Des innocents sont cravatés
pour plaire au mieux à leurs
bourreaux,
et de ces heures graves hâtées
je tiens le crin qu'on débourre haut.
J'étreins l'écrin de la Justice
et le fermoir des guillotines
qui, posé tel un frontispice,
coupe la chique aux billots dignes.
J'éteins le son des coupe-gorges
et des oiseaux rougis du sang,
que par ailleurs haine rengorge
enivrée de senteurs d'encens.
J'étends sous les saveurs du suaire,
un peu de vies à kidnapper
et d'eaux de vie dans un ossuaire
d'où coule un ruisseau vite happé.
J'entends les plaintes des parquets
grincer dans les cordes coulantes,
et le cou lent ainsi marqué,
j'arpente les fourches croulantes.
J'attends le jugement du Juge
à propos d'un beau meurtrier,
et sa belle robe ignifuge,
flambant tant que la braise y est.
J'attends la chute du verdict
et la trappe de l'échafaud,
cette rupture que l'on dicte
à ces vertèbres sous la faux.
Combien de génies expiatoires,
le long des routes de l'Irak,
auront marqué l'anti-victoire
des pendus en leur cataracte.










