samedi 7 février 2015

Croître

Cosma Shiva by Nina Hagen on Grooveshark


Je crois donc j'essuie les faux-plâtres
et les cartons, décors factices
où s'oublient mes Cléopâtre ;
je crois en une seule actrice
– c'est mon cher versant féminin –
ne sachant à quel sein me vouer,
si ce n'est celui dans nos mains :
l'As à sein qui voulut avouer.

Et je me pique au jeu d'Amour
comme au rouet des bois dormants,
Tandis que ma larve d'anoure
accorde en triton sale amant,
que Nina m'addicte en français
le sang virginal du punk-rock
dont je n'ai jamais eu assez
malgré mes injonctions baroques.

Je crois odieux aux mécréants,
qui croient bien mieux que les curailles
au Dieu qui fit d'eux mes créant
sur cette Terre qui déraille ;
Je crois en l'humeur végétale
et dans l'humus où l'humain vit
l'écho de son Neanderthal
et la plupart de ses envies.

Mon cerveau s'est construit de pièces
en ce château de Franz Kafka,
je suis son locataire, oh yes !
Je crois au tuteur de mon cas,
j'y crois comme à mon déplaisir :
l'arrogance est une Energie
et dans cette aile du désir,
l'art de Ganz est une Anarchie.



vendredi 23 janvier 2015

De chair et de papier

Benz by Brigitte on Grooveshark



A mes splendeurs émasculées,
délivrées de l'Ordre Phallique :
oserais-je vous bousculer
de quelques vers Ithyphalliques,
et de Rimbaud vous basculer
vers les humeurs d'Abd al Malik,
et les versets surmusculés
d'un corps en acide oxalique ?

Aux Girls de Chair ou de Papier
dont j'ai pu croiser le chemin,
au point que je n'en eus pas pied
comme si j'étais dans le grand Bien,
je dirai les rondeurs épiées
par les mouvements de ma main,
pareils à ceux de ces croupiers
raflant la mise au grand combien.

Mais entre celle qui m'amuse
avec ses couleurs ampoulées
et ses reflets moirés de Muse,
et l'autre qui m'attend, moulée
dans le corset d'une arquebuse,
en chien de fusil, en poulet
volatile on dit que j'abuse ;
alors que je ne suis que laid.

J'effeuille mes amours perdues
et je feuillette mes beautés,
mais j'aimerais être éperdu
de tes deux jambes débottées.
J'aimerais l'airain confondu
du bronze de tes seins dotés
d'un vif-argent bien entendu,
d'un mercure au chrome ex-voté.

dimanche 18 janvier 2015

Fatwah

Waking the Witch by Kate Bush on Grooveshark



De nous deux transpercés la pâmoison s'endort,
et l'hydre infâme en femme enflamme un oriflamme
où le vent flou s'engouffre en ce que nous giflâmes,
en ce voile impudique où religieux s'adorent.

Mais je ferai chuter les reins de Loreleï
sur les draps sanctifiés par les eaux du Jourdain,
dont la sourate issue des proses du dédain
s'embrasera de prêche au Baptiste en bataille :

« Je noierai dans la mer l'immonde dévoiement
des noirs usurpateurs qui parlent en mon Nom,
et vous saurez qu'à Dieu ne vont pas deux prénoms. »

C'est écrit dans l'éther où le point de croix ment,
c'est écrit dans la terre où fut gravée la Loi,
en langues de Babel, mais jamais en Fatwah !

mercredi 14 janvier 2015

Jeu de lettres à ma Fille

Cloudbusting by Kate Bush on Grooveshark



Anna, le lendemain de ta majorité,
on a fauché la Fleur des porteurs de ton Art ;
n'oublie pas qu'après eux se tapit goguenard,
l'esprit critique auquel est ta sororité.

Il est un esprit sain, sans liens ni trinité,
c'est l'esprit des forets perçant l'essence rare
– et pourtant parfaite à tout Marbre de Carrare –
afin d'en mettre à jour la consanguinité.

Car ainsi nous saignons avec nos sacrifiés,
car ainsi nous signons leurs actes d'indécence
dont le Génie t'éclaire à chaque trait d'essence
                                                                    d'une Térébenthine
                                       un peu opacifiée
                                                                 par d'autres vitamines
                               – surtout ne pas s'y fier ! –
les pinceaux de l'orgueil comme les religions,
sont des soldats de plomb dont l'or a fait légions.
Tout restera dans ce papier que vous griffiez.

mercredi 7 janvier 2015

Cartoon plein

Reckoning Song //One Day (Clean) by Asaf Avidan on Grooveshark



Du barbu barbouze en bouillie
qu'il restera du mort qui mit
nos beaux barbouilleurs de génie
dans cette boite qui gémit
de manquer de ses grands crayons,
qu'unanimement nous aimions,
je ne veux plus que nous craignions
la sale odeur que nous humions.

Du Barbarpapa tout pourri,
d'un cartoon cartonnant soumis
au comble de l'ignominie,
je garde des meurtres commis
l'amer noir fondamentaliste
où saigne en rouge sur ta liste
un peu de l'encre communiste
et de nos restes humanistes.

Car cet ignoble acte indécent
laisse au prophète un teint de sang,
puis à des Christ au déhiscent
stigmate un pistil hérissant,
un mauvais goût d'oligarchie
dans des bouches bourrées d'hosties
sans la sourate où l'amnistie
pousse à crier à l'Anarchie !

J'ai pris mon arme à mon côté ;
si c'est ma plume sur-cotée,
ce sera bien sûr mon épée.
A quoi bon sert un chant de paix
s'il n'est au cœur de la Nation ?
S'il n'est de notre conception
la Liberté sans exception,
l'immaculée Contraception.

mercredi 31 décembre 2014

De l'un désossé an


Pink Floyd - One Of These Days (Official Music Video) from BigDaddyAEL1964 on Vimeo.



Loin de la saint-Valentin, le désossé an
laisse la place au vide agendaire à remplir
comme une chambre à eau, comme un vaste océan,
comme un an de survie de plus à s'accomplir.

Et les lambeaux de poète en voile et en gréement,
flottent sur l'onde hertzienne et sur le numérique
où sans cesse s'empile – odieux désagrément –
une illusion de plus à d'autres chimériques.

Le compas des trois-cent-soixante-cinq degrés
de nos vies décomptées sur un cadran solaire,
nous conduit à fêter ça, de force ou de gré.

Mais la boussole et son Nord au froid si polaire,
n'indique pas l'amer de bien des océans :
Ce temps qui de l'autre a de l'un désossé an.

Amoureuse

Amoureuse by Veronique Sanson on Grooveshark


Intimement me ment mutine
la moue matutinale où t'aime
infiniment le poète In'
portraitisant ton chrysanthème.

Ô fleur d'automne atone aux tonnes,
déleste en mes versets l'averse
inouïe des poids monotones
et des compliments à l'inverse.

Je ne suis qu'un vélin moyen
des papiers que les félins veulent,
mais des traits, qu'on m'en envoie un,
j'aurai ton portrait sur ma meule.

Et, l'accent du temps défaisant,
je saurai porter le poids mort
d'écrire en plume de faisan
à défaut de paon matamore.

J'aurai le bout du bout du doigt
sur ton sourire musicien
et l'étendue que tu lui dois
à l'Avenir que l'on fait sien.

Et j'aurai tant de confessions
qu'à des fessées même en dentelles,
je n'aurai nulle concession
ni sucrerie sacramentelle.

Notre amour est une douceur,
l'image d'un joli dessert,
religieuse ou mue d'une sœur,
ce lien sans cesse nous dessert.

vendredi 26 décembre 2014

Labyrinthe

Avatar by Dead Can Dance on Grooveshark



S'il a fallu qu'un jour m'exauce
en quelques mots dits de ta bouche,
l'ardent charbon de Lymessos
que sont tes lèvres où je couche
un peu d'Homère et de Cnossos,
un peu d'amertume où se touchent
un laurier dont j'ai pris la sauce
et Toi loin dont j'ai pris la douche,
alors, ô Muse, on me désosse
à tes yeux sourds quoique infarouches,
à ton regard que tes cils haussent
lorsque l'iris est ton feu rouge.

S'il a fallu qu'on mine – oh, tort ! –
un peu des ailes d'albatros
au mythe du brillant Hector,
qu'on Andromaque un Levi-Strauss
avec la peau d'un bleu retors
dont le ciel garde un galbe atroce,
alors, à l'argent qui nous tord
dans les méandres d'une crosse,
j'attacherai tel un butor
les vertus qu'une vierge engrosse
et ce sourire en semi tore
où l'équation n'est pas de Gauss.

J'ai brisé Ys d'un Tsunami
puisque je suis le Diable en noir
et qu'il ne m'est aucune amie,
j'ai Briséis en ma mémoire
ainsi qu'un parpaing dont la mie,
ni négatif, ni dérisoire,
ourdit le complot d'infamie
dont je fus vulgaire arrosoir ;
entend mon chant qu'en cale a mis
la marée basse au laminoir
de ton sourire au doux tamis
qui m'est un serpentin de moire.

Et sur le rasoir de ton fil,
Ariane, on égraine les perles
à rebours d'une tige aphylle,
des héritages qui déferlent
en avatars qui se défilent,
en réincarnations qui hurlent
un métal fondu qui nous fêle
en clochards foutus qui nous parlent
de nos amours thanatophiles
comme au chant d'un toujours beau merle
et de mon naufrage hémophile
à ta bouche où le sang s'emperle.

Et si la larme en ta beauté
coula sur ta joue, cil ici,
je n'ai de fleuve au débotté
qui n'égale ainsi Cilicie ;
je n'ai de Troie qu'arabe ôté
d'un Proche-Orient qu'il peuple aussi,
je n'ai sirène emmaillotée
qui ne soit mienne et sans souci ;
Tes siens s'ils sont d'éternité
et les miens sans leur gras farci
pleurent aux laideurs émiettées
pied-bot de ma triste autarcie.

vendredi 19 décembre 2014

Fombeure

Let's Fall in Love by Diana Krall on Grooveshark

Maurice Fombeure, Chez Lipp avec Aline Wacrenier, poétesse désespérée...


Sur la plaque chaude à poèmes
entartinée d'un dur labeur,
tombée de son arbre à monèmes,
la noisette avait fait Fombeure.

C'était du temps des culot'courtes,
du temps des cours à Lavoisier,
Paris déclinait en yaourt
le noyau dur des cerisiers.

C'était la pluie des blancs pétales
où s'enneigeaient les joies de vivre
en tours de France à la pédale
et pour l'amour de belle Ève ivre.

C'était la terrasse à Maubert,
à l'Odéon ou Saint-Germain,
le vers de trop petit Robert,
qu'on fait à l'Académie sien.

C'était le temps de mon Pater,
le temps de sa protée jeunesse
qu'embellissait de caractères
un prof' aux proses en prouesses.

C'était le Paname à Doisneau,
aux fabricants de Poésie
qui, dans les rues petits moineaux
usinaient du Maïakovski !

À quand le retour de Villon ?
des malandrins pillant Nothomb ?
En ce temps-là nous surveillions
de leurs concerts les pluies qui tombent.

En ce temps-là vivait Fombeure
et les chanteurs de mots français ;
et si ça compte pour du beurre,
aujourd'hui faut-il dégraisser ?

Sur la plaque chaude à poèmes
entartinée d'un dur labeur,
tombée de son arbre à monèmes,
la noisette avait fait Fombeure.

Entre la poêle et le poète
il n'est qu'un trait horizontal,
un petit trait tout isohyète,
qui passe du cul au frontal.

samedi 13 décembre 2014

Femalware

The Promised Womb by Dead Can Dance on Grooveshark



I wrote among the worlds one who looked like your smile,
A river was growing, your mouth is the last mile,
I drew the dream of you more than a cloud could rain,
And you're still showering poor part of flowered brain.

In the garden's corner of your lovely look
Is a tree I've never climbed except in a book ;
I just have seen the little curve under your nose,
It told me so much things that here nobody knows.

It told me lot of legends on the finger tip
I put here for your words above your sweety lip,
It told me that I met this love in a long past.

I'm sure I was the first, I'm sure I'll be the last,
Your face is credence against all odds in chance,
And we're two boats on sea just overlinked by chains.

mercredi 10 décembre 2014

Yggdrasil



Épuisez les possibilités d'un exil,
et puisez l'eau de ce moulin sur ma parole,
et puis c'est de ce jet poussé tout en corolle
que jaillira l'idée de mon arbre Yggdrasil.

Dans son tronc sera mon Présent calaminé
par mon Passé dont s'entrelacent ses racines,
au point de rejoindre en descente de sa cime
les trois branches qu'en Avenir il a mimé.

Changer c'est se recommencer sans cesser d'être,
c'est renaître de sa propre sève à l'inverse ;
c'est usiner son univers d'un bois de hêtre.

Muer c'est se défaire enfin des fouets, des chaînes,
c'est se laver comme mon arbre d'une averse,
et grandir en notre terre comme un chêne.


dimanche 7 décembre 2014

Big Love




Des éclats d'horizons brisés comme des planches,
j'ai les échardes du couchant sanguinolent
plantées dans mon péricarde – air au piano lent –
dont les disharmonies sont plus noires que blanches.

L'Avenir est mensonge et sa perspective use,
au seul Présent reviennent les secondes mortes
qui comme les peaux de la Mue peu m'importent,
mais me guident – qui sait ? – vers quelque dive Muse.

Et quand bien j'en serais la folle incarnation,
je me suis écorché de ce Grand Amour mûr
qui ne répond jamais à nos incantations.

Je me suis faufilé dans les toiles de Maîtres
afin d'y retrouver cette amie qu'on emmure.
Je n'y ai décelé que mon meurtre à commettre.

dimanche 23 novembre 2014

L'Apo' mira beau

Sour Times by Portishead on Grooveshark



Passent les siècles et les millénaires
Et nos fantômes
Écrivent-ils binaire
sous la peau mi-rabots coulent les nerfs

Vienne l'ennui sombre horreur
S'écoule en nuit mon humeur

De nous j'ai bu le Spleen adoucissant
Pendant l'orage
où turbulait l'encens
de tes parfums battus évanescents

Vienne l'ennui sombre horreur
S'écoule en nuit mon humeur

L'odeur s'en va de ta fleur assassine
Le cœur d'Eva
Browning et Josacine
et ce cyanure où mort eut pris Racine

Vienne l'ennui sombre horreur
S'écoule en nuit mon humeur

Passent les siècles et les millénaires
L'entrain de mon
fantôme en caténaire
sous la peau mi-rabots coulent les nerfs

Vienne l'ennui sombre horreur
S'écoule en nuit mon humeur

vendredi 21 novembre 2014

Automne au bord de mer

Everybody's Gotta Learn Sometime by Beck on Grooveshark



L'été – comme en soins palliatifs –
meurt lentement en fin d'octobre.
On repousse un hiver hâtif
à coups de soirées si peu sobres...
On se laisse transir enfin
des dernières tiédeurs marines,
tant l'automne est dur à leurs faims,
tant ma tonne au vau s'amarine.

Ce qui me décale un peu sèche
et mon architecture est morte
autant que l'est un os de seiche :
mon gynécée sans cesse avorte !
Ni clef de Sol, ni clef de voûte,
d'essai sont mes coups dans la gueule,
des saisons ton parfum m'envoute :
ma plume enfin de Toi dégueule.

J'ai voulu dire un Océan
que ton iris en bleu décèle,
que ton regard déstructurant
habille avec sa bleue vaisselle,
j'ai voulu mordre en ton artère
un sang-réal et disloqué
qu'en vain empire et brûlée terre,
tu me vendis comme un hoquet.

D'étés égarés en novembre,
on garde le brin de chaleur
d'une maîtresse qui se cambre
afin de nuire à nos froideurs.
On garde en bouche ses baisers
et son Arctique œil que les Huns
diraient dévaster sans biaiser
les prés des cieux céruléens.

lundi 27 octobre 2014

Kaleidoscope

Shine On You Crazy Diamond (Parts 1-5) by Juli4ns Pink Floyd on Grooveshark



À Pascale,

Je vécus ta Jeunesse, emballé par ton pouls,
par l'élan de promesse où nos mots s'emmêlaient,
où nos corps virginaux que nos deux sangs mêlaient,
se prirent au panneau d'improbables époux.

Toutefois m'est l'image en multiples tessons
de ce passé, dommage, on l'eut dit de cristal,
qui naquit dans le sable avant que ne s'installe
une optique infaisable, or nous rapetissons.

J'ai deux nuits d'Occident pour mémoire éraflée,
j'ai des nuées d'accidents, ricochets d'une entaille
dans les blancs cerisiers des printemps en bataille,
en plein cœur du brasier qui nous prit pour reflet.

Ainsi va de deux Astres qui se télescopent,
ainsi vont les désastres comme des suicides
où l'amour sacrifié n'est plus que Pomme acide
et Tableau scarifié d'un Kaléidoscope.

mardi 21 octobre 2014

Bleu-fontaine


On s'en peignait les yeux, des fenêtres les paupières,
nous les logis des cieux humides et celtiques,
on s'en baisait volets sous les pluies de Saint Pierre
avec un ton marine aux thons apoplectiques.

On s'en peignait les cheveux d'ange et le goémon,
on s'en payait bien peu, rien que le fond des pots
dont on bleutait la ventre à nos Lautréamont,
à nos bateaux saoulés par le sel en dépôt.

De ce lavis, la vie qui protégeait les coques,
était aussi le fard à phare et à bicoques,
et ressemblait au bleu des vierges aux fontaines.

J'ai vécu dans un corps de ferme en Cap Sizun,
lors d'une incarnation précédente, incertaine,
et j'en garde le souvenir d'un bleu raisin.

Songe d'une nuit d'automne


« Je vivrais des hivers sans espoir d'agonir »
me chantait immortelle une fée nostalgique,
rien n'est à regretter s'il n'est rien à venir,
mes esprits ont besoin d'un bon vieil antalgique !

« Mais si tu m'aimais, poète, en me donnant la vie
de tes vers embaumés, tu ferais dégriffage ! »
Si je réveille mes fantômes à l'envi,
ce n'est pas pour qu'ils couchent dans mon sarcophage.

« Petit-fils de Villon, j'ai besoin de ton corps
de texte, afin de jouir d'une existence incluse
en celui d'une Gorgone et d'une Méduse. »

Je te laisse ce Graal en guise d'un accord,
et le vin qu'il contient : de Guise il fit trancher
le cou, haineux coulant de l'encre des tranchées.

Diérèse, diurèse


J'ai pondu des euphémismes tonitruant
dans l'espoir de t'amadouer sans l'être moi-même
- en effet : d'amant doué n'étais-je que truand -
les rançons sont faussées si tu dis que tu m'aimes...

J'ai porté le chapeau des affaires de cœur,
supporté l'ineptie de celle où sombre Eros,
j'en garde à mon visage un sourire moqueur,
aux lèvres de ton sexe un appétit féroce.

Nous frottons le génie de la lampe éclectique
depuis les décennies flétries des dix-sept ans
fossilisés par la vieillesse qui s'étend.

Nous arborons le badge honni de nos viatiques
à l'existence en survivance, en haut du front,
comme le troisième œil dont l'airain fut néphron.

Enfantillage

− Caitlin Triall by Alan Stivell on Grooveshark



Comment s'est-on perdu en croyant perdre l'autre ?
Comment s'est-on soi-même illusionné d'un dû
qui n'est pas vraiment nôtre et nous mène en bohème ?
Puis quelle âme éperdue pour laquelle on se vautre,
amputée du « je m'aime » et des sursis indus,
fit que « Je » fut un autre et la vie son poème ?

On parcourut l'inverse allant à l'aiguillage,
en se les écorchant, nos « Je-Nous » de traverse,
abus de babillage aussi prêchi-prêchant,
mais tissant notre herse en un ténu maillage.
Dupont le vit touchant, Durant une autre averse :
le Graal - Enfantillage – est notre être attachant.

samedi 18 octobre 2014

Paris Indien (republication d'un texte d'octobre 2005)

Radiohead - Creep (Version Animada) from Steven Ortiz on Vimeo.


Le joli mois d'Octobre quand il fait beau,
Quand il fait chaud,
Quand dans la rousseur des arbres parisiens,
Le soleil tâche d'or d'été indien
Les couleurs passantes de nos peaux.
D'inappropriées tenues ressortent
Avec les filles du quartier latin,
Et de leur décolletés sortent
Des canicules déjà loin...
Sur l'île Saint Louis, sur celle de la Cité,
L'accordéon aussi survit à son été.
Je regarde avec envie les amoureux,
Par la chaleur unis dans leurs bateaux de feu ;
Les squares baptismaux leurs sont dévolus,
Et les amours font mouche à chaque coin de rue !
Elle est belle la fontaine Saint Michel !
Tu trouves pas ?
Je voudrais que tu l'appelles
La fontaine Saint Moi !
En souvenir de tout ça,
En souvenir de nos Sahel,
De nos déserts qui n'ont entendu d'appel
Que les échos lointains qui m'éloignent de Toi...
Mais quelle tristesse résiste à ces jours ?
Lorsque le ciel clément nous remplit d'alentours,
De bruits de voitures, de bousculades heureuses,
Qui peuplent mes mots de vitalité rieuse.
Elle est la ville-lumière naturelle,
Quand Notre-Dame rougeoyante au couchant,
Renvoie à nos yeux dans sa teinte pastel
Celui qui dans la Seine la noie doucement.
Paris, d'une couleur Orangina-grenadine,
Dans les bistrots, ça s'appelle bien un indien !
Paris-cigale, avant l'hiver se dandine,
Moi, je l'appelle Paris-Indien !
Le pont des arts est surpeuplé...
Et j'en grille une et je m'assieds.
Une jolie fille est concentrée,
Car elle dessine et s'y croirait.
Il y a ses rêves dans ses traits
De tant de beauté reflétée,
Laissons l'artiste imaginée
Baigner dans l'onde de clarté.
Pas un nuage sur Paris,
Les vers de Vladimir Maïakovski,
Et peu à peu s'étend la nuit,
Et peu à peu je me revis,
Et pas à pas ma poésie,
Avance comme dans Paris,
Avance comme dans ce train,
Puisqu'en Bretagne je reviens,
Laissant les quais, les bouquinistes,
Laissant le Louvre et les artistes,
Laissant la fontaine et mon Saint,
Laissant aussi Paris-Indien.

samedi 4 octobre 2014

As trop logique



On My Shoulders by The Dø on Grooveshark


Elle était écrite comme un roman-photo,
comme un hypocrite écho mis sur sa beauté,
tandis qu'aucune tare ayant fait défaut tôt
ne vint souiller l'hectare à la cour qu'elle m'ôtait.

C'était un océan dans un jardin anglais,
une sphère au séant qui l'embroche et l'égorge,
une planète entière où j'étais déréglé
de cet écart en tiers dont mes phrases regorgent.

Elle était sculptée dans le marbre de mes mots
- ma Galatée m'aidant pour mordre mieux la mort
du taureau de la vie que mate un matamore.

Elle était à l'envi l'été des gémeaux
qu'on défonce au bélier à défaut de poison,
que je ne peux délier de ce fuyant poisson.

dimanche 28 septembre 2014

Crépuscule marin

Colours in the Clouds by Alexandre Desplat on Grooveshark



La rose heure attendue du marin crépuscule
a le teint haletant de ta peau palpitante
et finement tendue dans le temps de l'attente
où se pose hésitant tout baiser minuscule.

Puis d'un zeste orangé, l'Azur hyalin bascule
en un chaos coloré cumulant cent pourpres
tel un geste haut rangé lorsque tes joues s'empourprent,
tant l'astre racole en raies, la mer l'émascule.

Et dans l'obscurité que tes cheveux bousculent,
dans cette nuit de sable aux armoiries obscures,
je lis l'ordre hérité de longues sinécures ;

oui, gêné, ah, je lis – céleste corpuscule -
un passage passable enivré de l'étoile
où tu brilles, Folie déposée sur ma toile.

dimanche 21 septembre 2014

Dépendre

Você abusou by Vinícius de Moraes on Grooveshark



J'aérostate un peu du bleu de tes grands yeux
pour chasser les spectres pourchassés par mes soins,
et les divinités mineures, Ô grands Dieux,
ouverts sur ta nuit blanche où j'épuise un besoin

De Toi
Sans toit
Pourquoi ?
Pour qu'oient
Ma Foi
(ma foi)
Les mécréants
Le baiser de ta bouche sur mes créances
Le goût de ton sein par-dessus mes croyances
Et m'écrivant
La plume de ton envol
Vers mes Vers que ta beauté me vole.

Je caresse à l'index, les lignes et les traits
infiniment lissés de ton visage offert
aux vindictes de l'ombre où n'est plus l'attrait
de la lumière issue d'un paradis d'enfer.

M'aimes-tu ?
C'est fort peu possible
C'est fort peu plausible
Même têtu
Il ne sert à rien d'aimer en contrefaçon
Ni de tordre son palpitant dans un colimaçon
Où résonneraient
De mon cœur les arrêts
Pour tes hésitations
Sur nos hémi-stations.

Mon joli guide a la main sur les brûlants rênes
avec lesquels – la corde au cou – je suis pendu
comme un verbe à sa lèvre et mon chant à sirène :
jamais je n'aurais d'une autre autant dépendu.

jeudi 11 septembre 2014

Haut Cyprès

One Tree Hill by U2 on Grooveshark



Je ne t'ai jamais vue Lumière d'aussi près
qu'en cette fin d'été, ce début d'équinoxe,
qu'en ce reflet sur le rameau d'un haut cyprès,
qu'une rousseur incendie de ce paradoxe.

Tu as pris racine en mon corps, Lumière indue,
pareille à l'arbre à l'ombre étendue sur la dune
enceinte en son étranglement jusqu'à la rue,
et dont les enchevêtrements me sont des runes.

Je les décrypte avec patience et sensations,
insoucieux de tous les vains chargements de sable
emportés par les vents des dimensions passables.

Je les décode ainsi, les incrémentations,
qui poussent des bourgeons jusqu'à ses radicules,
un géant impotent à fuir le ridicule.

mercredi 3 septembre 2014

Les amants du Pont-Neuf (republication)




Combien d'aveugles et combien de dissidents,
S'aimeront comme eux de cet amour sans serments,
Et combien d'époques suffiront au présent
Pour ensevelir leurs peines et leurs tourments ?
Combien de clochardises et de camisoles
Devront enfiler les spectres de nos toquades,
Pour que chacun se dise, au nom de leur symbole,
Qu'au Pont Neuf, il est Seine qui coule en cascade :

Et de ces gerbes d'eau,
                                  Par leur cœurs soulevées,
Gerbes de feux nouveaux,
                                 Tous ces pétards mouillés,
Et des gerbes de rots,
                                            Des amants avinés,
Ne restent que les mots,
                                    Qu'ils ont su prononcer !

Leurs mots d'amour,
                           Si évidents,
                                          Si simplissimes...
Pour que « toujours »,
              Oui ! Par moments,
                                    avec « nous » rime...
Fruits d'autres jours,
                   D'autres néants,
                                         De pantomimes,
Dans des atours,
              Des haillons blancs,
                                           Sublimissimes !

A cheval, Henri IV !
                           Et nous, dessus, derrière !
En l'air, de ses fers, quatre !
                            Fouettons-lui le derrière !
Sa monture acariâtre,
                       Nous prend en croupe fière,
Pour d'autres feux dont l'âtre
                               Et l'être sont des frères.

Chevauchons fous !
                       D'incertitudes,
                                        D'incohérences !
Tuons en nous,
                       Les habitudes,
                                      Les dépendances...
Agrippons-nous,
                       Aux solitudes,
                                          Et à la chance,
Près du pont mou,
                    Sur le bras Sud,
                                     La vie commence !

Quai des grands augustins,
                           Les bouquinistes pleurent,
Et dans ses draps de lin,
                                     Enveloppé de peur,
Le Pont Neuf se contient,
                                De Seine et de vapeurs,
De fontaine et de seins,
                              Michel est tout en sueurs...

Combien d'aveugles et combien de décédants,
Mourront encore au pieds de ses quelques segments ?
Nourriront encor de rêves évanescents,
Le Pont Neuf dont le fleuve coule impénitent ?

J'aime tant ces amants dont on croit, dont on rêve,
Que de leur ressembler, s'il fallait qu'on en crève,
Je te dirais "banco", pour que tu sois ma loi,
Et que l'arche du pont soit celle de tes bras...