dimanche 12 décembre 2021

Ma planète



Ma planète un beau jour a changé de prénom

tout ce qui tourne autour est dans son attraction

mes mots font farandole ou s'empressent sinon


Si je les additionne ils se font soustraction

mais si je les retire un être me dit non

dans son cœur il me faut rentrer par effraction


En comptant jusqu'à douze on récite en beauté

le monde et tout ce qui le peuple en l'égayant

l'alexandrin par terre a fleuri sans compter

pour un bouquet s'il se dit même en bégayant


Je compose alors un poème inespéré

j'ai tout bouquiné de ma vieille étagère

où sont tous ceux que j'aime et qui m'ont inspiré

ma vie n'est qu'un brin d'inspiration passagère

samedi 11 décembre 2021

Catacombes



J'ai perdu la beauté qui faisait mes vingt ans

je perds du temps parfois à me le rappeler

mais lutter contre l'âge est bien plus qu'éreintant


je me sens moins que rien quoi qu'un brin bien plus laid

plus personne n'écoute un refrain que j'entends

que chantait dans mon dos mon amour un instant


De ma fragilité j'ai bâti l'écriture

en cherchant à l'offrir à l'unique personne

en capacité de comprendre en tessiture

un peu comment dans leur seul écho mes mots sonnent


Un jour en visitant le trou des catacombes

où chacun trouvera dans un crâne un bon masque

avec un charme obscur inhérent à sa tombe

on pensera soudain : "que mon corps est bien flasque"

vendredi 10 décembre 2021

Intimités



Tout commence éperdument toujours à Paris

tout commence avec celle et perdue qui sourit

rien n'est plus beau qu'un sourire à la dérobée


La dernière apparue je restais bouche bée

ce qu'on aime est souvent dans ce qu'on répudie

mais c'était déjà promis c'était déjà dit


Ce qui s'écrit dans les méandres de la Seine

a la beauté de ces beautés qu'on met en scène

et leur tenir la main l'espace d'un instant

suspend la pièce et le rideau suspend le temps


Je ne parlerai plus de ces intimités

de baisers déposés ma mémoire est mitée

mon secret s'est caché dans les coffres des banques

en mon silence est l'écho des mots qui me manquent

lundi 6 décembre 2021

Au Colibri



À défaut de Concorde à Paris quand ça caille

assez loin du village où l'on parle en latin

qu'on pleur' comme une Mad'leine en attente d'amour

en attente d'un train faut marcher vers demain


Sale hasard Saint-Lazare est la gare du mien

de l'affreux tortillard où le pâle horizon

qui m'attend n'a de toi que la couleur des yeux

de la mer étendue jusqu'à perte de vue


Ce Paris des touristes où les dieux sont à l'Ouest

amortit la rupture avec un vieux quartier

ralentit de son fleuve un sanglot de blessure


Au café Colibri la soirée bat son plein

Pierre Rabhi c'est sa mort et je suis mort dans l'âme

il n'y a donc jamais que des coïncidences 

Sur les pas de Villon



Ce matin de Cluny j'ai longé la Sorbonne

et rejoint le « Luco » ce jardin merveilleux

que Marius et Cosette ont dans l'œuvre d'Hugo

fréquenté comme aussi dans « Roman » de Rimbaud


Puis l'ayant traversé direction Saint-Sulpice

et Saint-Germain-des-prés puis la rue Bonaparte

ayant franchi la Seine avec le pont des Arts

aux arcades du Louvre un abri s'est trouvé


Sur les pas de Villon je marche dans Paris

Les Tuil'ries s'ensoleillent et le quartier Latin

de l'autre côté du vieux fleuve est déjà loin


Tout s'éloigne en chemin le cœur du centre-ville

et l'avis du centre du cœur où tout se joue

la vie l'amour et l'avenir un peu de tout

Rue Saint-Honoré



La pluie claque à nouveau comme une déception

sur Paris que l'on quitte un peu comme une amante

et l'esprit de Noël a beau faire illusion

le vent froid cingle autant qu'on le fait en fouettant


Mais rien n'est négatif absolument non rien

ne peut gâcher l'éclat sur le pavé mouillé

de la ville-lumière aux feux multi-collés

de la fille aux yeux verts dont on a l'amitié


L'éclaircie tarde un peu mais je sais qu'elle viendra

je l'attends pour traîner au jardin des Tuil'ries

je l'attends pour marcher dans un rai de soleil


La rue Saint-Honoré là s'en est honorée

près du temple témoin pour l'instant que l'Histoire

oublie si près du Louvre un sonnet que j'écris

Rue des écoles



Je divague et des vagues de vagues véhicules

enveloppant mes pensées sur la rue des Écoles

image après image un vieux film apparaît

que je croyais dissout dans son celluloïd


En cette comédie dramatique éternelle

où le regard s'égare en croisement de l'autre

on joue souvent les didascalies dans les gestes

et le dialogue absent quand il est inutile


Un théâtre parisien vient d'ouvrir ses portes

à des yeux grand fermés sur un rêve avorté

qui cachait le réel à ses deux comédiens


Mais qu'importe après tout l'attribution des rôles

on se saoule en parole et les vers ont rongé

la partition sinistre où le temps s'arrêtait

Paris sous la pluie



Paris sous la pluie la cité s'imbibe en nous

Par le dos par les pieds parlons franc par l'alcool

Et le sourire enfin comme un arc-en-ciel

Esquisse une éclaircie sur les temps à venir


Les manteaux alourdis des souvenirs qu'on porte

Et de l'eau de ce soir aux bruines citadines

Ont lavé dans l'ondée ce qu'un passé comporte

Et Paris ce matin sera rempli d'espoirs


Le manque aura changé comme un mal assoupi

L'aube aura les couleurs d'une belle aquarelle

Aux reflets délavés des amours oubliées


Le passé nous importe afin de nous construire

Et non d'y rechercher le demain ni l'ailleurs

Où l'on trouve un beau jour un vrai goût pour la vie

mardi 30 novembre 2021

Métallo



Le poème est dans la nuit l'écrit de vers luisant

les désirs affichés s'accroch't'aux port'manteaux

le reste est balancé par tous les médisants


Pendu patibulaire à la bouche aussitôt

je l'écris tous les jours et l'écrit l'épuisant

je l'oppresse en pressant tout son jus ses métaux


Cette société ne m'a pas réussi

refusant probablement de m'y plier

chacun sait que quand cela se passe ainsi

c'est que la tyrannie s'impose à t'oublier


La Poésie n'est pas dans le style ou la rime

elle est dans le regard au Monde et sa façon

mais ne peut se passer de ces mots qu'elle imprime

avec un rythme avec un cœur avec un son

dimanche 28 novembre 2021

Atavisme



L'image est à l'idée ce que la lettre est au mot

j'en ai vraiment tant d'eux dans ma tête oppressés

qu'en s'y précipitant ils se changent en maux


La femme est l'avenir et l'homme est dépassé

son reflet m'apparaît je me veux son gémeau

tous les serments du monde ont le goût d'un baiser


Quand la nuit tisse à la façon d'une araignée

la toile où le reflet de son art est perdu

que penser des canons de beauté qui régnaient

que penser dans ce flot d'un amour éperdu ?


Nous subissons des traumatismes parentaux

tout en ayant la capacité de les transmettre

en nous cet engrenage (et ses effets létaux)

parvient à tout plier parvient à nous soumettre

samedi 27 novembre 2021

L'alphabet



À chaque féminine on a fait l'excision

la rime est la victime en France on l'a glacée

le nœud de mon problème est dans l'indécision


Ces circonvolutions de lacets m'ont lassé

la nuit qui tombe est un rideau d'imprécisions

je suis l'eau du puits noir où la vie m'a placé


La pluie serpentiforme affublant de ses maux

les détours de mon verbe et toutes ses tournures

a châtié dans nos rangs le vrai poids de nos mots

dont l'oubli de l'essence est sans rien moins qu'ils n'eurent


Un de ces jours on rêve à pondre un texte en vers

illustrant la beauté qui nous poursuit sans cesse

et qu'aimeraient tous ceux nous lisant à l'envers

en disant l'alphabet qu'on tait à nos princesses

dimanche 14 novembre 2021

Belle illusion



Les notes de la pluie tombent en musique

et je te démaquille en t'aimant à leur rythme

un lambeau de bonheur à mon poumon phtysique


Égrainant de vains mots la parole à leur hymne

un regard insistant s'accroche à ton physique

à ta belle âme aussi qui me sert d'algorithme


Il y a sur tes dents ce beau fruit de saison

la bouche est un outil et le baiser son geste

en coulant la salive en est le doux poison

qui peut être gentil ou peut être indigeste


Avec un vrai besoin de te voir encensée

j'arrive à faire durer l'illusion de l'amant

puis celle inattendue d'un espoir insensé

mais n'y croyant pourtant plus véritablement

vendredi 5 novembre 2021

Verbe at time



Tout se pense en rêvant d'un rivage impossible

en nageant dans le bain révélateur enfin

de l'accomplissement d'un destin pris pour cible


En rêvant de demain comme on pense un parfum

l'odorat bienveillant le regard impassible

et la plume avisée de ses passions sans faim


Quand la Poésie me manque il me faut en écrire

et j'ai de l'encre rouge à chacun des baisers

que délivrent son cœur et son joli sourire

on ne vit que pour plaire en étant apaisé


De l'image insufflée de l'amour attendu

j'attends beaucoup plus qu'un déjeuner sur l'herbe

et si cet amour en herbe en est éperdu

c'est que ma belle amour est posée sur mon verbe

jeudi 4 novembre 2021

Crapaud



Ton regard était beau ton sourire est splendide

et rien ne vaut les mots qui leur sont associés

qu'on écrit de passion quoi qu'on joue les Candide


Alors on croit qu'aimer bien c'est se dissocier

du désir imbécile et des pulsions sordides

en gardant la beauté qu'à sa face on assied


Ce soir est sans parole et sans inspiration

néanmoins je soumets au champ que le fragile

instinct de nos désirs ouvre à l'exploration

ce portrait rédigé d'une écriture agile


Écrire écrire écrire et se rêver un autre

étouffé du talent qui là nous fuit sans cesse

un truc adolescent qui n'était pas le nôtre

et qu'on poursuit pourtant en crapaud des princesses


https://soundcloud.com/annaondu/crapaud?si=341b7b2b560b4a79bd5538c8bf99093b

samedi 30 octobre 2021

Fond de tain



L'âtre est l'attrait de l'être et son feu nous consume

un miroir est tendu qui nous dit la façon

du regard à porter sur les traits qu'on assume


Un fruit d'amour est comestible à mi-cuisson

dans le four où frémit le don que nous reçûmes

à l'origine où gît l'envie dont nous bruissons


Le plus beau des regards inévitablement

recèle un des poisons qui nous attire à fond

dans le gouffre où l'on sombre emplit de tremblements

le bleu nuit à l'envi des baisers qu'on confond


De la plus belle amante on peut parler sans fin

mais sans faim sans couleur on parle aussi du monde

et tout se fond déteint comme on fleure un parfum

tout ce fond se dilue la passion vagabonde

lundi 25 octobre 2021

La carte du tendre



J'ai défriché les voies de la carte du tendre

et tous ses mouvements que nous paralysons

tant je t'ai désirée sans plus rien n'en attendre


Aucun des sentiments que nous fertilisons

n'est un plant immature où nous voulons nous pendre

un accident caché de ce que nous lisons


Nonchalamment tu m'as dicté tes fantasmes

en me laissant penser que j'étais ton Adam

mais là je suis un marathonien bourré d'asthme

et de l'Eve à l'épreuve il me reste les dents


Le temps se détresse à la façon des cheveux

de ma belle héroïne en sa déperdition

j'ai gardé la beauté d'ineffables aveux

mais l'horreur assumée de mes contradictions

vendredi 22 octobre 2021

Minotaure





La passion, c'est la patience et le verbe avec

un sermon ne suffit pas à convertir un mot

je ne suis pas le Pape et pas même un évêque


Et pourtant je compose à coups de chalumeau

les bleues tauromachies qui mènent à l'échec

aux déceptions bénies des adieux animaux


L'enfermement contraint nous pousse à partager

ce secret bien gardé dont je connais la faille

en quelques contournements ma vie peut changer

pour aller au destin qui fuit de ton entaille


Il est bon de se perdre au sein du labyrinthe

imaginer ton ventre ainsi qu'un beau parcours

où l'on vient te chercher sans espoir et sans crainte

où la case à la fin c'est l'idée de l'amour


https://soundcloud.com/annaondu/minotaure?si=9120efec267c4128b9ef9a6d95fba68f


dimanche 17 octobre 2021

Le chemin des Dames



Ballade des pendus la Chanson de Craonne

est entrée d'un seul tenant dans l'imaginaire

où le poète est blessé balbutie puis crayonne


Où les éclats d'obus touchant Apollinaire

ont le parfum du soufre et du diable en personne

où le capitalisme est enfin tortionnaire


En noyant dans l'écrit — si tant est que j'en crève —

un soupçon délicat de l'amour éperdu

nous ruinons aisément dans d'impossibles rêves

un capital image où la nôtre est perdue


Nous étions isolés aux confins des mondes

espérant sans limite une étoile nouvelle

et ton sourire immense emplissait vagabonde

une idée que j'avais que ta beauté nivelle

vendredi 8 octobre 2021

Tatiana



De ma nuit fruit du jour on trace de limace

être aimé c'est souvent s'oublier dans l'envie

Tatiana me raconte en Russ' ce qui l'harasse


Survivre est un projet qui se fout de la vie

survivre est un principe un destin que j'embrasse

en t'enlassant Tatiana l'Eiger est gravi


Je me voudrais punk — et me dégueule en toussant —

mais d'un déguisement dont je me départisse

animé d'un dessein qui cartonne en passant

la bande entière afin que la joie me tapisse


Au mur au Réaumur aux fesses en métro

mise en bière avinée divin enfantillage

il pleut com' vach' qui pisse et tu n'es pas de trop

dessous l'averse ensemble on fait de beaux voyages

mercredi 6 octobre 2021

Aux fils d'Ariane



J'apprécie ta mouvance assez résolument

ta lambada ressemble à mon ballet d'autiste

et je te dis le vrai je te mens en t'aimant


Je m'intéresse à l'œuvre et pas au cul d'l'artiste

écrire est ma façon de t'aimer chastement 

rien ne me plaît plus que ton regard améthyste


Il possède un reflet sulfureux qui m'éclaire

au sujet de la guerre infinies positions

les tranchées du Poème ont castré tous les vers

on s'aimera plus tard après l'hésitation


Dans le couloir étroit de l'esprit nous creusons

le tunnel essentiel au goût de l'existence

et la voie compliquée qui mène à l'horizon

labyrinthe et beauté guidés par ta prestance

vendredi 1 octobre 2021

La bombe anatomique



Je cherche en ta beauté l'éclat dissimulé

l'obus dessin la courbe à laquelle on se fie

le désir à la fin qui n'est pas simulé


Pardon d'être idiot ta vision me pétrifie

par instants médusé je ne suis qu'un mulet

l'être hybride et stérile un amant déconfit


Je prie dans mon rêve afin que tu me retiennes

heureux celui qui pose insouciamment sa bouche

aux replis délicieux et charnus de la tienne

heureux celui qui dessus ta lèvre est la mouche


En toute anatomie l'explosion n'est à peine

en vrai qu'un simulacre où l'on voit toute nue

la vérité qui dit la jolie bombe humaine

où le poids du désir est dans la retenue

mercredi 29 septembre 2021

Mélancolie



Ma solitude est dans la confusion des temps

l'amour est volatile et le cœur un oiseau

l'éternité ne dure en effet qu'un instant


Comme vous je me souviens la nuit d'un museau

que le mien musardait les beaux jours d'un printemps

mais l'horaire — ah l'horreur ! — a perdu ses fuseaux


Nous meurtrissons d'angoisse un portrait de nous-mêmes

allant dans nos passés chercher la nostalgie

des baisers égarés dans les tristes « je m'aime »

et de nos grands gâchis dans de vraies névralgies


J'écris quoique je crois que l'écrit soit souvent

le remède et la drogue à ma mélancolie

mais j'écris dans ma tête et les idées au vent

j'emporte une encre ombrée jusqu'au fond de mon lit

mercredi 22 septembre 2021

Bossa-nova



Il y a dans l'objet le récit de nos vies

le croûton de ce pain qui ne fait que moisir

à l'endroit délaissé d'où plus rien ne sévit


Tout se résume en mots quand plus rien n'est à dire

et pourtant de ma phrase incessamment dévie

le sommeil et sa porte ouverte à nos désirs


Or, en ayant assez d'ânonner l'algorithme

assez de survivre et changer d'identité

dans le vol d'un oiseau j'ai trouvé le bon rythme

aimer c'est tout donner en toute gratuité


J'évite ainsi les sentiments surnuméraires

et la vie ce roman qui s'écrit en journal

l'Amour est donc un bon prétexte littéraire

et la Bossa-nova sa bande originale

samedi 11 septembre 2021

Temps après temps



Mes désirs sont  neufs et j'en apporte la preuve

en bousillant ma vie s'ils étaient épuisés

j'ai déroulé ma bosse où qu'il vente où qu'il pleuve


L'inconnue dont je rêve a déjà mes baisers

qui lui sont garantis, la caresse d'un fleuve

afin de se sentir à mon corps apaisée


L'infinitésimal est la mesure exacte

où tous les battements de son cœur amoureux

créent de mon vaudeville une pièce en trois actes

où son sourire éclate et me rend bienheureux


Je vais rouler vers l'avenir et le passé

rouler vers un présent qui les a confondus

lorsque le temps s'arrête en un endroit pressé

c'est que ce temps défile en s'étant morfondu

samedi 4 septembre 2021

La page



C'est le projet qui fait dans la vie son essence

à force de s'aimer les cœurs s'usent et s'abusent

et j'ai survécu dix-sept ans dans son absence


Or enfin comme un jour on retrouve sa muse

on rejoint le rivage où tout matin commence

et s'il est sans retour alors on s'en amuse


Un chemin s'ouvre à nous même étant imprécis

rien de pire à venir alors yes on s'en prie

j'ignorais tout de l'âme — et de son sexe aussi —

la pression de la lame a fendu mon esprit


Lorsque nous nous aimions nous ne le savions pas

le désir évanoui nous l'avons su plus tard 

à chaque instant perdu l'on revient sur ses pas

l'ardoise est morte en l'oubliant sur un comptoir