dimanche 18 août 2013

Liquidités

The Great Gig in the Sky by Pink Floyd_(p) on Grooveshark


Nous ne sommes rien d'autre qu'un songe aquatique,
qu'un singe qui sait bien marées, quoiqu'il eût crues
pour le baigner dans des poèmes à quoi tiquent
les partisans d'un dogme en peine de recrues.

Le grand peuplier tremble et fait un bruit de pluie,
l'Univers est liquide, est de sève et de sang,
et de lymphe et de nymphes que je n'ai depuis,
aperçues hors d'un livre où l'Ordalie descend.

Nous sommes les Noyers de la littérature :
nous puisons dans la terre un fleuve d'expressions
que nous tissons - ouvrages d'une filature.

Puis, fluide enfin, le style entre en action :
il mêle aux éléments l'Hymen inattendu
qui fait que l'encre écoule alors son flux tendu.

lundi 12 août 2013

Migrer


Le Monde grouille en lui comme une fourmilière,
de ses humaines longues pérégrinations ;
nul ne sait s'attacher ainsi que l'ami Lierre,
mais chacun croît quitter la pire aigrie nation.

Car l'Homme est un pendule, oscille en permanence,
avance par à-coups (comme l'Evolution) ;
tandis que l'Univers est fait d'Impermanence,
lui croît aux grands départs puis aux révolutions.

C'est un singe intenable, errant bon gré mal gré,
il a colonisé chaque lopin de Terre
et sa passion tenace est sans cesse à migrer.

Mais il n'a pas compris ce faible délétère
où l'on puise un Génie, ferment d'explorateurs,
et ce Mal infini, puisqu'on déplore un tueur.


dimanche 11 août 2013

De guerre lasse

(Sittin' On) The Dock of the Bay by Otis Redding on Grooveshark


De peu de nous deux nous avons
tout oublié, de guerre lasse,
de Verlaine en vers ne savons
que "Jadis et naguère", hélas,
et de ses sanglots le savon
qui pique les yeux mais délasse,
coule au gré que nous percevons
des jours que la soude déglace.

Ruinés les châteaux en Espagne,
vidées leurs pièces démontées,
quand le costard se change en pagne
et que le Nord désaimanté
se perd au fil du temps qu'on gagne
dans des mensonges éhontés,
n'est plus du pays de Cocagne
qu'un lourd bateau désamianté.

Au moment des bilans qu'on dresse
- ou qu'on voudrait - avec l'errant
qui, parti sans laisser d'adresse,
traîne son air de conquérant,
on prend en compte avec détresse
tout ce qui est quelconque et rend
à ce théâtre un train d'ex-presse,
à ce cinoche air con courant...

Du peu de nous deux nous gardons,
tout embrochés, de guerre lasse,
des souvenirs ; nous regardons
ce passé qui veut dire "hélas".
Dans le futur nous hasardons
les pas de vie qui nous déplacent :
quelque part nous entrelardons
nos vieux vitraux de plexiglas.

samedi 10 août 2013

Inspiration

Unfinished Sympathy (instrumental) by Massive Attack on Grooveshark




La cardiaque et massive attaque
abrutissant l'écho régi
de coups qu'un battement détraque,
accorde au vent des chorégies
de mon cerveau perclus de trac,
ce que mon corps (encore il gît)
ne peut m'offrir du tac-au-tac :
cette égérie qu'un rien rougit.

Car cette attaque érubescente
issue des océans de Soi,
de l'artère et des rues biaisantes
à chaque fois qu'on se déçoit,
qu'on se retrouve en redescente,
alors debout, qu'on te rassoit,
oui, cette attaque adolescente
étrangle d'un foulard de Soie.

C'est soudain : l'asphyxie m'oppresse ;
il vient, ce vent vêtu de vide,
combler mes lacunes de presse.
Et mes baïnes impavides
alors s'emplissent de prêtresses,
de pythies que mes sons dévident ;
de vers mes plages décompressent :
tout flotte dans des yeux virides.

Leurs larmes sont une immersion
- d'un second souffle on ressuscite -
tandis que dans "respiration",
ce sont deux temps que l'on suscite :
celui qui nous inspire action
- sorti de son gouffre illicite -
et celui de l'expiration
- comme une Mort en mots qu'on cite.

samedi 3 août 2013

Partir n'est pas quitter

Partir n'est pas quitter, pâquerette en parterre
où l'on cueille un Orient purgatoire, un voyage
que ponctuent en riant nos semelles de terre,
de leurs pas acquittés des jugements de l'age.

Si l'a scandé Cendrars, sans les scories du leurre,
c'est que partir est l'acte irriguant d'un espoir
la grande cataracte où du mien jusqu'au leur,
on peut condescendre ART de Lumière et de Noir.

Où l'on peut s'inventer dans d'autres dimensions,
gestationner en fraude et renaître en cinq râles,
alors que sa nef rode au Prieuré de Sion
pour enfin s'emprunter d'une barque un Saint Graal.

Quitter, c'est s'oublier mais partir, devenir,
s'habiller de couleurs inconnues de nos yeux ;
quitter cède aux douleurs, partir au revenir :
ce qu'il faut supplier est toujours tendancieux.

On finit par l'aider, "partir", tant compassé,
quand périclite au temps le facteur d'équité
qu'emporte au vent d'Autan le voile du passé ;
je suis pour parler des partir, anti quitter !

vendredi 2 août 2013

Engrenages



Time by Pink Floyd_(p) on Grooveshark


Si l'on sait que sans graine il n'est fruit du travail,
ni sans panne un ressort dont j'ai seul l'apanage,
ma passion s'en ressort pour le peu que me vaillent
ces secondes qu'égraine un divin engrenage.

Dans l'univers de montre où je vis tout le temps,
encadré de cadrans dans des dais à découdre,
j'accorde aux coups quatre ans dans le dur et l'étang,
pour qu'enfin je démontre à l'écho l'eau des foudres.

Pour qu'enfin je démonte un obscur mécanisme,
un curieux automate aux harmonies cryptées :
rien qu'étroit ne colmate en ça, ni qu'aucun isthme !

Un fossé que surmonte un esprit coopté !
La lecture de l'heure est un doux aphorisme,
celle de nos malheurs, un Gruyère rapté.

dimanche 21 juillet 2013

Alouettes

Rain by Ryuichi Sakamoto on Grooveshark


Notre beauté, si tant qu'on l'ait,
                     est un miroir aux alouettes,
le tain crémeux du bain de lait
                     est un miroir aux alouettes,
car notre jeunesse éphémère
                     est un miroir aux alouettes
et la plume où les mots s'aimèrent
                    orne le chant des alouettes.

Petite plume au sillon gras
que l'on arrache à l'oisillon,
ton crissement siffle aux ingrats
les clins d’œil dont nous sourcillons ;
puisqu'il n'est point de croassements
aux alouettes que l'on leurre,
ni plus qu'aux corbeaux croisements
de mots postés bien avant l'heure,
je m'interroge sur l'égo
qui conduit à s'illusionner
dans cet étrange jeu de Go
qu'Apollinaire eut bien zoné.

Notre salaire usurpateur
                     est un miroir aux alouettes
et ses reflets perturbateurs
                        sont avalés par la luette !
Comme serments pris en couleuvre
                        à la lueur d'une allumette,
nous ne voyons que du coup l'oeuvre
                  ainsi que l'eut Sydney Lumet.
Partout se dresse aux gens perdus
             une colline où crient les mouettes,
mais de leurs voeux tant éperdus
                 n'est qu'un miroir aux alouettes.

jeudi 18 juillet 2013

La mauvaise société

Je ne vous parlerai pas de ces crinolines
qui peuplaient le roman, ni des dentelles poisseuses,
collant dix-sept aimants lorsque j'écris nos lignes,
que finit par leurrer mon encre bien crasseuse ;

mais je vais vous narrer en quelques vers imbus,
les portraits de famille, odieux à satiété,
dont cet enfer fourmille, assignant aux rebus
d'appliquer un arrêt aux bonnes sociétés.

Ils sont les vrais démons des pires cauchemars,
les forçats évadés des creux de notre esprit ;
estampillés sermons, ma plume calamar
en tentacule aidé vous écrit  : "Saint-Ex', PRIE !"

Celui-ci, ruisselant du mal dont il regorge,
offre sa chair putride aux regards écœurés,
son lignage apatride aux voix dont il rend gorge,
est l'écho cuistre et lent de mœurs dégénérées.

Elle, à côté, n'a plus pour blancheur décadente,
que quelques dents cariées dans un théâtre obscur ;
et sa pulpe avariée n'a de goût que pour Dante,
qu'en faire où que déplût tout son Spleen insécure...

Dans sa fange éthylique éructe le troisième ;
ses folies sont à l'aune où s'ancrent ses humeurs :
soudainement, l'atone éruption d’emphysème
emplit - syphilitique - le poumon dont il meure.

La cadette est assise avec ce dont elle use,
peut importe qu'on vit son visage ou ses yeux,
elle accueille les vits dont son cul fait excuse,
et s'égaie la cerise en de longs qui-mieux-mieux.

Vient enfin le dernier dont le signe est COLÈRE,
ouragan sulfureux aux volutes violentes
qui, rendant malheureux ses victimes solaires,
est un fol éborgné dans sa rage insolente.

Ce sont eux les cinq doigts de la Mano Negra,
cinq associés du diable en sa dextre imagée,
et chacun d'eux m'est fiable autant qu'aucun n'est gras :
les splendeurs de l'effroi sont les reflets que j'ai.



dimanche 14 juillet 2013

Aphorisme russo-littéraire


Reprenant ma lecture des ouvrages de 


Tolstoï


je repense ironiquement à ceux qui


les considéraient guère épais...

vendredi 12 juillet 2013

Auprès d'aimable onde

Hello Earth by Kate Bush on Grooveshark


C'est auprès d'aimable onde et m'écoulant sur la terre,
enseveli sous plomb de l'éther délétère
où mes yeux ont vomi d'authentiques vipères
au corps céruléen, que de bleu je vis pers !

De deux Capulet, un Montaigu : Rome est haut.
C'est de ce rêve omis - Ophélie que drape eau -
dont repaissent les mots sur la risée des vers :
les ruisseaux que l'on nomme au passé sont pervers.

S'unissant pour le pire en vindictes rivières,
ils bâtissent l'empire où flottantes civières
voguent tout imbibées de papiers sans épreuves,
bouteilles à la mer des longs romans-fleuves.

Ils sont le verbe amer des rapports inhumains,
les courants inhibés par les gestes de main,
ils sont oh, si sociaux, saucissonnés d'humeurs,
que s'y noient les patios des amours qui se meurent.

Ils sont aussi le fiel et l'écume de Dante,
les flots fluant du miel aux baisers qui les hantent ;
ils vont du purgatoire à l'enfer par mes doigts :
j'ai beau freiner leur flux, l'encre fait ce que doit !

Tant de livres neufs lus finiront au pilon
qu'il est ostentatoire - autant rester Villon ! -
d'être à contre-courant, refoulé qui s’inonde,
mais à chaque coup rend coup, auprès d'aimable onde.

mardi 9 juillet 2013

Le bruit se ment

Trouble by Coldplay on Grooveshark


Le bruit se ment
                 dans les branchages
                                   au vent nouveau
                                                 d'idées à listes ;
d'épris semant
                leurs grains d'amor
                            par monts, par vaux
                                              peuplent de l'air
leurs promissions,
                dont on tranche age
                                         à l'épithète
                                                   ou à l'envers ;
les commissions
                de Thomas More
                              parfois s'entêtent,
                                                       idéalistes.
Et dans l'air chaud
                    d'un vrai juillet
                                       carambolé
                                               de pépiements,
d'émus oiseaux
             meublent de chants
                                      le snob olé
                                             d'un dur zéphyr ;
les ongles griffent,
                   autant qu'y est
                               sur mon écorce
                                             un œil porphyre,
oeuvre apocryphe
               où l'ours léchant
                                grava de force
                                              un bruissement.
Là, saule ment :
                        tri,
                            haine,
                                     hâle,
                                            ombres !
Le bruit se ment :
                          feule,
                                  âme,
                                         hourd,
                                                   ors !
Quelques vestiges du jour sombrent
dans l'azur lacéré, dehors,
et les chants de l'été sermonnent
leurs enfants pissenlits - salades ! -
comme des fruits de belladone
offerts à nos cerveaux malades.
Le bruissement
                 (subtil office
                              enflé d'aveux
                                              et d'émotions)
des sentiments
            et des hormones
                           au gré nerveux
                                       des courants d'ires,
est un doux leurre,
                 un sacrifice
                             (vasectomie)
                                         même un martyre,
dont les couleurs
          qui s'époumonent
                          ont juste omis
                                          ces commotions.
Ne reste alors
                de cet enjeu
                   qu'un grand puzzle
                                         (débris s'aimant),
qu'on endolore
              à la mémoire
                       où tout est seul
                                      de nos personnes ;
août à l'orage,
           au gris fangeux,
                         lorsqu'il a plu,
                                  que les pairs sonnent,
aura leur age
         et leurs grimoires :
                  ombres n'ont plus
                                    que bruits serments.

vendredi 5 juillet 2013

Le sourcil (texte de 2005)




Posé comme un accent,
             Sur une olive malachite,
                                          Inflexion,
                                   Circonflexion,
Génuflexion devant,
                    L'azur de la pépite...
                                            Porion,
                                     Soumission,
L'inclination descend,
      Dans une noirceur anthracite...
                                    Votre sourcil,
Damoiselles est vraiment,
                       La source de mon Nil,
                        Le sorcier de mon île,
                          Le sort s'y est, futile,
Glissé en souricier béant
              Nulle larme ne l'affecte,
                                          Trop haut,
                                                   Trop fier,
Trop arrogant,
             And if nobody's perfect,
                                          Fourneau,
                                              Chaud d'hier,
L'oeil embrasant,
        A son couvercle sur la tête,
       Comme la phrase l'épithète,
           Le fin sourcil qui s'entête,
A l'infléchir incessamment.
Il donne à vos regards,
                      Hasard...
Il rend à vos pulsions,
                   Passions...
Et dans la moindre de vos expressions,
Aspire l'encre de votre œil hagard.
Je veux passer le bout de mon index,
                                                                      Léger,
Sur le sommeil de ma future et des mes ex,
                                                                     Aimées,
Pour m'emplir comme d'un Braille ou d'un Codex,
                                                                     Cracké,
De la matrice de vos sourires complexes,
                                                                    Elucidée.
Et continuer à jouir,
                        Le temps passant,
                        Le temps présent,
De la beauté de vos saphirs,
                          De vos diamants,
          De vos porphyres éclatants,
                                                     Dans le si bel écrin
                                                 De cette ligne de crin.

jeudi 20 juin 2013

Menez Are (texte de 2007)

Rince Briotanach by Clannad on Grooveshark


Monde à raies qui est à cran,
A crins, à craintes et à cran d'arrêt,
Spectral dans les couleurs d'un rayon blanc,
Arc-en-ciel lorsqu'il pleut, monts d'Arrée,
Comme un soleil qui fait ce qu'il peut
Pour y survivre un tant soit peu...
C'est un désert triangulé par trois lieux-dits,
Où les landes ont des airs de malappris,
C'est une Irlande sans dessert, sans cerisiers,
Sans autres arbres qui de Brocéliande sont restés...
On en trouve à Huelgoat,
Plantés un peu comme à la hâte
Sur des chaos de rochers décombrants,
Et de mes œuvres, en lettres, fantasmant.
J'ai aimé écrire,
                       Jusque dans son café littéraire,
                                                                     Pour qui ?
Puisque de mourir,
                    Restent tous nos mots funéraires,
                                                                      Écrits...
Et tout ce que l'on brasse part !
Des monts d'Arrée, j'aime le dénuement laxatif.
Je suis un traîneur des Connemara de Brasparts,
Je fuis les plaisirs faciles et le luxe hâtif.
C'est en pauvre cowboy solitaire
Que je voulais vous parler de mon Far West,
De ses légendes et de ses mystères
Dont ses bruyères odorantes empestent.
Sous la grande antenne du Roc'h Tregudon,
Sous son odeur de plastic brûlé,
Puisque enfant, privé de télé, enfant breton,
Je me souviens encor de l'attentat du FLB,
Puisque nous ne sommes pas français dans l'âme,
Puisque c'est ici que je travaille aujourd'hui,
Laissez-moi rallumer cette flamme
Pour que brillent aux cieux les hermines affranchies !
Nous ne sommes pas un peuple mineur.
Nous avons les plus vieilles montagnes du monde !
D'un monde à raies qui peut faire peur,
De nos profils indiens que d'aucuns sondent,
Et de cette infinie douceur

Dont mes bras sont l'attendue fronde.

mardi 18 juin 2013

La presqu'île de Rhuys (texte de 2007)

Irish Jig by Gwendal on Grooveshark


à toutes celles et à tous ceux qui en sont,


Aux dresseurs de décors marins,
au Dreyer de ce cinéma triste,
aux draisines du transcybérien,
au très bleu de tes yeux s'il existe,
aux dreyfusards de mes procès vains,
je dédierai ces mots qui subsistent
et s'agencent en un doux refrain,
d'un soir de Mai, mémoire persiste...

C'était au croustillant Crouesty,
joli port en escale impudique,
jolis corps, moless' cale à tout prix
deux amants sur un seul banc public,
sous soleil accouchant d'un esprit
qui, laissant de côté la critique,
laissait là deux p'tits coeurs tout épris
se bercer à la même musique...

Puis vint la Lune turque à la nuit,
croissant menteur qui croît en son D,
coinçant entre ses pointes, sans bruit,
l'éclatante étoile du berger ;
voulait-on échapper à l'ennui
quand sous elle l'on s'est embrassés ?
A Port Navalo, quand s'est enfuie
la Lune, on était encor scellés...

Laissant la cale à l'amer, l'amour
nous conduisit près du moulin mer,
et des moteurs qui prennent des tours
réchauffaient notre nid éphémère,
où je crus que c'était pour toujours
comme on cuit de soleils nécessaires,
où tu sus me donner, sans détours,
le doux rêve d'une vie entière...

Des promesses que l'on se faisait
peu après la rencontre fatale,
de nos amours qui en découlaient
comme coulent deux sources étales,
des attentions, si tu te défiais,
comme de mes craintes animales,
Audrey, quand bien même j'eus mal fait,
tu sais bien, je n'ai pas fait le mal...

Alors, de la presqu'île de Rhuys,
je garde le souvenir fiévreux
d'un beau visage tel une esquisse
qui la reflète en tes grands yeux bleus,
comme un miroir de ces mers qui bruissent
d'un Golfe et d'un océan radieux,
de tes taches que les sels roussissent
sur ton sourire, aux larmes d'adieux.

jeudi 6 juin 2013

mon dernier contrepet foireux


"la qualité de deux calicots."


un indice :


lundi 3 juin 2013

Le bon Grain

Get Out of My House by Kate Bush on Grooveshark


J'étais le scarabée de Cléopâtre infirme,
le berger bouche bée de puissants hiéroglyphes,
lui tendant le serpent de deux mots qu'on infirme
dans la langue bifide errant d'arabe en juif...

Une fois ma carapace d'opprobre ôtée,
Je me sentis serti de deux ongles d'acier,
fuyant d'une encre imprégnant le grain débotté
de notre page blanche aux dix traits émaciés.

J'en ai moulu des baux, « Ta » belle en Revolver
louée dans des beaux bals, mû des mille et des cents,
sans démentir l'adage où l'on écrit des vers
verts des cris d'age las quand le tourment descend...

J'en ai voulu des bas sur des cuisses altières,
des bas-fonds sulfureux où le stupre est faction !
Les femmes sont l'essence absolue de la Pierre
qui roule en écrasant les grains de notre action.

Ma Cléopâtre infirme avait perdu les bras
(qui lui étaient tombés de tant d'absurdités),
je lui avais meulé d'un Abracadabra,
les courbes de Milo dans mes vers édités...

J'étais un Pygmalion mais n'avais rien d'un Tigre,
je sculptais mon ego dans le miroir de l'Autre,
à présent s'il s'en va, en le suivant j'émigre :
le fleuve à mon image est un ruisseau d'épeautre.

mercredi 29 mai 2013

Autoréférence

Les maudits se diluent En Lexomil...
Non !
L'Homme en exil se dit l'élu des mots.

jeudi 16 mai 2013

Contrepet mondialisé mais non-dyalisé



Devrait-on vraiment ne pas confondre

"les mines démoralisées" 

avec "l'Asie des morts et les mines" ?

dimanche 28 avril 2013

L'île sein luit

Georgia on My Mind by Ray Charles on Grooveshark





Je voguai dans les rues aux senteurs quotidiennes
– démarche chaloupée mais allongée, méridienne –
en recherche d'érudits en catalepsie
ou d'autres Khans, happés par le divan d'un psy'...

Je naviguai donc à vue sur le haut quai Bourbon,
sur cette île imprévue qui malgré ses haubans,
a la forme d'un œil ou celle d'un bonbon,
dont les cils ont l'orgueil des poupées en rubans...

Je passai près d'ateliers oubliés sous l'eau,
de la Belle Camille et d'artistes saoulots,
des trop-pleins saisonniers et des crues de l'an Dix,
qu'en momies camomille Apollinaire ait fils !

J'emplissais mes poumons de liqueurs amniotiques,
car la Seine en son sein guérit l'apoplectique
(je suis comme un mormon dont mon mort est vivant
et mon Louis dort enceint de moi petit-enfant).

Je tétais, m'entêtais et l'ai toujours en tête,
Elle dont le sein luit – adverbe en épithète –
et qui se fait l'étai du reste de Paris,
et qui se fond en pluie dans mes vers équarris.

Je dérive aujourd'hui de sa rive à ma vie,
« mais comment est l'été ? » La question me ravit ;
ne sachant qui conduit les barques des absents,
je remets au Léthé pour cette île mon sang.

samedi 27 avril 2013

Re-Wind


Il tombe comme nous puis se relève encore,
et pourtant sans genoux puisqu'il n'est que semelles,
se gonfle de grands airs – ce qui lui donne corps –
et parcours les déserts de sable et d'eau qu'il mêle.

On le dit grand prophète aussi parce qu'apatride
qu'écoute le poète afin de le traduire,
il burine les peaux et les petites rides,
ce Monde est un dépôt de ce qu'il put enduire.

Il sait tourner la tête à bien plus d'un amant,
oriente la girouette au gré de ses caprices,
il fait siffler la flèche en chaque monument,
sa rose le pourlèche, Éros est son hybris.

On le traite souvent d'éternel indécis,
de puissant soulevant d'inutiles montagnes,
mais fort de composer avec des « Hein », des « Si »,
il est doux des baisers qu'il envoie de Bretagne.

En mon for intérieur je le sais messager,
je lui suis inférieur mais le suis droit devant,
je ne peux me lasser de son tout partagé
et tiens à le placer au grand soleil, le Vent.

vendredi 26 avril 2013

La peur du vide (republication - texte de l'automne 2005)


Vous êtes-vous déjà penché
Au dessus de ces précipices,
Sans garde-fou ni parapets,
Apparemment, cent pas de vices ?

Avez-vous un jour éprouvé
Ce tremblement le long des cuisses,
Quand le sol vient se dérober
Comme une trappe et que l'on glisse ?

Votre angoisse a-t-elle laissé
Votre regard, vers les abysses,
Comme un serpent se faufiler,
Là où les infinis finissent ?

Car tel est froid le gouffre bé,
La bouche ouverte aux lèvres lisses,
Qui avala d'un seul baiser
L'univers de nos artifices.

Et d'un seul cri tout résumer,
De toutes nos peurs, la notice,
Dans le néant tout embraser
De flammes purificatrices.

Pour de joyeux autodafé,
Peuplés de viols et de sévices,
Certains nageurs ont traversé
Les déserts de la catharsis.

Mais quel vertige n'a touché
Celui qui cherche l'orifice
De son tunnel de la pensée,
Du vide dont il est le fils ?

Mais quel humain n'a espéré
Tirer un jour le bénéfice
De pouvoir enfin exhumer
La cité perdue d'Atlantis ?

Ne sommes-nous pas ainsi faits
De nos cerveaux qui ralentissent,
Par trop peuplés de ces idées,
Des cités qu'elles engloutissent ?

Les beaux jours

Beautiful days by Venus on Grooveshark



(Primevère, appelée "fleur de lait" en langue bretonne)



En ce printemps transméridien,
Paris-Normand ne fut pas beau :
sorties de leur hiver indien,
deux régions boitaient d'un pied bot.

Si des congères métastasent
l'effroi des illusions figées,
j'en connais d'autres dans l'extase
mimant cet an neuf affligé.

Je laisse aller l'extrême-onction
sur un glacis rendu stérile,
car bien trop long pour la jonction
de Mars à la planète Avril.

Je l'ai salée mon addition
entre la Bretagne et Paris,
les beaux jours dont j'ai l'addiction,
tardent souvent en Normandie.

Dans cette douceur printanière,
ici déjà tant attendue
qu'on l'eut crue sombrant dans l'ornière
de Proust et de son temps perdu,

dans cette inespérée lumière,
caressant en langue gourmande
nos pâleurs de crème fermière
dans une pâture normande,

Je laisse aller mes sensations
au rythme du chant des oiseaux,
et ma mémoire aux pulsations
des maux cachés sous le boisseau.

Je l'ai salée mon addition
entre la Bretagne et Paris,
les beaux jours dont j'ai l'addiction,
tardent souvent en Normandie.

Malgré ma nature endormie,
j'embourgeonne en grattant mes feuilles,
ce qui restait placide hormis
ce mouvement qui les recueille.

Et les secondes s'effilochent,
fuyant des crevures d'un pneu,
carillonnant comme des cloches :
fracas gordien et concept nœud.

Je laisse aller à m'Asperger
des rayons d'un être solaire,
des vers de «Jadis et naguère »,
de Verlaine et de Baudelaire.

Je l'ai salée mon addition
entre la Bretagne et Paris,
les beaux jours dont j'ai l'addiction,
tardent souvent en Normandie.

Un coucou pique à bout portant
de ses clochettes améthystes,
ce pourtant si frileux printemps
qui semblait serti d'âme autiste.

Les talus pleins de fleurs de lai
empoétisent le bocage,
mais dans ce soleil hors-délai,
j'ai froid de cette belle cage...

Je laisse aller mes intuitions
vers des compagnons d'évasion,
afin qu'ensemble nous puissions
briser ces verrous d'occasion.

Je l'ai salée mon addition
entre la Bretagne et Paris,
les beaux jours dont j'ai l'addiction,
tardent souvent en Normandie.

Où sont les nuits de mes vingt ans
(ces fallacieuses enivrées,
ces notes blanches s'inventant)
qui changeaient le grain en ivraie ?

Où sont les tiédeurs exaltantes ?
L'exhalaison des bouches vertes ?
Les herbes du Jardin des Plantes
et ses essences entrouvertes ?

Je laisse aller l'inspiration
de mes neurones résiduels ;
la vie n'est rien que Création
ou se battre soi-même en duel.

Je l'ai salée mon addition
entre la Bretagne et Paris,
les beaux jours dont j'ai l'addiction,
tardent souvent en Normandie.

Où sont donc mes folies berbères ?
Le pharaon de mes cigales ?
Paris comme un Petit-Robert,
nourrit ma fugue et mes fringales :

pour des gestations Bon Marché
lorsque la sève papillonne,
nous traversâmes harnachés
les fusions dont on vibrionne.

Je laisse aller l'inanition,
aujourd'hui que mes faims sont mortes,
et que mes mues en partition
offrent les clefs qu'un sol apporte.

Je l'ai salée mon addition
entre la Bretagne et Paris,
les beaux jours dont j'ai l'addiction,
tardent souvent en Normandie.

J'égraine ainsi qu'un vieux mélo'
le chapelet de mois, d'années,
s'étant écoulés comme l'eau
d'un ruisseau qui m'eut moi, damné.

Alors, je visite à rebours
ce temps déchu m'ayant moulé,
mes Waterloo, mes Pearl Harbour,
mes espoirs et mes camouflets.

Je laisse aller mes émotions
au tourbillon de la mémoire,
je n'ai ni magie, ni potion,
sinon ces mots pour mon grimoire...

Je l'ai salée mon addition
entre Paris et la Bretagne,
si des beaux jours j'ai l'addiction,
c'est bien en pays de Cocagne.

lundi 15 avril 2013

La jeune fille aux perles

The Song of the Sibyl by Dead Can Dance on Grooveshark




Alors, bleues ou vertes ? grasses des floraisons
sous lesquelles repose une charogne infâme ?
Prière héritée du temps de Delft, oraison,
j'ai leur implorescence et leur iris, ô Femme ;

car tes perles ourlées aux marées lacrymales,
ont le reflet de nacre où se mire un bijou,
et les creux de Vermeer dans la bosse où crient mâles,
sont des coups de pinceau dans le plein de tes joues.

Sur ta bouche entrouverte est marqué mon dédain
et l'imagination des saveurs oubliées,
découvertes tes dents ont des blancheurs d'étain
et ton goût porcelaine au biscuit tant plié ;

car tes perles ourlées aux marées lacrymales,
ont le reflet de nacre où se mire un bijou,
et les creux de Vermeer dans la bosse où crient mâles,
sont des coups de pinceau dans le plein de tes joues.

Si le maître a nanti d'un foutu troisième œil,
ton regard aérien d'un azur parfumé,
c'est qu'il n'est de couleurs dont il ne vit le deuil
sans les hydres honteux d'un désir enfumé ;

car tes perles ourlées aux marées lacrymales,
ont le reflet de nacre où se mire un bijou,
et les creux de Vermeer dans la bosse où crient mâles,
sont des coups de pinceau dans le plein de tes joues.

Tu reflètes si bien la fleur méléagrine,
qu'un Enfer viscéral a guidé ce dessein
sur ta courbure en flamme ou ma main pérégrine,
sur les lignes qui vont de ta bouche à tes seins ;

car tes perles ourlées aux marées lacrymales,
ont le reflet de nacre où se mire un bijou,
et les creux de Vermeer dans la bosse où crient mâles,
sont des coups de pinceau dans le plein de tes joues.

samedi 13 avril 2013

La douleur

Ta douleur by Camille on Grooveshark


Lorsque moins l'age est frais
                            dans l'ampleur
                                           du vécu
                                              de nos heures,
le fond de l'ère effraie
                         de grands pleurs
                                     les faux-culs
                                               des douleurs.

Je n'avais pas plus le sourd don
que la moindre intuition d'âme prédestinée,
le temps mort se sonne au bourdon
et le taon mord la plus vache des destinées.

J'étais le jouet des virus
et l'instrument d'archers tendus, érotomanes,
aux bas rayés – roulette russe –
je tendais quelques joints à des romanciers opiomanes...

M'instantanner de paper dû
semblait alors ma seule ardeur épistolaire ;
minc(e) temps tanné de pas perdus,
j'ai bu leur sable en balle où les coups pistolèrent.

Ils résonnaient, carillonnant,
pour un vil Dieu – l'à poil – dont l'ombre gesticule,
et des ferments vibrionnant,
pour des cadavres dont on fit des monticules.

Oh ! Mots nus...
Mot nu ment, oh mors ! Mû...
Mort aux dents longues,
j'ai dans ton crâne mes diphtongues.

J'ai l'essentiel
distillé de tes yeux de ciel
superflu,
j'ai bu ton super flux.

J'aurais pu marcher longuement,
m'arrêter sur le bord des cils peints halal khôl,
raconter comme un texte nous ment,
porté par une gorge-bouche ostréicole ;

j'aurais pu chavirer pour deux,
calfater ce bateau de goudrons absolus
pour qu'on en fisse quelques œufs,
un germe nucléaire à mes vers absous lus.

Mais j'avais hésité
                      du fado
                           sans remords,
                                           aux leçons
de monstruosité
                    d'un ado
                          dans le corps
                                   d'un vieux con.

lundi 8 avril 2013

Le chant de Béa triste

Piano Trio No. 2 in E flat major, D. 929 (Op. 100): Andante con moto by Schubert on Grooveshark




En Dante, andante,
En Dante, andante...
C'est la chanson de Béa triste,
Sa mélopée si fascinante,
Qu'aucun ténor ni camériste
Ne criblerait d'eau lancinante,
De larm(es) aux ondes terroristes
Brisant les bras des fainéantes
Que tes sculptur(es) – cher Evariste –
jonchèr(ent) de Vénus enivrantes.

En Dante, andante,
En Dante, andante...
Puisque l'amour – cet antéchrist –
Fit de ton Paradis l'Enfer,
Rappelle-toi des intégristes
Et de leur purgatoire en fer.
Rappelle-toi La Béa triste
Qu'il n'est de cage où l'on s'enferre
Sans fendre l'air d'un trait d'artiste
Ni de la flèche où l'on diffère.

En Dante,
j'ai les sons
des surprises
et des cris,
L'édentée
déraison
des sûr(es) crises
qu'on écrit,
Puis ainsi l'oraison des splendeurs éperdues
Tend la toile horizon de nos mondes perdus ;
Béa triste où es-tu ? Toi mon reflet d'argent
Dans le doux vitriol de mon sang détergent ?
J'ai tes chants – Béa Triste – imprégnés dans mes nerfs
Et ta corde vocale épandue dans l'éther.

En Dante, andante,
En Dante, andante...
J'ai dans les chants d'Alighieri,
De Notre-Dame à la Licorne
L'écho lilas, l'écholalie,
Et de ces pages qu'on écorne,
L'irrésistible poésie
d'où rejaillit l'objet dont s'orne
– heureux joyau de l'hérésie –
D'incarnat ton Amour sans bornes.




En Dante, andante,
En Dante, andante...
Point n'est Divine Comédie
A tous ces cœurs foulés du pied,
Que ces cochons qui s'en dédient
Dans un foutoir qui peu me sied ;
De belle Béa triste on dit
Qu'ondine elle s'est tuméfiée
Au creux d'un fleuve qui blondit
De blés aux graines émaciées.

En Dante,
j'ai les sons
des surprises
et des cris,
L'édentée
déraison
des sûr(es) crises
qu'on écrit,
Puis ainsi l'oraison des splendeurs éperdues
Tend la toile horizon de nos mondes perdus ;
Béa triste où es-tu ? Toi mon reflet d'argent
Dans le doux vitriol de mon sang détergent ?
J'ai tes chants – Béa Triste – imprégnés dans mes nerfs
Et ta corde vocale épandue dans l'éther.