mardi 9 juin 2015

L'iris au bord de l'au-delà




Qui donc me garde et qui donc me re-garde
au fin fond de son cœur épique ?
Quelle élevée sur le pinacle
où l'on renâcle et l'on renâcle
épine et couronnes portuaires
à chaque époque et mise en garde
voudrait m'embrasser pleine bouche
dégoût
m'entrouvrir une part de son estuaire
débâcle
afin de louvoyer, de loups voyous
en Charybde et syllogismes
d'évidence en illogismes
et de Micha jusqu'en π ?
Quelle absolue féminité
oserait braver l'ouragan délictueux de mon indépendance ?
Quel authentique débotté
pourvu des ombres rousses de l'automne
et de la brune écorce d'un Amour arborescent
qui m'enlace au point de m'étouffer
qui me conquiert en m'étranglant – fruit déhiscent –
m'amène à dire Amen à mon versant ébouriffé
à ma triste Femen atone ?
Le monde actuel devint à l'image des amours déconfites
déconvenues
dès qu'on vint à vendanger les belles occasions
de se taire
à propos des tenants des amants nus
de ce cathéter
au goutte-à goutte dont sont des confettis
de sang sur la belle bouche à fellation
sur les joues
les pommettes
le front
sur la ligne de vie guerrière dont s'orne en en faisant des tonnes
l'illusion de l'être idéale
(Baudelaire)
qui nous passe le joug
(Baudelaire)
qui nous vient des Baumettes
(Verlaine)
et qui n'est qu'un affront
(bas d'laine
blanche et féale
aux intoxications communes de notre société vénéneusement consumériste)
à notre liberté délibérément plus communiste
à notre espoir totalement inconscient
ainsi le monde, devin
(Rimbaud – « La lettre dite du Voyant »).
Les chaînes que l'on sent
des liens que l'on se tisse
sont le reflet exact
des codes indécents
d'un univers factice
où nul n'est plus intact.
Les poupées de porcelaine se sont fêlées
les Don Juan de verre en plomb se sont fait laids
ils sont soldats lépreux de la banalité
et leur vers de contact touche à la nullité.
J'exhorte alors la horde aux mœurs éparpillés
à rassembler tous ses débris à part pillés
en un immense et triste et meuble maëllström
où s'enliserait sans liseré menstruum.
Je goûte au gouttes des liquides de la vie
en rêvant de ta langue en s'en faisant gouttière
j'imagine un désert où pousse une ombre altière
et quelques quarts de vin pour m'en donner l'envie.
J'imagine un chaos
de ton épaule la courbure
et l'hydromel en elle où longs cours, burent
les marins ton miel unique et tes cacaos.
Planté là
je déguste l'onde de tes cheveux dans l'eau
mes racines s'infiltrent jusqu'à ton intimité
Toi l'Ophélie de mon bégain
calice et corolle, hallali se referment
je goûte à goutte la beauté tel un être affamé de sans-pitié
dans une Amour sans gain
et dans l'arc-en-ciel de tes draps qui m'enferment
je m'imprègne de ton iris comme une terre au bord de l'au-delà.

vendredi 5 juin 2015

Cosma Shiva





Je n'ai d'étroit que l'isthme où de ton île usions
de ce méat cool pas et de ton air frigide,
afin de tout confondre en une dilution,
ton grand sourire et tes doux baisers rigides.

Or, si plus rien ne bouge à part ta deutsche langue,
je voudrais composer en touchant sur tes dents,
l'ivoire et l'alphabet sans défense et Fritz Lang,
et Micha le Maudit te serait dépendant.

Mon temps composerait celui de tes silences ;
Montand regarderait sortir de son placard
les abominations de minuit moins le quart.

Et du bonheur coupé en quatre et bivalence,
on puiserait la source infiniment pérenne
où larvée ta Beauté s'hexagone enfin reine.

dimanche 31 mai 2015

L'amère Patrie





Quoi qu'on en ait bâti, des monuments aux morts,
il reste un goût amer à sucer les drapeaux ;
sans être Bob Denard – qui putscha les Comores –
je ne suis pas en chasse aux vertus par appeau.

Je ne suis plus non plus « aux anciens parapets »
dont Rimbaud su m'ourler la frontière à franchir,
comme un « trou du cul » dont le sonnet pare un pet
tandis que l'on s'esclaffe à ne pas s'affranchir.

Pour vivre ici ma mère, il faut ma têt(e) d'Eluard ;
je suis si près de Toi qui ressemble à la Mer,
qu'il me faudrait aussi vivre de l'art pour l'Art.

Mais ici, la patrie s'estompe aux voies mammaires
inspirant Delacroix, de morpion les parties,
et le rond féminin souvent mal réparti.

mercredi 27 mai 2015

Aigue-marine


Mozart_Concert No.23 K.488 Prelude II Adagio from blueskiescarli on Vimeo.







à ma très chère Pascale,



Pareil à l'animal, je tends à l'air du temps
l'oreille et le museau pour capter ce qui se dit
chez les poètes mes amis impénitents
qui ne sont pas morts mais me parlent par non-dits.

Toi, tu connais mes sources et mes différences,
mes ruisseaux de montagne et mes vers cascadant,
et mes aspérités qui rentrent dans la danse
afin de me conduire au fleuve itinérant,

Toi, La muse première à mon verbe maudit,
inspire encore un peu de cette essence aux toiles
d'art aîné qu'à tisser d'un feu que psalmodient
tous mes chants en friche, on pourrait traiter d'étoile.

Longtemps j'ai tant guetté le temps des retrouvailles
que l'on ne pouvait même d'un faux-pas s'y fier,
mais aujourd'hui je sais qu'il faut vaille que vaille,
reconquérir nos archipels à pacifier.

Ces archi-chapelets de nos religions muent
– Ah ! Si tant est que Liv était ma muse Ullmann –
et t'attendant j'ai pris (Paris au PMU)
le train Transcybérien dans un wagon Pullman.

J'y prie – très mal – Mon Dieu, Maïakovski, soviet',
de conquérir le cœur dont ma raison s'empierre,
tandis qu'à juste souvenir je suis mauviette,
incapable d'ouvrir la moindre des paupières...

J'ai bien pour seul regard l'illusion de ma rime,
alors que l'Amour vain réclame contentieux.
de loin l'île hologramme, elle l'aigue-marine,
incruste un reflet sur l'eau des cieux dans tes yeux.

lundi 25 mai 2015

Lundi-Geste


Pink Floyd - Time from Rimbowarrior on Vimeo.



Tu m'as laissé vasque à mourir incinéré,
dans ma liquéfaction et dans ton cendrier,
c'est cet éclopé flasque enfin qui maniéré,
sema fort feux les eaux comme à Saint-Mandrier.

De ses intestins frêles
dégueuleraient les vers,
les vérités qu'on frôle
d'écriture omnivore ?
Ben mon colon, la grêle
je sais qu'en général,
fait de mots des airelles
accueillies dans un Graal.

De ce qu'on dit gestion parfois l'on peut vomir :
de maintes suggestions j'ai bu l'huile essentielle ;
la splendeur d'une Amour déçue parfois vaut mire
aux canons de l'humour face à l'existentiel.

Lorsque le rachis tique
et que l'heure H.S. toque,
que les syphilitiques
étant frappés d'estoc,
ouvrent sur les artères
des voies congénitales,
peut-être est-on sur Terre,
est-on Neanderthal...

Quoi qu'il en soit l'humain gagne à chercher ses restes,
et regagne en nageant ses îles et ses ailes
– osselets de ses mains en chaires indigestes
et prêche ignifugeant son vol en ce qu'il gèle.

vendredi 15 mai 2015

Crise éléphantine




J'ai des rappeurs l'heure enfantine
et l'air de rien la dépression,
mes deux dents chryséléphantines
et mes dehors sans permission,
j'ai des mots durs et des yeux doux
pour mes amours de sel aux femmes,
et des statues que j'amadoue
par des divinités profanes.

Puis aussitôt le cœur s'enflamme
au son de mes vers crépitant,
car l'âme dépérissant flâne
au détour d'écarts palpitants,
au fur et à mesure à quatre,
aux temps du blues américain,
des toms et de la caisse à battre
et de la corde raide aucun.

Hériterai-je des bluesmen
les turpitudes créatrices ?
La virginité d'un hymen
à déchirer pour cicatrice
au sein de ma fêlure intime,
et puisque ma guitare a frets,
entre quelques accords ultimes
imaginons ce qu'elle affrète :

Un peu des tons d'un bébé-roi
pris dans la nasse adamantine
où s'est sertie comme courroie
la guitare à la brillantine ;
et dans les sons que je soudoie,
je fais ma crise éléphantine,
entre l'or et l'ivoire on doit
y voir la chryséléphantine.

dimanche 10 mai 2015

Anabasis




Si je te suis l'amant d'un futur antérieur,
pavanant mon ocelle à tes yeux ébahis,
déployant tout le sel de ma mère intérieure,
il n'est rien qu'un chorion que je n'aie point haï.

Et dans l'onde aérienne où tes traits se déploient
Je ne retiens qu'un cil en abat-jour du feu
dont les flammes consument l'Amour qui s'emploie
pour en contrecarrer les relents tartuffeux.

Nous sommes un mensonge affublé d'un squelette
claudiquant et claquant des articulations,
nous sommes les mendiants d'un carreau d'arbalète
ayant percé le cœur d'un pic en émotions.

Agonisant, nous grattons les parois de pierre
afin d'instrumenter la bave d'escargot
qui nous permet d'entrer enfin dans la lumière
aveuglante, offerte aux amers des grands cargos.

Nous naviguons en sorte à l'abri de nous-mêmes,
en espérant la porte et les clefs associées,
en espérant la cohorte des spectres indemnes
où nous pourrions puiser un peu d'air moins vicié.

Mais qu'un autre oxygène en mon point-virgule eut
– gynécée ne saurait me mentir à ce point –
ou dans la suspension de ce qui n'est pas lu,
J'écrirai l'art d'aimer en battant de mes poings.

jeudi 30 avril 2015

Nom Mai


tanita tikaram-twist in my sobriety from muratca7575 on Vimeo.


Nom Mai : mais nom, mes « non » n'ont met
à se mettre en langue de bois,
à se foutre entre guillemets,
à se pourlécher quand je bois...
J'attends Mai comme on attend ses
– ses ourses qui sont aux abois –
– ses amants quand on a dansé –
– des vers, le corps au fond des bois.

Moi d'émoi, je n'ai que ce mois,
mais d'ego, d'inégaux LEGO
chatoient comme les toits d'un Toi
sur mes mots en mémo d'émaux.
Quelques putois me crient « bats toi »,
mais l'hème – oh ! – de ces animaux
fleure de lisier les siamois
qu'un empire en pire endigue haut.

Alors Mai dès lors met de l'Or
mais pas de l'ordre en mon chaos,
qui est quiet, même indolore,
et m'éconduit à Macao,
lorsque l'opium est inodore
et le muguet, le cacao,
du noir et blanc font les cadors
puisés aux larmes de Gao.



vendredi 24 avril 2015

Muse

Lorelei by The Pogues on Grooveshark



Nous récitions de nous prières,
à nos désirs et de nos corps
l'indécision d'aimer d'hier,
et l'alchimie qui dans l'accord
de raid allant de l'un à l'autre,
ô formule infiniment nulle
en laquelle un jour on se vautre
entre l'attente et la canule.

Nous nous rêvions comme des vers,
asticotant nos poésies,
et puis j'ai vu ton regard vert
aussi brûlant qu'une hérésie ;
il était comme l'océan
– fait d'incertaines bleuités –
et ton sourire malséant
l'éclairait dans ta nudité.

Fus-tu sirène à l'Art alarme ?
Ou larme emperlée sur mon ventre ?
Fus-tu mirage oubliant l'arme
en la plume où l'air s'éventre ?
Fus-tu la Melody Nelson
du vieil album de feu Gainsbarre ?
Ou de Villon le « corason »
qu'on m'arracha de nombreux soirs ?

Certains t'appellent Loreleï,
t'ayant connue, c'est Héloïse !
Comme un vampire tu maudis l'ail
mais tous on veut de ton emprise.
Pour moi c'est dans l'absurdité
que je piste tes pas virtuels,
au creux de nos timidités
que j'éprouve un attrait textuel.

dimanche 19 avril 2015

Ondulation




Faut-il que l'on se mouille ou bien que l'on se noie ?
Pour que ce goût de rouille – hémoglobine aidant –
d'aiguillé par l'Amour nous pique au bout des doigts,
puis cueilli par la Mer, seul fleure au beau des dents.

Faut-il que l'on se mouille alors qu'on est cramé ?
La bouche ou la cramouille attendant qu'on l'habite,
pour l'être imaginaire issu d'âme acre aimée,
pour s'épeler les nerfs sur une acmé subite ?

Mon héritage ému par les humidités
démarrées et puis mues entre astres divergents,
d'un môle en peau de taupe est en proximité
de la mer, de la dope, et des arts émergeant.

Il faut que l'on se mouille ou bien nous périrons !
Ne parlons pas de couille ou le potage est mort.
Ne causons plus de nous où le potache est rond
comme une queue de pelle allant creusant le sort.

Il faut que l'on se mouille et puis que l'on se noie
dans l'onde dont dérouille autant de ces artistes
ayant brisé la chaîne ainsi qu'on fit des noix,
des glands qui font un chêne et des séparatistes.

lundi 13 avril 2015

Celtiques

Green and Grey by New Model Army on Grooveshark



Lorsque je ressens ici l'exaltante exhalaison
des chaudes terres sablonneuses, déserts
humectés par les pluies puis séchés par les airs,
je songe avidement à ce que les dents de la falaise ont
laissé choir
vers les gouffres
amers
et illusoires
dont le soufre
enferre
un peu plus toujours nos âmes sveltes
aux brochettes de cadres parisianistes,
car lorsqu'il est d'Arvor le poivre est celte,
mais s'il m'est de France, gale est triste !
On peut être breton
On peut être irlandais
On peut être gallois, cornique ou écossais
On peut être galicien
On peut être asturien
On peut être de bon aloi ou de mauvais ton
On n'en est pas pour autant Celtique.
Ma grand-mère insinuait qu'en ce le sel tique.
Ma Grand-Mère Ô céans,
O-Rhésus-Négatif
à singer des dieux pré-séant
contre le quolibet aux nègres hâtif,
contre l'affront national
contre les gars de la Marine
contre cette politique anale
que ne représentent pas ces bretons finis dans l'urine.
Madame Taubira,
je suis un Celtique
ceci signifie qu'un snob « ira »
- « ah ! Ça ira, ça ira... » - vers sa fin despotique
que là où y'a du gène, y'a pas plaisir !
Que ceux qui ne l'ont pas compris sont tristes sires.
Car lorsqu'elle revient par les vents dominants
de l'Ouest où ma prosodie s'éreinte,
une mélodie manuelle sonne en gominant
l'écheveau de mèches de ma crainte.
Car lorsque les parfums d'occident
m'emplissent
lorsque les pare-feu d'accident
les fronts de mer m'en plissent
et que les senteurs d'Orient
rident l'onde des fronts terroristes,
j'emploie la manière et l'eau forte
afin de figer l'Antéchrist
au creux des bosses dont on réconforte
un enfant. J'ai su
qu'il fallait du pain total
pour avaler l'hostie des arêtes
extirpées du poison létal
où stagnent de vieux mégots de cigarettes.
Nous restions près des affiches révolutionnaires,
les allumettes brestoises éclairaient nos nuits blanches,
nos origines s'accrochaient à nos nerfs
et nos descendances devenaient des avalanches.
Nous étions incidemment de Kerinou
nous naissions accidentellement à Belfast
nous glissions – par la rue – Glasgow dans Brest entre son cœur et nous
nous glissions à Cardiff un label faste.
Nous votions pour des autonomies imaginaires
nous rotions des bulles de Guiness,
de Smithwick's et de phylactères,
d'Aber Wrac'h et de Loch Ness,
nous étions en une curieuse adolescence
en une laborieuse évacuation de nos concupiscences...
Nous jetions nos humeurs tristes au lavabo
des Gwerz anciennes et du Fado,
des Ballades chantant que là va beau
tant à la chasse à cours qu'à la chasse d'eau.
Les flux boueux de la Liffey,
de la Loire
endormie
gifflée
par les vagues pluies de vagues gloires
pregnantes près de Nantes
aux conséquences imminentes,
ces débits de bois sont
la marque liquide apposée par l'hameçon
des poètes inouïs d'ici qui s'enceltissent,
dont l'encre épuisée su lier au gré des grains
les points des dessins que le sel tisse
un peu comme les tâches de rousseur
qui de mon souvenir se désertissent
enfin du visage aimé mais pourtant craint.

dimanche 5 avril 2015

L'art tôt

C'est plus pareil by Holden on Grooveshark



J'ai tenté d'écrire en lettres de feu
les initiales attelées à Toi
comme des esclaves à mes aveux
comme des murailles à ce toit
posé sur les lèvres de murs baveux.

Si nous bâtissons des maisons gluantes
à force incessante de nous lécher,
il serait bon que fussent influentes
un brin de ces paillotes pourléchées
par langue saline en mer éluante.

Alors, embarrassantes embrasseuses,
nous aurions dans les couchants mordorés
avec leurs roussissures amoureuses,
l'éclat de nos ambitions subodorées,
l'étoile ignée des galaxies pleureuses.

J'ai tenté d'inscrire en fers à marquer,
les circonvolutions de mes désirs,
mais dans mon âme occluse ont débarqués
les bataillons moqueurs du déplaisir
sur les plages d'un clin d'œil remarqué.

Puis entre les faux-cils et l'Homme Artaud,
entonne un air un poète inconnu :
appartient à ceux qui soulèvent tôt
le lièvre à ces rois qui ne sont que nus,
tandis qu'écrire est comme un concerto.

dimanche 29 mars 2015

Babel




De l'eau de ton puits de patience
on m'a su dûment abreuvé,
du flux de Madian l'inconscience
éclusa mon âme éprouvée ;
et le Désert de la défiance
ourlé d'un sable ébouriffé,
coiffa la rose insignifiance
au feston d'un col dégriffé.

Je suis marcheur aux pieds devant,
dont les semelles ensablées
dingues, tong et tanguent aux Vans
contraires aux caps accablés,
dont les grands compas émouvants
cédant sous les pas endiablés
des danses psy sur leurs divans,
sont ceux de Babel affublés.

Trônant au cœur de nos pensées,
la Tour passant du noir au blanc
comme de race à défausser,
comme d'ethnies lui ressemblant,
comme d'un gouffre à des fossés,
ne porte que les faux-semblants
de l'enveloppe à dépecer.

Et sous le cuir des pardessus,
prônant le refus de la Haine,
j'ai vu s'écorcher sans issue
les avatars de ma géhenne,
j'ai cru s'évoquer les tissus
des manigances du FN,
j'ai su s'évaporer quand sue
des puits l'eau de mon baptême.

mardi 24 mars 2015

La Dèche


Black Box by Orange Blossom on Grooveshark



La pauvreté d'esprit, je sais que c'est la dèche.
L'indigence de l'âme est l'os aux religions
que donnent à ronger les infâmes légions
que déforment ceux dits les soldats de DAESH.

Qui pourrait réfléchir un canon sur la tempe ?
Quel indigent Baptiste alors, en peau de bête,
apprendrait au Jourdain sa prose analphabète ?
Quel Christ, Moïse ou Mahomet aurait sa trempe ?

De Jean-Baptiste on n'a vraiment que Poquelin,
dont les mots-lierre ont enserré le tronc commun
des langues sœurs entremêlées comme des mains.

Là-bas se trouve un monstre, et moins l'autre que l'un !
Il est fruit de l'impérialisme occidental,
qui mit ces pays au supplice de Tantale.

lundi 23 mars 2015

Retz

The Host of Seraphim by Dead Can Dance on Grooveshark



Tandis qu'un squelette audacieux se tète un os,
Dame Mort mon amie fauche le van du Moi
dans ce doux mouvement d'ondulations d'émoi,
que rythment les trépidations du tétanos.

Lorsqu'on ressent ce sang qui ressemble à la rouille,
et que l'on s'éclaircit de consanguinités,
les couchants n'ont de goût qu'en fers d'indignité,
mais d'odeur sulfureuse un dédain qu'on verrouille.

Telles sont ainsi les portes de Barbe-bleue ;
telles dans nos cerveaux les cellules se grisent,
espérant que d'un trou sorte un remède aux crises.

Mais non : je sais que Retz – premier – les accable eux,
ces accusateurs qui l'ont à tort pugilé,
et je sais surtout ce qu' – Alexandra – Gilles est.

dimanche 15 mars 2015

A ta rente hurle-t-elle ?

Tarantella by Madison Greene on Grooveshark


C'est tel un lent mais sûr poison mathématique
auquel on prête un goût pour les choses de l'Art,
qu'un indignant amour infiltrant mon doux lard,
enseigna la formule à me rendre hermétique.

Je boitais de ma rime bancale en pieds bots
à ne vouloir alors que d'un monde idéal,
où le marché de mes maux en vers mit des halles
sur la place italique éditée pour Rimbaud.

J'avais juste oublié qu'il n'y a de piqure
qui ne soit incisive à ce point pour Adam,
qu'il oublie ce qu'il est véritable en dedans,

Et que la Tarentelle datant d'Épicure,
soigne un peu le venin des tristes tarentules
et les mélancolies de lois qui capitulent.

lundi 2 mars 2015

La déballade des pendus

African Reggae by Nina Hagen on Grooveshark



Des innocents sont cravatés
pour plaire au mieux à leurs bourreaux,
et de ces heures graves hâtées
je tiens le crin qu'on débourre haut.

J'étreins l'écrin de la Justice
et le fermoir des guillotines
qui, posé tel un frontispice,
coupe la chique aux billots dignes.

J'éteins le son des coupe-gorges
et des oiseaux rougis du sang,
que par ailleurs haine rengorge
enivrée de senteurs d'encens.

J'étends sous les saveurs du suaire,
un peu de vies à kidnapper
et d'eaux de vie dans un ossuaire
d'où coule un ruisseau vite happé.

J'entends les plaintes des parquets
grincer dans les cordes coulantes,
et le cou lent ainsi marqué,
j'arpente les fourches croulantes.

J'attends le jugement du Juge
à propos d'un beau meurtrier,
et sa belle robe ignifuge,
flambant tant que la braise y est.

J'attends la chute du verdict
et la trappe de l'échafaud,
cette rupture que l'on dicte
à ces vertèbres sous la faux.

Combien de génies expiatoires,
le long des routes de l'Irak,
auront marqué l'anti-victoire
des pendus en leur cataracte.

dimanche 15 février 2015

Littoral littéral

josephine by Chris Rea on Grooveshark



Passer le temps possible au bord du littoral,
au carreau de ses jours, au balcon de sa vie,
comme un dernier moment qu'on dévore à l'envi,
avant que l'agonie n'extraie ce dernier râle.

Car, qui que nous soyons, nous sommes en sursis,
c'est le refrain que chante la mer à mes ouïes
de poisson-lune éteint dont le trésor enfoui
n'est plus rien qu'habit sale à mon cœur endurci.

Palper cette seconde à la volée vraiment,
ramasser de la vague une écume d'idées,
dans les flots que sait-on de ce faux qui vrai ment ?

Que sait-on des grands creux dont on est hybridé ?
Des lacunes, des lagunes et des baïnes
sifflant en se vidant, dont les dents sont ma ligne ?

samedi 14 février 2015

S'en va lent un mirage

Oh J'Cours Tout Seul by William Sheller on Grooveshark


S'en va lent un espoir de vivre un jour à deux
le cours de notre temps bien trop tôt écoulé,
quand de nos armadas tout est coulé,
que seul un bateau livre un périple hasardeux.

S'en va lent un peu de soi, au fil de l'épée
qui tranche dans l'Amour autant que dans le lard,
dans le mors ou le vif, ou bien dans l'Art pour l'Art,
dans un cor de sirène et de sa mélopée.

S'en va lent un long train comme un transcybérien,
par le nœud ferroviaire et gordien d'Alexandre :
transe anatolienne et trans-Perse entre les cendres
des passions calcinées – quasiment mort-né pour rien...

S'en va lent un long psaume où rien n'est pré-dicté
ni véritablement fondé sur du solide ;
en collusion souvent nous sommes des bolides,
et Valentin n'est qu'un martyr décapité.


mercredi 11 février 2015

Le sourire

Wuthering Heights by Kate Bush on Grooveshark



Si, comme je le crois depuis toujours,
la Beauté réside dans un sourire,
il ne faut au Soleil que l'abat-jour
de vos cils peignant son Art de courir.

Il ne faut au firmament de vos yeux
que l'étoile admettre afin de planer,
et les volutes d'orbes merveilleux
sur vos joues et pommettes à glaner.

Il faut sous le sourcil passer l'index,
et glisser comme un ski le long du nez,
vers l'arc de Cupidon sous son apex,
par le philtrum et sa gouttière innée.

Je laisse alors filer cette guêpière
et cette bouche intense me nourrir
des croissants inverses de vos paupières
à la courbe insensée de ton sourire.

samedi 7 février 2015

Croître

Cosma Shiva by Nina Hagen on Grooveshark


Je crois donc j'essuie les faux-plâtres
et les cartons, décors factices
où s'oublient mes Cléopâtre ;
je crois en une seule actrice
– c'est mon cher versant féminin –
ne sachant à quel sein me vouer,
si ce n'est celui dans nos mains :
l'As à sein qui voulut avouer.

Et je me pique au jeu d'Amour
comme au rouet des bois dormants,
Tandis que ma larve d'anoure
accorde en triton sale amant,
que Nina m'addicte en français
le sang virginal du punk-rock
dont je n'ai jamais eu assez
malgré mes injonctions baroques.

Je crois odieux aux mécréants,
qui croient bien mieux que les curailles
au Dieu qui fit d'eux mes créant
sur cette Terre qui déraille ;
Je crois en l'humeur végétale
et dans l'humus où l'humain vit
l'écho de son Neanderthal
et la plupart de ses envies.

Mon cerveau s'est construit de pièces
en ce château de Franz Kafka,
je suis son locataire, oh yes !
Je crois au tuteur de mon cas,
j'y crois comme à mon déplaisir :
l'arrogance est une Energie
et dans cette aile du désir,
l'art de Ganz est une Anarchie.



vendredi 23 janvier 2015

De chair et de papier

Benz by Brigitte on Grooveshark



A mes splendeurs émasculées,
délivrées de l'Ordre Phallique :
oserais-je vous bousculer
de quelques vers Ithyphalliques,
et de Rimbaud vous basculer
vers les humeurs d'Abd al Malik,
et les versets surmusculés
d'un corps en acide oxalique ?

Aux Girls de Chair ou de Papier
dont j'ai pu croiser le chemin,
au point que je n'en eus pas pied
comme si j'étais dans le grand Bien,
je dirai les rondeurs épiées
par les mouvements de ma main,
pareils à ceux de ces croupiers
raflant la mise au grand combien.

Mais entre celle qui m'amuse
avec ses couleurs ampoulées
et ses reflets moirés de Muse,
et l'autre qui m'attend, moulée
dans le corset d'une arquebuse,
en chien de fusil, en poulet
volatile on dit que j'abuse ;
alors que je ne suis que laid.

J'effeuille mes amours perdues
et je feuillette mes beautés,
mais j'aimerais être éperdu
de tes deux jambes débottées.
J'aimerais l'airain confondu
du bronze de tes seins dotés
d'un vif-argent bien entendu,
d'un mercure au chrome ex-voté.

dimanche 18 janvier 2015

Fatwah

Waking the Witch by Kate Bush on Grooveshark



De nous deux transpercés la pâmoison s'endort,
et l'hydre infâme en femme enflamme un oriflamme
où le vent flou s'engouffre en ce que nous giflâmes,
en ce voile impudique où religieux s'adorent.

Mais je ferai chuter les reins de Loreleï
sur les draps sanctifiés par les eaux du Jourdain,
dont la sourate issue des proses du dédain
s'embrasera de prêche au Baptiste en bataille :

« Je noierai dans la mer l'immonde dévoiement
des noirs usurpateurs qui parlent en mon Nom,
et vous saurez qu'à Dieu ne vont pas deux prénoms. »

C'est écrit dans l'éther où le point de croix ment,
c'est écrit dans la terre où fut gravée la Loi,
en langues de Babel, mais jamais en Fatwah !

mercredi 14 janvier 2015

Jeu de lettres à ma Fille

Cloudbusting by Kate Bush on Grooveshark



Anna, le lendemain de ta majorité,
on a fauché la Fleur des porteurs de ton Art ;
n'oublie pas qu'après eux se tapit goguenard,
l'esprit critique auquel est ta sororité.

Il est un esprit sain, sans liens ni trinité,
c'est l'esprit des forets perçant l'essence rare
– et pourtant parfaite à tout Marbre de Carrare –
afin d'en mettre à jour la consanguinité.

Car ainsi nous saignons avec nos sacrifiés,
car ainsi nous signons leurs actes d'indécence
dont le Génie t'éclaire à chaque trait d'essence
                                                                    d'une Térébenthine
                                       un peu opacifiée
                                                                 par d'autres vitamines
                               – surtout ne pas s'y fier ! –
les pinceaux de l'orgueil comme les religions,
sont des soldats de plomb dont l'or a fait légions.
Tout restera dans ce papier que vous griffiez.

mercredi 7 janvier 2015

Cartoon plein

Reckoning Song //One Day (Clean) by Asaf Avidan on Grooveshark



Du barbu barbouze en bouillie
qu'il restera du mort qui mit
nos beaux barbouilleurs de génie
dans cette boite qui gémit
de manquer de ses grands crayons,
qu'unanimement nous aimions,
je ne veux plus que nous craignions
la sale odeur que nous humions.

Du Barbarpapa tout pourri,
d'un cartoon cartonnant soumis
au comble de l'ignominie,
je garde des meurtres commis
l'amer noir fondamentaliste
où saigne en rouge sur ta liste
un peu de l'encre communiste
et de nos restes humanistes.

Car cet ignoble acte indécent
laisse au prophète un teint de sang,
puis à des Christ au déhiscent
stigmate un pistil hérissant,
un mauvais goût d'oligarchie
dans des bouches bourrées d'hosties
sans la sourate où l'amnistie
pousse à crier à l'Anarchie !

J'ai pris mon arme à mon côté ;
si c'est ma plume sur-cotée,
ce sera bien sûr mon épée.
A quoi bon sert un chant de paix
s'il n'est au cœur de la Nation ?
S'il n'est de notre conception
la Liberté sans exception,
l'immaculée Contraception.