vendredi 13 juillet 2012

Les fourbes rejetons de l'escobarderie

Don't Give Up by Kate Bush on Grooveshark



Inamusés grévins sont leurs airs pathétiques !
Qu'un dépendant greffe un visage en triste cire
sur sa mine emplumée de cautèle à rancir,
ses propos enfumés sont de casuistique.

Les fourbes rejetons de l'escobarderie
sont ce que nous jetons dans nos plus preux ménages ;
si leur hypocrisie nous met toujours en nage,
leur foie plein d'hérésies, n'est pas si rose, INRI !

Il sécrète la bile où leur sang s'empoisonne,
où leur esprit débile égare nos pensées,
l'endroit qu'Apollinaire eut appelé sa « ZONE ».

S'il faut garder ses nerfs face à quelque amazone,
ou feinter le combat contre êtres compassés,
sachons qu'il n'est débat qu'entre autres qui raisonnent.

dimanche 1 juillet 2012

Mon dialysé

Scatterlings of Africa by Johnny Clegg and Savuka on Grooveshark



Si je suis africain lorsque la Seine égale
mes Nils ne faisant qu'un – bleu/blanc comme une orange,
c'est que mon sillon meut ce que mes rides rangent :
Qui m'avachit, m'émeut comme une martingale !

Si je suis allemand aux bord de mes frontières,
c'est que la dalle ment – mue est comme une tombe ! –
et que le Monde est Un tuméfiant cimetière,
que Loreleï éteint les feux des catacombes.

Si je suis irlandais à force de me battre
comme les pins landais sur des vagues de sable,
c'est que ma foi j'effeuille en la cire hauts des râbles,
les peaux dont on fait deuil d'un rouge à lièvre albâtre.

Si je suis espagnol en ce soir de triomphe,
que mon âme est chignole en transperçant la tienne,
que ce soit donc en Porsche, en Jaguar ou Triumph,
je porterai la torche au vert de Saint-Etienne !

Si je suis parisien pour l'Amour de ma vie,
jugeant en pharisien le Christ géographique,
c'est pour qu'à la citer nous soit métamorphique
L'île de la Cité dans toutes nos envies.

jeudi 28 juin 2012

Lady Manche

Hello Earth by Kate Bush on Grooveshark



Lady Manche
                à la mer murmura là, mammaire :
                                                             « en semaine
ou les dimanches,
               à la marée dont j'ai la grammaire
                                                                 et l'hymen,
j'enfle mon flot
                      du ventre rond
                                            des nourricières,
puis à donf' l'eau
                       du jusant fond
                                               ma souricière ! »
C'est son chant
que j'entends
                        du zodiac
                                       où je cherche son signe,
assis : Reine,
ou sirène,
                    en cardiaque
                                        j'ois, l'oreillette en ligne.

Lady Manche étale son clapot sur l'estran
et repasse sans couture un plis de ma plume.

L'encre est lourde
                           et l'ancre engoncée comme en l'enclume
l'épée sourde
                     et pourtant promise à l'impétrant.
L'alarme à la rame
                            - à l’œil -
                                           les loups rodent là
réclamant calame,
                             écueils
                                        d'un lourd au-delà ;
mais percés d'une flèche
                                     sagittaire,
                                                    bars étranges
que la langue d'eau lèche
                                    - adultère,
                                                    Lady mange...

dimanche 3 juin 2012

Salomé



Est-ce ainsi que les hommes vivent by Léo Ferré on Grooveshark


J'ai reconnu du Rainer Maria Rilke
dans les ondulations de ma plume hésitante,
l'action de la durée dans ce que désirs tentent,
les belles convulsions d'Andréas Salomé !

Lou

J'ai reconnu du Rainer Maria Rilke
dans tes bleus-verts d'ancre affective au bout des yeux,
dans ces courbes qu'auraient nerfs affleurant l'essieu
de la roue du chancre assujetti par hoquets.

Coco

J'ai franchi le Chanel
                               Dans ton décolleté,
                                                            Puisé l'intensité
Dans ton parfum charnel,
                             Coupé mon cou l'été
                                                     Puis dans sa densité
– pour peu que s'acharne Elle –,
                             Goûté ton goût Léthé !
                                                   Fait de ton corps cité !

Nana

J'ai aimé ta beauté d'Intelligence Addict',
posé ton corps sur moi tel indicible toit,
mes doigts ont pianoté sur les touches de Toi
pour qu'à pareil émoi ce soit tes mots qui dictent.

Salomé

Je t'ai offert ma tête en présent compassé,
Mais en réalité ce n'est qu'un bilboquet !
De Rainer – un quartet – Maria Rilke
J'ai la vocalité d'un Jean-Baptiste, assez..

samedi 2 juin 2012

Le petit bois de Trohonan (republication)


Au petit bois de Trohonan,
J'ai vu l'horreur dans son linceul,
C'était au temps des résistants,
Je m'opposai, mais j'étais seul...

C'était au temps des résistants,
C'était au temps de la victoire,
Quand toujours aux derniers moments,
D'autres se joignent à la gloire.

Quand toujours aux derniers moments,
Pour des lauriers imaginaires,
Des diables s'habillaient de blanc,
Dans la vindicte populaire.

Des diables s'habillaient de blanc,
Après des années de silence,
Ils amplifiaient les cris stridents,
De ceux qu'on entendait en France.

Ils amplifiaient les cris stridents,
J'ai entendu tomber l'insulte,
Le crachat, le geste violent,
Sur cette enfant à peine adulte.

Le crachat, le geste violent,
Ombrageant ces jolis yeux clairs,
Plaisant aux officiers all'mands,
Comme aux garçons du Finistère.

Plaisant aux officiers all'mands,
C'était son crime inexpugnable,
Ell' devait payer au comptant,
Comme une putain véritable.

Ell' devait payer au comptant,
De cette humiliation publique,
Etre d'eux tous un défoul'ment,
Une excuse à l'autocritique.

Etre d'eux tous un défoul'ment,
Tondue comme un enfant pouilleux,
De ses jolis cheveux tombant,
Comme les larmes de mes yeux.

De ses jolis cheveux tombant,
Remplacés par la croix gammée,
Objet de pseudo-résistants,
Devant la ville et ses huées.

Objet de pseudo-résistants,
J'avais dit non, non, s'il vous plaît !
Mais la foule d'un seul tenant,
De sa haine me repoussait.

Mais la foule d'un seul tenant,
Riait, riait, riait, riait !
Quand les trois suppôts de Satan,
La bousculaient, la malmenaient.

Quand les trois suppôts de Satan,
Décidèrent de l'emmener,
Mon oeil, de pleur encor brillant,
Mon coeur, de peur crut tressauter.

Mon oeil, de pleur encor brillant,
Les vit la mettre en camionnette,
Et d'angoisse, mon coeur battant,
Prendre la route de Plouhinec.

Et d'angoisse, mon coeur battant,
Comme un tambour, sut disparaître,
Sur l'autre rive, à Trohonan,
Cette esclave en proie à ses maîtres.

Sur l'autre rive, à Trohonan,
Mes jambes trop vieilles, trop lentes,
J'accourus tel un pénitent,
De tant de faiblesse et d'attente.

J'accourus tel un pénitent,
Sur l'autre rive et dans le bois,
Je vis retourné fraîchement,
L'humus d'un drame en cet endroit.

Je vis retourné fraîchement,
L'humus que mes ongles grattèrent,
Et le joli corps pantelant,
Que mes rivières nettoyèrent.

Et le joli corps pantelant,
Victime des derniers outrages,
Se reposait solidement,
Dans mes bras solides et larges.

Il reposait solidement,
Recouvert du caban marin,
Qui avait vu l'extrême Orient,
Pour finir sur ce joli sein.

Il avait vu l'extrême Orient,
Mais c'était sans extrême-onction,
Que je portais à ses parents,
La chair de cette enfant sans nom.

Je la portais à ses parents,
Statues de honte et d'émotion,
Dont la douleur en cet instant,
Faisait écho à sa passion.

De leur douleur en cet instant,
Point question n'était de justice,
Car dans l'ivresse du moment,
Elle était punie par son vice.

Car dans l'ivresse du moment,
Trois monstres se frappaient le ventre,
Protégés par les faux-semblants,
Des lieux dont ils étaient le centre.

Protégés par les faux-semblants,
D'une France enfin libérée,
Où ces petits débordements,
Devaient être dissimulés.

Dans ces petits débordements,
En peine de preuve à fournir,
Je fis prière et fis serment,
Et de par trois fois les maudire !

Je fis prière et fis serment,
Sachant leur avenir morbide,
Que mon arrièr' petit enfant,
Raconte un jour leur fin sordide.

Que mon arrièr' petit enfant,
Porteur de mémoire héritée,
Montre le bois de Trohonan,
A l'enfant qu'il va protéger.


Michel P © 2005

dimanche 27 mai 2012

Cancale

Mna Na H'Éireann (Women Of Ireland) by Kate Bush on Grooveshark



Partir après s'être enlisé,
fuir vers le noroît tant qu'en cale
sont nos réserves d'alizés
– pour peu qu'on ait le temps, Cancale,
nichée telle un baiser perlé
dans une côte d'émeraude –
et la magie des pourparlers
lorsqu'alentours l'être aimé rode.

Sous son rocher le petit port
ferme la baie du Mont-Saint-moi,
de ses marées d’appétit, pores
suintent de sel durant cinq mois ;
on fut fermé comme ses huîtres,
bien trop de ces années lunaires
qui font qu'un jour, sur un grand huit,
nos infinis sont élus nerfs.

Que nous importe le beffroi,
les pleins-pouvoirs sur cette ville ?
Si j'ai pondu l'écrit des froids,
celui d'été sera moins vil :
il décrira par quelques mots
comment, pour éviter qu'on cale,
il faut, lorsqu'on se lit jumeaux,
se garder ce qu'était Cancale.

samedi 26 mai 2012

Toi, le tentacule

En route pour la joie by Noir Désir on Grooveshark


Le peuple s'ennuie-t-il qu'en un confort bourgeois,
il se dupe en croyant bousculer l'établi
des fondements sociaux – triste route pour joie –
et des économies mondialisées d'oubli ?

Les gribouilleurs virtuels se croient-ils les Saint-Just
d'une assemblée factice à l'aune agglutinée
des coups – loi décousue – matraque – et moues injustes,
à l'abri d'un écran – Christ au liquide inné ?

Puisque le cal amarre une plume dopant l'encre
à nos doigts de faiseurs de prière et de messe,
cessons révolutions et chants de guerre et chancres
encadrant la question : « de quelle seiche heure est-ce ? »

Puisons plutôt l'essence au plus profond de nous :
nous sommes les rejets, jetons d'un temps échu,
nous avons notre histoire en Cène à Cotonou,
Dakar ou drakkar, patte à nos grappins déchus.

mardi 8 mai 2012

Republication d'un vieux petit texte prémonitoire "London's rain"

Keep me ( London Rain) by Heather Nova on Grooveshark



L'écran total
L'astre infini
Du penthotal
Pour nos envies
Le glas se cale
Aux pas de vie
L'air est glacial
Picadilly
London est mal
Comme Paris
L'on donne en bal
Belle de nuit
Comme à Pigalle
Ou Carnaby
Près du canal
Comme un grand puits
Larmes ovales
Et confettis
Et ces rafales
Et notre pluie...


Michel P © 2005

vendredi 4 mai 2012

"Les réveilleurs de la nuit" ou "Les veilleurs" (Version intégrale)

Variation sur un vers de Rimbaud retranscrit par Mirbeau, et l'hypothèse de deux textes ne faisant - à mon avis - qu'un et rapportés par Verlaine après leur audition.
L'objectif est ici de retranscrire, conformément à la structure suggérée par Verlaine (52 vers), l'ambiance qu'un seul vers - "L'éternel craquement des sabots dans les cours" - m'a insufflée.




Ils ont teinté la nuit d'un carillon d'éclairs,
Arraisonné l'ennui dans sa barque platine
Et de pâleurs d'aurore ont serti – sabre au clair –
Des chancres à dorure aux glottes palatines.

Dans l'abstruse noirceur ils ont taillé la brèche,
Tranché la gorge aux sœurs des radeaux de Méduse,
Traîné l'âne et le bœuf en dehors de la crèche,
Ils ont crevé dans l’œuf ce qui ronge et nous use.

Ces veilleurs t'ont sortie de ton obscurantisme,
Courtisane Paris, Toi la Ville aux lumières,
Comme du cauchemar d'un honteux despotisme
Où le pouvoir infâme eut cousu tes paupières.

Fallait-il que l'on coupe la tête à ton roi
Pour que renaisse un hydre aux multiples facettes ?
– Ô Commune sordide, oh ! Si sainte est ta Croix,
Que l'on mène à la soupe un bon peuple obsolète ! –

Or, on a ressorti les préfets innommables,
Revanchards assortis d'une haine ampoulée
Pour ce peuple empressé par les jus innombrables
Des raisins du progrès dont les roues sont ourlées.

On a fait de valets des horribles saigneurs,
D'un poème avalé le filet d'un rétiaire,
D'une dit hérésie le maillot d'un baigneur,
De cette anesthésie le ferment d'un bestiaire.

Tour à tour sont sorties les sept plaies de l’Égypte,
Sur la peau sous l'ortie de la belle obélisque,
Impériale Paris, à Saint-Denis tes cryptes
Font des rois dépéris des stigmates à risque.

Au final est venu l'Ange Exterminateur
– minuscule remugle – assénant de sa hargne,
les scarifications dont on sait puanteur,
Et dont les punitions de survivre t'épargnent !

Si les rois n'ont pas chu dans ce jour de tempête,
Si le sang séché su ce que contint l'espoir,
Le jour du Jugement fut la journée de fête
Où le peuple qui ment fut le jus de la Poire.

Et dessus ces pantins amputés de segments,
des soldats enfantins ont dansé menuet :
On défit de leurs peaux et de leurs téguments,
Ces symboles d'esclave ô parchemins muets.

L'intelligence urbaine est entrée dans l'ennui,
La bourgeoisie malsaine a sombré dans l'horreur,
Tâtant de ces pluies réveilleurs de la nuit,
Les vivants éblouis ont perdu leur honneur.

Alors, vous, vendangeurs d'une guerre intestine,
Vous entendrez odeurs et débords et débours,
Les cris du châtiment juste et de la guillotine,
L'éternel craquement des sabots dans les cours.

On viendra vous punir de l'orgueil ineffable,
Ventriloques soupirs de paix trop contenues,
Vos boulets constipés sont des rimes de fables,
Les pavés extirpés de Paris vont aux nues.

Les moulins de Sey




Je crois que tu ne sais assez
– lecteur ! – ô combien la pulpe où
les vieux moulins assis à Sey
ont su puiser en vils époux,
à l'onde dont ils firent Sienne
les frais serments de Marcel Proust,
à ces natures musiciennes
et Goethe un Amour dass du musst !

Le soleil sous le saule y terre
les quelques pleurs de Madeleine
qu'en épanchements solidaires
la Roue mouline en fils de laine,
et les verdeurs aquariophiles
menacent de pousser à bout
les chants de cotons hydrophiles
entre les grues et marabouts.

Le monde a bâti l'estuaire
entre Atlantique et mer Caspienne,
de ce que peu d''Hermès tuèrent
– si tant est que peu s'abstiennent –
un flingue est caché dans la Manche,
peu d'as et peu d'atouts l’inondent,
aux moulins ceux qui l'endimanchent ;
à nos espoirs le fil de l'onde.

mardi 1 mai 2012

La possibilité du Nil


La piqûre océane où s'est forgée male-âme,
injecta son venin dans mes yeux vipérins,
afin qu'entre tes mains puis au creux de tes reins
coule un fleuve où Cézanne eut trempé son calame.

Ton agrume embouchure ornera de motifs
mon écorce velue, ma fichue carapace,
d'ornements dévolus à ton intime impasse,
d'une sainte écorchure à ton culte votif.

Et dans l'onde-vertige où nos sinusoïdes
amortiront l'emprunt de nos érubescences,
nous serons tout empreints d'une autre adolescence.

De morsure un vestige – à fleur de deltoïde –
marquera d'un grand lys ignifuge aux passions,
l'écusson souvent lisse à ces crûes libations.

La Marine de guerre

Lily Marlene by Marlene Dietrich on Grooveshark

Photographie prise par François Trazzi


J'ai peur de la Marin' de guerre
qui souffle ses boulets de suif
ainsi que « Jadis et naguère »,
avec la peur du Christ en Juif.
Ô Verlaine, ô mon crû si fier :
on empale idées à l'autel
de cervidés où crucifères
ont bel y faire à ciguës telles !

J'ai perdu ma marrain' de guerre
comme Brest a perdu Glasgow
– et la putain facho vulgaire
dans un radeau mis à l'ego – ,
de ma plume égaré les pennes
dans l'urne sordide où majeur,
je place à l'index, oh, ma peine,
mon Amour, je suis bon nageur !

J'ai peur de la Marin' de guerre
lorsqu'en volant de l'ange l'aile
droite, on voit là qu'en Heidegger,
de ces vies qu'on fit parallèles,
on a tendu – tel un Tantale –
la corde au son d'un cristal d'Arc,
qu'il n'est place à pire amygdale
qu'on opéra d'odieux Plutarque.

Tandis qu'on amarin' Daguerre
du monstrueux aréopage
qui traîne ses clichés grégaires
de ligueurs remis à la page,
dans ces résurrections étroites
vouées à l'éternel hasard,
défile – immonde – rive droite,
la bête à la garce – hein, Lazare ?

jeudi 12 avril 2012

Eclats de vers

On my shoulders by The Do on Grooveshark


Si j'ai terrorisé vos sommeils de cristal
à coups théorisés, bris de vers incisifs,
c'est pour vous emmener à cette issue fatale,
trébuchante monnaie du rocher de Sisyphe.

Si l'enfer est pavé de bonnes intuitions
et les mœurs dépravées nanties de courants d'or,
c'est que les mots choisis du mieux que nous puissions,
garderont du moisi les vertus d'un roc fort.

Et mes sermons de vigne emporteront les têtes
comme un blanc cou de cygne est tranché par la faux,
comme la vérité par malsains qui la tètent.

Nourrissons alités nos papilles, Sapho !
du goût du rêve abstrus, dont l'impalpable étal
confie ses fruits intrus à vos nuits de cristal.

mardi 10 avril 2012

Parabellum

Sympathy for the devil by The Rolling Stones on Grooveshark


Je n'ai pas connu Dieu – et de Léviathan, guère –,
n'ai pas arraché d'yeux comme Ante – dit l'ovin* –
Pavelic, aux noyaux dont se grise un Luger.
*Les loups sont des agneaux face aux peuples bovins.

Un diable en sympathie m'a confié son émoi :
« Micha, je compatis à vos luttes barbares ;
si je me fais Rimbaud tandis qu'un autre est Moi,
qui prendrai-je – nabot – pour pilier de ce bar ? »

Je réponds : « cher démon, vous avez l’embarras ;
entre Napoléon, Adolphes Thiers-Hitler,
ou quelque président dont on prie débarras... »

Foudres rarement sont ces foutres va-t-en-guerre,
tenant zinc au mensonge et cuivres à l'orchestre
qu'ils rayent de leurs dents, adroits plus qu'à sénestre.

lundi 9 avril 2012

L'émérillon


Qui sont qui savent dire à leur aimée « rions ! » ?
sans plus les assourdir ni les entourlouper,
sans plus non plus en faire objet qu'aux « marrions-
nous ! », on troque en enfer contre un détour loupé...

Tant sont de rêves que – serpents de mer – ayons,
qui se bouffent la queue dans des anneaux d'or-paille,
qu'il nous faut faire feu d'un bois qu'en « mais » rayons,
en serments parapheux nous bavons d'encre et d'ail.

Nous suçons en vampire – Adam d'âme – un rayon
de lunes au vent pire où, s'étreignant de spasmes,
on vide sa substance et ses amers haillons.

S'il faut qu'en cette stance expurge le fantasme,
et que le cul nous grille, Hamlet ! D'aimer, raillons.
Alors que point ne vrille Amour d'émérillon.

lundi 26 mars 2012

Solidaphorisme

"Comme l'Homme est un être social, le Bonheur est un fait social, et les sociétés qui l'effleurent sont celles qui tendent vers l'égalité et nivellent les disparités tout en sachant les préserver."

Michel P

Sociaphorisme

"Il serait temps que les minorités nanties comprennent que leur malheur s'accroît à mesure des richesses qu'elles accumulent, au détriment des majorités qu'elles craignent, toujours plus grandes, plus miséreuses et plus envieuses."

Michel P

samedi 24 mars 2012

Psychaphorisme

"Un monde manquant de folie douce laisse place à la folie dure."

Michel P

Somnaphorisme

"Vous coucher le soir sert à rêver le monde comme vous auriez voulu l'imaginer la veille en faisant la même chose."

Michel P

jeudi 22 mars 2012

Sangatte


Republication d'un vieux texte écrit en 2005 (le premier de ma réécriture) et qui correspond bien à mon état d'esprit du moment...

Simon & Garfunkel!!s by Sound of Silence on Grooveshark

Vous et moi, nous sommes des réfugiés.
Réfugiés de nos envies et de nos peurs,
Réfugiés des revers et des rancœurs,
Nos Sangatte à nous sont nos oreillers.

Tant de passerelles vers le sommeil
Et de ferries vers notre vie rêvée,
A peine clandestins mais passagers,
Nos Sangatte à nous sont à tous pareils...

Il y a des frontières sans oppresseurs
Et une hélice au pays des merveilles
Qui nous mène en bateau comme au soleil,
Nos Sangatte à nous, d'espoir ont lueur.

Vous et moi, nous sommes des réfugiés.
Aux confins des territoires du cœur,
Nous partageons, mes frères et mes sœurs,
Sangatte sans cesse recommencé.

dimanche 18 mars 2012

Aphorisme du jour

"Le fait d'être seuls nous permet d'être libres, mais le fait d'être libre n'implique pas d'être seul."

Michel P

dimanche 11 mars 2012

Oustachis

In The Deathcar by Goran Bregovic on Grooveshark


Pour se payer des clopes
il faut vendre sa poésie agrafée sur du papier de pattes de mouche
tip-tip-typographiée
par « La Petite » - cadeau de Noël oublié par sa sœur aussi petite...
et cric-crac-reliée par un porte-clefs qu'une chaîne
- écart-type aux graphiques -
attache à son agrafeuse-gadget
pour faire un recueil de flops
avec des mots sortis du sourire emplumé de la bouche
miss-miss-miss-mystifiée
par les baisers que l'on jette
en cédant pour dix bals son œuvre poétique
qui n'est rien qu'un roseau qu'un post-ado' déchaîne.
Pour pouvoir s'enfumer
il faut se rendre au Luxembourg
(au Jardin, pas au paradis fécal de la « cabane au fond »
qui est la honte indénoncée de l'Union Européenne)
et quitter la petite couronne
afin de s'en poser une moyenne sur l'épithète
en pénétrant l'intra-muros
comme une aiguille de seringue, ah !
(dans la candeur insoupçonnée de son tropisme cruciforme)
sans s'imaginer que la fleur du fusil où l'on aiguise son rasoir
coupera les ailes des anges pisciformes
des vœux exocets dans mes calembours
de mes soupirs où ma muse y cause au plus profond
de mes proches au fait ou de mes roches tarpéiennes
au fond du sceau de ma daronne
la trace des forceps imprimée sur la tête
comme deux cornes de rhinocéros
la beauté par les vers est mue d'un cocon d'illusoire
elle affleure au seringa
dans des vers parfumés.

A Paris.

J'écrasai le paquet de Philip marrons entre la paume et quatre doigts
la dernière offrait ses fragrances opiacées au quai de mon attente.
La gare de Maisons-Alfort est un plongeoir vers le grand-bain parisien.
L'omnibus arrive
– Omnibus comme Omniscient ou Omnichiant quand on le prend tous les matins –
l'Homme nie l'autre rive...
L'autre rive c'est

Paris.

Les portes se sont ouvertes et je suis monté
le wagon sentait la cendre
comme à Auschwitz ou Birkenaü
ou aux ghettos de Varso-Craco-non-vie
les sièges étaient normalement éventrés
ils donnaient l'envie de descendre
mais le train nous menait là-haut
dans la ville-lumière aux lumières où l'on vit.

Paris.

Affligé contre un coin de carreau que j'embuais
je ne pus longtemps ignorer l'étrange mélodrame qui s'imposait :
dans les méandres val-de-marniens conduisant
outre le confluent
aux souterrains de la gare de Lyon
l'esclandre s'enflait en l'espace ainsi que l'eut fait un Pygmalion

Presque Paris...

Une équipée de jeunes blacks encerclait un petit bonhomme...
Le wagon chassait le dragon depuis Saint Georges et sa Villeneuve...
L'accent provocateur était celui tant imitable de la banlieue.
Les garçons gesticulaient et les filles attisaient la véhémence
ils étaient nombreux
et je ne comprenais pas pourquoi ils s'en prenaient à ce petit homme
qui taiseux laissait passer l'orage et le tonnerre
sans induire un moindre indice de colère.
Nous n'étions pas à Sarcelle ni même à La Courneuve
nous n'étions nulle part ni même en aucun lieu
pas au Darfour ni même en Casamance
ils étaient nombreux.

Paris, Gare de Lyon...

Je vais pour m'interposer entre l'équipe et ce petit homme
- l'agression que je ne comprends pas me paraît inique -
je m'approche des belligérants au moment où s'ouvrent les portes.

Emir Kusturica

Enki Bilal

Goran Bregovic

Des artistes qui m'inspirent
Je pourrais citer aussi les poètes...
Mais là
Je trouvais que ce petit homme avait un côté balkanique

Break

Lorsque les portes se sont ouvertes
et que je m'interposai pour revendre un peu
de notre tolérance inepte
et de notre droit français

Il a sorti un « coupe-chou »
un sabre

Je restai figé

un rasoir de quinze centimètres de lame
puis bondissant hors du wagon
il se mit à poursuivre dans les escalators
- qui a raison, qui a tort -
celui qui durant le voyage l'insultait
pour le saigner ou pour le tuer ?
Certains humains ont l'art et les cochons à satiété.

Je ne sais quel profil glabre
ni quelle anti-maîtresse de l'âme
eut pu placer hors de ses gonds
celui qui porte la mort sûre.

Figé
je vis la haine se précipiter
et l'arrogance déguerpir
je vis ce que subodoré
de la violence inscrite dans les gènes
de la Yougoslavie subordonnée
à ses massacres indigènes
ses sacrifices indigents.

Ô peuples de la Guerre
Ô peuple afghan
Ô peuple des Balkans
Ô boxeurs de Thaïlande et du Viet-Nam
Ô lutteurs éternels
Ô rochers de la pointe du Raz et du Vorlenn
Laissez au passé l'incarnation de son horreur
Les yeux dans les bocaux qui hantaient Pavelic
Le formol et le faire Mal aparte
puisque tout est « Kaputt »
laissez l'âme au sandwich
et la chair aux jeunes filles en fleur.

Ouaté notre monde.
Doigté notre immonde.
Et soudain la mémoire en moi de cette violence
de ce qui ressemble au monstre de Srebrenica
- plus jamais ça –
aux oustachis qui préparèrent l'épuration ethnique
aux massacres de Vrgin-Most
- plus ou moins vierges –
à notre égalité devant l'horreur
au peuple allemand qui n'est pas moins non-coupable
que le peuple français
que le peuple croate
que le peuple serbe
ni que le peuple turc.

Je n'ai jamais su si le petit homme saigna le grand black qu'il poursuivit dans les escalators
mais j'ai su qu'il ne fallait plus se fier aux apparences.

J'ai compris que l'on était peu de chose au regard de la brutalité du mouvement du monde.
J'ai compris qu'il fallait observer.
Et protéger ceux que l'on aime.

lundi 5 mars 2012

A Dame en tain




Miss, à vous parler vrai, mon état d'âme est triste,
si tant est que givré, j'ai surmonté cristaux,
et que j'ai balancé chapelets d'antéchrists
sous l’appât cadencé d'une perle entrée tôt.

Sur la rivière, épure où sont les arrondis
de ce reptile impur que les arts ont forgé
et qui vous sert de corps comme écrin pour rubis,
j'ai serti mon décor en d'amandes dragées :

J'ai cherché l'émeraude et les aigues-marines
dans les mues où je rode et les reflets d'iris,
chez la muse assouvie que mon cœur amarine.

Chez la serpente envie – belle-soeur d'Apophis –
je devine instamment ce qui me crie, hagard :
ce précieux qui nous ment mais dont on boit le regard.

mardi 28 février 2012

1992

Si loin de Bora-Bora, vingt ans dépecés,
j'ai croisé bord à bord avec les caravelles
de Colomb l'hérétique aux rêves insensés,
qui s'offrit l'Amérique en vache à lait qui vêle.

J'ai vu ces cinq cents ans aux gréements orgueilleux,
gonflés et séduisants d'un hoquet atlantique,
croiser mon bateau gris sous les cieux sourcilleux
d'un Abel amaigri par le cancer tropique.

J'ai croisé notre histoire en voiles déployées,
impudique et notoirement télescopique :
j'avais beau me pincer, j'avais beau m'employer,

le fruit de mes pensées était au point critique,
au point de non-retour où la mémoire émue
s'effondre à mon contour telle une peau de mue.

dimanche 19 février 2012

Le sommeil de l'Amen est loir

Sugar Sugar by Diving With Andy on Grooveshark


Ils me manquent parfois l'air doux, le vent d'Angers,
la procession de fois face à nos surdités,
ces sentiments qu'il faut que je revende en jets
de vers d'un vert qui faux, traduit leur nudité...

Sur la corne d'Aubance et l'aqueux mou Layon,
en joue feu ma bombance a mû d'où le corps niche,
et la mémoire aussi se retrouve en haillons,
tant ma pendule oscille entre deux hémistiches.

J'étais entre les mains d'un génie statuaire,
mais les après-demains sont privés en désir,
comme du séneçon le grain : le statut erre...

Des raisins ce ne sont pas des jus traits des ires,
mon passé - l'adipeux - crie : "chaud devant ! Danger !"
d'amours floues qu'en dits, peu me chaut de vendanger.