mercredi 27 avril 2016

Le Val-André (republication d'un texte du printemps 2007)




L’océan, vous savez ?
La mer, celle qui est
                              de la couleur des yeux,
que l’on regarde inquiet
                          comme en faisant un vœu,
balade du Val-André,
                                 la nuit,
                                           lorsque l’on cause,
promenade des français,
                                    suit,
                                sans effets ni sans clauses,
la route des aiguilles
                              du temps qui passe tel
glisse une vive anguille
                                 entre nos passerelles…
Nous sommes bien dressés
                            à la place des ponts
                                          que nous pourrions bâtir :
l'une à l'autre, blessé,
                      dit ses passées passions
                                                et ses divins empires.
La baie de Saint-Brieuc
                           ressaque dans la nuit,
                       ressasse leurs deux vies,
                                              qu'on ne distingue plus...
Et même à qui-mieux-mieux
                      dans ce qu'ils se sont dit,
pas un parfum d'ennui,
c'est normal, il a plu...
En Egypte, elles étaient sept.
Au Val-André, elles sont neuf.
Neuf plaies à Pléneuf-Val-André,
De tout ce qu'on peut raconter,
Quand on se rend compte en acètes
Que l'on se rencontre à Pléneuf.
Preuve par neuf et croix en X,
Au saint des saints du Val-André,
Du casino où l'on se fixe,
Qu'après il faut aller marcher...
Et quelques rires
                     aux fous comptoirs
                                              de cafés forts,
                                                                collets serrés,
quelques soupirs
                          sur les hasards
                                              à moitié morts
                                                                de nos passés.
'cause it was a stormy monday,
Qui de ceux qu'on s'offre à leur âge,
Quand on sait qu'Avril s'en allait,
Garde les saveurs du partage
Et ces parfums de premier Mai,
L'odeur mouillée d'après l'orage,
Pour peu que Pléneuf vaille en traits
L'esquisse des beaux paysages
Qu'on rêve comme des étés,
Quand la jeunesse a fait naufrage,
Qu'au front de mer du Val-André,
L'avenir n'est plus qu'un otage.


mardi 26 avril 2016

Pieds et mains liés




Que devrait-on écrire à propos des silences
au cœur des partitions qui nous soulèvent l'âme
et tranchent l'Art cochon dont tant d'autres me blâment
alors que je n'en ai que des pieux et six lances ?

Je n'ai pas su bâtir un empire aquatique
aux sirènes dont l'air, quand bien même on s'honore
au fil de l'arrosoir d'avoir perdu son Nord,
dont l'air en mélo' dit le bel amour sceptique.

Et dès lors se défausse une harmonie possible,
un fort piano forte ressasse une sonate
où coule un son comme un cheveu dans une natte.

Je n'ai dressé de Lizst aucune de mes cibles
et négligé ma vie pour relever deux notes,
hormis cet astérisque au péril des menottes.

jeudi 21 avril 2016

De suivre ou d'être




Si je ne suis plus rien, alors mon âme sombre
obscurcit de ton corps les chemins, les méandres
et les trop longs discours des gigantesques ombres,
auxquels je ne concède aucune excuse tendre.

Si je ne suis plus rien rien, alors mon âme sombre
au plus profond de l'océan de tes yeux clairs
et dans l'abysse hurlant dont ta silhouette s'ombre
afin de me confondre au spectre d'un éclair.

Alors, à toi bel astre, occupant de mes cieux
la principale part issue de mes enfers,
on a cédé la place entre mes deux essieux
sur mon automobile, et tu n'as su qu'en faire...

De l'heure — indice en lacérant la moleskine —
il ne t'est revenu que le champ d'asphodèles
où l'or fait du délice une source mesquine,
un jardin merveilleux où tout homme est fou d'elle.

De l'écartèlement d'un cœur ouvert sur toi,
je n'ai de palpitant qu'un désastre isolé,
que les quelques coulées de pierres sur un toit,
que tes larmes cachées d'un sourire immolé.

Je n'ai de palpitant que mes fables étranges
à-propos d'amants morts sur des bûchers solaires
et sur ta belle Terre avec sa peau d'orange
où tu ne t'épanouis qu'en plante parcellaire.



Louve




Abreuvé des menstrues de la Mer éternelle
et du lait frelaté de ta peau duveteuse,
il m'a fallu tester ton instinct maternel
afin de me penser en ta bouche ainsi tueuse.

Amour, oh toi si seule et qui te pense mère
à m'avoir en ton ventre à défaut de honteuses
absolutions livrées à ce problème amer,
écoute enfin le son des poésies vertueuses.

Et soit ma sœur ou ma fleur de pensées
dans l'encre consanguine où ta bouche est laiteuse,
où ton âme écrivaine — ô miroir insensé —
m'est l'écho maladif à tant de voix tortueuses.

Enfin, m'étant livré jusqu'à la carotide,
il m'importe avant tout qu'à toi belle menteuse,
à toi Louve affamée par ma vaine Atlantide,
on concède en corpus une envie défectueuse.

mardi 19 avril 2016

Larmor-plage (re-publication d'un texte du printemps 2007)




On peut se croire à Saint-Brévin
Lorsque l'on traîne à Larmor-plage,
Ce n'était plus petit matin
Mais un réveil en décalage.
J'avais strangulé ma Bretagne
D'un cordon Nord-Sud de voiture :
D'un Saint-Brieuc foin de cocagne
Jusqu'en Lorient, rien n'est moins sûr...
C'est « An orient », si mal nommée,
Que je n'ai pas goûté l'opium
De paradis désespérés,
Qui, j'étais bête en étant homme,
A Larmor-plage et ses rochers,
Quand l'amour nage en factotum,
Mais qu'on le pêche à l'épuisée,
Lui que l'on prêche en symposium...
Le ciel de la couleur des yeux
Et des paroles sans nuages,
Quand tout se mêle à ces flots bleus
Qui sont bien moins que bavardages,
Tout n'est alors que vastitudes,
Elastique à nos temps perdus,
Nos manques de béatitudes,
Ce qui survit quand il a plu...
Mais à Larmor, au gré du Sud,
Sont des cafés bien tapageurs,
Bordant la plage et ses quiétudes,
Sentant bon la retape à joueurs.
Les demis s'y consomment sourds,
Sous l'éclaircie des premiers Mai,
Quand on sait qu'à revoir le jour,
Tour à tour, sommes appelés.
Et nos démarches boitilleuses
Font tant et tant des avancées,
Qu'à toute côte pointilleuse,
Il faut édifier des jetées...
Des jetées à l'eau pour chacun,
Sans ces « je t'aime » pathétiques
Qui croyant nous rendre malins,
Nous ont rendus paralytiques.
Des jetées qui pour s'épauler
Prendront l'amarre à la marée,
Et sans ces doigts griffus, greffés,
Tendront la main à la mariée.
Les petits ports sont ambitieux,
Ouverts qu'ils sont vers le grand large,
Comme brillent tous les beaux yeux
Sous le soleil de Larmor-plage.

jeudi 14 avril 2016

La proximité de la Mer



En hommage à Jorge Luis Borges

On nage entre deux eaux comme en un placenta,
dans l'étreinte alternée du flux et du jusant,
dans l'étroit sablier qu'une femme enceinte a
retourné, m'évitant le siège où va gisant
la statue bienheureuse à ce que sa sainte a.

Mais de la Baie de l'âme à celle de Belem,
il me faudrait pourfendre en ta virginité
le fer inoxidé qui me fit si bel hème
à mon hémoglobine en toute immunité,
en toute intimité le feu que Lebel aime.

Or d'avoir remâché gencives des tranchées,
je garde ton empreinte inscrite sur la plage
et l'ombre de ton pied qu'à peine retranchée
j'ajoute au régiment des fidèles volages
auprès desquelles mon cœur s'est toujours tranché.

Si j'ai tant ramendé les nœuds de tes filets,
me cousant de mots pour que rien n'atteignisse
un seul fil à tes bas que l'on voulait filer,
ce n'était pour qu'enfin le divin Montaigne hisse
une étoile de Mer aimant bien défiler.

Et dans ton beau mirage infiniment marin,
borde de ta poitrine un peu de mes falaises,
épouse aspérités puis courbe sur mes reins
la paume de tes mains absorbant mon malaise
en pompant l'essentiel de ce qui n'est plus rien.

Sur la proximité que l'Océan violente,
au sujet de l'acide et de la corrosion,
nul ne sait le remord maudit que le viol hante
et le sel affligé de tant de corruptions
martyrisant gaîment l'époux de quelques lentes.

J'ai donc écrasé d'un pauvre coup de poing
l'horaire des marées qu'on consulte aux Pléiades,
et tout près de la Mer je ne déteste point
ta beauté bustée mais belle ma naïade,
et ton désir abstrus pour mon bel embonpoint.

mercredi 13 avril 2016

Sainte Victoire




Par Bruno Zunino — Travail personnel, CC BY 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1421971



Gardant de la candeur de mon adulescence
un peu d'immaculées concrétions versant Nord
et de mon escalade une suée qui m'honore,
il m'en souvient du roc une magnificence :

Par les chemins, lorsque l'on quitte Vauvenargues,
en randonnant du pas de la jeunesse odieuse,
sans souci si descend des sentes insidieuses
un torrent sec alors que le sommet nous nargue,

il faut se cuire à point sur cette rôtissoire,
il faut donner de soi vers l'ange anthropophage
accueillant en son sein (ce laiteux sarcophage).

Car là-haut, éclate aux lueurs du pré-soir
le grain du prieuré d'une blancheur avide,
et de Sainte Victoire, on penche sur le vide.



Par Matthieu Gauvain — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=21681368

vendredi 8 avril 2016

L'effroi défendu




Marchant dans le couloir des gigantesques ombres,
une artiste éphémère effleurant de ses doigts
la harpe de nos vies dont chaque corde sombre,
a peuplé nos espoirs des désirs qu'on lui doit.

Car ainsi s'effeuillant sur ses toiles — débris
de ma barque éventrée qui vomissant son verbe,
évacue sa beauté pour s'en faire un abris —
la belle adulescente a poussé de brève herbe.

Et son soir exotique emplit l'âme des torches,
amoncelle en ce feu des couleurs impossibles
où se fond la nuance à laquelle on écorche
une expression visible en chacun pris pour cible.

Elle est sur le chemin de ce grand labyrinthe
à l'intérieur duquel mes vers péristaltiques
ondulent en mimant les péchés qui m'éreintent
et la pomme infiltrée de visions cathartiques.

samedi 2 avril 2016

Coup de gueule de la nuit

Les discours lénifiants de L214 ou de cette pneumologue psychorigide qui porte plainte contre l'Education Nationale m'insupportent.
Qui sont ces intégristes moraux, ces Tartuffe d'un nouveau genre — pire encore parce qu'aussi bien convaincu de leur intolérance qu'un djihadiste patenté — qui viennent nous culpabiliser de consommer de la bonne bidoche et nous accuser d'être les responsables d'exactions menées par des malades mentaux dans des abattoirs, qui préfèrent voir des minots exposés aux attentats sur la voie publique à fumer, plutôt que de subir le risque d'une tabagie passive dans une cour d'école ?
Malraux écrivit que "le vingtième siècle serait religieux ou ne le serait pas". Concernant le vingt-et-unième, il n'y a aucun doute : c'est le siècle des dévots et des ayatollahs de tous ordres, le siècle de l'interdit, du jugement de valeur, de l'incrimination fascisante, des prosélytes d'un pseudo-bien-être qui ne ne recouvre que les névroses dont ils cherchent à se défier, à défaut de parvenir à les déféquer.
La culture, les arts et l'histoire de l'Homme sont étroitement liées à son mode nutritif et à l'invention de ses drogues, de ses gentils poisons. La liberté si chère à notre engeance est précisément liée au droit de l'individu de fixer son niveau de consommation de toutes ces choses dont il hérite avec l'éducation que lui confèrent ses aînés.
Je ne jugerai jamais un végétarien de faire ce choix de vie, que ce fût tant pour sa santé que par choix moral ; je ne jugerai jamais un fumeur — bien qu'ayant cessé de m'adonner à cette passion depuis cinq ans — quand bien même j'apprécierais de discuter avec lui de la dimension comportementale de cette addiction ; mais je refuse absolument que quiconque cherche à me dicter "ce qui est bien", cherche à m'imposer de façon totalitaire un mode de vie qu'on déciderait pour moi et à ma place.
Je trouve absolument normal de réagir aux atrocités commises envers des animaux d'élevage, et je suis le premier moi-même à réagir, mais je refuse obstinément que des guignols — auxquels il me scandalise que les média tendent un microphone écholalique — utilisent ce prétexte et pernicieusement diffusent leur dogme infiniment contestable.
D'ailleurs, je suis biologiste de formation, et je trouve à ce titre que l'on oublie bien trop vite qu'une plante, qu'un arbre, qu'un végétal auquel je m'attache aussi facilement en tant que botaniste convaincu, soit lui par contre considéré comme une source de vie négligeable. Qu'on oublie que le tabac est issu de la feuille d'une plante qu'on laisse vivre, à l'instar du haschich, de l'opium, du kat, et que les psilocybes poussent dans les sillons humides et frais de nos belles campagnes.

Je pleure sur la bêtise en train d'envahir le cerveau des rejetons de notre société grasse et bien nourrie, que ce soit de steacks aux hormones ou de graines certifiées "bonne conscience", car à l'heure des attentats qui nous frappent, elle a d'abord perdu de vue la faim. Il est vrai que ceux qui prennent la parole ici, ne sont pas ceux d'une nouvelle misère qui en a retrouvé le sens.

vendredi 1 avril 2016

L'étoile



J'ai digéré l'étoile aux branches dispersées
sur l'horizon détruit de la rose des vents,
mais vomi les remords dont on m'eut transpercé
si je t'avais trahie, toi ma fleur en devant.

Les satins de Noël ont laissé leurs rubans
dans les cheveux de fange où j'ai noué mes accords,
mais je guette les rues où somnolent les bancs
me liant à tes mains comme je lis ton corps.

Et dès lors, j'urbanise en lettres capitales
un nouveau monde abstrus qui d'ailleurs capitule
aux flottements de bouche, à toi digitale,
à toi mue de poison dont je me tarentule.

J'ai digéré l'étoile aux éclats des versets
par des tonnes d'espoir et par des milligrammes
assujettis aux fards des œillets déversés
sur le blanc du papier des noirceurs de Milgram.

mardi 29 mars 2016

Grand Bassam (republication de ce texte de 2006 en l'hommage de cette cité meurtrie)



Cocos coupées à la machette,
Dis, tu m'achètes ? Dis, tu m'achètes ?
C'est pour dix balles CFA...
C'est pour queue dalle à la plaïa...
Il est midi à Grand Bassam,
Lorsque ce petit bout de femme
Sabre les fruits de son pays,
A mes pupilles ébahies...
Il est midi à Grand Bassam,
Le soleil darde de ses flammes,
Le sable des plages privées
Et la sueur des peaux bronzées.
Mais les nuages d'équateur
Viennent charger de leur lourdeur,
La baie fermée sur l'océan,
La presse d'un air oppressant.
On se croirait à angle droit,
Au moins à sa moitié, je crois,
Tant les degrés se superposent
Aux chaleurs dont ils sont les causes.
Je me lève du transat',
Je me lente, aimant avec hâte,
Vers l'eau salée qui, comme un lac,
Semble une soupe à nos hamacs...
La plante de mes pieds me brûle,
A vingt-huit est la grande bulle,
Elle est pourtant rafraîchissante,
Cette eau si pure et transparente...
Il est midi à Grand Bassam,
Et des heures à nos grands dams,
Se passent en baigneurs modèles
Dans l'eau ou les couleurs se mêlent :
Le blanc, le noir et l'océan,
Le rire dilué des enfants,
Il est midi à Grand Bassam,
Ainsi s'humidifient nos âmes !
Les ananas nous sont fragrants,
Et tous leurs jus dégoulinants,
Quand on les grignote en tournant,
A la façon d'un cuisseau lent.
Et le soleil est insolent !
Et le sommeil est un saut lent !
Puisque nul ne peut deviner
Quand dans la sieste il va sombrer.
Les cocotiers se font la malle,
De Grand Bassam, la coloniale,
Pays qui, de trois capitales,
Côte d'ivoire est la vénale !
Reste de celle-ci, fantôme,
Le destin flou d'un carcinome.
Il est midi sur Grand Bassam,
J'en rêve encor après les drames...
Mes vers d'escales s'escaladent,
Comme latitudes malades,
Mais des rémissions télévisées,
En sont l'image imaginée.

dimanche 27 mars 2016

Demain


Demain, le soleil ne se lèvera pas : il restera dans sa coquille d'huître à flétrir de baisers qu'il ne donnera pas. Le jour restera fermé comme une serrure à double tour et comme un disque au ralenti, comme un diamant posé rubis sur l'ongle à l'avatar d'où nos âmes rodent afin de s'en délivrer.
Demain, le soleil ne se lèvera pas : il aura supporté les clous et les blessures des torturés communs, des pauvres qui n'ont jamais voie de Cité, des crucifiés à la fleur du fusil et des crucifères embrassant les bouches des canons.
Demain, l'urne élira ses monuments funéraires, dressera de gigantesques tombeaux à ses morts hasardeux, et sanctifiera dans une grande embrassade, en l'absence de gène un plaisir sulfureux.
Alors, ignorant le fils du père, l'enfant de la mère, on sabrera ces petites têtes sans pagne afin qu'elles n'aient plus d'origine contrôlée.
Hier, j'ai visité le ventre des porcs afin de vérifier qu'ils étaient conformes à toute religion... Ensuite, je me suis occupé des textes sacrés : la Bible, l'Évangile et le Coran. J'aurais préféré comprendre le chinois et ses vieux grands philosophes, mais on ne fait pas du sperme avec du sang.
Demain, le soleil ne se lèvera plus comme avant : des monstres lutteront contre les résurrections, des assassins chercheront à tuer des enfants, et la lumière éblouissante de Pacques éclairera tous les meurtres en devenir.
Le doigt que je fais glisser sur tes rouges lèvres est l'absolu symbole amoureux des combats qui nous attendent, et dont la féminité criarde est la bouée salvatrice en laquelle il m'est donné de me raccrocher.
Demain, le soleil ne se lèvera pas, mais la lune triomphante éclairera le chemin des résistants.

Dany l'heur rouge


Daniel Cohn-Bendit = Danton chien bidel

(Le bidel est le capitaine d'armes, l'autorité sur un bateau.)

Daniel Cohn-Bendit : le nouveau Danton...

samedi 26 mars 2016

Monde et Poésie


Nos mondes personnels sont la conjugaison d'inextricables liens entre de petites choses individuellement insignifiantes, mais dont l'harmonie constitue l'édifice fragile assurant une beauté fulgurante et fugace et précaire. Nos mondes sont comme une poésie : ils se doivent de trouver la bonne résonance, le bon rythme et l'équilibre indispensable à leur donner encore un sens.
Et c'est ainsi, en toute réciprocité, qu'une nouvelle poésie constitue d'elle-même un nouveau monde.

mardi 22 mars 2016

C'était au temps




C'était au temps défunt d'une Europe haletante,
au temps perdu des voix, des éclats de Bruxelles,
et les éclats de bombe ont ce que l'abrupt scelle
en ces éclats de vers servis en dilettante.

C'était au temps du rêve à présent enterré
sous les sombres gravas de ces sourds attentats,
sous les ombres de nuit d'un odieux potentat
se réclamant toujours de faux dieux atterrés.

Répondant à l'appel des douleurs citoyennes
il m'a fallu la pelle à ramasser les maux
et les morts et la peine, afin d'écrire un mot.

Il m'a fallu la lettre à cité si doyenne,
et ce noir capital à saisir ce qu'impriment
en nos front redressés quelques chasseurs de primes.

lundi 21 mars 2016

Défendu




De longs figements de baisers basaltiques
ont creusé dans l'airain de nos corps statufiés
des tourments facétieux et des maux cathartiques
auxquels l'eau de tes yeux porte un flot pacifié.

Je ne sais si l'allant dans cet immobilisme
a cédé son ressort à des mares stagnantes,
ou si l'évocation de notre nombrilisme
aura su la remuer comme une onde feignante ;

mais j'entends clapotant, les pieds des poésies
qui soudent les serments devinés par l'Oracle,
et dont certains voyants dans leur grande Hérésie
se seraient revêtus comme d'un grand miracle.

Les mots ne sont jamais de nos réalités :
ils sont les ouvriers serviables du fantasme
et recouvrent d'un drap de syntaxe allitée
la crise d'égotisme ainsi faite enfant d'asthme.

Et pourtant j'abandonne à l'idée d'effraction
la clé de ton puzzle en kaléidoscope
où ta rousseur détache en d'infimes fractions
ta beauté que s'arrachent deux, trois périscopes.

Je t'ai décapitée, mon en-tête amoureuse,
avec un Sans-souci fleurant la terreur
et la quête abrutie d'une bourgeoise heureuse
alors que j'accumule en ton sein tant d'erreurs.

J'ai refait tant de fois ton portrait mon ultime
et rempaillé la chaise où ton cul se posa,
que je ne puis dès lors me poser qu'en victime
en mots, art suicidaire, et que là crime osa !

Mais quarante-sept ans sont bien trente de plus
que l'âge du rêve à ce point abimé
que d'amours innocentes je ne rêve plus
sans flétrir à l'instant de relations mimées.

Le rasoir de la vie m'avait gravé la ligne
en ma main d'éconduit, le chemin défendu
qu'on visite pourtant, la vibration maligne
où les sexes se trouvent à deux des fendus.

vendredi 18 mars 2016

Brazil




Des oiseaux — glas d'odeur — parfument les journaux
comme du papier-cul ; le reste de leurs plumes
engraisse le pilon des papiers au fourneau,
mais je garde du Rouge un marteau sous l'enclume.

Et je garde prétoire à la folie commune,
à la Folie-Neubourg où l'amour se consume,
au mur des fédérés de la pauvre Commune,
ou, regardant mes doigts, à ce qu'un quinconce hume.

J'en viens donc à chercher des loyers, qui bailla
Salvador Allende dans le pays tout contre,
aux camionneurs soumis à la sombre NSA,
j'en viens donc à l'ultime, à notre ombre rencontre.

Si le pays titube en passant l'arme à droite,
et que de bleues scories virent du jaune au vert,
faute n'est qu'à la gauche aux envies maladroites
en vain de s'éviter ses odieux découverts.

Mais l'accent circonflexe est sur tous les fossiles,
et l'horrible indécence, elle, empire un peu plus,
dans un méandre aqueux d'une humeur indocile,
il me faut retrouver ce qui chez moi vous plut.

Peu m'importe qu'il vente ou qu'il saigne ou qu'il pleuve,
étouffé d'un tropique où où j'enseigne ma Zone,
oui, je contesterai les pets d'un roman-fleuve
abusant du courant de ma fibre amazone.

J'ai voulu pour écrire éviter les récifs
de mon verbe natal que d'autres tarzanisent,
oubliant de l'article un rôle en leurs poncifs,
ce sont eux les abstrus qui pourtant galvanisent.

Ce sont eux les verbeux de petite vertu
qui promulguent les lois que d'emblée je contourne
à l'aide de la rime en laquelle un vers tue,
comme au brio de Jeanne, héros de ce qu'on tourne.

J'ai fait de mon Poème une cage dorée,
ses barreaux éclatants sont ma jungle — un asile —
et le fourmillement de sa flore adorée,
plainte carnivore, est un cri menu : Brazil !

mardi 15 mars 2016

L'angoisse




Si dire en quelques mots ce serpent constricteur
était dans les moyens de mes hauts et mes bas,
je dirais du Poème où dès lors je m'ébats,
que c'est l'acte essentiel où s'étouffe cette heure.

Et la ligne serpente au creux de nos deux mains,
comme un ruisseau de sang vers l'embouchure vaine
attendant l'oppressant fleuve de la déveine
au rendez-vous de l'air de dealers lendemains.

Puis, venant, s'enroulant de nos reins à la gorge,
elle enserre en ses ronds sirupeux de spirale
afin de nous extraire un odieux dernier râle.

L'angoisse est le métal dont l'enfer est la forge
et dont l'acier trempé dans l'aigreur de l'alcool
est le collet monté des passions qui nous collent.

vendredi 11 mars 2016

Aurigyne




Je ne suis pas Crassus, abreuvé d'or fondu,
je ne suis pas crasseux non plus de cet amnios
dont sont enveloppés ceux qui dehors font dû
de leurs maternités sans corps ni eaux ni os.

Je ne suis pas non plus privé de l'ombilic,
et mes rétrocessions à ces femmes qui comptent,
ont les valeurs unies des amours faméliques
auxquelles j'ai souscrit, qu'en vain je raconte...

Or, j'ai conçu des murs d'enceinte époustouflants,
destinés au Mektoub afin de m'épargner
la quête aux pauvres saouls dont les vers s'essoufflant
ne laisseraient qu'à colle une énigme à renier.

Je suis sorti d'un ventre où la morve en guirlande
a baptisé mon front d'un baiser déhiscent,
s'accrocher à Tara, buste d'exsangue Irlande
est comme pendre à Sein d'où chacun voit son sang.

lundi 29 février 2016

Clandestins




Puisque l'on n'est pas sage et que l'on est passager
de cette vie mutine où l'Amour est un leurre,
il me faut propager les mots des messagers,
les cruelles vérités qui vont à mille à l'heure.

Puisque l'on est mortel et faillible d'essence,
aucun des jugements pouvant être portés
sur l'Art de ce voyage à la belle indécence
évidemment ne peut froidement s'accepter.

Les tristes bourgeoisies bâtissent leurs frontières
et s'inventent des camps, des Jungles et des murs
embarbelant nos vies et les zones côtières,
interdisant l'Espoir derrière ces armures.

Mais plus fortes seront nos transgressions intimes
lavant de l'amidon ceux qui bouclant Destin
– l'avant de l'ami donc qui fit leur clan d'estime –
auront nos billets doux, passagers clandestins.

jeudi 25 février 2016

Harbor essence




J'ai pour les végétaux, quand on est soi-même arbre
une passion bizarre dont l'Art s'enracine
ainsi que les versets déversés par Molière
et gravés à jamais dans ces pommes de marbre
– ô beaux fruits dépendus par Monsieur Jean Racine –
enveloppées de fait par mes aigres mots-lierre.

J'ai gêné au logis mes généalogies,
semé le germe absent qui pourtant poursuivait
l'absurdité de moi voulant qu'on en fit l'homme
à cette écoute absconse issue d'astrologies
dont l'âme frauduleuse à nos yeux décrivait
l'apparente évidence inscrite en ce phylum.

Je n'ai donc plus l'écho des poètes mes frères,
abrutis par la mort m'approchant à son tour,
que l'éclat de leurs vers dans un miroir sans tain
m'éprouvant à l'endroit de leurs mots à l'envers,
et à la rutilance aveuglante à l'entour
de nos soleils abstrus que la bêtise éteint.

lundi 22 février 2016

La Pieuvre




Enflée de sa spartiate élite
(qui se mêle au cul l'air)
qui l'a mise sur orbite
aveuglément s'étend l'emprise inique et pernicieuse
à vau l'eau de la Pieuvre financière
aux racines de ces plaies d'heures
et de ses traders
autant t'accule un système aux fondations vicieuses
édifié sur un péché
KAPITAL
celui de l'Usure et du Profit
dont tout le Monde ne profite pas
celui du mensonge et de l'exploitation
celui des marchands du Temple moderne
– où la Bourse ou l'avis ne changent
à hauteur que de quelques taux de change –
celui qui dresse le prochain contre son prochain
grand Rouage de la Guerre
OUI (depuis « Jadis et naguère »)
celui qui fait des religions l'outil abstrus de la pensée
dont plus personne ne se soucie plus que de l'hydre de Lerne
et dont la barbarie se nourrit avec délectation
scindant l'engeance en camps distincts
que leur fatalisme fit
tant oublieux des premiers pas
de l'Homme sur son satellite
et dont les armées militent
tuent
fabriquent les clandestins
qui s'évertuent
sur les frontières de l'argent que l'on ne peut pas toujours franchir
comme on ne peut toujours pas s'affranchir
du KAPITAL
et des sirènes de Wall Street
hurlant sur des lieues à la ronde
comme les foudres des STUKA
de leur plainte horrible et lancinante et souscrite
à toutes ces obligations
à ces jeux de fonds de pension
qui sont des pierres à la fronde
avec laquelle on crève l'œil des borgnes qui s'en font cas
comme des bulles de chewing-gum
gonflées jusqu'à l'éclatement
du système inepte appelé de « réserve fractionnelle »
auquel les banques centrales
ôtent tout crédit
puisque l'argent créé d'un coup de gomme
est l'effet du remboursement de toute dette
et que de ce non-dit
de ce péché originel
on a bâti des cathédrales
et des châteaux de cartes
et d'insondables casse-tête
où les vertus de l'hermétisme
ouvertement racolent
un max' des vices du capitalisme
écrit sur la blancheur des cols
de ces banquiers triomphalistes
osant poser au bout de chacune de leurs listes
une estimation de la valeur du travail de l'Homme
en devises
en mauvais proverbes
(il n'est rien avant le Verbe
et rien avant que l'on ne vise
à l'atteinte d'un summum
pourtant bien plus projet de vie
que simple ligne d'un devis).
Le capitalisme est né d'un commerce de dupes
où les valeurs sont fiduciaires
et les acteurs indignes de confiance
auxquels on a cédé la gestion de notre Monde
un concentré de narcissisme égocentrique
au sein d'un système où le fric héliocentrique
attire avec gravité les instincts le plus immondes
et tous les cygnes de méfiance
– ô vilains petits canards boiteux des ouailles financières –
avec lesquels on plumera les peuples nus
uniquement vêtus de leurs voix ingénues
des oripeaux sociaux dont aucun ne s'occupe...
Je voudrais tracer cette voie
avec le trait cursif des lignes
et le rasoir au fil des paumes
ô belle vie redessinée
de par des maladies malignes
évitées dans le Maelström
où toute économie dévoie
le sens intime du devoir
et sa capacité de voir
où mènent ses abominables constructions
cette Babel aux fissures ataviques
où toute ouvrage amène à sa démolition
dans une étrange récurrence maléfique
inepte
hors de contrôle
soumise à des adeptes
assujettie aux long cours du pétrole
et des sangs d'une Terre à ressource épuisable
essoufflée par les dents de ces vampires
et par leurs odieuses machoires
où soufflent des vents pires
à l'Art de choir
au creux du sablier qui fit de nous son sable.
Aussi, cessons ainsi d'être aussitôt si sots !
D'être encamisolés par ces illusionnistes
et pantins mus par ces prestidigitateurs
maniant l'Usure à l'usure
et les Arts d'un laser dont l'azur hédoniste
accorde un air dévastateur
à ces tristes désirs de notre démesure
où des orgueilleux se maquillent
se jonquaillent
allongeant la liste
et les biens endettés dont on est débiteur
et tous les faits divers dont on est la racaille
et les putes mondaines qui s'offrent aux plus offrant
et le taux de l'Euro
du Dollar
et la disparition du Franc
qui n'a plus de Hérault
que dans l'Art
et dans l'inflexible volonté de convertir
toutes ces devises à d'autres religions
qui n'ont sans cesse d'investir
sur des pseudo-marchés dont on nourrit légions
fondant lingot par lingot
le mur doré d'un sordide ostracisme
abruti par la quête obsédée d'un magot
que ce système enfin porte à son paroxysme !
Et si la grande Angoisse emplie des dents de Laws
celle de la Banqueroute
et de retraits instantanés
de l'exigence des valeurs
et coûte que coûte
(un nœud m'est à l'écoute
un nœud gordien
le nœud d'un indien
qui joue les voleurs
sur les succédanés
des véritables biens de l'univers réel
et des baisers volés
par des impairs Noëls).
De la vidange des réserves
(elles n'auront rien recouvert)
je veux savoir de quels volets
– ni trou béant, ni pot-aux-roses –
on sera l'esclave et quoi qu'on observe
(ô barque vomitive qui se met au vert)
enchaînant notre peuple à coups de découverts
et l'aliénant aux pieds que brisent mes vers
en chaque succursale
où se blanchirait l'argent sale
en un songe hypnotique
en un délire un brin psychédélique
en un oubli de qui nous sommes
et de l'obscénité de tant de sommes
acquises sur la misère inexprimable
affectant la plupart des plus petits hommes
et sur la traîtrise ineffable
à laquelle une bourgeoisie si bien pensante
accorde un blanc-seing d'une teneur indécente
afin de s'y construire un petit nid merdeux
fait d'une maison neuve
et de biens périssables
et de châteaux de sable
et de manques de preuves
et de sombres subprimes
de virus et de miasmes
qui pourriront leurs existences
et me feront poser ces stances
afin que mes ancêtres
aient de mon geste de révolte
un peu de ce qui fut leur être
et beaucoup plus de mes enfants
qui par-delà les perpétuent
comme ce blé que l'on récolte
en luttant contre ce qui tue.

jeudi 18 février 2016

TANGO (republication d'un texte arraché au mois de mars 2009)






Couleur rouge-orangée vive, comme les feux de la vie que j'ai brûlée, elle me ressemble, surtout sertie de ce noir d'encre d'antisèches que je n'ai su qu'écrire.
TANGO, c'est aussi le nom de l'album de Corto que je préfère. L'action se déroule à Buenos-Aires.
Dans cet album, il y a une planche unique.
Pas de bulles ! Pas de paroles sommaires, juste les yeux, les regards des danseurs, pas plus !
Cette planche ressemble à un extrait d'un film de Sergio Leone; il est vrai qu'Hugo Pratt était italien, lui aussi.
Si...
Si j'avais eu des cheveux, ils auraient été gominés comme ceux de Corto.
Si j'avais eu de la chance, j'aurais aussi été dans la planche, avec ces plans sur les regards, ces plans sur les pieds, ces plans en plongées et contre-plongées.
Si j'avais eu une oreille à laquelle une orpheline du quartier de San Isidro, sœur féline de l'armée du salut qui vient tanguer aux bras musclés des joueurs de rugby, loin de la Bocca, du football, si j'avais eu cette oreille durant cette danse ensablée, dans les méandres de leur beauté, de la splendeur des orphelines que Corto m'a volée, cette oreille, moi aussi je me la serais faite percer !
Je voudrais connaître l'Argentine !
Rien que ce nom semble promesse d'Eldorado.
Avant moi, avant Corto, Butch Cassidy et Sundance Kid l'ont énamourée.
Et Corto a retrouvé Butch...
Quelle doléance !
Les passés ne sont à nos présents que des souffrances...
Il parait que la famille dont je porte les armes a des branches en Argentine. Ils y fabriquent l'un de ses vins magnifiques dont le goût ne s'imite nulle part ! Fait avec un cépage dont seuls les gens de Cahors et de la Bourgogne s'enorgueillissent.
Malbec l'auxerrois...
Il saoule ce vin...
Comme la musique qui l'accompagne : C'est du vin couleur TANGO.
Des légendes disent que le TANGO, ce combat, est né dans les rad' de la Bocca, sur le port, de marins qui sans femmes, s'affrontaient dans une danse entre hommes... Jusqu'à ce que les putes de la Bocca se l'approprient.
Elles doivent être si belles les putes de la Bocca !
Hugo Pratt m'a dit que dans cet improbable mélange de sangs qu'est l'Argentine, espagnol, gallois, italien, allemand, français, suisse, américain, indien, il y a la quintessence de la beauté de la femme terrestre; l'argentine n'est pas un pays, c'est une femme terrienne qui sublime la femme par son universalité, par sa sensualité, par son aptitude à voler la danse des hommes pour en faire un cri de sa sexualité :
TANGO.
Pour l'Argentine où je voudrais aller et l'Argentine qui saura m'aimer.
Cet espace sera le lieu de Carlos Gardel, cet espace sera pour elle...
Ecoutez !
Ecoutez Carlos Gardel !
Le monde dans ses champs a fait des chants qui vous sont incrustés.

mercredi 17 février 2016

Out of Africa





J'ai ta lèvre en miroir sur l'étendue lacustre
aperçue vers Dakar au missel de l'avis
contradictoire en vain depuis les vagues lustres
de ta beauté qu'enfin tu me voues à la vie.

Le Rose est masculin mais ta rose est limpide
et le lac alcalin me soude à ton image
aussi certainement qu'une alliance insipide
entre ce qui nous ment mais qui te rend l'hommage.

Es-tu mon continent dont je n'ai rien connu
sinon l'impertinent mouvement de tes hanches
imprimant sur tes flancs la beauté de tes nues ?

Je sais l'époustouflant vertige qui s'épanche
à force de rêver d'un repas sans menu
paraissant arriver d'un regard qui se penche.

mercredi 10 février 2016

Clair-obscur



J'éclaterai ma peau, la partie déhiscente
à mon être, enveloppe insoumise et rebelle
et que tes yeux - velours, pot de péchés, descente -
inonderont de l'onde inconnue des si belles
hiérarchies qu'on en vide un trop plein (l'indécente
arrogance où j'épuise un sot Do, deux poubelles).

Tandis que l'Ut éreinte alors ma partition,
je devise un quartier de ma ville et des cibles
hachées, machées en mots comme une punition,
pour bouillir d'impatience en mon verbe irrascible
à ne plus te revoir, hanté de permissions
durant d'Alfortville à mon Cap impassible.

Et je rêve à nouveau d'impossibles rivages
où se déverseraient les tiroirs de mes nuits,
ta beauté lancinante et ses odieux ravages,
où es-tu Melody qui me laisse à l'ennui ?
Je me transforme en "clair-obscur" du Caravage
en oubliant que ma mue qui te sert moi me nuit.