mardi 18 avril 2023

Ingrédients

 


J'aimerais trouver les ingrédients du désir

en vérité l'amour est loin d'être parfait

nous sommes les otages de nos souvenirs


Il faut se reconstruire à grands coups de grands faits

puis briser les brisants retenant les plaisirs

il faut croire à demain négliger ces effets


La marée qui s’emploie du soleil et des lunes

a bon dos faiblissant de chasser le malheur

il reste à jeter l’encre épuisant l’autre ou l’une

écrire est ma façon de vivre à mille à l'heure


Un soir il y a tempête elle est ma musique

et quand souffle le vent ce n’est pas une brise

il enfle en immense ouragan métaphysique

et nos cœurs en cristal oui dans le bruit se brisent

vendredi 14 avril 2023

Hors sol

 


Soudain lorsque j'écris c'est l'accélération

qui dicte un rythme en vers et contre tout récif

au bateau bien trop ivre à ma génération


Mon cerveau n'est qu'un laboratoire impulsif

où l'expérience inachevée de l'inception

se change un jour en grand cauchemar répulsif


Au poète est un non s'il n'ose pas choquer

la vérité se niche au creux de nos douleurs

et lentement s’insère entre deux trois hoquets

donnant à notre Poésie ses cinq couleurs


A noir E blanc I rouge U vert O bleu rissolent

aux feux très imprudents du désir à nos âges

aimer c'est penser hors soi comme on pense hors sol

écrire en est le fantastique témoignage

jeudi 13 avril 2023

L'apparence

 


À chaque endroit de l'existence on se retrouve

en train de chercher tous les moyens de renaître

en usant de tout ce que les passions recouvrent


Être un être est peut-être un bien-être à paraître

on s’enfonce en courant lorsqu’un porte s’ouvre

et l’on survit mais que peut-on faire à part être ?


Écrire est inventer un monde alternatif

et c'est ce qui effraie le plus un dictateur

il se pissera dessus pour un mot rétif

aux dents le mort est habitué c’est son secteur


Il n’a plus de la vie que l’envie d’exister

de réduire à néant ce pouvoir un peu rance

à coup de phrases incisives il sait insister

fabriquer la vérité c'est tuer l'apparence

mardi 11 avril 2023

L'alphabet du désir

 


J'écris comme on compose on aime à la folie

le Monde est d'une grande étrangeté pour moi

passant j’ai recueilli de son écho la lie


j’ai cueilli de ma main la fleur de ton émoi

j’ai pris mes précautions et ne l’ai pas salie

j’ai patienté plusieurs années et quelques mois


L'alphabet du désir est fait de hiéroglyphes

à déchiffrer sans aide et sans pierr’ de Rosette

on voit sa dulcinée — j’en étais hier aux griffes —

en n’étant pas Marius on aurait dit Cosette


Au quotidien le rêve inévitablement

s'éteint comme une bougie privée d'oxygène

on peut tricher mais de toute façon l'on ment

là où il n'y a pas de plaisir il y a gène

vendredi 7 avril 2023

L'amour aveugle

 


J'essaie d'écrire un peu l'Amour en bon poète

et de penser mon amoureuse à ce niveau

d’intériorité particulière et d’une esthète


En rédigeant l’idée traversant mon cerveau

je mets aux mots de tête un petit épithète

et quand ça tombe en pluie ce n’est pas en caveau


De ville en ville on s’invente un récit félon

qui trahit le réel et le montre en beauté

la Poésie s'écrit du bout des sanglots longs

de l'automne au printemps de l'hiver à l'été


Je sais pourtant l’amour aveugle éblouissant

la beauté du cœur est dans notre anatomie

qui ne pompe pas d’encre et met à sang pour sang

les précieux sentiments qui n’ont pas d’arythmie

jeudi 6 avril 2023

Mélodie qu'elle sonne

 


Chaque élan qui s’imprime au moment qui t’enflamme

est un brasier fou qui ne se fait pas en vain

c’est un joli creuset d’où se forgent nos lames


Un instant sur ta bouche est un moment divin

j'y recueille un morceau qui me vient de ton âme

en le buvant cul-sec à la façon d'un vin


J'ai lancé ce message à tes yeux merveilleux

tout en morse inscrit sur tes jolies éphélides

entre un ciel bleu torride et ce beau camaïeu

je me suis éperdu comme un affreux bolide


À chaque endroit de l'existence on se retrouve

et si ton apparence est parfois variable

on sait parfaitement la santé qu’on recouvre

à te regarder toi ma beauté mariable

mercredi 5 avril 2023

Au cœur du Mal

 


Mon terrible cerveau se met à disjoncter

produit des courts-circuits de grands arcs électriques

un trop-plein de chaleur et des étrangetés


Je ne suis pas Shakespeare et bien moins Saint Patrick

— être est tentative exister réalité —

je ne suis pas à l’abri de ce qui m’étrique


En tes cheveux ma main peignait ton beau portrait

comme un très long pinceau d’une angoisse irascible

et malgré mon besoin je restais en retrait

rêver mieux c'est rêver d'un bonheur accessible


À ta corde vocale on me voulait l’archer

cochant la flèche écroulée du règne animal

inventer de la Poésie c'est rechercher

les biens qui se seraient perdus au cœur du Mal

vendredi 31 mars 2023

La part obscure

 


La rue tremble à coups de matraque et de remous

le fascisme au pouvoir ira pour que l’on ploie

chaque univers obscur est une part de nous


Chaque univers a sa folie qui nous emploie

qui nous soumet au mal et nous met à genoux

qui nous ridiculise en imposant sa loi


Parfois ne rien dire est un début d'expression

la haine extérieure est l'unité d'intérieur

et pourtant les idées sont les voies des pressions

sont la voix d’espérer ce monde un peu meilleur


En chacun des alexandrins pointe un besoin

de se garder de l’ombre il ne faut pas faiblir

il ne faut pas céder à ce manque de soin

pour écrire il faut créer du vide à remplir

mercredi 29 mars 2023

La table



On voudrait tout changer mais nous reste la table

à débarrasser des scories de circonstance

on n'a plus que du vide un trop plein véritable


Et mon cœur esseulé n'est plus qu'inconsistance

il se délite en force à cette eau non potable

en « faut-pas » chaque mot rythme mon existence


À la vie j'aimerais trouver la solution

ma jeunesse est en fuite et pourtant j'aime encore

alors que la mort n'est que la dissolution

suis-je à présent trop vieux pour accueillir un corps ?


Ô maladie d'amour ô beau mal ambitieux

t'est la loi du plus fort où le faible est vaincu

j'étais pestiféré comme on est amoureux

c'est vrai sur un divan comme c'est juste en cul 

vendredi 17 mars 2023

La saison des labours

 

L'horizon de mes mots rêve au bleu de tes yeux

des années sont passées sont passées mais combien ?

Je suis un vieil homme à présent — pernicieux


La fabrique du mot c'est le moulin du bien

le temps de la roue qui n’est pas prétentieux

déroule au fil de l’eau ton désir amphibien


Je cherche à chaque instant je cherche à le saisir

à chaque instant de rêve une tâche s'attache

à ta peau de sirène où glisse le plaisir

où ma main maladroite explore un port d’attache


Oui vivre est compliqué c'est jouer avec la mort

Il n'y a pas la moindre limite à l'Amour

on se sent rassuré de ça de prime abord

et l’on paye à la fin la saison des labours

dimanche 12 mars 2023

Parfum d'inconnu

 

J'attends de l'avenir un parfum d'inconnu

mourir demain c'est forcément vivre aujourd'hui

dans les méandres des pensées je suis perdu


Parfois je rêve à toi mais je me sens réduit

à l’idée de ta beauté qui m’est hyper due

qui m’est un peu tout depuis que tu m’as séduit


Des soirées parfois révolutionnent nos vies

dans la rencontre en apéros « à la vôtre »

on puise une parole extraite de la lie

le talent c'est penser l'impensable avant l'autre


Et quoi que l’on écrive après quelques hoquets

quoi que l’on rédige en recomposant nos vers

un nectar est choisi quelque soit son bouquet

l'amour est l'illusion qu'on cherche au fond d'un verre

vendredi 3 mars 2023

Maïakovskiste



J’ai déchiré les papiers d’un calendrier

Je pensais à Maïakovski

                                       comme un idiot

Du temps je descendais à skis

                                               le cendrier

D’un absolu

                   trop consumé

                                         par ma radio

J’avais bien lu

                       pourtant

                                    tes recommandations

D’un ressenti mal assumé

                                        de mon désir

Il me fallait du temps

                                  pour avoir une action

Sur les poulies

                       tant dégorgées

                                              de ton plaisir

Assez poli

                  mal égorgé

                                     je survivais

À ta passion trop faible ignoble insuffisante

Et bêtement

                   dans cet élan

                                        je t’écrivais

Ces mots qu’on ment

                   du rythme lent

                                           des médisantes

Oh ma chérie

                      ma Lili Brik

                                          imaginaire

Oh quand tu ris

                     cela fabrique

                                         un univers

C’est ma tuerie

                        mon infini

                                  mais non binaire

En rêverie

                 j’ai défini

                                 ces quelques vers

J’ai déchiré de tes photos la vie courante

Et

    la barque de l’amour

                                      (on la dit brisure)

Est

     dépourvue de l’humour

                                       en sa faible rente

Il me faut t’expliquer cette éclipse et l’azur

Dans la peau de Villon

 


Chaque instant qui se crée dans un endroit secret

dit à l'individu qu'on cherche à incarner :

"soit beaucoup plus patient montre-toi plus discret"


J’écris ma poésie mais ce n’est pas inné

j’ai beaucoup lu Rimbaud Baudelaire et sucré

ce Grand Tour de Villon tout au long des années


Sur Montfaucon j'étais pendu — place de Grève

on m'imaginait roi d'une galette inouïe —

se penser en suspens c'est laisser place au rêve

et rebondir au vent s'est s'être évanoui


S'inventer c'est percer sa bulle de cristal

écouter la chanson qui là-bas plane encore

et quand la ballade au bout du Monde s’installe

une femme est souvent la beauté qui s'ignore

mardi 21 février 2023

Escarpades


J'écrirai tout au long de ma route escarpée
gravissant ravissants corps et grandes beautés
de mes mots audacieux de ma langue écharpée


Trembler d'aimer c’est désastreux pour exister
c'est un piège absolu dont il faut s’échapper
l'amour est un pari sur nos capacités


L'avenir est si loin le passé m'est si proche
et de l’art amoureux je n’ai pas hérité
j’ai bien parfois remis mes demains dans les poches
et plus souvent défait l'amour en vérité


Le prétexte littéraire était comme un cri
que l’on m’invoqua sans avocat pour juger
je ne cherche plus de sujet pour un écrit
la Poésie mystique elle-même est sujet

vendredi 17 février 2023

Ratures


J'ai rêvé de t'aimer comme on pense en silence
une attirance est une intention maladroite
et ta beauté m'a pris par ma main d'inconscience


Une main tantôt sèche une main tantôt moite
organe écrivaillant dont je loue la patience
une main bien trop gauche ou vraiment mal à droite


Et n’étant pas devin — quoi que je m’en enivre
un avenir fait de concessions au passé —
mon romantisme écrivain n'est qu'un bateau livre
emporté par la page à nouveau trépassée


J’aurais voulu créer de la Littérature
au lieu de ça longtemps j’ai gaspillé ma vie
des sentiments je n’en ai fait que des ratures
aimer c'est apprendre à raturer nos envies

jeudi 16 février 2023

Toutes les nuits du monde


C'est en s'oubliant que toutes les nuits commencent
on s’y précipite ainsi que des morts de faim
le désir amoureux n'est qu'une itinérance

Au long d'un long chemin dont on connaît la fin
quoi que l'on pense un objectif est déjà rance
au bout ce voyage on ne rencontre rien

J'ai rêvé de l'amour en voyant ton visage
espéré m’accomplir en m’unissant à toi
mais le temps meurtrier des plus beaux paysages
a gâché l’illusion d’un fantasme pantois

Toutes les nuits du monde ont pour but le matin
dans un réveil abstrus je cherchais une trêve
et la guerre absolue pris l’option du destin
laissez-moi loin de vous mais auprès de mes rêves

mercredi 15 février 2023

Fresque

Je fabrique à l'envi des idées faisant mots

mais les maux sont si mous qu'on s'émeut pour un rien

bien souvent dans la vie nos besoins sont jumeaux


Bien souvent dans la mort on succombe en vaurien

le passé vain mirage assécha nos cours d'eau
le climat chancela d'un grand souffle aérien

L'avenir en sursis nous commande en secret
réagis réagis ne me lâche pas
j'attends de ta part un peu de gestes concrets
mon ami le passé marchera dans tes pas


Ne soyons pas la génération d'abandon
ne soyons pas l'aveugle ainsi que nos aïeux
bien souvent dans la vie nos besoins sont jumeaux
la Poésie s’écrit pour se rendre à vos yeux

vendredi 10 février 2023

Batârdant



Si ce matin passant j’eus deviné qu’il plût

m’attardant bâtardant j’aurais été vassal

à cette suzeraine au regard qui me plût


La mémoire est un instrument paradoxal

utilisant des flux qu'on ne contrôle plus

qui du ru jusqu'au fleuve assume son lit sale


Elle aurait ressemblé sans peine à ce reflet

d’un miroir oublié que l’on dit affligeant

répondant à ces maux quand le désir est enflé

l'Amour est indigent sur ce qu'on dit des gens


Ne me lisez surtout pas cherchez à me vivre

et comprenez surtout ce portrait que je fais

c’est son indicible beauté dont je m’enivre

on ne survit jamais vraiment d’un tel effet

jeudi 2 février 2023

Lointain



Je suis prêt à mourir en souffrant malemort

à réciter les maux qu’on épelle à l’envi

je fuyais la crève en pleurant par-dessus bord


Et je n’en étais pas ni certain ni ravi

le bateau tanguait trop ma cavalière alors

avait mon sourire en otage à la vraie vie


J'ai sombré dans l'abysse en guettant son image

en effet les schémas que l’on chasse en errant

s’évacuent dans le ciel en suivant les rois-mages

ignorant du destin d’un Bon Diable inhérent


Chaque mot que j'écris chaque accent que je prends

chaque espoir est un cri dans le fond qui s'éteint 

chaque échec est un prix dans le coût que j'apprends

chaque amour est épris d’un fantôme au lointain 

mardi 24 janvier 2023

Le train dévie



J'ai des restes de phalange à ronger sans frein

des bouts d'Humanité que l'on vend à tout vent

début de bon aloi que notre code enfreint


Si mon chemin diffère en arrière en avant

des rails tordus que ma locomotive étreint

c'est déjà vivre mieux s'endormir en rêvant


C'est dans l'obscurité parfois la plus profonde

et dans le doute atroce où nous nous retrouvons

que rejaillit la source où d'une encre féconde

on republie les mots qu'autrement nous savons


"Je chanterai l'amour" avait dit le poète

et l'on a désossé des quartiers d'espérance

équarrissant de fait ces ultimes bluettes

où l'on aurait erré dans la Poésie rance

mardi 17 janvier 2023

Collapsus



Je troquerais contre un baiser donné mes vers

il y a dans chaque histoire une vacuité

un vide intersidéral un univers


Il y a dans l'absence après s'être quittés

de la Terre à la Lune un trajet de travers

un projet naufragé dont on s'est acquitté


L'amour est une échappée belle au goût morbide

en relativisant son espace et son temps

ça pourrait passer mieux mais ça fait mal au bide

en vérité le cœur est toujours con battant


Ce sentiment mal intentionné qui m'obsède

avec son lot d'espoir empli de possession

c'est un traître un menteur affreux car il possède

avec la guerre un point commun : la destruction

jeudi 12 janvier 2023

Dépoétiser



Lorsque la nuit s'avance un mot court après l'autre

écrire est la façon d'exister quand on meurt

et le refus n'est pas le mien mais c'est le vôtre


À chaque obstacle inerte imposant ce labeur

il faut persévérer se faire alors apôtre

inconditionnel et fou de sa sombre humeur


Après tout si je me perçois honnêtement

je suis hanté de mots têtus qui me poursuivent

ils sont comme des chiens de bergers à l'aimant

dont l'étoile est l'idée du chemin qu'ils décrivent


Écrire est ma façon de m'adresser au Monde

en épelant ses maux mis là façon strip-tease

et l'étendue pourrie de ses égouts immondes

enfin dans ces propos que je dépoétise

jeudi 5 janvier 2023

Ravin



J'ai pris dans tes yeux verts une encre ultra-marraine

elle a teinté mes vers à la façon d'un corps

imprimé sous l'envers ignoré d'une reine


Et ta beauté m'a dit "ne me mets pas dehors

Oublie mon anxiété mais laisse moi sereine

écrire une réponse à ta colère encore"


Un jour on saura bien démêler les ressorts

apprécier la ressource où naît ta source nue

tu ressembles à la vie dont mon âme est l'essor

aux jolies effigies qui me sont parvenues


L'amour est impossible à moins de nos désirs

on cherche on cherche enfin quoi que l'on cherche en vain

dans la quête amoureuse il n'est que déplaisir

on marche au bord du gouffre et tout est un ravin 

dimanche 1 janvier 2023

Myocarde

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J'ai cette phrase à prononcer

tant de bouquets de mots offerts

au vide à jamais rencontré

qu'ils sont en fond de cale aux fers


Et Boum-Boum à mon palpitant

j'ai vu tes seins comme un cadeau

ma main sur tes tétons tentant

m'ont mis d'humain le genre à dos


Tu dessines avec un sourire

un espoir une attente obscure

et dans la beauté de ton rire

un peu d'amour en sinécure


Et l'on s'en fout Bach est là pour

un battement loin du tempo

nous rappelle un peu Singapour

escale évitable à nos peaux


Donner son cœur est bien réel

au couteau le thorax ouvert

on tend ce muscle assez cruel

il pompe un sang qu'on sait pervers

jeudi 29 décembre 2022

Différences



Ce qu'il se passe en nous lors de la création

modifie chaque aspect de l'environnement

parce que notre regard est dans sa soumission


Parce que la moindre œuvre est dans nos sentiments

qu'elle est une quête et qu'elle est une mission

qu'elle est souvent ce qui nous reste seulement


Dans la vie nous restons l'invention l'un de l'autre

il n'y a pas de décision facile à prendre

et c'est justement là que réside en bon apôtre

un condensé puissant des impressions à rendre


Quoi que l'on se ressemble à fabriquer du vent

que l'on soit en Ukraine ou que l'on soit en France

on le fait passionné par la vue du Vivant

la création c'est l'art absolu des différences