mardi 22 septembre 2026
Bâtisseurs
lundi 21 septembre 2026
Du pont de la Tournelle
J’ai vu du pont de la Tournelle
la luxure adorée (tout un chacun s’y vautre)
en vie quand on la retourne elle
l'amour se décide entre soi-même et puis l'autre
il est comme une ritournelle
On l’entend à longueur de journée
l'amour est une invention qui nous fait durer plus loin
quoi que je me sois ajourné
la bouche bée du bout de cet îlot malouin
d’où dort un Génie déjà né
Ce cancer est là progressant
nous vivons comme on peut de passions réprimées
notre âme allant le professant
l'amour est essentiel à nos vies déprimées
qui s’engluent dans un mauvais sang
dimanche 20 septembre 2026
Chloé
Ce n’est pas la résurrection
d’un corps à l’agonie suivant ce qu’il dévoie
dans d’étrangères érections
l'amour est intangible et fuit dès qu'il te voit
soudain changer de direction
Malgré de nombreux coups de mou
nous construisons en vain de beaux châteaux de cartes
effondrés au moindre remous
nous attendons sans cesse enfin qu'un pli s'écarte
et le destin nous fait la moue
j’en ai bavé pour toi Chloé
j'ai mis des étendues d'or à disposition
sur ta croix je me suis cloué
gardant — tu le sais bien — la même position
là où je m’étais englué
samedi 19 septembre 2026
L'attente absolue
J’ai vu le meilleur oreiller
c’était en solde en vrai chez le marchand de sable
à vous lui que dès lors ayez
l'amour indispensable est un rêve impensable
où l’on voudrait s’ensommeiller
Je fredonnais l’hymne à la joie
de mon cerveau que je n’ai cessé d’exciter
j’avais bien compris que le choix
d’écrire à l'autre est une façon d'exister
c’est là tout ce qui nous échoit
J’ai pourtant cru dur comme fer
au pacte issu du sang dont je suis le donneur
il n’y a vraiment rien à faire
étant lié par l'attente absolue du bonheur
insatisfaite et mortifère
vendredi 18 septembre 2026
Une conjecture innocente
Qui trop embrase mal éteint
le désir indomptable est fait de sa surprise
il est comme un miroir sans tain
comme une scène au Cinéma dont c’est la prise
il est un émoi consanguin
Vampire en me suçant le sang
tu m’as fait tout d’un coup ton esclave dévoué
je sais bien que c’est indécent
souvent la Liberté s'achète à coups de fouet
dans des mouvements incessants
Nous nous mouvons (de Lui contre Elle)
en appréciant notre attitude avilissante
un parapluie n’est pas l’ombrelle
l'attirance est une conjecture innocente
en tout dressée telle une prêle
jeudi 17 septembre 2026
Sous le vent
J’étais endormi sous le vent
dormir aide à rêver sa façon de penser
s'essayer à vivre est souvent
cumuler les effets des passions dépensées
d’un cœur allant se soulevant
C’est la digestion d’un surplus
le fruit de notre amour est suspendu sans corde
en ce bas-monde il n'y a plus
que deux façons d’aimer pour peu que l’on s’accorde
entre un peu qui plut ou déplut
L’autre est le moyen de masquer
notre passé vêtu de sa robe en satin
nanti de l’encens des mosquées
nous sommes les enfants d'un futur incertain
dotés de ses parfums musqués
mercredi 16 septembre 2026
Toujours en vie
Quand tout avait commencé
— le début d'une histoire est bien la fin d'une autre —
on voulait savoir comment c’est
si de chacun le sort est bien afin du nôtre
un vrai sens avant d’avancer
J'ai laissé passer l'horizon
démuni de gilet de secours en vain
sous sa ligne de flottaison
se trouvait cachée la prophétie d'un devin
j'ai su voler cette oraison
Puis ainsi je me suis enfui
nous fabriquons l'avenir à coups de passé
mais sous lui je me suis enfoui
très lentement je me suis laissé dépasser
pourtant je suis toujours en vie
mardi 15 septembre 2026
Le comment du pourquoi
Le lien se fonde en s’emportant
l'intensité de ton regard est un aveu
quoi qu’on fasse en se comportant
la bouche oublie parfois les mots que rien ne veut
contredire en réconfortant
Dans nos vieux passés dépassés
nous ne sûmes jamais tout ce que l’on devînt
dans nos corps ainsi dépecés
nous sommes de petits devins de lie de vin
de marc de café trop passé
Le pire ou le plus hasardeux
je ne sais vraiment pas ce que je suis pour toi
— l’espace à combler entre eux deux —
j’essaie de m’expliquer le comment du pourquoi
le plus beau rêve en moins hideux
lundi 14 septembre 2026
Nonobstant
Parfois de mes sens impartis
j'essaie de peindre en mots mes impressions visuelles
l’Amour est soudain départi
de son attrait perdant sa teinte vive usuelle
et son charme unique est parti
J'aurais voulu me reconnaître
en chassant les idiots me manquant de respect
j'avais cette envie de renaître
et d'apparaître en vie sous un nouvel aspect
mais derrière une autre fenêtre
En cet espace d’un instant
le prix des relations monte en température
et son taux se montre inconstant
la comédie d’autant que cet opéra dure
a déchanté là nonobstant
Prix coûtant
L'envie s'accroche à la volée
j'ai pesé lourdement sur un clavier d'émois
pour à la fin me dévoiler
dans un chaos qui ne provenait que de moi
toujours un peu plus dévoyé
L'âme industrielle a vaincu
l'artisanat du cœur a disparu sans bruit
dans cet enfer a survécu
l'entraille abasourdie dont je porte le fruit
qui ne m’a jamais convaincu
Mais pourquoi donc nous aimons-nous
je prêche en un désert un verbe exécutant
ces idées que l'on sème en nous
la moindre transgression se paye à prix coûtant
d’un froid qui les intestins me noue
samedi 12 septembre 2026
En saignant
Souvent le désir est poreux
laissant passer l’envie dans le grand écheveau
de nos fantasmes vaporeux
plaisir et désir ont la place en nos cerveaux
j'ai transpiré du sang pour eux
Nous pensons maîtriser nos vœux
mais l’amour absolu n’est qu’un modèle abstrus
personne ne sait ce qu’il veut
c'est une vue sur rien que notre orgueil obstrue
parfois c’est bien plus qu’un aveu
La pensée recolle en geignant
les sentiments passés sans raison nous dispersent
oui ce sont de bons enseignants
le poème au-delà de nos mots nous transperce
et le cœur racole en saignant
vendredi 11 septembre 2026
Caché dans les maux
Je ressens le besoin d'écrire
afin de ne pas mourir à la fin cramé
de m’interrompre et de m’aigrir
« inconstance » étant l'art absolu d'être aimé
l’existence elle est de maigrir
Allant s’amenuisant le temps
qui nous reste est remarquable au creux des mots
qu’on laissera sûr en partant
le bonheur est subtil et caché dans les maux
quand on l’y trouve enfin pourtant
Parfois — quand on est à la bourre —
en voulant tout conclure (excipit en avant)
comme on met en œuvre un labour
rappelant mes folies que je sème à tout vent
je suis amoureux de l'Amour
mercredi 9 septembre 2026
Mélusine
Si nos envies s’y consacraient
le début d'une histoire est la fin du désir
un épais nuage se crée
tout autour avançant l’avenue du plaisir
renferme en son sein des secrets
Mélusine a cru son amant
chaque envie légitime est aveu d'impuissance
émue sentimentalement
sa reptile apparence a masqué sa jouissance
éperdue de lui tellement
Lui se sent en nage et visqueux
gaspillant les moyens qui justifient sa faim
mais dans ce festival aqueux
le début ressemble assez souvent à la fin
(serpente en se mordant la queue)
mardi 8 septembre 2026
Contingences
L'amour est la chose imparfaite
à ce point qu'elle est le creuset des créations
parfois des versets des prophètes
ignorants du papier jusqu’à sa crémation
qui se consume en trouble-fête
Un poème intérieur éclot
nous naissons par hasard au milieu du néant
mais pourtant notre espace est clos
nous ne restons en fait que d’odieux mécréants
dont les yeux bandés sont déclos
Ce que j'écris n'est plus qu'un cri
le dernier râle hurlé quand l’honneur est perdu
raturant de vieux manuscrits
nous sommes contingents de penchants éperdus
desquels un désir est proscrit
lundi 7 septembre 2026
Dürer
Là-bas j’ai publié ma lettre
on est dans un pays comme on est dans un ventre
à peine en vie prêt à paraître
et pourtant sans échappatoire en son plein centre
au cordeau cordon du mal-être
Une guerre en train de durer
tout échec est une tentative avortée
que faut-il encore endurer
que peut un cœur ému qui se soulève heurté
comme en un portrait de Dürer
Il n'y a pas plus de cauchemar
écrire est raconter ce que j'entends de vous
c’est là que l’histoire démarre
avec un clavier sourd — à ça je me dévoue
sans pouvoir larguer les amarres —
dimanche 6 septembre 2026
Illusoire
De princesse en prince charmant
l'idée du Grand Amour est un concept abstrus
restant un constat désarmant
cette idée bien encrée que la noblesse obstrue
la nuit — royaume des amants —
Tiré d’un passé violenté
tout ce que nous faisons n'est qu'ombre aux manquements
dont on se loupe à volonté
mais tout autour de nous chaque apparence ment
(secrets de la sensualité)
La vie est une poésie
de Maïakovski vue d’escaliers provisoires
étant témoins d’une hérésie
nous sommes les enfants d'un bonheur illusoire
agrémenté de frénésie
samedi 5 septembre 2026
De fleur en fleur
Si notre espace est déformable
avec le temps — puisque Einstein a sa théorie —
je mentirai sur l’âge avouable
où je me trouve aimé comme une allégorie
de ma jeunesse au mieux louable
Et déjà tout en nous se joue
toute parole est vaine et tout verbe insensé
sans sembler y planter ses choux
comment dire à l'Amour un peu de mots sensés
du ban sur lequel on s’échoue
L'échec est l'art de choir en vain
se relever quand on se montre tatillon
pourtant je ne suis pas devin
le rêve est si précieux qu'il est un papillon
de fleur en fleur il est divin
Saint Graal
Chez celui qui la Loi bafoue
j'essaie de percevoir en absorbant le temps
son esprit dérisoire et fou
(dressant la chine et la russie contre l'OTAN)
détruisant tous nos garde-fou
Nous vivons des effondrements
dans nos habitations comme au cours de nos vies
qui voudrait les confondre ment
de nos nombreux parcours un long chemin dévie
dont la guerre est un aliment
Ce n’est pas un objet sacral
le soir et la nuit qui le ronge et qui s'avance
est une entité sépulcrale
un monstre en cauchemar à présent qui commence
à la recherche d’un Saint Graal
vendredi 4 septembre 2026
La ballade dépendue
Si vous regardez bien votre vie
c’est une rareté de se dire « Je m’aime »
et des instants que j’entrevis
la solitude est la compagnie de soi-même
un narcissisme inassouvi
Puis je m’en vais récupérant
ce « Je » qui m’est un autre — au fond l’intrus —
le reste est très exaspérant
la fin sans le début nous laisse au fond d'un trou
carcéral et désespérant
Le vent mauvais m’a descendu
d’un piédestal abscons puis mes pas dans tes pas
dont je m’étais tant défendu
je fus dans l'intervalle où l'on n'existe pas
poète et pourtant dépendu
jeudi 3 septembre 2026
Mise en tropes
L'amour est la drogue androgyne
à laquelle on attache une addiction — souvent
l’écho faiblement misogyne
à l’inconstante attirance aux violents vents —
fruit défendu dès l’origine
L'amour un distillat subtil
entre refus de vivre et besoin d'exister
(des ondulations de reptile)
au milieu du chaos d’opinions désistées
dépendant d’un corps érectile
L'amour un produit psychotrope
auquel on attache une addiction qui s’emmêle
assez faiblement misanthrope
ayant inventé le mal en croisant des femelles
et tous mes versets mis en tropes
mercredi 2 septembre 2026
Les écrouelles
L’existence est toute en folies
— je me garderai bien de lui faire un éloge —
on dit son mouvement joli
chaque instant que l'on vit se calcule à l'horloge
aussi dans l’effroi d’un chaud lit
Le destin peut être cruel
et la méfiance en nous s'en sert évidemment
mais courant les rues les ruelles
la beauté d'un visage est un soulagement
me guérissant des écrouelles
Un sacre ment parfois pourtant
tout amour avoué m'est sans évaluation
quoique on se veuille ainsi partant
chaque fois l'attirance est une hésitation
le mariage est moins important
mardi 1 septembre 2026
En mon écriture
L'Amour est un instant fugace
(un amour périclite en cessant d'y penser)
quand on le sait ça nous agace
et pourtant nous pensons sans cesse à dépenser
son crédit sans rester sagace
On peut trouver des panoplies
nous sommes les substituts de rêver l'envie
— c'est philosopher un oubli —
je fabrique des mots pour inventer la vie
pour en ressortir anobli
Le verbe est ma progéniture
un jeune enfant qui croit qu’on ouvre la barrière
à ces idées que je triture
et mon identité n'est pas dans ma carrière
elle est toute en mon écriture
lundi 31 août 2026
Les occasions ratées
Sur une épaule abandonnée
peut-être bien la mienne où mon amie la rose
avait éclos puis tout donné
(ce qui ne tiendra pas tiendra pour autre chose)
il a fallu se pardonner
La moindre ingénuité dessert
aimer c'est s'oublier dans un souvenir autre
et l’éloigner de nos déserts
incessamment sanguin je m’en fait bon apôtre
en ce poème au mieux disert
Un fleuve en étant alité
guide un marin perdu qui comme un dératé
court à sa perte en son Léthé
le désir a le goût des occasions ratées
qui se dépose avec l'été
dimanche 30 août 2026
À vélo
Qui ne tombe pas maintenant
menace à l'avenir — un peu comme un orage —
un ogre allant se maintenant
dans l’état terroriste où règne horreur et rage
on doit refuser son contenant
Le ciel est immense et m'obsède
il est peuplé d’objets malfaisants qu’on déçoit
car il n’est rien que l’on concède
destinée que de parvenir à être soi
sans plus jamais que l’on ne cède
Important dans la vie c'est l'eau
sa forme — un lac un ruisseau le fleuve ou la mer —
en la suivant comme à vau-l’eau
vous retenez vos pleurs à l’alarme à l’amer
et pansez les roues à vélo
samedi 29 août 2026
Leonor Fini
l'Amour est une histoire d'amour
il est juste un instant cueilli comme un fruit mûr
un don quand on est à la bourre
et qu’on croyait finir sans (qu’on longeait les murs)
au gré du temps qui nous laboure
Amour commence (et tout finit)
je suis au bout du monde et ressens l’effet mer
— immense impression d’infini —
le destin du désir est bien d'être éphémère
un trait de Leonor Fini
Le Beau se dessine à la main
comme une projection du fond de nos cerveaux
le reflet du jour et demain
la fragile lumière inspirant nos travaux
dont on ne sait pas le chemin
