mardi 30 décembre 2025

Un peu des deux



L'âge est trop souvent l'ennemi

des rêves d'idylle attardés

des émotions trop bâtardées

pour en démêler les nœuds mis


La gare est dans sa gestation

je ne vois pas de trains civils

et les wagons plombés défilent

l’Amour est fait d’hésitations


La nuit gagne à être connue

dans son sein se nouent des intrigues

en elle on tombe enfin des digues

où nous finissons toujours nus


Nous ne sommes pas préparés

je sens pourtant — règle assouplie —

navire à virer prêt parez

le rêve est propice à l'oubli


Le froid me remplit d'amertume

et les sanglots de la pluie t'aiment

on aura fait l’effort en thème

et dans ma version la mer hume


Mes cauchemars les plus hideux

sont comme un merveilleux problème

et ma nuit fauve assassin blême

mon amoureuse un peu des deux

lundi 29 décembre 2025

Vêtu de paille



L'âme est dans l’émotion le désir est un leurre

rayonnant lucifer est diablement banal

et son Grand Dieu rarement lui-même est à l’heure


On se trouve à traîner tout au long du canal

la réponse à chercher — c’est question de valeurs —

est peut-être au milieu des vastes bacchanales


La nuit c'est le côté que l'on ne veut pas voir

(ainsi que Salammbô l’héroïne à Carthage)

où brille un astre absent mais qu’on peut percevoir

rêver est un mauvais deal et bien sans partage


Un éclair est brûlant quand l’orage s’en mêle

la grêle est dans la tête en ces temps de ripailles

l'amour est l’errance où l'on se perd et s’emmêle

alors mon paquebot n'est qu'un fétu de paille

La réponse



Le charme est ordinaire et son récit splendide

un bouquet dont l'épine est dorsale en parfum

l'Amour — un jeu de poker où l'on est candide


On se comporte alors tel un marchand d’arts fins

faisant d’un beau cadeau notre présent sordide

achevé comme un film en terminant par « FIN »


Faire assez court assez succinct mais désirable

on raconte une histoire intime à déconstruire

en toute humilité sans sembler misérable

l'âme est juste un iceberg oublié pour détruire


Attiré pourtant par sa force centrifuge

je sais bien qu’en freinant l’arrêt ponce

un vice agresseur est une passion transfuge

« j'aime » est la vraie question l'Amitié la réponse

dimanche 28 décembre 2025

Les plus faibles



Lutter contre les juges c'est la tyrannie

séparer les pouvoirs un début de pardon

pour y vivre une histoire un début d’harmonie


Mais de me diriger je n’en ai plus le don

la beauté d'un discours est reflet d’un déni

l'Amour est l'illusion dont nous nous persuadons


Sous la meule ultra-libérale on fait farine

en écrasant le pauvre accroupi dans la glèbe

on oublie le respect la langue est vipérine

un lieu civilisé prend soin de ses plus faibles


Au milieux de ce monde aimer est une errance

un désir — un bébé tout bercé d’émotions —

mais ce monstre à chérir est mon itinérance

et nourrir un premier des gestes d'attention

samedi 27 décembre 2025

Rarissimes



L'attirance est un chat sauvage ayant des griffes

et nous balafre à l’envi provoquant notre effroi

n’étant plus à la fin que deux grands escogriffes


Un itinéraire est l'enfer obscur et froid

sous couvert en effet d’évangile apocryphe

il condamne nos vies suspendues au beffroi


Le désir enseignant coule en son encre rouge

écrivant nos destins comme on corrige un texte

et passant au suivant lorsque plus rien ne bouge

on rédige en gueulant tout dépend du contexte


Aimer c'est subir un examen de conscience

escalader l’esprit s’en aller jusqu’aux cimes

aux sommets ignorés dont on eut la prescience

ceci s’est partagé dans des cas rarissimes

Jeux de mots



Toute écriture audible est comme un paysage

on l’explore en rêvant de clichés pêle-mêle

libérant nos pensées dans un franc métissage


Chaque idée fuse et puis mon cerveau l’entremêle

à chaque précédente en fougueux pétrissage

accouchant las de mon corps de texte femelle


La folie littéraire est un virus étrange

chacun peut peindre en mots les pires salissures

et s’en laver les mains (juste à moins d’un être ange)

chaque image est dans l'œil une balle archi-sûre


Raturer son écrit mais garder sa forme elle

— l'idée maîtresse étant une idée qui naît vite —

un hyatus en amour est toujours informel

le meilleur jeu de mots c'est celui qu'on évite

vendredi 26 décembre 2025

À ton regard



Toute illusion se perd en entrant dans la vie

qui n’est pas en duvet ni dans des bas de soie

nous devenons quelqu’un dont on moque l’avis


Le désir est un jouet qui souvent nous déçoit

le vernis recouvrant n’est qu’un léger lavis

le semblant d'un bien-être est le mal-être en soi


La possible amitié n'est qu’un fruit des échanges

entre nous l’Esprit Sain (notre passion l’imite)

en allant même au Mont je n’en suis pas l’Archange

chaque idylle est toujours une question Limite


Aimer c'est se penser très loin de tous les uns

mais des autres aussi qu’on salue par égards

et fabriquant mon encre avec un vieux raisin

je crée ce nouveau monde offert à ton regard

jeudi 25 décembre 2025

Faiblesses



L'amour éperdu s'est perdu dans nos mémoires

au creux des billets doux froissés de nos rancœurs

entre les pages écornées d’un vieux grimoire


Un orgasme est un leurre il n'est jamais à l'heure

un enfant du désir est un sacré veinard

une beauté souvent c'est le reflet du cœur


Alors on m’a blâmé mais moi j’étais fou d’elle

l'idée de notre idylle est tombée dans sa bouche

en m’avalant tout crû — c’était un gros bordel —

elle y a longtemps cru piquée par une mouche


Chez certains dominés par un esprit du mal

on trouve accumulés des baisers qui nous blessent

alors on se protège autant qu’un animal

l'armure est à l'Homme un témoin de ses faiblesses

mercredi 24 décembre 2025

Rédemption



Le débit de la plume est un début d’embruns

de mers et de marées d’océans qui nous poussent

et dont les maux précieux ne sont jamais d’emprunt


Les banquiers des maisons d’édition — ceux-là toussent —

oublient bien trop souvent ce qu’est le marchant brun

j'écris dans l'espoir inavoué de plaire à tous


Ces rimes et ces mots font de jolis fauteuils

aux culs des académiciens nus de scrupules

ayant raté le train ce n’est plus qu’un faux deuil

et mon trou de mémoire est celui d’un vieux pull


L'écriture est un geste et sa constance un art

appelant tous nos sens à lui sans exception

l'amour est une corde étranglant le fuyard

à son inverse écrire est une rédemption

mardi 23 décembre 2025

Le crayon du poète à la mine esquintée



Pourquoi si différents nous attirons-nous tant

nous serrons-nous l’un contre l’autre en une dance

ultime et définie que le destin nous tend


Quoi qu’on contienne il faut qu’on tienne sa cadence

et qu’on soit digne ainsi de ce que l’on prétend

l'Amour est une drogue à grande dépendance


Ce voyage amoureux n'a pas d'itinéraire

est une erreur aussi lorsque l’on suit sa flamme

mais en exhumant ce qui n’est pas funéraire

humer ce qu'est la Beauté c'est penser aux femmes


À l’encens capiteux des parfums issus d’elles

y compris l’ayant sans pataquès quittée

j’ai saisi comme un fou dessinant sa modèle

le crayon du poète à la mine esquintée

lundi 22 décembre 2025

Le fruit de la nuit



Chaque nuit mène au jour et le jour à soi-même

une tentative inouïe de vivre en vrai

ce jour-là dans la rue tu diras que tu m’aimes


En goûtant tes poisons violents je m’enivrais

de passions désolées qu’on raconte en poèmes

mais leur saveur rarissime aussi me navrait


L'amour est un abandon sur le chemin du cœur

un impayé brutal et qu’on laisse en patente

autrement dit la mise à des jeux de truqueurs

rêvant aux doux baisers d'une épouse éclatante


Une Lune insoumise éblouissant le ciel

a dicté tous mes pas quand je longe les murs

rappelant graphitée l’idée circonstancielle

la nuit s'offre à nous tous ainsi qu'un fruit trop mûr

dimanche 21 décembre 2025

Point à la ligne



Chaque instant dont l'amour est privé nous enferme
ainsi quoique allongées mes relations étaient brèves
et quant au célibat j’en ai pris dix ans ferme

Il est épuisant d’être un amoureux sans trêve
écrivant au sujet des maux quand on la ferme
un sommeil a raison de nos plus jolis rêves

Une image évoquée qu’en cadence on martèle
l’usant de positions qu’un astrolabe éreinte
tout désir intranquille est pourtant bien mortel
l'architecture humaine est un vrai labyrinthe

Tout doute est une vérité juste accouchée
une star était née mais je n’en étais pas digne
(une folle illusion que je cherche à toucher)
l'inaccessible étoile est mon point à la ligne

samedi 20 décembre 2025

Adolescent



Tout désir est emprunt d'un peu de transgression
puisque entre deux l’on fait d’un compte un règlement
de tons clairs et obscurs on construit sa passion

Tout peut être un Poème au sommet d’un moment
de mon anti-sonnet bâti de tentations
l’attrait n’est qu’une erreur ourdie conjointement

Ne cherche-t-on jamais que son propre reflet
dans l’image de l’autre où la glace est sans tain
claire et transparente et malgré les camouflets
j'ai trouvé le chemin d'un amour incertain

Ne me reprochez pas d'aimer les jolies femmes
elles sont l’illusion d'un rêve adolescent
c’est comme un parachute à ma trop lascive âme
irrésistible envie qu’un homme a dans le sang

vendredi 19 décembre 2025

L'épisode absent



Tout est une illusion que l'on cherche à changer

chaque reflet trompeur un effet de noblesse

une vessie remplie que l’on a vidangée


Le désir est une dédicace à la faiblesse

une propension sûre à se mettre en danger

dans cet odieux décor on sait que les faits blessent


À la valse des corps on ajoute en déco

le goût si salé de la langue et son accent

vivre est un artefact où l'amour est l'écho

je ne suis que le fruit d'un épisode absent


Penser c'est se panser de tourbillons de bandes

dont l’impact est conquis par un espoir inouï

sa momie dévissée dont la verge débande

débordant de noirceur au bout long de la nuit

jeudi 18 décembre 2025

Le froid dans mon cœur est le reflet du monde



La faillite est un don mon âme ainsi le soigne

avec un numéro que je garde en mémo

ce que l'amour apprend le doute aussi l'éloigne


On rêve au pèr’Noël (on en fit la démo)

je n’ai pas de recueil en vue quoique en témoigne

un cercueil et ma production clouée de mots


Je n’ai plus qu’un grand coffre une malle entrouverte

où je range en virtuel un gros professorat

de Poésie montée comme une jument verte

et j’admire en secret Fernando Pessoa


Je pense aux ukrainiens que l’on traite au curare

il faut enfin la fin de cette guerre immonde

de l'absolu désir on sait les denrées rares

un froid dans mon cœur est le reflet du monde

mercredi 17 décembre 2025

Croquer l'avenir


L'amour est une étrangeté qui nous fascine

et pourtant c’est courant de se faire éconduire

en souffrant d’un mal-être ardent qui nous bassine


On n'a plus de formule inventée pour induire

un joli trait de cercle à demi qu’on dessine

— un sourire est l'atout-maître afin de séduire —


Aller en pente douce est juste un démarrage

on dégringole après (la résistance est vaine)

à la fin du récit j’ai l’objet de ma rage

j'écris pour une femme en me tranchant les veines


Un grand leurre absolu comme un beau soulier neuf

a brillé puis j’ai tu ce qu’il peut advenir

avançant mes idées tête nue comme un œuf

fabriquer du présent c'est croquer l'avenir

mardi 16 décembre 2025

Patries



Ma vie touche à sa fin je dois en profiter

sur le sable traîner jusqu’en faire une grève

une faim sans raison qu’on ne peut éviter


De se renier soi-même il faudrait qu’on en crève

et qu’on reste en pleurant dans cette cavité

l'abandon d'un projet c'est le meurtre d'un rêve


Alors enfin vivons — je voudrais qu’on le veuille —

l'Amour est un récit et son voyage une errance

se penser dans la marge est noter sur la feuille

le désir impatient d'impassible attirance


Avenir est aux mots ce qu'espace est aux gestes

une guerre a déjà chamboulé l’existence

empêchons le passage à l’ordure indigeste

aux patries sont l'attachement de nos enfances

lundi 15 décembre 2025

Alchimique



Depuis l'adolescence il me fallait t'écrire

en poésie des tas de mots inusités

restant toujours hanté par la peur de m’aigrir


Un jour ayant tenté (sans cesser d’hésiter

d’en chercher le chemin) j’essayais de maigrir

un style ampoulé lourd — une autre obésité


Mes vers ont la tête écrasée contre un trottoir

ils sont comme un clochard en quête de vins doux

qui voudrait se pencher sur tes seins en sautoir

et qui n’est qu’un vieux bout dans un gras de saindoux


Pourtant tout est possible en nous tout continue

mais malgré cet enjeu souvent catastrophique

un rêve est une ligne un rien discontinue

fabriquer de l'amour est un art alchimique

dimanche 14 décembre 2025

Le lac et la paix



Dans Brest à Saint-Martin chaque ennui se distille

le goût d'intimité de ton fruit défendu

je me souviens bien de la beauté de ton style


Un instant d'attirance est un temps suspendu

dans l’air marin salé le Finistère instille

un lien qui s'est forgé dont on a dépendu


Les Monts d'Arrée n'ont pas d'arrêt mais un départ

en direction de ce que Segalen révèle

l'avenir aura toujours un temps de retard

et le bois me semblera toujours irréel


La beauté d'un endroit nous ramène à nous-mêmes

et le rivage assis mais que l’onde lapait

cherche à se démêler d’une langue qu’on aime

étant chez moi je vois le lac et c'est la paix

samedi 13 décembre 2025

Le grand vide



D'infinis univers ont hanté nos mémoires
rappelant tout le poids de notre indécision
revenant sous l’aspect d’un énorme assommoir

Retenant chaque phrase à la moindre allusion
les échos de nos vies sont reflets de miroir
où ce qu'on donne au rêve est la pire illusion

Je pense à toi que j'aime — un amour sans espoir —
rigolant de soi-même on boit du petit lait
je ne sais plus vraiment quand on laisse un pourboire
en Poésie cherchons à voir en Beau le Laid

Je ne veux pas mourir exempté d'un baiser
nous vivons le jour et la nuit parfois décide
en un mot comme en sang (puisqu’on est apaisé)
j'écris pour éviter d'affronter le grand vide

vendredi 12 décembre 2025

L'Art amer



Chaque instant de nos vies n'intéresse que nous

mais sans pour autant démêler le vrai du faux

le nœud gordien pourtant si stressé qu’on renoue


Les mots sont d’un tranchant ressemblant à des faux

des mots fléchés que l’on décortique à genoux

sache aimer les humains en aimant leurs défauts


Les petites passions sont souvent très intenses

ce fruit d'envie coupable est pressé d'en finir

en un visage un seul la beauté se condense

à chaque autre est offert un peu de souvenirs


Il est temps de l’écrire avant de riposter

le charme est un instant fugace où l'on se perd

reste alors un billet qu'il nous faut composter

chercher l'amour ailleurs est chercher l'Art amer

jeudi 11 décembre 2025

L'enfant de l'absence



Le charme est un cadeau souvent empoisonné

qui nous attire au fond d’un trou pourtant sans fond

comme un bateau saoulé qu’on vient arraisonner


Coulant donc le fromage — et quand d’autres s’en font —

le vin l’arrose au rouge où tout a résonné

(ta bouche envahissante où mes soucis s’en vont)


Si l’envie doit finir ôtons-la de nos cartes

à l’attendre le Tendre est déjà reparti

si la passion le veut la sagesse l’écarte

à l’envi le destin produit sa répartie


L'idée que je possède est un fruit de bordel

le soyeux de sa peau face aux pertes de sens

et mes doigts dépités quand je me languis d’elle

l'amour est toujours un enfant de l'absence

mercredi 10 décembre 2025

Le Génie






L'empreinte de ton doigt sur la bouche est mon sceau

dans un monde égoïste elle est ma seule option

la toile de Monet peignant le Parc Monceau


L'abandon sans objectif est l'admiration

béatitude aussi résumant tout mon saut

le poète est un grand écrivain d’émotions


Les fleurs en délavant la toile imprègnent l'œil

il est donc impossible après de se mouvoir

on est tétanisé par le bleu d’un glaïeul

la Beauté c'est la capacité d'émouvoir


Retrouvant ton bijou j’ai gardé son parfum 

l'Amour est un leurre aux reflets qui nous attirent

un début tourmenté présumant de sa fin

le Génie tient dans l'ignorance à s'en vêtir

mardi 9 décembre 2025

Le fruit du regard



Dessiner ton visage est fabriquer l’acmé

de l’envie qu’on ressent tout enfouie dans l’essaim

des sentiments bruissants alarmée qu’est l’armée


J'ai porté dans mes mains ton petit poids de seins

ton livre ouvert à moi (je lisais Mallarmé)

le calligramme enfin dont je fis le dessin


Je vis avec l'espoir idiot d'une rencontre

où le désir est graisseux se fond sous la flamme

un vain poète absent de ce qui nous rend contre

écrit sans joie comme on fait l'amour à sa femme


Ignorant du rivage et du tissu de fils

en prison des filets quoi qu’on semble ringard

une ligne de vie que l’on suit qui défile

l'idée de la limite est un fruit du regard

Guerres



Nos petits parapluies s'en vont tambourinant

sous la pluie d’occident que la russie déteste

inondée qu’elle est tout de sa plèbe urinant


De spoutnik en vaccin je n’ai pas fait le test

un mensonge officiel est de maux ruminant

de staline ou poutine et que l’Histoire atteste


Avec Achille à Troie le grand maître est talon

le dictateur aussi d’un fantasme éléphant

de ce triste roman l’épilogue était long

de l'Abject et du Beau nous sommes les enfants


Je me sens revêtu d’un instinct d’animal

en relisant de Verlaine un « Jadis et naguère »

en chantant la victoire on raconte le Mal

la banalisation c'est le propre des guerres

lundi 8 décembre 2025

Passage



Chaque épouse à chérir est sous le couperet

d’un jugement sommaire ancien que l’on ressort

amortissant les maux que je découperai


Nos vieux passés européens sont un trésor

un dépotoir aussi (Kyril l’asservirait)

le cimetière enfin de ces vieux dinosaures


« Au feu sale sorcière » entend-on crépiter

les tons du Caravage — un obscur à quitter —

sabre au clair un carnage ayant tout dépité

Salammbô dans Carthage enfin libre acquittée


Le rêve est un partage — enfin vous le savez —

le cauchemar advient lorsque l’on n’est pas sage

et l’écriture est ce qui m'a toujours sauvé

la nuit n'est qu'un obstacle et le jour un passage

dimanche 7 décembre 2025

Veilleur



Fabriquer du récit c'est proposer du neuf

fais moi rêver mais laisse-moi mon écriture

entre dans ma coquille enfermée dans un œuf


Oh ta bouche est si douce et nos sexes si durs

on pourrait laisser croire en s’attirant qu’on bluffe

un grand désir est à jamais celui qui dure


Remonte à tout trésor et sa carte est perdue

mais les réseaux sociaux ne montrent que la nôtre

un amour est caché sous sa flore éperdue

notre définition c'est l'absence de l'autre


Il faut trois femmes afin de trouver l'équilibre

il me faut l’expliquer si l’on me cherche encore

et si dans l’avenir il nous faut rester libres

on passera des nuits à veiller sur nos corps

jeudi 4 décembre 2025

Prélude



Qu'est l'amour éperdu quand confiance est perdue

quand on est rimbaldien d’un cœur de supplicié

quand on meurt en pleurant de tendresse hyper due


Quoi qu’on fasse à genoux se sera supplier

se sera bien en vain quoi que l’on s’évertue

vouloir se souvenir est vivre et s'oublier


Mon cerveau réagit à la beauté des filles

on fantasme en photo juste à des cons posés

sur un film en chantier tout le reste défile

l'amour est une symphonie décomposée


Mon âme émoulue ment (quel arracheur dedans)

petit morceau malin d’un air empoisonneur

il se balade en moi comme Arthur à Sedan

l'attente est le prélude exclusif au bonheur

mercredi 3 décembre 2025

Les jolies mains



La nuit qui trépasse est un égout qu'on tolère

rêver n'est qu'un mirage et toi mon oasis

survivre est s'échapper d'un songe suicidaire


Reste à la relation sa trouble catharsis

son Amour — une particule élémentaire

échappant à ces lois qui nous sont Némésis


Sur un genou chercher la voie de l’intérieur

raser est une vue de l'esprit sans projet

je palperai du miel en ta lèvre inférieure

et te boirai d’un trait sans verbe ni sujet


Cueillir un fruit c'est délicat (parfois trop mûr)

agir est compliqué baiser l'est plus encore

on t’imagine enfin laissant tomber l’armure

aux mains jolies caressant mieux qu'un joli corps

mardi 2 décembre 2025

À l'envers



Le froid c'est un endroit qui ressemble à mon ciel

étoilé de flocons dont il est parsemé

raccommodant de feu mes visions démentielles


L’objectif est d’encrer sans cesser d’essaimer

les mots importants sans oublier l’essentiel

la fragilité d'être est la peur de s'aimer


Dans une relation le pire est le mensonge

— une belle ukrainienne étant la pire hongroise

est un vrai cauchemar au comble de mes songes —

j'aime aimer le sourire inconnu que je croise


Aimer c'est prendre un soin sans sa contrepartie

je préfère le blé si l’on m’offre l’épeautre

ai su loin des beautés qui m’était imparties

qu’en pensant à l'envers on comprend mieux les autres

lundi 1 décembre 2025

L'amour-propre



l'Art est ce qui permet d'oublier la laideur

rappelant Baudelaire en deux mots j’ai remué

la charogne que l’on reconnaît à l’odeur


Rien ne vient qu’un dialogue de sourds entre muets

ce déchant allemand dont j’étais le leader

et tant pis pour nous deux ma voix chaude avait mué


J'ai mangé ta magie d'un fervent appétit

dans tes lignes de main c’est le soir il est tard

où je vais te grignotant petit à petit

chaque instant se conçoit comme étant un retard


On ne sait jamais l'autre côté du miroir

Alice est devenue l’objet de mon opprobre

un lapin qui me tient prisonnier d’un mouroir

reste à l'autre un désir où se sent l'amour-propre