vendredi 11 février 2011

Aphorisme sportif

Le rugby c'est comme la poésie : ça s'écrit à coups de poing et à coups de cœur.

Michel P

samedi 22 janvier 2011

La peau



Je n'y couperai pas : la peau c'est la frontière
que l'on franchit d'un pas en changeant de couleur
à nos baisers – l'Evreux, normande lévrière –
tandis qu'à deux à Dreux, le front n'est que douleur...
Nos pauvres patois doux, d'aucuns nous les vrillèrent,
nos langues en saindoux furent saucissonnées,
mais quel que fut le joug m'abattant en prière,
je rendis l'autre joue d'import arraisonnée...

Je n'y couperai plus : la peau c'est notre bulle.
La caresse a déplu mais le corps a des plis :
plis de peaux en dépôts, pas de pot les globules,
de dépit sont les plots dont nos peaux sont remplies.
« Cela m'innerve un Pô, ce long conciliabule,
et ce trouble tableau dont la planche faiblit »,
me dit alors mon corps dont le tout déambule
sans se mettre en accord à nos plans établis...

Du coup la peau éclate ! En mil morts sceaux de Mü !
Qu'elle soit ronde ou plate, une Terre est femelle
et son enfant pisseux un continent ému ;
notre écorce est à ceux dont les peaux s'amoncellent,
nos bisons, nos bisous, enveloppent nos mues,
nos indiens, nos hindous, sont indus de nos sels,
notre route est rongée par les mots qu'on commue :
Cher Gandhi, j'ai rangé ta parole en missel.

Aphorisme lucide pour nuit blanche

"Dissimuler le fait ne peut le nier. C'est une frappante synthèse des puérilités de la condition humaine."

Michel P

samedi 15 janvier 2011

Aphorisme désabusé

"La dictature s'établit souvent de façon rampante, en instituant silencieusement des lois liberticides."

Michel P

mardi 11 janvier 2011

Militaire à terre



Fut-il atteint (de guerre lasse)
d'un trait d'heure où la bourse est molle ?
Fut-il baisé comme on enlace
la vierge à l'hôtel, qui s'immole ?
Futile était son bruit qu'on fuit
– crépis t'aimant dans son vacarme –
et ce qui fit d'un fruit conflit :
Le cœur de l'Homme où tant vaque arme !

Toujours est-il – genoux en sable –
priant, le militaire à terre,
de quelques mots qui nous accablent,
de ce que d'autres déblatèrent :
car il n'est guère un tant soit pire
que les batailles financières,
crise de foi d'un sombre empire
dont les nations sont grimacières.

Ce rêveur aux beautés vaincues
subit le front baissé, l'insulte,
il aurait bien botté vingt culs
à tant de cons qui sont incultes !
À tous ces suppôts de satin
vivant du culte de l'argent,
mais oubliant qu'un beau matin
un or sortira de l'art gens !

mercredi 29 décembre 2010

Cyclopes




Qu'il m'ait fallu Brontès à défaut des trois sœurs,
le double en politesse et clous pour le cercueil,
je n'ai que ces six clop' barillant mon Mauser,
et l'œil dudit cyclope en pruneau que l'on cueille.

Cahin-caha, la tombe est ouverte aux grands cieux :
est-ce vrai que l'on tombe à s'être empoisonné ?
Du chariot de l'Ankou, moi je connais l'essieu :
un bout jaune, un blanc cou, de l'herbe emprisonnée...

A la roulette alors, des cigarettes rusent,
au pari pleurant l'or de nos bouches blessées,
nous mourrons infatués tel l'ignoble Crassus.

Nous pourrons – qu'on fut tué par nos traces laissées,
d'un rouge à lèvre amant sur un filtre ennemi –
respirer puissamment le poison qu'on vomit.

lundi 13 décembre 2010

Aphorisme du soir, bonsoir

Le cœur est un soldat qui ne sait trop s'il doit s'exposer aux chants de bétail, ou se protéger dans sa tranchée, par terre...

Michel P

mardi 30 novembre 2010

Le mauvais taon




Qu'on gratte une allumette au replis d'un sourire,
que celui qui s'y mette ait l'air épouvantail,
la paille brûle aux vents d'évidents souvenirs
sans que ne soit auvent du plus triste ventail.

Pelliculant le temps, nous marmonnons des scènes,
un vestige impotent de nos statures nées,
dont ne reste posture un tant soit moins obscène
que la vaste imposture où nous fûmes ignés.

Cigarette ! Au cancer je distille un poème :
L'amour dont on se sert est toujours multiforme !
Si sont mille façons de se dire « je t'aime »,

si sont cent malfaçons de se sentir difforme,
je me sens tout petit et perclus de l'arthrose
où manque d'appétit fait flétrir toute rose...

vendredi 26 novembre 2010

Timisoara

Demain je serai mort et l'aube sera belle,
nous n'aurons nul remord aux dents vite affranchies
du timbre de nos voix où brune mira belle,
où blondes au pavois seront vite avachies.

D'un bouclier si lisse où Méduse se mire,
miroir, ô mon Ulysse, on fera l'intestin
d'indigestion nomade en un doux Cachemire,
et de quelque Cyclade un infini festin.

Demain je serai vif et l'argent coulera
comme ingrat sur le suif de tristes décibels,
de notes avortées à Timisoara.

Demain je serai mort et l'aube sera belle,
les charniers m'ont heurté mais ne sont que mensonges ;
suis-je ainsi matamore et que mes mots me rongent ?

dimanche 21 novembre 2010

Aphorisme de nuit

C'est dans la plénitude des temps faibles d'une œuvre qu'apparaissent les vrais traits du génie créatif.

Michel P

vendredi 12 novembre 2010

Kerouac


ACDC.-.Highway.To.Hell
envoyé par DARKBENZIN. - Regardez d'autres vidéos de musique.



Kerouac a écrit "Sur la route" d'une façon monolithique.
Il a pris un rouleau de papier qu'il a collé sur le tambour de sa machine à écrire, et il a pondu quarante mètres d'un "tapuscrit" qui ressemble à la route qu'il parcourut. Ce "tapuscrit" fut alors adapté aux exigences de l'édition, mais il vient de reparaître - enfin - dans sa forme initiale, sans paragraphes ni rejets à la ligne : le rouleau original.
Il vient de reparaître sans les "coupes claires" de la censure, tel un rouleau des manuscrits de nos mères mortes, tel une table des lois à enfreindre.
"On the road" est un état que je connais parfaitement ; ce n'est pas le continent américain que j'ai déchiré de mes pneus, mais le far-west de la Bretagne vers Paris. Curieusement, Kerouac était d'une famille originaire du Huelgoat, là-même où j'écrivis et scandai mes premières proses hésitantes. Dans ce lieu fait de roches aux fées, où mon fils pêche des perches qu'il me remercie d'avoir senties sous un caillou qu'un titan laissa, je repense souvent à Jack Kerouac et à notre infinie déliquescence au nom du verbe triomphant, et des parcours étranges qui font de nous les témoins de nos époques.

jeudi 11 novembre 2010

Couleurs



Le bleu qu'on aime à tome est sujet de romans,
le vert qui naît galant, n'égale en rien tes lèvres,
le rouge est un mendiant bravant tous les tourments
qu'un charbon dichotome emblave de nos plèvres.

Le mauve tousse un peu l'arc-en-ciel tuméfié
qu'indigo la folie pousse à natif aux pieds,
des roses adipeux de couchants extatiques,
je n'ai plus que le gris de nuages statiques.

Le jaune des papiers me colle encore aux doigts ;
le brun de mes photos bruine en autant de tâches
qu'on range à tant d'orange où nos feux se soudoient.

Et s'il faut qu'amarante soient mes B.A. tristes,
de ce pourpre qu'indente un sang à toute attache,
quelques mots se sont peints d'un grand blanc futuriste.

mercredi 27 octobre 2010

Sortie du livre "Calligrammes"



Sur une première édition limitée, le bouquin qui résume mon expo' de dix-huit calligrammes, avec l'original, le texte versifié correspondant, et quelques explications sur le quoi, le pourquoi et le comment de ces constructions.
Quiconque est intéressé peut me le commander en m'adressant un commentaire.
Je lui ferai suivre les modalités particulières.
Merci d'avance !
La poésie ne vit que par ceux qui l'aiment.

samedi 23 octobre 2010

Octobre

Que m'importe de dormir à plus d'heure
quand la porte ouverte à l'oublié cœur,
laisse des mondes perdus devenir
de vastes chants offerts à l'avenir ?

J'aime Verlaine et j'adore Rimbaud,
j'aime l'automne et ses souverains beaux :
j'aime leurs miaulements de chatte aigrie,
J'aime les vers paumés dans un ciel gris.

Je décline les cordes d'un Villon
– ses sanglots longs me sont écouvillon –
et j'écoute Brassens prenant son sens
entre deux trois partitions de Saint- Saëns...

La vie est belle autant qu'un jeu d'enfant,
triste aussi, comme « Jody et le faon »,
avec ses couleurs changeantes de l'automne,
la vie n'est qu'une chanson qui détonne.

J'aime Verlaine et j'adore Rimbaud,
j'ai forclos mon regard vert en un bleu,
le souvenir implique ses bobos,
mais l'automne adoucit du roux nos bleus.

mercredi 20 octobre 2010

Troisième aphorisme et je vous laisse...

Aimer la vie n'est pas aimer la vie de l'autre : c'est aimer l'autre dans sa vie.

Michel P

Second aphorisme d'avant foot...

L'absurdité est le cadeau merveilleusement empoisonné que la langue fit à la raison triomphante.

Michel P

dimanche 17 octobre 2010

Aphorisme d'improbabilités

La voie de la poésie s'est imposée à moi comme au petit poucet les miettes de pain : on peut toujours espérer retrouver son chemin.

Michel P




Nulle métamorphose instillant notre paume
ne glisse anastomose à nos manques de veine,
ni plus que des poignets d'amour, vains anatomes,
ne sont serments reniés dans un geste de peine.

La mort n'est pas la mue, mais l'amour ne lit pas
le phylactère ému qui se grave en aigus
sous toute partition de notre marche en pas,
sous toute incarnation de notre être ambigu.

Nous cherchons une carte où nos rêves sont peints,
où nul « Monsieur Descartes » n'est encor promu,
nous cherchons d'autres feux, pas la boite en sapin !

Nous aspirons au mieux en espérant tant Mû !
Nous aspirons la mer pour découvrir sa face :
d'un petit polymère est sorti sa préface...

samedi 16 octobre 2010

Aphorisme importé d'une soirée parisienne...

J'ai plus souvent aimé mes histoires avec les femmes que les femmes avec lesquelles j'avais une histoire...

Michel P

jeudi 14 octobre 2010

Bilan du 10/10/10 : assez satisfaisant

Bien sûr, c'était un salon du livre, ce qui n'est pas l'idéal pour mettre en lumière une exposition qui servait plus de décoration que de sujet de rassemblement... De nombreux auteurs connus, un public divers et varié venu tant pour la BD que pour le livre d'enfant, pour le roman souvent et rarement pour la poésie.
Mais ceci, je le savais, et j'ai profité de la concomitance de cette date et de l'édification de ma collection pour une première présentation discrète.
Du côté positif, j'étais installé à côté de Louis Bertholom, poète rock finistérien et renommé - fan' de Kerouac comme moi -, dont par le passé j'avais organisé un récital. On a mieux fait connaissance. Et puis on a pas mal vendu : pour ma part, neuf livres et un cadre. Une recette décente pour une journée consacrée à sortir de l'anonymat !
A présent, j'ai hâte de trouver un lieu d'expo' dédié. J'ai compris que ce n'est pas l'évènement qui fait l'intérêt, mais l'intérêt l’évènement. J'apprend. Il faut parvenir à se situer sur cet intervalle.
J'ai hâte de me trouver un exposant.

lundi 11 octobre 2010

Aphorisme d'éditeur

Avoir un vers dans la paume, c'est suivre la ligne devis !

Michel P

Aphorisme désabusé

L'art n'avance pas avec les gens qui vendent, mais avec ceux qui inventent.

Michel P

Aphorisme d'insomnie

Notre mémoire des dates est dictée par la puissance de nos traumatismes ; leur page se tourne lorsque certaines s'oublient.

Michel P

jeudi 7 octobre 2010

Avis à la population cybérienne !






Voilà ! Cela se précise !
Dimanche, ce fameux 10/10/10 qui sent le soufre - belle date pour un coming-out public, tout de même - j'expose pour la première fois ma collection de calligrammes, en format A2 sous verres 70 x 50.
Ce soir, je me suis farci mes neufs paliers sans ascenseur avec les cadres ! C'est bien : ça me fait faire un peu de sport, car c'est diablement lourd c't'affaire ! Il y en a dix-huit...
Demain je ferai les encadrements des dix-huit reproductions que j'ai faites tirer chez un imprimeur numérique brestois, le même chez lequel je dois aller en fin de soirée prendre livraison des cinquante exemplaires du livre qui résume cette exposition.
Et oui ! Je me suis auto-édité. J'avais un enjeu : l'exposition, et guère le temps à sacrifier pour une aléatoire recherche d'éditeur. J'ai donc pris mes risques. Oh, ce n'est pas un très gros investissement, mais quand on est au chômage, un investissement même modeste est un risque non négligeable. Je dois rendre hommage à mon père qui, m'ayant donné un peu de fric, m'a permis de prendre ce risque.
Je me suis dit que si je ne le prenais pas, je risquais de passer à côté de ma vie et de le regretter pour le restant de mes jours. Alors, puisque j'avais la chance originale d'avoir créé des calligrammes, je me suis dit qu'il fallait que je constitue une collection exposable. Une collection qui me permette de sortir d'un Internet finissant par devenir un ghetto pour écrivains. Ensuite, il me semblait évident de constituer un recueil comportant les dix-huit reproductions, leur texte versifié ainsi que des commentaires sur leur conception. Le tout pour un bouquin en format A4 de 80 pages. Merci à l'impression numérique qui me permet également d'imprimer en 50 exemplaires et à un coût décent. Et c'est ainsi que naissent "Les éditions du Capitaine" ! Pour l'instant, ce n'est qu'un prête-nom pour le décorum, mais très probablement une future micro-entreprise. J'ai mes idées là-dessus que quelques d'entre vous connaissent déjà.
En tout cas je fais consciencieusement ma petite compta', factures et décompte des frais de route y compris, quoique je ne compte pas mon temps... Ce dernier sert à combler le vide existentiel qu'offre la post-crise de notre économie mondialisée. Mon conseiller Pôle-emploi m'a donné raison : ça maintient la pèche !
J'ai le sentiment de parvenir à tenir mon planning, et ce malgré les multiples réparations auxquelles j'ai du procéder sur mes deux autos vieillardes. Mais là encore, je rends hommage au petit garagiste que j'ai trouvé, qui joue des clés comme moi du clavier, et pour pas trop cher. On se trouve souvent des points communs insoupçonnés avec des gens insoupçonnables.
Demain, je dois donc préparer mon expo' - mise sous verre et empaquetage en papier bulle -, passer à la bibliothèque de Châteaulin afin de les rassurer, faire un tour à la rédaction d'Ouest-France où je connais le rédacteur, pondre quelques cartes de visite, et finalement filer à Brest chercher mon carton de bouquins.
Samedi matin, envois à la BNF et à mes proches des premiers exemplaires par voie postale... L'aprème, je redescend mes cinq étages avec les gros paquets, direction la biblio' afin de mettre en place l'expo'. Le soir, je souffle. Et dimanche matin, réveil à 7h pour filer un coup de main au montage des barnums... Je rentrerai ensuite chez moi, prendre une bonne douche, et me retrouver tout pimpant pour le salon du livre.
Il y aura du beau monde au salon du livre, une quarantaine d'auteurs dont certains célèbres au moins régionalement. J'espère ne pas sembler trop ridicule... De toute façon, j'm'en fous ! J'arrive en petit artisan, un peu comme mon garagiste. Les intellos à la con - s'il y en a - ne m'intéressent pas.
Je fais ce que je crois bon de faire, et j'espère interpeller l'attention de quelques visiteurs.
Pour vous qui êtes probablement loin, sachez qu'une fois constituée, cette expo' a une vocation itinérante. Vous pouvez m'aider en me trouvant des lieux d'exposition. Vous avez bien compris que cette expo' est aussi une stratégie de com' ! Elle me permettra évidemment de vendre mes reproductions encadrées à 30 € pièce, mon bouquin - que vous pouvez bien sûr me commander en passant par mon courriel - à 15 €, mais aussi de me faire connaître, de créer du lien réel, et de parler de mes multiples autres écrits.
Quoi qu'il en soit, Max Jacob avait un peu beaucoup raison quand il disait que "le métier d'artiste est un métier de crêve-la-faim".
:)

Aphorisme d'apéro



On peut écrire brillamment sans connaître la littérature, mais on ne peut améliorer cette écriture qu'en franchissant ses portes.

Michel P