dimanche 25 octobre 2026

L'enfant de l'insatisfaction



L'amour est un instant fragile

(liquoreux) que l’on boit comme un étrange vin

d’un coup que l’on qualifie d’agile

la vie n'est qu'un parcours initiatique en vain

c’est là notre talon d’Achille


On ne connaît pas d’élixir

assurant sa durée comme à la puberté

je fus près de me faire occire

et sachez-le je suis jaloux de liberté

ce met que l’on dit triste aux sires


Une histoire est une invention

l'attirance éperdue n'est qu'une componction

pavée de bonnes intentions

le désir est l'enfant de l'insatisfaction

l’enfer en est l'incarnation

vendredi 23 octobre 2026

Paris d'automne



C'est vraiment l'automne à Lutèce

en son Quartier Latin à deux pas de Cluny

l'été s'en va tout en vitesse

en passant le pont Saint-Louis qui là-bas l'unit

de l'un à l'autre avec justesse


Une tempête inachevée

semble enfin s'épuiser sur les trottoirs en feuilles

et mon papier parachevé

s'étend dessus comme un long drap sur un cercueil

une idée froide à mon chevet


C'est un cycle (une libido)

même ici le vent souffle épluchant les grands arbres

arrosant de ses gouttes d'eau

dans le cœur de Paris ses monuments de marbre

en un très malicieux rideau

lundi 19 octobre 2026

Dharma



Comme un temple pré-colombien

s’effondre à chaque instant des pierres qu’on emploie

tant qu’on se dit que tout va bien

tout en nous se transforme en fatigue et l’on ploie

reste un peu de temps mais combien


Vivre est un problème à partir

du moment où l’on cherche une intériorité

le dharma sait s’en départir

il est l'émanation d'une antériorité

d’anciennes vies à répartir


Agissant sur ces entrefaites

il apparaît que l’on n’est pas dans un mouroir

et de cette vision refaite

en ce bas monde un étrange jeu de miroirs

un jeu d'images se reflète

dimanche 18 octobre 2026

Que la cervelle éclate




Je sais quand l’arme est au fourreau

quand la corde explicite « y’a qu’à faut qu’on »

tu me coulais comme un bourreau

s'emploie sur le gibet toujours à Montfaucon

comme un boulot comme au bureau


Je m’y suis bien aventuré

dans ce désert impitoyable et dévorant

de la souffrance à endurer

toute fleur est au temps le symbole ignorant

de ces passions voulant durer


Je tire entre les omoplates

un or en plomb c’est la gageure

œuvrant puisque la Terre est plate

ouvrant la poche revolver et son chargeur

afin que la cervelle éclate 

Neige anthracite



Mon verbe est un cataphractaire

à cette masse effroyablement écrasante

où l’écriture est réfractaire

alourdissant l’endroit qui pour moi représente

un de mes traits de caractère


En cette démarche gravide

il faut comprendre un vrai besoin de grand émoi

ma conversion pour un grand vide

un écrit bien plus fort que tout (plus fort que moi)

la Poésie reste impavide


Un désir est une expression

disant la source aussi des citations qu’on cite

impressionniste en l’impression

qu’un mot recouvre ainsi qu'une neige anthracite

exerçant toute sa pression

samedi 17 octobre 2026

Baisers salés



Souvent sous des baisers salés

c'est dans l’obscurité qu'on apprend à sentir

à toucher qu'on se laisse aller

à respirer à caresser et ressentir

au doux parfum de l’azalée


Ce n’est pas le sort escompté

j'essaie de retrouver l'objet de mon désir

en un souvenir estompé

« ci-gît » n’est pas de moi mais du verbe gésir

où le soldat cœur est tombé


Notre attirance est comme un choix

crucial enfin quoique l’on soit encore en vie

quand parfois la passion déchoit

nous n'avançons qu'à coup de rame en nos envies

comme une barque emplie de joie

vendredi 16 octobre 2026

Sur les lignes de ton visage



L’Amour (oh souvent l’on s’y ment)

j'ai fabriqué les fruits d'un cœur imaginaire

avec un doux balbutiement

je m’en allais citant Guillaume Apollinaire

et son bestiaire hallucinant


Dès lors que ce que je perds su

je réagis de mots que j’avais rabotés

pour te conter — toute aperçue —

chaque endroit de ton corps est un grain de beauté

que ma jeunesse avait perçue


Je suis plus vieux mais j’envisage

à présent de retenir enfin mes promesses

en voyant ton beau paysage

on te lit désirable ainsi qu’une déesse

sur les lignes de ton visage

jeudi 15 octobre 2026

Mitoyens



Si chaque parole est d’argent

ne rien dire est déjà commencer à parler

la vérité n’a rien d’urgent

ce n’est que mots que l’on prononce en aparté

sans s’y montrer bien indulgent


J’écris de la main qui t’a tue

mais tout en gribouillant celle qui a signé

conforte en grinçant mon statut

de poète hérétique à ce dogme assigné

dont on a fondu les statues


Le mensonge est un bon moyen

d'abattre un monde — ayant pensé la fuite

en triste et mauvais citoyen —

je suis l'enfant prodigue ayant pensé la suite

en traits qui nous sont mitoyens

mercredi 14 octobre 2026

L'Eldorado



Il faut ne pas être empoté

toréant tout en rouge en évitant les tacles

un taureau d’une robe ôtée

vivre est finalement comme une course d'obstacles

en touchant du doigt la beauté


Mais si l’on se prend un râteau

jardinant nos récits d’un rouleau qu’on dévide

Et si Méduse est un radeau

comment refaire un plein avec un peu de vide

en rêvant de l'Eldorado


Nous existons en sacrifiant

ce songe originel où tu dis que tu m’aimes

et ses lots trop insignifiants

nous sommes en somme un peu perdus en nous-mêmes

et bien trop souvent mystifiants

mardi 13 octobre 2026

L’attente irrésolue



Je te sais princesse rebelle

l’objet fuyant du désir et de nos soins

mais moi je te trouve si belle

l'amour est la façon d'exprimer un besoin

criant de nombreux décibels


Longtemps considérée fatale

la beauté d'une femme est le plus beau cadeau

c’est un crime à l’état fœtal

libérant sa baguette en un grand mikado

sous l’effet d’un charme létal


On vit de ferveurs absolues

dont se saisit l’esprit quand l’existence a du sens

où rien n’est vraiment dissolu

le goût d'aimer ne se comprend que dans l'absence

et dans l’attente irrésolue

lundi 12 octobre 2026

Lego cassé



J'ai mesuré la situation délicate

où nous nous retrouvions démunis sans ceinture

et sans colliers de silicates

où nous nous peignions de petits pots de peinture

où tu jouais mon avocate


En écoutant la déraison

fuyant le désert inhospitalier des peurs

on a couru vers l’horizon

vers un bâtiment qui vogue à voile à vapeur

en décidant nos guérisons


L’ordonnance était bien ici

tournée comme un poème — en passant je l’ai dédicacée —

s’y trouvait le remède aussi

j'ai fabriqué ma vie comme un Lego cassé

dont je répare un vide ainsi

dimanche 11 octobre 2026

L’inconsolable



Créer c'est s'écorcher l'esprit

je t'ai cueillie dans la rue ma fleur de pavé

nous étions tous deux malappris

déjà j’étais poète et pourtant dépravé

mais j’étais de toi tout épris


Soudain dans ma vie s’égayant

le poids de ton désir a faussé ma balance

on parle en fait en bégayant

de ta beauté si folle et sans équivalence

hors des rails alors aiguillant


Le désir est incontrôlable

et si ton attirance un instant contenue

rend ma foi toute inébranlable

à chaque fois que je te verrai toute nue

je resterai l’inconsolable

samedi 10 octobre 2026

Seul au monde



L'amour est un instant qu'on passe

en attendant la boue qui nous recouvrira

dans l’instant nous sommes comparses

après nous verrons ce que l’on découvrira

tant qu’on sera bulles qu’on perce


L'amour a son imaginaire

et la passion nourrit l'esprit de ses clichés

la réalité liminaire

éclaire en un instant cet aspect négligé

brutal et sans préliminaires


Une histoire est nauséabonde

en ouvrant l’accès dont l’interstice luit

quand notre pensée vagabonde

un rien c'est l'attitude assumée de celui

qui se croit tout seul en ce monde

vendredi 9 octobre 2026

Le dernier sentiment



La vie s'écoule et tout s'impose

à notre perception qui est toute animale

l’esprit pleure après la symbiose

et se met à hurler tandis que tout va mal

il est en anaérobiose


Alors — on opte pour la voix

torturée de la plume avec une insistance

immense au long tracé des voies —

c'est bien le destin qui décide des distances

et les allonge aussi des fois


Le poème était assoupli

ciselé dans ses vers (à la fin j’ai souri)

l’écrit — quand je l’ai mis sous pli —

devint secret des sentiments que j’ai nourris

dans lequel un dernier s'oublie

jeudi 8 octobre 2026

Dans mes messages



De bon matin j’arrivais juste

à ce point décidant que rien n'est impossible

imaginant ma fable injuste

ayant décrit ton cœur offert en tant que cible

avec ces mots que moi j’incruste


Aux besoins dont on est perclus

chacun veut appliquer les mêmes procédés

nous sommes les enfants perdus

de ces générations qui nous ont précédés

de mêmes désirs éperdus


La beauté de ton visage

est une source inouïe dans mon inspiration

je n'étais plus un enfant sage

entre tes seins je sentais ta respiration

j'aime t'aimer dans mes messages

mercredi 7 octobre 2026

L'incipit



Je pèse mes mots à ma guise

un massacre est tentant dès lors que l’on engage

un crime à la façon de Guise

un vocable est la garde-robe du langage

et l'extravagant le déguise


Un rythme en nombres décimaux

qui transmet au laborieux l'envie de bâtir

autrement qu'en châteaux de mots

me permet d’éviter la panne et d’en pâtir

et de sertir au chalumeau


Fut-il absurde et délirant

mon constat d’écrivain qui reste au final incipit

est un gros bouquin délivrant

pourtant nulle amoureuse ne se précipite

et je continue m’enivrant

mardi 6 octobre 2026

La curieuse allégresse



Le froid de la nuit qui s'étend

glace mes os comme un vitupérant blizzard

et me transmet la chose étant

l’étrange sensation qui reste assez bizarre

aussi d’un lien qui se détend


Bien que je sois homme assidu

ma conception de l'amour est l’effondrement

d’intégrité d’individu

quelque chose emprunté dans nos encombrements

dont ne reste qu’un résidu


C’est une chance inespérée

c’est comme un franc vertige — et l’âme là régresse —

où l’on s’égare or inspiré

j'éprouve en ce moment la curieuse allégresse

offerte aux plus désespérés

lundi 5 octobre 2026

L'héberlueur



J'ai pesté contre un sort horrible

hurlant ma poésie (cette chance à saisir)

en faisant divan le terrible

une attention portée fige un ardent désir

à tous ceux dont l’âme était cible


Une innocence est désirable

elle est un mot gravé que du doigt l’on effleure

en chassant les indésirables

le désir isolé fane autant qu'une fleur

il est sans doute indéchiffrable


Je me suis trop souvent gâché

je n'étais en vérité qu'un héberlueur

afin d’avaler ce cachet

les vieux feux de la nuit m'ont bercé de lueurs

en détachant de les cacher

dimanche 4 octobre 2026

L'impensé



Toute attirance est un naufrage

on le sait bien ça consiste à mener sans fin

du cœur un curieux déchiffrage

on est dans l'abandon voulant se faire enfin

de l’âme un furieux dégivrage


On reste sensible au glamour

on veut montrer les versets que nous écrivons

qui ne rencontrent pas l'amour

au creux du vide astronomique où nous vivons

mais des corps un profond labour


Un geste aussi semble insensé

dans cet instant qui de la vie jusqu’au trépas

soigne un bobo de l’un pansé

l'enfer est d’espérer qu'il n'existerait pas

chaque amour est un impensé

samedi 3 octobre 2026

De nulle part



Ta lumière est comme irréelle

la clarté de tes yeux c'est d’un été le ciel

l’ardent buisson de l’Israël

la brume où sombre sa lumière artificielle

un ruisseau bleu dans ma ruelle


Et la signature apposée

de cette catastrophe étant au départ fête

au creux de ta lèvre opposée

(le petit élément qui te rendrait parfaite)

était ma marque déposée


Je me sentait comme un dément

comme un démon d’envies perçu de la plupart

à la façon des mots d’amants

dis-moi — toi que j'aime et qui n'es de nulle part —

où je me trouve incidemment

vendredi 2 octobre 2026

Les charmes fainéants



Si l’envie se voit prospérer

dans des situations qui sans cesse évoluent

lorsque l’on est exaspéré

tout amour est désiré sans être voulu

c'est la rencontre inespérée


Soudain — la conscience effrayée —

l’enjeu se déconstruit dans ce que l’on déjoue

de notre tendance à frayer

l'outrecuidance où l'ambition humaine échoue

dans de gros coûts non défrayés


Le nœud de la cravate au cou

— mais le présent chassant les ombres du passé —

j’ai repassé sans ça beaucoup

les charmes fainéants des heures dépassées

qui me reviennent par à-coups

jeudi 1 octobre 2026

Vacuités



La dimension qui se mesure

à l'aune infinitésimale et poussiéreuse

où se situe la démesure

est cette construction qu’on sait bien miséreuse

aux fragilités des masures


Au final l'espace virtuel

— le filtre négatif où dès lors apparaissent

à la façon d’un vieux rituel

les affres mous vécus du fond de la paresse —

est une étendue spirituelle


L’idée de ce qui fait l’action

semble échapper aux vues d’une faible acuité

soumis à la flagellation

mon cosmos est donc constitué de vacuités

bien plus que de constellations

mercredi 30 septembre 2026

Dans tes bras



Il faut rester sûr et distant

la pire idée de vie c'est d'oublier la mort

et ne plus sembler existant

j'ai perdu mon amour en l'aimant bien trop fort

en étant bien trop hésitant


L'amour est un petit détail

ayant son importance incroyable à la fin

(récits qui dépendront des tailles)

inventer une histoire est violer son destin

se comporter comme un bétail


Et pour un mage condamné

c’est une alchimie mais sans abracadabra

je pourrais sans toi me damner

chaque incident qui me conduira dans tes bras

sera mon occasion d'aimer

mardi 29 septembre 2026

Tasse de thé



Mes mots sont souvent encensés

cependant il aurait bien fallu qu'ils naquissent

ici sous ma plume insensée

composer un poème est fournir une esquisse

à la jolie forme impensée


Je suis — je le sais je le veux —

la victime assumée d’un bel autodafé

de grains torréfiés dans le feu

nous écrivons des mots sucrés dans un café

dont on avait formé le vœu


De toi je me suis endetté

d’un souvenir ému — désir irrésolu

de ta belle tenue d’été —

dans l'essence absolue de l'amour dissolu

dissout dans ma tasse de thé

lundi 28 septembre 2026

Suicidaire



Je sème des petits cailloux

sur un chemin coupé purement inconscient

de mon lac et de son bayou

je ne suis qu'impatient d'être enfin ton patient

même si je suis un voyou


J’ai souvent compté sur vos doigts

nous construisons des ponts entre nos surdités

dans des lieux où l’herbe verdoie

j'aimerais te rejoindre et sans absurdité

qu’insensée te mène vers moi


Le temps m’a passé des savons

dans mon ruisseau de vie mais je manque aussi d’air

après l’eau que nous poursuivons

vivre d'amour est un beau projet suicidaire

et pourtant nous y survivons

dimanche 27 septembre 2026

Insondable



Je suis l'enfant de mes fantasmes

et me sens si souvent pareil à l’être hideux

qui me hantait (mes crises d’asthme)

on tient l'amour à la volonté d'être à deux

surtout pas à son ectoplasme


Et quoi que je veuille sciemment

je fabrique en ma tête autant de sons qu'un sourd

être humain (vivre impatiemment)

c’est le chemin sans but de la source qui sourd

au plus profond de l’inconscient


Qu’importe au fond quelque repli

chaque instant de notre existence est insondable

et cela ne fait pas un pli

nous vivons dans le champ d’une zone inondable

où les larmes se multiplient

samedi 26 septembre 2026

Comme il peut



Je la savais problématique

elle était maquillée comme on peut dériver

moins encore enfin pragmatique

elle a juste oublié d'oublier de rêver

de rester au moins romantique


Aimer des chéries mais combien

chaque instant que l'on vit doit s'inscrire en nous-mêmes

en touchant son sein je suis bien

je savais bien qu’on ne comptait pas quand on aime

et qu’on peut être amant lesbien


Si le désir est adipeux

tout est pourri tout se gâte et le reste est rance

en comprenant un petit peu

tout amour entre espérance et désespérance

est situé vraiment comme il peut

vendredi 25 septembre 2026

L'addition



Mon écriture est toute à moi

c’est là que j’ai conquis ma légitimité

quand je regarde ton émoi

tout espoir est intime et tend à t'imiter

Je l’ai senti durant des mois


Puis nous avons perdu l’esprit

n’étant qu’à l’apogée de notre excitation

sous l’épée que Damoclès prit

mais la vie se bâtit de nos hésitations

dont on paye à la fin le prix


Le prince des contes de fées

ce n’est pas moi de fait j’existe en publiant

les mots dont je voulais abreuver

l'Amour s'est réglé quelque part en l'oubliant

dans l’addition que vous devez

jeudi 24 septembre 2026

La ligne de vie



Je n’ai pas su m’en délester

— pourtant le célibat c’est la chance à saisir

avec une envie de tester —

la nuit se tait sous l'étendue de mon désir

aimer c'est perdre et détester


L’effet d’un bruit qui court ôtant

d’un passé dépecé ce qui met à genoux

les faits de son discours au temps

tout amour à sa fin touche un peu de nous

sans nous bousculer pour autant


Du coup que ce soit tard ou tôt

l'avenir est écrit dans sa ligne de vie

parfois que l’on trace au couteau

d’un long trait de sang sans que sa lame dévie

comme le fit le beau Corto

mercredi 23 septembre 2026

L'usine isolée



J'ai choisi de poursuivre un rêve

— aimer c'est retenir un peu de l'autre en soi —

je sais que parfois on en crève

et que souvent l’avenir en fait nous déçoit

je n’ai jamais connu de trêve


En suivant mes moulins à vent

— le désir est une fleur (on sait que ça fane) —

il me faut plus qu’auparavant

me protéger (l’amourette on sait bien que ça flâne)

et je n’ai pas de paravent


Si j’ai négligé l’important

j’ai frôlé trop souvent la crise absolue d’asthme

et je suis néanmoins partant

le désir est l'usine isolée des fantasmes

où l’on se construira pourtant

mardi 22 septembre 2026

Bâtisseurs



Jamais je n’ai su l’engranger
j'ai perdu de ta lèvre un pétale de rose
en restant ce pauvre étranger
j’ai laissé son destin mais que le sable arrose
en un sablier étranglé

Celui-ci s’écoule en amont
nous parlons entre nous tant que l’on s’entend
nous pouvons chasser nos démons
la bague est sur un doigt pour y marquer son temps
ce qui fait que nous nous aimons

Mais nous connaissons l’oppresseur
où s’incruste un instant l’accident de la vie
le mauvais sort avertisseur
en passion du désir où l'amour et l'envie
sont des pierres de Bâtisseurs

lundi 21 septembre 2026

Du pont de la Tournelle



J’ai vu du pont de la Tournelle

la luxure adorée (tout un chacun s’y vautre)

en vie quand on la retourne elle

l'amour se décide entre soi-même et puis l'autre

il est comme une ritournelle


On l’entend à longueur de journée

l'amour est une invention qui nous fait durer plus loin

quoi que je me sois ajourné

la bouche bée du bout de cet îlot malouin

d’où dort un Génie déjà né


Ce cancer est là progressant

nous vivons comme on peut de passions réprimées

notre âme allant le professant

l'amour est essentiel à nos vies déprimées

qui s’engluent dans un mauvais sang

dimanche 20 septembre 2026

Chloé



Ce n’est pas la résurrection

d’un corps à l’agonie suivant ce qu’il dévoie

dans d’étrangères érections

l'amour est intangible et fuit dès qu'il te voit

soudain changer de direction


Malgré de nombreux coups de mou

nous construisons en vain de beaux châteaux de cartes

effondrés au moindre remous

nous attendons sans cesse enfin qu'un pli s'écarte

et le destin nous fait la moue


j’en ai bavé pour toi Chloé

j'ai mis des étendues d'or à disposition

sur ta croix je me suis cloué

gardant — tu le sais bien — la même position

là où je m’étais englué

samedi 19 septembre 2026

L'attente absolue



J’ai vu le meilleur oreiller

c’était en solde en vrai chez le marchand de sable

à vous lui que dès lors ayez

l'amour indispensable est un rêve impensable

où l’on voudrait s’ensommeiller


Je fredonnais l’hymne à la joie

de mon cerveau que je n’ai cessé d’exciter

j’avais bien compris que le choix

d’écrire à l'autre est une façon d'exister

c’est là tout ce qui nous échoit


J’ai pourtant cru dur comme fer

au pacte issu du sang dont je suis le donneur

il n’y a vraiment rien à faire

étant lié par l'attente absolue du bonheur

insatisfaite et mortifère

vendredi 18 septembre 2026

Une conjecture innocente



Qui trop embrase mal éteint

le désir indomptable est fait de sa surprise

il est comme un miroir sans tain

comme une scène au Cinéma dont c’est la prise

il est un émoi consanguin


Vampire en me suçant le sang

tu m’as fait tout d’un coup ton esclave dévoué

je sais bien que c’est indécent

souvent la Liberté s'achète à coups de fouet

dans des mouvements incessants


Nous nous mouvons (de Lui contre Elle)

en appréciant notre attitude avilissante

un parapluie n’est pas l’ombrelle

l'attirance est une conjecture innocente

en tout dressée telle une prêle

jeudi 17 septembre 2026

Sous le vent



J’étais endormi sous le vent

dormir aide à rêver sa façon de penser

s'essayer à vivre est souvent

cumuler les effets des passions dépensées

d’un cœur allant se soulevant


C’est la digestion d’un surplus

le fruit de notre amour est suspendu sans corde

en ce bas-monde il n'y a plus

que deux façons d’aimer pour peu que l’on s’accorde

entre un peu qui plut ou déplut


L’autre est le moyen de masquer

notre passé vêtu de sa robe en satin

nanti de l’encens des mosquées

nous sommes les enfants d'un futur incertain

dotés de ses parfums musqués

mercredi 16 septembre 2026

Toujours en vie



Quand tout avait commencé

— le début d'une histoire est bien la fin d'une autre —

on voulait savoir comment c’est

si de chacun le sort est bien afin du nôtre

un vrai sens avant d’avancer


J'ai laissé passer l'horizon

démuni de gilet de secours en vain

sous sa ligne de flottaison

se trouvait cachée la prophétie d'un devin

j'ai su voler cette oraison


Puis ainsi je me suis enfui

nous fabriquons l'avenir à coups de passé

mais sous lui je me suis enfoui

très lentement je me suis laissé dépasser

pourtant je suis toujours en vie

mardi 15 septembre 2026

Le comment du pourquoi



Le lien se fonde en s’emportant

l'intensité de ton regard est un aveu

quoi qu’on fasse en se comportant

la bouche oublie parfois les mots que rien ne veut

contredire en réconfortant


Dans nos vieux passés dépassés

nous ne sûmes jamais tout ce que l’on devînt

dans nos corps ainsi dépecés

nous sommes de petits devins de lie de vin

de marc de café trop passé


Le pire ou le plus hasardeux

je ne sais vraiment pas ce que je suis pour toi

— l’espace à combler entre eux deux —

j’essaie de m’expliquer le comment du pourquoi

le plus beau rêve en moins hideux

lundi 14 septembre 2026

Nonobstant



Parfois de mes sens impartis

j'essaie de peindre en mots mes impressions visuelles

l’Amour est soudain départi

de son attrait perdant sa teinte vive usuelle

et son charme unique est parti


J'aurais voulu me reconnaître

en chassant les idiots me manquant de respect

j'avais cette envie de renaître

et d'apparaître en vie sous un nouvel aspect

mais derrière une autre fenêtre


En cet espace d’un instant

le prix des relations monte en température

et son taux se montre inconstant

la comédie d’autant que cet opéra dure

a déchanté là nonobstant

Prix coûtant



L'envie s'accroche à la volée

j'ai pesé lourdement sur un clavier d'émois

pour à la fin me dévoiler

dans un chaos qui ne provenait que de moi

toujours un peu plus dévoyé


L'âme industrielle a vaincu

l'artisanat du cœur a disparu sans bruit

dans cet enfer a survécu

l'entraille abasourdie dont je porte le fruit

qui ne m’a jamais convaincu


Mais pourquoi donc nous aimons-nous

je prêche en un désert un verbe exécutant

ces idées que l'on sème en nous

la moindre transgression se paye à prix coûtant

d’un froid qui les intestins me noue

samedi 12 septembre 2026

En saignant



Souvent le désir est poreux

laissant passer l’envie dans le grand écheveau

de nos fantasmes vaporeux

plaisir et désir ont la place en nos cerveaux

j'ai transpiré du sang pour eux


Nous pensons maîtriser nos vœux

mais l’amour absolu n’est qu’un modèle abstrus

personne ne sait ce qu’il veut

c'est une vue sur rien que notre orgueil obstrue

parfois c’est bien plus qu’un aveu


La pensée recolle en geignant

les sentiments passés sans raison nous dispersent

oui ce sont de bons enseignants

le poème au-delà de nos mots nous transperce

et le cœur racole en saignant

vendredi 11 septembre 2026

Caché dans les maux



Je ressens le besoin d'écrire

afin de ne pas mourir à la fin cramé

de m’interrompre et de m’aigrir

« inconstance » étant l'art absolu d'être aimé

l’existence elle est de maigrir


Allant s’amenuisant le temps

qui nous reste est remarquable au creux des mots

qu’on laissera sûr en partant

le bonheur est subtil et caché dans les maux

quand on l’y trouve enfin pourtant


Parfois — quand on est à la bourre —

en voulant tout conclure (excipit en avant)

comme on met en œuvre un labour

rappelant mes folies que je sème à tout vent

je suis amoureux de l'Amour

mercredi 9 septembre 2026

Mélusine


Si nos envies s’y consacraient

le début d'une histoire est la fin du désir

un épais nuage se crée

tout autour avançant l’avenue du plaisir

renferme en son sein des secrets


Mélusine a cru son amant

chaque envie légitime est aveu d'impuissance

émue sentimentalement

sa reptile apparence a masqué sa jouissance

éperdue de lui tellement


Lui se sent en nage et visqueux

gaspillant les moyens qui justifient sa faim

mais dans ce festival aqueux

le début ressemble assez souvent à la fin

(serpente en se mordant la queue)

mardi 8 septembre 2026

Contingences



L'amour est la chose imparfaite

à ce point qu'elle est le creuset des créations

parfois des versets des prophètes

ignorants du papier jusqu’à sa crémation

qui se consume en trouble-fête


Un poème intérieur éclot

nous naissons par hasard au milieu du néant

mais pourtant notre espace est clos

nous ne restons en fait que d’odieux mécréants

dont les yeux bandés sont déclos


Ce que j'écris n'est plus qu'un cri

le dernier râle hurlé quand l’honneur est perdu

raturant de vieux manuscrits

nous sommes contingents de penchants éperdus

desquels un désir est proscrit

lundi 7 septembre 2026

Dürer



Là-bas j’ai publié ma lettre

on est dans un pays comme on est dans un ventre

à peine en vie prêt à paraître

et pourtant sans échappatoire en son plein centre

au cordeau cordon du mal-être


Une guerre en train de durer

tout échec est une tentative avortée

que faut-il encore endurer

que peut un cœur ému qui se soulève heurté

comme en un portrait de Dürer


Il n'y a pas plus de cauchemar

écrire est raconter ce que j'entends de vous

c’est là que l’histoire démarre

avec un clavier sourd — à ça je me dévoue

sans pouvoir larguer les amarres —

dimanche 6 septembre 2026

Illusoire



De princesse en prince charmant

l'idée du Grand Amour est un concept abstrus

restant un constat désarmant

cette idée bien encrée que la noblesse obstrue

la nuit — royaume des amants —


Tiré d’un passé violenté

tout ce que nous faisons n'est qu'ombre aux manquements

dont on se loupe à volonté

mais tout autour de nous chaque apparence ment

(secrets de la sensualité)


La vie est une poésie

de Maïakovski vue d’escaliers provisoires

étant témoins d’une hérésie

nous sommes les enfants d'un bonheur illusoire

agrémenté de frénésie

samedi 5 septembre 2026

De fleur en fleur



Si notre espace est déformable

avec le temps — puisque Einstein a sa théorie —

je mentirai sur l’âge avouable

où je me trouve aimé comme une allégorie

de ma jeunesse au mieux louable


Et déjà tout en nous se joue

toute parole est vaine et tout verbe insensé

sans sembler y planter ses choux

comment dire à l'Amour un peu de mots sensés

du ban sur lequel on s’échoue


L'échec est l'art de choir en vain

se relever quand on se montre tatillon

pourtant je ne suis pas devin

le rêve est si précieux qu'il est un papillon

de fleur en fleur il est divin

Saint Graal



Chez celui qui la Loi bafoue

j'essaie de percevoir en absorbant le temps

son esprit dérisoire et fou

(dressant la chine et la russie contre l'OTAN)

détruisant tous nos garde-fou


Nous vivons des effondrements

dans nos habitations comme au cours de nos vies

qui voudrait les confondre ment

de nos nombreux parcours un long chemin dévie

dont la guerre est un aliment


Ce n’est pas un objet sacral

le soir et la nuit qui le ronge et qui s'avance

est une entité sépulcrale

un monstre en cauchemar à présent qui commence

à la recherche d’un Saint Graal

vendredi 4 septembre 2026

La ballade dépendue



Si vous regardez bien votre vie

c’est une rareté de se dire « Je m’aime »

et des instants que j’entrevis

la solitude est la compagnie de soi-même

un narcissisme inassouvi


Puis je m’en vais récupérant

ce « Je » qui m’est un autre — au fond l’intrus —

le reste est très exaspérant

la fin sans le début nous laisse au fond d'un trou

carcéral et désespérant


Le vent mauvais m’a descendu

d’un piédestal abscons puis mes pas dans tes pas

dont je m’étais tant défendu

je fus dans l'intervalle où l'on n'existe pas

poète et pourtant dépendu

jeudi 3 septembre 2026

Mise en tropes


L'amour est la drogue androgyne

à laquelle on attache une addiction — souvent

l’écho faiblement misogyne

à l’inconstante attirance aux violents vents —

fruit défendu dès l’origine


L'amour un distillat subtil

entre refus de vivre et besoin d'exister

(des ondulations de reptile)

au milieu du chaos d’opinions désistées

dépendant d’un corps érectile


L'amour un produit psychotrope

auquel on attache une addiction qui s’emmêle

assez faiblement misanthrope

ayant inventé le mal en croisant des femelles

et tous mes versets mis en tropes

mercredi 2 septembre 2026

Les écrouelles



L’existence est toute en folies

— je me garderai bien de lui faire un éloge —

on dit son mouvement joli

chaque instant que l'on vit se calcule à l'horloge

aussi dans l’effroi d’un chaud lit


Le destin peut être cruel

et la méfiance en nous s'en sert évidemment

mais courant les rues les ruelles

la beauté d'un visage est un soulagement

me guérissant des écrouelles


Un sacre ment parfois pourtant

tout amour avoué m'est sans évaluation

quoique on se veuille ainsi partant

chaque fois l'attirance est une hésitation

le mariage est moins important

mardi 1 septembre 2026

En mon écriture



L'Amour est un instant fugace

(un amour périclite en cessant d'y penser)

quand on le sait ça nous agace

et pourtant nous pensons sans cesse à dépenser

son crédit sans rester sagace


On peut trouver des panoplies

nous sommes les substituts de rêver l'envie

— c'est philosopher un oubli —

je fabrique des mots pour inventer la vie

pour en ressortir anobli


Le verbe est ma progéniture

un jeune enfant qui croit qu’on ouvre la barrière

à ces idées que je triture

et mon identité n'est pas dans ma carrière

elle est toute en mon écriture

lundi 31 août 2026

Les occasions ratées



Sur une épaule abandonnée

peut-être bien la mienne où mon amie la rose

avait éclos puis tout donné

(ce qui ne tiendra pas tiendra pour autre chose)

il a fallu se pardonner


La moindre ingénuité dessert

aimer c'est s'oublier dans un souvenir autre

et l’éloigner de nos déserts

incessamment sanguin je m’en fait bon apôtre

en ce poème au mieux disert


Un fleuve en étant alité

guide un marin perdu qui comme un dératé

court à sa perte en son Léthé

le désir a le goût des occasions ratées

qui se dépose avec l'été

dimanche 30 août 2026

À vélo



Qui ne tombe pas maintenant

menace à l'avenir — un peu comme un orage —

un ogre allant se maintenant

dans l’état terroriste où règne horreur et rage

on doit refuser son contenant


Le ciel est immense et m'obsède

il est peuplé d’objets malfaisants qu’on déçoit

car il n’est rien que l’on concède

destinée que de parvenir à être soi

sans plus jamais que l’on ne cède


Important dans la vie c'est l'eau

sa forme — un lac un ruisseau le fleuve ou la mer —

en la suivant comme à vau-l’eau

vous retenez vos pleurs à l’alarme à l’amer

et pansez les roues à vélo

samedi 29 août 2026

Leonor Fini



l'Amour est une histoire d'amour

il est juste un instant cueilli comme un fruit mûr

un don quand on est à la bourre

et qu’on croyait finir sans (qu’on longeait les murs)

au gré du temps qui nous laboure


Amour commence (et tout finit)

je suis au bout du monde et ressens l’effet mer

— immense impression d’infini —

le destin du désir est bien d'être éphémère

un trait de Leonor Fini


Le Beau se dessine à la main

comme une projection du fond de nos cerveaux

le reflet du jour et demain

la fragile lumière inspirant nos travaux

dont on ne sait pas le chemin

vendredi 28 août 2026

L'indécision



J'ai subi la personne unique

et je fus malheureux dans la monogamie

dans ce qu'elle a de tyrannique

oubliant les raisons qui nous provoque amis

vêtue de son aspect cynique


Il faut tourner la page écrue

caractère effacé restant pourtant sans blancs

mais par-delà tous ces mots crûs

quand l'autre indifférent fait sans arrêt semblant

c’est vrai je n’y ai jamais cru


Pour le dire avec concision

l'enfer en fait est le début du paradis

paradigme en imprécisions

lieu fou que l’on cogite et d’où l’on part hardi

l'amour est une indécision

jeudi 27 août 2026

Nudité



Les éclairs ont zébré le ciel

la pluie s'est posée sur une terre assoiffée

de liquidités potentielles

la Manche est nue le Finistère est décoiffé

je n’en retiens que l’essentiel


Aime l'odeur après l'orage

aime inspirer l’essence et les parfums brutaux

que j’hume avec ardeur et rage

emplissant mes poumons de bouquets végétaux

d’où je puise aussi le courage


Je pense à nos impunités

je pense à nos revers aux mots non-publiés

l'amour est l’opportunité

dans la nuit désirée d’un espoir oublié

qui me livre à ta nudité

mercredi 26 août 2026

Le fruit de mes envies



L'Amour est un itinéraire

et s’en priver longtemps c’est comme un très long jeûne

à la fin payons l’honoraire

un instant que l'on vole au temps nous rend plus jeunes

indépendants vrais d’un horaire


Rêvant de me faire éditer

tout en me relisant j’ai su lever un lièvre

en l’âme une intrépidité

ce que je n'entends pas se lira sur mes lèvres

en écoutant ma surdité


M’écrire est ma nécessité

c'est le geste absolu qui me maintient en vie

(la poésie bien récitée)

chaque mot constitue le fruit de mes envies

c’est l’enfant de ma cécité

mardi 25 août 2026

La lie du vain



De ma plume et de mon clavier

j'ai choisi de survivre en encensant les femmes

et quoique écrivant sans dévier

j'ai perdu des beautés mais j'en garde la flamme

et les jets violents de graviers


Pourtant si souvent on le nie

tout ce que dit l'amour est un gros bavardage

un grand pataquès infini

dont parfois je m’enfuis je ne suis pas hors d’âge

encore un homme indéfini


Je suis d'évidence un parrain

de tes besoins premier — je ne suis pas devin

je rime en quintils ou quatrains —

le reste est inutile (il est la lie du vain)

j’en rajoute aux premiers quatre un

lundi 24 août 2026

Comptines



Chaque instant de vies animales

est là je crois pour nous rendre un peu plus humains

bien entendu quand on est mâle

on doit le décoder sur un vieux parchemin

n’étant ni le Bien ni le Mal


Le destin s’y pique et s’y frotte

en cheminant comme un vagabond dans nos bleds

(un ermite au fond de sa grotte)

et la nuit se traverse à la façon d'un plaid

un avocat m'aiguille et trotte


Hurle en ce moment le métal

à propos des sujets brûlants que l’on défend

mais tandis que las je m’étale

l'Art est un raccourci des comptines d'enfants

pour moi c’est une arme létale

dimanche 23 août 2026

Tsunami



Je suis comme un électron libre
à graviter variable autour enfin de toi
comme un objet foutu qui vibre
et se demande ainsi ce qu’est son nouveau toit
de quoi se fera donc sa fibre

Il est une profonde aigreur
à chaque fois que nous devons tourner la page
et néanmoins dans sa maigreur
— évènement malingre — il est un dérapage
et nous glissons en dénigreurs

Un peu de vol en vous amies
le fruit de vos beautés se cueille à l'écriture
arguant combien de temps a mis
la blessure (et tant que ce qu’on se récrie dure)
à guérir à ce tsunami

samedi 22 août 2026

Le chat botté



J'ai passé ma main sur tes seins

ta peau comme un vélin l'a laissée s'y détendre

et dans ce merveilleux dessin

m'a dressé sans le sexe une carte du Tendre

où tu gis nue dans des coussins


Je veux puiser dans ta beauté

l'envie de vivre et d'échapper aux lieux communs

souvent je suis le chat botté

de sept lieues en courant je me ressens comme un

voleur en train de fuir un rêve ôté


Je sais que tu me fais merveille

l'Autre en moi se cherche en naviguant dans les limbes

il est l’enfant qu’un rien balaye

et qu’un espace embue que des nuages nimbent

en réfractant tout ton soleil

vendredi 21 août 2026

Le diamant qu’on entame



La parole au gré de nos vents

s'envole et vogue impunément jusqu'à ta bouche

un baiser prenant les devants

je voudrais m'allonger près de toi dans ta couche

et faire un lit de ce divan


L'odeur de l'encre est sur mes doigts

t’écrire est ma façon de transformer le monde

et de régler ce que je dois

de troquer la beauté pour remplacer l’immonde

en bouche est un rubis de toi


Ci-fait je te le dis ma Dame

observer une femme est déjà la décrire

et sans petit supplément d'âme

en l'aimant fortement serais-je las d'écrire

usant d’un diamant qu’on entame

jeudi 20 août 2026

L'incongrue



Je ne sais à vrai dire enfin

tout ce que ma canne a — j’avance à petits pas

je change l’eau liquide en vin —

la beauté se calcule à ce qu'on n'atteint pas

mais dont on se rapproche en vain


J'ai mis les deux pieds dans l'enfer

où sont parties les belles années du plaisir

on ne pourra plus rien y faire

on ne pourra plus que sur mon corps y saisir

un peu d'une larme de fer


Ici-bas je suis prosterné

grâce à mon pedigree j’ai fait le pied de grue

mais je suis pourtant consterné

l'attirance est une invraisemblance incongrue

mais je m’en sens bien concerné

mercredi 19 août 2026

Le début dont on oublie la fin



Si je fais quand même exception

j'emploie ma destinée pour dresser un chemin

partageant ma perception

retranchée tu l’as lu dans le creux de ma main

tout en comprenant l’acception


Le contexte s’est fait discret

tant que nous rêverons nos idées seront vaines

on a besoin de faits concrets

pour ne pas s’achever en se tranchant les veines

au bout d’un texte assez secret


Le désir est en perdition

le sexe est cannibale on en perçoit la faim

mais juste à cette condition

l'amour est un début dont on oublie la fin

peu m’importe en lui l’émotion

lundi 17 août 2026

Le manque affectif



L'intercession de nos fantasmes

est une éclipse en cours (un croisement d'envies)

sa lune est un violent sarcasme

un astre lent dont les faibles rayons dévient

masquant le début d’un orgasme


On peut parfois y recourir

rien ne ressemble à ce désir insurmontable

où l’on est pris d’un long fou-rire

écrire en Poésie n'est pas recommandable

un arc-en-ciel est un sourire


On n’a plus le moindre adjectif

afin de qualifier passant son Rubicon

l’échec issu du collectif

à chaque identité que nous revendiquons

correspond un manque affectif

dimanche 16 août 2026

Les passions régressives



Les petits mots que l'on écrit

sont des grands pas souvent quand on les rend vivants

malgré les larmes et les cris

le Rimmel a coulé de teintes dérivant

dans le Noir & Blanc sont les gris


Ta bouche a le goût de noisette

et ta peau la douceur absolue du péché

l'amour s'attrape à l'épuisette

épuisé trop souvent d'avoir à le chercher

sous ton corsage ou ta nuisette


Écrire est chose transgressive

exister sans fantasme est un fantasme en soi

tes lèvres qui sont agressives

ont fait le bon boulot comme tes bas de soie

sertis de passions régressives

samedi 15 août 2026

Scarifier



Quoi que nous soyons pétrifiés

dans le bousculement de nos corps impassibles

être amoureux c'est sacrifier

deviner le destin de nos vies impossibles

et même aussi le scarifier


Le fruit pourri de nos entrailles

est un instant sans conséquence apparemment

mais chaque fois que l'on s'entaille

au bout du sexe on le sent bien différemment

le désir est une bataille


La nuit commence à chaque orgasme

aimer c'est sacrifier sacrifier c'est punir

et la mort est sa peine en spasmes

ordonnant à chacun la façon de s’unir

en choisissant mieux nos fantasmes

jeudi 13 août 2026

Les gueules saoules



Les gueules saoules se sont tues

pas un clapot du tout le lac est silencieux

la nuit se trouve dévêtue

vestale éberluée d'un rêve un peu vicieux

feu de paille en étant fétu


Toutes les beautés différentes

ont la clarté docile où naît l'inspiration

pourtant rêver n’est pas ma rente

et je dois beaucoup plus à ma respiration

qu’aux fausses lubies apparentes


Les gueules saoules dans la rue

traînant dans leur ivresse au long des caniveaux

maintenant certes ont disparu

mais je traîne à mon tour — à chacun son niveau —

mon Spleen et comme une charrue

mercredi 12 août 2026

Le soir où l’éclipse



Si l’on pouvait recommander

le bel astre on saurait ce qu’un rayon dévie

de nos passé raccommodés

tout démarre à l'horizon perdu de nos vies

qui pourrait s'en accommoder


Comment ne pas se lamenter

de voir un fil existentiel être en tissu

quand on se trouve une âme hantée

tout se déplace en rond quand n'est aucune issue

pourtant je savais l’amender


Des voies j’en sais qui malmenées

dévoient cette instruction par un grand singe hurlée

de voix qui me sont amenées

c’est le soir où l’éclipse est venue nous parler

de nos fâcheux choix à mener

mardi 11 août 2026

Les unions circonstancielles



Hallucinants portraits d'artiste halluciné

nos amours ont pour source un embryon d'envies

Je consultais Allo-ciné

pour regarder une romance encore en vie

dans une salle assassinée


J'ai gardé des grains de la peau

le sens absolument tactile et merveilleux

de pellicule aussi l’appeau

qui nous attire et qui nous mène au bout du mieux

que l’on brandit comme un drapeau


Tout désir est sacrificiel

il est le choix qu'on fait pour oublier le reste

aussi bien la beauté du ciel

le bleu des yeux que la noirceur des rues de Brest

en nos unions circonstancielles

lundi 10 août 2026

Au départ était le Verbe



Chaque récit sentimental

est à cueillir au fond des poches de nos yeux

ci-gît causalité mentale

édulcorée sous des prétextes fallacieux

sous des lois comportementales


L'amour que nous accumulons

se déverse un beau jour en cascade abrutie

de larmes que nous simulons

tout en sachant le devenir inabouti

d’envies que nous dissimulons


Chaque aphorisme m’exacerbe

un bon mot pour une intention (rester vivant)

cela ressemble à des proverbes

inventer de la vie commence en écrivant

car au départ était le Verbe

dimanche 9 août 2026

Vraiment froid



Chaque mot que l'on écrit

pèse un peu plus dans la balance et ses plateaux

mais la mélodie de vos cris

résonne à mon oreille et qu’elle appela tôt

dans l’encre attelée d’un ciel gris


Longtemps je me suis méprisé

dans l'absinthe enivrante en humant le parfum

d'un vieux bar-tabac mais prisé

Quartier Latin peut-être et je commençais par fin

le début de mots maîtrisés


Je sais le vertige et l'effroi

tout cède à la passion dans un tourbillon d'âmes

on se précipite au beffroi

l'heure a sonné mais pourtant m'aimez-vous Madame

oh oui sans vous j'ai vraiment froid

vendredi 7 août 2026

Remous fangeux



Baisant la pointe de tes doigts

je faisais du sexe un réflexe alimentaire

on sait bien que cela merdoie

l'amour est un radeau vraiment rudimentaire

ignorant de ce qu’on lui doit


L'idée du rêve est rêve en soi

quand on y pense on le cherche et quoi qu’on en crève

usant du fil d’un vers à soie

chaque histoire au début promet sa part de rêve

et ça finit quoi qu’il en soit


Parfois je ne joue pas le jeu

chacun de mes poèmes est fait de transgressions

le bonheur — enjeu sans enjeux —

me fait tourner au gré de mes révolutions

dans de profonds remous fangeux

jeudi 6 août 2026

Caducée



Aimer n'est qu'une projection

d'un fantasme enfantin d'une emprise absolue

de l'esprit l'éjaculation

mâle armée dans les mots d'une vie dissolue

du Destin l'articulation


Je reconnais mon attitude

à l'incapacité d'élever mon niveau

mais peu m'importe l'altitude

il faut sortir enfin du sombre caniveau

de nos idiotes certitudes


La beauté de la Femme est là

comme un serpent qui se faufile entre nos doigts

le caducée qu'entremêla

l'hypocrite Hippocrate en tout ce qu'il nous doit

maintenant mon fils aime-la

mercredi 5 août 2026

L'amour injurieuse



Quand on veut vivre intensément

nous devons inventer notre fable idéale

la langue aussi longtemps se ment

loin d’être enfin le dialecte intersidéral

attendu fort expressément


J'ai lentement cuit dans le bain

du bon élève allant dans sa classe prépa'

mais après tout ce cirque eh ben

je sais parfaitement ce que je ne suis pas

dans mon langage carabin


Si la voie du bonheur est curieuse

il me tarde à la fin d'en savoir un peu plus

je sais que tu semblais furieuse

aurais-je ainsi tout fait mais t'aurais-je déplu

ma splendide amour injurieuse

mardi 4 août 2026

Tout brûle en vain



J'ai fabriqué des labyrinthes

afin de fuir au mieux les voix inquisitrices

et dans des cercles qui m'éreintent

édenté Dante ayant perdu sa Béatrice

il me fallait ta chaude étreinte


Il y a des façons d'aimer

qui ne sont pas prévues par la pensée commune

et des façons de détester

cinglant comme une maladie auto-immune

on ne peut donc que se tester


Des bateaux en pliant les feuilles

on en a bien bâti de ces beaux bâtiments

mais c'est ta beauté que j'effeuille

et tout en t'étreignant je sais bien que tu mens 

tout brûle en vain quoi qu'on le veuille

vendredi 31 juillet 2026

Les désirs inavoués



J'ai rêvé de baisers fougueux

morts-nés d’une embrassade à ce point nostalgique

que je me retrouvais comme un gueux

(la fraîcheur de la nuit parisienne est magique

elle est douce aux contours rugueux)


De ce que Cupidon dévie

l'amour ouvert est un passager clandestin

pourtant j’étais encore en vie

j'aime mon quartier jusqu'en perdre son Latin

Paris brûlant de mes envies


Des trois j’étais le quatrième

et le détroit de toi quoi que j’y fus dévoué

résonna comme un requiem

or on est les enfants de désirs inavoués

des gamins sans arrêt qui aiment

jeudi 30 juillet 2026

Horizons portuaires



Dans l'océan de mes pensées

j'ai beaucoup surnagé par à-coups d’écrivain

je me suis beaucoup dépensé

dans l’écriture afin d’absorber le gris vin

de nos fantasmes dépensiers


J'écris pour vous laisser parler

la nuit se tisse à la façon d'un pan de soie

de nos fantaisies emperlées

se montrer trop souvent c'est faire un paon de soi

c’est là-dedans mon franc-parler


D’une étreinte aux os anguleux

l'obscurité s'étend comme un long drap mortuaire

un chant macabre en fait — houleux —

l’écouvillon bouchant mes horizons portuaires

et néanmoins si fabuleux

mercredi 29 juillet 2026

Mise aux fers



Dans mon cerveau tout se bouscule

le destin c'est curieux ça vous ramène à rien

cherchant ce qui crée la bascule

y compris quand on croit n’être qu’un bon aryen

le faux s’écrit en majuscules


La vérité n'existe pas

j'ai dans chaque oxymore un prétexte au Poème

et dans les yeux comme un compas

de Marine d’eau douce en jouant de phonèmes

absolues qui ne comptent 


Ce poison qui nous est offert

inventer oublier que l'on est incapable

à quoi que ce soit d’autre à faire

rêver c'est oublier que l'on est un coupable

un esclave ainsi mis aux fers

L'enfant de ses désirs



Ce n’est pas ma prière éternelle

le désir ardent n'est qu'un enfant qui s'essouffle

haletant d’une ritournelle

épuisée d’un faux-air — un faussaire (on boursoufle)

a le temps d’étreintes charnelles


Écrire est décrire et peindre aussi

tout écrire est la façon de se dire adieu

de Montaigne à La Boétie

l’amitié se défend comme un lion devant Dieu

cela s’appelle Poésie


Je suis l'enfant de mes désirs

un bandit de l’Amour et je suis fier de l’être

un des pions d’échec à choisir

exister n'est pour moi qu'une question de lettres

un jeu de mots fait par plaisir

mardi 28 juillet 2026

Élucubration



La nuit n'accouche en vérité

que d'un faux charme éteint par une envie subite

et de cette banalité

de fourrer tristement dans un vagin sa bite

en espérant sa nullité


Chacun des doigts que ta peau aime

est posé sur ton corps ainsi qu'en un clavier

qui divinise mon poème

en faisant des mes mots la poignée de graviers

parsemant mon chemin de bohème


Éprouvant la pure émotion

chaque zone du désir est un signe d'espoir

(un corps est en vibration

comme une corde de guitare) et nos déboires

oublient leur élucubration

dimanche 26 juillet 2026

L’hémoglobine



Pondant mes affabulations

je repense à Rimbaud perdu dans son Afrique

étudiant les populations

mais notre abandon change en problèmes de fric

un manque de désir rien qu'un germe à venir


Repassant mes mains audacieuses

inventant sans cesse entre nous de nouveaux codes

et des bruits de passions joyeuses

où nos dysharmonies finalement s'encodent

à l'envie féroce et furieuse


Enfin d’avoir à respirer

l’hémoglobine utilisant tout ce qu’est sang

je sais des amours espérées

survivant dans des cœurs ainsi déliquescents

d'être à ce point désespérés

samedi 25 juillet 2026

Dépliées



De qui de nous vient l’émotion

l'attirance est un brin de rébellion sans cesse

et loin de toute acclamation

nous tirons le portrait d'un face-à-face en fesses

en lisant nos déclamations


Je t’aime et je t’aimerais tant

chaque instant que l’on perd est un bout d’imprévu

dans ma poursuite de ton temps

toute avalanche est un déferlement prévu

tout glissement un bon instant


Créer c'est d'abord oublier

la façon dont on cède à l'envie de s'aimer

c’est le moyen de tout plier

de se rouler la pelle afin de tout semer

de nos envies si dépliées

jeudi 23 juillet 2026

Effet d'impulsion



J’ai décidé de repasser

les bretelles de l'avenir accrochées sur

un fil à linge du passé

séchant formellement sur les questions c’est sûr

et les fantasmes dépassés


Mais quel qu’en soit l’amortisseur

en passion le désir et l'amour ou l'envie

sont des pierres de Bâtisseurs

rien n’est jamais plus désirable dans la vie

que les filets de vers tisseurs


En Poésie chaque émotion

se traduit par un ver en voulant papoter

(bien peu de manipulations)

je fabrique un fantasme en rêvant vos beautés

j'écris par effet d'impulsion

mercredi 22 juillet 2026

Les mondes inférieurs



Je suis farci de tentations

dont on s'entiche un jour en tant qu'un être humain

femelle ou mâle aberration

le joli jeu du genre est juste un jeu de mains

le jeu de la masturbation


Pondant mes affabulations

je repense à Rimbaud perdu dans son Afrique

étudiant les populations

mais notre abandon change en problèmes de fric

un peu de manipulations


Ce maudit soleil ultérieur

aux nuits se pose en vrac à la façon d'un monstre

en rugissant de l'intérieur

il est cette démence absolue qu'il démontre

issue des mondes inférieurs

mercredi 15 juillet 2026

L'eau dans le désert



Le froid de l'hiver incisif

un peu comme la solitude nous ensable

un peu comme un troublant Sisyphe

et nous ne survivons qu'en sachant périssable

un de nos instants décisifs


On retrouve votre beauté

dans vos plus beaux tableaux loin de ce qui m’ennuie

ces joies que l’on voulait m’ôter

dans la vie je m'enfouis mais parfois je m'enfuis

du froid d’un rêve escamoté


Commettant ce qui me dessert

en vous rêvant l’habit lumineux que je veux

comme étant privé de dessert

il pleuvait sur Brest et je pleure en vos cheveux

comme de l'eau dans le désert

lundi 13 juillet 2026

À la façon de Léonard



Le génie s'est souvent logé

dans des corps trop petits pour son immensité

la précision d’un horloger

dans les doigts dessinant des femmes la beauté

sans une erreur à déloger


Fasciné quand on l’est on part

à la recherche d’un modèle unique

éperdu comme on l’est en Art

à moins que l’on soit perdu que l’on communique

à la façon de Léonard


Avec un peu de sfumato

nos envies sont pétries des inavoués désirs

autant qu’on nous mène en bateau

la ruine du passé féconde un avenir

et quelques rêves de château

dimanche 12 juillet 2026

Les chemins creux



Les fleurs aussi belles soient-elles

en fait jamais n'auront ton parfum délicieux

tes dessins les font en dentelle

l'amour est transgressif et les yeux dans les yeux

l’élixir en est le cocktail


L'envie de vivre est un réflexe

et l’instant que l'on perd est un peu moins de vie

c’est le sentiment qui nous vexe

un temps mort attribué dont on veut le devis

ces moments qui nous lient au sexe


Aimer c’est croire aux lendemains

j'aimerais trouver du bon sens en mes désirs

et joindre à nouveau mes deux mains

les disjoindre afin de te donner du plaisir

au plus doux des plus creux chemins

vendredi 10 juillet 2026

Rosacée



Nous ne le disons pas assez

la femme est la plus belle invention de la vie

j’ai pourtant beau le ressasser

dans chaque poésie partagez-en l’avis

la femme est une rosacée


Ronsard en fit ses beaux versets

le plus parfait mensonge est une vérité

c’est son poème en inversé

qui juge en flagellant mais sans sévérité

les compliments tant déversés


La nuit se pose en chandelier

toujours en écumant des rêves les ruelles

et si j’étais son chancelier

jamais ma nuit d'amour en fait ne fut réelle

le lit ne fut que mon sellier

mercredi 8 juillet 2026

Ma planète



Ma planète était bigarrée

mais je ne savais pas — j’étais le dernier habitant

du Sol de mes clefs égarées —

tout instant que l'on vit tic-taque au cœur battant

comme un coucou suisse et carré


Quels que soient les mots indigents

si l’on m’accuse ainsi d’un crime crapuleux

qu’importe l’opinion des gens

je suis amoureux d'un horizon fabuleux

brillant comme un lac en argent


Parfois quand je songe au sevrage

où coule l’eau de vie pressée de nos pensées

je me remets vite à l’ouvrage

et déménager la maison des parents c'est

sauver ce qu'on peut d'un naufrage