vendredi 22 février 2008

Treize ors

Des sept cités de Cibola,
d'Eldorado en fiêvre inquiête,
du Kafiristan aux incas,
le mythe errant, partout s'émiette.

Mais les trésors que je n'ai pas,
sont ceux qui animent mes quêtes,
dont les rêves guident mes pas,
aucun grand or ne vaut l'enquête !

Aucune carte ne décrit
mieux son chemin, mieux sa présence,
que cette succession d'écrits,
frôlant si près la déchéance.

Le lien qu'indique cette croix,
d'un parchemin imaginaire,
n'est pas toujours, comme on le croit,
plus riche que l'itinéraire.

A chaque vers, c'est une pièce,
ou un bijou, ou une gemme,
qui s'ajoute lorsqu'une liesse,
ou un soupir, me dit qu'on aime.

Avoir un peu d'or dans la main,
ne pas s'oublier à le taire,
vaut plus que tous les trésors vains,
s'il faut finir au cimetière.

2 commentaires:

mayavega a dit…

Tous les chemins mènent arômes
aux cent heures respirants les embruns
eaux sentences des encres métronomes
car tôt graphe l'écrivain.

Je me permet cet interlude pour vous soumettre un poème d'Hérédia qui me fait encore rêver.

Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d’un rêve héroïque et brutal.

Ils allaient conquérir le fabuleux métal
Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,
Et les vents alizés inclinaient leurs antennes
Aux bords mystérieux du monde Occidental.

Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
L’azur phosphorescent de la mer des Tropiques
Enchantait leur sommeil d’un mirage doré ;

Ou penchés à l’avant des blanches caravelles,
Ils regardaient monter en un ciel ignoré
Du fond de l’Océan des étoiles nouvelles

le capitaine a dit…

Le sonnet de Hérédia est une pure merveille ! Mais ton quatrain n'est pas non plus piqué des vers (si j'ose dire).