jeudi 11 mars 2021

Brantôme


 

 

Sur un chemin pentu l'aventure amoureuse
est le grand dérapage assumé de nos vies
sans qu'importe au final une fin bienheureuse
en notre trajectoire à trop vivre on dévie

Médusé par mon sort imprévisible et laid
j'étais le naufragé d'un radeau de famille
échoué sur un banc public en statuts j'emmêlais
l'Amour et mon art et la passion qui fourmille

Et si c'est par hasard et que c'est par agrafe
adossée j'ai signé tant ma fièvre est maligne
et si c'est parapluie c'est que c'est un paraphe

Oraison de tous ces corps qui s'offrent en ligne
à raison de l'idée qu'on se fait d'un grand homme
en rivière on rêvait l'abbaye de Brantôme

dimanche 28 février 2021

Bergerac

 


 

Quand la statue de Cyrano me rit au nez,
je ne pris ombrage en fait que de sa stature,
en Bergerac où ses maisons encorbellées
m'ont laissé juste une heure à leur villégiature.

Et la rivière écoule un peu de ce bon vin
qu'on vide en se lâchant parfois d'un Pécharmant,
d'un triste sire anneau, l'aîné s'est cru devin,
mais de ses crues le fleuve est bien le vil amant.

Le Sud est seul et maître et le soleil arrive
avé l'accent qui cogne aux cadets de Gascogne
avé l'art oratoire enjambant l'autre rive.

On est bien né dans le berceau de la Dordogne
et peu que passé le pont sur la berge on raque,
il vaudrait mieux cracher que renier Bergerac.

Lusignan


 

 

Si j'ai cherché sa trace aux confins de l'Histoire,
aux confins d'un Poitou plus que mystérieux,
c'est pour offrir à la page un saut périlleux
qu'en poème on traduit par ses vers transitoires.

Anguipède à l'envi, Mélusine en bouquet,
ma fleur de la beauté tatoue son cœur au mien,
j'ai la fée serpentine et ses rois arméniens
pour emblème au blason de mon amour à quai.

Le voyage a repris, je m'en vais vers la mer
et pourtant ce matin je m'arrête en ces lieux
visités par deux fois, c'est ma voie du milieu.

Mélusine a pour moi le parfum des fées mères
et Lusignan me berce au hasard de la route,
aux hasards édifiants ces cités qui déroutent.

Saint-Pierre-des-corps

 

Ce qu'il reste en mémoire et que Saint Pierre décore
- autant de paradis perdus pareils aux clefs -
n'est plus dans notre esprit qu'un douteux Paraclet,
que cet air oublié fait de quelques accords.

Incidemment l'otage en ces mornes instants
d'un nœud ferroviaire imitant Karimskoïé
je me repêchais à la façon d'un noyé
dans les anneaux fluviaux d'un lieu déconcertant.

Quand le présent ressemble à la page arrachée,
quand la Loire à chercher telle une intraveineuse
offre en repentance un reflet d'une Eve haineuse,

On rêve alors à Loreleï et son rocher,
fantasme inhérent à de si semblants décors,
aux amours écoulées depuis Saint-Pierre-des-corps.

Périgueux

 

Badin, je poserai des lettres sur ta peau,
tatouant ta toux en postillons de poème
et démasquant ta bouche en baissant le drapeau
brandit par le tison des feux que mes mots aiment.

J'épancherai décent ta sournoise impudeur
qui se relève empire au moindre de mes sens,
épellerai jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'heures
à compter au cadran de notre incandescence.

Alors, effervescents, remuant Ciel et Terre,
en baisers comprimés je boirai ton parfum
tout encore embrumé des vapeurs de l'éther.

Et sonnant l'aube effroi, de la nuit c'est la fin,
la bâtisse encor belle : on rêve à Périgueux ;
qu'on est beau quand on aime et que l'on périt gueux.

samedi 30 janvier 2021

Marasme

 

J'écris volontiers dans le vide
en sachant que ce vide aimant
me conduit vers l'âme impavide
et le refus de mes serments

Je n'ai qu'un objectif en fait
c'est d'être ici faiseur d'émo-
tions pour qu'en toi ma jolie fée
ta baguette m'agite en mots

Lorsque tout mon écrit déferle
alors je suis la main sur toi
posée sur ton sein sur ta perle
ourlée d'une bague à ton doigt

Tous nos papillons d'écriture
ont du mal à se transformer
ce sont des mots doux des mots durs
amants qu'on disperse à jamais

Petits dominos d'ADN
on n'est donné que de données
dont des dominants doux des haines
ont damné des abandonnés

Je vis à vie le cours d'un ru
couler lorsque ce n'est pas d'or
est la cour qu'un roi met à nu
moins que roucouler au dehors

Et dans l'écroulement des murs
assaillis par le doute aigri
j'ai ta couleur et ton murmure
au cœur d'un monde en noir et gris

Nous oscillons dans le silence
et selon des sillons qu'on lance
un microsillon qu'on balance
et dont on fait la purulence

samedi 23 janvier 2021

Claire obscure

 

J'aimais lisser tout en caressant tes cheveux
car là j'ai recueilli ta beauté m'obsédant
brunie par le parfum grisant de nos aveux

Le baiser qu'on donne est le baiser qu'on attend
je ne suis qu'un puits d'encre abreuvé par ton feu
la nuit noire est un masque à l'amour éclatant

Dans ta pulpe de sens est un jeu de désir
où ta main stratégie dirigeant le hasard
est un jeu de désordre où j'attends ton plaisir
où j'attends de cueillir une fleur de blizzard

Or ce qui tombe ouvre ta bouche ô ma chérie
j'aime lisser ta lèvre en y passant mon doigt
ton sourire en soleil est une orfèvrerie
mon regard épanoui dans son ombre est sur toi

samedi 16 janvier 2021

Dans les codes

 

C'est à Paris qu'on appareille apparemment
le Quai de la Rapée qui s'émiette en Gruyère
est au trou de mémoire un pertinent pans'ment

Quand l'entrée du métro se montrait sur ta bouche
aujourd'hui ne reste plus rien des jeux d'hier
le coronavirus et puis les bateaux mouchent

En marchant sans papiers sur les quais du lundi
Nôtre-Dame à genoux prie d'yeux laisser-passer
de ma belle amour morte auprès du cherch'Midi
Grégoire est devenu l'abbé des trépassés

Si la conciergerie l'île est citée d'abord
et cécité nécessité m'y hasarder
quant à la promenade on est tombé d'accord
alors Paris m'est un poème à décoder

vendredi 8 janvier 2021

Promesse d'un message

 

Si l'amour est un baiser si vite oublié
c'est qu'un cœur est mortel autant qu'une promesse
autant que ces aveux que l'on fait à confesse

En m'y noyant par des papiers partout pliés
toutes ces petites choses bleues que je sème
en vérité ce sont des ferments de poèmes

Ils feront ton portrait dans un bain de couleurs
et par comparaisons décriront ta beauté
ta grappe d'hérésie ces fruits qui sont les leurs
et pour la Poésie je suis un chat-botté

Pour en tirer de l'encre il faut bien qu'en la treille
on la traie durcissant le propos qu'on professe
en sous-lieux cette alliée s'est saoulée sans pareille
en ce serment devine où s'écrit la promesse

jeudi 31 décembre 2020

Bon rêve ayons

 

Bon rêve ayons pour des lendemains qui t'enchantent
et pour des papillons qu'on démasque haut les cœurs
en oubliant la pandémie vile et méchante

Il faudra n'enterrer que les corps pas les mots
pas les morts essoufflés dont on fit la liqueur
en oubliant les liens qu'on sculpte au chalumeau

Le bruit s'entend des pas dont nous traînons les rôles
en étant sous la pluie des moments dégoûtés
mais que nous trépanons d'un cerveau sans mémoire
où les sentiments se sont trouvés déboutés

Je suis l'atome atone égrenant tes paroles
attentif à l'accent dont je sais l'entonnoir
et dont j'aime aussi bien l'ironie le cynisme
un rêve ayons dans un salvateur égoïsme

lundi 28 décembre 2020

Roxane


Je suis mort sur le chemin de la destinée
qui serpente entre tes reins comme une frontière
étant morsure et venin ton sang m'est inné

L'amour improbable est une ondée passagère
et certains contre lui déploient un parapluie
qui ne cache rien de ta beauté véligère

On t'appelle Roxane et ton cœur est celui
qu'alexandrins les grands de fantasmes nourrissent
alors qu'ils ne sont qu'un hymen en gestation
dans un ventre imagé que les années pourrissent

Et pourquoi Cyrano ? LA REPRÉSENTATION !
Nous sommes des poupées dans une maison close
et notre scène à nous, moins la prostitution
c'est de pondre en parlant la plus jolie des choses

dimanche 27 décembre 2020

L'écho du ciel

 

Parfois nous sommes inconscients
de notre attirance absolue
le temps de nos mœurs dissolues
filtre assez bien le subconscient

J'habite un endroit tempétueux
tout aux confins de notre monde
un endroit qu'aux vents impétueux
convie ma destinée féconde

Ermite un jour et barde nuit
j'ai nostalgié ces mélodies
confiées par les dieux de l'ennui
sans doutes aux bretons « Meuleudi »

J'ai pleuré des sons de piano
qui fendait l'âme au bois des luttes
et j'ai foré comme un anneau
l'aubier qu'un cœur électrocute

Enfin soucieux de t'entrevoir
enfin l'état d'être amoureux
— l'état totalitaire « avoir » —
usurpera l'idée d'heureux

Tout l'or que j'ai dans le regard
est le filon de tes cheveux
Mon ciel aussi sans crier gare
est dans la couleur de ces yeux

L'écho du ciel en tes mirettes
est donc un concerto pour harpe
et vers le Nord où Yeats s'arrête
en verset je tisse une écharpe

vendredi 18 décembre 2020

Femme univers

 

Je recherchais en toi la destinée fatale
le chemin que poursuit ma quête incontinente
au sein d'un interstice intercontinental

En ton monde infini dont la sphère aliénante
étirait dans l'instant mon espace vital
une étreinte assurait ma faillite imminente

En quelques tremblements qu'on enterre en des lits
j'ai volé dans des cieux dépourvus de verrous
de l'espèce en danger jusqu'en Terre Adélie
qu'en bon bandit manchot j'ai perdu « c'est vers ou ? »

C'est vers toi vois-tu que s'évertuent ces vertus
qu'on visse au crucifix de l'amour exclusif
et que ton univers — au moins t'en sers-tu ? —
sertit sa chaîne aux pieds d'un poème allusif

samedi 12 décembre 2020

La fonte déglace

 

Que serais-je et saurais-je en n'étant que vacant
si je ne sais de moi que des bribes d'émoi ?
Tout glacier qui s'effondre est un père abdiquant

Quand on fond que sait-on des névés qui larmoient ?
Dans le cycle de l'eau d'un dernier mohican
les fleuves de larme ont une source et c'est moi

Je tombe alors en pluie sur un saule pleureur
et mon chapeau de bras sur ton cou délicat
remet à la bonne heure un cœur en mal d'horreurs
et de la Poésie ta langue en reliquat

Je pépite en ta peau la rousseur attendue
pourléchant de ton sel une épice affadie
poursuivant d'arc en ciel l'écriture invaincue
la saveur ineffable où mon verbe est acquis

lundi 7 décembre 2020

Iroise

 

Je plonge en ton regard et dans son vert Iroise
immergeant mon désir au plus profond de toi
noyant mon âme usée que l'eau salée nettoie

Balançant des marées quand ces regards se croisent
on entend d'eux bruisser la mélodie des vagues
et l'écho de l'amour où la raison divague

À chaque épanchement tes sentiments m'inondent
à chacun ses récits dont les vents vagabondent
et dont les passagers fabricants de nos rêves
ont pris de notre espace un peu de ceux des grèves

Un embrun de liqueur extraite à tes beaux yeux
sans racine où l'absinthe amarine un reflet
s'est posé sur ma lèvre et son goût giroflée
m'intoxique agrément d'un navire audacieux

https://soundcloud.com/annaondu/iroise

samedi 28 novembre 2020

La ballade infidèle au sens

 

Dans les sous-bois bellifontains
le vert est bleu comme en breton
les ors et la belle y font teint
les deux trésors y font bon ton

Je vous trouvais incroyableue
mais vous étiez insensibleue
votre ligne des Vosges bleue
pareille à celle de vos yeux

Dressait des regards barbelés
face aux assauts que vers dégrisent
en uniforme Alma bleuet
d'un Mirabeau dans l'aube grise

Ainsi, restaient front dégarni
nécessité mes cécités
Mais sans citer de ce vernis
L'apprêt fait de mendicité

Ne vous en voulez pas d'aimer
tant va l'amour aux trahisons
qu'une âme amoureuse à damner
n'est qu'un trait mou sur la raison

Si sans emploi je suis en pluie
sans appui je ploie j'ai déplu
sans aplomb mon fil est rompu
je suis l'ouvrier sans son puits

Je ne suis qu'une pluie de feu
dans ton giron tout aquatique
et moi sans toi rien ne le veut
je ne suis qu'un anti-sceptique

Et je te veux sans vouvoiement
sans même une masturbation
l'essai n'est à l'écriture (on ment)
qu'un prétexte à sa transformation

Je te veux nue dans mon poème
offerte à tous mes paravents
la liberté n'est qu'un phonème
on la brade un peu trop souvent

La nuit de moi s'est désaisie
dans la blancheur de l'innocence
où l'on conduit à l'hérésie
le rêveur infidèle au sens

samedi 21 novembre 2020

Algérienne

 

Je revenais en pluie dans ta mémoire acqueuse
et mouillais mes pinceaux d'un clignement de cils
attendu de tes yeux comme on marque un essai

L'encre est un sang qui coule irriguant laiteuse
une presse avide et sa justice imbécile
es-tu le papillon de la mue que j'essaie ?

La lumière éperdue sur le grain de ta peau
révèle en pellicule un fantasme ébloui
par un bleu qui rougit quand on berne un drapeau
par un regard en bouche et sa trace évanouie

Nous étions bien planqués là de l'autre côté
De l'autre côté las de Méditerranée
Dix ans durant de cet aveuglement bourgeois
La décennie noire est à notre œil un non-choix

lundi 16 novembre 2020

Hermine

 

 

Ta beauté coule en moi viscosité d'un miel
et se fond au palais tout aussi lentement
dont la pièce a la face enrobée d'arc-en-ciel

Est-ce un premier hymen à la robe de sang
crois-moi mon bel amour est un long puits sans fond
dans lequel abonde une musique sans fin

Ce monde m'a meurtri d'éclats de Poésie
tant il s'était poudré sans fard abandonné
sans phare à surveiller dont la sourde amnésie
m'amène à faire un tri dans l'ombre des données

J'ai la plume bretonne et l'hermine irritée
j'ai l'histoire en otage et j'ai le sang bouillant
je suis un celte impur au cerveau résistant
pleurant ce que les pluies ont omis de mouiller

 

https://soundcloud.com/annaondu/hermine

dimanche 8 novembre 2020

Elle était de celles

 

Le soleil arrosait le balcon de mes vœux
(ramper en paix par un parapet rend peureux)
tandis qu'en se laissant aller à la paresse

— Était-ce la peau tendue de la poétesse ? —
elle étalait le parchemin de mes non-dits
du verbe en gestation d'un poème assourdi

J'aimerais dire un jour à l'écho de ma vie :
"me voici ton reflet je suis rien tu es belle"
et dans les clapotis de mon amour pour Elle
entendre un pépiement ludique inassouvi

Le soleil arrosait son visage en laissant
des éclats mordorés dont la rouille et le sel
éclairaient d'un grand feu les yeux opalescents
qui cherchaient à dénouer mes intimes ficelles

mercredi 28 octobre 2020

Daumesnil

 

J'essayais d'accrocher son bleu regard au mur
imperméable et froid de mes nuits cinéphiles
afin de n'en garder que la bobine et le fil

Et le film ainsi mu et la pièce ainsi tue
martelaient le beau rôle à l'actrice in situ
le choix moi me restait : la corde ou le bromure

On peut rêver de cieux peinturlurés d'azur
et pourtant rien ne vaut ce regard inédit
que tu me tendais comme une tasse en brisure
Oh non ! l'acquis n'est rien à ce que l'inné dit

Tout ce que le puits sans fond d'un amour éteint
fut à la volonté de vivre absolument
se trouve à la façon d'un service en étain
dans le volcan figé d'un ménage en tourment

 

mardi 13 octobre 2020

Brindille

 

J'épuise en vain ma mélodie
dans la clarté de ton regard
et sur ta lèvre en prosodie
l'entrain qui n'a su crier gare

Il reste de mon corps de rude
une corde raide et vocale
un sanglot dolent qui s'exsude
et qui se récolte en bocal

Un aquarium en aquarelle
en m'embrassant — crapaud martien —
ta bouche est un cœur et pour elle
on arracherait bien le sien

J'ai léché sur ta peau salée
les tâches de son silencieuses
et bu lentement de son lait
l'or et les pépites précieuses

À présent qu'il faut nous quitter
que tout élément du décor
au prix de notre identité
s'arrache à nos maillots de corps

Et qu'à celui des jolies filles
— au tien qu'à deux nous connaîtrons —
s'attache un lien sur les brindilles
en croyant que ce sont des troncs

samedi 10 octobre 2020

Pour Toi

 

 

J'arroserai de verbe un parterre en partant
pour te plaire emportant mes plus belles grimaces
et les deux mots d'amour que conserve le temps

J'araserai d'un trait les bleues fumigations
d'un cadavre embaumant l'écrit par contumace
où tout auteur absent s'encense et sans sanction

Chaque nuit me semble une absolue catharsis
et chaque rêve étrangle une vie mal apprise
à te chercher sans cesse au reflet des narcisses
et des printemps dénués des serments que l'on brise

Or bruissons doucement dans le feuillage ouvert
afin de grandir en paix sous les frondaisons
de notre arbrisseau généalogique offert
entre une ronce et l'objet de nos déraisons

mercredi 30 septembre 2020

Perle à rebours

 

 

Lorsqu'en t'écrivant l'encre afflue je sais qu'il pleut
qu'on pourra me maudire et que je n'en ai cure :
en ville on a jazzé sur nos comportements

Rien ne saurait mieux dire à mes pensées du Bleu
que l'infini profond de ton regard obscur
au sein duquel il est urgent de me plonger

Nous mouillons le maillot sans désir apparent
rejetant de nous deux l'idée fausse aux orties
mais en nage amoureux nous aimons le danger
— perle à rebours au doigt dont on fait le décompte

Où qu'on en soit de ma démunition sortie
d'une plume ou d'un flingue armé d'un silencieux
j'écrirai toujours afin que mes mots racontent
à ton cœur ce que ta beauté chante à mes yeux

dimanche 20 septembre 2020

Labyrinthique

 

 Au miroir de tes yeux je suis devenu gris
je me suis enivré du faux des faux-semblants
défait du vrai que l'on devrait avoir écrit 

Dans ton regard argent du noir allant au blanc
du sale allant au propre amour en quelques cris
j'ai recueilli ta bouche en pétale accablant

Dans sa caverne aiguë ma basse œuvrait sans tain
je n'en démordais pas ton cou de cygne indien
qu'un minotaure où la raison se dissimule
ait appelé deux fois comme un été anglais

Tout m'est futile et toute impasse une obsession
tout dégénère en somme et même en soustraction
tout est serpentiforme et prêt à m'étrangler
tes bras d'abord et le désir que j'accumule

jeudi 10 septembre 2020

En chair




Le pouvoir de nos mots confine au stupéfiant
désirer fait rêver mais aimer désespère
on s'enivre à vau-l'eau de billets lénifiants

Mon poème à propos de toi n'est qu'une fable
inventée tout de go par mes deux hémisphères
un voyage ineffable un mirage esthétique

Il est un puits d'ego naufragé dans les sables
une oasis enflée par ton souffle amoureux
vivre au point d'en mourir est vraiment poétique
et pourtant susciter c'est kiffer comme on crève

Un grand bleu dans tes yeux c'est un ciel dans mon rêve
éclairant sans nuage un garçon ténébreux
l'incarnat de ta lèvre est un sang dans ma chair
infusant l'indu âge à mon âme aux enchères

https://soundcloud.com/annaondu/en-chair