dimanche 18 mars 2018

Vitruve




Longtemps, j'ai défriché des broussailles nerveuses
et restauré le meuble objet de vos cerveaux,
dont les bleues propensions aux dérives rêveuses
ont quitté les hauts quais démarrés par niveaux.

Mais si l'heure est venue d'oublier les amers
et les points de repère où l'on fixait son cap,
il me faut louvoyer à l'exemple d'Homère,
auprès des odyssées farcies de handicaps.

Il me faut squeletter l'image de la Mort
et réorganiser celle aussi de la Vie,
sans souci ni des voix, ni d'eux, ni des remords.

Il me faut composer un hymne assez déconfit
pour passer pâle, enfin pour passer en dehors
ainsi du cercle inscrit d'un sourire ébahi.

https://soundcloud.com/annaondu/vitruve



mercredi 14 mars 2018

En nos nuits quotidiennes




C'est le tapis violent de nos projets déchus,
qui nous conduit tout rouge aux accès indécents
de colères rentrées et d'idées moustachues
qui nous barbent, fleuries de remords incessants.

C'est l'idée de la mort où s'enferme la vie
trop souvent balbutiante à l'aurore avortée,
qui supplante en un sens ce qu'on peut à l'envi,
désirer de meilleur en n'étant pas tenté.

Nous nous perdons sans cesse en de faux labyrinthes,
où la passion s'estompe et se perdent les dons,
nous figeons dans la cire où le talent s'éreinte
un meilleur de nous, même en demandant pardon.

Nous sommes des vagabonds aux mains du destin
dont l'amour à ce point sommaire est un mirage,
et dont le grand désert en forme d'intestin
sans cesse nous digère et nous renvoie notre âge.

Alors, inlassablement battus par les ans,
les écueils aiguisés de nos cœurs endurcis
tranchent de l'art brutal aux ciseaux méprisants
de la rancœur adulte et des rêves rancis.

Pourtant, si tu tailles profond, l'ami sculpteur
qui fraise de tes mots nos ego d'obsidienne,
il t'adviendra peut-être en tapant par erreur,
d'écorcher un soleil en nos nuits quotidiennes.

https://soundcloud.com/annaondu/en-nos-nuits-quotidiennes

samedi 10 mars 2018

120 BPM




S'il en faut cent-vingt par minute
et que du cœur un battement
n'est qu'écho d'amours que vous n'eûtes,
alors dites-moi qui nous ment.

Dites-moi le vrai qui du faux
triera l'ivraie du mauvais grain,
qui dira — comme on porte à faux —
la vérité des grands chagrins.

Dites-moi la raison de vivre
et l'absurdité du désir
absolu dont l'eau nous enivre.

À chaque marée de plaisir
on croit qu'un instant nous délivre,
or un instinct vient nous saisir.

https://soundcloud.com/annaondu/120-bpm

vendredi 9 mars 2018

Le cœur des ténèbres




Nous pataugeons dans le chaos
de notre empire en décadence,
et les prémices du K-O
décorés d'odieux pas de danse,
ont les relents des vents macabres
auxquels un pendu se balance,
auxquels un étalon se cabre,
au mètre, à l'or et leurs silences.

Il n'est plus temps pour les palabres,
il n'est plus l'heure aux componctions :
si le cou plie de coups de sabre,
on se dira l'extrême-onction,
mais le moment des jeux funèbres
est encor loin des injonctions
me guidant au cœur des ténèbres
et mon poème à l'extorsion.

Car comment devenir célèbre
en soutirant à vos pâleurs
un sang d'égratignure en zèbre
et coulant d'encre au premier pleur ?
On dit que l'on porta très haut
ce que Vaudou disait des fleurs,
et que poussant dans son préau

mardi 6 mars 2018

La gravité quantique à boucle




Nous croyons voir le temps passer
tandis qu'on passe avec le temps,
que la croyance à dépasser
c'est d'être au cœur de l'existant ;
nous nous berçons de l'illusion
selon laquelle un ordre existe,
où nos futurs à profusion
face aux passés présents résistent.

En pensant mesurer les heures,
on observait changer les choses,
alors qu'en fait d'analyseur
il faut admettre — on le suppose —
une autre entrée dans nos secondes,
où ce sont nos évolutions,
nos changements, nos mues fécondes
accouchant de leurs solutions.

Ce n'est pas le temps qui nous fait :
c'est nous qui fabriquons le temps,
et ce qu'on croit de ses effets
n'est qu'un reflet déconcertant
de mouvements, d'interactions
de la matière en quantité
qui constitue par effraction
la boucle à notre gravité.

dimanche 4 mars 2018

Honte



Et nous nous complaisons
dans notre déraison,
car nous stabylotons
rouge un odieux téléthon
vers les disparitions
des moindres émotions...

Quelle honte !

Un monde aussi pourri
des puissants qu'il nourrit,
peut-il encor donner
l'abscisse et l'ordonnée
des lois, de la morale
aux miséreux qui râlent ?

Honte à vous !

Rejetons de l'échec
assourdis par les chèques
en blanc des œufs cassés
sur l'or dédicacé
de vos comptoirs de banques
où l'impair passe et manque.

Honte à vous !

Financiers indigestes
éliminant d'un geste
un Tiers-Monde éreinté,
deux Tiers-Monde exploités,
l'humaine condition
dans vos compromissions...

Quelle honte !

Ôtons à ces saigneurs
en étant bons cogneurs,
un peu de l'arrogance
et de la suffisance
où ces gens se repaissent
au sang d'la foule épaisse.


mardi 27 février 2018

Étrangère




L'amour absolu n'existerait qu'en dehors
de la carapace exiguë de nos frontières,
et l'ailleurs aurait le goût d'un quelconque Tiers-
Monde incongru dont les baisers vaudraient de l'or ?

En Russie s'ils sont bons, ma salive et mon encre
ont trop peu de réserve à les nourrir d'espoir,
à moins qu'un jour, entre le fromage et la poire,
on serve ce dessert en oubliant ses chancres.

En Amérique, à perdre mon latin, je cherche
en vain l'écho Nord-Sud incontinent qui coule
à la façon d'un Titanic où l'on roucoule
une passion morbide et qui nous tend la perche.

En Afrique aussi, mes poursuites rimbaldiennes
hériteraient d'une abyssine aux yeux de chat,
tandis que le Négus aurait pour mon rachat
la belle jambe amputée d'un vers, saoudienne ?

En religion comme en amour, il faut mentir
et s'inventer de nouveaux horizons possibles,
afin que ceux perdus, que l'on avait pour cibles,
existassent encore à la fin du partir.

Aux chinoiseries que je laisserai là-bas,
mon Amour — où que tu sois — je me dévouerai
pour imaginer les mots qui te décriraient
sans l'artifice indicible où je me débats.

Suffirait-il d'échoir aux nationalités
pour oublier que notre rencontre est future ?
Et que si tout reste et que pourtant rien ne dure,
un paradoxe est le miroir de ta beauté ?

L'amour absolu — ce prétexte littéraire —
est un pourvoyeur de chemins à parcourir,
or, si tant est qu'on veuille un jour en discourir,
un prétexte est un moyen dispensé d'horaires.

Alors, il me reste évidemment tes yeux verts
à dépeindre avec un sirop de mon cerveau
fertile, avec un peu de ce qui équivaut
sans doute, à la gouache exclusive de mes vers.

lundi 26 février 2018

Et un second tanka pour la route !



Sur l'or en passant
Comme une main sur l'échine
Adoucie de pluies,
J'ai laissé l'eau m'envahir
Et ce bleu d'encre de Chine.

Nouveau tanka (ça f'sait longtemps !)



C'est la main de Dieu
Posant ses doigts rayonnant
D'un filtre aérien
Sur le rivage insidieux
Qu'elle couvrira d'un rien.

dimanche 25 février 2018

Suprême ombre, suprême aurore


...Du reste, ce qu'on appelle beaucoup trop durement, dans de certains cas, l'ingratitude des enfants, n'est pas toujours une chose aussi reprochable qu'on le croit. C'est l'ingratitude de la nature. La nature, nous l'avons dit ailleurs, «regarde devant elle». La nature divise les êtres vivants en arrivants et en partants. Les partants sont tournés vers l'ombre, les arrivants vers la lumière. De là un écart qui, du côté des vieux, est fatal, et, du côté des jeunes, involontaire. Cet écart, d'abord insensible, s'accroît lentement comme toute séparation de branches. Les rameaux, sans se détacher du tronc, s'en éloignent. Ce n'est pas leur faute. La jeunesse va où est la joie, aux fêtes, aux vives clartés, aux amours. La vieillesse va à la fin. On ne se perd pas de vue, mais il n'y a plus d'étreinte. Les jeunes gens sentent le refroidissement de la vie; les vieillards celui de la tombe. N'accusons pas ces pauvres enfants.

Victor Hugo, "Les misérables", Livre neuvième - Chapitre I - Extrait final

samedi 24 février 2018

Métal Hurlant




J'écris ce que j'écris dans le souci de tordre
absolument les mots qui, compris de travers
ont l'air hallucinant de se remettre à mordre
un pointillisme abstrus, la paume de mes vers.

En priant de mes vœux le Mektoub opportun,
j'ai fendu de l'amer un rouge imputrescible,
et mu de tes rougeurs au joli fond de tain,
je me suis fait de ton reflet l'ami, la cible.

Aucune icône écrue n'a plus de foi que toi,
nulle amoureuse exclue n'a plus de prétendants ;
je sais dans ton sourire un ver que l'on nettoie,
rongeant les partitions de ma pomme d'Adam.

Maudite exposition des œuvres du Malin !
Si je te dis divine, un doute est ton sillon :
je ne sais ni diamant ni saphir alcalin
capable d'effacer ta trace et ses rayons.

J'écris ce que j'écris pour te rendre plus belle,
et le gris de tes yeux comme un étain d'urgence,
allume au fond du crâne une telle étincelle
hurlée, que d'un métal est toute l'indigence.

https://soundcloud.com/annaondu/metal-hurlant

mercredi 21 février 2018

L'œuf




Que peut-on concevoir au pire en Poésie
sinon que la redite et ses répétitions,
sinon que les mots déjà lus pleins de moisi
de leur vomi gluant noient quelque autre édition... ?

Du beau cul de ma poule est toujours sorti l'œuf
— indécent mais brillant prétexte littéraire —
auquel il eut fallu (divorcé plus que veuf)
offrir un avenir au tracé circulaire.

On nous saoule aisément de ces valses abstruses :
entre la Femme aimée que l'on dit pourtant Meuf
et la phrase elle-même, il est plus qu'une intruse !

Il est plus récurrent de frotter — lampe à neuf —
entre la Femme aimée que l'on dit pourtant Muse
et le génie du Verbe, un nouvel œil de bœuf.

vendredi 16 février 2018

Composite




Comme les matériaux nous sommes composites,
et comme une amoureuse à ce point fragmentaire
(explosée sur ma toile au règne parasite),
on plonge au plus profond des façons de se taire :

on désapprend le bouche-à-bouche décousu
par les serpents rompus d'un coup de caducée,
par les fatalités incidemment issues
d'un rêve où le réel oublie l'autre pensée.

Nous fûmes du Haschich un embryon transfuge,
un germe existentiel où sombre la clarté
d'un philosophe anguille au génie lucifuge
— on fraie parfois d'idées pêchées en aparté.

Notre vie résiduelle est un patchwork ourlé
de beautés métissées que nous offrit la chance,
avec en corollaire une fleur au parlé
teinté de Poésie, teinté de la vraie France.

À Marseille un bleuet sait ce qu'est le trou rouge
où pousse au cœur du Vieux-Port un coquelicot,
tout endroit qui survit, c'est un endroit qui bouge,
et l'âme en main de femme un joli calicot.

mercredi 14 février 2018

Camille Claudel et Rimbaud



« — Avez-vous trouvé l'Amour en écrivant ?

— Non... J'ai trouvé l'écriture en m'énamourant. »


"Ce qui rend contre", Acte III - scène 3

lundi 5 février 2018

Cathédrales




On croit bâtir des cathédrales
en dressant des châteaux de cartes,
et lorsque tout s'effondre en râles
il reste un chemin dont l'on s'écarte,
il reste un glorieux champ de ruines
où le futur est un fantôme,
où l'air se mélange à la bruine,
à l'asphyxie de nos atomes.

Alors, il faut tourner la page
en affrontant ces lieux-communs,
lorsqu'un séisme en dérapage
a gommé tout de nos demains,
comment réduire en quelques mots
cette fracture indélébile ?
Et comment traire au chalumeau
le Pi de ronds dans l'eau débiles ?

On croit dès lors aux cieux de plombs
dont les vitraux sont assemblés,
dont les cheveux roux, bruns ou blonds
sont l'écheveau de trois replays,
dont l'impossible est bien français,
voire aussi russe ou tahitien,
vu qu'on sait bien que ce qu'on sait
n'est plus qu'un rite aux dieux anciens.

J'ai tant rêvé d'architextures
ourlant sa lèvre en les disant,
que j'ai perdu mon écriture
en la cherchant depuis dix ans,
me confondant parfois d'excuses
à la façon d'un maître d'œuvre
aux malfaçons que l'on récuse
en dégueulant de mes couleuvres.

On croit qu'on doit bâtir enfin
des monuments surnuméraires
en ode à notre amour défunt
plutôt qu'à celle à qui faut plaire !
En vérité je vous le dit :
ma fée Viviane a les yeux verts
emprisonnant ma prosodie,
ma cathédrale en divins vers.

mercredi 31 janvier 2018

Présumé Coupable




La culpabilité des uns
nourrit le soupçon sur les autres,
et l'on prend du jus d'nos raisins
pour l'un des sangs qui sont des nôtres ;
on traite aussi d'odieux pervers
en jugeant d'intentions pendables
un Candide en cet univers
où l'on est présumé coupable.

Un grand mélange absurde et con
sert un Grand-œuvre puritain
— dans son très vieux Satyricon
Pétrone écorchait les mondains,
qui dans la Rome décadente
Ouvraient leur bouche abominable —
on sait que la bêtise édente
un Homme présumé coupable.

Alors, la triste populace
agite avec vigueur un drap
taché de règles dégueulasses
où les bla-bla bafouent la loi,
pour s'en faire un drapeau-d'lapin,
pour s'en vêtir (intolérable!)
à la façon d'un escarpin
perché de présumés coupables...

Il est question de s'affirmer
l'antisocial de vos réseaux,
de dégueuler vos « Moi » de « mais »,
vos présomptions sado-maso',
vos mœurs enguirlandées de morve
et vos bassesses improbables
ourlées de réalité torve
où l'on est présumé coupable.

dimanche 28 janvier 2018

Interne être




En croyant s'ouvrir sur le Monde,
on s'est laissé bercer de rêves
— en fumées de brune ou de blonde
embaumées dans leur version brève —
auxquels il fallait décéder
sans décider ni réfléchir,
auxquels on voyait succéder
d'étranges courbes à fléchir.

Et c'est ainsi que d'Internet
on eut le cocon de nos mues,
qu'on fit papillons sans planète
avec le soi qui se remue
sous les clichés que l'on défile
au gré des pires impudeurs,
au vent des instruments sans fil
où s'échouent tant de nos plaideurs.

On dit : « connecte-toi toi-même »,
afin que Je soit bien un Autre,
et des astres nommés « Je m'aime »
on ne retiendra que le nôtre...
Or, il faut survivre à genoux ;
mais d'en mourir il faut bien naître
en oubliant que c'est pour nous
la dissection d'un interne être.

jeudi 25 janvier 2018

From Hell

L'Histoire de "Jack l'éventreur" est un parfait exemple de mise en abime : ce n'est pas "Jack l'éventreur" qui est intéressant, mais celui qui enquête au sujet du meurtrier.
Le faiseur de mort n'est jamais là que pour donner du relief à celui qui est la Vie.

mercredi 24 janvier 2018

Métamorphes



« Mieux vaut tard que jamais », dit l'adage à l'intrus
confondu dans l'écho nu de sa chrysalide ;
on cogne à tous les murs d'un labyrinthe abstrus
quand on risque à changer ses défauts invalides.

Et pourtant, l'on persiste et l'on signe de croix
sur des calendriers de taulards abrutis
par les médicaments, les versets que l'on croit
verlainiens, mais du temps de nos vies départis...

Lorsque venant l'automne on sait quitter l'été,
que la peau de chagrin que devient l'avenir
assène à nos passés des coûts déshérités,

nous scellons dans nos poings ce qu'il peut advenir,
et l'on est bien bien moins ce que nous avons été
que ce que nous souhaitons simplement devenir...

https://soundcloud.com/annaondu/metamorphes

dimanche 21 janvier 2018

Manu'




Puisqu'il faut que l'on crève un jour d'avoir vécu,
que l'Amour et le rêve ont ranci sous nos cloches,
et que nos vies ne sont que des récits de cul,
racontons-nous du vent pour que ce soit moins moche.

Appelle-moi cadavre afin de t'imiter,
que le pourrissement du blues aille en ma trogne
ouvrir un faux-cercueil empli d'intimités,
rempli de ma rancœur et vomi sans vergogne.

Appelle-moi mon frère au signe de Charon
— la barque du passeur est un train de banlieue —
Les yeux bleus de ta sœur ont déposé les ronds.

Mais que de ton sourire en bottes de sept lieues,
je garde épais le livre où nous figurerons ;
nos contes clôturés, nos jeux n'auront plus lieu.

vendredi 19 janvier 2018

Esmeralda










Je partage avec Hugo Pratt le goût du vin,
le goût du sang, périodiqu'ment le goût des femmes,
et saveurs de la Poésie qui font devin
d'un gribouilleur ornant de ses papiers les flammes.

Heureusement que l'autre Hugo — Victor — a su
créer l'Esmeralda peuplant nos rêves flous
de la fée verte de ses yeux qu'à notre insu
le Monde entier vénère et que les salauds flouent.

L'Argentine est bien trop petite à toi l'amie,
vêtue de ta peau serpentine et de tes boucles
anthracites dont l'or noir éclate à demi.

S'il fallait donc que l'on t'enferme ou qu'on me boucle
— Ô ma beauté qu'aux vers et contre tout permis
l'on aime — on m'offrirait tes lèvres d'escarboucle.



https://soundcloud.com/annaondu/esmeralda

mercredi 17 janvier 2018

Gardel




Nos deux fantômes hantant leurs lieux fort interlopes,
ils glissent sur des airs de ne rien interdire
et sur les rails cousus par cette Pénélope,
Ulysse ou Joyce ou moi, je me revois lui dire :

« On remercie ce Dieu qui créa ta beauté,
qui changeant le désert aride de mes rêves
en oasis ensommeillé, m'a raboté
le surplus d'inutile où je t'aimais sans trêve. »

Et languissant dans l'eau des larmes du Tango
— lorsqu'on se désaltère à son cœur d'hirondelle —,
il pleut les équations des échecs et du go.

L'averse est pour le moins ce que je garde d'Elle,
entrelacée des pas où frottaient nos gigots,
son regard et la voix du vieux Carlos Gardel.

https://soundcloud.com/annaondu/gardel

jeudi 11 janvier 2018

Aphorisme aveugle

Je suis un miroir qu'il faut briser pour savoir ce qu'il contient.