"Comme l'Homme est un être social, le Bonheur est un fait social, et les sociétés qui l'effleurent sont celles qui tendent vers l'égalité et nivellent les disparités tout en sachant les préserver."
"Il serait temps que les minorités nanties comprennent que leur malheur s'accroît à mesure des richesses qu'elles accumulent, au détriment des majorités qu'elles craignent, toujours plus grandes, plus miséreuses et plus envieuses."
Republication d'un vieux texte écrit en 2005 (le premier de ma réécriture) et qui correspond bien à mon état d'esprit du moment...
Vous
et moi, nous sommes des réfugiés. Réfugiés de nos envies et de
nos peurs, Réfugiés des revers et des rancœurs, Nos Sangatte
à nous sont nos oreillers.
Tant
de passerelles vers le sommeil Et de ferries vers notre vie
rêvée, A peine clandestins mais passagers, Nos Sangatte à
nous sont à tous pareils...
Il
y a des frontières sans oppresseurs Et une hélice au pays des
merveilles Qui nous mène en bateau comme au soleil, Nos
Sangatte à nous, d'espoir ont lueur.
Vous et moi, nous sommes des
réfugiés. Aux confins des territoires du cœur, Nous
partageons, mes frères et mes sœurs, Sangatte sans cesse
recommencé.
Si loin de Bora-Bora, vingt ans dépecés,
j'ai croisé bord à bord avec les caravelles
de Colomb l'hérétique aux rêves insensés,
qui s'offrit l'Amérique en vache à lait qui vêle.
J'ai vu ces cinq cents ans aux gréements orgueilleux,
gonflés et séduisants d'un hoquet atlantique,
croiser mon bateau gris sous les cieux sourcilleux
d'un Abel amaigri par le cancer tropique.
J'ai croisé notre histoire en voiles déployées,
impudique et notoirement télescopique :
j'avais beau me pincer, j'avais beau m'employer,
le fruit de mes pensées était au point critique,
au point de non-retour où la mémoire émue
s'effondre à mon contour telle une peau de mue.
Ils me manquent parfois l'air doux, le vent d'Angers,
la procession de fois face à nos surdités,
ces sentiments qu'il faut que je revende en jets
de vers d'un vert qui faux, traduit leur nudité...
Sur la corne d'Aubance et l'aqueux mou Layon,
en joue feu ma bombance a mû d'où le corps niche,
et la mémoire aussi se retrouve en haillons,
tant ma pendule oscille entre deux hémistiches.
J'étais entre les mains d'un génie statuaire,
mais les après-demains sont privés en désir,
comme du séneçon le grain : le statut erre...
Des raisins ce ne sont pas des jus traits des ires,
mon passé - l'adipeux - crie : "chaud devant ! Danger !"
d'amours floues qu'en dits, peu me chaut de vendanger.
Si sont ses élections sous ses chants alizés
et ses dérélictions laissées au grand désert,
ce pays merveilleux sera scandalisé
des mots qu'on dépouille - eux - mais dont on fit des airs :
Des langues surpassées, des voix patriotiques,
qu'un pouvoir compassé ne peut bien bâillonner,
qu'en français ou wolof on foudroie d'esthétique,
comme un commentaire "off" parfois nous baille au nez !
Or, le peuple immanent scelle dans la poussière
de l'Afrique où manants et rois s'interchangent,
le pacte citoyen des unions fiduciaires.
Lieu qui m'es mitoyen, toi théâtre d'archanges,
au cri de liberté n'est nulle scène égale
à l'ocre inimitée de ton sol, Sénégal !
Je me suis rendu compte, un mois, d'être arktanthrope,
lorsque Dame Nature émit en moi la bête,
avec les sentiments émus d'un héliotrope
et leur jolie fracture en mots analphabètes.
Oui, la jolie "failure" à l'ordi' de ma tête,
la forêt de mon corps à l'Eve et à la dent
qu'elle a contre l'allure où mes pulsions s'entêtent
à devenir décors des hivers ramadans.
Désirs, vers, on dévore un vide évident,
on lèche le miel à grands doigts évasifs
d'un fugace omnivore où la ruche est vie dans.
Et l'on guette l'abeille où les chevaux se piquent,
le cas "mue" de Camus quand il conte Sisyphe,
les baisers qu'on commue dans des ourses épiques.
L'arbre aux quarante écus t'a vêtue d'un drap d'or,
trente deniers d'inculte ont dépendu ma langue
en novembre, aux signaux que ce mois subodore,
quand le loup fait l'agneau comme un fruit dans sa gangue.
La vie même s'enkyste et l'on meurt près de l'âtre,
on gribouille une liste où les dates s'empilent
tant la nuit prend la place à ce jour que l'on châtre,
la pièce après sa face exhibera sa pile...
Mais ma plume est nocturne et les scènes s'écrivent,
un verset taciturne accompagne mes rimes ;
puisque faute de perle il me reste des grives,
cette plage en maërl est théâtre de crimes.
J'ai connu des chaussées (du Sillon... Saint-Malo...),
déchaussées des Chausey, autant que de jours d'an,
des Jourdain fantasmés et dont on aima l'eau,
mais n'est plus de ce met qu'un latent mal aux dents.
J'ai pris une Vanlée sur le havre susdit,
au beau des prés salés pour dédier à tout saint,
à Michel ou Martin, peu importe, mardi,
tout ce mal qui m'atteint, que je livre en vaccin.
Puis aussi j'ai traîné, Plat Gousset, montre en main,
où Granville étrennée prépare sa Noël,
car décembre est déjà siphonné par demain,
et des cendres d'orgeat reste son pain de miel.
Ville haute où s'éteint tout l'espoir de l'été,
où le croissant d'étain sur mes rides s'immisce,
puisque l'on ne peut pas être et avoir été,
laisse moi donc - sherpa - t'escalader la cuisse.
Les cafés qu'on dit d'un "nec plus ultra" marin,
n'auraient plus que dédain pour les maudits poètes ?
Il est vrai que d'oseille, ils n'ont que romarin...
et que leur nez groseille est le bec à la mouette.
Leur Ophélie, défaits dont ils vont à la quête,
fait d'eux les portefaix d'un fatalisme obtus,
et dépendants fumeux d'un fameux spirochète :
j'ai su ma Sophie lisse aux baisers qu'on m'obstrue !
Les marées sont passées sur les pas hasardeux,
les beautés ont poussé sur des champignons creux,
l'amadou brûle lent sur la mèche d'eux deux ;
si j'en suis, non-violent, c'est pour moins désastreux.
When the sea let us on the shore like a poor shell
While the moon fights the day for emportin' the tide,
Front to front, Mount Saint Michael and Mont Saint Michel
are the two points of entrance in the britonside !
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