mercredi 6 octobre 2021

Aux fils d'Ariane



J'apprécie ta mouvance assez résolument

ta lambada ressemble à mon ballet d'autiste

et je te dis le vrai je te mens en t'aimant


Je m'intéresse à l'œuvre et pas au cul d'l'artiste

écrire est ma façon de t'aimer chastement 

rien ne me plaît plus que ton regard améthyste


Il possède un reflet sulfureux qui m'éclaire

au sujet de la guerre infinies positions

les tranchées du Poème ont castré tous les vers

on s'aimera plus tard après l'hésitation


Dans le couloir étroit de l'esprit nous creusons

le tunnel essentiel au goût de l'existence

et la voie compliquée qui mène à l'horizon

labyrinthe et beauté guidés par ta prestance

vendredi 1 octobre 2021

La bombe anatomique



Je cherche en ta beauté l'éclat dissimulé

l'obus dessin la courbe à laquelle on se fie

le désir à la fin qui n'est pas simulé


Pardon d'être idiot ta vision me pétrifie

par instants médusé je ne suis qu'un mulet

l'être hybride et stérile un amant déconfit


Je prie dans mon rêve afin que tu me retiennes

heureux celui qui pose insouciamment sa bouche

aux replis délicieux et charnus de la tienne

heureux celui qui dessus ta lèvre est la mouche


En toute anatomie l'explosion n'est à peine

en vrai qu'un simulacre où l'on voit toute nue

la vérité qui dit la jolie bombe humaine

où le poids du désir est dans la retenue

mercredi 29 septembre 2021

Mélancolie



Ma solitude est dans la confusion des temps

l'amour est volatile et le cœur un oiseau

l'éternité ne dure en effet qu'un instant


Comme vous je me souviens la nuit d'un museau

que le mien musardait les beaux jours d'un printemps

mais l'horaire — ah l'horreur ! — a perdu ses fuseaux


Nous meurtrissons d'angoisse un portrait de nous-mêmes

allant dans nos passés chercher la nostalgie

des baisers égarés dans les tristes « je m'aime »

et de nos grands gâchis dans de vraies névralgies


J'écris quoique je crois que l'écrit soit souvent

le remède et la drogue à ma mélancolie

mais j'écris dans ma tête et les idées au vent

j'emporte une encre ombrée jusqu'au fond de mon lit

mercredi 22 septembre 2021

Bossa-nova



Il y a dans l'objet le récit de nos vies

le croûton de ce pain qui ne fait que moisir

à l'endroit délaissé d'où plus rien ne sévit


Tout se résume en mots quand plus rien n'est à dire

et pourtant de ma phrase incessamment dévie

le sommeil et sa porte ouverte à nos désirs


Or, en ayant assez d'ânonner l'algorithme

assez de survivre et changer d'identité

dans le vol d'un oiseau j'ai trouvé le bon rythme

aimer c'est tout donner en toute gratuité


J'évite ainsi les sentiments surnuméraires

et la vie ce roman qui s'écrit en journal

l'Amour est donc un bon prétexte littéraire

et la Bossa-nova sa bande originale

samedi 11 septembre 2021

Temps après temps



Mes désirs sont  neufs et j'en apporte la preuve

en bousillant ma vie s'ils étaient épuisés

j'ai déroulé ma bosse où qu'il vente où qu'il pleuve


L'inconnue dont je rêve a déjà mes baisers

qui lui sont garantis, la caresse d'un fleuve

afin de se sentir à mon corps apaisée


L'infinitésimal est la mesure exacte

où tous les battements de son cœur amoureux

créent de mon vaudeville une pièce en trois actes

où son sourire éclate et me rend bienheureux


Je vais rouler vers l'avenir et le passé

rouler vers un présent qui les a confondus

lorsque le temps s'arrête en un endroit pressé

c'est que ce temps défile en s'étant morfondu

samedi 4 septembre 2021

La page



C'est le projet qui fait dans la vie son essence

à force de s'aimer les cœurs s'usent et s'abusent

et j'ai survécu dix-sept ans dans son absence


Or enfin comme un jour on retrouve sa muse

on rejoint le rivage où tout matin commence

et s'il est sans retour alors on s'en amuse


Un chemin s'ouvre à nous même étant imprécis

rien de pire à venir alors yes on s'en prie

j'ignorais tout de l'âme — et de son sexe aussi —

la pression de la lame a fendu mon esprit


Lorsque nous nous aimions nous ne le savions pas

le désir évanoui nous l'avons su plus tard 

à chaque instant perdu l'on revient sur ses pas

l'ardoise est morte en l'oubliant sur un comptoir

samedi 28 août 2021

Mahler au vaincu



Souvent je me demande : est-elle aussi sensuelle

la caresse des vers après celle des mains ?

Le frottis de l'archet sur la corde essentielle ?


En écrivant du vent dans de beaux lieux communs

je commets mon parjure aux partitions du ciel

au piano c'est promis j'y reviens dès demain


Ce n'était qu'un petit puits d'espoir où l'on sombre

où Malher exprimait justement mon angoisse

et ton regard a pris ce reflet d'un bleu d'ombre

où le lac en tes yeux m'absorbait quoi qu'on fasse


Inondé de musique et revendant la mèche

un musicien le sait : la beauté du silence

est toute en la brisure avec un bruit revêche

est toute en nos passions que l'on met en balance 

lundi 16 août 2021

La pluie



La pluie raconte aussi qu'après nous le cercueil

en déluge amnistie les témoins d'un dépôt

si mon pote est l'Ankou sa charrette est l'accueil


En chargeant de fumier la charrette des mots

sans laisser reposer son cheval et l'orgueil

on s'y noie sans repas sans répit ni repos


Le naufrage est perclus de marasmes qui pincent

aimer c'est s'oublier dans le vaste complot

des portes qui claquent et des sentiments qui grincent

en gardant sans arrêt l'œil qui colle au hublot


La pluie n'est qu'éphémère et le message étrange

où sont les barbelés de l'amour écorché ?

J'emprunte un peu de peau qui passait à l'orange

afin de rapiécer ce corps endimanché

vendredi 13 août 2021

Rend cœur



Si vague est le terrain quand le cœur reste à quai

le divorce est en somme assez mal important

dans ses vastes dégâts limités aux acquêts


Je ne peux répéter que ce que l'air du temps

me susurre à l'oreille en grinçant du parquet

que nos juridictions broient de noir en partant


Pourquoi l'Amour est-il une obsession vitale ?

on s'y trouve aussi seul et parfois démuni

lorsque l'autre enflure à coups de lapins détale

on s'y trouve aussi soi tombé juste du nid


Le point que l'on écrase au bout de chaque ligne

emporte et la colère et le visage infâme

où l'on se reconnaît dans les atours indignes

et dans les oripeaux que nous laisse une femme

dimanche 8 août 2021

Eurydice



Si c'est toi qu'on drague ou qu'on pêche ou qu'on laboure

alors tu sais sans doute à quel point dans les faits

c'est la façon d'aimer qui compte et pas l'amour


Il faudrait s'en remettre au hasard en effet

pour trouver du bon sens en ce compte à rebours

où les liens dissolus sont des lacets défaits


Je vois du logis neutre un avatar urbain

doutant du détour et des truies l'empruntant

cochon qui s'en dédit se vautrant dans ton bain

chantonne à ton oreille un nouvel air du temps


Je suis ton oiseau-lyre en enfer accouru

demande à cet orvet qui couchant sous ton toit

serpente en racontant ta beauté dans ces rues

que fréquentent mes mots quand ils parlent de toi


https://soundcloud.com/annaondu/eurydice

mercredi 4 août 2021

Cloche-pied



Le futur est parfois dans une image ancienne

et la flamme au détour improbable et sournois

des vents tourbillonnants quand claquent les persiennes


On s'imagine heureux du seul fait d'un minois

mais quand vient le reflux de la vague étant sienne

on se rend vraiment compte à la fin qu'on s'y noie


Le moindre feu s'éteint sans sa flamme attisée

mais la braise atrophiée ronge ainsi qu'un cancer

et le moignon du couple alors expertisé

conduit à la morgue en jouant les faussaires


Aurait-on plusieurs vies pour enfin se refaire ?

il faut beaucoup d'amour pour ne plus le chercher

mais ce n'est pas pourtant l'impression que confèrent

un tas de petits pas qui souvent ont cloché

samedi 31 juillet 2021

Ta beauté



J'ai trouvé ta beauté sur un coin de trottoir

en voyant couler l'eau le long du caniveau

mon écriture à toi n'est qu'un pauvre exutoire


Et voyant le Rimmel à tes cils en défaut

délayer la clarté voilée de ton regard

en un instant je suis devenu ton dévot


Quand le soir advenu sans bas tu te dévêts

sans fard et sans Bossa Nova venue du haut

je m'agrippe aux parois te servant de chevet

glissant sans cesse afin de finir en duo


Sur la glace où le temps patine à coups d'années

ton reflet m'apparaît je me veux ton gémeau

dans ton paradis nu je voudrais me damner

j'ai pensé ta beauté dans le rythme des mots

vendredi 30 juillet 2021

Essor



L'horizon se découvre en son dépassement

(ce feu je sais le mettre aux poudres d'escampette)

et l'astre au cou coupé dans nos déplacements


Je ne veux ni tubas ni tambours ni trompettes

afin de réclamer le grand remplacement

de la publicité par la voix des poètes


Écoutez les slogans dont ils ont accouché

— le sens issu du son susurre en cédant —

les blés sont harassés les récoltes couchées

par leur émergence et par leur rythme obsédants


Dispersée dans le vent l'écriture est semence

et cette mauvaise herbe est un beau coup du sort

elle explique en poussant l'humus où tout commence

au départ est le Verbe et le vers son essor

Animal



Distant du châtiment que le sort me réserve

en vain fantôme un train d'engrenage évanoui

fait place au sentiment dont rien ne me préserve


Enfin dans l'encrier se déverse la nuit

je voudrais martyriser les mots qui me servent

et les livrer d'un geste à ta langue épanouie


Je cherche évidemment ce début de brisure

un baiser sous la douche et sa pluie pour s'aimer

l'amour est fait d'attente et de stupeur obscure

et sa lumière étrange en est bien parsemée


Le fruit de la passion naît de la fleur du mal

et quand même envahi par ce bleu d'outremer

à genou j'userais de ton règne animal

il me faudrait rêver plus fort et moins amer

mercredi 28 juillet 2021

Désintégration



Seul un sourire en moi tel un bel arc-en-ciel

éclaire à la façon d'explosions de fusées

feu mon art absolu d'aller à l'essentiel


Exister dans la vie c'est parfois refuser

ce qu'un rêve a placé comme embûche au réel

et parfois lentement se laisser infuser


Détruit j'ai fait des trous dans mon emploi du temps

mitraillant l'horoscope à la quête d'un signe

où le rebond de l'âme à l'infini s'entend

la nuit tombe abattue comme en première ligne


Être seul est terrible et pourtant libertaire

être seul est subi mais vécu sans contrainte

être seul en revanche attendant de se taire

est la consolation de l'absence d'étreinte

mardi 27 juillet 2021

La Béatrice et Dante



Songeant que mon théâtre est la Seine à Paris

(le silence est un bruit qui s'entend en-dedans)

je déambule au gré de clichés équarris


Le touriste italien flashe en plus ou moins grand

ma Béatrice et Dante et là-bas quelqu'un rit

tel un masque on déploie la nuit sur un écran


La Femme est un mystère éternel et magique

un côté de miroir inaccessible au moins

touchant le fond de tain qu'on maquille allergique

à tout ce qui marri m'a laissé sans témoins


Je n'ai plus de baisers que ceux des croisements

sur les quais près de l'île et que les bouquinistes

en mettant à la page un tas de vieux amants

n'ont pu ranger qu'en un destin déterministe 

lundi 26 juillet 2021

Jazz poétique



Je plonge en ton image ainsi quand je m'endors

il y a ton regard en moi dont je me damne

et la nuit qui m'enferme est vraiment sans remords


Avant qu'il ne pleuve et que ta beauté ne fane

il faut rêver pour conjurer le mauvais sort

or je n'étais qu'un gueux léchant ta main diaphane


En va-nu-pieds damné j'ai rompu l'harmonie

marcher écrire et jouer ont en commun le rythme

et persiflant je n'ai pas peur des calomnies

t'aimer à ma façon c'est rater une rime


Escamoter le verbe où des tristes barreaux

transforment en prison l'échelle heptatonique

écrire à ta pensée du vers être un bourreau

la dissonance en mots c'est le Jazz poétique

samedi 24 juillet 2021

Flore



J'ai rêvé trop souvent la beauté dont on meurt

en liane carnivore on est soudain ravi

que sa constriction broie toute autre saveur


Écrire est un pari qu'on se fait sur la vie

qu'on soit loin de Paris qu'on soit juste en son cœur

on se bat la chamade et les vers en dévient


J'ai posé sa splendeur au creux de ma mémoire

elle était en portrait sur une toile ancienne

et son sourire éclate et c'est mon assommoir

il n'y a pas de flamme identique à la sienne


Et son ombre est tout entière au fond de mes mots

de leur capacité d'émouvoir et d'éclore

on écrit comme on aime et même au fil de l'eau

de la faune et de l'air et parfois de la flore

vendredi 23 juillet 2021

Les terres rares



J'ai bien rempli les blancs du vide existentiel

et bien broyé du noir au clavier de la vie

quand j'ai payé le prix des tristesses du ciel


Hors emploi c'est en pluie, que la foi s'est enfuie

ton regard est mon sens et ton âme essentielle

embrasse-moi regonfle aussi bien ce qui fuit


Puisqu'on finit toujours en se décomposant

pourquoi saler la note à chaque partition ?

La clef se perd hors-sol et loin des plantations

loin des ordinateurs et loin des composants


Je pars à la recherche ainsi des terres rares

où nous pourrions rêver sans trêve et sans limites

en doutant toutefois que ce ne soit par Art

et que ce beau pays doré ne soit qu'un mythe

dimanche 18 juillet 2021

Misanthrope



La nuit s'étend coulant telle une tâche d'encre

il n'y a pas d'idée géniale à moins d'absence

et la mienne est entière attachée comme une ancre


On dérive à vue d'œil et dans le non-sens

au lieu d'un bon élève il ne reste qu'un cancre

et son papier qui brûle est sans incandescence


Il faut dégénérer dans le tout petit feu

de solitude infâme où je m'enferme ainsi

ménageant le bûcher qui m'ouvre à l'aveu

de mon incertitude au cœur de mon récit


Je me suis relevé de béquille en poème

et la vie je la dois à l'imagination

l'amour est un enfant de pute et de Bohème

et ce bordel ambiant n'a jamais fait nation

jeudi 15 juillet 2021

Bagnarde


L'appétit d'océans conduit aux mers intimes

à cette découverte on s'arrête et nerveux

le centre est occupé par une faille infime


Il faut parfois laisser mourir en son linceul

l'amour et sa brindille où brille autant le feu

que son étouffement sans oxygène et seul


Le jour est en manteau dans un été de pluie

la nuit comme écritoire est planche de salut

mais tant tu l'adorais ne pense plus à lui

qui t'a bien trop flattée mais beaucoup trop peu lue


Toute heure est à l'oubli — c'est la question du Temps

qui fuit — mais tu n'es plus la jeune écervelée

qui s'accroche à l'inéluctable et souviens-t-en :

l'attachement est lien, le lien fait le boulet


https://soundcloud.com/annaondu/bagnarde

dimanche 11 juillet 2021

Point sonnet



Fabriquer l'avenir est un jeu de moyens

puisque on le cultive en ignorant ses poisons

vraiment pas de plaisir et de mérite encor moins


Quant aux dieux végétant que l'on prie sans raison

cultivant le mariage on est d'eux sans témoins

l'amour est un légume absent des oraisons


Quand il s'agit de pleurs à produire en ruisseau

j'ai tendance à laisser la pluie faire à ma place

et laisser l'alarme inutile aux pré-puceaux

dont les mots sont des shows qui me laissent de glace


Elle est là qui me lit dans son lit bien au chaud

mes vers à son regard ont l'ardeur attelée

sa passion me bat froid tout au moins peu me chaut

le poinçon du désir est bien trop martelé

samedi 10 juillet 2021

Perlimpinpin



Imaginer l'instant c'est rêver pour les autres

et disperser l'espoir en jetant poudre aux yeux

tout fascine aisément jusqu'à temps qu'on se vautre


Un petit peu de pluie put aplatir un pieu

dressé face au destin qu'on ne voulait pas nôtre

et le château de l'âme est souvent bien trop vieux


Je n'ai rêvé que de baleine à part la pluie

je suis comme un crapaud désireux d'un baiser

la violence attirante est un piège infini

mais la princesse est morte et le conte défait


L'amour est comme un puits : on s'y mire on y tombe

impossible après ça mains nues d'en remonter

l'amour en fin de compte est bien comme une tombe

enterrant l'illusion de notre identité

vendredi 9 juillet 2021

L'enclume



Satanées sept années que je vis en ermite

en croquant de l'oyat sur le sable des dunes

et que mes vêtements sont bouffés par les mites


On pense à ses enfants dont le manque de thunes

irrite aussi pourvu qu'aucun d'eux ne m'imite

on songe aux ratés d'une vie mal opportune


On rêve aux trahisons que l'on a pu subir

et que la mort dans l'âme on s'est du d'accepter

le bonheur est faible et le malheur a ses sbires

on agit dans le vent sans vraiment tout capter


Le véritable amour est bien désespéré

l'encre y est de goudron quand s'y laisse la plume

et la moindre souffrance est un souffle apeuré

traînant ce lourd boulet comme on traîne une enclume

samedi 3 juillet 2021

Mémoire affligée

Ma mémoire affligée pourrit dans le cercueil

apprêté de mes mots face à son absence

et leur vague idée n'est plus que leur écueil 


Or, quand de ce qu'on dit se perd un peu le sens

interdits, nous restons comme un fruit que l'on cueille

en pensant de nos plaies la honte et l'indécence


Alors, à se complaire un peu dans son malheur

écrit-on mieux ? Comprend-on mieux les déchirures ?

On comprend que l'Amour en vérité n'est qu'un leurre

et que le Poème est seul à soigner sa rature


Elle est née dans sa rose il est né dans son chou

la théorie du genre est-elle en botanique

un souvenir odieux qui nous a mis en joue

doit-on de fait souffrir ou s'ouvrir à l'unique ?