Goûte au baiser secret de la mélancolie,
dont ton âme s'épanche en glissant mollement
sur le bois de la planche où parjure aux serments,
tu gravis les degrés de la douce folie.
Nul ne cherchera plus ton obscure origine ;
en dressant ton bûcher, nous chanterons tes vers.
Un bourreau, deux bouchers, trois poètes pervers,
saleront ta bidoche en purs Moravagine.
Alors, tu sombreras dans l'obscur labyrinthe
où les fauves du Cirque oubliant leur nature,
à grands coups de faiblesse, à grands coups d'imposture,
incessamment sans doute et sans cibles s'éreintent,
organisant la mort d'un passé qui les hante,
et d'obséquieux cercueils revêtus d'amarante.
Te souviens-tu des ciels du Finistère
lorsque tu pendais à mon bras la nuit
sous la voute céleste et délétère
ornée d'étoiles filantes d'ennui,
d'un métier mu dont je fus grabataire ?
Te souviens-tu des mots brûlant les lèvres
— alcools panachés de compromissions —
et des respirations niquant les plèvres
à nos barreaux de chaise en rémission,
Toi la comète entre mes doigts d'orfèvre ?
Oh ! La bleue Lune est un clair de Kassandre.
On ne connait pas celle qui se cache
au-delà de ses yeux couleur de cendre
et des horizons que sa beauté gâche,
on n'en sait que des pentes à descendre...
On m'éveille à l'aube des derniers feux ;
le lierre s'est enroulé sur mon corps
comme un péché sur l'arbre des aveux,
mais la tentation d'un ultime accord
bourdonne ainsi que des baisers baveux.
Tout emmiellée de tâches de rousseur,
une ombre d'ego compose des vers
(hydromel extrait de tant de douceur)
dont les qualités prennent à revers
un galbe indécis pour son rebrousseur*.
Nous ne sommes plus parfois que fracture
éperdument écartelée dans l'air
d'un temps dont on payerait la facture
à s'être à ce point rendus parcellaires
et perdus dans d'infinies conjectures.
Nous trouvons dans des liqueurs psychotropes
un rêve absent de nos amours navrantes
et nous sculptons un démon misanthrope
où l'on se fond la courbure enivrante
ainsi que se tourne un un grand héliotrope.
Un jour, lassés des cultes d'Hypérion,
la peau tannée comme un corps dépecé,
nous questionnons le pourquoi nous errions,
les raisons nous ayant fait dépasser
les bornes d'un sol que nous espérions.
Nous nous lançons alors à la recherche
impromptue d'un territoire égaré,
sans penser que s'y tend comme une perche
un doux leurre aux ronds qu'on veut en carrés,
que sans cesse en ceci c'est SOI qu'on cherche.
On l'appelle atlante ou continent Mü,
mais c'est en fait notre propre Pangée
qu'on croyait morte et pourtant qui remue,
dont éloigné l'on se sent étranger,
mais qui rassemblée se fait notre mue.
Rochefort
m'enterre sans tes bras, Rochefort en corps encore en Toi... J'ai
fait vidange intellectuelle, J'ai des clartés d'hors du
tunnel, Et d'éclater sous le soleil, Carreau se rit de ces
merveilles... C'est l'été et les remparts fleurissent !
Les
taches de rousseur apparaissent,
Les
grillons bruissent,
Et
les soucis me laissent,
Et
tes sourcils n'ont cesse
D'accentuer
ces pieux délices
Et
d'enrober tes yeux, des lys
Bleus,
Comme
ce ciel d'ivresse !
Et
tes longs cils en liesse,
Sombres
papillons, frémissent
De
cette vie nouvelle
en
Rochefort la belle.
Je
confonds toujours les filles et leurs pierres,
C'est
parce qu'elles se ressemblent !
Comme
Vanessa et Rochefort en Terre,
Ces
deux amies vont bien ensemble !
Il
y a des degrés à franchir,
Comme
chez moi,
Comme
à Pont-Croix,
Et
des méandres qui m'attirent,
Dans
les ruelles,
En
contrebas.
D''autres
degrés qui s'amoncellent,
Près
du lavoir où restent là,
D'autres
bateaux en partir,
D'autres
nacelles,
D'autres
et moi,
Et
mes poèmes à maudire,
Seront
pour celle
Qui
saura
Parfois
me voir, parfois me dire :
"Rouvre
tes ailes,
Remplume-toi
!"
Un
grand oiseau noir,
Loin
de sa mer patrie,
Marche
au matin comme le soir,
Dans
Rochefort d'où il écrit,
Quelques
mots mis, quelque mémoire,
Quelque
reptile sans répit,
Quelque
serpent, quelque lézard,
Sur
tous ces schistes alangui.
Les
murs se chauffent au soleil,
Juin
a remis l'habit de fête,
A
midi, la ville s'éveille,
Quelques
touristes me rejettent...
Rochefort
m'enterre sans tes bras, Rochefort en corps encore en Toi !
Les discours lénifiants de L214 ou de
cette pneumologue psychorigide qui porte plainte contre l'Education
Nationale m'insupportent.
Qui sont ces intégristes moraux, ces
Tartuffe d'un nouveau genre — pire encore parce qu'aussi bien
convaincu de leur intolérance qu'un djihadiste patenté — qui
viennent nous culpabiliser de consommer de la bonne bidoche et nous
accuser d'être les responsables d'exactions menées par des malades
mentaux dans des abattoirs, qui préfèrent voir des minots exposés
aux attentats sur la voie publique à fumer, plutôt que de subir le
risque d'une tabagie passive dans une cour d'école ?
Malraux écrivit que "le vingtième
siècle serait religieux ou ne le serait pas". Concernant le
vingt-et-unième, il n'y a aucun doute : c'est le siècle des dévots
et des ayatollahs de tous ordres, le siècle de l'interdit, du
jugement de valeur, de l'incrimination fascisante, des prosélytes
d'un pseudo-bien-être qui ne ne recouvre que les névroses dont ils
cherchent à se défier, à défaut de parvenir à les déféquer.
La culture, les arts et l'histoire de
l'Homme sont étroitement liées à son mode nutritif et à
l'invention de ses drogues, de ses gentils poisons. La liberté si
chère à notre engeance est précisément liée au droit de
l'individu de fixer son niveau de consommation de toutes ces choses
dont il hérite avec l'éducation que lui confèrent ses aînés.
Je ne jugerai jamais un végétarien de
faire ce choix de vie, que ce fût tant pour sa santé que par choix
moral ; je ne jugerai jamais un fumeur — bien qu'ayant cessé de
m'adonner à cette passion depuis cinq ans — quand bien même
j'apprécierais de discuter avec lui de la dimension comportementale
de cette addiction ; mais je refuse absolument que quiconque cherche
à me dicter "ce qui est bien", cherche à m'imposer de
façon totalitaire un mode de vie qu'on déciderait pour moi et à ma
place.
Je trouve absolument normal de réagir
aux atrocités commises envers des animaux d'élevage, et je suis le
premier moi-même à réagir, mais je refuse obstinément que des
guignols — auxquels il me scandalise que les média tendent un
microphone écholalique — utilisent ce prétexte et pernicieusement
diffusent leur dogme infiniment contestable.
D'ailleurs, je suis biologiste de
formation, et je trouve à ce titre que l'on oublie bien trop vite
qu'une plante, qu'un arbre, qu'un végétal auquel je m'attache aussi
facilement en tant que botaniste convaincu, soit lui par contre
considéré comme une source de vie négligeable. Qu'on oublie que le
tabac est issu de la feuille d'une plante qu'on laisse vivre, à
l'instar du haschich, de l'opium, du kat, et que les psilocybes
poussent dans les sillons humides et frais de nos belles campagnes.
Je pleure sur la bêtise en train
d'envahir le cerveau des rejetons de notre société grasse et bien
nourrie, que ce soit de steacks aux hormones ou de graines certifiées
"bonne conscience", car à l'heure des attentats qui nous
frappent, elle a d'abord perdu de vue la faim. Il est vrai que ceux
qui prennent la parole ici, ne sont pas ceux d'une nouvelle misère
qui en a retrouvé le sens.
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Préambule : Grande-Burne est un personnage créé par François Cavana à
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Une volupté de sincérité Une volcanique en volubilité C’est un temps, une
attent...
Cocon
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Calée dans mon cocon douillet, je me rends compte que ça se craquelle
autour.
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m'extrai...