vendredi 21 novembre 2008

A nos cybériennes années

A nos cybériennes années
Dont on paie enfin la patente,
A tous nos mots entremêlés
Comme deux langues haletantes,
Je lève mes vers corrompus
Aux tessons des cordes vocales,
Qui m’ont laissé le corps rompu
Et l’âme ou le cœur en escale.

A cet écran dépeint total
Par les pains sots de chaque claque,
Par la piqûre au choix létal
D’avoir ses Rome en quelques flaques,
Je veux laisser succédané
De pisse au lit dans son silo,
D’avoir assez sucé d’années,
De pissenlits et de stylos.

Aux runes en ruine et aux mots,
Coalisés dans ce grand cirque,
Où tigres et fumeux pavots,
S’affrontent en cris cathartiques,
Je me relis, homotextuel,
A la limite, en autarcique,
Oubliant l’aspect contextuel,
De mes bêtises sémantiques.

A nos années en Cybérie
Dont on ne retient que le froid,
Dont on peut pleurer, dont on rit
De tout ce temps que l’on se doit,
Je lève une armée de zéros,
De uns, de touches et de doigts,
Regroupés dans le brasero
Des illusions et de l’effroi.

4 commentaires:

MARIE a dit…

A nos années cyberiennes ,
Pour de belles rencontres terriennes ... :-)
Superbe texte Michel ...
Douce soirée et gros bisous ...

Babel a dit…

un grand cirque.. où les clowns, tristes ou pas, côtoient parfois les vraies étoiles..
texte pas si court, mais très beau !! ;)

Anonyme a dit…

Une escale ici, à lire et relire tes vers, tout en écoutant François de Roubaix, a rendu mon coeur un brin nostalgique.

Angelina a dit…

L'anonyme du haut, c'est Angelina, fidèle lectrice. Je suis revenue m'imprégner encore un peu de l'ambiance ;-)