lundi 16 février 2026

Architectonique



L'amour est un artefact

auquel

un public

assez fiévreux

cède

assez volontiers ses miasmes.


Même 

en me languissant

d'être à ce point muré dans ma solitude

il me reste un fol espoir

une impromptue rencontre

occasionnelle et fortuite

avec laquelle

on sait que naît la littérature.


Rien ne m'inspire autant

que les jérémiades ignorantes

et les sanglots égotiques

que les regards dans les miroirs

isolant du Monde leurs adeptes

implorations sinistres aux ogives gothiques

œuvrant du mal de l'être

ainsi qu'un architecte

absurdement

surdoué

dans l'art d'enterrer la lumière.


Rien n'est plus lâche à prêter

qu'une corde insuffisamment tenue

chaque jour est un effondrement

quand au quotidien

la vie triche

avec

un désir inassouvi

le silence ambiant

— sépulcre au sein duquel

on enfouit au jour le jour

une manifestation du vivant qu'on inhume —

est l’enfant de sa tombe

au sein de laquelle

hurlent les non-dits.


La nuit est vide

ainsi qu’un œuf

aurait été déjà gobé

l’absurde est un théâtre

où se jouent des pièces

à pile ou face

et qui retombent sous le sens

son sourire est un lever de soleil

et lorsqu'elle est penchée

ses seins sont les astres sur lesquels

la gravité se répand

parce que sa beauté transperce à la fois

les tympans des cathédrales

et le dessein de mes doigts hérétiques.


Écrire est offrir un peu de son âme

en confiance

à ceux

dont on croit qu'ils nous aiment

(il semblerait qu'il faille automatiquement

salir

afin d'épancher ses désirs)

ici

le soleil se lève au moment de se coucher

j'ai rêvé de cieux imposants

de nuages lourds

enceints de pluies salvatrices

essuyant

sur le glacis de l'inconstance

un peu de notre orgueil infondé.


Nous sommes allés marcher sur un volcan

j'ai marché vite

ainsi que je marche habituellement

quand arrivé seul au sommet

j'ai contemplé le spectacle offert

il m'a semblé que la beauté du Monde

enfouissait nos petites passions fugaces

et misérables

— architectonique intuition

que le Monde est loin

d’être à nous

mais que nous sommes à Lui —

les années sont la jauge

aux souvenirs accumulés

tout au fond du puits de la vie.

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