dimanche 1 novembre 2015

Bruno Sulak (Texte totalement réécrit à partir d'un original soumis en février 1986 à Renaud Séchan)






La vieille dans son vieux taudis,
si vieille et sans maternité,
aussitôt fait, aussitôt dit,
est poussée vers l'éternité.

Tant étouffées qu'ou bien flinguées,
parfois les mémés disparaissent,
et les minots qu'aux déglingués
tout laisse aux flots de ma tristesse.

J'ai des mémoires d'outre-tombe
attachés à de sombres tomes,
et des histoires et des bombes
me restant en tant qu'hématomes.

De voir des odieux incapables
s'en prendre au faible impunément,
me rend amer, ils sont coupables
lorsque je sais ton châtiment.


Eh, Bruno !
T'en vas pas,
reste là
dans mes mots.
Eh, Bruno,
Sulak de l'âme artiste,
ton écho
dans ma cellule autiste,
témoigne un peu pour moi
que ce n'est pas en tuant
pas plus qu'en s'évertuant
à provoquer l'émoi,
qu'on force la légende ;
témoigne un peu pour nous
– et que le ciel t'entende –
d'un monde offert aux fous.


Avec leurs joujoux dangereux,
ils entretiennent une guerre
d'un ridicule présomptueux,
Inacceptable et meurtrière.

Du laid dealer le plus minable
aux mafiosi qui t'étaient tiers,
pour moi tu restais admirable
quoique ce fut ton cimetière.

Le cœur de la Cour des Miracles
pas plus qu'à moi n'était le tien,
mais au moulin de la débâcle,
t'as voulu jouer les arlésiens.

Et dans la lettre d'un malaise
où j'attends quelque part ta voix,
je suis la voie de la falaise,
ultime mur d'où tu sautas

Eh, Bruno !
T'en vas pas,
reste là
dans mes mots.
Eh, Bruno,
Sulak de l'âme artiste,
ton écho
dans ma cellule autiste,
témoigne un peu pour moi
que ce n'est pas en tuant
pas plus qu'en s'évertuant
à provoquer l'émoi,
qu'on force la légende ;
témoigne un peu pour nous
– et que le ciel t'entende –
que notre corde au cou se noue...

Sans toi.

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