Le bruit se ment
dans les branchages
au vent nouveau
d'idées à listes ;
d'épris semant
leurs grains d'amor
par monts, par vaux
peuplent de l'air
leurs promissions,
dont on tranche age
à l'épithète
ou à l'envers ;
les commissions
de Thomas More
parfois s'entêtent,
idéalistes.
Et dans l'air chaud
d'un vrai juillet
carambolé
de pépiements,
d'émus oiseaux
meublent de chants
le snob olé
d'un dur zéphyr ;
les ongles griffent,
autant qu'y est
sur mon écorce
un œil porphyre,
oeuvre apocryphe
où l'ours léchant
grava de force
un bruissement.
Là, saule ment :
tri,
haine,
hâle,
ombres !
Le bruit se ment :
feule,
âme,
hourd,
ors !
Quelques vestiges du jour sombrent
dans l'azur lacéré, dehors,
et les chants de l'été sermonnent
leurs enfants pissenlits - salades ! -
comme des fruits de belladone
offerts à nos cerveaux malades.
Le bruissement
(subtil office
enflé d'aveux
et d'émotions)
des sentiments
et des hormones
au gré nerveux
des courants d'ires,
est un doux leurre,
un sacrifice
(vasectomie)
même un martyre,
dont les couleurs
qui s'époumonent
ont juste omis
ces commotions.
Ne reste alors
de cet enjeu
qu'un grand puzzle
(débris s'aimant),
qu'on endolore
à la mémoire
où tout est seul
de nos personnes ;
août à l'orage,
au gris fangeux,
lorsqu'il a plu,
que les pairs sonnent,
aura leur age
et leurs grimoires :
ombres n'ont plus
que bruits serments.
Une gueule à vous faire croire
aux êtres étranges, Un prénom pris comme une poignée de
Xavier, Sir Grall est un trésor posé parmi les anges, Dont
les traits de plume sont à jamais encrés.
Avez-vous déjà respiré le
jaune ajonc ? La callune de miel et sa sœur la
bruyère ? Fait le tour du vieux lac et de ses environs, Par
les chemins de l’enfer et par les tourbières ?
C’est là que je cherche aux
sentes granitiques, Qui, de Brasparts en Botmeur, presque
infiniment, De Botzullan au Huelgoat, serpentent magiques, Comme
la cursive empreinte de ce géant.
C’est d’un Christ écorché
sur un breton calvaire Que je viens vous parler comme d’un
ex-voto, Des paroles de paix, de ses folies guerrières, Et de
l’Aven Belon qui coulait de ses os.
Car Xavier était à lui seul un
Finistère, Authentique et bâti de ses extrémités, De
paroles offertes telles des prières, A l’orgueil écrasé de
nos chevaux couchés.
Et des vertes semonces de verve
assassine, Que tu semais, embruns, deux muguets à nos cous, De
tous ces derniers Mai, sous des fourches caudines, Il nous reste
le met de tes mots à nos goûts.
Et de ta sone, automne à tous
les peuples sourds, L’écho qui dé-résonne comme un peuple
muet, Reste cet inconnu qui me dévore autour, Du grand feu
dévolu aux gerbes de tes blés.
Moissonnez !
Les champs sémantiques de Xavier, Cueillez ! Cueillez !
Ses fleurs du bien, ses fruits du mal, Il y a des quêtes
inquiètes à mener, Aux pages qu’on feuillette au nom d’un
sacré Grall.
Si
j'ai suivi ces voies jusqu'en Larmor-Baden, Quelque part poursuivi
par la voix des sirènes, Au fond d'un Golfe fou, fanfaron
Morbihan, C'est pour aller au bout de mes rêves d'enfant.
Au
bout d'un monde ancien, du monde des vivants, De vaux
préhistoriens qu'une mer avalant, On ne sait plus que d'îles en
nombre incertain, S'y fleurissent en file ou en groupes de points.
De
la belle Berder et de son gué marin, Vois le monde à l'envers
sous ce courant équin, Quand, par fortes marées, la mer,
dénivelée, Vient de l'autre côté, se vider en évier !
Me
ferais-je moine d'une île ainsi nommée ? M'accompagneras-tu dans
ces velléités ? Ou retournerons-nous dans notre Finistère, Où
le monde est moins fou mais le sel est sévère ?
Car
si la ville d'Ys s'est perdue en nos mers, Il reste Gavrinis et
son cairn et ses pierres, Ses symboles gravés témoignent au
présent Que les voies du Golfe ne vont pas au néant.
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