mardi 30 décembre 2025

Un peu des deux



L'âge est trop souvent l'ennemi

des rêves d'idylle attardés

des émotions trop bâtardées

pour en démêler les nœuds mis


La gare est dans sa gestation

je ne vois pas de trains civils

et les wagons plombés défilent

l’Amour est fait d’hésitations


La nuit gagne à être connue

dans son sein se nouent des intrigues

en elle on tombe enfin des digues

où nous finissons toujours nus


Nous ne sommes pas préparés

je sens pourtant — règle assouplie —

navire à virer prêt parez

le rêve est propice à l'oubli


Le froid me remplit d'amertume

et les sanglots de la pluie t'aiment

on aura fait l’effort en thème

et dans ma version la mer hume


Mes cauchemars les plus hideux

sont comme un merveilleux problème

et ma nuit fauve assassin blême

mon amoureuse un peu des deux

lundi 29 décembre 2025

Vêtu de paille



L'âme est dans l’émotion le désir est un leurre

rayonnant lucifer est diablement banal

et son Grand Dieu rarement lui-même est à l’heure


On se trouve à traîner tout au long du canal

la réponse à chercher — c’est question de valeurs —

est peut-être au milieu des vastes bacchanales


La nuit c'est le côté que l'on ne veut pas voir

(ainsi que Salammbô l’héroïne à Carthage)

où brille un astre absent mais qu’on peut percevoir

rêver est un mauvais deal et bien sans partage


Un éclair est brûlant quand l’orage s’en mêle

la grêle est dans la tête en ces temps de ripailles

l'amour est l’errance où l'on se perd et s’emmêle

alors mon paquebot n'est qu'un fétu de paille

La réponse



Le charme est ordinaire et son récit splendide

un bouquet dont l'épine est dorsale en parfum

l'Amour — un jeu de poker où l'on est candide


On se comporte alors tel un marchand d’arts fins

faisant d’un beau cadeau notre présent sordide

achevé comme un film en terminant par « FIN »


Faire assez court assez succinct mais désirable

on raconte une histoire intime à déconstruire

en toute humilité sans sembler misérable

l'âme est juste un iceberg oublié pour détruire


Attiré pourtant par sa force centrifuge

je sais bien qu’en freinant l’arrêt ponce

un vice agresseur est une passion transfuge

« j'aime » est la vraie question l'Amitié la réponse

dimanche 28 décembre 2025

Les plus faibles



Lutter contre les juges c'est la tyrannie

séparer les pouvoirs un début de pardon

pour y vivre une histoire un début d’harmonie


Mais de me diriger je n’en ai plus le don

la beauté d'un discours est reflet d’un déni

l'Amour est l'illusion dont nous nous persuadons


Sous la meule ultra-libérale on fait farine

en écrasant le pauvre accroupi dans la glèbe

on oublie le respect la langue est vipérine

un lieu civilisé prend soin de ses plus faibles


Au milieux de ce monde aimer est une errance

un désir — un bébé tout bercé d’émotions —

mais ce monstre à chérir est mon itinérance

et nourrir un premier des gestes d'attention

samedi 27 décembre 2025

Rarissimes



L'attirance est un chat sauvage ayant des griffes

et nous balafre à l’envi provoquant notre effroi

n’étant plus à la fin que deux grands escogriffes


Un itinéraire est l'enfer obscur et froid

sous couvert en effet d’évangile apocryphe

il condamne nos vies suspendues au beffroi


Le désir enseignant coule en son encre rouge

écrivant nos destins comme on corrige un texte

et passant au suivant lorsque plus rien ne bouge

on rédige en gueulant tout dépend du contexte


Aimer c'est subir un examen de conscience

escalader l’esprit s’en aller jusqu’aux cimes

aux sommets ignorés dont on eut la prescience

ceci s’est partagé dans des cas rarissimes

Jeux de mots



Toute écriture audible est comme un paysage

on l’explore en rêvant de clichés pêle-mêle

libérant nos pensées dans un franc métissage


Chaque idée fuse et puis mon cerveau l’entremêle

à chaque précédente en fougueux pétrissage

accouchant las de mon corps de texte femelle


La folie littéraire est un virus étrange

chacun peut peindre en mots les pires salissures

et s’en laver les mains (juste à moins d’un être ange)

chaque image est dans l'œil une balle archi-sûre


Raturer son écrit mais garder sa forme elle

— l'idée maîtresse étant une idée qui naît vite —

un hyatus en amour est toujours informel

le meilleur jeu de mots c'est celui qu'on évite

vendredi 26 décembre 2025

À ton regard



Toute illusion se perd en entrant dans la vie

qui n’est pas en duvet ni dans des bas de soie

nous devenons quelqu’un dont on moque l’avis


Le désir est un jouet qui souvent nous déçoit

le vernis recouvrant n’est qu’un léger lavis

le semblant d'un bien-être est le mal-être en soi


La possible amitié n'est qu’un fruit des échanges

entre nous l’Esprit Sain (notre passion l’imite)

en allant même au Mont je n’en suis pas l’Archange

chaque idylle est toujours une question Limite


Aimer c'est se penser très loin de tous les uns

mais des autres aussi qu’on salue par égards

et fabriquant mon encre avec un vieux raisin

je crée ce nouveau monde offert à ton regard

jeudi 25 décembre 2025

Faiblesses



L'amour éperdu s'est perdu dans nos mémoires

au creux des billets doux froissés de nos rancœurs

entre les pages écornées d’un vieux grimoire


Un orgasme est un leurre il n'est jamais à l'heure

un enfant du désir est un sacré veinard

une beauté souvent c'est le reflet du cœur


Alors on m’a blâmé mais moi j’étais fou d’elle

l'idée de notre idylle est tombée dans sa bouche

en m’avalant tout crû — c’était un gros bordel —

elle y a longtemps cru piquée par une mouche


Chez certains dominés par un esprit du mal

on trouve accumulés des baisers qui nous blessent

alors on se protège autant qu’un animal

l'armure est à l'Homme un témoin de ses faiblesses

mercredi 24 décembre 2025

Rédemption



Le débit de la plume est un début d’embruns

de mers et de marées d’océans qui nous poussent

et dont les maux précieux ne sont jamais d’emprunt


Les banquiers des maisons d’édition — ceux-là toussent —

oublient bien trop souvent ce qu’est le marchant brun

j'écris dans l'espoir inavoué de plaire à tous


Ces rimes et ces mots font de jolis fauteuils

aux culs des académiciens nus de scrupules

ayant raté le train ce n’est plus qu’un faux deuil

et mon trou de mémoire est celui d’un vieux pull


L'écriture est un geste et sa constance un art

appelant tous nos sens à lui sans exception

l'amour est une corde étranglant le fuyard

à son inverse écrire est une rédemption

mardi 23 décembre 2025

Le crayon du poète à la mine esquintée



Pourquoi si différents nous attirons-nous tant

nous serrons-nous l’un contre l’autre en une dance

ultime et définie que le destin nous tend


Quoi qu’on contienne il faut qu’on tienne sa cadence

et qu’on soit digne ainsi de ce que l’on prétend

l'Amour est une drogue à grande dépendance


Ce voyage amoureux n'a pas d'itinéraire

est une erreur aussi lorsque l’on suit sa flamme

mais en exhumant ce qui n’est pas funéraire

humer ce qu'est la Beauté c'est penser aux femmes


À l’encens capiteux des parfums issus d’elles

y compris l’ayant sans pataquès quittée

j’ai saisi comme un fou dessinant sa modèle

le crayon du poète à la mine esquintée

lundi 22 décembre 2025

Le fruit de la nuit



Chaque nuit mène au jour et le jour à soi-même

une tentative inouïe de vivre en vrai

ce jour-là dans la rue tu diras que tu m’aimes


En goûtant tes poisons violents je m’enivrais

de passions désolées qu’on raconte en poèmes

mais leur saveur rarissime aussi me navrait


L'amour est un abandon sur le chemin du cœur

un impayé brutal et qu’on laisse en patente

autrement dit la mise à des jeux de truqueurs

rêvant aux doux baisers d'une épouse éclatante


Une Lune insoumise éblouissant le ciel

a dicté tous mes pas quand je longe les murs

rappelant graphitée l’idée circonstancielle

la nuit s'offre à nous tous ainsi qu'un fruit trop mûr

dimanche 21 décembre 2025

Point à la ligne



Chaque instant dont l'amour est privé nous enferme
ainsi quoique allongées mes relations étaient brèves
et quant au célibat j’en ai pris dix ans ferme

Il est épuisant d’être un amoureux sans trêve
écrivant au sujet des maux quand on la ferme
un sommeil a raison de nos plus jolis rêves

Une image évoquée qu’en cadence on martèle
l’usant de positions qu’un astrolabe éreinte
tout désir intranquille est pourtant bien mortel
l'architecture humaine est un vrai labyrinthe

Tout doute est une vérité juste accouchée
une star était née mais je n’en étais pas digne
(une folle illusion que je cherche à toucher)
l'inaccessible étoile est mon point à la ligne

samedi 20 décembre 2025

Adolescent



Tout désir est emprunt d'un peu de transgression
puisque entre deux l’on fait d’un compte un règlement
de tons clairs et obscurs on construit sa passion

Tout peut être un Poème au sommet d’un moment
de mon anti-sonnet bâti de tentations
l’attrait n’est qu’une erreur ourdie conjointement

Ne cherche-t-on jamais que son propre reflet
dans l’image de l’autre où la glace est sans tain
claire et transparente et malgré les camouflets
j'ai trouvé le chemin d'un amour incertain

Ne me reprochez pas d'aimer les jolies femmes
elles sont l’illusion d'un rêve adolescent
c’est comme un parachute à ma trop lascive âme
irrésistible envie qu’un homme a dans le sang

vendredi 19 décembre 2025

L'épisode absent



Tout est une illusion que l'on cherche à changer

chaque reflet trompeur un effet de noblesse

une vessie remplie que l’on a vidangée


Le désir est une dédicace à la faiblesse

une propension sûre à se mettre en danger

dans cet odieux décor on sait que les faits blessent


À la valse des corps on ajoute en déco

le goût si salé de la langue et son accent

vivre est un artefact où l'amour est l'écho

je ne suis que le fruit d'un épisode absent


Penser c'est se panser de tourbillons de bandes

dont l’impact est conquis par un espoir inouï

sa momie dévissée dont la verge débande

débordant de noirceur au bout long de la nuit

jeudi 18 décembre 2025

Le froid dans mon cœur est le reflet du monde



La faillite est un don mon âme ainsi le soigne

avec un numéro que je garde en mémo

ce que l'amour apprend le doute aussi l'éloigne


On rêve au pèr’Noël (on en fit la démo)

je n’ai pas de recueil en vue quoique en témoigne

un cercueil et ma production clouée de mots


Je n’ai plus qu’un grand coffre une malle entrouverte

où je range en virtuel un gros professorat

de Poésie montée comme une jument verte

et j’admire en secret Fernando Pessoa


Je pense aux ukrainiens que l’on traite au curare

il faut enfin la fin de cette guerre immonde

de l'absolu désir on sait les denrées rares

un froid dans mon cœur est le reflet du monde

mercredi 17 décembre 2025

Croquer l'avenir


L'amour est une étrangeté qui nous fascine

et pourtant c’est courant de se faire éconduire

en souffrant d’un mal-être ardent qui nous bassine


On n'a plus de formule inventée pour induire

un joli trait de cercle à demi qu’on dessine

— un sourire est l'atout-maître afin de séduire —


Aller en pente douce est juste un démarrage

on dégringole après (la résistance est vaine)

à la fin du récit j’ai l’objet de ma rage

j'écris pour une femme en me tranchant les veines


Un grand leurre absolu comme un beau soulier neuf

a brillé puis j’ai tu ce qu’il peut advenir

avançant mes idées tête nue comme un œuf

fabriquer du présent c'est croquer l'avenir

mardi 16 décembre 2025

Patries



Ma vie touche à sa fin je dois en profiter

sur le sable traîner jusqu’en faire une grève

une faim sans raison qu’on ne peut éviter


De se renier soi-même il faudrait qu’on en crève

et qu’on reste en pleurant dans cette cavité

l'abandon d'un projet c'est le meurtre d'un rêve


Alors enfin vivons — je voudrais qu’on le veuille —

l'Amour est un récit et son voyage une errance

se penser dans la marge est noter sur la feuille

le désir impatient d'impassible attirance


Avenir est aux mots ce qu'espace est aux gestes

une guerre a déjà chamboulé l’existence

empêchons le passage à l’ordure indigeste

aux patries sont l'attachement de nos enfances

lundi 15 décembre 2025

Alchimique



Depuis l'adolescence il me fallait t'écrire

en poésie des tas de mots inusités

restant toujours hanté par la peur de m’aigrir


Un jour ayant tenté (sans cesser d’hésiter

d’en chercher le chemin) j’essayais de maigrir

un style ampoulé lourd — une autre obésité


Mes vers ont la tête écrasée contre un trottoir

ils sont comme un clochard en quête de vins doux

qui voudrait se pencher sur tes seins en sautoir

et qui n’est qu’un vieux bout dans un gras de saindoux


Pourtant tout est possible en nous tout continue

mais malgré cet enjeu souvent catastrophique

un rêve est une ligne un rien discontinue

fabriquer de l'amour est un art alchimique

dimanche 14 décembre 2025

Le lac et la paix



Dans Brest à Saint-Martin chaque ennui se distille

le goût d'intimité de ton fruit défendu

je me souviens bien de la beauté de ton style


Un instant d'attirance est un temps suspendu

dans l’air marin salé le Finistère instille

un lien qui s'est forgé dont on a dépendu


Les Monts d'Arrée n'ont pas d'arrêt mais un départ

en direction de ce que Segalen révèle

l'avenir aura toujours un temps de retard

et le bois me semblera toujours irréel


La beauté d'un endroit nous ramène à nous-mêmes

et le rivage assis mais que l’onde lapait

cherche à se démêler d’une langue qu’on aime

étant chez moi je vois le lac et c'est la paix

samedi 13 décembre 2025

Le grand vide



D'infinis univers ont hanté nos mémoires
rappelant tout le poids de notre indécision
revenant sous l’aspect d’un énorme assommoir

Retenant chaque phrase à la moindre allusion
les échos de nos vies sont reflets de miroir
où ce qu'on donne au rêve est la pire illusion

Je pense à toi que j'aime — un amour sans espoir —
rigolant de soi-même on boit du petit lait
je ne sais plus vraiment quand on laisse un pourboire
en Poésie cherchons à voir en Beau le Laid

Je ne veux pas mourir exempté d'un baiser
nous vivons le jour et la nuit parfois décide
en un mot comme en sang (puisqu’on est apaisé)
j'écris pour éviter d'affronter le grand vide

vendredi 12 décembre 2025

L'Art amer



Chaque instant de nos vies n'intéresse que nous

mais sans pour autant démêler le vrai du faux

le nœud gordien pourtant si stressé qu’on renoue


Les mots sont d’un tranchant ressemblant à des faux

des mots fléchés que l’on décortique à genoux

sache aimer les humains en aimant leurs défauts


Les petites passions sont souvent très intenses

ce fruit d'envie coupable est pressé d'en finir

en un visage un seul la beauté se condense

à chaque autre est offert un peu de souvenirs


Il est temps de l’écrire avant de riposter

le charme est un instant fugace où l'on se perd

reste alors un billet qu'il nous faut composter

chercher l'amour ailleurs est chercher l'Art amer

jeudi 11 décembre 2025

L'enfant de l'absence



Le charme est un cadeau souvent empoisonné

qui nous attire au fond d’un trou pourtant sans fond

comme un bateau saoulé qu’on vient arraisonner


Coulant donc le fromage — et quand d’autres s’en font —

le vin l’arrose au rouge où tout a résonné

(ta bouche envahissante où mes soucis s’en vont)


Si l’envie doit finir ôtons-la de nos cartes

à l’attendre le Tendre est déjà reparti

si la passion le veut la sagesse l’écarte

à l’envi le destin produit sa répartie


L'idée que je possède est un fruit de bordel

le soyeux de sa peau face aux pertes de sens

et mes doigts dépités quand je me languis d’elle

l'amour est toujours un enfant de l'absence

mercredi 10 décembre 2025

Le Génie






L'empreinte de ton doigt sur la bouche est mon sceau

dans un monde égoïste elle est ma seule option

la toile de Monet peignant le Parc Monceau


L'abandon sans objectif est l'admiration

béatitude aussi résumant tout mon saut

le poète est un grand écrivain d’émotions


Les fleurs en délavant la toile imprègnent l'œil

il est donc impossible après de se mouvoir

on est tétanisé par le bleu d’un glaïeul

la Beauté c'est la capacité d'émouvoir


Retrouvant ton bijou j’ai gardé son parfum 

l'Amour est un leurre aux reflets qui nous attirent

un début tourmenté présumant de sa fin

le Génie tient dans l'ignorance à s'en vêtir

mardi 9 décembre 2025

Le fruit du regard



Dessiner ton visage est fabriquer l’acmé

de l’envie qu’on ressent tout enfouie dans l’essaim

des sentiments bruissants alarmée qu’est l’armée


J'ai porté dans mes mains ton petit poids de seins

ton livre ouvert à moi (je lisais Mallarmé)

le calligramme enfin dont je fis le dessin


Je vis avec l'espoir idiot d'une rencontre

où le désir est graisseux se fond sous la flamme

un vain poète absent de ce qui nous rend contre

écrit sans joie comme on fait l'amour à sa femme


Ignorant du rivage et du tissu de fils

en prison des filets quoi qu’on semble ringard

une ligne de vie que l’on suit qui défile

l'idée de la limite est un fruit du regard

Guerres



Nos petits parapluies s'en vont tambourinant

sous la pluie d’occident que la russie déteste

inondée qu’elle est tout de sa plèbe urinant


De spoutnik en vaccin je n’ai pas fait le test

un mensonge officiel est de maux ruminant

de staline ou poutine et que l’Histoire atteste


Avec Achille à Troie le grand maître est talon

le dictateur aussi d’un fantasme éléphant

de ce triste roman l’épilogue était long

de l'Abject et du Beau nous sommes les enfants


Je me sens revêtu d’un instinct d’animal

en relisant de Verlaine un « Jadis et naguère »

en chantant la victoire on raconte le Mal

la banalisation c'est le propre des guerres

lundi 8 décembre 2025

Passage



Chaque épouse à chérir est sous le couperet

d’un jugement sommaire ancien que l’on ressort

amortissant les maux que je découperai


Nos vieux passés européens sont un trésor

un dépotoir aussi (Kyril l’asservirait)

le cimetière enfin de ces vieux dinosaures


« Au feu sale sorcière » entend-on crépiter

les tons du Caravage — un obscur à quitter —

sabre au clair un carnage ayant tout dépité

Salammbô dans Carthage enfin libre acquittée


Le rêve est un partage — enfin vous le savez —

le cauchemar advient lorsque l’on n’est pas sage

et l’écriture est ce qui m'a toujours sauvé

la nuit n'est qu'un obstacle et le jour un passage

dimanche 7 décembre 2025

Veilleur



Fabriquer du récit c'est proposer du neuf

fais moi rêver mais laisse-moi mon écriture

entre dans ma coquille enfermée dans un œuf


Oh ta bouche est si douce et nos sexes si durs

on pourrait laisser croire en s’attirant qu’on bluffe

un grand désir est à jamais celui qui dure


Remonte à tout trésor et sa carte est perdue

mais les réseaux sociaux ne montrent que la nôtre

un amour est caché sous sa flore éperdue

notre définition c'est l'absence de l'autre


Il faut trois femmes afin de trouver l'équilibre

il me faut l’expliquer si l’on me cherche encore

et si dans l’avenir il nous faut rester libres

on passera des nuits à veiller sur nos corps

jeudi 4 décembre 2025

Prélude



Qu'est l'amour éperdu quand confiance est perdue

quand on est rimbaldien d’un cœur de supplicié

quand on meurt en pleurant de tendresse hyper due


Quoi qu’on fasse à genoux se sera supplier

se sera bien en vain quoi que l’on s’évertue

vouloir se souvenir est vivre et s'oublier


Mon cerveau réagit à la beauté des filles

on fantasme en photo juste à des cons posés

sur un film en chantier tout le reste défile

l'amour est une symphonie décomposée


Mon âme émoulue ment (quel arracheur dedans)

petit morceau malin d’un air empoisonneur

il se balade en moi comme Arthur à Sedan

l'attente est le prélude exclusif au bonheur

mercredi 3 décembre 2025

Les jolies mains



La nuit qui trépasse est un égout qu'on tolère

rêver n'est qu'un mirage et toi mon oasis

survivre est s'échapper d'un songe suicidaire


Reste à la relation sa trouble catharsis

son Amour — une particule élémentaire

échappant à ces lois qui nous sont Némésis


Sur un genou chercher la voie de l’intérieur

raser est une vue de l'esprit sans projet

je palperai du miel en ta lèvre inférieure

et te boirai d’un trait sans verbe ni sujet


Cueillir un fruit c'est délicat (parfois trop mûr)

agir est compliqué baiser l'est plus encore

on t’imagine enfin laissant tomber l’armure

aux mains jolies caressant mieux qu'un joli corps

mardi 2 décembre 2025

À l'envers



Le froid c'est un endroit qui ressemble à mon ciel

étoilé de flocons dont il est parsemé

raccommodant de feu mes visions démentielles


L’objectif est d’encrer sans cesser d’essaimer

les mots importants sans oublier l’essentiel

la fragilité d'être est la peur de s'aimer


Dans une relation le pire est le mensonge

— une belle ukrainienne étant la pire hongroise

est un vrai cauchemar au comble de mes songes —

j'aime aimer le sourire inconnu que je croise


Aimer c'est prendre un soin sans sa contrepartie

je préfère le blé si l’on m’offre l’épeautre

ai su loin des beautés qui m’était imparties

qu’en pensant à l'envers on comprend mieux les autres

lundi 1 décembre 2025

L'amour-propre



l'Art est ce qui permet d'oublier la laideur

rappelant Baudelaire en deux mots j’ai remué

la charogne que l’on reconnaît à l’odeur


Rien ne vient qu’un dialogue de sourds entre muets

ce déchant allemand dont j’étais le leader

et tant pis pour nous deux ma voix chaude avait mué


J'ai mangé ta magie d'un fervent appétit

dans tes lignes de main c’est le soir il est tard

où je vais te grignotant petit à petit

chaque instant se conçoit comme étant un retard


On ne sait jamais l'autre côté du miroir

Alice est devenue l’objet de mon opprobre

un lapin qui me tient prisonnier d’un mouroir

reste à l'autre un désir où se sent l'amour-propre

dimanche 30 novembre 2025

Défunte



Le jour enfin se lève à ton bel horizon

sur un fil à coudre où tu fais sécher ton linge

une ligne écrite et que j’appelle oraison


L'amour est un grand songe et l'homme est un grand singe

en supériorité ses airs avaient raison

mais c’est une impression qui creuse les méninges


J'aimais gamin l'odeur de la térébenthine

Ne sachant dessiner j'ai choisi l’autre apprêt

mon cerveau dépeuplé de toiles libertines

nous pouvons tout détruire et reconstruire après


Souvent de l'un à l'autre est un chemin tortueux

chez Dante en Comédie ces sentiers sont des feintes

on a fait le croquis d’un grand cercle vertueux

le désir est une composition défunte

samedi 29 novembre 2025

L'infidélité



Le ciel est gris comme un espoir inassouvi

les nuages emplis d’une triste attitude

en moutons sacrifiés dont aucun ne survit


La liberté c’est la rançon des solitudes

à cette queue leu-leu chaque image est suivie

toute forte attirance est une incertitude


On rencontre assez peu de gens dans notre vie

dont on puisse aisément se souvenir en vrai

j'ai posé ma main sur ta joue moi je revis

mais toi m'as-tu gardé cachée l'image au frais


Nous naviguons dans les allées des aléas

l'illusion du désir est un mot colporté

je n’avais pas envie c’est vrai d’y aller là

j'ai payé le mépris de l'infidélité

vendredi 28 novembre 2025

Éventail



L'amour est un papillon changeant tous les ans

tout en battant de l’aile il maintient la cadence

si sa mue passagère est un jeu malaisant


Son vol est le moyen de rentrer dans la danse

il ne le sait pas mais quelqu’un d’autre le sent

chaque mot pèse et le poète a la balance


Si vivre est difficile alors on doit mourir

un éphémère est là le temps d’une soirée

mais se reproduisant il ne peut se nourrir

à la noirceur de l’encre à l'âme inespérée


Dans le froid de la nuit se trouve un brin de nous

ta bouche entrouverte et tes cheveux en bataille

en me tendant la main tu m’en pries à genoux

j'attrape à la volée tes doigts en éventail

jeudi 27 novembre 2025

Empire



Je pense à l'importance aux choses de la vie

l'amour est un début la fin c’est dans la haine

ne pas finir ainsi comme en Yougoslavie


De notre lien suprême on a rompu la chaîne

en traînant à nos pieds les vers en préavis

d’un poème avorté que les passions déchaînent


Nous surfons longuement sur des sentiments vagues

en pleine hésitation notre pulsion dévie

le choix devient précaire et lorsque l’on divague

un fléau se répand battant le blé des vies


J'aimerais te séduire en parlant seulement

de mots affectueux qui ne sont pas des vampires

et pourtant je le sais l’expression seule ment

tout désir est ardent — construction d'un empire

mercredi 26 novembre 2025

Aveugle



L'effroi d'une chaleur hante un homme esseulé

la possibilité d’une île est à tout Robinson

collection de faux-plats dans un grand vaisselier


L’ingénieur empâté qui démonte le son

n’est pas le dictateur auquel la chance est liée

notre Histoire étudiée nous donne des leçons


Je crois que mes amis patients sont des gens bien

s’ils souffrent c’est d’un vide où l’étoile scintille

écrire un bout de vers est créer ô combien

l'étincelle amoureuse (un doux feu sans brindilles)


On s’y confond quoi que nous fassions diversion

nous suivons trop le son de ces troupeaux qui beuglent

et la nuit chaque envie n’est qu’une dispersion

l'aliment de l'amour est la confiance aveugle

mardi 25 novembre 2025

Sine qua non



Le ciel est devenu son regard à mes yeux

la Poésie n'a pas de Langue elle est langage

accrochez-vous à ces deux beaux balcons messieurs


L'amour est un mensonge et sa marque un mirage

je ne retiens d’eux deux que le plus audacieux

la fraîcheur et les chants d'oiseaux après l'orage


Je ne suis que l'enfant métissé du hasard

âprement chaque doute en est l’émanation

mes pensées sont unies mais tissées de bizarre

rarement une impasse à l'imagination


Nos désirs assumés sont comme des pendules

en sonnant c’est parti (c’est un signe qu’anone

en bégayant le gars quand une cuisse ondule)

le charme est une condition sine qua non

lundi 24 novembre 2025

Abroger



Si l'Art est dans le Verbe alors abusons-le

chaque poème est une semence et t’inonde

aussi bien ce faisant je me veux scandaleux


Le destin s’il est nu sans cesse est immonde

et souvent sacrifié comme un agneaux galeux

notre désir est un refuge aux yeux du Monde


En mémoire est un faux sous un voile de lin

dans la pensée de l'autre aimer c'est supplier

l'illusion c'est l'idée qu'on fabrique de l'un

d’un mirage en désert affectif oublié


Fabriquer l'avenir en regardant derrière

est l'absurde hypothèse où s'échoue tout projet

je l’ai constaté tout au long de ma carrière

où la pesanteur était loi que j’abrogeais

dimanche 23 novembre 2025

L'enfermement



Tout désir imparfait mène à nos relations

tout autant imparfaites en vrai finalement

ce faisant la bouche ouverte à des délations


Déjà penser l'ailleurs est penser autrement

l'avenir est un bateau frêle en perdition

la femme au beau sourire oui j'aime infiniment


Si s'aimer c'est semer cent mots sans maux je t'aime

et ce faisant ma mie tu pourras m’exciter

dévorant mon désir en brisant l’anathème

et s’écrire est une autre façon d'exister


Se sentir éperdu n'est pas être perdu

si la pièce est glissée la boite en fer me ment

je suis fort habité d’un fantasme hyper du

ne pas être est l'enfer et l'être enfermement

samedi 22 novembre 2025

Le fruit dépendu



Le fruit dépendu n'est pas le fruit défendu

puisque ta figue fraîche offre à mon amnésie

sa version féminine impavide et fendue


Chez moi tout sentiment est source à poésie

l’écriture est bradée sa vitrine est vendue

mais ta beauté seule entraîne ma frénésie


Proposez moi du feu j'en ferai des étoiles

l'amour est un début dans un monde inconnu

ta charmante araignée s’est posée sur ma toile

et je t’implorerai pour que tu poses nue


Souvent la nuit du cœur est l'éclipse de l'âme

alors à tes désirs apprends moi tes manies

je te sais tatouée d’arabesques d’Islam

et ma peau sur ta peau se décalcomanie

Saveur



D'un instant révolu reste en nous sa photo

ton sourire épanoui la beauté de tes yeux

ce soleil au levant d’un matin qu’il faut tôt


Le moindre de nos mots m’est toujours audacieux

quand il parle de vous ce n’est pas ex-voto

mes amies vos beautés sont la source des cieux


Prier ne sert à rien sans la corde où se pendre

et l'appui de la pluie là me prête ses larmes

afin de s’attacher sans vouloir en dépendre

on est à la sirène une forme d’alarme


Mourir est une chose et vivre est un destin

l'espace ouvert au doute est celui d’un sauveur

accroissant nos douleurs au fond de l’intestin

ce que l'on retient de l'amour est sa saveur

vendredi 21 novembre 2025

L'autre avenir



J'écris l'autre avenir à ceux qui n'en ont plus

certains me comprendront qui ne sauront pas quand

ce sont ceux qui m’ont lu ce sont ceux qui m’ont plu


J’essaie dans des versets d’être ainsi convaincant

mais quand tout est mouillé c’est aussi qu’il a plu

le sexe à faire est un bel acte inconséquent


La passion c'est l'aimant qui nous rattrape un jour

rêver qui va nous perdre est notre issue pourtant

nous ne savons rien de la longueur du séjour

en vérité du vent nous voguons au portant


L'existence est un cri que tout amant entend

l’attirance est un feu mais si Damoclès passe

au fil de son épée lorsque tout est tentant

chaque nuit qui commence est un nouvel espace

jeudi 20 novembre 2025

Désespérances



L'amour est d'une guérison fort incertaine

nous ne sommes plus rien sans pouvoir l'éprouver

(c’est signé d’un poète appelé Capitaine)


Néanmoins aujourd’hui je n’ai rien à prouver

maintenant que j’ai bien tassé la cinquantaine

hurlante il me faut bien ne plus rien réprouver


Chacun de mes désirs aspire à t'enivrer

j'ai repensé le monde en repensant à toi

mais du baiser sensuel il me faut en livrer

la salive est un jus que notre âme nettoie


Pourquoi ne rien tenter si ce n'est que le diable

il nous habite assez souvent d’un respect rance

et le sexe est parfois tellement misérable

l'amour est à l'orée de nos désespérances

mercredi 19 novembre 2025

Chantier



L'amour est un chantier qui noie ses ouvriers

dans l’étang désuni d’un fantasme habité

tournant sur lui-même et sans savoir où vriller


J'ai trop pris mes désirs pour des réalités

trop cherché la déesse à maudire ou prier

rarement disposée mais toujours alitée


Ma poésie s'enfuit dans un siphon malpropre

hors de toi ce qui file est un flux qui m'échappe

éconduit mon élan qu’il possède en bien propre

a sauté cette ligne en béton de sa chape


Pourtant je l'ai perdu dans ces sombres travées

labyrinthe ou sans cesse un innocent l’imite

avec un champ d'humains sans savoir cultivé

créer c'est ma façon d'exister sans limites

mardi 18 novembre 2025

Le grand rêve



J'écris n'importe quoi puisque écrire il le faut

c’est un bien mal nommé que ce fleuve Amour

au pays du mal incarné par ses défauts


Je ne veux plus m’étendre à propos de l'amour

où l’amer est la place au tranchant de la faux

le froid terrible est un avant-goût de la mort


Il me faut au contraire espérer ton avis

je me sens attendant ton désir en latence

ce qui s'effondre est mal étayé dans nos vies

combattre est l'essence absolue de l'existence


Se servir enfin de ce qu’elle avait d’épais

car au décompte au bout quoique on vive ou qu’on crève

après la pluie vient le beau temps signe de paix

mon tout petit sommeil est porteur d'un grand rêve

lundi 17 novembre 2025

Afin de vivre



Le désir est un scotch apposé sur un ange

un poster en 3D qu’on vénère en six dieux

piratés d’un crâne et deux tibias qui démangent


En sortant de ma côte — oh se croire ainsi Dieu —

j’ai constaté la cause invoquée qui dérange

Ève était bien nantie d’un vertige insidieux


Paraître un peu moins vieux c'est tricher sur son corps

où le jardin d’Éden est Gaza surtaxée

l'Amour est l'illusion dont nos vies se décorent

et sa bouche est l’entrée d’un métro botoxé


Penser c'est se dépenser en se dépeçant

c’est rester très longtemps prisonnier d’un rêve ivre

en buvant doux vampire un petit peu de sang

je me suis offert à mourir afin de vivre

dimanche 16 novembre 2025

Entre le fromage et la poire



Nul ne peut se promettre aux fantasmes d'un autre

autrement qu’en caresse à son sexe excité

mais sans jamais les doigts qui ne soit pas des nôtres


Une idée de l'Amour est l’amour des idées

la destruction du Soi mène à l'âme de l'Autre

oubliant aujourd’hui ce qu’on a décidé


L'hiver est à la vie sa traîne en longueur

un tissage appliqué que l’on fait à deux mains

l’été lui la saison qui s’achève en langueurs

imaginer c'est ne pas penser à demain


Vite est passé le temps tant j’étais insoucieux

je l’écrivis entre le fromage et la poire

en rêvant de ta lèvre à l’aube de tes yeux 

ton regard est la source où je puise un espoir 

samedi 15 novembre 2025

Redingote



L'amour est la pire illusion dont on se berce

il est mort-né d'un paradoxe inexpliqué

de mes mots à l’oreille attendrie que l’on perce


Inspiration n'est plus qu'un fantôme invoqué

le puissant désir est sa tendance à l'inverse

et souvent l'avenir aussi bien fabriqué


Le temps c'est l'écueil à ceux voulant se rejoindre

(aimer c'est s'oublier dans la douce ombre de l'autre)

il est sans sa barrière une prédation moindre

un instant semble mien mais ce n’est que le vôtre


Un rêve est l'illusion qui nous fait vivre en vain

la lie de l’avanie sur laquelle on ergote

au plus dur à la fin c’est d’en être un devin

tout rouge en son manteau qu'on nomme redingote

Les rêveurs absolus



Le désespoir est l'arme absolue du poète

il lui confère une infinie lucidité

les illuminations du voyant de l’ascète


Tout ce que l'on commet n'est pas bien récité

la Poésie c'est dans la tête et dans l'assiette

idées et souvenirs ont leur capacité


La pluie tombe en battant son tambour impromptu

sa marche militaire est l'écho de combats

de charniers à venir où l'on meurt où l'on tue

de tous ces champs d'honneur où les hauts sont en bas


Des fois je m'aperçois que le Monde est rempli

de livres intéressants que je n'aurai pas lus

jusqu’à ce que moi-même aie sombré dans l’oubli

l'avenir appartient aux rêveurs absolus


vendredi 14 novembre 2025

Décoder



Je saurai qu'essorer n'est pas vraiment laver

la beauté des femmes est un masque à la mémoire

et prier à Sainte Anne a le goût de l’Ave


Je ne suis pas tout seul un puissant consistoire

à chaque décision je me sens dépravé

ma laideur et mon âge ont gâché notre histoire


Ramons ma belle amie vite à contre-courant

dans la barque inondée de mon rêve hérité

la nuit s'étend comme un bleu linceul odorant

le bruit de l'infini m'est proche en vérité


Dans l'œil vert d'une amante il y a mon cruel

l'amour commence avec un espace une idée

le miracle ainsi qu’on guérit les écrouelles

une attirance est un message à décoder

jeudi 13 novembre 2025

L'éphémère



De la nuit ne s'obtient qu'un rayon d'éphémère

rare et précieux (que l’on ne veut pas massacrer)

bien venu de la femme adoptée qui fait mère


Et toute emprisonnée fontaine consacrée

sous les barreaux des mots je t’écris de la mer

rêver est une chose infiniment sacrée


Je suis certain de ne pas survivre à ta perte

et vivre à deux c'est un dérangement manqué

mais je suis dépendant de ta matrice experte

où t'aimant sans limite une corde a craqué


La poésie n'est pas garantie du réel

la nuit n'est qu'un fœtus un jour en devenir

où mourir ou nourrir un besoin naturel

est l’épreuve à franchir en son droit d'avenir

mercredi 12 novembre 2025

Soulage



La nuit commence avec l'idée que l'on s'en fait

ce grand Noir absolu qu’ici rien ne Soulage

j’ai mesuré sans lui ce qu’en sont les effets


J’aimais bien t’aimer mais j’étais juste sous l’âge

aimer mourir doit être un suicide imparfait

dans le froid de la tombe on conserve une image


J'ai bâti notre empire en voulant le meilleur

oubliant cette idée qui me vint à l'esprit

rien ne naît sans chercher la beauté d’un ailleurs

où n’étant plus à prendre est déjà bien sûr pris


La nuit dure assez peu quand le jour est obscur

on les confond sans peine en scrutant l’horizon

je suis malheureusement celui qui n’en a cure

répondant à l’écho de ma pauvre oraison

Quête



Nous avons tous affaire à des réalités

quoi qu’il en soit du rêve aux qualités qu’on loue

chaque soir assez tôt je serai alité


D’une gare où j’errais — mais j’étais déjà loup —

sur ton dos j'ai passé la presse incrémentée

d'un caractère infect et malade et jaloux


Ton cœur est un morceau de choix que l'on découpe

et la nuit recouverte enfin de ta beauté

sans bruits inopportuns me fait battre ma coulpe

amputant tous mes mots d’une syllabe ôtée


Mes grands dieux tout puissants pour un peu que l’on mente

en s'inventant plus beau quoique moche l’on soit

sortez-nous donc du trou dans lequel on fermente

toute forte attirance est une quête en soi

mardi 11 novembre 2025

Puits de trésors



Paris ce labyrinthe est un puits de trésors

rien ne dit jamais rien de lui sans un sourire

et nul ne sait vraiment si ce ne sont de faux ors


En traversant j’ai vu — petit-pont sans soupir —

un soupirail en plein musée des dinosaures

illuminant la galerie des souvenirs


Un miroir affichait sa vision maternelle

en me sentant comme un fragile nourrisson

je crois m'être perdu dans une ombre éternelle

l'amour est l'illusion dont nous nous nourrissons


Vivre est un goût survivre une onomatopée

tant de ponts sont franchis rejoignant l’autre rive

et sous eux coule en Seine une étrange épopée

la Poésie seule est un tableau de nos dérives

Captif



J'ai pris à part la pluie pour mieux m'en protéger
pour en garder la goutte aux reflets cristallins
l'attirance est un bout de soi bien partagé

Alors enfin qu’on donne à l’autre ou même à l’un
le sentiment commun d’être un peu plus âgé
l'amour est opportun le désir est malin

La nuit parfois s'habille en tenue d'oripeaux
tandis que Cupidon nous avait pris pour cible
un poème n’eut pas la douceur de ta peau
l'abandon se consomme en rêvant l'impossible

Aucun de mes mots n’a le poids de mes regrets
ni la complexité des nœuds que l’on dénoue
c’est un jardin fleuri coffre-fort aux secrets
notre Amour est captif uniquement de nous

lundi 10 novembre 2025

Talisman



J'ai bu dans le désert une eau de ton regard
et je m’en suis senti soudain désaltéré
je suis le talisman que parfois l’on égare

Où que je sois je sens mon âme exaspérée
comme à chaque port on se trompe à chaque gare
aimer est une quintessence inespérée

La durée du désir est juste incalculable
elle est cette illusion qui filme notre vie
et sa violence un fruit d'attente insupportable
il ne reste en moi que ce bleu que j’entrevis

Cet espace est étroit séparant les destins
c’est un isthme et pourtant en bateau le gri-gri
je m’en sens trop souvent passager clandestin
tentant de voguer loin de mes horizons gris

dimanche 9 novembre 2025

Le temps des remords



Longtemps je me suis couché tôt — mais le matin

de mes soleils levants — tout contre l’âme astrale

à laquelle un écrit me rappelle à l'instinct


C'est dans la nuit l'oubli de nos peurs ancestrales

l’amour est dans l'instant l'idée dans l'intestin

nous nous faisons dessus de manière orchestrale


La Force intellectuelle est revendication

mais si l'art est un don je ne l'ai pas reçu

je suis un résidu de civilisation

dans ma vie beaucoup trop de gens que j’ai déçu


D'aucuns sont amoureux de trop belles pour eux

vient le temps des bilans c’est le temps des remords

et pourtant ce temps vide est un objet poreux

chaque instant que l'on vole on le vole à la mort

samedi 8 novembre 2025

Construction



La musique et la poésie sont primordiales

loin d’avoir les effets d’un bon vieux somnifère

elles se jouent de nous d’une étreinte cordiale


Un rêve éveillé se déroule — il faut t’y faire —

rien des péripéties ne serait proverbial

l'avenir est un échéancier mortifère


Reste un beau sentiment dont on fait son linceul

une illusion comblant le vide en apparence

une seule ville où seul on n'est jamais seul

le désir est le papillon de l'attirance


Si l'amour est un leurre un espace évolue

quoi qu'on ait la méthode au discours de Descartes

une démonstration de cet art est voulu

la construction d'amour est un château de cartes

vendredi 7 novembre 2025

Excuses



La nuit qui s'étend dans sa toile est l’araignée

qui ne se dit pas mais se vit au quotidien

retissant le tissu dont l’atmosphère a régné


Comment donc démêler les nœuds du mien du tien

les lignes de nos vies ne m’ont pas épargné

le destin (l'avenir) à lui-même appartient


Ton regard — un reflet de la beauté du ciel

immense — enivre un peu comme on laisse Inès boire

au Portugal (icône enfin sacrificielle)

l'amour est un échantillon du désespoir


Amour à faire ou quoi la question se posant

je ne suis pas le roi des maux dont on m’accuse

un soir à chaque instant reflète un doux présent

nous ne nous fabriquons que des pendants d'excuses

jeudi 6 novembre 2025

Un fantasme absolu



L'amalgame amoureux crée la croûte affective

où sont des sentiments qui n’ont rien à prouver

de notre relation que l’on pense effective


Une étrange pulsion qui n’a rien approuvé

le désir est un gage offrant des perspectives

vivre est s'abandonner pour mieux se retrouver


J'écris à la volée comme on tire on fusille

en visant les excès dont nous sommes la cible

étant pris au filet faux de tes bas résille

ayons donc le moyen de nous rendre invincibles


À moins de changer l’heure et de changer l’avis

le passage incertain de l'attirance est nu

l'écriture est un jeu de passe-passe avec la vie

nous fabriquons sans cesse un fantasme absolu

mercredi 5 novembre 2025

Dessert



C'est terrifiant d'aimer dans un monde en détresse

et n’être au bout du compte enfin qu’un bout languide

un bourreau du beau roux des cheveux qu’on détresse


Impuissant cette insulte autant qu’on dit frigide

oublie tout en fait de ce qui fait la tendresse

au besoin d'un amour incertain qui nous guide


Un amour en deux mots dans un bon commentaire

rien c'est déjà beaucoup trop d'affect à gérer

dans la belle écriture un vers est comme en terre

un bout de notre peau que l’on doit digérer


Le jour s’effondre et la nuit s’avance à tout prix

le serpent s’est mangé puis privé de dessert

il a su que sa mue c’était pas vu pas pris

l'amour est une contention qu'un bas desserre

mardi 4 novembre 2025

Rome antique



Face à moi des mirmillons de plume enfilaient

des perles de vers et de bien d’autres matières

incidemment dans les mots je me faufilais


Souple et décomplexé comme un chat de gouttière

aujourd’hui je m’enfuis mais pris dans mon filet

je réitère l'erreur éthérée du rétiaire


Un secutor en sécateur a tranché net

une voie de retraite où je m’aventurais

ce gladiateur usant d’un écrit malhonnête

a trouvé le moyen d’ôter mon cran d’arrêt


S'il faut mourir autant avoir un idéal

un flot d’alexandrins sert en guise de lames

et mon armure est ma conviction viscérale

l'idée de l'Art existe au plus profond de l'Âme

dimanche 2 novembre 2025

Comblement



L'amour est une illusion qui nous fait plaisir

rien jamais ne se dit de ses raisons sans fond

mais parle en bégayant d’une chance à saisir


On brade en promotion nos sentiments profonds

la liaison dangereuse est un pont du désir

on s’y perd en vainqueur et tant d’autres s’en font


Je deviens moderne à me proclamer classique

une lettre adressée dans une chemisette

a dopé mon ego ma pulsion narcissique

on rattrape en dix mots tant d'années de disette


Ton charme délicat se lit dans tous tes traits

chère unique épousaille au bon souffle impavide

à ton goût différent qui fait tout ton attrait

nous créons cet espace en comblement du vide

samedi 1 novembre 2025

Lorsque la brume est belle



Chaque femme est l'espoir accouchant d'un sommeil

où l’on croit vivre en parenthèse un vers boiteux

je ne suis qu'une planète autour d'un soleil


Écrire est un vain mot pouvant se faire en deux

la beauté d'un sourire à l'amour est l'éveil

au reste un concours de circonstances hasardeux


Le vent souffle à présent comme sur un gâteau

dont les bougies tassées forment un brasero

sans port d'attache un désir est un bateau

qui quand l'infini guette apprend l'art du zéro


C'est la nuit qui m'inspire où flottent les fantômes

en projetant quelques atouts à la poubelle

au bord de la Dronne en l'abbaye de Brantôme

ou le petit matin lorsque la brume est belle

vendredi 31 octobre 2025

Hésitation perpétuelle



Chaque endroit n'est qu'un coin de notre intimité

tout lieu que l’on connaît fait partie de nous-mêmes

en tout honneur et toute légitimité


Nous sommes aussi des lieux peu communs que j’aime

en les caressant de la plume (extrémité)

faudrait beaucoup écrire afin d'ouïr une gemme


Entrelaçant les mots comme un vieux joaillier

défaçonnant des relations à redorer

je ne sais pas vraiment si je suis fou à lier

cherchant le mot qui te séduise et t'adorer


L'amour est une oscillation maîtrisée — non —

la vie de couple est un urbain pari mutuel

oui dire ou bien dira-t’on non disant ton nom

l'attirance est une hésitation perpétuelle

jeudi 30 octobre 2025

L'excellence



Au gré des sentiments quand j’ai fait mes débuts

chaque être était celui dont on était épris

je n'avais jamais su ce qu'était un abus


Montrant tes dessous — mise à l'index à tout prix —

j’ai cru super marcher dans ton sens et tes buts

tu te voulais soumise et mon sexe a tout pris


Quand j'étais beau garçon j'ignorais tout des femmes

à chaque escale on est un bateau-Mouche à merde

et la folle affection que le désir affame

eut raison des raisons jusqu’au point qu’on les perde


Imaginer demain c'est penser à mon ciel

astrologique et nul et passé sous silence

aimer est une insituation démentielle

l'ambition d'exister nous pousse à l'excellence

mercredi 29 octobre 2025

Candide



Quand un cri retentit c’est de se révolter

contre un bruit parasite aux aurores polaires

auxquelles je devrai ce que j’ai récolté


Je ne crée que pour toi mes décharges solaires

et le missile aveugle où mes mots sont soldés

s’est cloué misanthrope asphyxié d’un seul air


En rêvant ta beauté j'écrivis des tableaux

(j'écris souvent la chose réelle en rêvant)

puis t’ai recherchée comme on déjoue des complots

tant que l'on est en quête on reste bien vivant


J'ai bâti cet empire où te mettre à régner

labyrinthes de mots ou de visions splendides

et cette toile issue d’une immense araignée

— j'ai fabriqué ce monstre avec un vœu candide

mardi 28 octobre 2025

Serment



De ce que la femelle ou que le mâle héberge
on ne connaît jamais vraiment les voies du Seigneur
il existe un endroit d'où mon poème émerge

On ne peut plaire en certitude à tout l’ailleurs
et ce faisant chacun pense et chacun gamberge
on est beaucoup plus qu’on ne le croit travailleur

Et l'Art est souvent le véhicule idéal
la Poésie s'accroche à la vie comme un noyé
gonflé d’eau de mer et de pulsions sidérales
à mon humble avis nul ne s’y est ennuyé

Mon portrait du passé je l’ai vu dans l’Adam
de la feuille de vigne il n’est plus qu’un sarment
l’avenir à la fin je l’ai pris dans les dents
dans toutes nos passions se déchire un serment

lundi 27 octobre 2025

Étreins-moi



Chaque endroit de ton corps est un lieu consacré

fait de chair et de sang de tissus adipeux

c’est le champs de bonheur en mon cœur massacré


Dans ce vide enfermé pourtant je meuble un peu

mais de toi tout autour ayant le feu sacré

je compose un espace autant que je le peux


La solitude est le reflet du célibat

d’un malade imagé dont on dîne au chevet

connaître un ennemi c'est déjà du combat

je ne dirai plus rien du rêve inachevé


Quand l'amour apparaît ça dessine un éclair

une foudre en gros coup dont il va se nourrir

une illusion réelle et pourtant rien n’est clair

étreins-moi s'il te plaît sans me laisser mourir

dimanche 26 octobre 2025

Le musée de l'Orangerie



L'amour est un objet curieux qui nous oublie

du moins c’est en effet ce qu’il me révéla

mon imagination c'est ce qui fit son lit


À Giverny je reverrai les nymphéas

— couchée sous cette lie sous l'eau comme Ophélie

je la sais sans regrets puisque ma nymphe est là


L'été n'en finit pas de finir en souvenirs

en rendant doucement des pièces la monnaie

chaque espace est un territoire à conquérir

entre les nuages bleu dans l’œil de Monet


Qui s'attache à mon cou mieux pendu me voudrait

la division blindée de l'âme est le divorce

au musée de l'Orangerie je reviendrai

forcément mu par un souvenir et sa force

samedi 25 octobre 2025

Le doute



J'ai fait des collections d'orfèvreries sans but

de tous petits bijoux pour qui sonnait le glas

d’une vie sans récit sans fin ni sans début


Quand des astres désastre ont sombré dans l'éclat

de ta beauté solaire ornementée d’obus

j’ai constaté mon corps étoilé de verglas


Dites moi quel artiste a voulu sans paresse

s’ouvrir au désespoir après être innocent

parfois les mots sont plus puissants que des caresses

écrire est seulement laisser couler son sang


Tout déferle en gueulant dans ma tête assourdie

les rendez-vous pris sont des lapins détalant

je ne reconnais rien dans la menace ourdie

le doute est la nourriture absolue du talent

mercredi 22 octobre 2025

Vos lectures



L'amour est un objet qui fait nos trajectoires

et tout en dérapant moi je rends mon tablier

nous trouverons cette recette au réfectoire


Rien ne sera plus digne (aujourd’hui publié)

de reparaître à la vue d’un vieux directoire

renaître est le meilleur moyen de s'oublier


Chaque pas en arrière est un refus de nous

chaque amour est un choix chaque abandon sa suite

et dans le nœud gordien que nos passions dénouent

se trouve un vrai secret qu’on évente à sa fuite


Évidemment pour ça j’ai fini d’essaimer

je me suis contenté d’une ou deux conjectures

rien ne vaut plus de vivre sans espoir d'aimer

je cesserai d'écrire en quittant vos lectures

mardi 21 octobre 2025

Emphase



L'amour est un danger reconnu comme obstacle

incertain véhicule on l’emprunte en gondole

et sa valeur ici ne vaut pas son spectacle


L'attirance est l'orient de l’interne boussole

opiacé très puissant cet objet que l’on tacle

la drogue importe peu — de force came isole


Ma vie commence avec une imagination

qui m’a numéroté d’un simple chiffre agile

éditant mon recueil et sa pagination

se penser tout en vers est se savoir fragile


Le zéphyr des sentiments n'est qu'un ouragan

l’intention de nuire agrémentée d’une emphase

en réponse au désir est cruelle et sans gant

chaque phrase est sévère et ce vers est sans phase

lundi 20 octobre 2025

Trompe-la-mort



Si j’avais cumulé douze travaux d’Hercule

afin d’affûter mieux le tranchant de sa faux

la faucheuse attendrait tant que le sang circule


À ses seins je m'allaite en fabriquant du faux

mon doigt mis sur ton sexe est notre point-virgule

amoureux de ton cul qui m'a pris par défaut


Si l’Amour et la Mort ont ceci de commun

rêver c'est vivre en procurant des voies nouvelles

l'amour est comme un fluide échappant à nos mains

comme un zombie fourbu tournant sa manivelle


L'adolescence est là pour oser l'âge adulte

et dans l’indécision qui nous porte à des choix

la façon de survivre esquivant les insultes

inondant son couchage en sombrant dans la joie

L'oubli de soi-même



Dans le reflet mouillé de nos intempéries

j’ai vu la tâche d’huile — un tableau qui cédé

s’est perdu dans les nœuds d’une pauvre aporie


Le romantisme est mort en ayant décidé

d'un cercueil oxymore où le Verbe a péri

des fantaisies déçues d'un textuel obsédé


Dessiner l'avenir est un fantasme idiot

qui m’aura fait rater la beauté de l’histoire

racontée dans le but d’écouter la radio

le début du rêve est la fin de l'espoir


Rien n’a perdu ce soir un sens irréel

l'amour est l'abandon qui m'a fuit pour qu’on m’aime

et l’aster promise est bien loin d’Israël

la nuit commence avec un oubli de soi-même

dimanche 19 octobre 2025

L'amant de la plus haute tour


Le désir est un show qui vous laisse K-O

ça traverse le crâne à la façon de flèches

un attracteur étrange illustrant le Chaos


Vient le transport au réchaud d’un cœur en calèche

amortissant du moins comme on peut ses cahots

qu'importe la blessure — attendu qu'on la lèche


Aujourd'hui tes beautés sont tout ce qui m'effraie

sous des pluies d'artifice on conçoit le concret

je n'ai fait mon marché qu'en ce que tu m'offrais

comprenant que vraiment rien ne vaut ce qu’on crée


J’ai coché sur un quai tous les vendredi treize

et détruit tous les ponts de la voie d'un retour

en disant ma prière à genou sur des braises

en me voulant l'amant de la plus haute tour

samedi 18 octobre 2025

Octobre



Les lueurs de l'automne ont le goût de la fin

quand octobre en soleil illumine la vie

le pourquoi de l'hiver remplacé par l'afin


De bâtir opinions dont on change l'avis

d'estomaquer besoins terrassés par la faim

de dompter des désirs harassés par l'envie


Dans mon idée de vivre était la mort à part

aux forges de l'enfer on tenait atelier

 de mon point de départ

un esprit conformiste est un diable attelé


Gardant le corps entier d’un bel arbre abattu

la nuit revêt en tombant l'habit d'un gendarme

écrire est dire au Monde un amour qu'on a tu

la pluie n'est qu'à nos cieux ce beau torrent de larmes

Les anciens poètes



La poésie qu'on écrit n'est qu'un son n'est qu'un cri

je ne contrôle plus l’hémorragie des vers

inondant de son encre un curieux manuscrit


Chaque sourire offert est un serment couvert

au son des mélodies dont les noms sont inscrits

sur une partition d’un papier découvert


Un escalier en colimaçon s'escargote

en le grimpant mes mots continuent d’essaimer

sous la chandelle au fond d’une sombre gargote

un instant d'illusion qui permet de s'aimer


Je me sens possédé par les anciens poètes

un contenu sordide en est bien inspiré

Verlaine parisien Pessoa lisboète

ou bien Baudelaire et sa Charogne espérée

jeudi 16 octobre 2025

La mare aux marasmes



L'écriture est pulsion mon regard est vers toi

l'Amour (un coupable éphémère) est sans vertu

mais ton regard à chaque fois vers moi verdoie


Sans toi l’été finit quoique je m’évertue

sans soupir à compter ce que notre hiver doit

rembourser sans pourtant rien qui ne m’ait perdu


Je me console en mots d'un quotidien désert

rien ne durera plus longtemps qu'un souvenir

reste à la fin je crois tout ce qui nous dessert

rarement nous pensons ce qui fait l’avenir


Rien ne changera dans nos cœurs en les perçant

nous serions-nous sentis pris d’une crise d’asthme

en toussant nous crachons ces maux en les berçant

nos envies ont sombré dans la mare aux marasmes

mercredi 15 octobre 2025

Amicalement nôtre



Tout amour se dilue dans des passions banales

la nuit nous enveloppe à la façon d'un rêve

et nous enivre enfin comme une bacchanale


La route est longue et pourtant la distance est brève

un poème en marchant le long d’un bas canal

l’écriture est là qu’on en vive ou qu’on en crève


Échouer c'est déposer son bateau sur le sable

ivre ou non c’est aussi tous nos sens animaux

déréglés (les effets dont on est responsable)

et pourtant son désir est enfoui dans mes mots


Dans le fruit de la nuit germe un grain de folie

quoi que soit l'attirance ou le besoin de l'autre

un sentiment nous garde — il est ce qui nous lie

dans la beauté qui reste amicalement nôtre

mardi 14 octobre 2025

Opération



La tendresse est un plat qu'on déguste en rêvant

mon festin nu d’à table était donc un délit

je n’étais pourtant là qu’un modeste arrivant


Chaque fois qu’on se rêve on risque une embolie

pulmonaire ou pratique on le sait en crevant

les années sont une tenue qui t'embellit


La nuit s'étend sur le parallélisme abstrus

de nos regards offerts à nos beautés jumelles

la vue que j’ai de toi que jamais rien n’obstrue

la beauté décousue de nos doigts qui s’emmêlent


L'amour entre nous se consume et se consomme

en ne produisant plus que cette aberration

nous ne sommes jamais à la fin ce qu’en somme

on retient de nous deux dans cette opération

lundi 13 octobre 2025

À petit feu



Tout en moi te voudrait mais le reste est un songe

un plan germé du fruit de la neurasthénie

chaque envie n'est punie qu'à cause d'un mensonge


Ignorant la phrase où chaque vers est déni

quand j'écris tout surgit de l'abysse où je plonge

une langue enroulée sur une autre est bénie


Si j'adore à foison les beautés idéales

un instant que l'on vit se calcule en pulsions

je me sens transpercé de pensées sidérales

la salive en la mienne est la bonne émulsion


J'ai construit dans l'imaginaire un nid pour toi

sa cuisine au final est un grand pot-au-feu

qui mijote aux tréfonds je n’en sais le pourquoi

vivre un instant sans c’est mourir à petit feu

dimanche 12 octobre 2025

L'élégance



Le besoin de t'aimer misérable est mon sort

rayonnant d’une envie que l’on trouve en surplus

ce joli sentiment limitant mon essor


Rêver c'est oublier que l'on ne s'endort plus

c’est continuer le voyage et quand on s’en sort

oublier tout autant qu’un jour on se soit plu


Quand les conditions du désir et de l'amour

ont cessé d'exister ton âme est primordiale

elle éclaire en passant les sillons d’un labour

où chaque être attendu s’est montré si cordial


La semence à tout prix finira par pousser

des blés en herbe enfin dont on a l’arrogance

un chemin de poème est l'épine hérissée

mourir est le plus bas degré de l'élégance

samedi 11 octobre 2025

Fantasmes



La nuit commence en se privant de son sommeil

— l'amour est un chaos dont nous nous relevons —

le jour ensuite en se privant de son soleil


Ignorant tout le temps ce que nous redevons

le spectre du passé chuchote à notre oreille

osons-nous la question du pourquoi nous vivons


Je ne supporte plus l'injonction du désir

ou cette incertitude appesantie sur nous

qui sommes les témoins d’une danse à saisir

et d’une lambada qui fait suer le burnous


Se dépenser c'est cesser de penser sans cesse

évidemment ce n’est pas songer au marasme

évitons néanmoins les histoires de fesses

en plein cœur de la nuit bâtissons nos fantasmes

vendredi 10 octobre 2025

Généalogie



Je suis un fruit pourri de généalogie

regardant du passé la joli robe ôtée

dehors à moitié nu mais gêné au logis


Je sais des décisions qu’on prend au débotté

sans regarder derrière (et sa proctologie)

fabriquons du bonheur à base de beauté


Trouver un équilibre infiniment instable

est un geste de jeu muni de ses atouts

qui s’accoude en faisant d’un grand pataquès table

il faut partir de rien pour arriver à tout


De nous reste à la noblesse corrompue

— désir alimentaire en tant que particule —

il faut s'alimenter de nos passions rompues

nous nous privons de rire en étant ridicules