samedi 2 février 2008

Les terres creuses

J'ai posé sur mes cervicales
un hémisphère cerbèral,
et la demi-coque de noix
aux gravités sans foi ni loi.

Quoique des deux, je pusse faire,
l'une à l'autre, elles se soudèrent
en planète à tête chercheuse,
quand s'immisce île en terres creuses.

Comment y nait un océan,
sinon de larmes en céans ?
De quel soleil voit-on le jour,
sinon d'un sourire à l'amour ?

J'étais dépité des pitiés
que m'accordaient les amities,
au rang floué d'un instrument,
le passé arrangeait présent;

mes bas de laine, aux moues pleureuses,
s'effilochaient, mes terres creuses
se remplissaient des autochtones,
des habitants des voies atones,

et les rigoles des césures,
de vers en fleuve, oh, si, c'est sûr,
de verres en pluie, des vins remplirent
les prédictions de mes plus noirs désirs.

les terres creuses connaissent aussi,
leurs conflits généreux en appétit,
leurs généraux confits et leurs zéros,
et leurs huns, transigeant à l'apéro.

On les retrouve morts aux vins d'honneur,
et quelques chants de nos stupeurs
marquent ces lieux de leurs croix blanches,
liquides mots dont on s'épanche.

Pour quelques-uns d'entre nous tous,
chassant fûmées dont d'autres toussent,
les terres poussent à l'envers,
le monde n'est que fourmilière.

Dans l'infini des galleries,
de tout ce qui n'est pas écrit,
les portraits sont encor vivants,
malgré les heures et les ans.

La lumière entre rarement,
spectrales sont les voix des gens,
mais les éponges des cerveaux
essuient les platres de seuls mots...

J'ai connu un monde inconnu,
une jungle et pas d'indiens nus :
la terre creuse que j'explore,
cherchant toujours ma cité d'or.

1 commentaire:

B a dit…

Les portraits seront toujours vivants et leurs voix toujours spectrales, car ils ont marqué notre histoire. Nous les portons en nous et jamais ne nous quitterons.
Comme des tatouages, indélébiles, dans notre chair et dans notre mémoire.
Pour autant, quelle que soit cette histoire et quelle qu'ait été la manière dont chacun de ces portraits l'ont marquée, oui : explorer.
... La terre n'est pas si creuse et la Cité est bien là.
Nous le savons.
:-)