dimanche 11 mai 2008

la faim du tigre




Je vois briller

des constellations de miroirs

dans les yeux

ténébreux,

prédateurs,

du chasseur

à la recherche du grand soir

éparpillé.

Et parmi ces myriades,

ces éclats de cristaux,

d'opaline ou de jade,

plantés, tels des poteaux,

des totems funéraires,

--------------------------dans son iris, ô fleur

---------------------------------------------------de la pupille ouverte,

les flambées délétères

---------------------de l'envie où l'on pleure

------------------------------------------de larmes bleues ou vertes.

Le fauve est arpenteur,

---------------------------que sa faim justifie,

----------------------------------------------même faim que l'agneau,

dans ce bois constricteur,

-----------------------------que l'on y sacrifie,

----------------------------------------------soucieux de son cerveau.

Les fleuves sont foison,

--------------------------------fourmillant dans la jungle

------------------------------------------------------------------des remords,

rendant l'écho de sons,

-------------------------------tas de têtes d'épingles

-------------------------------------------------------------ou de mort.

Et le rugissement,

----------lentement,

------------------------se répand à l'aurore

d'un boréal horaire,

---------dont l'araire

-------------------------laboure le décor.

Lacéré

---------comme un frêre,

------------------------------le tigre (et ses zébrures)

s'est terré

------------comme il erre

------------------------------entre les conjectures :

il est nanti

--------------de cette absurde vanité

---------------------------------------------d'être capable

de jouer sa vie

d'un coup de sang, d'un coup de dé

-----------------------------------------------inexorable !

Dans l'incapacité des sens,

---------------------------non pas ce qu'ils procurent,

---------------------------------------------------------------mais limitent,

le tigre cède à l'indécence,

-----------------------------------et simple déchirure :

--------------------------------------------------------------il s'imite !

Il reproduit ses chasses et les mêmes erreurs,

provoque, endure et perdure aux pires douleurs !

Filles d'Eve et garçons d'Adam,

------------------------------------------êtes-vous donc,

vous aussi, ces tigres-enfants,

-----------------------------------------dont le seul don

n'est que de s'enchairir sans chêrir et sans noms ?

Etes-vous le creuset des pauvres religions ?

Celui où l'on recueille, ô scarification,

le sang des vierges maculées d'un chorion ?

Faites-vous de vos beautés, l'abandon

mélodique, et la tragédie pour diapason ?

La quête vraie n'appartient pas à nos réels,

pas à nos goûts,

----------------------ce qu'enveloppent, corporels,

ces fins dégoûts

----------------------que nos babines détroussèrent ;

repus, les crocs, de tous ces sexes qu'ils troussèrent,

n'ont jamais su saisir l'instant de l'éphémère,

ni plus qu'un enfant ne saurait vider la mer.
free music

5 commentaires:

V-MA a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
B a dit…

L'éternelle recherche du grand frisson, peu en importent le prix et les douleurs occasionnées à celle à qui l'on ment du moment que l'on soit satisfait ne serait-ce que quelques secondes.
Vivre à 2000%.
Quitte à se brûler les ailes.
...
On dirait des mots d'un passé pas si lointain qui résonnent encore.

Anonyme a dit…

La vie, un long chemin des fautes revecues a l'infini, beaute sauvage, cruelle et necessaire. Le passe, ca n'existe pas. C'est un present continu, que chacun porte et vit chaque jour, bosse et principe du progres a la fois. On est les escargots de ces coquillages personnels. Victimes ? Bourreaux ?

≈≈≈ a dit…

Après avoir terrifié et croqué tant d'agneaux, le fauve se retrouve en tranches sur la table d'agneaux évolués qui trouveront à redire sur sa chair chère à ses proies osmosées, avalées, détruites au nom de sa liberté... Perdue !
Tout a un prix et tout se paie ... en lot-tôt ou tard.

Julie a dit…

L'artiste incomprise révise son bac pour le moment.

L'inspiration ne manque pas, ça viendra ... peut-être!

Quant à vous, continuez à écrire les yeux du tigre, arpenteur(de rimes) vous-même!

J'aime beaucoup.