mercredi 9 septembre 2026

Mélusine


Si nos envies s’y consacraient

le début d'une histoire est la fin du désir

un épais nuage se crée

tout autour avançant l’avenue du plaisir

renferme en son sein des secrets


Mélusine a cru son amant

chaque envie légitime est aveu d'impuissance

émue sentimentalement

sa reptile apparence a masqué sa jouissance

éperdue de lui tellement


Lui se sent en nage et visqueux

gaspillant les moyens qui justifient sa faim

mais dans ce festival aqueux

le début ressemble assez souvent à la fin

(serpente en se mordant la queue)

mardi 8 septembre 2026

Contingences



L'amour est la chose imparfaite

à ce point qu'elle est le creuset des créations

parfois des versets des prophètes

ignorants du papier jusqu’à sa crémation

qui se consume en trouble-fête


Un poème intérieur éclot

nous naissons par hasard au milieu du néant

mais pourtant notre espace est clos

nous ne restons en fait que d’odieux mécréants

dont les yeux bandés sont déclos


Ce que j'écris n'est plus qu'un cri

le dernier râle hurlé quand l’honneur est perdu

raturant de vieux manuscrits

nous sommes contingents de penchants éperdus

desquels un désir est proscrit

lundi 7 septembre 2026

Dürer



Là-bas j’ai publié ma lettre

on est dans un pays comme on est dans un ventre

à peine en vie prêt à paraître

et pourtant sans échappatoire en son plein centre

au cordeau cordon du mal-être


Une guerre en train de durer

tout échec est une tentative avortée

que faut-il encore endurer

que peut un cœur ému qui se soulève heurté

comme en un portrait de Dürer


Il n'y a pas plus de cauchemar

écrire est raconter ce que j'entends de vous

c’est là que l’histoire démarre

avec un clavier sourd — à ça je me dévoue

sans pouvoir larguer les amarres —

dimanche 6 septembre 2026

Illusoire



De princesse en prince charmant

l'idée du Grand Amour est un concept abstrus

restant un constat désarmant

cette idée bien encrée que la noblesse obstrue

la nuit — royaume des amants —


Tiré d’un passé violenté

tout ce que nous faisons n'est qu'ombre aux manquements

dont on se loupe à volonté

mais tout autour de nous chaque apparence ment

(secrets de la sensualité)


La vie est une poésie

de Maïakovski vue d’escaliers provisoires

étant témoins d’une hérésie

nous sommes les enfants d'un bonheur illusoire

agrémenté de frénésie

samedi 5 septembre 2026

De fleur en fleur



Si notre espace est déformable

avec le temps — puisque Einstein a sa théorie —

je mentirai sur l’âge avouable

où je me trouve aimé comme une allégorie

de ma jeunesse au mieux louable


Et déjà tout en nous se joue

toute parole est vaine et tout verbe insensé

sans sembler y planter ses choux

comment dire à l'Amour un peu de mots sensés

du ban sur lequel on s’échoue


L'échec est l'art de choir en vain

se relever quand on se montre tatillon

pourtant je ne suis pas devin

le rêve est si précieux qu'il est un papillon

de fleur en fleur il est divin

Saint Graal



Chez celui qui la Loi bafoue

j'essaie de percevoir en absorbant le temps

son esprit dérisoire et fou

(dressant la chine et la russie contre l'OTAN)

détruisant tous nos garde-fou


Nous vivons des effondrements

dans nos habitations comme au cours de nos vies

qui voudrait les confondre ment

de nos nombreux parcours un long chemin dévie

dont la guerre est un aliment


Ce n’est pas un objet sacral

le soir et la nuit qui le ronge et qui s'avance

est une entité sépulcrale

un monstre en cauchemar à présent qui commence

à la recherche d’un Saint Graal

vendredi 4 septembre 2026

La ballade dépendue



Si vous regardez bien votre vie

c’est une rareté de se dire « Je m’aime »

et des instants que j’entrevis

la solitude est la compagnie de soi-même

un narcissisme inassouvi


Puis je m’en vais récupérant

ce « Je » qui m’est un autre — au fond l’intrus —

le reste est très exaspérant

la fin sans le début nous laisse au fond d'un trou

carcéral et désespérant


Le vent mauvais m’a descendu

d’un piédestal abscons puis mes pas dans tes pas

dont je m’étais tant défendu

je fus dans l'intervalle où l'on n'existe pas

poète et pourtant dépendu

jeudi 3 septembre 2026

Mise en tropes


L'amour est la drogue androgyne

à laquelle on attache une addiction — souvent

l’écho faiblement misogyne

à l’inconstante attirance aux violents vents —

fruit défendu dès l’origine


L'amour un distillat subtil

entre refus de vivre et besoin d'exister

(des ondulations de reptile)

au milieu du chaos d’opinions désistées

dépendant d’un corps érectile


L'amour un produit psychotrope

auquel on attache une addiction qui s’emmêle

assez faiblement misanthrope

ayant inventé le mal en croisant des femelles

et tous mes versets mis en tropes

mercredi 2 septembre 2026

Les écrouelles



L’existence est toute en folies

— je me garderai bien de lui faire un éloge —

on dit son mouvement joli

chaque instant que l'on vit se calcule à l'horloge

aussi dans l’effroi d’un chaud lit


Le destin peut être cruel

et la méfiance en nous s'en sert évidemment

mais courant les rues les ruelles

la beauté d'un visage est un soulagement

me guérissant des écrouelles


Un sacre ment parfois pourtant

tout amour avoué m'est sans évaluation

quoique on se veuille ainsi partant

chaque fois l'attirance est une hésitation

le mariage est moins important

mardi 1 septembre 2026

En mon écriture



L'Amour est un instant fugace

(un amour périclite en cessant d'y penser)

quand on le sait ça nous agace

et pourtant nous pensons sans cesse à dépenser

son crédit sans rester sagace


On peut trouver des panoplies

nous sommes les substituts de rêver l'envie

— c'est philosopher un oubli —

je fabrique des mots pour inventer la vie

pour en ressortir anobli


Le verbe est ma progéniture

un jeune enfant qui croit qu’on ouvre la barrière

à ces idées que je triture

et mon identité n'est pas dans ma carrière

elle est toute en mon écriture

lundi 31 août 2026

Les occasions ratées



Sur une épaule abandonnée

peut-être bien la mienne où mon amie la rose

avait éclos puis tout donné

(ce qui ne tiendra pas tiendra pour autre chose)

il a fallu se pardonner


La moindre ingénuité dessert

aimer c'est s'oublier dans un souvenir autre

et l’éloigner de nos déserts

incessamment sanguin je m’en fait bon apôtre

en ce poème au mieux disert


Un fleuve en étant alité

guide un marin perdu qui comme un dératé

court à sa perte en son Léthé

le désir a le goût des occasions ratées

qui se dépose avec l'été

dimanche 30 août 2026

À vélo



Qui ne tombe pas maintenant

menace à l'avenir — un peu comme un orage —

un ogre allant se maintenant

dans l’état terroriste où règne horreur et rage

on doit refuser son contenant


Le ciel est immense et m'obsède

il est peuplé d’objets malfaisants qu’on déçoit

car il n’est rien que l’on concède

destinée que de parvenir à être soi

sans plus jamais que l’on ne cède


Important dans la vie c'est l'eau

sa forme — un lac un ruisseau le fleuve ou la mer —

en la suivant comme à vau-l’eau

vous retenez vos pleurs à l’alarme à l’amer

et pansez les roues à vélo

samedi 29 août 2026

Leonor Fini



l'Amour est une histoire d'amour

il est juste un instant cueilli comme un fruit mûr

un don quand on est à la bourre

et qu’on croyait finir sans (qu’on longeait les murs)

au gré du temps qui nous laboure


Amour commence (et tout finit)

je suis au bout du monde et ressens l’effet mer

— immense impression d’infini —

le destin du désir est bien d'être éphémère

un trait de Leonor Fini


Le Beau se dessine à la main

comme une projection du fond de nos cerveaux

le reflet du jour et demain

la fragile lumière inspirant nos travaux

dont on ne sait pas le chemin

vendredi 28 août 2026

L'indécision



J'ai subi la personne unique

et je fus malheureux dans la monogamie

dans ce qu'elle a de tyrannique

oubliant les raisons qui nous provoque amis

vêtue de son aspect cynique


Il faut tourner la page écrue

caractère effacé restant pourtant sans blancs

mais par-delà tous ces mots crûs

quand l'autre indifférent fait sans arrêt semblant

c’est vrai je n’y ai jamais cru


Pour le dire avec concision

l'enfer en fait est le début du paradis

paradigme en imprécisions

lieu fou que l’on cogite et d’où l’on part hardi

l'amour est une indécision

jeudi 27 août 2026

Nudité



Les éclairs ont zébré le ciel

la pluie s'est posée sur une terre assoiffée

de liquidités potentielles

la Manche est nue le Finistère est décoiffé

je n’en retiens que l’essentiel


Aime l'odeur après l'orage

aime inspirer l’essence et les parfums brutaux

que j’hume avec ardeur et rage

emplissant mes poumons de bouquets végétaux

d’où je puise aussi le courage


Je pense à nos impunités

je pense à nos revers aux mots non-publiés

l'amour est l’opportunité

dans la nuit désirée d’un espoir oublié

qui me livre à ta nudité

mercredi 26 août 2026

Le fruit de mes envies



L'Amour est un itinéraire

et s’en priver longtemps c’est comme un très long jeûne

à la fin payons l’honoraire

un instant que l'on vole au temps nous rend plus jeunes

indépendants vrais d’un horaire


Rêvant de me faire éditer

tout en me relisant j’ai su lever un lièvre

en l’âme une intrépidité

ce que je n'entends pas se lira sur mes lèvres

en écoutant ma surdité


M’écrire est ma nécessité

c'est le geste absolu qui me maintient en vie

(la poésie bien récitée)

chaque mot constitue le fruit de mes envies

c’est l’enfant de ma cécité

mardi 25 août 2026

La lie du vain



De ma plume et de mon clavier

j'ai choisi de survivre en encensant les femmes

et quoique écrivant sans dévier

j'ai perdu des beautés mais j'en garde la flamme

et les jets violents de graviers


Pourtant si souvent on le nie

tout ce que dit l'amour est un gros bavardage

un grand pataquès infini

dont parfois je m’enfuis je ne suis pas hors d’âge

encore un homme indéfini


Je suis d'évidence un parrain

de tes besoins premier — je ne suis pas devin

je rime en quintils ou quatrains —

le reste est inutile (il est la lie du vain)

j’en rajoute aux premiers quatre un

lundi 24 août 2026

Comptines



Chaque instant de vies animales

est là je crois pour nous rendre un peu plus humains

bien entendu quand on est mâle

on doit le décoder sur un vieux parchemin

n’étant ni le Bien ni le Mal


Le destin s’y pique et s’y frotte

en cheminant comme un vagabond dans nos bleds

(un ermite au fond de sa grotte)

et la nuit se traverse à la façon d'un plaid

un avocat m'aiguille et trotte


Hurle en ce moment le métal

à propos des sujets brûlants que l’on défend

mais tandis que las je m’étale

l'Art est un raccourci des comptines d'enfants

pour moi c’est une arme létale

dimanche 23 août 2026

Tsunami



Je suis comme un électron libre
à graviter variable autour enfin de toi
comme un objet foutu qui vibre
et se demande ainsi ce qu’est son nouveau toit
de quoi se fera donc sa fibre

Il est une profonde aigreur
à chaque fois que nous devons tourner la page
et néanmoins dans sa maigreur
— évènement malingre — il est un dérapage
et nous glissons en dénigreurs

Un peu de vol en vous amies
le fruit de vos beautés se cueille à l'écriture
arguant combien de temps a mis
la blessure (et tant que ce qu’on se récrie dure)
à guérir à ce tsunami

samedi 22 août 2026

Le chat botté



J'ai passé ma main sur tes seins

ta peau comme un vélin l'a laissée s'y détendre

et dans ce merveilleux dessin

m'a dressé sans le sexe une carte du Tendre

où tu gis nue dans des coussins


Je veux puiser dans ta beauté

l'envie de vivre et d'échapper aux lieux communs

souvent je suis le chat botté

de sept lieues en courant je me ressens comme un

voleur en train de fuir un rêve ôté


Je sais que tu me fais merveille

l'Autre en moi se cherche en naviguant dans les limbes

il est l’enfant qu’un rien balaye

et qu’un espace embue que des nuages nimbent

en réfractant tout ton soleil

vendredi 21 août 2026

Le diamant qu’on entame



La parole au gré de nos vents

s'envole et vogue impunément jusqu'à ta bouche

un baiser prenant les devants

je voudrais m'allonger près de toi dans ta couche

et faire un lit de ce divan


L'odeur de l'encre est sur mes doigts

t’écrire est ma façon de transformer le monde

et de régler ce que je dois

de troquer la beauté pour remplacer l’immonde

en bouche est un rubis de toi


Ci-fait je te le dis ma Dame

observer une femme est déjà la décrire

et sans petit supplément d'âme

en l'aimant fortement serais-je las d'écrire

usant d’un diamant qu’on entame

jeudi 20 août 2026

L'incongrue



Je ne sais à vrai dire enfin

tout ce que ma canne a — j’avance à petits pas

je change l’eau liquide en vin —

la beauté se calcule à ce qu'on n'atteint pas

mais dont on se rapproche en vain


J'ai mis les deux pieds dans l'enfer

où sont parties les belles années du plaisir

on ne pourra plus rien y faire

on ne pourra plus que sur mon corps y saisir

un peu d'une larme de fer


Ici-bas je suis prosterné

grâce à mon pedigree j’ai fait le pied de grue

mais je suis pourtant consterné

l'attirance est une invraisemblance incongrue

mais je m’en sens bien concerné

mercredi 19 août 2026

Le début dont on oublie la fin



Si je fais quand même exception

j'emploie ma destinée pour dresser un chemin

partageant ma perception

retranchée tu l’as lu dans le creux de ma main

tout en comprenant l’acception


Le contexte s’est fait discret

tant que nous rêverons nos idées seront vaines

on a besoin de faits concrets

pour ne pas s’achever en se tranchant les veines

au bout d’un texte assez secret


Le désir est en perdition

le sexe est cannibale on en perçoit la faim

mais juste à cette condition

l'amour est un début dont on oublie la fin

peu m’importe en lui l’émotion

lundi 17 août 2026

Le manque affectif



L'intercession de nos fantasmes

est une éclipse en cours (un croisement d'envies)

sa lune est un violent sarcasme

un astre lent dont les faibles rayons dévient

masquant le début d’un orgasme


On peut parfois y recourir

rien ne ressemble à ce désir insurmontable

où l’on est pris d’un long fou-rire

écrire en Poésie n'est pas recommandable

un arc-en-ciel est un sourire


On n’a plus le moindre adjectif

afin de qualifier passant son Rubicon

l’échec issu du collectif

à chaque identité que nous revendiquons

correspond un manque affectif

dimanche 16 août 2026

Les passions régressives



Les petits mots que l'on écrit

sont des grands pas souvent quand on les rend vivants

malgré les larmes et les cris

le Rimmel a coulé de teintes dérivant

dans le Noir & Blanc sont les gris


Ta bouche a le goût de noisette

et ta peau la douceur absolue du péché

l'amour s'attrape à l'épuisette

épuisé trop souvent d'avoir à le chercher

sous ton corsage ou ta nuisette


Écrire est chose transgressive

exister sans fantasme est un fantasme en soi

tes lèvres qui sont agressives

ont fait le bon boulot comme tes bas de soie

sertis de passions régressives

samedi 15 août 2026

Scarifier



Quoi que nous soyons pétrifiés

dans le bousculement de nos corps impassibles

être amoureux c'est sacrifier

deviner le destin de nos vies impossibles

et même aussi le scarifier


Le fruit pourri de nos entrailles

est un instant sans conséquence apparemment

mais chaque fois que l'on s'entaille

au bout du sexe on le sent bien différemment

le désir est une bataille


La nuit commence à chaque orgasme

aimer c'est sacrifier sacrifier c'est punir

et la mort est sa peine en spasmes

ordonnant à chacun la façon de s’unir

en choisissant mieux nos fantasmes

jeudi 13 août 2026

Les gueules saoules



Les gueules saoules se sont tues

pas un clapot du tout le lac est silencieux

la nuit se trouve dévêtue

vestale éberluée d'un rêve un peu vicieux

feu de paille en étant fétu


Toutes les beautés différentes

ont la clarté docile où naît l'inspiration

pourtant rêver n’est pas ma rente

et je dois beaucoup plus à ma respiration

qu’aux fausses lubies apparentes


Les gueules saoules dans la rue

traînant dans leur ivresse au long des caniveaux

maintenant certes ont disparu

mais je traîne à mon tour — à chacun son niveau —

mon Spleen et comme une charrue

mercredi 12 août 2026

Le soir où l’éclipse



Si l’on pouvait recommander

le bel astre on saurait ce qu’un rayon dévie

de nos passé raccommodés

tout démarre à l'horizon perdu de nos vies

qui pourrait s'en accommoder


Comment ne pas se lamenter

de voir un fil existentiel être en tissu

quand on se trouve une âme hantée

tout se déplace en rond quand n'est aucune issue

pourtant je savais l’amender


Des voies j’en sais qui malmenées

dévoient cette instruction par un grand singe hurlée

de voix qui me sont amenées

c’est le soir où l’éclipse est venue nous parler

de nos fâcheux choix à mener

mardi 11 août 2026

Les unions circonstancielles



Hallucinants portraits d'artiste halluciné

nos amours ont pour source un embryon d'envies

Je consultais Allo-ciné

pour regarder une romance encore en vie

dans une salle assassinée


J'ai gardé des grains de la peau

le sens absolument tactile et merveilleux

de pellicule aussi l’appeau

qui nous attire et qui nous mène au bout du mieux

que l’on brandit comme un drapeau


Tout désir est sacrificiel

il est le choix qu'on fait pour oublier le reste

aussi bien la beauté du ciel

le bleu des yeux que la noirceur des rues de Brest

en nos unions circonstancielles

lundi 10 août 2026

Au départ était le Verbe



Chaque récit sentimental

est à cueillir au fond des poches de nos yeux

ci-gît causalité mentale

édulcorée sous des prétextes fallacieux

sous des lois comportementales


L'amour que nous accumulons

se déverse un beau jour en cascade abrutie

de larmes que nous simulons

tout en sachant le devenir inabouti

d’envies que nous dissimulons


Chaque aphorisme m’exacerbe

un bon mot pour une intention (rester vivant)

cela ressemble à des proverbes

inventer de la vie commence en écrivant

car au départ était le Verbe

dimanche 9 août 2026

Vraiment froid



Chaque mot que l'on écrit

pèse un peu plus dans la balance et ses plateaux

mais la mélodie de vos cris

résonne à mon oreille et qu’elle appela tôt

dans l’encre attelée d’un ciel gris


Longtemps je me suis méprisé

dans l'absinthe enivrante en humant le parfum

d'un vieux bar-tabac mais prisé

Quartier Latin peut-être et je commençais par fin

le début de mots maîtrisés


Je sais le vertige et l'effroi

tout cède à la passion dans un tourbillon d'âmes

on se précipite au beffroi

l'heure a sonné mais pourtant m'aimez-vous Madame

oh oui sans vous j'ai vraiment froid

vendredi 7 août 2026

Remous fangeux



Baisant la pointe de tes doigts

je faisais du sexe un réflexe alimentaire

on sait bien que cela merdoie

l'amour est un radeau vraiment rudimentaire

ignorant de ce qu’on lui doit


L'idée du rêve est rêve en soi

quand on y pense on le cherche et quoi qu’on en crève

usant du fil d’un vers à soie

chaque histoire au début promet sa part de rêve

et ça finit quoi qu’il en soit


Parfois je ne joue pas le jeu

chacun de mes poèmes est fait de transgressions

le bonheur — enjeu sans enjeux —

me fait tourner au gré de mes révolutions

dans de profonds remous fangeux

jeudi 6 août 2026

Caducée



Aimer n'est qu'une projection

d'un fantasme enfantin d'une emprise absolue

de l'esprit l'éjaculation

mâle armée dans les mots d'une vie dissolue

du Destin l'articulation


Je reconnais mon attitude

à l'incapacité d'élever mon niveau

mais peu m'importe l'altitude

il faut sortir enfin du sombre caniveau

de nos idiotes certitudes


La beauté de la Femme est là

comme un serpent qui se faufile entre nos doigts

le caducée qu'entremêla

l'hypocrite Hippocrate en tout ce qu'il nous doit

maintenant mon fils aime-la

mercredi 5 août 2026

L'amour injurieuse



Quand on veut vivre intensément

nous devons inventer notre fable idéale

la langue aussi longtemps se ment

loin d’être enfin le dialecte intersidéral

attendu fort expressément


J'ai lentement cuit dans le bain

du bon élève allant dans sa classe prépa'

mais après tout ce cirque eh ben

je sais parfaitement ce que je ne suis pas

dans mon langage carabin


Si la voie du bonheur est curieuse

il me tarde à la fin d'en savoir un peu plus

je sais que tu semblais furieuse

aurais-je ainsi tout fait mais t'aurais-je déplu

ma splendide amour injurieuse

mardi 4 août 2026

Tout brûle en vain



J'ai fabriqué des labyrinthes

afin de fuir au mieux les voix inquisitrices

et dans des cercles qui m'éreintent

édenté Dante ayant perdu sa Béatrice

il me fallait ta chaude étreinte


Il y a des façons d'aimer

qui ne sont pas prévues par la pensée commune

et des façons de détester

cinglant comme une maladie auto-immune

on ne peut donc que se tester


Des bateaux en pliant les feuilles

on en a bien bâti de ces beaux bâtiments

mais c'est ta beauté que j'effeuille

et tout en t'étreignant je sais bien que tu mens 

tout brûle en vain quoi qu'on le veuille

vendredi 31 juillet 2026

Les désirs inavoués



J'ai rêvé de baisers fougueux

morts-nés d’une embrassade à ce point nostalgique

que je me retrouvais comme un gueux

(la fraîcheur de la nuit parisienne est magique

elle est douce aux contours rugueux)


De ce que Cupidon dévie

l'amour ouvert est un passager clandestin

pourtant j’étais encore en vie

j'aime mon quartier jusqu'en perdre son Latin

Paris brûlant de mes envies


Des trois j’étais le quatrième

et le détroit de toi quoi que j’y fus dévoué

résonna comme un requiem

or on est les enfants de désirs inavoués

des gamins sans arrêt qui aiment

jeudi 30 juillet 2026

Horizons portuaires



Dans l'océan de mes pensées

j'ai beaucoup surnagé par à-coups d’écrivain

je me suis beaucoup dépensé

dans l’écriture afin d’absorber le gris vin

de nos fantasmes dépensiers


J'écris pour vous laisser parler

la nuit se tisse à la façon d'un pan de soie

de nos fantaisies emperlées

se montrer trop souvent c'est faire un paon de soi

c’est là-dedans mon franc-parler


D’une étreinte aux os anguleux

l'obscurité s'étend comme un long drap mortuaire

un chant macabre en fait — houleux —

l’écouvillon bouchant mes horizons portuaires

et néanmoins si fabuleux

mercredi 29 juillet 2026

Mise aux fers



Dans mon cerveau tout se bouscule

le destin c'est curieux ça vous ramène à rien

cherchant ce qui crée la bascule

y compris quand on croit n’être qu’un bon aryen

le faux s’écrit en majuscules


La vérité n'existe pas

j'ai dans chaque oxymore un prétexte au Poème

et dans les yeux comme un compas

de Marine d’eau douce en jouant de phonèmes

absolues qui ne comptent 


Ce poison qui nous est offert

inventer oublier que l'on est incapable

à quoi que ce soit d’autre à faire

rêver c'est oublier que l'on est un coupable

un esclave ainsi mis aux fers

L'enfant de ses désirs



Ce n’est pas ma prière éternelle

le désir ardent n'est qu'un enfant qui s'essouffle

haletant d’une ritournelle

épuisée d’un faux-air — un faussaire (on boursoufle)

a le temps d’étreintes charnelles


Écrire est décrire et peindre aussi

tout écrire est la façon de se dire adieu

de Montaigne à La Boétie

l’amitié se défend comme un lion devant Dieu

cela s’appelle Poésie


Je suis l'enfant de mes désirs

un bandit de l’Amour et je suis fier de l’être

un des pions d’échec à choisir

exister n'est pour moi qu'une question de lettres

un jeu de mots fait par plaisir

mardi 28 juillet 2026

Élucubration



La nuit n'accouche en vérité

que d'un faux charme éteint par une envie subite

et de cette banalité

de fourrer tristement dans un vagin sa bite

en espérant sa nullité


Chacun des doigts que ta peau aime

est posé sur ton corps ainsi qu'en un clavier

qui divinise mon poème

en faisant des mes mots la poignée de graviers

parsemant mon chemin de bohème


Éprouvant la pure émotion

chaque zone du désir est un signe d'espoir

(un corps est en vibration

comme une corde de guitare) et nos déboires

oublient leur élucubration

dimanche 26 juillet 2026

L’hémoglobine



Pondant mes affabulations

je repense à Rimbaud perdu dans son Afrique

étudiant les populations

mais notre abandon change en problèmes de fric

un manque de désir rien qu'un germe à venir


Repassant mes mains audacieuses

inventant sans cesse entre nous de nouveaux codes

et des bruits de passions joyeuses

où nos dysharmonies finalement s'encodent

à l'envie féroce et furieuse


Enfin d’avoir à respirer

l’hémoglobine utilisant tout ce qu’est sang

je sais des amours espérées

survivant dans des cœurs ainsi déliquescents

d'être à ce point désespérés

samedi 25 juillet 2026

Dépliées



De qui de nous vient l’émotion

l'attirance est un brin de rébellion sans cesse

et loin de toute acclamation

nous tirons le portrait d'un face-à-face en fesses

en lisant nos déclamations


Je t’aime et je t’aimerais tant

chaque instant que l’on perd est un bout d’imprévu

dans ma poursuite de ton temps

toute avalanche est un déferlement prévu

tout glissement un bon instant


Créer c'est d'abord oublier

la façon dont on cède à l'envie de s'aimer

c’est le moyen de tout plier

de se rouler la pelle afin de tout semer

de nos envies si dépliées

jeudi 23 juillet 2026

Effet d'impulsion



J’ai décidé de repasser

les bretelles de l'avenir accrochées sur

un fil à linge du passé

séchant formellement sur les questions c’est sûr

et les fantasmes dépassés


Mais quel qu’en soit l’amortisseur

en passion le désir et l'amour ou l'envie

sont des pierres de Bâtisseurs

rien n’est jamais plus désirable dans la vie

que les filets de vers tisseurs


En Poésie chaque émotion

se traduit par un ver en voulant papoter

(bien peu de manipulations)

je fabrique un fantasme en rêvant vos beautés

j'écris par effet d'impulsion

mercredi 22 juillet 2026

Les mondes inférieurs



Je suis farci de tentations

dont on s'entiche un jour en tant qu'un être humain

femelle ou mâle aberration

le joli jeu du genre est juste un jeu de mains

le jeu de la masturbation


Pondant mes affabulations

je repense à Rimbaud perdu dans son Afrique

étudiant les populations

mais notre abandon change en problèmes de fric

un peu de manipulations


Ce maudit soleil ultérieur

aux nuits se pose en vrac à la façon d'un monstre

en rugissant de l'intérieur

il est cette démence absolue qu'il démontre

issue des mondes inférieurs

mercredi 15 juillet 2026

L'eau dans le désert



Le froid de l'hiver incisif

un peu comme la solitude nous ensable

un peu comme un troublant Sisyphe

et nous ne survivons qu'en sachant périssable

un de nos instants décisifs


On retrouve votre beauté

dans vos plus beaux tableaux loin de ce qui m’ennuie

ces joies que l’on voulait m’ôter

dans la vie je m'enfouis mais parfois je m'enfuis

du froid d’un rêve escamoté


Commettant ce qui me dessert

en vous rêvant l’habit lumineux que je veux

comme étant privé de dessert

il pleuvait sur Brest et je pleure en vos cheveux

comme de l'eau dans le désert

lundi 13 juillet 2026

À la façon de Léonard



Le génie s'est souvent logé

dans des corps trop petits pour son immensité

la précision d’un horloger

dans les doigts dessinant des femmes la beauté

sans une erreur à déloger


Fasciné quand on l’est on part

à la recherche d’un modèle unique

éperdu comme on l’est en Art

à moins que l’on soit perdu que l’on communique

à la façon de Léonard


Avec un peu de sfumato

nos envies sont pétries des inavoués désirs

autant qu’on nous mène en bateau

la ruine du passé féconde un avenir

et quelques rêves de château

dimanche 12 juillet 2026

Les chemins creux



Les fleurs aussi belles soient-elles

en fait jamais n'auront ton parfum délicieux

tes dessins les font en dentelle

l'amour est transgressif et les yeux dans les yeux

l’élixir en est le cocktail


L'envie de vivre est un réflexe

et l’instant que l'on perd est un peu moins de vie

c’est le sentiment qui nous vexe

un temps mort attribué dont on veut le devis

ces moments qui nous lient au sexe


Aimer c’est croire aux lendemains

j'aimerais trouver du bon sens en mes désirs

et joindre à nouveau mes deux mains

les disjoindre afin de te donner du plaisir

au plus doux des plus creux chemins

vendredi 10 juillet 2026

Rosacée



Nous ne le disons pas assez

la femme est la plus belle invention de la vie

j’ai pourtant beau le ressasser

dans chaque poésie partagez-en l’avis

la femme est une rosacée


Ronsard en fit ses beaux versets

le plus parfait mensonge est une vérité

c’est son poème en inversé

qui juge en flagellant mais sans sévérité

les compliments tant déversés


La nuit se pose en chandelier

toujours en écumant des rêves les ruelles

et si j’étais son chancelier

jamais ma nuit d'amour en fait ne fut réelle

le lit ne fut que mon sellier

mercredi 8 juillet 2026

Ma planète



Ma planète était bigarrée

mais je ne savais pas — j’étais le dernier habitant

du Sol de mes clefs égarées —

tout instant que l'on vit tic-taque au cœur battant

comme un coucou suisse et carré


Quels que soient les mots indigents

si l’on m’accuse ainsi d’un crime crapuleux

qu’importe l’opinion des gens

je suis amoureux d'un horizon fabuleux

brillant comme un lac en argent


Parfois quand je songe au sevrage

où coule l’eau de vie pressée de nos pensées

je me remets vite à l’ouvrage

et déménager la maison des parents c'est

sauver ce qu'on peut d'un naufrage

lundi 6 juillet 2026

Volatile



L'amour est bien trop volatile

à tout ceux-là qui voudraient bien le mettre en cage

un poème un peu versatile

un essai de verset mais que le temps saccage

en boue qui se déverse utile


La vie ne tend pas le miroir

où nous voulons trouver le reflet qu'on attend

qu’on ait beau fouiller des tiroirs

en cherchant une clef qui ramène aux printemps

les mots ne sont plus nos terroirs


Ramener la graine inspirée

de ton divin regard au reflet de tes cieux

cela ne peut m’exaspérer

c'est le problème de ceux qui ferment les yeux

tout amour est désespéré

dimanche 5 juillet 2026

Les fruits de nos concupiscences



Si la bague est une rondelle

la croisée des chemins décide de l'Amour

amour issu d'une hirondelle

et de papiers volants marquant la fin du jour

et ce que d’aucuns liront d’elle


La Poésie ne se crée pas

le désir est le vecteur absolu du Verbe

on ne l’apprend que pas à pas

né bien planqué du vent l’abri du temps d’emblée lève herbe

un jour suivant le dissipa


Nos crayons sont sans indécence

on se les entremêle et cela nous fait jouir

aux fruits de nos concupiscences

on attribue parfois le fait s’en réjouir

absence éperdue de bon sens

samedi 4 juillet 2026

L'encre de seiche



Si la lumière est incertaine

offre-moi de ton sein l'ombre et le galbe unique

et de tes clichés en centaines

une impression papier qu’un noyé communique

en l’eau fermée de ta fontaine


Et dans les caniveaux des rues

tout désir est fortuit toute attirance aussi

dans nos canaux luisant de rus

la Poésie vogue — et ce n’est pas sans soucis —

d’un air issu de Delerue


Je n’ai pas assez de sagesse

ou bien trop de folie planquée sous le chapeau

jamais en moi rien ne s'assèche

écrire est don du sang qui coule sous ma peau

comme une encre noire de seiche

vendredi 3 juillet 2026

L'amour enfui



Tout désir est désespérance

celles qui me connaissent l'auront deviné

je suis roi de la déserrance

et qui dépend aussi de l’acquis de l’inné

sans héritiers en déshérence


On se fabrique un parapluie

chaque instant nous échappe et fait de nous l'absent

dans un enfer en paradis

nous sommes tous en fait des passagers du temps

qui se décomptent par radis


Chaque jour est là qui me nuit

le rêve est frelaté quand la passion dévie

rien ne survit à cet ennui

ta sensation stupide est un aveu d'envie

celui de notre amour enfui

lundi 29 juin 2026

Le damier de la mémoire



Rien ne survient par accident

la chair est vieillissante et reste aussi charmante

autant d’années se succédant

l’ont fouettée néanmoins mais elle est désarmante

et ses effets sans excédent


Comme un vieux tissu reprisé

ce bordel incroyable un endroit de plaisir

est à présent trop méprisé

l'amour est la décomposition du désir

en harmonies mal maîtrisées


Pourtant comme un jeune ingénu

je me promène en un gigantesque assommoir

un bourg de province inconnu

je suis un pion sur le damier de la mémoire

avancé par une main nue

dimanche 28 juin 2026

Les passions dévastatrices



Des années qui nous ont flétris

quand défraîchis nous rafistolons le lavis

de la boue dont on fut pétri

j'ai laissé le désir en place de l'envie

la noirceur aux destins meurtris


Pour avancer nous reculons

c’est le trajet d’un bateau ivre et sans coffrage

en nous noyant nous roucoulons

nous nous lançons des bouées pour survivre aux naufrages

et malgré cela nous coulons


Le pire advient — c’est le mépris —

nous nous sauvons quand la compagne est castratrice

et pourtant dont on est épris

l'Amour est le fruit de passions dévastatrices

on en paie forcément le prix

samedi 27 juin 2026

L’incarcération



Écrire où l’on parle est un cri

plus dur à proférer dans l’air abstrus du temps

que de parler comme on écrit

que d’inventer des changements comme un mutant

dans les besoins que l’on prescrit


Celle où celui qu'on attendait

n’est plus là pour aucun — n’en demandez pas tant —

mais même si l’on s’entendait

je me suis échappé de ton monde épatant

certains avant s’en contentaient


Qu’on cherche une harmonisation

la métamorphose n'est pas un changement

c'est une réalisation

ces bruits d'amour ont enfermé nos sentiments

nous brisons l’incarcération

Oblitéré



C'est un fantasme oblitéré

qui vient de s’insinuer dans ma vie de bohème

en m’agrippant au lit terré

(je suis en train de construire un nouveau poème

en des envies réitérées)


Dans ce grand songe à ça réduit

je n’ai plus de pays je n’ai pas de nation

si ce n’est mon désir et lui

se nie mais s'autorise en imagination

comme une étoile qui reluit


Sans vouloir être pudibond

la mort n'est qu'un passage entre se croire un tout

mais n'être enfin plus rien de bon

l’amour est un beau jeu qui se joue sans atouts

sans soubresauts mais fait de bonds

jeudi 25 juin 2026

Pure gemme



Le souvenir est un brancard

ramassé sur le champ des batailles de la vie

pour nous porter dans des rencards

inespérés par un caprice de l’envie

par une aventure en retard


Adoré sans assentiment

qui peut savoir ce qui lui reste absolument

comme un iceberg un sentiment

ne montre que très peu de ce qu'il est vraiment

sans savoir en fait s’il nous ment


Bien qu’usager de stratagèmes

en vérité ma foi j’ai beaucoup bataillé

le creuset des femmes que j'aime

est un puits de diamants détaillés non taillés

chacune est une pure gemme

mercredi 24 juin 2026

Grand-Huit



Du temps que le soleil avive

il y a de blancs papillons dansant dans l’air

une ronde incessante et vive

en bouffées de chaleur ainsi caniculaires

on aimerait bien qu’ils survivent


Il ne me reste plus qu'à prévoir

à quel point d’emblée je peux être insuffisant

pour te sembler passable à voir

aimable à défaut d’être un brin sécurisant

je ne suis qu’un cœur à pourvoir


Et si tu sens l’Amour un jour

il te faudra m'ouvrir à la façon d'une huître

au long couteau d’un contre-jour

un tourbillon qui nous avale est un Grand-Huit

en croyant que c’est pour toujours

mardi 23 juin 2026

Périssable



Je suis tout ce qu'on s'interdit

de fréquenter je suis un gibier de potence

et pourtant c’est connu mais dit

tout amour est stimulé par un stress intense

et robinsonne un Vendredi


L'idéal est de rencontrer

par accident létal le fromage et la poire

ou l’entre eux deux dans nos contrées

tout amour insoumis laisse place à l'espoir

à l’inconnu non démontré


La vie martèle un vrai tempo

rythmant ses jeux de maux d’un verbe intarissable

et dont on ne paie pas l’impôt

tout amour est à considérer périssable

aussi quand on l’a dans la peau

dimanche 21 juin 2026

Fouillis



Quand on saura ce qu’il faudra

pour être aimé sans corde au cou serrée

quand on saura dans de beaux draps

qu’en chaque instant que l'on dévore est inséré

l'endroit dont on se souviendra


Ce jour ainsi mais sans atouts

nous parlerons en fabriquant de la bouillie

de mots brûlants qui nous tatouent

je cherche désespérément dans ce fouillis

quel est l'indice indiquant tout


Longtemps j'ai survécu sans buts

mais à présent chez moi l’ancienne hypnose est rance

— enfin c’était un bon début —

chaque amour est un résumé de nos errances

où naît ce dont on se sent imbu

samedi 20 juin 2026

L'addiction pathogène



Toute tentative d'aimer

se solde en général à la fin par un couac

au vu des drapeaux à damier

que l’on retrouve ainsi noyés dans un cloaque

et dans un organe anémié


Quand nos deux cœurs au coude-à-coude

déploient en vain des ailes de papier mâché

notre parole aussi nous soude

à l’encaustique issue de mon poème haché

des réussites qui nous boudent


Dans le destin ce qui me gène

est chromosome aux bouts qui m’ont exaspéré

le sexe est hallucinogène

ne nous nourrissons pas d'amours désespérées

c’est une addiction pathogène

jeudi 18 juin 2026

L’écrivain du désaccord



J'écris tant que je peux encore

(attraper le présent fabrique un avenir)

reste aujourd’hui la chose en corps

ayant fait de mon cas le poète à venir

et l’écrivain du désaccord


Et même si l’espoir a lui

d’une flamme étouffée que l’absence adoucit

las je n’entrebâillait pas l’huis

l'amour est absolu l'abandon l'est aussi

mon portrait ne vieillit pas lui


l'art d'aimer c'est celui de fuir

un seul regard assure un contact entre nous

pourtant chacun cherche à s’enfuir

un jeu de dupe installe un gros nœud qu’on dénoue

puis là disparaître et s’enfouir

mercredi 17 juin 2026

Juger



Le soir est l'apogée du jour

un peu comme en nos vies nous devenons des vieux

juste en espérant que toujours

on se regarde en face en ayant l’air envieux

masqués derrière un abat-jour


On a très souvent supplié

pour un instant d’envie mais qui n’a rien à voir

(on a bien trop tôt tout plié)

le désir est caché dans l'envie d'en avoir

et de trop souvent l’oublier


Chaque poème est un objet

qu'on manipule en toute inconséquence aussi

— séduisant oubli du sujet —

la séduction parfois n’en est plus le souci

mais la façon dont on jugeait

samedi 13 juin 2026

Sûre concision



Je vous écris comme on respire

et mon imaginaire est rempli du mot "Femme"

en attendant au mieux le pire

on cède une bougie — toute petite flamme —

et son cheval pour un empire


Où ton sourire est ma fontaine

nos désirs ont besoin d'être réalisés

parfois jusqu’à la soixantaine

on se conduit bien mal au gré des alizés

comme un objet sans ses antennes


Le désir est l'indécision

mais la moindre attirance est pétrie d'intuitions

sans prêcher la circoncision

le sexe étant à l’homme un jeu de punitions

j’attends bien plus de concision

mardi 9 juin 2026

Clandestine idée



Les sentiments sont le poison

qu'on administre à chaque instant de nos choix

ceux-ci souvent sont à foison

tout juste issus des sensations qui nous échoient

formant ainsi tant de cloisons


Porter au mieux ses morts en soi

mon point sur l'horizon c'est l'au-delà boxé

de la pensée qu’un temps déçoit

puis relever du ring une âme cabossée

le poing dans un gros gant de soie


Quand la mémoire est intestine

notre attirance au sexe est naturelle et saine

elle est l’idée qui nous destine

à la survie voulue loin des idées obscènes

où l’existence est clandestine

lundi 8 juin 2026

Près de l’étang



Le talent n'a pas de frontières

il n'a que la limite inhérente à nos vies

ma jeunesse était avant-hier

et j’ai dans les genoux bien moins de synovie

mais en moi des idées entières


Aimer déjà c’est concevoir

rendre une main c'est prendre une virginité

s’écrire avant tout c'est tout voir

imaginer l’enfance en notre intimité

tout mûrir et tout prévoir


Il faut surtout faire un aveu

(j’y réfléchis me promenant près de l’étang)

les passions sont comme un grand feu

surtout ne les laissez pas s'éteindre avec le temps

que l’on déclame de nos vœux

dimanche 7 juin 2026

La suavité de ton parfum



Malgré des règles contractuelles

le froid du jour habille en vain ma nuit cachée

dépérissant d’un être actuel

où je n’ai su garder des occasions gâchées

la discipline intellectuelle


Aimer c'est vivre et respirer

rêver se fait dans toute langue imaginable

et tout ne fait plus qu’empirer

si ce n’est sauf apparaître un peu moins minable

un peu de quoi nous inspirer


L’encre en coulant de mots défunts

j'ai construit sans soucis des maisons de papier

des pans se terminant par « Fin »

me noyant dans la flaque où je n’avais pas pied

la suavité de ton parfum

samedi 6 juin 2026

L’ombre affranchie



Je ne t'avais pas vue ma cible

eh bien la vie durant nous rêvons de nos femmes

en les imaginant sensibles

aux préoccupations que nous trouvons infâmes

en tant que mamans ostensibles


Et dans l'ennui du temps qui passe

à n'avoir absolument rien su détailler

si ce n'est l'ombre qui trépasse

une femme amoureuse est un diamant taillé

comme un objet qui nous dépasse


Entrer mon sexe dans le tien

te regarder sourire en l’acceptant dans toi

tout est si fou quand ça nous tient

de la passion bâtie nous n’avons plus le toit

l’ombre affranchie nous appartient

jeudi 4 juin 2026

Les voies de la pensée



Mes pensées ont repris en chœur

un secret sourd anamorphique et que l'on garde

inconsciemment au fond du cœur

un doux moment que l’on vénère et qu’on regarde

à la façon d’un chroniqueur


Il est la justification

pure en laquelle on dissout le doute au sujet

des propres mystifications

dont on est à la fois le coupable et l’objet

dans d’étranges imbrications


J’ai mis l’amie de mon hiver

aux scories qu'évacuent les voies de la pensée

cela fabrique un univers

envahi d’amis mots quand on s’est dépensé

sans compter les pieds de nos vers

mardi 2 juin 2026

Le tombeau de Léonard



Chaque instant je te vois Joconde

avec un doux sourire en coin (dieu vipérin)

ta beauté nourrit ma faconde

une écriture y coule en un spasme utérin

que mon poème enfin féconde


Et je mesure ma diction

la maladie d'amour en gros n'est finalement

— comme celles de l'addiction —

que constituée d’un manque acquis banalement

dont on sale les additions


Reste entre Trouville et Dinard

un vieil air oublié d’expositions gâchées

quand on célèbre en plus d’un art

Amboise au bord de Loire (Angers juste en danger)

sur le tombeau de Léonard

dimanche 31 mai 2026

Les jardiniers du vide



J'ai conçu des paradis flous

la pulpe de ta chair éclate en jus salé

d’envies coulées que l'on renfloue

comme un vieux navire ivre ayant dû dessaler

sous l’horizon qui me rend fou


S’envolant comme une hirondelle

l'ombre de ma main s'est posée sur ton visage

oubliez ce qu’ils nieront d’elle

un sentiment d’amour est un heureux présage

un vœu sans anneau ni rondelle


Et pourtant d’un pas impavide

un se sent rassuré tandis que l’autre à peur

étant son assassin livide

— univers en miroir et son effet trompeur —

on est les jardiniers du vide

vendredi 29 mai 2026

Le temps passant du sans-soucis



Le temps passant du sans-soucis

j'ai rêvé nos vies comme on compose un poème

en écrivant novice aussi

je ne suis pourtant plus qu’un enfant de bohème

aimant les jeux qui dissocient


Tout se découvre en débutant

l'Art est un éventail ouvert à la demande

et de mes mots — les débitant —

je fis l’usage osé du « JE » mais qui commande

à qui n’en fut que l’habitant


L’instant que notre cœur agrée

chaque histoire en son sein recèle explication

du fruit que nos passions recréent

la nuit s'étend toujours après nos ambitions

jusqu’aux frontières des regrets

mercredi 27 mai 2026

Rêve éperdu



Rien ne laissera régresser

l’asile où les invalides sentimentaux

sans faute ont tôt fait de dresser

la liste noire des besoins fondamentaux

de quartiers de fruits dépressés


Rien de ce que j’avais escompté

je me sens aussi seul au sein de ce marché

dont les teints se sont estompés

qu’un maraîcher qui s'est efforcé de ranger

les salades à raconter


Rien ne va du rêve éperdu

de l’espoir et du vent quand tout amour inouï

se retrouve ainsi distordu

ne se retrouve plus dans un songe évanoui

néanmoins plus rien n’est perdu

dimanche 24 mai 2026

L'hémorragie



Quel amour aurait résisté

face aux réalités d’un nouveau temps qui ment

dès lors à quoi bon insister

fabriquer son destin c'est penser sentiments

si l’on ne peut pas exister


De vivre à quoi ça sert enfin

l’aspirine engagée nous réclame un devis

tandis qu’on est des morts de faim

toute unité dissoute est un comprimé de vie

qu’on avale entier à la fin


L'amour est une échappatoire

rien ne tient dans nos mains qui ne soit bien tangible

un cœur en sang l'hémorragie

découle en son sein du minimum exigible

après lorsque la mort agit

jeudi 21 mai 2026

Ce qui nous reste de squelette



L'amour est un gros parachute

toutes les tentations ne sont que tentatives

où tout n’est plus qu’une rechute

à la source du mal et d’une attente hâtive

ourlée d’une toile de jute


Un fruit de notre compassion

naquit d’un purgatoire et d’enfers aussi tués

des bornes que nous dépassions

sans paradis l'essentiel est de se situer

je suis l'enfant de mes passions


Se faufilant comme belette

le sentiment s’infiltre au fond de nos récits

sans moi tu sembles bien seulette

et dans ma poésie désossée j’apprécie

ce qui nous reste de squelette

mardi 19 mai 2026

Courir à sa perte



Dans un pavillon délivré

j'ai trouvé des bouquets de grand luxe un par un 

dont je veux vraiment m’enivrer

le premier déjà testé m'emmène très loin

comme un bateau bien manœuvré


L’Absolu Carven en apprêt

sensuel et capiteux puis le roi des parfums

Chanel Numéro 5 après

Marylin et sexuel où l’on découvre enfin

Femme de Rochas aussi près


Je crois la serrer toute inerte

assoupie dans ma mémoire où j’ai toute entière

une essence associée couverte

un peu par un passé fuir est perdre en matière

autant que courir à sa perte

samedi 16 mai 2026

L'enfant de la pluie



On aura beau serrer les poings

malgré nos accords et l’harmonie l'ennui

c'est ne pas comprendre à quel point

nous sommes aveuglés d’un éclat dans la nuit

qui tombe comme un contrepoint


La mer est l’ogre engloutissant

la carcasse affectueuse à laquelle on se pend

mais qui sans cesse emboutissant

nos regrets dessine un objet dont on s’éprend

ne rien faire est intéressant


Je suis un enfant de la pluie

chaque instant de soleil est un miracle inouï

ton bleu regard est un appui

guidant ma plume imaginaire et badine oui

dans la lumière au fond d’un puits

vendredi 15 mai 2026

Le style



Dans le voyage est une voie

dans le bruit de la nuit j'entends l'écho des rêves

et celui charmant de ta voix

la vie se consume et notre jeunesse est brève

un temps simplement qui se voit


Pourrait-on parler si longtemps

qu'on ne dirait pas mieux — l'essentiel est le mot —

celui qui claque à tout printemps

tel une fleur éclose aux vents d’un chalumeau

forgeant sa force à contre-temps


Le désir est le distillat

d'une attirance obscure au fond d'un trou brillant

comme un tunnel il instilla

ce besoin de lumière au charme émerveillant

de feux l’attrait que mon style a

mardi 12 mai 2026

Fantôme



Ce sentiment si vaporeux

contribue sans cesse à forger ma poésie

sortie d’un canevas poreux

perméable à ces mots moquant mon amnésie

disant ce que je suis pour eux


Ce sont sous ces soucis mentaux

que se cache un passé dont on sait la contrainte

en ôtant soudain son manteau

la douceur d'un baiser vaut bien plus qu'une étreinte

on l’oublie moins vite et moins tôt


Consommer des litres de vin

n’y fait rien pour autant mais chassant la déprime

aucun de nous là n’est devin

chaque illusion de l'autre est un fantôme en prime

on poursuivra son ombre en vain

lundi 11 mai 2026

Narcisse



Je suis le reflet du miroir

ici le lac est une flaque de mercure

et moi pantin dans son tiroir

et l'on se noie dans le reflet de l'écriture

où Narcisse est dans son mouroir


Un rien suffit à s’émouvoir

un berceau d’eau nous enveloppe étonnamment

tout prête en fait à se mouvoir

ondulant du bassin quand je suis ton amant

l’humidité se donne à voir


Est-ce un liquide à recevoir

un chaud fluide amniotique en anathème

un peu de l’encre à percevoir

au gré des mots coulant de source en un baptême

et qu’on ne peut apercevoir

dimanche 10 mai 2026

Inconsistance



La Liberté compte en premier

tout amour est défunt s'il ne sait ce qu'il feint

s’il ne sait être infirmier

de ce vrai-faux début dont on connaît la fin

qui laisse place à mon plumier


Qu’on le bâtisse à la truelle

à la taloche en un caveau rien ne se vit

peu m’importe qu’il soit cruel

le vrai désir est un amour inassouvi

faim de loup d’un Pantagruel


La limite est dure et très fine

à chaque interstice est un début d'existence

et quoi que j’eus mes endorphines

une preuve oubliée de mon inconsistance

est sous l’action de ma morphine

samedi 9 mai 2026

La ballade de la geôle de Taganrog



En hommage aux citoyens-soldats d’Ukraine



Le jeune lieutenant des forces ukrainiennes

à leur avis parlait trop.


Beaucoup l'appelaient « le bavard »

il argumentait sans cesse

ils l’on roué de coups

d’humiliations

de violences

il avait des lésions

des hématomes

accumulés

qui ont pourri sur les fesses

et l'arrière des cuisses

il est mort dans cette prison russe

il est possible que son corps ait été enterré

sans nom.


Des milliers

de soldats

de civils

ont été soumis à des atrocités

physiques et psychologiques

au sein de centres

en Russie 

en Ukraine occupée

le pire a pour nom

Taganrog.


C’est là que j’ai su

qu’on les avait brisés

comme des chiots.


La plupart ont été privés

de communication avec l’extérieur

ainsi que cela se faisait

du temps du goulag.


Ils arrivent à changer vos pensées

vous faire croire que plus personne

ne vous attend.


Le chef a donné carte blanche

« utilisez sans restriction

la force physique

et personne n'en sera tenu responsable 

travaillez avec sévérité, ne craignez plus rien ».


Mais un gardien s’est enfui

« je n'aurais pas pu vivre avec ça

regarder mes enfants dans les yeux. »


Nombre de ses collègues

étaient heureux d'avoir l'occasion d'employer

toute la violence qu'ils voulaient

sont partis accomplir avec joie

leurs missions.


Dans un couloir formé de geôliers

les frappant de tous côtés

nombreux ont subi cette torture infligée

déjà

dans des « camps de filtration »

de Tchétchénie.


Puis, les coups continuaient

des détenus réduits à l'état d'animal terrorisé

« Je suis un être humain

j'ai de la valeur »

ainsi résistent les plus forts.


À Taganrog

au fond du trou

les méthodes de tortures

incluent aussi l'électrocution dans les parties génitales

les attaques de chiens

les viols

les pendaisons simulées

j’en sais même un

d’avoir été si affamé

qu'il en est venu à manger des cafards

attrapés dans sa cellule

et certains

dévoraient des souris crues.


S'ajoutent à cela

de nombreuses règles de soumission

l'interdiction de regarder dans les yeux

rester debout pendant seize heures d'affilée

sans l'autorisation d'aller aux toilettes

(et tous se faisaient dans le pantalon)

des expérimentations

se tenir par la main

passer de l'électricité à travers eux

(pour voir à peu près

combien de personnes en souffriraient)

les prisonniers étaient battus avec des tuyaux de chauffage

(en polypropylène

ils ne cassent pas)

des médecins russes ont gravé les mots

"gloire à la russie" sur le ventre d'un prisonnier

lorsqu'il a été opéré.


Dites-moi

de quel bord

est le camp des nazis.


Je vous le jure

un jour la russie s'excusera.

Les coupables ?

On les retrouvera

puis on les punira tous.




Texte inspiré de l’article de l’AFP du 08/05/2026,  bur-rco/dp/bfi

https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/russie-plongée-dans-la-machine-à-briser-les-prisonniers-ukrainiens/ar-AA22FOXs?ocid=socialshare


jeudi 7 mai 2026

Morveux



Un amour est un papillon

si l'Amour à l'origine est un ministère

il est celui que nous pillons

l'origine d'amour est bien un grand mystère

un rêve au creux d’un roupillon


Celui qui néglige ô combien

l'être est profond s'ignore et laisse aux gémonies

le doux soin du mal ou du bien

le choix des convenus de son hégémonie

la punition qui lui convient


Je ne connais pas de parfaits

même en pays Cathare et qu’on se remémore

une hérésie s’éteint par feux

je n'ai plus d'amour ambitieux le reste est mort

en mes ambitions de morveux

mercredi 6 mai 2026

Dante



Parfois le compte n’y est pas

la perfection se trouve en notre imperfection

si je ne lui obéis pas

je répondrai du vide et de notre affection

dans d’improbables pays bas


Combien mon poème vit d’ailes

aux mots du transport et dont l’âme vagabonde

en sachant ce que l’on fit d’elle

l'amour est une croix qu'on porte au bout du monde

à laquelle on se lie — fidèle —


La Beauté ne se donne pas

ni ne prend les démons des maux me poursuivant

dans l’infernal épiscopat

dont on repeint le mur attendant son suivant

Dante ainsi ne pardonne pas

mardi 5 mai 2026

Éclaboussures



Toute attirance est volatile

la mettre en poésie je le fais de ce pas

si me lire est un vol utile

qui ne me répond pas ne s'intéresse pas

dans l’écrit soyons volubiles


Libérons-nous petits oiseaux

nous nous comporterons comme des hirondelles

la libertine au damoiseau

le moindre sentiment d’amour est infidèle

laissons-le donc à des oiseux


Puis dans un liquide élément

peuplé de mots giclant d’envies d’éclaboussures

(une encre coulant vivement)

c'est l'eau qui me cherche et me retrouve à coup sûr

un peu comme on colle un aimant

dimanche 3 mai 2026

Adaptation musicale de "Compromissions nécessaires" par SUNO

samedi 2 mai 2026

Pensum



Même en traçant des pattes-d’oie

parler de la beauté c'est créer un poème

et d’une plume entre les doigts

la main sur un beau corps est ce que la peau aime

et qui se paient de ce qu’on doit


Toute la douceur en vous

la tendresse et le geste affectueux dispensé

s'affirme en ce que l'on avoue

dans les infinités de nos mots impensés

dans les intentions que l'on voue


Faisant fi de la calomnie

qu'importe comment nous vivons mais nous vivons

notre amour est une insomnie

quand bien même éveillés souvent nous le rêvons

ce que le moindre pensum nie

jeudi 30 avril 2026

L’emprise



Tout amour est une illusion

comme de toi j’étais amoureux de Paname

et tout était fait d’allusions

ta bouche écho du sexe et tes yeux de ton âme 

un cœur aussi fait de lésions


Quoi qu’en relations l’on renoue

décroisant du Boul’Mich au Boul’vard Saint Germain

quoique l’on sache des remous

l'amour en vrai c'est prendre des seins dans ses mains

prendre la Seine en bateau mou


Mais en Normandie sans méprise

on entend dans l’été (fenêtre ouverte) un pin 

craquer sous l'effet de la brise

et s’offrir ostensible au tableau que l’on peint

sous l’effet certain de l’emprise