mardi 13 janvier 2026

Les serres du Jardin des Plantes



J'en ai passé du temps

dans les serres du Jardin des Plantes

étudiant en bio'

dans les amphis d'en-face aujourd'hui disparus

rue Cuvier

— quand je n'étais pas perdus dans les pilotis de la Halle aux vins

ni même à l'ombre inquiétante des bâtiments sépulcraux

du Quai St-Bernard —

à m'y réchauffer notamment l'hiver

avec mon sandwich

et mon entrée gratuite

ou mai triomphant

juste au-dessus

quelques tâches de rousseur à mes lèvres accrochées

la reine de Lutèce

à mon souvenir.


On y retrouve

-----------------un peu de tous

-----------------------------------les végétaux

ceux qui recouvrent

-----------------à peu près tout

----------------------------------continentaux

des grands déserts

-----------------aux forêts vierges

----------------------------------hors des frimas

mais qu’on dessert

-----------------avec un cierge

---------------------------------à nos climats.


Car il faisait bien chaud

là-bas

comme au sein d’une matrice

abritée du gel

en rentrant habillé

dans ces vagins de verre

à la flore intestine

épanouie

fleurissante

aux parfums vénéneux

capiteux et sensuels

en plein cœur d’un hiver

rigoureux

parisien.


Sans transition

------------------de moins zéro

-----------------------------------jusqu’à plus trente

en position

---------------de sombre héros

-----------------------------------d’Omsk à Tarente

on bousculait

---------------les latitudes

------------------------------et l’air du temps

qu’on calculait

----------------dans l’attitude

----------------------------------d’un débutant.


J'ai connu le Grand Amour

et mon problème est précisément de l'avoir connu

trop jeune afin de comprendre

aimer pourtant c'est changer

c'est bouleverser

c'est imaginer

c'est sortir enfin du cocon dans lequel on fait sa mue

sortir aussi des serres

et de leur emprise

au Jardin des Plantes

ou d’ailleurs

d’ailleurs

ailleurs

rimailleur

ramoneur de mémoire

et fossoyeur

en souvenirs

enterrant tous ces vieux grimoires

et l’alchimie qui désespère.

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