dimanche 3 mai 2026
samedi 2 mai 2026
Pensum
Même en traçant des pattes-d’oie
parler de la beauté c'est créer un poème
et d’une plume entre les doigts
la main sur un beau corps est ce que la peau aime
et qui se paient de ce qu’on doit
Toute la douceur en vous
la tendresse et le geste affectueux dispensé
s'affirme en ce que l'on avoue
dans les infinités de nos mots impensés
dans les intentions que l'on voue
Faisant fi de la calomnie
qu'importe comment nous vivons mais nous vivons
notre amour est une insomnie
quand bien même éveillés souvent nous le rêvons
ce que le moindre pensum nie
jeudi 30 avril 2026
L’emprise
Tout amour est une illusion
comme de toi j’étais amoureux de Paname
et tout était fait d’allusions
ta bouche écho du sexe et tes yeux de ton âme
un cœur aussi fait de lésions
Quoi qu’en relations l’on renoue
décroisant du Boul’Mich au Boul’vard Saint Germain
quoique l’on sache des remous
l'amour en vrai c'est prendre des seins dans ses mains
prendre la Seine en bateau mou
Mais en Normandie sans méprise
on entend dans l’été (fenêtre ouverte) un pin
craquer sous l'effet de la brise
et s’offrir ostensible au tableau que l’on peint
sous l’effet certain de l’emprise
lundi 27 avril 2026
Opuscules
J'ai perdu le sens du sensuel
et le mécanisme de la sexualité
mais si mes mots sont consensuels
la Poésie se crée de contextualités
qui n’ont rien de besoins sexuels
En pianotant les gouttes vont
la pluie qui tombe est la partition de nos cieux
nos mains se lavent au savon
la trace est là restant l’expression de nos yeux
de si peu de ce que nous savons
J'adore sentir au crépuscule
un mélange enivrant de sève et d'herbe hachée
ton onde est bien mon corpuscule
et ta forme adorée loin du papier mâché
que je réduis en opuscules
dimanche 19 avril 2026
Les couches de suie
Je ne suis qu'un produit d'appel
avec son lot de promesses de déceptions
ma feuille morte à la pelle
écrivant dans la rue ne fait pas exception
chacun son Dieu dans sa chapelle
Loin d’un bûcher rouge on s’enflamme
en vivant de la mort à son degré social
et soutenu jusqu’à l’infâme
on soutient son désir en des joutes martiales
l’envie vis à vis de ces femmes
Maudissant tout ce qui s'enfuit
— la sorcière à son bras quand c’est la mer à boire —
on oublie tout ce qui s’ensuit
l'ombre d'un espoir est celle du désespoir
et nos nuits des couches de suie
jeudi 16 avril 2026
Compromissions nécessaires
Je garde en rancœur absolue
— l'amour est une punition s'il est tout seul —
un cœur inerte et qu'on pollue
bien refroidi comme un cadavre en son linceul
le cercueil étant dévolu
Le désir est un objet sourd
évidemment puisqu'il ne s'entend pas vraiment
ce n’est pourtant qu’un bruit qui court
et si vite et si fort et si rapidement
qu’il embolise nos parcours
En pompant du sang la viscère
est loin de pomper des sentiments dans la vie
ni sans savoir à quoi ça sert
et surtout sans couteaux sous la gorge à l’envi
sans compromissions nécessaires
mercredi 15 avril 2026
La Dame du Lac
C’est une onde offerte aux déments
la marée qui s’en vient qui s’en va me nuisant
— tentation du débordement —
chaque nuit chaque ennui me nie m'amenuisant
mais ce qui me saborde ment
La vérité c’est qu’on descend
notre attirance est un rituel océanique
un liquide un fluide un des sangs
qui circule en nous tous et coule en Titanic
un derrière en l’air indécent
La liberté c'est sans contrainte
une liberté sans enjeux financiers sans drames
un amour ému sans astreinte
un miroir est mon lac et j'y guette mon âme
et sa dame à la tendre étreinte
mardi 14 avril 2026
Biscornue
Nous sommes les avant-propos
du récit qu'on fera des chemins de nos vies
parcheminé de qui-pro quo
d’une interprétation comme on donne un avis
dans un grand coup de sirocco
Chaque hésitation se conjugue
à l'impératif imparfait conditionnel
l'amour est l'objet que subjugue
une volonté d'entrer non intentionnelle
en ce morceau dans cette fugue
En m’enfuyant vers l’inconnu
j'ai perdu la raison des suites numériques
comme un combat face aux bras nus
d’un conquérant tout rouge et que l’on nomme Éric
comme une saga biscornue
lundi 13 avril 2026
Étincelle
Un rêve est mais nous l'obérons
comme chez le grand singe d'une nuit d'été
les mots d’un cruel Obéron
rimaillant vaguement son jus sans s’arrêter
feront que notre globe est rond
La Terre — univers parallèle —
abrite en son giron mon grand assassin blême
au gène écorché par allèles
au désir insoumis se révèle un problème
où ma plume ainsi para l’aile
Lorsque l’on reconnaît bien celle
à laquelle on prétend de nos corps emboutis
(mais dont l’existence est un sel)
une âme est impalpable aux doigts d'un abruti
chaque choc est une étincelle
samedi 11 avril 2026
Élégie
J'accepte en tes baisers trop lestes
un poids de culpabilité que j'aurais déchiré
qui me ferait larguer du lest
en te quittant sans jamais t'avoir désirée
tout juste handicapé du test
Auquel la réponse est cruelle
le sexe d’une femme est l’écho de sa bouche
aux lèvres — pourparlers sensuels —
à la douceur inouïe du satin de sa couche
indécent fragile inusuel
L'amour est une stratégie
la nuit s'offre à nos yeux sans rêve et sans mémoire
en fin de calcul elle y gît
je t'ai laissé du sable en guise de grimoire
il coule comme une élégie
jeudi 9 avril 2026
Les espoirs ineffables
On s’en rend compte aussi parfois
chaque amour alimentaire — île soulevant —
c’est un pansement sur la foi
tandis que s'alimenter d'amour est souvent
un poison violent pour le foie
Tristesse alcool et l’abandon
l'aiguille d'un midi qui ferme à quatorze heures
la tendreté nous l’attendons
la douce viande issue d’Éros (un partouzeur)
et de son arc que nous tendons
Dans le désir un feu crépite
avec un craquement qui nous compte une fable
on cherche tous une pépite
un peu juste au sujet des espoirs ineffables
où mes amies se précipitent
mercredi 8 avril 2026
Un pari
La Poésie c'est un dialogue
avec celle qui nous lit dans ce qui nous lie
dans ce qui nous rend analogues
et nous voguons saoulés mais dans son lent roulis
la vie n’est qu’un grand catalogue
À propos de ce qu’assumer
nous faisons souvent fi des maux qui nous abîment
on sait bien en fait qu’à s’aimer
chaque tentative est une mise en abyme
et tout désir à consommer
Quand les amoureux s’apparient
quand le printemps revient puis son soleil aussi
traînant sur les quais de Paris
on se rêve on s’invente on s’en fait le récit
nos perditions sont un pari
lundi 6 avril 2026
Bien involontairement
Le sentiment de toute-puissance
emmène une infinité de gens dans le mur
un doux rapport à l’impuissance
et dans les miaulements simulés qu’on murmure
rien ne conduit à la jouissance
On ne guérit pas en trois mois
ni même en quelques décennies d'un traumatisme
on développe en son for moi
la forteresse issue d’une forme d’autisme
hérité d’un ancien émoi
Chaque amour est un errement
le présent n’est que ce que le passé trépane
on croirait un enterrement
l'amour accumulé dans ma mémoire en panne
et bien involontairement
dimanche 5 avril 2026
Ma langue au chat
Je sais très bien les mots qu’on lance
en voulant ne plus avoir le moindre aphorisme
à faire osciller dans la balance
espérer désespérer dans l'éclat d'un verbe
à conjuguer dans le silence
Et malgré tout passé formel
la fable incongrue d'une femme qui m'observe
est bien là pour que je m’emmêle
les pinceaux sans cerveau que je conserve
en pestant de quoi je me mêle
Il y a loin du jeu déjà
du soleil dispersé des amours fulgurantes
un imprudent prêchi-prêcha
dans la bouche bée d’une pâle figurante
où j'ai donné ma langue au chat
samedi 4 avril 2026
Frénésie
Tous nos désirs et nos fantasmes
ont pris leur source au creux des reins d'amoureuses
à grands coups d’humeur et de spasmes
on a bien souvent cru pouvoir en rendre heureuses
et c’était bien loin de l’orgasme
En toi je me casse les dents
sur un clavier salé d’un si beau sexe offert
et je sais qu’en m’y hasardant
chaque instant que ta peau m'effleurant marque au fer
est l'objet d'un désir ardent
Si fait je sais qu’en hérésie
l'entrée de l'écriture est aux portes du Verbe
en récitant mes poésies
j’essaie de les franchir à la façon d’un adverbe
improbable en sa frénésie
vendredi 3 avril 2026
L'esprit d'adolescence
Par un bout de ma fenêtre
un de mes regards est porté vers le lac
il absorbe un nouveau soir
à la façon
d'un gros dinosaure herbivore.
En Finistère
au bout du monde
on est déjà dans l’ailleurs
au bord de l’océan sans fin
dont en pensait qu’il nous précipitait dans l’abîme
et c’est peut-être en vrai la vérité
dans ce qu’on délave
hérité
de la jeunesse éloignée
perdue dans les limbes
où le souvenir égaré
choisit d’autres chemins
ceux des tourbières
au Yeun Elez
entre un Roc’h et l’autre et recouverts
à l’infini de landes
et baignés dans l’eau de pluie qui s’accumule
en délavant les images oubliées.
Les monts d'Arrée
de par leur étrange appellation
marquent à la fois le départ et la fin
je crois bien être un des enfants
de ces plus vieilles montagnes du monde
où tout se perd et se rejoint
tellurique et puissant
juste écrasé de Nature
et me souvenant du passé
que je vous raconte en poème
à la façon des chansonniers.
Les gros dinosaures
herbivores
ont disparu sans plus rien à manger
la mémoire anthropophage est vive
et mon disque dur en boucle
— au micro professeur —
envoie le son
d’une chanson
d’un suicidé
de satiété
d’un post-adolescent
blondin comme les blés
les pieds dans les glaïeuls
il est comme un aïeul
et dort au Val-fourré
qu’est notre Père-Lachaise
où gisent des géants.
Partager de la musique
est une façon de communiquer
des morceaux profonds
de ce qui nous constitue.
C'était il y a plus de trente ans
j'étais assez beau garçon
je faisais mon service militaire
au sein de la
Marine
Nationale
Française
à Brest
en discothèque
il m'est arrivé d'embrasser des filles
en dansant sur ce morceau mythique
ensuite
on est parti en Afrique
on est revenu
— la salive est une denrée rare —
à Brest
au port de commerce
il y avait une discothèque appelée "César"
à Guipavas
le "Melody"
ce morceau retentissait comme une apothéose
aimer d'amour est une lente destruction
Kurt Cobain avait compris ce froid concept.
mardi 31 mars 2026
Un laps
Dis-moi la façon d'oublier
les leçons de la recherche et du temps
comment du passé tout plier
quand un moment le vent de ce boulet s’étend
tandis que tremble un peuplier
Dans les instants qu’aidé j’aimais
la grande bourgeoisie que la nature abhorre
est sortie de mon monde et j’étais là déjà mais
rien ne vaut ce qu’une femme mature adore
on n'en guérit parfois jamais
Je m'incarne en mon beau pays
tant et si bien que je le présente à ma place
ce bout du monde est ébahi
par un laps suspendu que la beauté remplace
ce sablier qui l’envahit
lundi 30 mars 2026
Les amours jaunies
Sans même l’avoir décidé
nous bâtissons en nous tant de châteaux de cartes
en attendant téléguidés
le paradis fleuri que tes jambes écartent
toute femme est une orchidée
Ta bouche est une porte ouverte
(tout amour influent crée destinée béante)
à de nouvelles découvertes
ton attraction ma planète est une géante
telle une vieille plaie rouverte
Alors en me décomposant
mort absolu de peur et de rire jauni
j'essaie d'écrire en composant
de mes mots façon Tristan Corbière (un Génie)
ma mélodie d’or imposant
dimanche 29 mars 2026
Serpent visqueux
Chaque instant qu'on vole au présent
représente un trésor et puis nous réconforte
au-delà des yeux méprisant
j'aimerais tellement que la vie soit plus forte
et le passé moins malfaisant
Ma plume assez folle en fusion
gratte un papier brûlant comme un signal d’alarme
en mon verbe emplit d'effusions
bien trop souvent la pluie du cœur est l'eau des larmes
et la source de confusions
Serpent visqueux mais condamné
toute attirance est illusoire et fruit du vide
dont les anneaux soudain damnés
sont à mon ombre objet des égéries livides
un déjà trop grand nombre d'années
samedi 28 mars 2026
Comme Rimbaud
Tout amour est un abandon
toute beauté n'est qu'un aveu de bienvenue
vous le savez quand nous bandons
c’est bien souvent qu’en un fantasme on vous veut nues
comme un tison comme un brandon
Ce que Dieu m'a donné n’est rien
le feu de Prométhée ce sont mes sensations
vêtues d’un soupir aérien
la beauté féminine est ma compensation
je ne sais pas si c'est un bien
Je ne sais pas si le corbeau
que tu remues m’est dû mais je le sens tu mens
le sexe n'est jamais plus beau
qu'en l'oubliant dans un pâté de sentiments
qu’en l’oubliant comme Rimbaud
vendredi 27 mars 2026
Piraté
J’avais cette lucidité
qui me laissait en proie soumise et recueilli
(parfois de ta virginité)
mais à la fin — l’histoire aidant — j'ai cueilli
les fruits de l'infidélité
Nous nous pensions comme deux mages
et nos crimes sont là qui nous rendent coupables
(art de détruire et c'est dommage)
un changement d’aspect dont j’étais incapable
en tout lieu d’un dernier hommage
Je me souviens de nos ratés
je me souviens souvent des amours impatientes
et nous comme des dératés
toutes nos séductions nous étaient inconscientes
et nos deux âmes piratées
jeudi 26 mars 2026
Maritime
C’est sur vous que je peux compter
je puise un élixir étrange en vous Mesdames
il me pousse à vous raconter
comme sur un damier comme on jouerait aux dames
en vous guidant dans mon comté
Si tout me vient soudainement
c'est que le temps perdu veut se venger de moi
souvent la Cybérie ne ment
qu’à ce trajet sans fin qui nous prendrait deux mois
qu’on vit comme un évènement
Nous pensons être des victimes
(mes rêves sont légions repeuplant ma région)
les endroits nous sont tant intimes
en fait on vit de ce dont nous nous arrangions
dans ces contrées si maritimes
mercredi 25 mars 2026
Ancêtres
Comment inventer le présent
lorsqu’un avenir enfuit le passé trépasse
en souvenir omniprésent
l'amour est une attente hors de ce temps qui passe
et se montre en fait écrasant
Quand viennent les nuits d'équinoxe
alors étrangement sa voix s'adresse à moi
la Poésie n'est pas de l'intox'
elle est juste équilibre d'un astre en ce mois
que l'autre envahit que l'un boxe
Avant de fuir on peut sans s’être
empêché sur les mots de bien se reposer
rêver de mourir au sens « être »
écrire est une façon de se décomposer
pour retourner chez nos ancêtres
mardi 24 mars 2026
Une dose d'ennui
Les pluies de nos incertitudes
affluent dans les torrents de nos dévastations
coulant avec exactitude
au creux de nos saillies qui font déjà stations
chemin de croix des servitudes
Dans la solitude j'écris
tous ces infinis maux qui se changent en mots
du coup qui se changent en cris
qui se changent en coups de rancœur animaux
dans le non-choix de mon Je gris
J'aimerais avoir froid la nuit
mais ce n'est plus le cas ma solitude est chaude
et si plus rien du tout ne me nuit
c'est que je ne suis plus que ce chat qu'on échaude
avec une dose d'ennui
lundi 23 mars 2026
La Désirade
La Désirade où parvenir
revenue d'un sourire au chemin de ta bouche
est l'avenue d'un avenir
et la rue des pavés dépravés où l'on couche
en cherchant l'amour à venir
Rien ne te verra comme un prix
rien n'est plus beau qu'un désir de femme en chaleur
rien n'est plus laid que son mépris
ruminant les tourments comme une vache à l'heure
eh bien j'étais quand même épris
Je ne suis qu'un petit poucet
cherchant des cailloux blancs sur le chemin fangeux
d’un amant souvent repoussé
le sexe est merveilleux quand il est sans enjeux
quand le linge est bien repassé
