samedi 25 juillet 2026

Dépliées



De qui de nous vient l’émotion

l'attirance est un brin de rébellion sans cesse

et loin de toute acclamation

nous tirons le portrait d'un face-à-face en fesses

en lisant nos déclamations


Je t’aime et je t’aimerais tant

chaque instant que l’on perd est un bout d’imprévu

dans ma poursuite de ton temps

toute avalanche est un déferlement prévu

tout glissement un bon instant


Créer c'est d'abord oublier

la façon dont on cède à l'envie de s'aimer

c’est le moyen de tout plier

de se rouler la pelle afin de tout semer

de nos envies si dépliées

jeudi 23 juillet 2026

Effet d'impulsion



J’ai décidé de repasser

les bretelles de l'avenir accrochées sur

un fil à linge du passé

séchant formellement sur les questions c’est sûr

et les fantasmes dépassés


Mais quel qu’en soit l’amortisseur

en passion le désir et l'amour ou l'envie

sont des pierres de Bâtisseurs

rien n’est jamais plus désirable dans la vie

que les filets de vers tisseurs


En Poésie chaque émotion

se traduit par un ver en voulant papoter

(bien peu de manipulations)

je fabrique un fantasme en rêvant vos beautés

j'écris par effet d'impulsion

mercredi 22 juillet 2026

Les mondes inférieurs



Je suis farci de tentations

dont on s'entiche un jour en tant qu'un être humain

femelle ou mâle aberration

le joli jeu du genre est juste un jeu de mains

le jeu de la masturbation


Pondant mes affabulations

je repense à Rimbaud perdu dans son Afrique

étudiant les populations

mais notre abandon change en problèmes de fric

un peu de manipulations


Ce maudit soleil ultérieur

aux nuits se pose en vrac à la façon d'un monstre

en rugissant de l'intérieur

il est cette démence absolue qu'il démontre

issue des mondes inférieurs

mercredi 15 juillet 2026

L'eau dans le désert



Le froid de l'hiver incisif

un peu comme la solitude nous ensable

un peu comme un troublant Sisyphe

et nous ne survivons qu'en sachant périssable

un de nos instants décisifs


On retrouve votre beauté

dans vos plus beaux tableaux loin de ce qui m’ennuie

ces joies que l’on voulait m’ôter

dans la vie je m'enfouis mais parfois je m'enfuis

du froid d’un rêve escamoté


Commettant ce qui me dessert

en vous rêvant l’habit lumineux que je veux

comme étant privé de dessert

il pleuvait sur Brest et je pleure en vos cheveux

comme de l'eau dans le désert

lundi 13 juillet 2026

À la façon de Léonard



Le génie s'est souvent logé

dans des corps trop petits pour son immensité

la précision d’un horloger

dans les doigts dessinant des femmes la beauté

sans une erreur à déloger


Fasciné quand on l’est on part

à la recherche d’un modèle unique

éperdu comme on l’est en Art

à moins que l’on soit perdu que l’on communique

à la façon de Léonard


Avec un peu de sfumato

nos envies sont pétries des inavoués désirs

autant qu’on nous mène en bateau

la ruine du passé féconde un avenir

et quelques rêves de château

dimanche 12 juillet 2026

Les chemins creux



Les fleurs aussi belles soient-elles

en fait jamais n'auront ton parfum délicieux

tes dessins les font en dentelle

l'amour est transgressif et les yeux dans les yeux

l’élixir en est le cocktail


L'envie de vivre est un réflexe

et l’instant que l'on perd est un peu moins de vie

c’est le sentiment qui nous vexe

un temps mort attribué dont on veut le devis

ces moments qui nous lient au sexe


Aimer c’est croire aux lendemains

j'aimerais trouver du bon sens en mes désirs

et joindre à nouveau mes deux mains

les disjoindre afin de te donner du plaisir

au plus doux des plus creux chemins

vendredi 10 juillet 2026

Rosacée



Nous ne le disons pas assez

la femme est la plus belle invention de la vie

j’ai pourtant beau le ressasser

dans chaque poésie partagez-en l’avis

la femme est une rosacée


Ronsard en fit ses beaux versets

le plus parfait mensonge est une vérité

c’est son poème en inversé

qui juge en flagellant mais sans sévérité

les compliments tant déversés


La nuit se pose en chandelier

toujours en écumant des rêves les ruelles

et si j’étais son chancelier

jamais ma nuit d'amour en fait ne fut réelle

le lit ne fut que mon sellier

mercredi 8 juillet 2026

Ma planète



Ma planète était bigarrée

mais je ne savais pas — j’étais le dernier habitant

du Sol de mes clefs égarées —

tout instant que l'on vit tic-taque au cœur battant

comme un coucou suisse et carré


Quels que soient les mots indigents

si l’on m’accuse ainsi d’un crime crapuleux

qu’importe l’opinion des gens

je suis amoureux d'un horizon fabuleux

brillant comme un lac en argent


Parfois quand je songe au sevrage

où coule l’eau de vie pressée de nos pensées

je me remets vite à l’ouvrage

et déménager la maison des parents c'est

sauver ce qu'on peut d'un naufrage

lundi 6 juillet 2026

Volatile



L'amour est bien trop volatile

à tout ceux-là qui voudraient bien le mettre en cage

un poème un peu versatile

un essai de verset mais que le temps saccage

en boue qui se déverse utile


La vie ne tend pas le miroir

où nous voulons trouver le reflet qu'on attend

qu’on ait beau fouiller des tiroirs

en cherchant une clef qui ramène aux printemps

les mots ne sont plus nos terroirs


Ramener la graine inspirée

de ton divin regard au reflet de tes cieux

cela ne peut m’exaspérer

c'est le problème de ceux qui ferment les yeux

tout amour est désespéré

dimanche 5 juillet 2026

Les fruits de nos concupiscences



Si la bague est une rondelle

la croisée des chemins décide de l'Amour

amour issu d'une hirondelle

et de papiers volants marquant la fin du jour

et ce que d’aucuns liront d’elle


La Poésie ne se crée pas

le désir est le vecteur absolu du Verbe

on ne l’apprend que pas à pas

né bien planqué du vent l’abri du temps d’emblée lève herbe

un jour suivant le dissipa


Nos crayons sont sans indécence

on se les entremêle et cela nous fait jouir

aux fruits de nos concupiscences

on attribue parfois le fait s’en réjouir

absence éperdue de bon sens

samedi 4 juillet 2026

L'encre de seiche



Si la lumière est incertaine

offre-moi de ton sein l'ombre et le galbe unique

et de tes clichés en centaines

une impression papier qu’un noyé communique

en l’eau fermée de ta fontaine


Et dans les caniveaux des rues

tout désir est fortuit toute attirance aussi

dans nos canaux luisant de rus

la Poésie vogue — et ce n’est pas sans soucis —

d’un air issu de Delerue


Je n’ai pas assez de sagesse

ou bien trop de folie planquée sous le chapeau

jamais en moi rien ne s'assèche

écrire est don du sang qui coule sous ma peau

comme une encre noire de seiche

vendredi 3 juillet 2026

L'amour enfui



Tout désir est désespérance

celles qui me connaissent l'auront deviné

je suis roi de la déserrance

et qui dépend aussi de l’acquis de l’inné

sans héritiers en déshérence


On se fabrique un parapluie

chaque instant nous échappe et fait de nous l'absent

dans un enfer en paradis

nous sommes tous en fait des passagers du temps

qui se décomptent par radis


Chaque jour est là qui me nuit

le rêve est frelaté quand la passion dévie

rien ne survit à cet ennui

ta sensation stupide est un aveu d'envie

celui de notre amour enfui

lundi 29 juin 2026

Le damier de la mémoire



Rien ne survient par accident

la chair est vieillissante et reste aussi charmante

autant d’années se succédant

l’ont fouettée néanmoins mais elle est désarmante

et ses effets sans excédent


Comme un vieux tissu reprisé

ce bordel incroyable un endroit de plaisir

est à présent trop méprisé

l'amour est la décomposition du désir

en harmonies mal maîtrisées


Pourtant comme un jeune ingénu

je me promène en un gigantesque assommoir

un bourg de province inconnu

je suis un pion sur le damier de la mémoire

avancé par une main nue

dimanche 28 juin 2026

Les passions dévastatrices



Des années qui nous ont flétris

quand défraîchis nous rafistolons le lavis

de la boue dont on fut pétri

j'ai laissé le désir en place de l'envie

la noirceur aux destins meurtris


Pour avancer nous reculons

c’est le trajet d’un bateau ivre et sans coffrage

en nous noyant nous roucoulons

nous nous lançons des bouées pour survivre aux naufrages

et malgré cela nous coulons


Le pire advient — c’est le mépris —

nous nous sauvons quand la compagne est castratrice

et pourtant dont on est épris

l'Amour est le fruit de passions dévastatrices

on en paie forcément le prix

samedi 27 juin 2026

L’incarcération



Écrire où l’on parle est un cri

plus dur à proférer dans l’air abstrus du temps

que de parler comme on écrit

que d’inventer des changements comme un mutant

dans les besoins que l’on prescrit


Celle où celui qu'on attendait

n’est plus là pour aucun — n’en demandez pas tant —

mais même si l’on s’entendait

je me suis échappé de ton monde épatant

certains avant s’en contentaient


Qu’on cherche une harmonisation

la métamorphose n'est pas un changement

c'est une réalisation

ces bruits d'amour ont enfermé nos sentiments

nous brisons l’incarcération

Oblitéré



C'est un fantasme oblitéré

qui vient de s’insinuer dans ma vie de bohème

en m’agrippant au lit terré

(je suis en train de construire un nouveau poème

en des envies réitérées)


Dans ce grand songe à ça réduit

je n’ai plus de pays je n’ai pas de nation

si ce n’est mon désir et lui

se nie mais s'autorise en imagination

comme une étoile qui reluit


Sans vouloir être pudibond

la mort n'est qu'un passage entre se croire un tout

mais n'être enfin plus rien de bon

l’amour est un beau jeu qui se joue sans atouts

sans soubresauts mais fait de bonds

jeudi 25 juin 2026

Pure gemme



Le souvenir est un brancard

ramassé sur le champ des batailles de la vie

pour nous porter dans des rencards

inespérés par un caprice de l’envie

par une aventure en retard


Adoré sans assentiment

qui peut savoir ce qui lui reste absolument

comme un iceberg un sentiment

ne montre que très peu de ce qu'il est vraiment

sans savoir en fait s’il nous ment


Bien qu’usager de stratagèmes

en vérité ma foi j’ai beaucoup bataillé

le creuset des femmes que j'aime

est un puits de diamants détaillés non taillés

chacune est une pure gemme

mercredi 24 juin 2026

Grand-Huit



Du temps que le soleil avive

il y a de blancs papillons dansant dans l’air

une ronde incessante et vive

en bouffées de chaleur ainsi caniculaires

on aimerait bien qu’ils survivent


Il ne me reste plus qu'à prévoir

à quel point d’emblée je peux être insuffisant

pour te sembler passable à voir

aimable à défaut d’être un brin sécurisant

je ne suis qu’un cœur à pourvoir


Et si tu sens l’Amour un jour

il te faudra m'ouvrir à la façon d'une huître

au long couteau d’un contre-jour

un tourbillon qui nous avale est un Grand-Huit

en croyant que c’est pour toujours

mardi 23 juin 2026

Périssable



Je suis tout ce qu'on s'interdit

de fréquenter je suis un gibier de potence

et pourtant c’est connu mais dit

tout amour est stimulé par un stress intense

et robinsonne un Vendredi


L'idéal est de rencontrer

par accident létal le fromage et la poire

ou l’entre eux deux dans nos contrées

tout amour insoumis laisse place à l'espoir

à l’inconnu non démontré


La vie martèle un vrai tempo

rythmant ses jeux de maux d’un verbe intarissable

et dont on ne paie pas l’impôt

tout amour est à considérer périssable

aussi quand on l’a dans la peau

dimanche 21 juin 2026

Fouillis



Quand on saura ce qu’il faudra

pour être aimé sans corde au cou serrée

quand on saura dans de beaux draps

qu’en chaque instant que l'on dévore est inséré

l'endroit dont on se souviendra


Ce jour ainsi mais sans atouts

nous parlerons en fabriquant de la bouillie

de mots brûlants qui nous tatouent

je cherche désespérément dans ce fouillis

quel est l'indice indiquant tout


Longtemps j'ai survécu sans buts

mais à présent chez moi l’ancienne hypnose est rance

— enfin c’était un bon début —

chaque amour est un résumé de nos errances

où naît ce dont on se sent imbu

samedi 20 juin 2026

L'addiction pathogène



Toute tentative d'aimer

se solde en général à la fin par un couac

au vu des drapeaux à damier

que l’on retrouve ainsi noyés dans un cloaque

et dans un organe anémié


Quand nos deux cœurs au coude-à-coude

déploient en vain des ailes de papier mâché

notre parole aussi nous soude

à l’encaustique issue de mon poème haché

des réussites qui nous boudent


Dans le destin ce qui me gène

est chromosome aux bouts qui m’ont exaspéré

le sexe est hallucinogène

ne nous nourrissons pas d'amours désespérées

c’est une addiction pathogène

jeudi 18 juin 2026

L’écrivain du désaccord



J'écris tant que je peux encore

(attraper le présent fabrique un avenir)

reste aujourd’hui la chose en corps

ayant fait de mon cas le poète à venir

et l’écrivain du désaccord


Et même si l’espoir a lui

d’une flamme étouffée que l’absence adoucit

las je n’entrebâillait pas l’huis

l'amour est absolu l'abandon l'est aussi

mon portrait ne vieillit pas lui


l'art d'aimer c'est celui de fuir

un seul regard assure un contact entre nous

pourtant chacun cherche à s’enfuir

un jeu de dupe installe un gros nœud qu’on dénoue

puis là disparaître et s’enfouir

mercredi 17 juin 2026

Juger



Le soir est l'apogée du jour

un peu comme en nos vies nous devenons des vieux

juste en espérant que toujours

on se regarde en face en ayant l’air envieux

masqués derrière un abat-jour


On a très souvent supplié

pour un instant d’envie mais qui n’a rien à voir

(on a bien trop tôt tout plié)

le désir est caché dans l'envie d'en avoir

et de trop souvent l’oublier


Chaque poème est un objet

qu'on manipule en toute inconséquence aussi

— séduisant oubli du sujet —

la séduction parfois n’en est plus le souci

mais la façon dont on jugeait

samedi 13 juin 2026

Sûre concision



Je vous écris comme on respire

et mon imaginaire est rempli du mot "Femme"

en attendant au mieux le pire

on cède une bougie — toute petite flamme —

et son cheval pour un empire


Où ton sourire est ma fontaine

nos désirs ont besoin d'être réalisés

parfois jusqu’à la soixantaine

on se conduit bien mal au gré des alizés

comme un objet sans ses antennes


Le désir est l'indécision

mais la moindre attirance est pétrie d'intuitions

sans prêcher la circoncision

le sexe étant à l’homme un jeu de punitions

j’attends bien plus de concision

mardi 9 juin 2026

Clandestine idée



Les sentiments sont le poison

qu'on administre à chaque instant de nos choix

ceux-ci souvent sont à foison

tout juste issus des sensations qui nous échoient

formant ainsi tant de cloisons


Porter au mieux ses morts en soi

mon point sur l'horizon c'est l'au-delà boxé

de la pensée qu’un temps déçoit

puis relever du ring une âme cabossée

le poing dans un gros gant de soie


Quand la mémoire est intestine

notre attirance au sexe est naturelle et saine

elle est l’idée qui nous destine

à la survie voulue loin des idées obscènes

où l’existence est clandestine

lundi 8 juin 2026

Près de l’étang



Le talent n'a pas de frontières

il n'a que la limite inhérente à nos vies

ma jeunesse était avant-hier

et j’ai dans les genoux bien moins de synovie

mais en moi des idées entières


Aimer déjà c’est concevoir

rendre une main c'est prendre une virginité

s’écrire avant tout c'est tout voir

imaginer l’enfance en notre intimité

tout mûrir et tout prévoir


Il faut surtout faire un aveu

(j’y réfléchis me promenant près de l’étang)

les passions sont comme un grand feu

surtout ne les laissez pas s'éteindre avec le temps

que l’on déclame de nos vœux

dimanche 7 juin 2026

La suavité de ton parfum



Malgré des règles contractuelles

le froid du jour habille en vain ma nuit cachée

dépérissant d’un être actuel

où je n’ai su garder des occasions gâchées

la discipline intellectuelle


Aimer c'est vivre et respirer

rêver se fait dans toute langue imaginable

et tout ne fait plus qu’empirer

si ce n’est sauf apparaître un peu moins minable

un peu de quoi nous inspirer


L’encre en coulant de mots défunts

j'ai construit sans soucis des maisons de papier

des pans se terminant par « Fin »

me noyant dans la flaque où je n’avais pas pied

la suavité de ton parfum

samedi 6 juin 2026

L’ombre affranchie



Je ne t'avais pas vue ma cible

eh bien la vie durant nous rêvons de nos femmes

en les imaginant sensibles

aux préoccupations que nous trouvons infâmes

en tant que mamans ostensibles


Et dans l'ennui du temps qui passe

à n'avoir absolument rien su détailler

si ce n'est l'ombre qui trépasse

une femme amoureuse est un diamant taillé

comme un objet qui nous dépasse


Entrer mon sexe dans le tien

te regarder sourire en l’acceptant dans toi

tout est si fou quand ça nous tient

de la passion bâtie nous n’avons plus le toit

l’ombre affranchie nous appartient

jeudi 4 juin 2026

Les voies de la pensée



Mes pensées ont repris en chœur

un secret sourd anamorphique et que l'on garde

inconsciemment au fond du cœur

un doux moment que l’on vénère et qu’on regarde

à la façon d’un chroniqueur


Il est la justification

pure en laquelle on dissout le doute au sujet

des propres mystifications

dont on est à la fois le coupable et l’objet

dans d’étranges imbrications


J’ai mis l’amie de mon hiver

aux scories qu'évacuent les voies de la pensée

cela fabrique un univers

envahi d’amis mots quand on s’est dépensé

sans compter les pieds de nos vers

mardi 2 juin 2026

Le tombeau de Léonard



Chaque instant je te vois Joconde

avec un doux sourire en coin (dieu vipérin)

ta beauté nourrit ma faconde

une écriture y coule en un spasme utérin

que mon poème enfin féconde


Et je mesure ma diction

la maladie d'amour en gros n'est finalement

— comme celles de l'addiction —

que constituée d’un manque acquis banalement

dont on sale les additions


Reste entre Trouville et Dinard

un vieil air oublié d’expositions gâchées

quand on célèbre en plus d’un art

Amboise au bord de Loire (Angers juste en danger)

sur le tombeau de Léonard

dimanche 31 mai 2026

Les jardiniers du vide



J'ai conçu des paradis flous

la pulpe de ta chair éclate en jus salé

d’envies coulées que l'on renfloue

comme un vieux navire ivre ayant dû dessaler

sous l’horizon qui me rend fou


S’envolant comme une hirondelle

l'ombre de ma main s'est posée sur ton visage

oubliez ce qu’ils nieront d’elle

un sentiment d’amour est un heureux présage

un vœu sans anneau ni rondelle


Et pourtant d’un pas impavide

un se sent rassuré tandis que l’autre à peur

étant son assassin livide

— univers en miroir et son effet trompeur —

on est les jardiniers du vide

vendredi 29 mai 2026

Le temps passant du sans-soucis



Le temps passant du sans-soucis

j'ai rêvé nos vies comme on compose un poème

en écrivant novice aussi

je ne suis pourtant plus qu’un enfant de bohème

aimant les jeux qui dissocient


Tout se découvre en débutant

l'Art est un éventail ouvert à la demande

et de mes mots — les débitant —

je fis l’usage osé du « JE » mais qui commande

à qui n’en fut que l’habitant


L’instant que notre cœur agrée

chaque histoire en son sein recèle explication

du fruit que nos passions recréent

la nuit s'étend toujours après nos ambitions

jusqu’aux frontières des regrets

mercredi 27 mai 2026

Rêve éperdu



Rien ne laissera régresser

l’asile où les invalides sentimentaux

sans faute ont tôt fait de dresser

la liste noire des besoins fondamentaux

de quartiers de fruits dépressés


Rien de ce que j’avais escompté

je me sens aussi seul au sein de ce marché

dont les teints se sont estompés

qu’un maraîcher qui s'est efforcé de ranger

les salades à raconter


Rien ne va du rêve éperdu

de l’espoir et du vent quand tout amour inouï

se retrouve ainsi distordu

ne se retrouve plus dans un songe évanoui

néanmoins plus rien n’est perdu

dimanche 24 mai 2026

L'hémorragie



Quel amour aurait résisté

face aux réalités d’un nouveau temps qui ment

dès lors à quoi bon insister

fabriquer son destin c'est penser sentiments

si l’on ne peut pas exister


De vivre à quoi ça sert enfin

l’aspirine engagée nous réclame un devis

tandis qu’on est des morts de faim

toute unité dissoute est un comprimé de vie

qu’on avale entier à la fin


L'amour est une échappatoire

rien ne tient dans nos mains qui ne soit bien tangible

un cœur en sang l'hémorragie

découle en son sein du minimum exigible

après lorsque la mort agit

jeudi 21 mai 2026

Ce qui nous reste de squelette



L'amour est un gros parachute

toutes les tentations ne sont que tentatives

où tout n’est plus qu’une rechute

à la source du mal et d’une attente hâtive

ourlée d’une toile de jute


Un fruit de notre compassion

naquit d’un purgatoire et d’enfers aussi tués

des bornes que nous dépassions

sans paradis l'essentiel est de se situer

je suis l'enfant de mes passions


Se faufilant comme belette

le sentiment s’infiltre au fond de nos récits

sans moi tu sembles bien seulette

et dans ma poésie désossée j’apprécie

ce qui nous reste de squelette

mardi 19 mai 2026

Courir à sa perte



Dans un pavillon délivré

j'ai trouvé des bouquets de grand luxe un par un 

dont je veux vraiment m’enivrer

le premier déjà testé m'emmène très loin

comme un bateau bien manœuvré


L’Absolu Carven en apprêt

sensuel et capiteux puis le roi des parfums

Chanel Numéro 5 après

Marylin et sexuel où l’on découvre enfin

Femme de Rochas aussi près


Je crois la serrer toute inerte

assoupie dans ma mémoire où j’ai toute entière

une essence associée couverte

un peu par un passé fuir est perdre en matière

autant que courir à sa perte

samedi 16 mai 2026

L'enfant de la pluie



On aura beau serrer les poings

malgré nos accords et l’harmonie l'ennui

c'est ne pas comprendre à quel point

nous sommes aveuglés d’un éclat dans la nuit

qui tombe comme un contrepoint


La mer est l’ogre engloutissant

la carcasse affectueuse à laquelle on se pend

mais qui sans cesse emboutissant

nos regrets dessine un objet dont on s’éprend

ne rien faire est intéressant


Je suis un enfant de la pluie

chaque instant de soleil est un miracle inouï

ton bleu regard est un appui

guidant ma plume imaginaire et badine oui

dans la lumière au fond d’un puits

vendredi 15 mai 2026

Le style



Dans le voyage est une voie

dans le bruit de la nuit j'entends l'écho des rêves

et celui charmant de ta voix

la vie se consume et notre jeunesse est brève

un temps simplement qui se voit


Pourrait-on parler si longtemps

qu'on ne dirait pas mieux — l'essentiel est le mot —

celui qui claque à tout printemps

tel une fleur éclose aux vents d’un chalumeau

forgeant sa force à contre-temps


Le désir est le distillat

d'une attirance obscure au fond d'un trou brillant

comme un tunnel il instilla

ce besoin de lumière au charme émerveillant

de feux l’attrait que mon style a

mardi 12 mai 2026

Fantôme



Ce sentiment si vaporeux

contribue sans cesse à forger ma poésie

sortie d’un canevas poreux

perméable à ces mots moquant mon amnésie

disant ce que je suis pour eux


Ce sont sous ces soucis mentaux

que se cache un passé dont on sait la contrainte

en ôtant soudain son manteau

la douceur d'un baiser vaut bien plus qu'une étreinte

on l’oublie moins vite et moins tôt


Consommer des litres de vin

n’y fait rien pour autant mais chassant la déprime

aucun de nous là n’est devin

chaque illusion de l'autre est un fantôme en prime

on poursuivra son ombre en vain

lundi 11 mai 2026

Narcisse



Je suis le reflet du miroir

ici le lac est une flaque de mercure

et moi pantin dans son tiroir

et l'on se noie dans le reflet de l'écriture

où Narcisse est dans son mouroir


Un rien suffit à s’émouvoir

un berceau d’eau nous enveloppe étonnamment

tout prête en fait à se mouvoir

ondulant du bassin quand je suis ton amant

l’humidité se donne à voir


Est-ce un liquide à recevoir

un chaud fluide amniotique en anathème

un peu de l’encre à percevoir

au gré des mots coulant de source en un baptême

et qu’on ne peut apercevoir

dimanche 10 mai 2026

Inconsistance



La Liberté compte en premier

tout amour est défunt s'il ne sait ce qu'il feint

s’il ne sait être infirmier

de ce vrai-faux début dont on connaît la fin

qui laisse place à mon plumier


Qu’on le bâtisse à la truelle

à la taloche en un caveau rien ne se vit

peu m’importe qu’il soit cruel

le vrai désir est un amour inassouvi

faim de loup d’un Pantagruel


La limite est dure et très fine

à chaque interstice est un début d'existence

et quoi que j’eus mes endorphines

une preuve oubliée de mon inconsistance

est sous l’action de ma morphine

samedi 9 mai 2026

La ballade de la geôle de Taganrog



En hommage aux citoyens-soldats d’Ukraine



Le jeune lieutenant des forces ukrainiennes

à leur avis parlait trop.


Beaucoup l'appelaient « le bavard »

il argumentait sans cesse

ils l’on roué de coups

d’humiliations

de violences

il avait des lésions

des hématomes

accumulés

qui ont pourri sur les fesses

et l'arrière des cuisses

il est mort dans cette prison russe

il est possible que son corps ait été enterré

sans nom.


Des milliers

de soldats

de civils

ont été soumis à des atrocités

physiques et psychologiques

au sein de centres

en Russie 

en Ukraine occupée

le pire a pour nom

Taganrog.


C’est là que j’ai su

qu’on les avait brisés

comme des chiots.


La plupart ont été privés

de communication avec l’extérieur

ainsi que cela se faisait

du temps du goulag.


Ils arrivent à changer vos pensées

vous faire croire que plus personne

ne vous attend.


Le chef a donné carte blanche

« utilisez sans restriction

la force physique

et personne n'en sera tenu responsable 

travaillez avec sévérité, ne craignez plus rien ».


Mais un gardien s’est enfui

« je n'aurais pas pu vivre avec ça

regarder mes enfants dans les yeux. »


Nombre de ses collègues

étaient heureux d'avoir l'occasion d'employer

toute la violence qu'ils voulaient

sont partis accomplir avec joie

leurs missions.


Dans un couloir formé de geôliers

les frappant de tous côtés

nombreux ont subi cette torture infligée

déjà

dans des « camps de filtration »

de Tchétchénie.


Puis, les coups continuaient

des détenus réduits à l'état d'animal terrorisé

« Je suis un être humain

j'ai de la valeur »

ainsi résistent les plus forts.


À Taganrog

au fond du trou

les méthodes de tortures

incluent aussi l'électrocution dans les parties génitales

les attaques de chiens

les viols

les pendaisons simulées

j’en sais même un

d’avoir été si affamé

qu'il en est venu à manger des cafards

attrapés dans sa cellule

et certains

dévoraient des souris crues.


S'ajoutent à cela

de nombreuses règles de soumission

l'interdiction de regarder dans les yeux

rester debout pendant seize heures d'affilée

sans l'autorisation d'aller aux toilettes

(et tous se faisaient dans le pantalon)

des expérimentations

se tenir par la main

passer de l'électricité à travers eux

(pour voir à peu près

combien de personnes en souffriraient)

les prisonniers étaient battus avec des tuyaux de chauffage

(en polypropylène

ils ne cassent pas)

des médecins russes ont gravé les mots

"gloire à la russie" sur le ventre d'un prisonnier

lorsqu'il a été opéré.


Dites-moi

de quel bord

est le camp des nazis.


Je vous le jure

un jour la russie s'excusera.

Les coupables ?

On les retrouvera

puis on les punira tous.




Texte inspiré de l’article de l’AFP du 08/05/2026,  bur-rco/dp/bfi

https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/russie-plongée-dans-la-machine-à-briser-les-prisonniers-ukrainiens/ar-AA22FOXs?ocid=socialshare


jeudi 7 mai 2026

Morveux



Un amour est un papillon

si l'Amour à l'origine est un ministère

il est celui que nous pillons

l'origine d'amour est bien un grand mystère

un rêve au creux d’un roupillon


Celui qui néglige ô combien

l'être est profond s'ignore et laisse aux gémonies

le doux soin du mal ou du bien

le choix des convenus de son hégémonie

la punition qui lui convient


Je ne connais pas de parfaits

même en pays Cathare et qu’on se remémore

une hérésie s’éteint par feux

je n'ai plus d'amour ambitieux le reste est mort

en mes ambitions de morveux

mercredi 6 mai 2026

Dante



Parfois le compte n’y est pas

la perfection se trouve en notre imperfection

si je ne lui obéis pas

je répondrai du vide et de notre affection

dans d’improbables pays bas


Combien mon poème vit d’ailes

aux mots du transport et dont l’âme vagabonde

en sachant ce que l’on fit d’elle

l'amour est une croix qu'on porte au bout du monde

à laquelle on se lie — fidèle —


La Beauté ne se donne pas

ni ne prend les démons des maux me poursuivant

dans l’infernal épiscopat

dont on repeint le mur attendant son suivant

Dante ainsi ne pardonne pas

mardi 5 mai 2026

Éclaboussures



Toute attirance est volatile

la mettre en poésie je le fais de ce pas

si me lire est un vol utile

qui ne me répond pas ne s'intéresse pas

dans l’écrit soyons volubiles


Libérons-nous petits oiseaux

nous nous comporterons comme des hirondelles

la libertine au damoiseau

le moindre sentiment d’amour est infidèle

laissons-le donc à des oiseux


Puis dans un liquide élément

peuplé de mots giclant d’envies d’éclaboussures

(une encre coulant vivement)

c'est l'eau qui me cherche et me retrouve à coup sûr

un peu comme on colle un aimant

dimanche 3 mai 2026

Adaptation musicale de "Compromissions nécessaires" par SUNO

samedi 2 mai 2026

Pensum



Même en traçant des pattes-d’oie

parler de la beauté c'est créer un poème

et d’une plume entre les doigts

la main sur un beau corps est ce que la peau aime

et qui se paient de ce qu’on doit


Toute la douceur en vous

la tendresse et le geste affectueux dispensé

s'affirme en ce que l'on avoue

dans les infinités de nos mots impensés

dans les intentions que l'on voue


Faisant fi de la calomnie

qu'importe comment nous vivons mais nous vivons

notre amour est une insomnie

quand bien même éveillés souvent nous le rêvons

ce que le moindre pensum nie

jeudi 30 avril 2026

L’emprise



Tout amour est une illusion

comme de toi j’étais amoureux de Paname

et tout était fait d’allusions

ta bouche écho du sexe et tes yeux de ton âme 

un cœur aussi fait de lésions


Quoi qu’en relations l’on renoue

décroisant du Boul’Mich au Boul’vard Saint Germain

quoique l’on sache des remous

l'amour en vrai c'est prendre des seins dans ses mains

prendre la Seine en bateau mou


Mais en Normandie sans méprise

on entend dans l’été (fenêtre ouverte) un pin 

craquer sous l'effet de la brise

et s’offrir ostensible au tableau que l’on peint

sous l’effet certain de l’emprise

lundi 27 avril 2026

Opuscules



J'ai perdu le sens du sensuel

et le mécanisme de la sexualité

mais si mes mots sont consensuels

la Poésie se crée de contextualités

qui n’ont rien de besoins sexuels


En pianotant les gouttes vont

la pluie qui tombe est la partition de nos cieux

nos mains se lavent au savon

la trace est là restant l’expression de nos yeux

de si peu de ce que nous savons


J'adore sentir au crépuscule

un mélange enivrant de sève et d'herbe hachée

ton onde est bien mon corpuscule

et ta forme adorée loin du papier mâché

que je réduis en opuscules



dimanche 19 avril 2026

Les couches de suie



Je ne suis qu'un produit d'appel

avec son lot de promesses de déceptions

ma feuille morte à la pelle

écrivant dans la rue ne fait pas exception

chacun son Dieu dans sa chapelle


Loin d’un bûcher rouge on s’enflamme

en vivant de la mort à son degré social

et soutenu jusqu’à l’infâme

on soutient son désir en des joutes martiales

l’envie vis à vis de ces femmes


Maudissant tout ce qui s'enfuit

— la sorcière à son bras quand c’est la mer à boire —

on oublie tout ce qui s’ensuit

l'ombre d'un espoir est celle du désespoir

et nos nuits des couches de suie

jeudi 16 avril 2026

Compromissions nécessaires



Je garde en rancœur absolue

— l'amour est une punition s'il est tout seul —

un cœur inerte et qu'on pollue

bien refroidi comme un cadavre en son linceul

le cercueil étant dévolu


Le désir est un objet sourd

évidemment puisqu'il ne s'entend pas vraiment

ce n’est pourtant qu’un bruit qui court

et si vite et si fort et si rapidement

qu’il embolise nos parcours


En pompant du sang la viscère

est loin de pomper des sentiments dans la vie

ni sans savoir à quoi ça sert

et surtout sans couteaux sous la gorge à l’envi

sans compromissions nécessaires


mercredi 15 avril 2026

La Dame du Lac



C’est une onde offerte aux déments

la marée qui s’en vient qui s’en va me nuisant

— tentation du débordement —

chaque nuit chaque ennui me nie m'amenuisant

mais ce qui me saborde ment


La vérité c’est qu’on descend

notre attirance est un rituel océanique

un liquide un fluide un des sangs

qui circule en nous tous et coule en Titanic

un derrière en l’air indécent


La liberté c'est sans contrainte

une liberté sans enjeux financiers sans drames

un amour ému sans astreinte

un miroir est mon lac et j'y guette mon âme

et sa dame à la tendre étreinte

mardi 14 avril 2026

Biscornue



Nous sommes les avant-propos

du récit qu'on fera des chemins de nos vies

parcheminé de qui-pro quo

d’une interprétation comme on donne un avis

dans un grand coup de sirocco


Chaque hésitation se conjugue

à l'impératif imparfait conditionnel

l'amour est l'objet que subjugue

une volonté d'entrer non intentionnelle

en ce morceau dans cette fugue


En m’enfuyant vers l’inconnu

j'ai perdu la raison des suites numériques

comme un combat face aux bras nus

d’un conquérant tout rouge et que l’on nomme Éric

comme une saga biscornue

lundi 13 avril 2026

Étincelle



Un rêve est mais nous l'obérons

comme chez le grand singe d'une nuit d'été

les mots d’un cruel Obéron

rimaillant vaguement son jus sans s’arrêter

feront que notre globe est rond


La Terre — univers parallèle —

abrite en son giron mon grand assassin blême

au gène écorché par allèles

au désir insoumis se révèle un problème

où ma plume ainsi para l’aile


Lorsque l’on reconnaît bien celle

à laquelle on prétend de nos corps emboutis

(mais dont l’existence est un sel)

une âme est impalpable aux doigts d'un abruti

chaque choc est une étincelle

samedi 11 avril 2026

Élégie



J'accepte en tes baisers trop lestes

un poids de culpabilité que j'aurais déchiré

qui me ferait larguer du lest

en te quittant sans jamais t'avoir désirée

tout juste handicapé du test


Auquel la réponse est cruelle

le sexe d’une femme est l’écho de sa bouche

aux lèvres — pourparlers sensuels —

à la douceur inouïe du satin de sa couche

indécent fragile inusuel


L'amour est une stratégie

la nuit s'offre à nos yeux sans rêve et sans mémoire

en fin de calcul elle y gît

je t'ai laissé du sable en guise de grimoire

il coule comme une élégie

jeudi 9 avril 2026

Les espoirs ineffables



On s’en rend compte aussi parfois

chaque amour alimentaire — île soulevant —

c’est un pansement sur la foi

tandis que s'alimenter d'amour est souvent

un poison violent pour le foie


Tristesse alcool et l’abandon

l'aiguille d'un midi qui ferme à quatorze heures

la tendreté nous l’attendons

la douce viande issue d’Éros (un partouzeur)

et de son arc que nous tendons


Dans le désir un feu crépite

avec un craquement qui nous compte une fable

on cherche tous une pépite

un peu juste au sujet des espoirs ineffables

où mes amies se précipitent

mercredi 8 avril 2026

Un pari



La Poésie c'est un dialogue

avec celle qui nous lit dans ce qui nous lie

dans ce qui nous rend analogues

et nous voguons saoulés mais dans son lent roulis

la vie n’est qu’un grand catalogue


À propos de ce qu’assumer

nous faisons souvent fi des maux qui nous abîment

on sait bien en fait qu’à s’aimer

chaque tentative est une mise en abyme

et tout désir à consommer


Quand les amoureux s’apparient

quand le printemps revient puis son soleil aussi

traînant sur les quais de Paris

on se rêve on s’invente on s’en fait le récit

nos perditions sont un pari

lundi 6 avril 2026

Bien involontairement



Le sentiment de toute-puissance

emmène une infinité de gens dans le mur

un doux rapport à l’impuissance

et dans les miaulements simulés qu’on murmure

rien ne conduit à la jouissance


On ne guérit pas en trois mois

ni même en quelques décennies d'un traumatisme

on développe en son for moi

la forteresse issue d’une forme d’autisme

hérité d’un ancien émoi


Chaque amour est un errement

le présent n’est que ce que le passé trépane

on croirait un enterrement

l'amour accumulé dans ma mémoire en panne

et bien involontairement

dimanche 5 avril 2026

Ma langue au chat



Je sais très bien les mots qu’on lance

en voulant ne plus avoir le moindre aphorisme

à faire osciller dans la balance

espérer désespérer dans l'éclat d'un verbe

à conjuguer dans le silence


Et malgré tout passé formel

la fable incongrue d'une femme qui m'observe

est bien là pour que je m’emmêle

les pinceaux sans cerveau que je conserve

en pestant de quoi je me mêle


Il y a loin du jeu déjà

du soleil dispersé des amours fulgurantes

un imprudent prêchi-prêcha

dans la bouche bée d’une pâle figurante

où j'ai donné ma langue au chat

samedi 4 avril 2026

Frénésie



Tous nos désirs et nos fantasmes

ont pris leur source au creux des reins d'amoureuses

à grands coups d’humeur et de spasmes

on a bien souvent cru pouvoir en rendre heureuses

et c’était bien loin de l’orgasme


En toi je me casse les dents

sur un clavier salé d’un si beau sexe offert

et je sais qu’en m’y hasardant

chaque instant que ta peau m'effleurant marque au fer

est l'objet d'un désir ardent


Si fait je sais qu’en hérésie

l'entrée de l'écriture est aux portes du Verbe

en récitant mes poésies

j’essaie de les franchir à la façon d’un adverbe

improbable en sa frénésie

vendredi 3 avril 2026

L'esprit d'adolescence



Par un bout de ma fenêtre

un de mes regards est porté vers le lac

il absorbe un nouveau soir

à la façon

d'un gros dinosaure herbivore.


En Finistère

au bout du monde

on est déjà dans l’ailleurs

au bord de l’océan sans fin

dont en pensait qu’il nous précipitait dans l’abîme

et c’est peut-être en vrai la vérité

dans ce qu’on délave

hérité

de la jeunesse éloignée

perdue dans les limbes

où le souvenir égaré

choisit d’autres chemins

ceux des tourbières

au Yeun Elez

entre un Roc’h et l’autre et recouverts

à l’infini de landes

et baignés dans l’eau de pluie qui s’accumule

en délavant les images oubliées.


Les monts d'Arrée

de par leur étrange appellation

marquent à la fois le départ et la fin

je crois bien être un des enfants

de ces plus vieilles montagnes du monde

où tout se perd et se rejoint

tellurique et puissant

juste écrasé de Nature

et me souvenant du passé

que je vous raconte en poème

à la façon des chansonniers.


Les gros dinosaures

herbivores

ont disparu sans plus rien à manger

la mémoire anthropophage est vive

et mon disque dur en boucle

— au micro professeur —

envoie le son

d’une chanson

d’un suicidé

de satiété

d’un post-adolescent

blondin comme les blés

les pieds dans les glaïeuls

il est comme un aïeul

et dort au Val-fourré

qu’est notre Père-Lachaise

où gisent des géants.


Partager de la musique

est une façon de communiquer

des morceaux profonds

de ce qui nous constitue.


C'était il y a plus de trente ans

j'étais assez beau garçon

je faisais mon service militaire

au sein de la

Marine

Nationale

Française

à Brest

en discothèque

il m'est arrivé d'embrasser des filles

en dansant sur ce morceau mythique

ensuite

on est parti en Afrique

on est revenu

— la salive est une denrée rare —

à Brest

au port de commerce

il y avait une discothèque appelée "César"

à Guipavas

le "Melody"

ce morceau retentissait comme une apothéose

aimer d'amour est une lente destruction

Kurt Cobain avait compris ce froid concept.

mardi 31 mars 2026

Un laps



Dis-moi la façon d'oublier

les leçons de la recherche et du temps

comment du passé tout plier

quand un moment le vent de ce boulet s’étend

tandis que tremble un peuplier


Dans les instants qu’aidé j’aimais

la grande bourgeoisie que la nature abhorre

est sortie de mon monde et j’étais là déjà mais

rien ne vaut ce qu’une femme mature adore

on n'en guérit parfois jamais


Je m'incarne en mon beau pays

tant et si bien que je le présente à ma place

ce bout du monde est ébahi

par un laps suspendu que la beauté remplace

ce sablier qui l’envahit

lundi 30 mars 2026

Les amours jaunies



Sans même l’avoir décidé

nous bâtissons en nous tant de châteaux de cartes

en attendant téléguidés

le paradis fleuri que tes jambes écartent

toute femme est une orchidée


Ta bouche est une porte ouverte

(tout amour influent crée destinée béante)

à de nouvelles découvertes

ton attraction ma planète est une géante

telle une vieille plaie rouverte


Alors en me décomposant

mort absolu de peur et de rire jauni

j'essaie d'écrire en composant

de mes mots façon Tristan Corbière (un Génie)

ma mélodie d’or imposant

dimanche 29 mars 2026

Serpent visqueux



Chaque instant qu'on vole au présent

représente un trésor et puis nous réconforte

au-delà des yeux méprisant

j'aimerais tellement que la vie soit plus forte

et le passé moins malfaisant


Ma plume assez folle en fusion

gratte un papier brûlant comme un signal d’alarme

en mon verbe emplit d'effusions

bien trop souvent la pluie du cœur est l'eau des larmes

et la source de confusions


Serpent visqueux mais condamné

toute attirance est illusoire et fruit du vide

dont les anneaux soudain damnés

sont à mon ombre objet des égéries livides

un déjà trop grand nombre d'années

samedi 28 mars 2026

Comme Rimbaud



Tout amour est un abandon

toute beauté n'est qu'un aveu de bienvenue

vous le savez quand nous bandons

c’est bien souvent qu’en un fantasme on vous veut nues

comme un tison comme un brandon


Ce que Dieu m'a donné n’est rien

le feu de Prométhée ce sont mes sensations

vêtues d’un soupir aérien

la beauté féminine est ma compensation

je ne sais pas si c'est un bien


Je ne sais pas si le corbeau

que tu remues m’est dû mais je le sens tu mens

le sexe n'est jamais plus beau

qu'en l'oubliant dans un pâté de sentiments

qu’en l’oubliant comme Rimbaud

vendredi 27 mars 2026

Piraté



J’avais cette lucidité

qui me laissait en proie soumise et recueilli

(parfois de ta virginité)

mais à la fin — l’histoire aidant — j'ai cueilli

les fruits de l'infidélité


Nous nous pensions comme deux mages

et nos crimes sont là qui nous rendent coupables

(art de détruire et c'est dommage)

un changement d’aspect dont j’étais incapable

en tout lieu d’un dernier hommage


Je me souviens de nos ratés

je me souviens souvent des amours impatientes

et nous comme des dératés

toutes nos séductions nous étaient inconscientes

et nos deux âmes piratées

jeudi 26 mars 2026

Maritime



C’est sur vous que je peux compter

je puise un élixir étrange en vous Mesdames

il me pousse à vous raconter

comme sur un damier comme on jouerait aux dames

en vous guidant dans mon comté


Si tout me vient soudainement

c'est que le temps perdu veut se venger de moi

souvent la Cybérie ne ment

qu’à ce trajet sans fin qui nous prendrait deux mois

qu’on vit comme un évènement


Nous pensons être des victimes

(mes rêves sont légions repeuplant ma région)

les endroits nous sont tant intimes

en fait on vit de ce dont nous nous arrangions

dans ces contrées si maritimes

mercredi 25 mars 2026

Ancêtres



Comment inventer le présent

lorsqu’un avenir enfuit le passé trépasse

en souvenir omniprésent

l'amour est une attente hors de ce temps qui passe

et se montre en fait écrasant


Quand viennent les nuits d'équinoxe

alors étrangement sa voix s'adresse à moi

la Poésie n'est pas de l'intox'

elle est juste équilibre d'un astre en ce mois

que l'autre envahit que l'un boxe


Avant de fuir on peut sans s’être

empêché sur les mots de bien se reposer

rêver de mourir au sens « être »

écrire est une façon de se décomposer

pour retourner chez nos ancêtres

mardi 24 mars 2026

Une dose d'ennui



Les pluies de nos incertitudes

affluent dans les torrents de nos dévastations

coulant avec exactitude

au creux de nos saillies qui font déjà stations

chemin de croix des servitudes


Dans la solitude j'écris

tous ces infinis maux qui se changent en mots

du coup qui se changent en cris

qui se changent en coups de rancœur animaux

dans le non-choix de mon Je gris


J'aimerais avoir froid la nuit

mais ce n'est plus le cas ma solitude est chaude

et si plus rien du tout ne me nuit

c'est que je ne suis plus que ce chat qu'on échaude

avec une dose d'ennui

lundi 23 mars 2026

La Désirade



La Désirade où parvenir

revenue d'un sourire au chemin de ta bouche

est l'avenue d'un avenir

et la rue des pavés dépravés où l'on couche

en cherchant l'amour à venir


Rien ne te verra comme un prix

rien n'est plus beau qu'un désir de femme en chaleur

rien n'est plus laid que son mépris

ruminant les tourments  comme une vache à l'heure

eh bien j'étais quand même épris


Je ne suis qu'un petit poucet

cherchant des cailloux blancs sur le chemin fangeux

d’un amant souvent repoussé

le sexe est merveilleux quand il est sans enjeux

quand le linge est bien repassé

dimanche 22 mars 2026

Moins mourir



J'ai fréquenté des endroits louches

où la sexualité de vrais faux innocents

se servait souvent à la louche

et de la trahison qui fermente en nos sangs

le goût souvent nous reste à la bouche


À peine issu de leur matrice

ces femmes que j'attire ont l'âme maternelle

et la volonté protectrice

en restant dans un placenta sempiternel

le jouet de ces dominatrices


Ailleurs en grandissant enfin

comprenant ça je me promets d’au moins nourrir

une alternative à la faim

nous cherchons de l'amour afin de moins mourir

et de mieux survivre à la fin

samedi 21 mars 2026

Insaisissable



Je m’entoile et suis décoté

la blessure est bien là quand je dépeins mes croûtes

écorché vif à vos côtés

je suis pendant d'oreille à celles qui m'écoutent

(il est si bon d’être écouté)


Poison du marbre de Carrare

écrire est un pari contre un oubli de soi

le passé comme le curare

racontant ce récit de vie qui nous déçoit

rend la beauté de vos culs rare


Et peu m’importe la saison

le grain de votre peau s’écoulant comme un sable

au point d’en perdre la raison

la femme de mon rêve est juste insaisissable

idéale et sans comparaisons

vendredi 20 mars 2026

Le faux cil

J'ai métissé mon écriture

à grands coups de couteau sur la toile au grand lustre

en imitant ma signature

un désir est un leurre et son reflet l'illustre

retissant la Littérature


Haïr n'est pas si simple en fait

il faut pouvoir aimer sans être un prédateur

et puis répandre un cœur en fête

où solitude est la rançon du créateur

où créature est sa défaite


Aimer n'est pas si difficile

il suffit de se démentir en disant non

les collections sont des fossiles

les femmes de ma vie sont des beautés sans nom

le paradoxe est un faux cil

mardi 17 mars 2026

La chose à perdre



Le corps est un état d'esprit

si nous les enfants d'un insensé grandissant

suivons les bons vents qu’Hermès prie

nous serons plus légers que ce dieu bondissant

sur une voie qu’un express prit


Le temps sera bien entendu

propre à nous redonner le goût de la surprise

et nous saurons qu’enfin tendus

chaque adoration n'est qu'innocence incomprise

arc à bander comme attendu


Sexe et puis chair à regarder

j’ai remonté ce temps comme le cours de l’Erdre

et des rivières retardées

chaque amour absolu n'est qu'une chose à perdre

à vouloir autant le garder

dimanche 15 mars 2026

Sans aller-retour



L'amour est fait d'inspirations

(j'ai laissé mon empreinte au creux de ton oreille

en soufflant ma respiration)

la Poésie c’est un langage corporel

ligaturé d’aspirations


La haine est faite en expirant

d’un fiel abstrus comme un soupir est carnivore

on se conquiert en empirant

quoi que nous y fassions nos passions nous dévorent

en recherchant un soupirant


Le bruit du cœur est sans secours

en dysfonction de nos états émotionnels

un état d’âme est sans recours

où l’histoire à cueillir est au conditionnel

l'amour est sans aller-retour

vendredi 13 mars 2026

L'écran de l'ego



Sur tous les continents

la condition humaine imagine un peu les

mêmes recettes

en général les amants s'aiment

et se racontent

à l'entour leurs envies

— les désirs sont du domaine privé —

puis se rêvent un peu

faussement dans une idylle fantasmée

touchante de naïveté

car leur vérité n'alimente au final

en les filmant

qu’un drame de Prévert et tourné par Carné.


Rares sont ceux

qui se souviennent

du "Jour se lève"

et fricotent outrageusement

frénétiquement

dans l'anxiété d'une guillotine indexée

directement aux liens qu'elle doit couper

furent-ils physiques

amoureux ou cérébro-spinaux.


La relation entre les êtres humains

d'où qu'ils soient

c’est donc une moelle intense

et complexe unissant

leur pensée lourde à leurs mouvements de pensée

leurs sentiments lourds à leurs actes

sans que jamais

cette continuité

ne se garantisse implicitement

tant elle est sensible et fragile.


Gabin

Gabin qui est Prévert en beau

qui allume ses clopes pareil

— la suivante avec le mégot d'la précédente —

et gouaille un parigot d'la même eau

c'est un peu nous tout ça, non ?

C'est ce qui fait l'immortalité de ce film

puisque nous l'portons encore avec nos vies d'chiens.


Le drogué

c'est celui qui s'offre une aide

afin d'affronter le chemin

de croix

viscéral au long duquel un

autre se serait suicidé.


La mer est comme un écran sur lequel

les poètes projettent

(et vainement) le film de leur vie rêvée.


Plus prosaïquement

j'en connais peu

qui s'y soient véritablement affrontés

— pas même Hugo, faiseur de vents entre les lignes —

et les si longues métaphores

comptent à mes yeux

bien moins qu'un sémaphore.


Il arrive un jour où

puisant en soi

comme en une terre aride et chaude

on perce enfin la nappe et frénétique

issue d’une existence véritable

et non des projections

qu'on s'est fait de soi

sur un écran factice

auquel il n'est nul audacieux spectateur

sinon son propre ego.

mardi 10 mars 2026

Le rêve phocéen





J’ai su le rêve phocéen

Marseille étrange et belle inconnue toute nue

blanche comme la peau d’un sein

mais si multiple en décroisant ses avenues

son peuple étant comme un essaim


J’ai pu respirer sans entrain

chaque femme est si belle — on ne sait qui choisir —

et l’air ici c’est comme un train

qui file un bas avant qu’on en ait le loisir

ou qu’on fisse un alexandrin


J’ai vu ce juif arabe errant

le Mistral et son atmosphère qui nous mord

ou son soleil exubérant

le seul espoir en nous c'est celui de ta mort

Ophélie d’un Sud aberrant

lundi 9 mars 2026

Jamais changer



Chez les adeptes du grimage

gestes sont commis qui sont kaléidoscope

entremêlant leur lot d’images

je n’ai donc pas besoin d’un brillant horoscope

pour interpréter mieux qu’un mage


Je ne pourrais jamais changer

qu’en refusant de vivre en paix mais rien n’offre âge

à celui qui veut engranger

des sensations dont la divine est un naufrage

j'ai rêvé l’amour en danger


Maintenant ma ressource est sûre

écrire est ma façon de tromper le présent

conter ce dont la source assure

en chargeant le passé d’un futur écrasant

mais que la Poésie rassure

samedi 7 mars 2026

Gestation



Qu'est-ce qui compte dans la vie

sinon se sentir bien quand on en fait mine (hein ?)

Parfois quand elle a son avis

la main d'un homme est le creuset du féminin

d’un plaisir aux doigts qui dévient


Nous recherchons la soie des peaux

qui nous requalifie (parlant ainsi d’amants)

mais elle n’est pas en dépôt

la nuit commence aux yeux qu'on ferme incidemment

c'est l'art de dicter les tempos


La mélancolie m'envahit

de tous nos trains ratés qu’importe la station

du métro la bouche ébahie

tout amour est un avenir en gestation

dont le terminus est trahi

vendredi 6 mars 2026

L'anomie



Si vraiment je suis contre les gens qui sont contre

alors je ne suis pas pour les gens qui sont pour

et rien ne vaut jamais le temps d’une rencontre

afin de discuter sans sortir un tambour


On se décivilise à coups de manivelles

oubliées les idées que ma conscience épiait

le mécanisme est là qui par le bas nivelle

le globe est plus beau quand on le regarde en biais


Je veux trouver les mots parlant à mes amis

du Monde et ses nations dont je sais l’attitude

un couple ambivalent souffrant de trisomie


Le froid de chaque nuit remplit d'incertitudes

dans le bleu de tes yeux j'ai relu l'anomie

de la terre emblavée de grains de servitude

jeudi 5 mars 2026

Autant en emporte le tain



Dans mes poèmes syncopés

j'effleure mes années (tant de pétales morts)

ou comme les onglets coupés

d'un agenda mené quand à cheval on mord

on trouve un signe à découper


Les mots sont bien les plus sensuels

l'amour est une chose intangible et fluette

on l’écoute il devient sexuel

enfle et s’étend (quand ce ne sont pas des bluettes)

et pourtant n’est pas consensuel


Le sexe d'une femme est un

paradis mou que l’on ne sait jamais tenir

et la passé — miroir éteint —

c'est toujours ce que nous n'avons pas su retenir

alors autant en emporte le tain

mercredi 4 mars 2026

La Lune



Quoi que l’on mette en parallèle

le célibat fabrique en nous d'autres passions

plaisir ou gène et par allèles

un goût subit du sexe et de ses obsessions

de l’envie qui n’est pas râle elle


Des mains se faufilant soudaines

ont l’art abstrait de communiquer par hoquets

des petits cris doux qui font haine

(écrire une beauté confine à la croquer)

ton joli corps est ma fontaine


Nul ne sait jamais en aimant

mesurer le désir y compris même entier

son bien-être en tant qu’amant

vivre est un désespoir à chercher sa moitié

la Lune véritablement

dimanche 1 mars 2026

Impassible



Il pleut sur le lac impassible

il pleut sur une idée que j’avais de la vie

qui pleut sur un rêve impossible

un peu comme un enduit comme coule un lavis

sur un mur hideux pris pour cible


Bleue grisâtre est l’eau de mon lac

qui se marie sans consentir aux cieux fermés

l’humidité lie comme laque

entre deux os qu’articule un air renfermé

l’imposant nuage à sa flaque


Que devient le Monde aujourd’hui

le Bout du monde est en train de pleurer

le bout de l’enfer introduit

dans la bouche entrouverte et vraiment apeurée

par un effet tout juste induit

vendredi 27 février 2026

Goutte de pluie



Chaque amante est goutte de pluie

j'en ai beaucoup aimées tu n'es pas la première

et chacune fut un appui

papillons nous sommes attirés par la lumière

on s'y brûle en aimant et puis


La vie continue sans soucis

nous retrouvons souvent de nouvelles compagnes

au doux dessin de tes sourcils

il m’apparaît pourtant errer dans ta campagne

enfin comme les sens oscillent


Il faut aussi se recueillir

afin que l’eau du ciel en nos mains s’accumule

eau bénite et franche à cueillir

issue d’un gros nuage envahissant — cumul-

o-nimbus — il faut l’accueillir

Actrices



Si la vie me semble irréelle

la caresse a le don de soigner les blessures

et je ne peux l'ignorer elle 

aux gestes si prudents si parfaits et si sûrs

infirmière aux doigts en rouelle


Le son des articulations

résonne au fond des vies qui dans le temps perdurent

un massage est une émotion

rien ne passe et précisément car rien ne dure

un don comme une sensation


J'ai su panser mes cicatrices

et su penser le Monde au gré de mes stigmates

on ne peut aimer des actrices

à moins de s'éviter des femmes automates

et l'attraction des génitrices