L'Histoire de "Jack l'éventreur" est un parfait exemple de mise en abime : ce n'est pas "Jack l'éventreur" qui est intéressant, mais celui qui enquête au sujet du meurtrier.
Le faiseur de mort n'est jamais là que pour donner du relief à celui qui est la Vie.
« Mieux vaut tard que jamais », dit l'adage à l'intrus
confondu dans l'écho nu de sa chrysalide ;
on cogne à tous les murs d'un labyrinthe abstrus
quand on risque à changer ses défauts invalides.
Et pourtant, l'on persiste et l'on signe de croix
sur des calendriers de taulards abrutis
par les médicaments, les versets que l'on croit
verlainiens, mais du temps de nos vies départis...
Lorsque venant l'automne on sait quitter l'été,
que la peau de chagrin que devient l'avenir
assène à nos passés des coûts déshérités,
nous scellons dans nos poings ce qu'il peut advenir,
et l'on est bien bien moins ce que nous avons été
que ce que nous souhaitons simplement devenir...
Les fétus dévêtus de nos pailles en poutres
emploient la pesanteur à tromper nos allures,
et l'insensé volcan dont la lave est le foutre,
inonde atrocement les jolies chevelures.
Où t'es-tu donc noyée mon ancienne innocence ?
On ne t'a jamais crue débordant de désir,
et pourtant tu le sais, toute ma quintessence,
est en toi survivante et mon besoin d'écrire.
Il distille inconscient, des vapeurs intrusives,
il habille de blanc ma charogne éclatante
en te chargeant du reste à l'humeur corrosive.
Il édicte un baiser à tes bouches béantes,
à tes lèvres gonflées la caresse invasive,
un Amour est toujours une lettre latente.
Lorsque ta vue me rejeta
m'ôtant de ton cœur un carat,
mêlant ses diamants végétaux,
j'embuai ton souffle en carreaux.
J'ai bu dans tes yeux des prairies,
ma menthe-à-l'eau, mon eau-de-vie,
J'ai lu dans ce vert sidérant
mes folies de mer et de vent.
Devant des rideaux de brouillon,
j'écrivais d'un don débrouillard
un peu de ta mine au crayon,
beaucoup de mon amour criard.
Et puisée dans l'onde irisée
de ton clair regard arrosant,
mon encre en toi s'est déguisée
dès lors en dealer dégrisant.
aux lents reflets dont j'allais prêtre
en ruminant.
J'ai liquéfié dans leur formule un
peu de moi,
de la fée verte et Salomon sa
clavicule*,
aimant roder sur la verdeur de ton
émoi,
pour mieux sauter, là fallait-il que
je recule...
Un océan s'est écoulé de tes yeux
tristes,
un temps sans fin, sans foi ni loi ni
fond ni faim,
mais leur éclat d'obus de chlore et
d'améthyste
obtint raison de mon esprit dès lors
défunt.
L'aventurine a fait son job et l'ondée
chut
sur Toi mon ange implorescent de son
passé,
de ton parfum de fleur mouillée
l'odeur m'échut
telle une peau cousue sur le revers
d'abcès.
Des variétés de muscovite on sait la
tienne :
elle est sanguine à la façon
d'invertébrés
dont l'onde lymphe est au-delà de mes
antiennes,
et dont l'accord hémocyanine est
célébré.
J'ai cravaché ma peur servile en
t 'épousant,
comme la roche affronte l'onde et son
étreinte,
allant d'avant sans cesse et pourtant
s'épuisant,
cédant à la durée de la chandelle
éteinte.
Aussi, me suis-je dissolu dans tes
humeurs
infiniment amarinées par l'eau de tes
abysses
étouffant dans le fond, bien plus que
des rumeurs,
on garde alors en bouche un goût de
cannabis.
Ainsi charnu, fruit de l'oubli de soi,
il grouille en ma mémoire un flux de
vers épais
comme une lampe d'Aladin que je reçois
sans le génie qui m'aurait pu laisser
en paix.
La Poésie divague, alerte, écorne,
embrume,
houleuse et souple, à la façon de ton
bassin,
l'oscillation l'empresse et, pulpe de
l'agrume,
amoncelle en baisers la pluie de son
naissain.
Je me noie donc enfin dans ton vert
d'eau de mer ;
orange est le cheveu, si laiteuse est
la chair.
L'aventurine a tourné court et
l'âme amère
appelle en tous mes sens un désir en
jachère.
* "Selon une tradition juive, l'émeraude magique appelée Clavicule de Salomon, tombée du front de Lucifer lorsqu'il fut déchu sur terre, et symbolisant la Science Sacrée maudite parmi les hommes, fut un temps la propriété des Caïnites. Cette émeraude était le Bareket de Ruben Satanas, qui la donna à Lilith, première femme d'Adam avant de devenir celle de Caïn, lequel la lui reprit lorsqu'il voulut reconquérir le Paradis perdu par ses parents. Ce fut une des pierres précieuses du pectoral de Salomon, le "Urim et Thummim". Le Mage Simon la perdit contre Simon Pierre, qui la donna à Marc l’Évangéliste. Celui-ci ignorait que cette émeraude avait été donnée par Salomon à son architecte Hiram, en récompense de la construction du Temple de Dieu. C'est pour cette raison que l'émeraude était magique et qu'il y avait des caractères mystérieux gravés dessus : un message secret pour les initiés. Ces caractères, gravés comme des formules magiques, donnaient en réalité les indications pour retrouver l'un des trésors de Salomon et de la Reine de Saba. Ignorant tout cela, Marc partit en Égypte pour fonder l’Église d'Alexandrie, mais il fut étranglé par deux tueurs d'une secte gnostique, liée au Mage Simon, qui rapportèrent l'émeraude à Antioche. Plus tard, lorsque Basilide fut en possession de cette émeraude, il la transforma en gemme gnostique du genre Abrasax, et elle passa alors aux mains des hérétiques Caïnites, jusqu'à la conquête arabe d'Alexandrie en 641. Le chef arabe Amr ibn al-As donna l'émeraude à ses prêtres, qui en eurent la garde jusqu'au moment où deux commerçants vénitiens réussirent à s'en emparer, avec le corps de l'évangéliste Marc. Ils arrivèrent à Venise en 828. Puis on perdit la trace de la "Clavicule de Salomon", c'est-à-dire de l'émeraude magique... "(Wikipedia — https://fr.wikipedia.org/wiki/Caïnites)
Je soufflais dans l'évent des plus grands cétacés,
dans les cordes tendues sur les arbres bronchiques,
et les voix d'outre-tombe étaient ma panacée
dans l'harmonie complexe où tout semble anarchique.
À chacun des couloirs est son étranglement
débouchant dans l'évier du bassin labyrinthe
où les hanches masquées d'ambitieux instruments,
jouent le fil mélodique où mes poumons s'éreintent.
En cessant d'embrasser d'absolues vocations,
j'ai laissé la paroles à des tons relatifs,
et j'en ouïs au passé l'obscure inspiration.
Je ne suis plus coupable et bien moins que fautif ;
un chemin s'est ouvert entre mes fondations.
Tout désert est porteur d'un mirage exhaustif.
Cela fait 1 mois 1/2 que j'ai quitté cette merde, on m'a dit que j'anticipais le mouvement des autres, et si c'était le cas ?
À lire/écouter absolument :
Les beautés mordorées des feuilles de l'automne
ont des mots la cambrure au vent qui les soulève,
et l'impression sépia d'un ancien scopitone
éveille en ma mémoire un vent mauvais élève.
Un fort mauvais sujet malgré sa majesté
posée sur le chevet des nuits que l'on dénoue
gordien, lorsque le temps scalpé, passé l'été,
noie son ambition fleuve au creux de nos genoux.
Plié, l'estampillé courrier du cœur moisi
s'est fait la malle et pire : il raconte une histoire
hantée par un fantôme aux sévices choisis,
conduisant les moutons du somme à l'abattoir.
Et l'automne hémophile alimente un vampire
accouché par le siège en égorgeant les jours ;
une amante aliénée ne vaut pas un empire,
un soleil en saignant m'apprend tout de l'amour.
On commence à mourir à la morte-saison,
lorsque les feux couverts indûment nous enivrent
avec un monoxyde et quelques déraisons
que le papier-carbone imprime en un mot : vivre.
Un mot fait de grands maux qu'il accumule en route,
et dont l'inéluctable et mortelle illusion
conduit tout un chacun sur les chemins du doute
où s'instille un cancer en deux, trois perfusions.
Si vivre est apprendre à souffrir en quelque sorte,
il est normal alors qu'on vieillisse en cynisme,
en regardant nos mues, continents qu'on emporte,
entre un jeune et un vieux le passage est un isthme.
"La proximité de la mer" est l'anthologie des poèmes traduits de Jorge Luis Borges au sein de laquelle je me plonge hasardeusement depuis plusieurs mois déjà. J'y découvre avec étonnement, peu à peu, l'étrange identité littéraire avec mon écriture, où je puise un renforcement salvateur quant aux choix délibérément marginaux de cette dernière, à l'aune évidente instillée par les milieux intellectuels français, d'une poésie qui s'est coupée de son public. À la découverte inopinée de son texte intitulé "L'autre tigre", il m'est apparu qu'outre une analogie de forme, il y avait dans la profondeur de cette métaphore une assez grande familiarité de pensée, voire un troublant mimétisme en l'utilisation d'un tel exemple — issu d'une lecture préalable en mon cas d'un essai de Barjavel. Il en résulte au-delà de ma surprise, une conviction puissante animant ma revendication de cette ellipse à vrai dire incomprise, et malmenée par une insuffisante imagination chez ceux et celles usant d'un degré d'interprétation par trop prosaïque. Afin d'illustrer mon propos, voici ce texte (ici traduit par l'excellente Alina Reyes) :
L'autre tigre
And the craft that createth a semblance
Morris, Sigurd the Volsung (1876)
Je pense à un tigre. La pénombre exalte
La vaste Bibliothèque laborieuse
Et semble éloigner les étagères ;
Fort, innocent, sanglant et nouveau,
Il ira par sa forêt et son matin
Et marquera sa trace dans la limoneuse
Rive d’un fleuve dont il ignore le nom
(Dans son monde il n’y a ni noms ni passé
Ni avenir, seulement un instant certain)
Et franchira les barbares distances
Et humera dans le labyrinthe tressé
Des odeurs l’odeur de l’aube
Et l’odeur délectable du gros gibier.
Entre les raies de bambou je déchiffre
Ses raies et pressens l’ossature,
Sous la peau splendide qui vibre.
En vain s’interposent les convexes
Mers et les déserts de la planète ;
Depuis cette maison d’un lointain port
D’Amérique du Sud, je te suis et te rêve,
Oh tigre des rives du Gange.
Le soir se répand dans mon âme et je réfléchis
Que le tigre vocatif de mon poème
Est un tigre de symboles et d’ombres,
Une série de tropes littéraires
Et de souvenirs de l’encyclopédie
Et non le tigre fatal, le funeste bijou
Qui, sous le soleil ou la lune variante,
Va, accomplissant à Sumatra ou au Bengale
Sa routine d’amour, de loisir et de mort.
Au tigre des symboles j’ai opposé
Le véritable, celui qui a le sang chaud,
Celui qui décime la tribu des buffles
Et aujourd’hui, 3 août 1959,
Allonge dans la prairie une ombre
Calme, mais déjà le fait de le nommer
Et de conjecturer sa condition
Le fait fiction de l’art et non vivante
Créature, de celles qui marchent par la terre.
Nous chercherons un troisième tigre. Celui-ci
Sera comme les autres une forme
De mon rêve, un système de mots
Humains et non le tigre vertébré
Qui, au-delà des mythologies,
Foule la terre. Je le sais bien, mais quelque chose
"Dans un poème ou dans un conte, le sens n'importe guère ; ce qui importe, c'est ce que créent dans l'esprit du lecteur telles ou telles paroles dites dans tel ordre ou selon telle cadence."
Salut tout le monde !
Je viens de publier deux nouvelles critiquesciné ici : http://musicologis.blogspot.fr/
En effet, depuis mon blog principal d'où vous êtes en train de lire ces mots, vous pouvez accéder à ses périphériques, blogs dans lesquels je me laisse aller au gré d'écritures aux formes diverses et variées. Il suffit pour cela de cliquer sur l'un des liens figurant sous la liste "Mes autres mots, ailleurs" se trouvant dans la marge ci-contre
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