...Du reste, ce qu'on appelle beaucoup trop durement, dans de certains cas, l'ingratitude des enfants, n'est pas toujours une chose aussi reprochable qu'on le croit. C'est l'ingratitude de la nature. La nature, nous l'avons dit ailleurs, «regarde devant elle». La nature divise les êtres vivants en arrivants et en partants. Les partants sont tournés vers l'ombre, les arrivants vers la lumière. De là un écart qui, du côté des vieux, est fatal, et, du côté des jeunes, involontaire. Cet écart, d'abord insensible, s'accroît lentement comme toute séparation de branches. Les rameaux, sans se détacher du tronc, s'en éloignent. Ce n'est pas leur faute. La jeunesse va où est la joie, aux fêtes, aux vives clartés, aux amours. La vieillesse va à la fin. On ne se perd pas de vue, mais il n'y a plus d'étreinte. Les jeunes gens sentent le refroidissement de la vie; les vieillards celui de la tombe. N'accusons pas ces pauvres enfants.
Victor Hugo, "Les misérables", Livre neuvième - Chapitre I - Extrait final
L'Histoire de "Jack l'éventreur" est un parfait exemple de mise en abime : ce n'est pas "Jack l'éventreur" qui est intéressant, mais celui qui enquête au sujet du meurtrier.
Le faiseur de mort n'est jamais là que pour donner du relief à celui qui est la Vie.
« Mieux vaut tard que jamais », dit l'adage à l'intrus
confondu dans l'écho nu de sa chrysalide ;
on cogne à tous les murs d'un labyrinthe abstrus
quand on risque à changer ses défauts invalides.
Et pourtant, l'on persiste et l'on signe de croix
sur des calendriers de taulards abrutis
par les médicaments, les versets que l'on croit
verlainiens, mais du temps de nos vies départis...
Lorsque venant l'automne on sait quitter l'été,
que la peau de chagrin que devient l'avenir
assène à nos passés des coûts déshérités,
nous scellons dans nos poings ce qu'il peut advenir,
et l'on est bien bien moins ce que nous avons été
que ce que nous souhaitons simplement devenir...
Les fétus dévêtus de nos pailles en poutres
emploient la pesanteur à tromper nos allures,
et l'insensé volcan dont la lave est le foutre,
inonde atrocement les jolies chevelures.
Où t'es-tu donc noyée mon ancienne innocence ?
On ne t'a jamais crue débordant de désir,
et pourtant tu le sais, toute ma quintessence,
est en toi survivante et mon besoin d'écrire.
Il distille inconscient, des vapeurs intrusives,
il habille de blanc ma charogne éclatante
en te chargeant du reste à l'humeur corrosive.
Il édicte un baiser à tes bouches béantes,
à tes lèvres gonflées la caresse invasive,
un Amour est toujours une lettre latente.
Lorsque ta vue me rejeta
m'ôtant de ton cœur un carat,
mêlant ses diamants végétaux,
j'embuai ton souffle en carreaux.
J'ai bu dans tes yeux des prairies,
ma menthe-à-l'eau, mon eau-de-vie,
J'ai lu dans ce vert sidérant
mes folies de mer et de vent.
Devant des rideaux de brouillon,
j'écrivais d'un don débrouillard
un peu de ta mine au crayon,
beaucoup de mon amour criard.
Et puisée dans l'onde irisée
de ton clair regard arrosant,
mon encre en toi s'est déguisée
dès lors en dealer dégrisant.
aux lents reflets dont j'allais prêtre
en ruminant.
J'ai liquéfié dans leur formule un
peu de moi,
de la fée verte et Salomon sa
clavicule*,
aimant roder sur la verdeur de ton
émoi,
pour mieux sauter, là fallait-il que
je recule...
Un océan s'est écoulé de tes yeux
tristes,
un temps sans fin, sans foi ni loi ni
fond ni faim,
mais leur éclat d'obus de chlore et
d'améthyste
obtint raison de mon esprit dès lors
défunt.
L'aventurine a fait son job et l'ondée
chut
sur Toi mon ange implorescent de son
passé,
de ton parfum de fleur mouillée
l'odeur m'échut
telle une peau cousue sur le revers
d'abcès.
Des variétés de muscovite on sait la
tienne :
elle est sanguine à la façon
d'invertébrés
dont l'onde lymphe est au-delà de mes
antiennes,
et dont l'accord hémocyanine est
célébré.
J'ai cravaché ma peur servile en
t 'épousant,
comme la roche affronte l'onde et son
étreinte,
allant d'avant sans cesse et pourtant
s'épuisant,
cédant à la durée de la chandelle
éteinte.
Aussi, me suis-je dissolu dans tes
humeurs
infiniment amarinées par l'eau de tes
abysses
étouffant dans le fond, bien plus que
des rumeurs,
on garde alors en bouche un goût de
cannabis.
Ainsi charnu, fruit de l'oubli de soi,
il grouille en ma mémoire un flux de
vers épais
comme une lampe d'Aladin que je reçois
sans le génie qui m'aurait pu laisser
en paix.
La Poésie divague, alerte, écorne,
embrume,
houleuse et souple, à la façon de ton
bassin,
l'oscillation l'empresse et, pulpe de
l'agrume,
amoncelle en baisers la pluie de son
naissain.
Je me noie donc enfin dans ton vert
d'eau de mer ;
orange est le cheveu, si laiteuse est
la chair.
L'aventurine a tourné court et
l'âme amère
appelle en tous mes sens un désir en
jachère.
* "Selon une tradition juive, l'émeraude magique appelée Clavicule de Salomon, tombée du front de Lucifer lorsqu'il fut déchu sur terre, et symbolisant la Science Sacrée maudite parmi les hommes, fut un temps la propriété des Caïnites. Cette émeraude était le Bareket de Ruben Satanas, qui la donna à Lilith, première femme d'Adam avant de devenir celle de Caïn, lequel la lui reprit lorsqu'il voulut reconquérir le Paradis perdu par ses parents. Ce fut une des pierres précieuses du pectoral de Salomon, le "Urim et Thummim". Le Mage Simon la perdit contre Simon Pierre, qui la donna à Marc l’Évangéliste. Celui-ci ignorait que cette émeraude avait été donnée par Salomon à son architecte Hiram, en récompense de la construction du Temple de Dieu. C'est pour cette raison que l'émeraude était magique et qu'il y avait des caractères mystérieux gravés dessus : un message secret pour les initiés. Ces caractères, gravés comme des formules magiques, donnaient en réalité les indications pour retrouver l'un des trésors de Salomon et de la Reine de Saba. Ignorant tout cela, Marc partit en Égypte pour fonder l’Église d'Alexandrie, mais il fut étranglé par deux tueurs d'une secte gnostique, liée au Mage Simon, qui rapportèrent l'émeraude à Antioche. Plus tard, lorsque Basilide fut en possession de cette émeraude, il la transforma en gemme gnostique du genre Abrasax, et elle passa alors aux mains des hérétiques Caïnites, jusqu'à la conquête arabe d'Alexandrie en 641. Le chef arabe Amr ibn al-As donna l'émeraude à ses prêtres, qui en eurent la garde jusqu'au moment où deux commerçants vénitiens réussirent à s'en emparer, avec le corps de l'évangéliste Marc. Ils arrivèrent à Venise en 828. Puis on perdit la trace de la "Clavicule de Salomon", c'est-à-dire de l'émeraude magique... "(Wikipedia — https://fr.wikipedia.org/wiki/Caïnites)
Je soufflais dans l'évent des plus grands cétacés,
dans les cordes tendues sur les arbres bronchiques,
et les voix d'outre-tombe étaient ma panacée
dans l'harmonie complexe où tout semble anarchique.
À chacun des couloirs est son étranglement
débouchant dans l'évier du bassin labyrinthe
où les hanches masquées d'ambitieux instruments,
jouent le fil mélodique où mes poumons s'éreintent.
En cessant d'embrasser d'absolues vocations,
j'ai laissé la paroles à des tons relatifs,
et j'en ouïs au passé l'obscure inspiration.
Je ne suis plus coupable et bien moins que fautif ;
un chemin s'est ouvert entre mes fondations.
Tout désert est porteur d'un mirage exhaustif.
Lundi 4 mars 2024 – Ceci n’est pas un au revoir
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