J'en ai passé du temps
dans les serres du Jardin des Plantes
étudiant en bio'
dans les amphis d'en-face aujourd'hui disparus
rue Cuvier
— quand je n'étais pas perdus dans les pilotis de la Halle aux vins
ni même à l'ombre inquiétante des bâtiments sépulcraux
du Quai St-Bernard —
à m'y réchauffer notamment l'hiver
avec mon sandwich
et mon entrée gratuite
ou mai triomphant
juste au-dessus
quelques tâches de rousseur à mes lèvres accrochées
la reine de Lutèce
à mon souvenir.
On y retrouve
-----------------un peu de tous
-----------------------------------les végétaux
ceux qui recouvrent
-----------------à peu près tout
----------------------------------continentaux
des grands déserts
-----------------aux forêts vierges
----------------------------------hors des frimas
mais qu’on dessert
-----------------avec un cierge
---------------------------------à nos climats.
Car il faisait bien chaud
là-bas
comme au sein d’une matrice
abritée du gel
en rentrant habillé
dans ces vagins de verre
à la flore intestine
épanouie
fleurissante
aux parfums vénéneux
capiteux et sensuels
en plein cœur d’un hiver
rigoureux
parisien.
Sans transition
------------------de moins zéro
-----------------------------------jusqu’à plus trente
en position
---------------de sombre héros
-----------------------------------d’Omsk à Tarente
on bousculait
---------------les latitudes
------------------------------et l’air du temps
qu’on calculait
----------------dans l’attitude
----------------------------------d’un débutant.
J'ai connu le Grand Amour
et mon problème est précisément de l'avoir connu
trop jeune afin de comprendre
aimer pourtant c'est changer
c'est bouleverser
c'est imaginer
c'est sortir enfin du cocon dans lequel on fait sa mue
sortir aussi des serres
et de leur emprise
au Jardin des Plantes
ou d’ailleurs
d’ailleurs
ailleurs
rimailleur
ramoneur de mémoire
et fossoyeur
en souvenirs
enterrant tous ces vieux grimoires
et l’alchimie qui désespère.

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