Une gueule à vous faire croire
aux êtres étranges, Un prénom pris comme une poignée de
Xavier, Sir Grall est un trésor posé parmi les anges, Dont
les traits de plume sont à jamais encrés.
Avez-vous déjà respiré le
jaune ajonc ? La callune de miel et sa sœur la
bruyère ? Fait le tour du vieux lac et de ses environs, Par
les chemins de l’enfer et par les tourbières ?
C’est là que je cherche aux
sentes granitiques, Qui, de Brasparts en Botmeur, presque
infiniment, De Botzullan au Huelgoat, serpentent magiques, Comme
la cursive empreinte de ce géant.
C’est d’un Christ écorché
sur un breton calvaire Que je viens vous parler comme d’un
ex-voto, Des paroles de paix, de ses folies guerrières, Et de
l’Aven Belon qui coulait de ses os.
Car Xavier était à lui seul un
Finistère, Authentique et bâti de ses extrémités, De
paroles offertes telles des prières, A l’orgueil écrasé de
nos chevaux couchés.
Et des vertes semonces de verve
assassine, Que tu semais, embruns, deux muguets à nos cous, De
tous ces derniers Mai, sous des fourches caudines, Il nous reste
le met de tes mots à nos goûts.
Et de ta sone, automne à tous
les peuples sourds, L’écho qui dé-résonne comme un peuple
muet, Reste cet inconnu qui me dévore autour, Du grand feu
dévolu aux gerbes de tes blés.
Moissonnez !
Les champs sémantiques de Xavier, Cueillez ! Cueillez !
Ses fleurs du bien, ses fruits du mal, Il y a des quêtes
inquiètes à mener, Aux pages qu’on feuillette au nom d’un
sacré Grall.
Si
j'ai suivi ces voies jusqu'en Larmor-Baden, Quelque part poursuivi
par la voix des sirènes, Au fond d'un Golfe fou, fanfaron
Morbihan, C'est pour aller au bout de mes rêves d'enfant.
Au
bout d'un monde ancien, du monde des vivants, De vaux
préhistoriens qu'une mer avalant, On ne sait plus que d'îles en
nombre incertain, S'y fleurissent en file ou en groupes de points.
De
la belle Berder et de son gué marin, Vois le monde à l'envers
sous ce courant équin, Quand, par fortes marées, la mer,
dénivelée, Vient de l'autre côté, se vider en évier !
Me
ferais-je moine d'une île ainsi nommée ? M'accompagneras-tu dans
ces velléités ? Ou retournerons-nous dans notre Finistère, Où
le monde est moins fou mais le sel est sévère ?
Car
si la ville d'Ys s'est perdue en nos mers, Il reste Gavrinis et
son cairn et ses pierres, Ses symboles gravés témoignent au
présent Que les voies du Golfe ne vont pas au néant.
"Sans
doute revêt-on des écorces virtuelles pour apprendre à exister
d'une autre manière, et laisser briller tel un millier de soleils
l'éclatante singularité que cache notre écorce physique."
Avec des petits Jésus en croix par leur travers ?
Et
de mes petits "j'ai su", en Groix, pour quel
trouvère,
Restent les chants des sirènes en Sein,
Dont le
mamelon pointe au Raz de belle manière,
Et de nous trépassés
garde la baie des fins.
Pour revoir l'unique reflet de leurs
écailles vives,
Dans l'onde lascive qui les berce souvent,
Je
veux qu'on la sauve, ma vision sélective,
De cette réalité qui
ressemble au néant.
Quel océan ne nous a encore englouti ?
Celui vers
lequel nous voguons à présent !
Ainsi va-t-il de notre vie...
De
naufrages en renflouements !
Nous sommes vestiges à nos
envies,
Et future proie de nos aimants !
Nous sommes boussole
au midi,
Tournant en rond sur son cadran,
Jusqu'à ce qu'une
étoile amie,
Nous guide à ses rivages blancs...
Le blanc de
sa chair de fruit,
Le banc de ses sables mouvants,
Où peu à
peu l'on s'évanouit,
Avec bonheur et inconscient.
D'autres fées, d'autres siérines et d'autres vies !
Et
des beautés au firmament,
Des araignées brillant la nuit,
Quand
dans leurs toiles l'on se prend,
Et qu'à ces filles l'on se pend.
On passe à voir, des soirs d'hiver, Au loin,
d'Audierne les lumières, A repenser aux nuits d'été, A nos
jeunesses délavées, Aux promenades boréales D’une
rencontre accidentale, A nos ego occis dans telle Ou telle
errance accidentelle,
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