Nous sommes les fabuleux poucets semant des pierres blanches au gré de nos géographies, puis les remontant pour enfin trouver la conscience de l'existence au cœur de notre temps perdu.
La beauté d'un regard échappe aux traits du peintre,
éclatant de l'éclair où la clef là furtive,
éclabousse un long vers étranglé comme un cintre,
et palpite en la main qui du vol est fautive.
Et sans Elle on rempote à la plante des pieds,
l'inflorescence issue des pulsions amoureuses ;
on essaime à tout vent les doux mots tant épiés
qu'on célèbre à leurs sons des portées douloureuses.
On s'emporte, on navigue en aveugle ébahi,
le bleu-roi de ses yeux nous permet de l'écrire,
or on aime autant moins que l'on est plus haï.
Tout résonne, et les murs ont l'écho de son rire ;
un sourire est reflet du regard au-dessus
— mon poème appris dit ses éphélides sues.
When fall the autumn's leaves
I could sing your beauty
But their melody leaves
In a red unity
The branch of common tree
Relapsing on your hair
Blowing in Poetry
The indian summer's air.
Je conçois mon esprit comme un être amphibie,
tantôt dans la rivière au fil de l'eau qui passe,
ou bien dans des forêts qu'on transforme en phobies ;
son regard est celui d'un grand oiseau rapace.
Il est plein d'une absence et quoique on le rapièce,
un grand vide aquatique au fond de ses abysses
attise un feu barbare enfermé dans la pièce
où brûle un peu d'encens, beaucoup de cannabis.
Il flotte ainsi sans force en son liquide espace,
entre deux eaux — dit-on — flasque, informe et languide,
en cet instant mutique il est sans carapace.
Alors soudainement, sans qu'on le téléguide,
il quitte son milieu puis sa peau cet habit :
comme la salamandre il est l'être amphibie.
La main coupée d'un serf volant
justifie-t-elle un tel poème ?
Et de ce monde sans volant,
n'est-il qu'un semblant de bohème ?
Il m'a fallu kilométrer
le désamour de mes prochains
pour mesurer le gras du trait
qui salissait de son crachin
le moindre effet de ses attraits,
le pire instant de ces machins
qu'on sert à nos administrés
comme un Éden aux haschichins.
J'ai sur l'échine un gros insecte.
Il pose sur ma peau ses griffes
— or, je ne suis d'aucune secte
et mes vertèbres apocryphes.
Il m'a fallu kilogrammer
les résidus de nos poussières,
et réciter l'anagramme et
l'autre formule où l'âme haussière
est soumise aux lois du marché,
est soumise à ses devancières,
est tributaire à Beaumarchais,
ce Génie plénipotentiaire.
Et secouant mon vieux T-shirt,
elle est tombée la bête noire.
Inoffensive (un rien nous heurte),
un dos c'est comme un laminoir...
Il m'a fallu kilo-octets
pour ne pas rendre copie blanche,
et forcément de hoqueter,
savamment savonner la planche.
Un cerf-volant qui m'inquiétait,
soudain dans le ciel bleu s’enclenche ;
il porte en lui cette quiétée
dont j'ai perdu la clef, la clanche.
En regardant l'insecte énorme
en bas tombé mais si splendide,
est née ma haine de la norme
et ma passion pour son morbide.
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