Je conçois mon esprit comme un être amphibie,
tantôt dans la rivière au fil de l'eau qui passe,
ou bien dans des forêts qu'on transforme en phobies ;
son regard est celui d'un grand oiseau rapace.
Il est plein d'une absence et quoique on le rapièce,
un grand vide aquatique au fond de ses abysses
attise un feu barbare enfermé dans la pièce
où brûle un peu d'encens, beaucoup de cannabis.
Il flotte ainsi sans force en son liquide espace,
entre deux eaux — dit-on — flasque, informe et languide,
en cet instant mutique il est sans carapace.
Alors soudainement, sans qu'on le téléguide,
il quitte son milieu puis sa peau cet habit :
comme la salamandre il est l'être amphibie.
La main coupée d'un serf volant
justifie-t-elle un tel poème ?
Et de ce monde sans volant,
n'est-il qu'un semblant de bohème ?
Il m'a fallu kilométrer
le désamour de mes prochains
pour mesurer le gras du trait
qui salissait de son crachin
le moindre effet de ses attraits,
le pire instant de ces machins
qu'on sert à nos administrés
comme un Éden aux haschichins.
J'ai sur l'échine un gros insecte.
Il pose sur ma peau ses griffes
— or, je ne suis d'aucune secte
et mes vertèbres apocryphes.
Il m'a fallu kilogrammer
les résidus de nos poussières,
et réciter l'anagramme et
l'autre formule où l'âme haussière
est soumise aux lois du marché,
est soumise à ses devancières,
est tributaire à Beaumarchais,
ce Génie plénipotentiaire.
Et secouant mon vieux T-shirt,
elle est tombée la bête noire.
Inoffensive (un rien nous heurte),
un dos c'est comme un laminoir...
Il m'a fallu kilo-octets
pour ne pas rendre copie blanche,
et forcément de hoqueter,
savamment savonner la planche.
Un cerf-volant qui m'inquiétait,
soudain dans le ciel bleu s’enclenche ;
il porte en lui cette quiétée
dont j'ai perdu la clef, la clanche.
En regardant l'insecte énorme
en bas tombé mais si splendide,
est née ma haine de la norme
et ma passion pour son morbide.
Chaque cercle est à l'Enfer une porte
Et l'on franchit aisément ses paliers ;
Que je vous aimasse ou que peur importe,
Il est évident que je suis à lier.
Vous êtes la détentrice ingénue
Des clefs de Saint-Tuf qui me cadenassent,
Et quand je vois Béatrice ainsi nue,
Mon idée calque, erre en elle ainsi nasse !
En elle ainsi passe — onde magnétique
Où l'eau-forte est un effet surprenant —
Le courant d'un Styx hypothétique,
Imbu d'un talent d'agile apprenant.
Vous étiez la Dame inscrite en mes rêves,
Aussi de mes cauchemars une reine,
Il m'a fallu dans l'Enfer où je crève,
Aller vous chercher pour que je comprenne :
En elle aussi court un air fait des mots
Qu'Orphée mon secours aurait pris de lyre,
Et que Rodin pris de glaise et d'émaux,
Façonnerait encore en mon délire.
En elle un sang s'écoule et mon Léthé
Vient se tarir en son sein parfait ;
Tout ce qui n'est plus mais chez Vous l'était,
Tout ce qui n'est plus à faire est fait.
Vous serez belle aux yeux de vos amants
Mais plus à ceux de mes tristes soupirs...
En chaque huître on cherche une perle, on ment,
Mais vous aimer, c'est le meilleur empire.
C'est lorsque l'Art me nie que je retrouve un goût
certain pour l'Harmonie qui m'entoure en ces champs,
dans le bocage en fleur énorme, et tout à coup,
bien au sud de Barfleur, on y rêve en marchant.
Bien au nord de la Loire, un miroir hésitant
qui dormait comme un loir gît jusqu'au bout,
peuple de son image un grand vide existant,
de son fort allumage un feu froid dont je boue.
C'est l'envers d'un décor où sa robe en rideau
lève un secret du corps où mes vers échouèrent,
où mon verbe tatoue toutes ses courbes d'eau,
son courant n'a d'atout que sa fontaine où j'erre...
Or courir est inepte aux lucides cerveaux :
je ne sais quel adepte aurait pu de la chair
absorber les parties, digérer les morceaux,
sans qu'on ait départi ce qui m'est le plus cher !
J'ai gardé de sa cuisse une douceur austère
et de la soie qui bruisse un froissement subtil,
il me faut de tout bois faire un feu de ces stères
et de ce que je bois un élixir utile.
Il me faut partager sa beauté délétère
et vous faire engranger ses bruissements de cils,
il n'est de paille à l'œil autrement qu'en sa terre
et foin de blanche feuille : on n'écrit qu'ustensiles...
On n'écrit qu'en ayant mesuré qu'on en crève,
et que ces yeux brillants sur des champs d'asphodèles,
en fait ne divaguant qu'en rivages de rêves,
alimentent l'onguent des pensées infidèles.
On s'en masse, on s'amasse, on en rime sans trêve.
Elle ? Un nuage en masse a le ciel autour d'Elle.
Une vie souvent longue est alors pourtant brève,
et de la vague oblongue engloutit les ridelles.
Je sais une rue longue et terne,
Qui donna le nom d'un quartier,
Au dessus du port de pêche d'Audierne;
On l'appelle Poulgoazec d'un trait,
Comme un nom de caserne
Qu'on pourrait oublier.
Du temps des grandes pêches on comptait
Plus de deux cents bars, c'était hier...
Chaque commerce, en fait, tenait
Buvette et cafetière,
Les marins venaient s'y saouler,
Racontant leurs fortunes de mer.
Les filles de joie traînaient,
La coiffe en bataille,
Et les femelles mariées guettaient
Leurs hommes au portail,
La brouette pour les ramener
En ivresse au bercail.
Et le célibataire, la racaille,
Allait dans sa galtouze de sel,
Jaunie de marées en pagaille,
Remuer le ventre de celle
Qui l'attendait sur la paille,
Leurs sabots pêle-mêle...
Et les nuits s'enlisaient parallèles
A ces aubes laborieuses,
Où les démons de l'enfer éternel
Et du stupre des nuits sulfureuses,
Ramendaient, comme l'on fait des dentelles,
Leurs filets d'une main méticuleuse.
Et des perches se dressaient majestueuses,
Sur les bords de ces vieux gréements,
Armes dociles et affectueuses,
Qui de ces thoniers étaient l'armement,
Pour prélever en ces mers poissonneuses
La rançon des colères du vent.
Puis venait alors le moment
De prendre la mer en grand nombre,
De chasser d'un revers de hauban,
Les heures de plaisir et leurs ombres,
Et les femmes reprenaient leur rang,
En ces ports qui ne sont plus que décombres.
Si ces mots, ce sont à moi qu'ils incombent,
Comme la vision d'une autre vie,
Ils nous reste tous des traces d'outre-tombe,
Dont on veut témoigner à tout prix,
Et dont les rimes pleuvent comme des bombes,
Sur Brest re-détruit...
Tout est Vin dans le fond, depuis le sang du Christ,
une humeur est mauvaise où l'on en fait la lie ;
c'est aussi pour cela qu'on chope le Vin triste
et qu'un demi sans col est un juste hallali.
Tout est fluide emprunt des versets de Xavier Grall
et s'écoule indolent dans ceux qu'il éberlue ;
tout écrivain se vante au jour du dernier râle,
aussi de ses saints marcs que l'eau-de-vie dilue.
L'absinthe immaculée conçoit que d'autres voies
génitrices sont crues par d'odieux hérétiques ;
or, le Vin de message amène à vive voix
le besoin de s'accroire en des dieux hermétiques.
Tout est Vin de surface et de supermarchés :
tous les vers qu'il charrie sont des poésies mortes ;
il m'en fallut beaucoup (toutes corde à l'archet)
pour enfin repousser le battant de sa porte.
mardi 14 mars 2017
La poésie s'est gourée de route et la chanson l'a déposée
Lundi 4 mars 2024 – Ceci n’est pas un au revoir
-
C’est un adieu. L’ensemble de mes précédents billets est, à moins d’une
sauvegarde non requise par moi et entreprise par WordPress, laquelle ne
répondrait ...
level up cycle house
-
3Water must be over the hole level which makes it easier for faucet to pump
up the water. As settlers we recognize that we operate on and benefit from
st...
Il y a 3 ans
Alchimie de l'écriture
-
Quel meilleur alibi que celui que d'écrire Pour créer le plus gros des
mensonges ? D'un juste geste, d'un simple dire Imaginer plus que des
songes... Une a...
Alchimie de l'écriture
-
Quel meilleur alibi que celui que d'écrire Pour créer le plus gros des
mensonges ? D'un juste geste, d'un simple dire Imaginer plus que des
songes... Une a...
Ici, reviens
-
Du tiens au tout Mon cil dure au gage Le tremplin est jaloux Et les heures
défilent, Brûlant au passage La vie qui suinte en paires La veine qui se
fend De...
Submergée
-
Plus bas, plus loin, je me perds
Je m’abandonne sous la mer je me libère
Soleil regarde moi je vais loin,
Loin de toi et plus bas que la terre,
Me vois-tu ...
Passages célestes
-
Le lac par bouffées souffle au ciel ses anges
Qui passent lumineux au dessus des forêts
Du monastère lointain les cinq bulbes dorés
Font aux ...
Aquarelle - Haarackmorah
-
Salutations !
Voici aujourd'hui "Haarackmorah",
aquarelle faite en mode "automatique",
c'est à dire peinte en une soirée et de manière compulsive,
contraire...
Sans plus de lendemain
-
Ma magique amante a la langue habile Le goût du désir à fleurir l’en corps
Déborder le jour et rougir l’accord, Sur un rythme doux ; tempo volubile.
Aux je...
-
Je ne suis pas ce que je suis
Ah ! L'étrange chemin qui me mène à confesse
De tous mes égarements et de toutes mes promesses
Qu'est-ce donc qu'aimer et qu ...
Cette mer est tienne...
-
*La belle Circé attend son Ulysse...*
*Tant le monde est vaste ;*
*En avance sur hoirie*
*Cette mer est tienne.*
*Tu seras nautonier en clairvoyance.*
*...
Grande-Burne ( Genèse )
-
Préambule : Grande-Burne est un personnage créé par François Cavana à
l’origine. Il apparut dans « Et le singe devint con », dans un unique
chapitre. Pour...
Ma vie, mon sacrifice
-
Le Sacrifice est un sacrement Un rite eucharistique Une volonté d'éternité
Une volupté de sincérité Une volcanique en volubilité C’est un temps, une
attent...
Cocon
-
Calée dans mon cocon douillet, je me rends compte que ça se craquelle
autour.
Depuis l'extérieur, une lumière fend l'espace. Je sais qu'elle vient
m'extrai...