dimanche 15 mars 2026

Sans aller-retour



L'amour est fait d'inspirations

(j'ai laissé mon empreinte au creux de ton oreille

en soufflant ma respiration)

la Poésie c’est un langage corporel

ligaturé d’aspirations


La haine est faite en expirant

d’un fiel abstrus comme un soupir est carnivore

on se conquiert en empirant

quoi que nous y fassions nos passions nous dévorent

en recherchant un soupirant


Le bruit du cœur est sans secours

en dysfonction de nos états émotionnels

un état d’âme est sans recours

où l’histoire à cueillir est au conditionnel

l'amour est sans aller-retour

vendredi 13 mars 2026

L'écran de l'ego



Sur tous les continents

la condition humaine imagine un peu les

mêmes recettes

en général les amants s'aiment

et se racontent

à l'entour leurs envies

— les désirs sont du domaine privé —

puis se rêvent un peu

faussement dans une idylle fantasmée

touchante de naïveté

car leur vérité n'alimente au final

en les filmant

qu’un drame de Prévert et tourné par Carné.


Rares sont ceux

qui se souviennent

du "Jour se lève"

et fricotent outrageusement

frénétiquement

dans l'anxiété d'une guillotine indexée

directement aux liens qu'elle doit couper

furent-ils physiques

amoureux ou cérébro-spinaux.


La relation entre les êtres humains

d'où qu'ils soient

c’est donc une moelle intense

et complexe unissant

leur pensée lourde à leurs mouvements de pensée

leurs sentiments lourds à leurs actes

sans que jamais

cette continuité

ne se garantisse implicitement

tant elle est sensible et fragile.


Gabin

Gabin qui est Prévert en beau

qui allume ses clopes pareil

— la suivante avec le mégot d'la précédente —

et gouaille un parigot d'la même eau

c'est un peu nous tout ça, non ?

C'est ce qui fait l'immortalité de ce film

puisque nous l'portons encore avec nos vies d'chiens.


Le drogué

c'est celui qui s'offre une aide

afin d'affronter le chemin

de croix

viscéral au long duquel un

autre se serait suicidé.


La mer est comme un écran sur lequel

les poètes projettent

(et vainement) le film de leur vie rêvée.


Plus prosaïquement

j'en connais peu

qui s'y soient véritablement affrontés

— pas même Hugo, faiseur de vents entre les lignes —

et les si longues métaphores

comptent à mes yeux

bien moins qu'un sémaphore.


Il arrive un jour où

puisant en soi

comme en une terre aride et chaude

on perce enfin la nappe et frénétique

issue d’une existence véritable

et non des projections

qu'on s'est fait de soi

sur un écran factice

auquel il n'est nul audacieux spectateur

sinon son propre ego.

mardi 10 mars 2026

Le rêve phocéen





J’ai su le rêve phocéen

Marseille étrange et belle inconnue toute nue

blanche comme la peau d’un sein

mais si multiple en décroisant ses avenues

son peuple étant comme un essaim


J’ai pu respirer sans entrain

chaque femme est si belle — on ne sait qui choisir —

et l’air ici c’est comme un train

qui file un bas avant qu’on en ait le loisir

ou qu’on fisse un alexandrin


J’ai vu ce juif arabe errant

le Mistral et son atmosphère qui nous mord

ou son soleil exubérant

le seul espoir en nous c'est celui de ta mort

Ophélie d’un Sud aberrant

lundi 9 mars 2026

Jamais changer



Chez les adeptes du grimage

gestes sont commis qui sont kaléidoscope

entremêlant leur lot d’images

je n’ai donc pas besoin d’un brillant horoscope

pour interpréter mieux qu’un mage


Je ne pourrais jamais changer

qu’en refusant de vivre en paix mais rien n’offre âge

à celui qui veut engranger

des sensations dont la divine est un naufrage

j'ai rêvé l’amour en danger


Maintenant ma ressource est sûre

écrire est ma façon de tromper le présent

conter ce dont la source assure

en chargeant le passé d’un futur écrasant

mais que la Poésie rassure

samedi 7 mars 2026

Gestation



Qu'est-ce qui compte dans la vie

sinon se sentir bien quand on en fait mine (hein ?)

Parfois quand elle a son avis

la main d'un homme est le creuset du féminin

d’un plaisir aux doigts qui dévient


Nous recherchons la soie des peaux

qui nous requalifie (parlant ainsi d’amants)

mais elle n’est pas en dépôt

la nuit commence aux yeux qu'on ferme incidemment

c'est l'art de dicter les tempos


La mélancolie m'envahit

de tous nos trains ratés qu’importe la station

du métro la bouche ébahie

tout amour est un avenir en gestation

dont le terminus est trahi

vendredi 6 mars 2026

L'anomie



Si vraiment je suis contre les gens qui sont contre

alors je ne suis pas pour les gens qui sont pour

et rien ne vaut jamais le temps d’une rencontre

afin de discuter sans sortir un tambour


On se décivilise à coups de manivelles

oubliées les idées que ma conscience épiait

le mécanisme est là qui par le bas nivelle

le globe est plus beau quand on le regarde en biais


Je veux trouver les mots parlant à mes amis

du Monde et ses nations dont je sais l’attitude

un couple ambivalent souffrant de trisomie


Le froid de chaque nuit remplit d'incertitudes

dans le bleu de tes yeux j'ai relu l'anomie

de la terre emblavée de grains de servitude

jeudi 5 mars 2026

Autant en emporte le tain



Dans mes poèmes syncopés

j'effleure mes années (tant de pétales morts)

ou comme les onglets coupés

d'un agenda mené quand à cheval on mord

on trouve un signe à découper


Les mots sont bien les plus sensuels

l'amour est une chose intangible et fluette

on l’écoute il devient sexuel

enfle et s’étend (quand ce ne sont pas des bluettes)

et pourtant n’est pas consensuel


Le sexe d'une femme est un

paradis mou que l’on ne sait jamais tenir

et la passé — miroir éteint —

c'est toujours ce que nous n'avons pas su retenir

alors autant en emporte le tain

mercredi 4 mars 2026

La Lune



Quoi que l’on mette en parallèle

le célibat fabrique en nous d'autres passions

plaisir ou gène et par allèles

un goût subit du sexe et de ses obsessions

de l’envie qui n’est pas râle elle


Des mains se faufilant soudaines

ont l’art abstrait de communiquer par hoquets

des petits cris doux qui font haine

(écrire une beauté confine à la croquer)

ton joli corps est ma fontaine


Nul ne sait jamais en aimant

mesurer le désir y compris même entier

son bien-être en tant qu’amant

vivre est un désespoir à chercher sa moitié

la Lune véritablement

dimanche 1 mars 2026

Impassible



Il pleut sur le lac impassible

il pleut sur une idée que j’avais de la vie

qui pleut sur un rêve impossible

un peu comme un enduit comme coule un lavis

sur un mur hideux pris pour cible


Bleue grisâtre est l’eau de mon lac

qui se marie sans consentir aux cieux fermés

l’humidité lie comme laque

entre deux os qu’articule un air renfermé

l’imposant nuage à sa flaque


Que devient le Monde aujourd’hui

le Bout du monde est en train de pleurer

le bout de l’enfer introduit

dans la bouche entrouverte et vraiment apeurée

par un effet tout juste induit

vendredi 27 février 2026

Goutte de pluie



Chaque amante est goutte de pluie

j'en ai beaucoup aimées tu n'es pas la première

et chacune fut un appui

papillons nous sommes attirés par la lumière

on s'y brûle en aimant et puis


La vie continue sans soucis

nous retrouvons souvent de nouvelles compagnes

au doux dessin de tes sourcils

il m’apparaît pourtant errer dans ta campagne

enfin comme les sens oscillent


Il faut aussi se recueillir

afin que l’eau du ciel en nos mains s’accumule

eau bénite et franche à cueillir

issue d’un gros nuage envahissant — cumul-

o-nimbus — il faut l’accueillir

Actrices



Si la vie me semble irréelle

la caresse a le don de soigner les blessures

et je ne peux l'ignorer elle 

aux gestes si prudents si parfaits et si sûrs

infirmière aux doigts en rouelle


Le son des articulations

résonne au fond des vies qui dans le temps perdurent

un massage est une émotion

rien ne passe et précisément car rien ne dure

un don comme une sensation


J'ai su panser mes cicatrices

et su penser le Monde au gré de mes stigmates

on ne peut aimer des actrices

à moins de s'éviter des femmes automates

et l'attraction des génitrices

mercredi 25 février 2026

Indécisions



Susurre à mon oreille un mot

notre amour illettré n'est qu'une exploration

tes lèvres sont deux beaux jumeaux

qu’on articule avec et sans déploration

ton âme est comme un chalumeau


Je me murmure avec plaisir

« écris comme on respire en soufflant le plus fort »

afin d’exprimer le désir

et n’étant pas le partisan du moindre effort

il faut sans cesse le saisir


En désirant tout devient fou

nous nous appréhendons avec imprécision

nous avançons sans garde-fou

nous sommes les enfants de nos indécisions

de ce que la raison bafoue

lundi 16 février 2026

Architectonique



L'amour est un artefact

auquel

un public

assez fiévreux

cède

assez volontiers ses miasmes.


Même 

en me languissant

d'être à ce point muré dans ma solitude

il me reste un fol espoir

une impromptue rencontre

occasionnelle et fortuite

avec laquelle

on sait que naît la littérature.


Rien ne m'inspire autant

que les jérémiades ignorantes

et les sanglots égotiques

que les regards dans les miroirs

isolant du Monde leurs adeptes

implorations sinistres aux ogives gothiques

œuvrant du mal de l'être

ainsi qu'un architecte

absurdement

surdoué

dans l'art d'enterrer la lumière.


Rien n'est plus lâche à prêter

qu'une corde insuffisamment tenue

chaque jour est un effondrement

quand au quotidien

la vie triche

avec

un désir inassouvi

le silence ambiant

— sépulcre au sein duquel

on enfouit au jour le jour

une manifestation du vivant qu'on inhume —

est l’enfant de sa tombe

au sein de laquelle

hurlent les non-dits.


La nuit est vide

ainsi qu’un œuf

aurait été déjà gobé

l’absurde est un théâtre

où se jouent des pièces

à pile ou face

et qui retombent sous le sens

son sourire est un lever de soleil

et lorsqu'elle est penchée

ses seins sont les astres sur lesquels

la gravité se répand

parce que sa beauté transperce à la fois

les tympans des cathédrales

et le dessein de mes doigts hérétiques.


Écrire est offrir un peu de son âme

en confiance

à ceux

dont on croit qu'ils nous aiment

(il semblerait qu'il faille automatiquement

salir

afin d'épancher ses désirs)

ici

le soleil se lève au moment de se coucher

j'ai rêvé de cieux imposants

de nuages lourds

enceints de pluies salvatrices

essuyant

sur le glacis de l'inconstance

un peu de notre orgueil infondé.


Nous sommes allés marcher sur un volcan

j'ai marché vite

ainsi que je marche habituellement

quand arrivé seul au sommet

j'ai contemplé le spectacle offert

il m'a semblé que la beauté du Monde

enfouissait nos petites passions fugaces

et misérables

— architectonique intuition

que le Monde est loin

d’être à nous

mais que nous sommes à Lui —

les années sont la jauge

aux souvenirs accumulés

tout au fond du puits de la vie.

dimanche 15 février 2026

Illusoire



Aimer — penser à autre chose —

écrire est un acte ayant besoin de cela

je ne le peux mais pourtant j’ose

un effort ayant aussi besoin de ceux-là

trouvés dans un bouquet de roses


Et ce qu’on bâtit est Lego

construction confondant le seigle et le froment

le pain promis est à l’ergot

l'amour que l'on écrit n'est qu'un mauvais roman

la chose promise à l’ego


Finalement c’est dérisoire

on en fait tout un plat que l’on veut enrober

c’est un alibi provisoire

et je comprends les larmes que tu m'as dérobées

chaque attirance est illusoire

samedi 14 février 2026

Le plus juste



J'aimerais créer

des mots

pour étrangler

des ectoplasmes

envahissant la place où nous nous imaginons.


Je n'ai que ce chef-d'œuvre de Chopin

qui nous raconte en nos passions déçues

qui nous décrit

sans le vacarme de nos cris.


C'est quoi la littérature ?

Une phrase

— aussi simple que possible —

un peu de musique

et la vision comme au ciné

de la scène.


On ne peut écrire

à moins d'une absolue réflexion

d'un regard à propos de soi

sinon qu'être écriveur

en lieu d'écrivain

nous grandissons dans l'illusion

d'un avenir à construire

alors qu'on se construit

sur notre avenir

— en amour

on peut se perdre aussi sûrement

dans le désir ardent

que dans son labyrinthe —

en écriture aussi.


Ce qui est important dans la vie

c'est de se souvenir

en effet

la mémoire a pour vertu

de conférer le sentiment du devoir accompli

d’apaiser l'âme

au regard objectif

émanant de nos jolies choses

et de les raconter.


Parfois

ce que j'écris me surprend.


Je me souviens d'un soir

au Huelgoat

à notre atelier littéraire

on devait rédiger

je ne sais plus quoi

puis en faire une lecture.


À mon habitude un peu dandy

je m'exprime en dernier

l'amie commune alors exulte

"ah !

Mais Michel

il cherche à chaque fois

des mots stupéfiants !"


Dans le groupe

il y avait un auteur

un clown

un vrai professionnel

et vivant de ses pitreries

(j'aimais beaucoup cet homme)

il répond aussi sec

"ah non !

Ce n'est pas Michel qui cherche des mots

ce sont les mots qui le cherchent."


Et dans le grand silence après

je sais que c'est le plus beau compliment qu'on me fit

parce que le plus étrange

et le plus juste.

vendredi 13 février 2026

Brasero



L'amour est fait d'imperfections

cet amour intenté n'est qu'un rêve à tenter

nous prenant tel une infection

maladie reconnue symptôme patenté

dont la cause a fait défection


Car j'aime la beauté des femmes

et cela me rendrait totalement friable

à leur charme ému qu’on diffame

alors qu’on ne devrait que rendre inoubliable

un sentiment que nous trouvâmes


On pleut d’éclair en sombrero

retourner son chapeau comme un homme apaisé

brusquement comme un sombre héros

(si jolie que ta bouche est un rêve à baiser)

devenir un vrai brasero

mercredi 11 février 2026

Baiser



Baiser

désir absolument animal

et

proprement reptilien

pulsion sordide

incontrôlable

et

justifiant tous les débordements

mais nos amours aussi.


J'aime expliquer le vivant

le disséquer

comme on le fait de la littérature

et

regarder les vivants

s’attirer

se repousser

comme des aimants

qui s’inversent

à grands coups d’épaules

l'amour est

un baiser volé

sur le fil à linge innocent du destin

l'amour est

l'anti solution de la recherche du bonheur.


Aimer d'un baiser

sous la voûte des yeux

l'amour

le vrai

commence

inéluctablement

sur un malentendu

les amoureux se retrouvent

quand leur désir est fort

— ou alors

ne se retrouvent pas

mais c'est qu'ils n'étaient pas amoureux —

leur baiser

scelle un pacte hémophile

entre eux

le futur et le passé

dont ils avaient perdu le fil.


Le baiser

que l'on attend

n'est jamais celui que l'on reçoit

pourtant

quand les coins des lèvres se frôlent

on est déjà

dans un baiser d'amour

et confondant

la baise et le baiser

l’homme oublie trop souvent que

la femme n'est pas une chose que l'on baise

elle est un être en soutien de ce qu’il est.


Qu'est-ce que c'est bon

le miel de bruyère

il a le goût

des baisers des amoureuses

à mes vingt ans

sauvage et sucré

butiné

sur les landes du bout du monde

oublié

dans la tombe abyssale

où sombrent

infiniment

les échos de nos jeunesses

en rappelant que

le baiser d'une femme est

le dépôt d'une goutte d'or fondu

sur un papillon perdu.


Les routes de l'à soi

disent aussi probablement

le bout de mon chemin.

lundi 9 février 2026

Balafon



Tant elle est loin d’être éternelle

la chaleur amoureuse est la belle énergie

douce comme un sein maternel

une irruption d’envies qui n’est pas allergie

mais nourrie d’un élan charnel


Libre à ce point d’en vivre aussi

chacun de nos désirs est une histoire étrange

un pendule en balance oscille

l’une ou l’autre à choisir rien ne soit qu’on dérange

au marteau du choix des faux-cils


Et résonnant comme un balafon

le cœur en sursautant si souvent redémarre

en naviguant dans de grands fonds

dont nous pensons un jour extirper chaque amarre

au prix de ce que nous agrafons

dimanche 8 février 2026

Dix-neuvièmiste



Voilà, j'écris…


C'est toujours ainsi

ça me prend au cœur de la nuit

(Céline ainsi l'avait parfaitement décrit)

"Plus ne m'est rien"

c'était le titre infligé par Yslaire et Balac

au premier album de "Sambre"

— évidemment le plus beau ! —

qui m'a beaucoup marqué dans mon adulescence.

Il m'est difficile à vrai dire en effet

d'évacuer ma dimension gothique

et romantique

héritée de mes lectures

absolument

dix-neuvièmistes

où Lautréamont

Baudelaire

et consort

avaient pris toute la place.

Il me semble avoir été

rarement

compris sur ces points.


Finalement

tout s'écrit gratuitement

puisque l'écrivain

se retrouve abandonné

plaçant son énergie dans des projets

qui ne concernent que lui

qui ne sont compréhensibles en vérité

que de lui

dont l'horizon ne peut s'apercevoir un instant

qu'en ses yeux.


La poésie pousse comme une fleur sauvage

— un champ mis en jachère —

un peu trop cultivée

produit d'ouvriers ayant trop défriché

la pauvre risque alors de disparaître

au profit d'une écriture productiviste.


Il ne faut pas prédire une poésie

mais se contenter de l'accueillir

et nul ne sait

ni peu l'importe

au sujet de sa forme finale

une poésie n'est belle en vérité

que parce qu'elle échappe

aux règles qui voulaient l'enfermer.


La poésie, c'est l'oiseau de Jacques Prévert

c'est une cage ouverte

où ce dernier prend forme

à cause en vrai qu'elle est ouverte

en explosant les frontières

et les règles prosodiques

(en ce qu'ont montré des gens

comme Arthur Rimbaud).


Mais en faisant de l'explosion de ces règles

une nouvelle règle

on a subi l'auto-proclamation de nouveaux rois

qui l'ont renfermée.


Le problème de notre temps quant à sa poésie

c'est d'abord qu'à la différence du XIXème

et des siècles qui l'ont précédé

tout le monde ait appris l'écriture

et que beaucoup s'en croient donc écrivains.


L’autre problème est que l'interprétation

des licences osées par les auteurs transgressifs

ait été prise pour argent comptant

puis institutionnalisée par une académie

construite à leur suite

en un moment d'intellectualisation de la société

— totalement antithétique avec la nature des auteurs susnommés —

dans une forme de dogme brutal

auquel une majeure partie de la population

reste absolument hermétique

alors qu'il détiendrait une vérité propre

à quelques élus.


C'est ce qui permet pour finir

à certaines "intelligences"

issues de cette nomenklatura

d'affirmer à propos d'aucuns

— sans la moindre once d'humilité —

que "l'on n'écrit plus ainsi depuis le XIXème siècle".


Imbéciles et qui seront balayés par le souvenir futur.

samedi 7 février 2026

Comme un ancien rêve évanoui



Ma tête en boule emplie de neige

je suis perdu dans mes détours imaginaires

en mon cerveau tourne un manège

je n’ai là sous ma peau plus que d’imagés nerfs

rien ne dit plus de ce que n’ai-je


J'attrape ton regard ainsi

que sur un lac au soir azur un poisson mouche 

au lieu d’un non je veux un si

pareils aux doux baisers qu’on pose sur la bouche

aux tremblements juste indécis


J’hérite d’un nuage inouï

tout amour est dans sa suspension le suivant

reflet d’une averse épanouie

comme un grand romantisme allant nous poursuivant

comme un ancien rêve évanoui

Conte hivernal



Quand on veut lui régler son compte

un amour est la chose à ce point incertaine

en l'oubliant qu'on le raconte

autant de fois qu'on peut parfois une centaine

à la jolie façon d'un conte


On est des oiseaux illogiques

étrangement perchés sur la branche infinie

d'un arbre généalogique

on sait ça de son sang décent qu'un défi nie

de nos parents dits "biologiques"


Et ceci ce n’est qu’un sang cible

une attirance est une excursion vers un lieu

dans lequel on court insensible

en enfilant d'emblée des bottes de sept lieues

sur une route inaccessible

mardi 3 février 2026

L'aperçu du désir



Tout amour est une aventure

et nous finissons tous un jour au fond d'un trou

sans que ce soit mésaventure

aimer c'est s'inventer bien au-delà de tout

de la mort et de la torture


En chacun le futur est là

chaque envie de nous n'est jamais qu'inaboutie

pour autant si le cœur est las

les larmes de la peur ont pour écho l'envie

dans les coussins mous d’un prélat


Je me suis joué d’un impair su

voulant aider celle ou celui dont on prend soin

tout tient à ce qu’on a perçu

nous ne nous construisons qu'en fonction du besoin

j'ai du désir un aperçu

lundi 2 février 2026

Précieux bijou caché



Tout est reflet de souvenirs

un éclat de diamant dont on sait l’incidence

au meilleur amour à venir

un instant de nos vies résonne en son silence

et porte en lui notre avenir


Au lit mon culte de tes fesses

assoit la liberté de mes visions salaces

ce que ma religion professe

est vain j’en suis conscient puisque à la fin ça lasse

(assermenté comme à confesse)


À la façon d’un steak haché

mon écriture enfin quand je n’aurai plus de toit

sera ce que j’ai saccagé

de tout ce qu'on me laisse il n'y a plus que toi

comme un précieux bijou caché

dimanche 1 février 2026

Létal



Dans la tempête inécrasée

je suis l'îlot fortuit de ton naufrage inouï

l’endroit dont l’âme est abrasée

par en corolle un peu de ton corps épanoui

ta fleur en coulant mon phrasé


Je t’ai dans mes pensées charnelles

— l'amour est un instant passager clandestin —

nourri de ton lait maternel

il faut te désirer le reste est sans destin

tel un besoin sempiternel


Écrire est une envie fatale

adapter son discours est comme caresser

baiser est un poison létal

en te léchant mon timbre est sans cesse à dresser

ton corps offert est à l’étal

vendredi 30 janvier 2026

Libertin



On me dit libertin mais je suis libéral

en ne me mêlant pas de l’alcôve inconnue

des recoins de ton sexe où chaque homme animal

est venu se reperdre aux bas-fonds d’un con nu


Dans l’orgasme on fait fi d’une seule âme à rendre

(une fille aussi sait des éjaculations)

chacune de nos relations est bonne à prendre

en chaque attirance est une accumulation


Jolie paire adulée de seins se maintenant

tétons acidulés dont on sait le succès

que va-t-il se passer dans nos vies maintenant


Mon amoureuse en bouche a le goût d'un bonbon

rose et si délicieux qu’on voudrait le sucer

comme un bel entrecuisse entre deux beaux jambons