mercredi 6 septembre 2023

Coup de foudre





Quand une femme un homme ont envie de s'unir

il n'y a pas de force à pouvoir les contrer

la foudre s’abat sur deux arbres à punir


On pourrait s’étaler sur l’art à démontrer

mais rien n’est rationnel on ne peut prémunir

aucun d’entre nous jamais de se rencontrer


L'Amour est l'instant déchiré du Noir au Blanc

le moment fulgurant du passage improbable

où l'on vit sans gène où l'on ne fait plus semblant

le moment fugace où l'on trouve son semblable


Alors en fulgurés aux feuilles de fougères

aux figures de Lichtenberg ainsi tatouées

nous subsistons marqués par ce que l’on digère

un peu de sa décharge inouïe d’intensité

dimanche 3 septembre 2023

Sabre au clair

 





L'Amour au Mont-Saint-Michel un soir d'équinoxe

au moment du jusant lorsque la lune éclaire

une étendue d’eau mue de manière orthodoxe


On pourrait tout attendre et puis juste un éclair

un coup de foudre immense et menant à l’intox’

inonde infiniment nos esprits sabre au clair


Aimer c'est se projeter vers un avenir

et la brune aux yeux verts revient peupler mes rêves

on ne saura jamais ce qu’on peut devenir

et les jeux de l’amour ont aussi peu de trêves


Écrire écrire écrire afin de chasser tout

je veux nous inventer des destins merveilleux

tisser mon jeu de carte en gros c’est un atout

tant bien que je te fasse est l’ennemi du mieux

samedi 2 septembre 2023

La belle ingénue

 



Quand je repense aux vaines pensées à maudire

à ces postillons mêlés de morve et de glaires

il est difficile à présent de nous prédire


À cours de mots soudain j'ai tenté de te plaire

avec une assonance embrassée — c’est tout dire —

un baiser volé c'est l'escroquerie qu'on flaire


Il y a tant de vers et de rimes à taire

en gardant de tes yeux l'éclat qui m'a tranché

la veine littéraire et mon artère à terre

aujourd’hui que je ne peux avancer sans flancher


La nuit consomme en vain ma conscience égarée

qu'un volatile espoir emporte dans les nues

quoi qu'il en soit pourtant ma mémoire est carrée

colorée de rondeur à ma belle ingénue

vendredi 1 septembre 2023

Le bateau vivre

 



Soumis aux courants comme un voilier sans mâture

— le destin se décide à pile ou face aussi —

j’écrivais spontanément jamais sans ratures


Un peu de travers en récitant mes récits

la sensualité n'est qu'un échange immature

et la raconter bien souvent nous déprécie


Survivre est vivre mieux mais beaucoup plus longtemps

ne pas s’accrocher tel une abeille à son dard

à moins de finir éventré car en gros taon

l'amour imaginé c'est juste une œuvre d'art


Il te suce le sang c’est un buvard avide

et ta coque percée se verse à son calame

écrivons tant qu’on peut pour évacuer le vide

un désir est tombé dans les égouts de l'âme*


https://soundcloud.com/annaondu/le-bateau-vivre


jeudi 31 août 2023

L'art d'aimer



L'amour est toujours à deux touches de pinceau

de la vérité car aimer c'est faire un choix

de ce que la beauté produit dans nos cerveaux


Parfois le grand secret se trouve dans la voix

dans le chœur bien qu’ailleurs on souffre et peu me chaut

de l’alchimie cachée car il faut être soi


J'ai gardé de notre art une idée d'idéal

et pourtant si violent jamais un lien n'est rien

comme au marché du cœur on établit des halles

on confond l'attirance et l'amour aérien


Nos relations sont le produit d'un seul baiser

dont on crève en pleurant c’est vrai qu’on en a faim

qu’on voudrait qu’il perdure et même malaisé

le secret de l'amour est de s'en foutre enfin

samedi 26 août 2023

Décomposition musicale

 


De la nuit soviétique on sort en mort-vivant

la liberté se joue sur des rives d'espoir

et la russie sordide un marasme éprouvant


La russie c’est le mal aujourd’hui sans mémoire

oubliant l’écrivain par hasard écrivant

la russie ne m’est plus qu’un vulgaire assommoir


Et si tu m'as quitté jamais ressuscité

tristesse ô mon amie ne me laisse pas seul

l'amour en vrac est ma quittance de loyer

l’appartement de tes baisers c’est mon linceul


L'amour est une décomposition musicale

une braise indécente en l'âme incandescente

un temps mort un silence abstrus juste une escale

et la beauté de ton bleu regard en descente

dimanche 20 août 2023

Amazoniaque





La nuit se pose ici tranquillement sur les eaux peu profondes du lac

écrire est un privilège absolu permettant d'imaginer un monde un peu moins laid

j'essaierai toujours de trouver par mon écriture

un passage atteignant votre instinct.

Tandis que l’émotion s’exilait

je découvrais l’existence improbable

et néanmoins véridique

en Amazonie

de Camille Monfort

accusée de vampirisme

après sa mort

raconter est un isthme

entre le mensonge et la vérité

passer de la gamme à la tessiture

aller du Styx au Léthé

mentir au moins sur son sort

afin d’en trouver le paroxysme

et la longueur de l’intestin.

La beauté d'une femme est un lever de soleil après la nuit du célibat

la beauté des amours est souvent dans leur amour de la beauté

le ridicule ne tue pas, sinon je serais mort depuis longtemps…

Nous ne sommes pas des enfants mais des orphelins que le temps bouscule

que le modernisme émascule

et néanmoins, de temps en temps

nous cédons aux vapeurs d’ammoniaque

infestant nos lits et nos ébats...

Le "Theatro da Paz" était le centre de la vie culturelle amazoniaque

et sa cantatrice à la voix d’or

à la beauté sulfureuse

était française

et se nommait Camille Monfort.

En suscitant des désirs inavouables auprès des riches seigneurs de la région

la jalousie de leurs épouses en raison de son rayonnement

Camille était l’épicentre assumé des tremblements de nerfs.

Elle osait danser nue dans les rues de Belém...

Elle attendait probablement de lire un jour abstrait qu’on l’aime

en traînant dans ses robes en fourreaux sous la lune enceinte

au cœur obscurci de l’encre inutilisée.

Sa pâleur aux reflets sélénites

accusaient son aspect mortifère

— impossible de s’en défaire —

et les vapeurs affirmées de l’absinthe

ajoutaient des fantasmes imbéciles à la vision débonnaire

attendue d’une amante hématophage incidemment.

Dans les sangs mal analysés

comme dans les menstrues

se trouve un infondé :

la haine des femmes et des vues qui s’obstruent

poussant les mâles au bout du mal

et de la femme aile amputée comme un doigt

par une violence animale

empêchant de voler ce qu’elle lui doit

pourtant depuis cette abominable contagion.

Ce que la colère a

se retrouve en chaque humain dominateur

et la belle emportée par le choléra

garde un mystère au sujet de son inhumation :

se trouve-t-elle sous ses stèles ?

On dit parfois qu’elle a 154 ans

qu’elle est toujours aussi belle et qu’elle est abreuvée du sang des vierges et des puceaux d’Europe

en troquant contre un peu de leur sang

l’éternité qui convient à sa magnificence.

Il faut fabriquer de la légende afin de trouver du sens

et faire d’une sainte une salope

il faut faire de Camille une Estelle

et d’Estelle une femme et son humiliation.

Les poésies — celle que je lis, celle que j'écris — m'ont permis de survivre au chaos d'une vie déchiquetée

mais je reste hanté

par ce fantôme et sa beauté

par ce vampire amazoniaque au regard odieux que l’on n’a pu m’ôter.

mardi 15 août 2023

À l'orée



J'imagine un bel avenir en ton sourire

un bel été futur et quelques papillons

l’éclat de tes jolies dents dans quelques fous rires


On rêve et sans soucis nous nous éparpillons

dans des arcs-en ciel où j’aimerais bien mourir

ivre des trésors absolus que nous pillons


J'embrasse sur ta bouche une idée du Bonheur

en posant sur ton sein la main de notre espoir

on chassera la guerre on fera de l’honneur

une valeur usée rangée dans une armoire


Au petit jour venu j’en ferai mon labour

et peuplerai ton rêve à coups d'idées nouvelles

un vrai désir est à l'orée d’un grand amour

et des forêts de pensées en nous s'entremêlent

dimanche 6 août 2023

La nuit



La nuit prioritairement s'offre aux rêveurs

et dans ce ciel entrain les wagons sont bondés

de ces constellations dont on tait la saveur


Hors de tout nos passions vont à vagabonder

nous cherchons l’être aimé nous cherchons le Sauveur

en masse en perdition nous voulons abonder


La rencontre est le fruit de la confiance en nous

j'aimerais bien mieux parler d'amour que de bombes

et les masses pourtant s’enfuient comme les gnous

poussés par les odieux prédateurs à leurs tombes


Et cependant la nuit je repense à l’essence

on repasse son linge et quelques souvenirs

écrire est insensé mais nous mène au bon sens

et quelque fois probablement à l’avenir

vendredi 4 août 2023

Adorations



Le fruit de nos adorations croqué sans faim

le désir est un spectre hantant nos solitudes

avide et vide avant qu’il ne faiblisse enfin


Je pensais trop souvent à ma pauvre attitude

et dans le vent soufflant je me courbais sans fin

je n'avais pour orgueil au moins que gratitude


Entre nos mains le temps s'écoule imprudemment

je suis un papillon dont l'aile est perforée

le sable la traverse ainsi qu’un prude amant

passant de cœur en cœur infeste ces forêts


De nos adorations nous ne gardons en vrai

que les notions que nous leurs avons attribuées

que les effets des sentiments ayant œuvré

la pluie chasse à nouveau tous les soleils embués

mercredi 2 août 2023

La recherche



Rien ne sera plus jamais pareil à ce jour

imaginer le bien ne chasse pas le mal

et l’éclat n’est parfois qu’un curieux contre-jour


Il n’est parfois que sur ton sourire animal

en retournant ma langue en violent abat-jour

on pourrait deviner ta mâchoire anormale


L'amour est une interception du temps passé

j'ai beaucoup plus plu comme on pleut que comme on plaît

mais j’ai fini souvent par tes dents dépecé

tu m’avais appelé pour que je sois ta plaie


Je suis mort à présent de t’avoir aimé tôt

ce grain de beauté sombre où s’emmêlent les mouches

a criblé mon regard à grands coups de marteau

l'horizon de mes yeux s'est posé sur ta bouche

jeudi 27 juillet 2023

Mort d'un Dieu

 


Tous ces humains qui se voient au téléphone

oublient de se regarder les yeux dans les yeux

leur pauvre langue est sèche et leur regard aphone


Un rien mélancolique et d’un rien pernicieux

font de leur ressenti l’improbable interphone

un sentiment d'amour un objet facétieux


Le récit de tous les gens n'est fait que de mots

ces mots que je tricote et que je manipule

avec ma poésie dans de courtes démos

qui nous voient tout nus mais qui nous servent de pulls


Il n’y a pas de talent mais quelques ratures

un peu d’envie de sueur un peu d’encre à diluer

je remercie sans cesse un Dieu de l'écriture

ayant su me laisser la plume pour le tuer

mercredi 19 juillet 2023

Enclume

 


Fabriquer du rêve est devenu difficile

il paraît cependant que je forge les mots

pour une poésie la ficelle est facile


Il suffit de couver comme on cuit des émaux

ses pensées dans un four au marteau des faux-cils

aux clignements des yeux nous sommes animaux


Je regarde les cieux le lac au crépuscule

un puzzle agencé de morceaux en nuages

au soleil effondré que la lune émascule

on soustrait la lumière on détache un image


Un univers abstrait sous le vent de ma plume

envole un papillon de vers et quelques rimes

en ayant le grand poids d'où l'on bat son enclume

en ayant l’apparence allégée qui s’arrime

dimanche 9 juillet 2023

Métronome

 


Il faut savoir aimer bien quand on est un homme

en respectant tout autant le fond que les formes

en débâtant du cœur autant qu’un métronome


Il faut savoir aussi s’échapper de ces normes

abrutissant ce muscle en gonflant son sternum

un peu comme un ballon de son désir énorme


Il faut de la musique à toute relation

de l’harmonie du contrepoint quelques temps forts

et du temps faible un calme plat de la passion

pour édifier à notre histoire un contrefort


Avant que l’on s’effondre il faut la poésie

du vacarme affectif interne à endurer

toute attirance est un chemin que l'on choisit

l'amour est sans durée mais souvent sans durer

mardi 4 juillet 2023

Oubliance

 


À Victoria Amelina,


Je suis le triste héros de ma propre oubliance

entre la glace et le feu je suis morfondu

je ne suis que le fruit de cette pauvre alliance


Où les promesses d’union trop souvent font du

font l’iceberg où s’écrase une résilience

un titanique échec où l’âme est pourfendue


Quand on est à Bakhmut à deux doigts de mourir

entre les mains salies d’un boucher animal

on oublie qu’entre temps sous l’image à nourrir

on nous tue nos artistes on est au fond du Mal


Amelina Victoria morte en déjeunant

ta Poésie restera notre arche d’alliance

et dans les commandements de ce restaurant

je suis le triste héros de ma propre oubliance

dimanche 2 juillet 2023

Chien de fusil

 


J'ai rêvé d'une vie que je n'ai pas vécue

d'un avenir floral et d'un lierre étouffant

d'un passé dépecé mais qui nous troue le cul


J’ai rêvé d’un présent comme un petit enfant

le matin de Noël au pair et sans accus

sans pile et faisant face à ce qui s’en défend


De foi j'ai mis la vérité sous le tapis

j'entrelaçais les vers un peu comme un souffleur

essoufflé par un bout de chandelle et tant pis

je n’étais plus qu’un chien de fusil en ta fleur


Au fond d'un gouffre obscur on a la Poésie

garante à chaque fois d’une grande indécence

on lui doit le salut quand on est tout moisi

la constriction de l'âme est l'abandon du sens

dimanche 25 juin 2023

Fantasme

 


L'idée d'écrire est un fantasme universel

où l’on trouve à loisir à manger et à boire

où souvent le prétexte littéraire excelle


Une histoire amoureuse est un bateau-lavoir

une ancre délavée posée sous un missel

un espoir amoureux nous mène au désespoir


Écrire est la façon de fabriquer l’ailleurs

ou l’autre en fin de compte (on veut toujours changer

de posture ou d’amante — on voudrait la meilleure)

est un piège entrouvert et nous met en danger


Tout coule et tout s’enfuit comme un stylo percé

dans notre vie nous n'avançons qu'à coups de rames

à coups de boutoir inscrits qui prouvent assez

qu’on n'est bien souvent que d'horribles amalgames

lundi 19 juin 2023

Pensées



Souvent en écrivant je m'invente autrement

mon papillon de nuit s'ébat de tes paupières

et ma plume invasive à tes yeux m’est tourment


J’ai cumulé des vers en empilant des pierres

à la façon des murs entrelacés serments

que l’on prononce à la légère à la guêpière


On subit le désir en attendant l'amour

on aime bien les hauts mais les bas sont l’atout

la jarretelle inouïe qui m’est une tour

un homme n’est plus rien sans femme qui soit tout


Nos passions sont l'écho des idées passagères

on ne peut jamais tout abandonner je sais

ta beauté géniale est ma douce messagère

on n’écrit jamais rien qui ne soit nos pensées

samedi 3 juin 2023

La veille



L'amour est passager, c'est un grand voyageur

il erre assez souvent du côté de l’acmé

ce sentiment stérile en faisant sa gageure


Il est mal embouché mais aussi mal famé

le désir est truand le sentiment majeur

et la nuit ne s'étend que sur les affamés


Je veux trouver des mots qui bannissent la guerre

et des sonnets qui tranchent la gorge des ogres

un peu de son dans l’orge inouï de naguère

en tâches de rousseur en pluie du chant des orgues


Un peu de ta beauté que je ramasse en douce

un peu comme on ramasse un rêve à son réveil

avec un peu d’oublis mais l’envie qui nous pousse

à repenser le Monde autrement qu’on surveille

dimanche 28 mai 2023

Contradictions

 


Nous ne serions plus rien si nous comptions vraiment

sur les doigts défaits par les lignes de nos mains

sur un oracle idiomatique et qui nous ment


Nous aurions oublié le supplice inhumain

de ces moments où nous patientons vainement

dans la grande attente abstraite où l’on en nomme un


Qui deviendrais-je alors un prince un peu truand

la nuit n'appartient qu'aux voleurs assermentés

comme les nuits de Paris du temps de Bruant

peuplées de beautés qui nous avaient aimantés


L'envie de vivre est un poison récalcitrant

le citron récurrent de ma sombre addiction

l’acide absolument fait pour être un intrans

nous nous perdons au creux de nos contradictions

vendredi 26 mai 2023

À coups d'Poe

 


De chaque alexandrin parfait que je t'écris

je voudrais ressentir un écho désirable

et de ta musique un morceau fait de tes cris


La plume est alourdie l’envol est misérable

je rêvasse au corbeau puis soudain je m’écrie

mais qu’ai-je abandonné pour l’avoir sur le râble


Il me croasse à l’oreille et mon encre est noircie

je suis de ceux perdus que le Spleen envahit

mon âme est une éponge elle en est bien farcie

je t’aime et néanmoins tu m’as déjà trahi


Je suis dans la prison d’Oscar Wilde à Reading

et sous les quais de Dublin la Liffey s’écoule

un peu comme une larme et ta joue me rend dingue

Edgar Alan a dit ma maison qui s’écroule

mercredi 24 mai 2023

Plus ne m'est rien

 


Plus ne m'est rien mais le désir est incertain

c’est un enduit parti d’un très mauvais lavis

plus rien ne tient sur les volets de nos yeux teints


Mais dans les miens rougis dont on voudrait l’avis

je me raconte un peu des nuits jusqu’aux matins

nous écrivons pour boucher les trous de la vie


Le désir est une question de circonstances

ôté de toi je suis l'enfant de tes menstrues

l'amour commence avec la fin des espérances

et les afflux sanguins sont une grande crue


Chaque instant du passé se décline en image

on est son propre père on est son propre fils

on chevauche une vague écrasée sur la plage

aimer est bien par contre un jeu de sacrifices

mercredi 10 mai 2023

Fugace

 


La vie s'écoule en sentiments son bateau coule

un Rimmel une alarme une encre indélébile

un maquillage envahissant mais rien n’est cool


On rameute à grands cris les vauriens les débiles

un slogan m’a suffit ces deux mots qui roucoulent

à ton oreille en mes paroles malhabiles


Il est hasardeux de penser à l'avenir

alors que le présent n'est qu'un fœtus affreux

je n’ai maintenant plus personne à prévenir

il me reste en couleur un corbeau noir au freux


Ce charognard est mon image il se nourrit

d’un souvenir obsessionnel et qui m’agace

et tout s’oublie pourtant quand rien ne nous sourit

nos relations ne sont que des instants fugaces

samedi 6 mai 2023

Retour au front

 


La lumière en l'art en retirant l'abat-jour

a fermé la frontière à mon dernier baiser

la nuit n'est l'ennemie que de nos mauvais jours


En écrivant ces mots d’un stylo malaisé

je repense à la guerre envahissant toujours

il m’en cuira j’en garderai le cœur braisé


Créer c'est apprendre à s'oublier pour renaître

on prend au goutte à goutte un peu d'amour on meurt

on résiste on subsiste on se fond dans un être

et si l’âme est notre arme elle est mise à demeure


Alors une question lorsqu’on retourne au front

se pose à nous soldats qui figurons dans leurs rangs

ce qui compte est l'inspiration que nous offrons

la sensibilité s'exacerbe en pleurant

lundi 1 mai 2023

La trilogie du paradoxe à Paris

 



L'intristesse


On n'est pas vraiment triste en n'étant pas joyeux
mais la neutralité de nos tempéraments
nous intime au silence en étant sourcilleux

C'est la fatalité de ces vieux sentiments
qui nous guide à présent vers tant d'autres beaux cieux
qu'on se risque à s'avouer tous les maux qu'on se ment

L'intristesse est en nous comme un calme marin
de l'âme un pot-au-noir à repris possession
les nuages pesants pissant de leurs bas reins
sont les marques gravées de nos compromissions

Ne reste plus dès lors qu'un morceau de rancœur
un petit peu brisé par cette déception
qu'on retrouve en doutant des syndromes du cœur
et du verre abîmé d'une montre acception




Rançon


Nous trainons les miasmes de nos réminiscences
en chaque endroit d'où nos vies se sont relancées
souliers percés dont la chaussette est quintessence

On fait des ronds de jambe en vers et contre pieds
Cherchant un lieu d'aisance et même de naissance
et nous ne marchons pourtant que comme un crustacé

De travers et chemin faisant nous avançons
nous reculons aussi vers un passé meilleur
en reconvertissant notre âme en rançon
que le diable en profite à sa façon d'ailleurs

À chaque pas dévisse un flot d'incertitudes
et pourtant j'étais venu clarifier les choses
elles le sont du clairon d'une sale habitude
où s'abandonne une idée que maintenant j'ose




Au Colibri (suite et fin)


Juste avant l'orage éclatant soleil occis
je suis retourné m'asseoir au Colibri pour boire
un verre de Pouilly regardant les taxis

Sous l'ondée ruisselante en dégustant pour voir
à quel point le bon vin mène à l'ataraxie
Je me demandais si j'en avais le pouvoir

Songeant au paradoxe issu de ces moments
sachant qu'en sentiments je suis chasseur de prime
il me fallait vraiment rétablir un Roman
ma plume est le reflet de ce que l'âme exprime

Au Colibri j'ai vu l'éclaircie revenir
au temps d'un ver'de blanc posé sur la mémoire
et Proust et sa Mad'leine en place d'avenir
ont délavé de pluie les mots des vieux grimoires