouve en peinture

rien n'est bon ni parfait chez nous

le poète étant mort on n’a pas sa pointure

on craint vraiment d'être à genoux

vendredi 23 janvier 2026

Épitaphes



Notre instinct c’est bien animal

à chaque relation c'est une exploration

rien jamais ne semble anormal

lieu déclaré pourtant de nos déplorations

là pousse aussi la fleur du mal


Le poison c’est sempiternel

le grand désir est repassé par la fenêtre

et bu comme un lait maternel

il coule en nous fruit de l’amour et du non-être

un sentiment c’est éternel


L'être est une ombre à consommer

dès lors en lieu de tombe on a des cénotaphes

un pansement mais qu’on se met

les revenants sont les longs mots des épitaphes

figeant nos vies comme assommées