mardi 10 mars 2026

Le rêve phocéen





J’ai su le rêve phocéen

Marseille étrange et belle inconnue toute nue

blanche comme la peau d’un sein

mais si multiple en décroisant ses avenues

son peuple étant comme un essaim


J’ai pu respirer sans entrain

chaque femme est si belle — on ne sait qui choisir —

et l’air ici c’est comme un train

qui file un bas avant qu’on en ait le loisir

ou qu’on fisse un alexandrin


J’ai vu ce juif arabe errant

le Mistral et son atmosphère qui nous mord

ou son soleil exubérant

le seul espoir en nous c'est celui de ta mort

Ophélie d’un Sud aberrant

lundi 9 mars 2026

Jamais changer



Chez les adeptes du grimage

gestes sont commis qui sont kaléidoscope

entremêlant leur lot d’images

je n’ai donc pas besoin d’un brillant horoscope

pour interpréter mieux qu’un mage


Je ne pourrais jamais changer

qu’en refusant de vivre en paix mais rien n’offre âge

à celui qui veut engranger

des sensations dont la divine est un naufrage

j'ai rêvé l’amour en danger


Maintenant ma ressource est sûre

écrire est ma façon de tromper le présent

conter ce dont la source assure

en chargeant le passé d’un futur écrasant

mais que la Poésie rassure

samedi 7 mars 2026

Gestation



Qu'est-ce qui compte dans la vie

sinon se sentir bien quand on en fait mine (hein ?)

Parfois quand elle a son avis

la main d'un homme est le creuset du féminin

d’un plaisir aux doigts qui dévient


Nous recherchons la soie des peaux

qui nous requalifie (parlant ainsi d’amants)

mais elle n’est pas en dépôt

la nuit commence aux yeux qu'on ferme incidemment

c'est l'art de dicter les tempos


La mélancolie m'envahit

de tous nos trains ratés qu’importe la station

du métro la bouche ébahie

tout amour est un avenir en gestation

dont le terminus est trahi

vendredi 6 mars 2026

L'anomie



Si vraiment je suis contre les gens qui sont contre

alors je ne suis pas pour les gens qui sont pour

et rien ne vaut jamais le temps d’une rencontre

afin de discuter sans sortir un tambour


On se décivilise à coups de manivelles

oubliées les idées que ma conscience épiait

le mécanisme est là qui par le bas nivelle

le globe est plus beau quand on le regarde en biais


Je veux trouver les mots parlant à mes amis

du Monde et ses nations dont je sais l’attitude

un couple ambivalent souffrant de trisomie


Le froid de chaque nuit remplit d'incertitudes

dans le bleu de tes yeux j'ai relu l'anomie

de la terre emblavée de grains de servitude

jeudi 5 mars 2026

Autant en emporte le tain



Dans mes poèmes syncopés

j'effleure mes années (tant de pétales morts)

ou comme les onglets coupés

d'un agenda mené quand à cheval on mord

on trouve un signe à découper


Les mots sont bien les plus sensuels

l'amour est une chose intangible et fluette

on l’écoute il devient sexuel

enfle et s’étend (quand ce ne sont pas des bluettes)

et pourtant n’est pas consensuel


Le sexe d'une femme est un

paradis mou que l’on ne sait jamais tenir

et la passé — miroir éteint —

c'est toujours ce que nous n'avons pas su retenir

alors autant en emporte le tain

mercredi 4 mars 2026

La Lune



Quoi que l’on mette en parallèle

le célibat fabrique en nous d'autres passions

plaisir ou gène et par allèles

un goût subit du sexe et de ses obsessions

de l’envie qui n’est pas râle elle


Des mains se faufilant soudaines

ont l’art abstrait de communiquer par hoquets

des petits cris doux qui font haine

(écrire une beauté confine à la croquer)

ton joli corps est ma fontaine


Nul ne sait jamais en aimant

mesurer le désir y compris même entier

son bien-être en tant qu’amant

vivre est un désespoir à chercher sa moitié

la Lune véritablement

dimanche 1 mars 2026

Impassible



Il pleut sur le lac impassible

il pleut sur une idée que j’avais de la vie

qui pleut sur un rêve impossible

un peu comme un enduit comme coule un lavis

sur un mur hideux pris pour cible


Bleue grisâtre est l’eau de mon lac

qui se marie sans consentir aux cieux fermés

l’humidité lie comme laque

entre deux os qu’articule un air renfermé

l’imposant nuage à sa flaque


Que devient le Monde aujourd’hui

le Bout du monde est en train de pleurer

le bout de l’enfer introduit

dans la bouche entrouverte et vraiment apeurée

par un effet tout juste induit

vendredi 27 février 2026

Goutte de pluie



Chaque amante est goutte de pluie

j'en ai beaucoup aimées tu n'es pas la première

et chacune fut un appui

papillons nous sommes attirés par la lumière

on s'y brûle en aimant et puis


La vie continue sans soucis

nous retrouvons souvent de nouvelles compagnes

au doux dessin de tes sourcils

il m’apparaît pourtant errer dans ta campagne

enfin comme les sens oscillent


Il faut aussi se recueillir

afin que l’eau du ciel en nos mains s’accumule

eau bénite et franche à cueillir

issue d’un gros nuage envahissant — cumul-

o-nimbus — il faut l’accueillir

Actrices



Si la vie me semble irréelle

la caresse a le don de soigner les blessures

et je ne peux l'ignorer elle 

aux gestes si prudents si parfaits et si sûrs

infirmière aux doigts en rouelle


Le son des articulations

résonne au fond des vies qui dans le temps perdurent

un massage est une émotion

rien ne passe et précisément car rien ne dure

un don comme une sensation


J'ai su panser mes cicatrices

et su penser le Monde au gré de mes stigmates

on ne peut aimer des actrices

à moins de s'éviter des femmes automates

et l'attraction des génitrices

mercredi 25 février 2026

Indécisions



Susurre à mon oreille un mot

notre amour illettré n'est qu'une exploration

tes lèvres sont deux beaux jumeaux

qu’on articule avec et sans déploration

ton âme est comme un chalumeau


Je me murmure avec plaisir

« écris comme on respire en soufflant le plus fort »

afin d’exprimer le désir

et n’étant pas le partisan du moindre effort

il faut sans cesse le saisir


En désirant tout devient fou

nous nous appréhendons avec imprécision

nous avançons sans garde-fou

nous sommes les enfants de nos indécisions

de ce que la raison bafoue

lundi 16 février 2026

Architectonique



L'amour est un artefact

auquel

un public

assez fiévreux

cède

assez volontiers ses miasmes.


Même 

en me languissant

d'être à ce point muré dans ma solitude

il me reste un fol espoir

une impromptue rencontre

occasionnelle et fortuite

avec laquelle

on sait que naît la littérature.


Rien ne m'inspire autant

que les jérémiades ignorantes

et les sanglots égotiques

que les regards dans les miroirs

isolant du Monde leurs adeptes

implorations sinistres aux ogives gothiques

œuvrant du mal de l'être

ainsi qu'un architecte

absurdement

surdoué

dans l'art d'enterrer la lumière.


Rien n'est plus lâche à prêter

qu'une corde insuffisamment tenue

chaque jour est un effondrement

quand au quotidien

la vie triche

avec

un désir inassouvi

le silence ambiant

— sépulcre au sein duquel

on enfouit au jour le jour

une manifestation du vivant qu'on inhume —

est l’enfant de sa tombe

au sein de laquelle

hurlent les non-dits.


La nuit est vide

ainsi qu’un œuf

aurait été déjà gobé

l’absurde est un théâtre

où se jouent des pièces

à pile ou face

et qui retombent sous le sens

son sourire est un lever de soleil

et lorsqu'elle est penchée

ses seins sont les astres sur lesquels

la gravité se répand

parce que sa beauté transperce à la fois

les tympans des cathédrales

et le dessein de mes doigts hérétiques.


Écrire est offrir un peu de son âme

en confiance

à ceux

dont on croit qu'ils nous aiment

(il semblerait qu'il faille automatiquement

salir

afin d'épancher ses désirs)

ici

le soleil se lève au moment de se coucher

j'ai rêvé de cieux imposants

de nuages lourds

enceints de pluies salvatrices

essuyant

sur le glacis de l'inconstance

un peu de notre orgueil infondé.


Nous sommes allés marcher sur un volcan

j'ai marché vite

ainsi que je marche habituellement

quand arrivé seul au sommet

j'ai contemplé le spectacle offert

il m'a semblé que la beauté du Monde

enfouissait nos petites passions fugaces

et misérables

— architectonique intuition

que le Monde est loin

d’être à nous

mais que nous sommes à Lui —

les années sont la jauge

aux souvenirs accumulés

tout au fond du puits de la vie.

dimanche 15 février 2026

Illusoire



Aimer — penser à autre chose —

écrire est un acte ayant besoin de cela

je ne le peux mais pourtant j’ose

un effort ayant aussi besoin de ceux-là

trouvés dans un bouquet de roses


Et ce qu’on bâtit est Lego

construction confondant le seigle et le froment

le pain promis est à l’ergot

l'amour que l'on écrit n'est qu'un mauvais roman

la chose promise à l’ego


Finalement c’est dérisoire

on en fait tout un plat que l’on veut enrober

c’est un alibi provisoire

et je comprends les larmes que tu m'as dérobées

chaque attirance est illusoire

samedi 14 février 2026

Le plus juste



J'aimerais créer

des mots

pour étrangler

des ectoplasmes

envahissant la place où nous nous imaginons.


Je n'ai que ce chef-d'œuvre de Chopin

qui nous raconte en nos passions déçues

qui nous décrit

sans le vacarme de nos cris.


C'est quoi la littérature ?

Une phrase

— aussi simple que possible —

un peu de musique

et la vision comme au ciné

de la scène.


On ne peut écrire

à moins d'une absolue réflexion

d'un regard à propos de soi

sinon qu'être écriveur

en lieu d'écrivain

nous grandissons dans l'illusion

d'un avenir à construire

alors qu'on se construit

sur notre avenir

— en amour

on peut se perdre aussi sûrement

dans le désir ardent

que dans son labyrinthe —

en écriture aussi.


Ce qui est important dans la vie

c'est de se souvenir

en effet

la mémoire a pour vertu

de conférer le sentiment du devoir accompli

d’apaiser l'âme

au regard objectif

émanant de nos jolies choses

et de les raconter.


Parfois

ce que j'écris me surprend.


Je me souviens d'un soir

au Huelgoat

à notre atelier littéraire

on devait rédiger

je ne sais plus quoi

puis en faire une lecture.


À mon habitude un peu dandy

je m'exprime en dernier

l'amie commune alors exulte

"ah !

Mais Michel

il cherche à chaque fois

des mots stupéfiants !"


Dans le groupe

il y avait un auteur

un clown

un vrai professionnel

et vivant de ses pitreries

(j'aimais beaucoup cet homme)

il répond aussi sec

"ah non !

Ce n'est pas Michel qui cherche des mots

ce sont les mots qui le cherchent."


Et dans le grand silence après

je sais que c'est le plus beau compliment qu'on me fit

parce que le plus étrange

et le plus juste.

vendredi 13 février 2026

Brasero



L'amour est fait d'imperfections

cet amour intenté n'est qu'un rêve à tenter

nous prenant tel une infection

maladie reconnue symptôme patenté

dont la cause a fait défection


Car j'aime la beauté des femmes

et cela me rendrait totalement friable

à leur charme ému qu’on diffame

alors qu’on ne devrait que rendre inoubliable

un sentiment que nous trouvâmes


On pleut d’éclair en sombrero

retourner son chapeau comme un homme apaisé

brusquement comme un sombre héros

(si jolie que ta bouche est un rêve à baiser)

devenir un vrai brasero

mercredi 11 février 2026

Baiser



Baiser

désir absolument animal

et

proprement reptilien

pulsion sordide

incontrôlable

et

justifiant tous les débordements

mais nos amours aussi.


J'aime expliquer le vivant

le disséquer

comme on le fait de la littérature

et

regarder les vivants

s’attirer

se repousser

comme des aimants

qui s’inversent

à grands coups d’épaules

l'amour est

un baiser volé

sur le fil à linge innocent du destin

l'amour est

l'anti solution de la recherche du bonheur.


Aimer d'un baiser

sous la voûte des yeux

l'amour

le vrai

commence

inéluctablement

sur un malentendu

les amoureux se retrouvent

quand leur désir est fort

— ou alors

ne se retrouvent pas

mais c'est qu'ils n'étaient pas amoureux —

leur baiser

scelle un pacte hémophile

entre eux

le futur et le passé

dont ils avaient perdu le fil.


Le baiser

que l'on attend

n'est jamais celui que l'on reçoit

pourtant

quand les coins des lèvres se frôlent

on est déjà

dans un baiser d'amour

et confondant

la baise et le baiser

l’homme oublie trop souvent que

la femme n'est pas une chose que l'on baise

elle est un être en soutien de ce qu’il est.


Qu'est-ce que c'est bon

le miel de bruyère

il a le goût

des baisers des amoureuses

à mes vingt ans

sauvage et sucré

butiné

sur les landes du bout du monde

oublié

dans la tombe abyssale

où sombrent

infiniment

les échos de nos jeunesses

en rappelant que

le baiser d'une femme est

le dépôt d'une goutte d'or fondu

sur un papillon perdu.


Les routes de l'à soi

disent aussi probablement

le bout de mon chemin.

lundi 9 février 2026

Balafon



Tant elle est loin d’être éternelle

la chaleur amoureuse est la belle énergie

douce comme un sein maternel

une irruption d’envies qui n’est pas allergie

mais nourrie d’un élan charnel


Libre à ce point d’en vivre aussi

chacun de nos désirs est une histoire étrange

un pendule en balance oscille

l’une ou l’autre à choisir rien ne soit qu’on dérange

au marteau du choix des faux-cils


Et résonnant comme un balafon

le cœur en sursautant si souvent redémarre

en naviguant dans de grands fonds

dont nous pensons un jour extirper chaque amarre

au prix de ce que nous agrafons

dimanche 8 février 2026

Dix-neuvièmiste



Voilà, j'écris…


C'est toujours ainsi

ça me prend au cœur de la nuit

(Céline ainsi l'avait parfaitement décrit)

"Plus ne m'est rien"

c'était le titre infligé par Yslaire et Balac

au premier album de "Sambre"

— évidemment le plus beau ! —

qui m'a beaucoup marqué dans mon adulescence.

Il m'est difficile à vrai dire en effet

d'évacuer ma dimension gothique

et romantique

héritée de mes lectures

absolument

dix-neuvièmistes

où Lautréamont

Baudelaire

et consort

avaient pris toute la place.

Il me semble avoir été

rarement

compris sur ces points.


Finalement

tout s'écrit gratuitement

puisque l'écrivain

se retrouve abandonné

plaçant son énergie dans des projets

qui ne concernent que lui

qui ne sont compréhensibles en vérité

que de lui

dont l'horizon ne peut s'apercevoir un instant

qu'en ses yeux.


La poésie pousse comme une fleur sauvage

— un champ mis en jachère —

un peu trop cultivée

produit d'ouvriers ayant trop défriché

la pauvre risque alors de disparaître

au profit d'une écriture productiviste.


Il ne faut pas prédire une poésie

mais se contenter de l'accueillir

et nul ne sait

ni peu l'importe

au sujet de sa forme finale

une poésie n'est belle en vérité

que parce qu'elle échappe

aux règles qui voulaient l'enfermer.


La poésie, c'est l'oiseau de Jacques Prévert

c'est une cage ouverte

où ce dernier prend forme

à cause en vrai qu'elle est ouverte

en explosant les frontières

et les règles prosodiques

(en ce qu'ont montré des gens

comme Arthur Rimbaud).


Mais en faisant de l'explosion de ces règles

une nouvelle règle

on a subi l'auto-proclamation de nouveaux rois

qui l'ont renfermée.


Le problème de notre temps quant à sa poésie

c'est d'abord qu'à la différence du XIXème

et des siècles qui l'ont précédé

tout le monde ait appris l'écriture

et que beaucoup s'en croient donc écrivains.


L’autre problème est que l'interprétation

des licences osées par les auteurs transgressifs

ait été prise pour argent comptant

puis institutionnalisée par une académie

construite à leur suite

en un moment d'intellectualisation de la société

— totalement antithétique avec la nature des auteurs susnommés —

dans une forme de dogme brutal

auquel une majeure partie de la population

reste absolument hermétique

alors qu'il détiendrait une vérité propre

à quelques élus.


C'est ce qui permet pour finir

à certaines "intelligences"

issues de cette nomenklatura

d'affirmer à propos d'aucuns

— sans la moindre once d'humilité —

que "l'on n'écrit plus ainsi depuis le XIXème siècle".


Imbéciles et qui seront balayés par le souvenir futur.

samedi 7 février 2026

Comme un ancien rêve évanoui



Ma tête en boule emplie de neige

je suis perdu dans mes détours imaginaires

en mon cerveau tourne un manège

je n’ai là sous ma peau plus que d’imagés nerfs

rien ne dit plus de ce que n’ai-je


J'attrape ton regard ainsi

que sur un lac au soir azur un poisson mouche 

au lieu d’un non je veux un si

pareils aux doux baisers qu’on pose sur la bouche

aux tremblements juste indécis


J’hérite d’un nuage inouï

tout amour est dans sa suspension le suivant

reflet d’une averse épanouie

comme un grand romantisme allant nous poursuivant

comme un ancien rêve évanoui

Conte hivernal



Quand on veut lui régler son compte

un amour est la chose à ce point incertaine

en l'oubliant qu'on le raconte

autant de fois qu'on peut parfois une centaine

à la jolie façon d'un conte


On est des oiseaux illogiques

étrangement perchés sur la branche infinie

d'un arbre généalogique

on sait ça de son sang décent qu'un défi nie

de nos parents dits "biologiques"


Et ceci ce n’est qu’un sang cible

une attirance est une excursion vers un lieu

dans lequel on court insensible

en enfilant d'emblée des bottes de sept lieues

sur une route inaccessible

mardi 3 février 2026

L'aperçu du désir



Tout amour est une aventure

et nous finissons tous un jour au fond d'un trou

sans que ce soit mésaventure

aimer c'est s'inventer bien au-delà de tout

de la mort et de la torture


En chacun le futur est là

chaque envie de nous n'est jamais qu'inaboutie

pour autant si le cœur est las

les larmes de la peur ont pour écho l'envie

dans les coussins mous d’un prélat


Je me suis joué d’un impair su

voulant aider celle ou celui dont on prend soin

tout tient à ce qu’on a perçu

nous ne nous construisons qu'en fonction du besoin

j'ai du désir un aperçu

lundi 2 février 2026

Précieux bijou caché



Tout est reflet de souvenirs

un éclat de diamant dont on sait l’incidence

au meilleur amour à venir

un instant de nos vies résonne en son silence

et porte en lui notre avenir


Au lit mon culte de tes fesses

assoit la liberté de mes visions salaces

ce que ma religion professe

est vain j’en suis conscient puisque à la fin ça lasse

(assermenté comme à confesse)


À la façon d’un steak haché

mon écriture enfin quand je n’aurai plus de toit

sera ce que j’ai saccagé

de tout ce qu'on me laisse il n'y a plus que toi

comme un précieux bijou caché

dimanche 1 février 2026

Létal



Dans la tempête inécrasée

je suis l'îlot fortuit de ton naufrage inouï

l’endroit dont l’âme est abrasée

par en corolle un peu de ton corps épanoui

ta fleur en coulant mon phrasé


Je t’ai dans mes pensées charnelles

— l'amour est un instant passager clandestin —

nourri de ton lait maternel

il faut te désirer le reste est sans destin

tel un besoin sempiternel


Écrire est une envie fatale

adapter son discours est comme caresser

baiser est un poison létal

en te léchant mon timbre est sans cesse à dresser

ton corps offert est à l’étal

vendredi 30 janvier 2026

Libertin



On me dit libertin mais je suis libéral

en ne me mêlant pas de l’alcôve inconnue

des recoins de ton sexe où chaque homme animal

est venu se reperdre aux bas-fonds d’un con nu


Dans l’orgasme on fait fi d’une seule âme à rendre

(une fille aussi sait des éjaculations)

chacune de nos relations est bonne à prendre

en chaque attirance est une accumulation


Jolie paire adulée de seins se maintenant

tétons acidulés dont on sait le succès

que va-t-il se passer dans nos vies maintenant


Mon amoureuse en bouche a le goût d'un bonbon

rose et si délicieux qu’on voudrait le sucer

comme un bel entrecuisse entre deux beaux jambons

mercredi 28 janvier 2026

Incertitude



Tout amour est une épopée vers une étoile

À la belle on s’endort une épopée sans toit

Mais sans se séparer du parfum qui sent toi

Tout amour est le fruit d’une araignée sans toile


Liberté ma chérie dont je ne sais le gain

Je m’endors en pleurant de ton grand déplaisir

En chaque relation réside un faux désir

Rien ne dure en instants tout autant qu'un béguin


L'écriture est un legs offert au plus offrant

Ma plume en écrivant caresse aussi ton corps

Un bon dessert entre le fromage et la poire


En poésie j’avoue je ne suis pas très franc

Mais dans mes sensations quand j’y repense encore

À chaque incertitude est associé l'espoir

lundi 26 janvier 2026

Un monde insensé



Je crois que la Poésie

consiste

à formuler des pensées

que ses lecteurs ignorent

à déformer le réel

à l’embellir

à l’extrapoler

l'amour est une illusion lui

dont nous nous délectons

pour espérer

toujours un peu

plus en nos vies si pauvres.


Pardonnez-moi d'écrire un peu trop

c'est mon souffle vital

l’écriture est

un choix

de déréliction

(je le sais maintenant)

j'essaie de trouver les images

et les sons

qui sauront

vous capturer

vous captiver

vous cap-horniers

de la lecture

et voyageurs en mots.


Voyager

ce n'est pas forcément vivre à l'étranger

voyager

c'est précisément bousculer sa vie

— qu'elle soit en France

ou à l'étranger —

voyager

c'est changer son monde

en le décalant

systématiquement

changer ses habitudes

et se mettre en danger.


Parce qu'on ne le conduit pas

le train revêt

l'attribut complet du voyage

en ses dimensions imprédictibles

— il est de ce fait un lieu de rencontre idéal

un aiguillage aux fils du destin —

parce qu'on ne la conduit pas

la Poésie

roule au-dessus des rails

imposés

de la banalité

des idées reçues

de l’imbécilité quotidienne

et des combats galvaudés

la Poésie

aide à survivre.


On ne décide pas de s'aimer

sur une simple image

on ne décide pas de sa vie

sur une simple impression

la beauté triche à chaque instant

nous conduisant aux pires

erreurs

aux pires

imaginations

la beauté n'est qu'une vibration

que l'on ressent

parfois

très rarement

le baiser sur la bouche

est la façon folle

et pourtant délicieuse aussi

de s'en rendre compte

et le Poème est

ce baiser.


Si mes papiers

mettent le feu

dans vos pensées

la langue est l'expression

la plus aboutie d'une identité

qu'on peine à définir

et ce baiser français

se tourne et se retourne

un peu dans tous les sens

et dans l’essence

absolue

de l’être

en chassant le néant

quand on ne peut rien contre un monde insensé

la seule arme est la Poésie.

dimanche 25 janvier 2026

À genoux



Gordien ce que le doigt dénoue

chaque entité perdue que nous véhiculons

se trouve au plus profond de nous

mais qui s’enfuit quand on avance à reculons

souvent comme des rats d’égout


Nous sommes des gamins fragiles

ignorant l’avenir et dépourvus de buts

martyrs aussi souvent de nos passés labiles

une fin constatée n'est qu'un nouveau début

si nous nous tenons immobiles


L’Art est bien comme un billet doux

chaque amour ignoré se retrouve en peinture

rien n'est bon ni parfait chez nous

le poète étant mort on n’a pas sa pointure

on craint vraiment d'être à genoux

vendredi 23 janvier 2026

Épitaphes



Notre instinct c’est bien animal

à chaque relation c'est une exploration

rien jamais ne semble anormal

lieu déclaré pourtant de nos déplorations

là pousse aussi la fleur du mal


Le poison c’est sempiternel

le grand désir est repassé par la fenêtre

et bu comme un lait maternel

il coule en nous fruit de l’amour et du non-être

un sentiment c’est éternel


L'être est une ombre à consommer

dès lors en lieu de tombe on a des cénotaphes

un pansement mais qu’on se met

les revenants sont les longs mots des épitaphes

figeant nos vies comme assommées

mardi 20 janvier 2026

Des fossés



Aux belles femmes de ma vie



La beauté ne se situe jamais où l'on cherche

un brin de son inflorescence

elle est dans la rencontre

et dans chaque instant que nous partageons


Ne me demandez pas pourquoi j'écris tout cela

la nuit les mots me poursuivent

et sans répit me convoquent


À la fin, vous les lisez

(vous l'élisez)

comme un des candidats

de vos propres rêves à vivre en vrai


La première fois que j'avouais mon amour

elle ne cessait de tourner sa cuillère dans sa tasse de café

sans me regarder mais tout en m’écoutant

puis en la quittant à la bouche d’un métro carnivore

elle prit mon cou pour m'embrasser de ses lèvres roses

et nous avions dix-huit ans


La mer est belle à cet âge-là

le monde s'effondre

et pourtant mon amour

est insensible à la gravité


Le noyau de nos mystères

est l'atome absolu

de nos raisons de vivre


Un raz de marée littéraire

engloutit nos a-priori

ta bouche est merveilleuse

enrougie d’un gloss épouvantable

elle est comme un baiser survolé

par un papillon de lèvres

et ton intimité


Parfois le temps creuse à ce point des fossés

que la vie n'est qu'un fleuve

insuffisant à les remplir

lundi 19 janvier 2026

Polichinelle



Je n'ai retenu de l'amour

absolument rien d'autre à voir en vérité

qu'un microsillon de labour

accouché beaucoup trop tôt de l'Ève héritée

mais dont je n'étais que là pour


Racheter l’acte originel

l'enfer est un endroit que tout le monde ignore

— un secret de polichinelle —

et pourtant je sais quand un seigneur est senior

et ses passions sont criminelles


Éléphant dont la trompe enflait

la plume est au sujet sur lequel on abonde

en nous évitant le pamphlet

j'écris pour illustrer la beauté de ce monde

et les femmes en sont le reflet

dimanche 18 janvier 2026

L'aérogare



L'amour se conquiert en rampant

tout est dans l'inaction motivée par nos pleurs

réchauffés au pétrol’ lampant

l'enfer est un jardin cultivé par nos peurs

et le paradis dérapant


Le ciel endroit de l’oraison

la nuit toujours est l'endroit du dénudement

les petits pas que nous faisons

se succédant si saccadés mais rudement

sont cliquetis de nos raisons


Le ciel d'été de ton regard

inonde en bleu mon écriture à l'encre en feu

Je n'ai que mon soleil blafard

à t'opposer miroir où je ne suis qu'un gueux

perdu dans une aérogare

mercredi 14 janvier 2026

Mathusalem



Tout part en couille ici

le matériel qui date de Mathusalem

n’en aime plus personne

il arrive attrapant au vol

un espace de jeune femme

éperdue dans des interstices

où l'amour est fait de caresses

cette étrangeté m'intéresse.


S'extirper des méandres du paraître

un trait de plume est comme un trait de fusain

la trace improbable d'un brûlis peu contrôlé

mon amour est un miroir où

mon image effacée

laisse place au reflet

de ta beauté.


Comment vais-je ?

Eh bien je vais

j'y vais

de toute façon

nous allons tous vers notre fin

ce qui diffère est juste la manière

(il faut parfois

se garder d'écorcher

son regard à propos d’authentiques beautés

dont l’âme en quête de santé

n'est qu'à l'avance hantée).


Comment s'enlever le vide de la tête

alors qu'il l'occupe à plein ?

Le génie de la vie

c'est d'inventer à tout moment

le moyen de la supporter.


La vérité

c'est qu'en se croyant bien aimé

chacun trouve un prétexte

à passer le temps rassuré

d'une présence et dont l'altérité recourt

irrémédiablement

à l'effacement de ce con

de ce qu'on serait parvenu

finalement à devenir enfin tout seul.



mardi 13 janvier 2026

Les serres du Jardin des Plantes



J'en ai passé du temps

dans les serres du Jardin des Plantes

étudiant en bio'

dans les amphis d'en-face aujourd'hui disparus

rue Cuvier

— quand je n'étais pas perdus dans les pilotis de la Halle aux vins

ni même à l'ombre inquiétante des bâtiments sépulcraux

du Quai St-Bernard —

à m'y réchauffer notamment l'hiver

avec mon sandwich

et mon entrée gratuite

ou mai triomphant

juste au-dessus

quelques tâches de rousseur à mes lèvres accrochées

la reine de Lutèce

à mon souvenir.


On y retrouve

-----------------un peu de tous

-----------------------------------les végétaux

ceux qui recouvrent

-----------------à peu près tout

----------------------------------continentaux

des grands déserts

-----------------aux forêts vierges

----------------------------------hors des frimas

mais qu’on dessert

-----------------avec un cierge

---------------------------------à nos climats.


Car il faisait bien chaud

là-bas

comme au sein d’une matrice

abritée du gel

en rentrant habillé

dans ces vagins de verre

à la flore intestine

épanouie

fleurissante

aux parfums vénéneux

capiteux et sensuels

en plein cœur d’un hiver

rigoureux

parisien.


Sans transition

------------------de moins zéro

-----------------------------------jusqu’à plus trente

en position

---------------de sombre héros

-----------------------------------d’Omsk à Tarente

on bousculait

---------------les latitudes

------------------------------et l’air du temps

qu’on calculait

----------------dans l’attitude

----------------------------------d’un débutant.


J'ai connu le Grand Amour

et mon problème est précisément de l'avoir connu

trop jeune afin de comprendre

aimer pourtant c'est changer

c'est bouleverser

c'est imaginer

c'est sortir enfin du cocon dans lequel on fait sa mue

sortir aussi des serres

et de leur emprise

au Jardin des Plantes

ou d’ailleurs

d’ailleurs

ailleurs

rimailleur

ramoneur de mémoire

et fossoyeur

en souvenirs

enterrant tous ces vieux grimoires

et l’alchimie qui désespère.

dimanche 11 janvier 2026

Balzac et la petite tailleuse chinoise



Balzac était nul en amour

rempli pourtant de génie situationnel

Eugénie s'épuise en secours

essoufflée de ses sentiments émotionnels

où nous de même on se goure


En entendant dans le ressac

"caresse-moi les seins" d'une voix féminine

il me semble en vidant son sac

écouter les gémissements d’Anaïs Nin

et pris son con pour un cul-d’sac


À chaque fois et tous les mois

des pectoraux des seins des objets de caresses

(et j’ai coincé ta bulle en moi)

se voient libidineux mais abjects de paresse

éteignant pour toi mon émoi

samedi 10 janvier 2026

La vraie vie



Séparer le grain de l’ivraie

caresser ton épaule est un geste anodin

mais après tout je t’enivrais

de mon comportement quelque peu cabotin

le souffle court un souffle vrai


Je n’ai pas d’usages prescrits

chaque vague à mes yeux te dessine en beauté

ma main sur ton sein mon esprit

dans un tourbillon lent se retrouve emporté

par la marée de mes écrits


Je suis un ermite asservi

les courbes de ton corps ont dévié mon regard

et mon envie sans préavis

d’un désir imagé qu’un baiser contrecarre

aussi bien que dans la "vraie vie"

vendredi 9 janvier 2026

Goretti



Ils l’ont appelé « Goretti »

le vent frappe ici tel un marteau sur l'enclume

et pourvu qu'elle m'aime aussi

j’écris sans souffler mots que mon poème emplume

malgré ma nullité rassie


Comme quand j'étais un minot

cette tempête a tu ce qu’on ne me dit pas

déroute en piètre chemineau

l'amour est un chemin qu'on suit à petits pas

de fer à faire en cheminot


Ce soir on a fini la course

ô nuit dissèque un corps oublié par nous-mêmes

ma peau que l’on décote en bourse

est enfin bonne à vendre à condition qu’on m’aime

en promotion de la grande ourse

jeudi 8 janvier 2026

Georges d’Anthès



Nous baignons dans le bouillon sale

où des salauds les mains se lavent

où de grandes eaux nous dessalent

est-on de salpêtre ou de lave ?


Viens donc sur moi cueillir un brin de vie florale

la plus jolie femme est toujours en un beau rêve

un peu comme un grand jeu d’aurores boréales

éblouissant d’un feu du dieu des passions brèves


Et ma mère ignorait la mer

et la sirène hurlant son chant

(mon père aimait surtout la terre)

ressemble aux cris les plus méchants


Tu as un joli nez dont la trompette enchante

à la froideur austère importante en russie

saint-petersbourg est mort et ma passion déchante

en société là-bas rien ne m'a réussi


Je ne suis pas Edmond Dantès

en tuant le prince des poètes

et ne suis que Georges d’Anthès

un amant pour une mouette


Tchekov a su décrire en pièce de théâtre

une façon bourrue de renverser la table

et Dumas fit Gontcharova tout près de l’âtre

un sanglant trait d'amour est un rasoir jetable


Les russes ne font pas la guerre

ils nous imposent la terreur

hurlant comme on le fit naguère

ils sombrent ainsi dans leur erreur

mardi 6 janvier 2026

La fille au frêle esquif



Le Beau par essence est femelle

l’amour est un objet que l'on ne peut saisir

on s’y fait — de quoi l’on se mêle —

à moins de s'y livrer dans l'absolu plaisir

(on pense à de jolies mamelles)


Un fantasme à tout prix pour ça

c’est parce que j'ai refusé de m'y plier

j’en reste à ce que je perçois

de la beauté sans parvenir à t'oublier

c’est pourtant toi que j’aperçois


Tu m’as depuis longtemps quitté

puis un matin j'ai croisé celle que je kiffe

et je me sens d’elle acquitté

la fille aux yeux calots de mer au frêle esquif

accosté juste à mes côtés

Succube



Dieu qu'il est pour moi compliqué

de ne pas succomber — étant bien sous ses charmes —

à mon succube inexpliqué

(belle enfant de Lilith à la peau qui désarme

à la séduction dupliquée)


Le vide à ses gestes s’oppose

entre nous deux l’espace oublié s’amincit

la caresse que sa main pose

et chacun sait que quand cela se passe ainsi

c'est que la tyrannie s'impose


Une épaule nue se révèle

au delta de son muscle est un bel oasis

aux feux d’une lune nouvelle

une courbe d’un sein s’il faut que je choisisse

une autre ligne me nivelle

lundi 5 janvier 2026

Linceul



La nuit s'étend comme un linceul

on croit souvent ma foi que c’est là pour toujours

en manteau blanc me laissant seul

à la lueur rosâtre en cette fin du jour

éclat nuancé d’un puzzle


Et de tes tâches de rousseur

(incroyables fragments que ma vie séquençaient)

je garde une douce saveur

en songeant qu’en désir un instant c’est quand c’est

la main dont on a la faveur


Oublions les bruits du passé

chaque amour est nouveau mais rien n'est éternel

linguistiquement dépassé

mais te recherchant de façon sempiternelle

la langue en ton âme est passée

dimanche 4 janvier 2026

Mal à terre



Les papillons carbonisés

de ma jeunesse évaporée dans du formol

ont néanmoins fossilisé

ta note en demi dièse et ton baiser bémol

afin de les utiliser


Ma solitude est comme un gage

et ma pupille infinitude écarquillée

l’étrange route où tu m’engages

est carrossable — à toi je suis celui qui est

le premier des derniers en cage


J'ai rembourré ma pauvre barque

avec un peu de mes faux-airs et ton sourire

et les bombards odieux du parc

à pareille beauté s'essouffleront sans rire

autant que les odieuses Parques


Alors on se sent mal à terre

une idylle est finie le désir est mortel

on n'a de goût que délétère

on n’a de sentiments que dans un grand bordel

et de passion que pour l'amer

Sans confessions



L'amour est au début de tout

mais il n'est à la fin de rien

son jeu s’écarte et sans atouts

reste un grand vide saharien


L'amour est un instant fugace

et nos yeux sont à sa recherche

incessamment il nous agace

et pourtant on lui tend la perche


Aimer c'est partager l’idée

que le meilleur est à venir

et que le pire est loin de nous

le jour s'invente en l'avenir


Aimer c'est quoi sinon le vœu

d’un lit pour deux que nous prions

sommeil est un mot merveilleux

résonnant comme un carillon


L'amour est une hésitation

trouble entre le rêve et l'envie

qui se décore en citations

s’accommodant avec la vie


L'amour est une concession

comme une tombe et perpétuel

il est muet de confessions

ce n’est pas un intellectuel

samedi 3 janvier 2026

Aux fers



Toutes les pluies sont bénéfiques

en inondant les chants d'amour

et fleurissant sont magnifiques

coquelicots dans les labours


On les arrache en rêvassant

sans sourciller d’une effusion

comme des gouttes de nos sangs

qu’on boirait dans des infusions


L’attirance est une assertion

qu'infirme immédiatement l'art

en lui n’est plus que l’immersion

mais moi je suis son canular


Imaginant chercher l’erreur

en tout si telle est ma mission

je n’ai cédé qu’à ma terreur

revêche et sans compromission


La capacité de surprendre

(affect est en priorité)

capable on se doit de comprendre

un vers avec autorité


Le désir est un tissu d'anses

où chacun voudrait débarquer

mais la sortie c’est l’issue dense

où de nos fers on est marqué

vendredi 2 janvier 2026

Amoureux de l'Amour



L'amour est un cadeau du ciel

Il nous faut l'attraper au viol

— ah non — cela m’est essentiel

il faut regimber de la viole


La petitesse est à l'esprit

ce qu'au sexe est la castration

le rabais sur l’être épris

sans la moindre compensation


Don Quichotte il se dépensa

comme un grand cheval efflanqué

pourtant quoique Sancho pensa

pour s'aimer il faut se manquer


Nous ne sommes que des porte-paroles

écrivain poète à tout crin

porteur de petite vérole

à la fin du Monde on te craint


Qui sait ce que le feu révèle

l'amour est un achalandage

je sais bien qu’il est irréel

addict et dépendant de l'âge


Et quoique j’en fisse un barrage

écrire est penser à rebours

à mon corps défendant de rage

je suis amoureux de l'Amour

jeudi 1 janvier 2026

À contumace



L'amour est une fleur sauvage

et pousse en dehors des jardins

rural il devient citadin

s’éloigne en quittant son rivage


J'ai tellement rêvé de lui

que celui-ci n'est plus qu'un rêve

et l’existence étant si brève

il n’est qu’une flamme qui luit


Sans penser à se lever tôt

les bombes pleuvent et la pluie cesse

en faute à tous ceux qui t'agressent

Il n'y a plus de végétaux


L'amour est un instant subtil

au lit dans lequel on se couche

où dépendant de notre bouche

il pend à la lèvre infertile


Il y a dans chaque désir

un morceau de désespérance

un brin de ma vaine attirance

un bras d’une veine à saisir


Accoutumance est une loi

qui fit de moi le bon coupable

et le génie de l’impalpable

à contumace et bon aloi