vendredi 4 mai 2012

"Les réveilleurs de la nuit" ou "Les veilleurs" (Version intégrale)

Variation sur un vers de Rimbaud retranscrit par Mirbeau, et l'hypothèse de deux textes ne faisant - à mon avis - qu'un et rapportés par Verlaine après leur audition.
L'objectif est ici de retranscrire, conformément à la structure suggérée par Verlaine (52 vers), l'ambiance qu'un seul vers - "L'éternel craquement des sabots dans les cours" - m'a insufflée.




Ils ont teinté la nuit d'un carillon d'éclairs,
Arraisonné l'ennui dans sa barque platine
Et de pâleurs d'aurore ont serti – sabre au clair –
Des chancres à dorure aux glottes palatines.

Dans l'abstruse noirceur ils ont taillé la brèche,
Tranché la gorge aux sœurs des radeaux de Méduse,
Traîné l'âne et le bœuf en dehors de la crèche,
Ils ont crevé dans l’œuf ce qui ronge et nous use.

Ces veilleurs t'ont sortie de ton obscurantisme,
Courtisane Paris, Toi la Ville aux lumières,
Comme du cauchemar d'un honteux despotisme
Où le pouvoir infâme eut cousu tes paupières.

Fallait-il que l'on coupe la tête à ton roi
Pour que renaisse un hydre aux multiples facettes ?
– Ô Commune sordide, oh ! Si sainte est ta Croix,
Que l'on mène à la soupe un bon peuple obsolète ! –

Or, on a ressorti les préfets innommables,
Revanchards assortis d'une haine ampoulée
Pour ce peuple empressé par les jus innombrables
Des raisins du progrès dont les roues sont ourlées.

On a fait de valets des horribles saigneurs,
D'un poème avalé le filet d'un rétiaire,
D'une dit hérésie le maillot d'un baigneur,
De cette anesthésie le ferment d'un bestiaire.

Tour à tour sont sorties les sept plaies de l’Égypte,
Sur la peau sous l'ortie de la belle obélisque,
Impériale Paris, à Saint-Denis tes cryptes
Font des rois dépéris des stigmates à risque.

Au final est venu l'Ange Exterminateur
– minuscule remugle – assénant de sa hargne,
les scarifications dont on sait puanteur,
Et dont les punitions de survivre t'épargnent !

Si les rois n'ont pas chu dans ce jour de tempête,
Si le sang séché su ce que contint l'espoir,
Le jour du Jugement fut la journée de fête
Où le peuple qui ment fut le jus de la Poire.

Et dessus ces pantins amputés de segments,
des soldats enfantins ont dansé menuet :
On défit de leurs peaux et de leurs téguments,
Ces symboles d'esclave ô parchemins muets.

L'intelligence urbaine est entrée dans l'ennui,
La bourgeoisie malsaine a sombré dans l'horreur,
Tâtant de ces pluies réveilleurs de la nuit,
Les vivants éblouis ont perdu leur honneur.

Alors, vous, vendangeurs d'une guerre intestine,
Vous entendrez odeurs et débords et débours,
Les cris du châtiment juste et de la guillotine,
L'éternel craquement des sabots dans les cours.

On viendra vous punir de l'orgueil ineffable,
Ventriloques soupirs de paix trop contenues,
Vos boulets constipés sont des rimes de fables,
Les pavés extirpés de Paris vont aux nues.

Les moulins de Sey




Je crois que tu ne sais assez
– lecteur ! – ô combien la pulpe où
les vieux moulins assis à Sey
ont su puiser en vils époux,
à l'onde dont ils firent Sienne
les frais serments de Marcel Proust,
à ces natures musiciennes
et Goethe un Amour dass du musst !

Le soleil sous le saule y terre
les quelques pleurs de Madeleine
qu'en épanchements solidaires
la Roue mouline en fils de laine,
et les verdeurs aquariophiles
menacent de pousser à bout
les chants de cotons hydrophiles
entre les grues et marabouts.

Le monde a bâti l'estuaire
entre Atlantique et mer Caspienne,
de ce que peu d''Hermès tuèrent
– si tant est que peu s'abstiennent –
un flingue est caché dans la Manche,
peu d'as et peu d'atouts l’inondent,
aux moulins ceux qui l'endimanchent ;
à nos espoirs le fil de l'onde.

mardi 1 mai 2012

La possibilité du Nil


La piqûre océane où s'est forgée male-âme,
injecta son venin dans mes yeux vipérins,
afin qu'entre tes mains puis au creux de tes reins
coule un fleuve où Cézanne eut trempé son calame.

Ton agrume embouchure ornera de motifs
mon écorce velue, ma fichue carapace,
d'ornements dévolus à ton intime impasse,
d'une sainte écorchure à ton culte votif.

Et dans l'onde-vertige où nos sinusoïdes
amortiront l'emprunt de nos érubescences,
nous serons tout empreints d'une autre adolescence.

De morsure un vestige – à fleur de deltoïde –
marquera d'un grand lys ignifuge aux passions,
l'écusson souvent lisse à ces crûes libations.

La Marine de guerre

Lily Marlene by Marlene Dietrich on Grooveshark

Photographie prise par François Trazzi


J'ai peur de la Marin' de guerre
qui souffle ses boulets de suif
ainsi que « Jadis et naguère »,
avec la peur du Christ en Juif.
Ô Verlaine, ô mon crû si fier :
on empale idées à l'autel
de cervidés où crucifères
ont bel y faire à ciguës telles !

J'ai perdu ma marrain' de guerre
comme Brest a perdu Glasgow
– et la putain facho vulgaire
dans un radeau mis à l'ego – ,
de ma plume égaré les pennes
dans l'urne sordide où majeur,
je place à l'index, oh, ma peine,
mon Amour, je suis bon nageur !

J'ai peur de la Marin' de guerre
lorsqu'en volant de l'ange l'aile
droite, on voit là qu'en Heidegger,
de ces vies qu'on fit parallèles,
on a tendu – tel un Tantale –
la corde au son d'un cristal d'Arc,
qu'il n'est place à pire amygdale
qu'on opéra d'odieux Plutarque.

Tandis qu'on amarin' Daguerre
du monstrueux aréopage
qui traîne ses clichés grégaires
de ligueurs remis à la page,
dans ces résurrections étroites
vouées à l'éternel hasard,
défile – immonde – rive droite,
la bête à la garce – hein, Lazare ?

jeudi 12 avril 2012

Eclats de vers

On my shoulders by The Do on Grooveshark


Si j'ai terrorisé vos sommeils de cristal
à coups théorisés, bris de vers incisifs,
c'est pour vous emmener à cette issue fatale,
trébuchante monnaie du rocher de Sisyphe.

Si l'enfer est pavé de bonnes intuitions
et les mœurs dépravées nanties de courants d'or,
c'est que les mots choisis du mieux que nous puissions,
garderont du moisi les vertus d'un roc fort.

Et mes sermons de vigne emporteront les têtes
comme un blanc cou de cygne est tranché par la faux,
comme la vérité par malsains qui la tètent.

Nourrissons alités nos papilles, Sapho !
du goût du rêve abstrus, dont l'impalpable étal
confie ses fruits intrus à vos nuits de cristal.

mardi 10 avril 2012

Parabellum

Sympathy for the devil by The Rolling Stones on Grooveshark


Je n'ai pas connu Dieu – et de Léviathan, guère –,
n'ai pas arraché d'yeux comme Ante – dit l'ovin* –
Pavelic, aux noyaux dont se grise un Luger.
*Les loups sont des agneaux face aux peuples bovins.

Un diable en sympathie m'a confié son émoi :
« Micha, je compatis à vos luttes barbares ;
si je me fais Rimbaud tandis qu'un autre est Moi,
qui prendrai-je – nabot – pour pilier de ce bar ? »

Je réponds : « cher démon, vous avez l’embarras ;
entre Napoléon, Adolphes Thiers-Hitler,
ou quelque président dont on prie débarras... »

Foudres rarement sont ces foutres va-t-en-guerre,
tenant zinc au mensonge et cuivres à l'orchestre
qu'ils rayent de leurs dents, adroits plus qu'à sénestre.

lundi 9 avril 2012

L'émérillon


Qui sont qui savent dire à leur aimée « rions ! » ?
sans plus les assourdir ni les entourlouper,
sans plus non plus en faire objet qu'aux « marrions-
nous ! », on troque en enfer contre un détour loupé...

Tant sont de rêves que – serpents de mer – ayons,
qui se bouffent la queue dans des anneaux d'or-paille,
qu'il nous faut faire feu d'un bois qu'en « mais » rayons,
en serments parapheux nous bavons d'encre et d'ail.

Nous suçons en vampire – Adam d'âme – un rayon
de lunes au vent pire où, s'étreignant de spasmes,
on vide sa substance et ses amers haillons.

S'il faut qu'en cette stance expurge le fantasme,
et que le cul nous grille, Hamlet ! D'aimer, raillons.
Alors que point ne vrille Amour d'émérillon.

lundi 26 mars 2012

Solidaphorisme

"Comme l'Homme est un être social, le Bonheur est un fait social, et les sociétés qui l'effleurent sont celles qui tendent vers l'égalité et nivellent les disparités tout en sachant les préserver."

Michel P

Sociaphorisme

"Il serait temps que les minorités nanties comprennent que leur malheur s'accroît à mesure des richesses qu'elles accumulent, au détriment des majorités qu'elles craignent, toujours plus grandes, plus miséreuses et plus envieuses."

Michel P

samedi 24 mars 2012

Psychaphorisme

"Un monde manquant de folie douce laisse place à la folie dure."

Michel P

Somnaphorisme

"Vous coucher le soir sert à rêver le monde comme vous auriez voulu l'imaginer la veille en faisant la même chose."

Michel P

jeudi 22 mars 2012

Sangatte


Republication d'un vieux texte écrit en 2005 (le premier de ma réécriture) et qui correspond bien à mon état d'esprit du moment...

Simon & Garfunkel!!s by Sound of Silence on Grooveshark

Vous et moi, nous sommes des réfugiés.
Réfugiés de nos envies et de nos peurs,
Réfugiés des revers et des rancœurs,
Nos Sangatte à nous sont nos oreillers.

Tant de passerelles vers le sommeil
Et de ferries vers notre vie rêvée,
A peine clandestins mais passagers,
Nos Sangatte à nous sont à tous pareils...

Il y a des frontières sans oppresseurs
Et une hélice au pays des merveilles
Qui nous mène en bateau comme au soleil,
Nos Sangatte à nous, d'espoir ont lueur.

Vous et moi, nous sommes des réfugiés.
Aux confins des territoires du cœur,
Nous partageons, mes frères et mes sœurs,
Sangatte sans cesse recommencé.

dimanche 18 mars 2012

Aphorisme du jour

"Le fait d'être seuls nous permet d'être libres, mais le fait d'être libre n'implique pas d'être seul."

Michel P

dimanche 11 mars 2012

Oustachis

In The Deathcar by Goran Bregovic on Grooveshark


Pour se payer des clopes
il faut vendre sa poésie agrafée sur du papier de pattes de mouche
tip-tip-typographiée
par « La Petite » - cadeau de Noël oublié par sa sœur aussi petite...
et cric-crac-reliée par un porte-clefs qu'une chaîne
- écart-type aux graphiques -
attache à son agrafeuse-gadget
pour faire un recueil de flops
avec des mots sortis du sourire emplumé de la bouche
miss-miss-miss-mystifiée
par les baisers que l'on jette
en cédant pour dix bals son œuvre poétique
qui n'est rien qu'un roseau qu'un post-ado' déchaîne.
Pour pouvoir s'enfumer
il faut se rendre au Luxembourg
(au Jardin, pas au paradis fécal de la « cabane au fond »
qui est la honte indénoncée de l'Union Européenne)
et quitter la petite couronne
afin de s'en poser une moyenne sur l'épithète
en pénétrant l'intra-muros
comme une aiguille de seringue, ah !
(dans la candeur insoupçonnée de son tropisme cruciforme)
sans s'imaginer que la fleur du fusil où l'on aiguise son rasoir
coupera les ailes des anges pisciformes
des vœux exocets dans mes calembours
de mes soupirs où ma muse y cause au plus profond
de mes proches au fait ou de mes roches tarpéiennes
au fond du sceau de ma daronne
la trace des forceps imprimée sur la tête
comme deux cornes de rhinocéros
la beauté par les vers est mue d'un cocon d'illusoire
elle affleure au seringa
dans des vers parfumés.

A Paris.

J'écrasai le paquet de Philip marrons entre la paume et quatre doigts
la dernière offrait ses fragrances opiacées au quai de mon attente.
La gare de Maisons-Alfort est un plongeoir vers le grand-bain parisien.
L'omnibus arrive
– Omnibus comme Omniscient ou Omnichiant quand on le prend tous les matins –
l'Homme nie l'autre rive...
L'autre rive c'est

Paris.

Les portes se sont ouvertes et je suis monté
le wagon sentait la cendre
comme à Auschwitz ou Birkenaü
ou aux ghettos de Varso-Craco-non-vie
les sièges étaient normalement éventrés
ils donnaient l'envie de descendre
mais le train nous menait là-haut
dans la ville-lumière aux lumières où l'on vit.

Paris.

Affligé contre un coin de carreau que j'embuais
je ne pus longtemps ignorer l'étrange mélodrame qui s'imposait :
dans les méandres val-de-marniens conduisant
outre le confluent
aux souterrains de la gare de Lyon
l'esclandre s'enflait en l'espace ainsi que l'eut fait un Pygmalion

Presque Paris...

Une équipée de jeunes blacks encerclait un petit bonhomme...
Le wagon chassait le dragon depuis Saint Georges et sa Villeneuve...
L'accent provocateur était celui tant imitable de la banlieue.
Les garçons gesticulaient et les filles attisaient la véhémence
ils étaient nombreux
et je ne comprenais pas pourquoi ils s'en prenaient à ce petit homme
qui taiseux laissait passer l'orage et le tonnerre
sans induire un moindre indice de colère.
Nous n'étions pas à Sarcelle ni même à La Courneuve
nous n'étions nulle part ni même en aucun lieu
pas au Darfour ni même en Casamance
ils étaient nombreux.

Paris, Gare de Lyon...

Je vais pour m'interposer entre l'équipe et ce petit homme
- l'agression que je ne comprends pas me paraît inique -
je m'approche des belligérants au moment où s'ouvrent les portes.

Emir Kusturica

Enki Bilal

Goran Bregovic

Des artistes qui m'inspirent
Je pourrais citer aussi les poètes...
Mais là
Je trouvais que ce petit homme avait un côté balkanique

Break

Lorsque les portes se sont ouvertes
et que je m'interposai pour revendre un peu
de notre tolérance inepte
et de notre droit français

Il a sorti un « coupe-chou »
un sabre

Je restai figé

un rasoir de quinze centimètres de lame
puis bondissant hors du wagon
il se mit à poursuivre dans les escalators
- qui a raison, qui a tort -
celui qui durant le voyage l'insultait
pour le saigner ou pour le tuer ?
Certains humains ont l'art et les cochons à satiété.

Je ne sais quel profil glabre
ni quelle anti-maîtresse de l'âme
eut pu placer hors de ses gonds
celui qui porte la mort sûre.

Figé
je vis la haine se précipiter
et l'arrogance déguerpir
je vis ce que subodoré
de la violence inscrite dans les gènes
de la Yougoslavie subordonnée
à ses massacres indigènes
ses sacrifices indigents.

Ô peuples de la Guerre
Ô peuple afghan
Ô peuple des Balkans
Ô boxeurs de Thaïlande et du Viet-Nam
Ô lutteurs éternels
Ô rochers de la pointe du Raz et du Vorlenn
Laissez au passé l'incarnation de son horreur
Les yeux dans les bocaux qui hantaient Pavelic
Le formol et le faire Mal aparte
puisque tout est « Kaputt »
laissez l'âme au sandwich
et la chair aux jeunes filles en fleur.

Ouaté notre monde.
Doigté notre immonde.
Et soudain la mémoire en moi de cette violence
de ce qui ressemble au monstre de Srebrenica
- plus jamais ça –
aux oustachis qui préparèrent l'épuration ethnique
aux massacres de Vrgin-Most
- plus ou moins vierges –
à notre égalité devant l'horreur
au peuple allemand qui n'est pas moins non-coupable
que le peuple français
que le peuple croate
que le peuple serbe
ni que le peuple turc.

Je n'ai jamais su si le petit homme saigna le grand black qu'il poursuivit dans les escalators
mais j'ai su qu'il ne fallait plus se fier aux apparences.

J'ai compris que l'on était peu de chose au regard de la brutalité du mouvement du monde.
J'ai compris qu'il fallait observer.
Et protéger ceux que l'on aime.

lundi 5 mars 2012

A Dame en tain




Miss, à vous parler vrai, mon état d'âme est triste,
si tant est que givré, j'ai surmonté cristaux,
et que j'ai balancé chapelets d'antéchrists
sous l’appât cadencé d'une perle entrée tôt.

Sur la rivière, épure où sont les arrondis
de ce reptile impur que les arts ont forgé
et qui vous sert de corps comme écrin pour rubis,
j'ai serti mon décor en d'amandes dragées :

J'ai cherché l'émeraude et les aigues-marines
dans les mues où je rode et les reflets d'iris,
chez la muse assouvie que mon cœur amarine.

Chez la serpente envie – belle-soeur d'Apophis –
je devine instamment ce qui me crie, hagard :
ce précieux qui nous ment mais dont on boit le regard.

mardi 28 février 2012

1992

Si loin de Bora-Bora, vingt ans dépecés,
j'ai croisé bord à bord avec les caravelles
de Colomb l'hérétique aux rêves insensés,
qui s'offrit l'Amérique en vache à lait qui vêle.

J'ai vu ces cinq cents ans aux gréements orgueilleux,
gonflés et séduisants d'un hoquet atlantique,
croiser mon bateau gris sous les cieux sourcilleux
d'un Abel amaigri par le cancer tropique.

J'ai croisé notre histoire en voiles déployées,
impudique et notoirement télescopique :
j'avais beau me pincer, j'avais beau m'employer,

le fruit de mes pensées était au point critique,
au point de non-retour où la mémoire émue
s'effondre à mon contour telle une peau de mue.

dimanche 19 février 2012

Le sommeil de l'Amen est loir

Sugar Sugar by Diving With Andy on Grooveshark


Ils me manquent parfois l'air doux, le vent d'Angers,
la procession de fois face à nos surdités,
ces sentiments qu'il faut que je revende en jets
de vers d'un vert qui faux, traduit leur nudité...

Sur la corne d'Aubance et l'aqueux mou Layon,
en joue feu ma bombance a mû d'où le corps niche,
et la mémoire aussi se retrouve en haillons,
tant ma pendule oscille entre deux hémistiches.

J'étais entre les mains d'un génie statuaire,
mais les après-demains sont privés en désir,
comme du séneçon le grain : le statut erre...

Des raisins ce ne sont pas des jus traits des ires,
mon passé - l'adipeux - crie : "chaud devant ! Danger !"
d'amours floues qu'en dits, peu me chaut de vendanger.

mercredi 15 février 2012

Agon-Coutainville

Words by The Christians on Grooveshark


Ton vent souffle le son d'un corps de harpe Agon,
et ta langue leçon d'un sable impermanent
au gré d'un havre épais renfermé sans un gond,
la Sienne en est l'épée dans mes mains de manant.

Si ton écharpe Agon coûte un vil appendice
à la côte où lagons font Geffosses commune,
je t'aurai de Blainville un câlin lapant dix,
la cale, ô Coutainville, où l'auto m'est immune.

Et dans l'emperlement des maisons biscornues,
aux céans perle ment, bourgeoisie frondemer,
il me reste ton sable entre tes plages nues.

Puis j'ai pris sur le râble un amour éphémère,
une bleue promenade où le cœur est hier
et de l'algue en salade où l'Agon sert pierres.

dimanche 5 février 2012

Quinzième round



Je suis le sable du désert,
l'enclume où frappe le soleil,
les poings de plomb d'un adversaire
qu'escompte à dix un grand sommeil.

Je suis les grains de l'océan,
les dépressions du pot-au-noir,
l'effondrement sur son séant
d'ogre affamant l'Afrique noire.

Je compte
                les grains de sable
                                            aux yeux
des machineries stables
                                     d'essieux
d’acomptes
d’étrennes regrettables
                                   qu'envieux
les jeunes font jetables
                                   au mieux...

Si je suis BUMAYE ALI
que mon combat semble perdu,
c'est que j'encaisse et que je plie
comme un roseau l'indéfendu !

Je sonne la révolte humaine
aux grandes ouïes d'un continent
à l'extensible supr-hymen
où mon coeur bat depuis vingt ans.

BUMAYE ALI
                    BUMAYE ALI
                                     BUMAYE ALI
                                                    BUMAYE ALI

Le géant tombera sous les coups répétés
de la voix de ton peuple en ton poing ravageur,
tout ogre chutera parce qu'il peut chuter !
C'est la loi de nos poings et de nos mots lutteurs.

AFRIQUE ! Souviens-toi de MUHAMMAD ALI !
Le colosse a chuté sous les coups du danseur,
et la pluie s'est mise à tomber sur l'accompli
de notre prophétie distillée dans la sueur.

lundi 30 janvier 2012

Sénégal


Si sont ses élections sous ses chants alizés
et ses dérélictions laissées au grand désert,
ce pays merveilleux sera scandalisé
des mots qu'on dépouille - eux - mais dont on fit des airs :

Des langues surpassées, des voix patriotiques,
qu'un pouvoir compassé ne peut bien bâillonner,
qu'en français ou wolof on foudroie d'esthétique,
comme un commentaire "off" parfois nous baille au nez !

Or, le peuple immanent scelle dans la poussière
de l'Afrique où manants et rois s'interchangent,
le pacte citoyen des unions fiduciaires.

Lieu qui m'es mitoyen, toi théâtre d'archanges,
au cri de liberté n'est nulle scène égale
à l'ocre inimitée de ton sol, Sénégal !

dimanche 22 janvier 2012

L'oiseau du voyage*




Quoi que l'étiquette qu'à l'un colla le temps,
Puisse être la quête romantique du vide,
Je sais ces chants forts, cathédrales du vent,
Que j'exsude et t'honore en secrète Atlantide.

Je sais la latitude exacte où s'est perdue
L'identique attitude à nos nomomanies,
La langueur tahitienne et du songe à mains nues,
Cette foi qui fait sienne une humble prosodie.

Je ne sais toujours pas ce que main nue rêva,
Ce qui guide nos pas ni nos loxodromies,
Les mues du dur Adolf et de la tendre Eva...

Je ne sais que du Golfe un peu d'anatomie,
Un peu du Morbihan, beaucoup de la Guinée,
Le cola pétillant d'une bulle qui naît.

Copyright Michel P

*En tahitien se dit : "manureva"



samedi 14 janvier 2012

Dix-neuvième

Afin de savoir ce que vous en pensez...

Dix-neuvième

samedi 7 janvier 2012

De passage



A  Anita , qui fut une grande amie littératrice,
Et qui vient de mourir d'un cancer le jour de Noël...




Nous sommes de passage en ce monde aberrant,
Qui donne à Dieu l'usage où le mal exsuda,
Et cette extrême onction que soudain l'abbé rend
Contre une componction qu'affecte un ex-Juda.

Et que dire des trous dans nos mythes de couple,
Des vices, des écrous dont on bague les veaux :
Glissant dans un corsage infiniment peu souple,
Nous sommes deux pas sages mais pas au niveau...

Nous vivons sans penser ce que les ans nous rognent,
Nous luttons sans panser ces angles incarnés
Par Baudelaire en vers et contre sa « Charogne ».

Les sabots de Denver qu'on traîne à son harnais
tactique et textuel, ont tracé nos destins :
nous sommes la truelle où crève l'intestin.

samedi 10 décembre 2011

L'arktanthrope

Je me suis rendu compte, un mois, d'être arktanthrope,
lorsque Dame Nature émit en moi la bête,
avec les sentiments émus d'un héliotrope
et leur jolie fracture en mots analphabètes.

Oui, la jolie "failure" à l'ordi' de ma tête,
la forêt de mon corps à l'Eve et à la dent
qu'elle a contre l'allure où mes pulsions s'entêtent
à devenir décors des hivers ramadans.

Désirs, vers, on dévore un vide évident,
on lèche le miel à grands doigts évasifs
d'un fugace omnivore où la ruche est vie dans.

Et l'on guette l'abeille où les chevaux se piquent,
le cas "mue" de Camus quand il conte Sisyphe,
les baisers qu'on commue dans des ourses épiques.