mardi 15 septembre 2009

De l'or


Dès lors qu'on abandonne un lieu,
et que l'éther déchire en nous
les amalgames d'un milieu
où nous suffoquions à genou,
dès lors que la pluie lancinante
se commue en douche écossaise,
et que les tristes étudiantes
se sont jetées de leurs fadaises,
dès lors qu'on défriche à la serpe
les sottes pousses anxiogènes,
le parasite et la caulerpe*,
les taxis fous à lier qu'on gène,
dès lors qu'on redevient soi-même,
pour le meilleur et pour le pire,
plus n'est besoin de pieux carêmes
ni de rester sous quelque empire...

Dès lors qu'on fructifie des vœux
dans des espaces personnels,
passant, s'il le faut, à l'aveu
de sa détresse originelle,
dès lors qu'un son sourd des entrailles
et qu'un pinson se pose au creux
des créneaux dont on fit muraille
et drames amphithéâtreux,
dès lors qu'un cor résonne enfin
des fonds dont on s'est défilé,
des viscères dans un destin
de vies sérieusement filées,
dès lors l'on tisse au vent mauvais
des édredons d'eiders alliés,
dans de doux impacts à des lais
dédiés aux dieux de nous déliés.

De l'or qui coule entre nos mains
de ces expériences usées,
comme des fils pan-utérins
venus des sexes reprisés,
de l'or fondu dedans nos bouches
comme un Crassus aseptisé,
nous ouvrirons certaines couches,
mais pas les draps si méprisés ;
De l'or émanant de nos peaux,
nous cueillerons les pommes sures,
les pèlerons à cou de pot,
en pèlerins de l'épluchure,
qu'étranglent nos menus impôts,
et de l'or une signature,
et de l'airain un coup de trop,
de ton bronzage mes ratures...



Des bouleversements écologiques sont provoqués par un clone de Caulerpa taxifolia en mer Méditerranée. Alors que l'espèce en était absente, des fragments échappés d'aquarium, ont pu se multiplier et se développer de manière fulgurante et très envahissante, valant à l'algue le surnom d'« algue tueuse ». (source : wikipédia)

dimanche 13 septembre 2009

Taille et modelage





A Toi,




Si le verbe est de la matière,
matière à rire ou à pleurer,
s'il se torture et s'il s'opère
sur une table à raturer,
où l'on prend son pouls dû aux lentes
inspirations que l'on ausculte,
alors, dans sa langue violente,
on peut affirmer qu'on le sculpte.


Si la sculpture est poésie,
il y a réciprocité,
et ce n'est pas une hérésie,
du verbe à récit précité,
que de le comparer ainsi
à l'art de l'angle original,
qui par le galbe conduisit
du sublime au subliminal.


Maïakovski s'imaginait
en ouvrier fraiseur de mots,
et moi-même, à ce qu'il paraît,
d'un "ciseleur" je suis jumeau ;
tout ça ramène incessamment
à la taille et au modelage
dont on s'essaie à ces segments,
en faisant fi des maux de l'age.


Connaissez-vous de Michel-Ange
les vers sertis à ses sonnets ?
N'était-ce qu'un autre challenge,
par sa sculpture assaisonné ?
Lui le premier avait compris
la pâte molle des phonèmes,
ou le rocher qu'on dégrossit
quand nous tient l'idée d'un poème.


Car bien présents au négatif
de l'un de l'autre, en leur approche,
ces deux chemins aux legs hâtifs
lorsque sur eux rien ne s'accroche,
sont tant du vide qu'on remplit
que du trop-plein que l'on dévide
sans que jamais le moindre pli
ne vienne heurter vos sens avides.


Parfois, les vers que l'on modèle
se font d'ajouts vers l'infini,
de sons volant à tire-d'aile
pour se poser indéfinis ;
parfois, les blocs dont on fait taille
se font d'ajours vers le zéro,
peaufinant d'idées les détails
crépitant dans un brasero.


Dans cette quête nomomane,
les deux voies sont à parcourir,
mais de l'écrit toxicomanes,
on ne fait rien à part courir...
Alors, autant se souvenir
(sur le crayon mettre une entaille),
de ce que l'art peut réunir,
du modelage et de la taille.




Sur la fin de sa vie, Michel-Ange se fait aussi poète et est reconnu comme l'un des plus grands poètes italiens après Pétrarque et Dante. Il a écrit une cinquantaine de poèmes, sonnets et madrigaux, datables de 1535 à 1541, d'inspiration souvent humaniste. Plusieurs de ces sonnets ont été mis en musique, notamment par Benjamin Britten et Dmitri Chostakovitch. Ces poèmes, inédits de son vivant, seront publiés par son neveu, Michelangelo le Jeune, en 1623.
Selon John Addington Symonds, un poète et critique littéraire anglais, Michelangelo le Jeune aurait travesti, pour des raisons de convenance, certains pronoms afin de masquer l'amour que Michel-Ange portait et exprimait dans ses sonnets envers Tommaso de' Cavalieri (vers 1509–1587), de 24 ans son cadet. « Malheureusement, avant la belle édition de M. César Guasti, publiée en 1863, les traducteurs français n'ont jamais eu sous les yeux qu'un texte défiguré par les ornements que s'est permis d'y ajouter, par les suppressions que s'est permis d'y faire le neveu de Michel-Ange. » écrit Alfred Mézières, dans un article de 18734.
C'est à la poètesse Vittoria Colonna qu'est longtemps revenu l'honneur d'être la destinatrice de la flamme amoureuse de Michel-Ange. Et Mézières ne fait pas exception qui s'étonne du langage amoureux adressé à un garçon et préfère y voir l'admiration déguisée pour une femme de lettres : « L'obscur Thomas Cavalieri n'est vraisemblablement qu'un prête-nom. On se demande alors quelle est la personne à qui Michel-Ange se croyait obligé de ne transmettre l'expression de sa pensée que par intermédiaire. Aucun nom d'homme ne se présente à l'esprit; d'ailleurs, s'il s'agissait d'un homme, à quoi bon tant de mystère? On n'est guère tenu à de telles précautions que dans une correspondance avec une femme. Une fois sur cette piste l'imagination fait du chemin. La date de la première lettre adressée à Thomas Cavalieri (1er janvier 1533) correspond précisément à l'époque où ont pu commencer les premières relations de Michel-Ange et de Vittoria Colonna. »
Source : Wikipédia

samedi 12 septembre 2009

De Rimbaud et Villon...

Certains documents peuvent sembler secondaires au sein de l'œuvre d'un auteur mythique. En Mai 1870, concomitamment à l'écriture d'un paquet de ses premiers chefs-d'œuvre (Sensation, Ophélie), le jeune Jean-Nicolas dit Arthur Rimbaud répond à la commande de son complice professeur de lettres, Georges Izambard, par la rédaction d'une « lettre de Charles D'Orléans à Louis XI pour la grâce de François Villon ».
A ces fins, le susnommé Izambard (à peine son aîné de dix ans), lui a prêté les œuvres complètes du malandrin poète...
Je regrette de n'avoir point trouvé ce texte disponible sur internet, mais vous invite à fouiner dans quelque bibliothèque ou à dépoussiérer certains rayonnages de la vôtre, afin de lire ou relire ce merveilleux petit devoir de classe.
Ecrit en vrai faux vieux françois, Rimbaud y fait montre d'une connaissance claire et nette, tant de la langue de Villon que de son histoire !
Il faut savoir (c.f. les biographies existantes de maîstre Villon, dont je ne saurais mieux vous conseiller que celle écrite par Jean Teulé, Je, François Villon) que le dit sieur de Montcorbier, alias Villon, après un court stage délétère à la cour du « bon » roi René d'Angers, résida longuement chez le grand despote éclairé qu'était Charles d'Orléans, le seul avec Louis XI, à avoir perçu l'entendue de son génie, avant que de lui chouraver quelques de ses plus beaux bouquins enluminés (et oui ! C'était pas un tendre !) et de finir dans les geôles d'un évèque à Meung-sur-Loire. Déjà, après quelques mois de torture, on peut présumer que c'est Monsieur le onzième qui l'en sortit, avec pour bel argument que là où lui unissait la France, et donnait enfin suite à l'idée de nation que Jehanne, enfant, lui inspira, Villon unissait le français.
Ensuite, Villon finit une nouvelle fois engeôlé au Chatelet ! Pour une histoire ridicule... Mais là, c'était les fourches patibulaires de Montfaucon qui l'attendaient. Une fois de plus, Louis XI le gracia, ou plutôt, commuta sa peine en interdiction de séjour à Paris. C'est ainsi que comme par enchantement, disparut de l'histoire de France le personnage de François Villon, sans que nul ne put jamais savoir ce qu'il devint.
Je pense ne m'avancer que peu en affirmant l'impact qu'eut sur le jeune Arthur Rimbaud, cette épopée et les vers l'accompagnant. Preuve en est ce fameux devoir de classe...
Ce n'est pas un travail banal !
C'est un programme : Rimbaud y annonce ce qu'il veut et ce qu'il va être ! Il est inéluctablement perclus de la même nomomanie que son aîné, et plus j'y repense, plus je crois qu'après Baudelaire, il est allé puiser aux sources du maître les ingrédients de sa radieuse révolution du verbe.
Je ne peux ni n'ai envie de vous recopier ici l'intégralité de ce texte. Néanmoins, je me dois de faire écho à sa dernière et si longue et si belle phrase, si tant emplie de tous les sens qui vous y saurez trouver, et d'appétence à lire ce qui la précède :

« Sire, ce serait vraiment méfait de pendre ces gentils clercs : ces poètes-là, voyez-vous, ne sont pas d'ici-bas : laissez-les vivre leur vie étrange ; laissez-les avoir froid et faim, laissez-les courir, aimer et chanter : ils sont aussi riches que Jacques Cœur, tous ces fols enfants, car ils ont des rimes plein l'âme, des rimes qui rient et qui pleurent, qui nous font rire ou pleurer : Laissez-les vivre : Dieu bénit tous les miséricords, et le monde bénit les poètes. »

Arthur Rimbaud, Mai 1870



Ô Dieu, que j'aime cette phrase !

Références...

«Estimez son plus magique effet produit
par opposition d’un monde antérieur au Parnasse,
même au Romantisme, ou très classique,
avec le désordre somptueux d’une passion
on ne saurait dire rien que spirituellement exotique.
Éclat, lui, d’un météore, allumé sans motif autre
que sa présence, issu seul et s’éteignant.
Tout, certes, aurait existé, depuis,
sans ce passant considérable, comme aucune
circonstance littéraire vraiment n’y prépara:
le cas personnel demeure, avec force. »
*
Stéphane Mallarmé,
«Arthur Rimbaud», Divagations, 1897.

jeudi 10 septembre 2009

La prose dit : "eussions ?"



Je fus nourri du lait d'aînesses littéraires,
des rondeaux et des lais, et de l'écrouissage
par d'autres précédents, des pieds gantés qu'errèrent
leurs esprits décadents en quête de pas sages...

Leurs spasmes tubéreux et leur toux écrue elle,
m'ont transmis l'onéreux virus de l'écriture,
dont je ne garde en main que quelques écrouelles
et quelques vers humains en tant que garniture...

Alors, de ce talent ? Plut-il que nous l'eussions ?
De ces débats ballants comme une pair' de couilles,
faut-il en faire en pluie, un peu de finitions,
et d'un dévers l'appui où qui peut se débrouille ?

Quelle que fut patente et plans contrecarrés,
la muse est exigeante, entraîne les disputes
et les nerfs en appeau, et ses parties carrées
se paient très cher ! La poésie est une pute !

lundi 7 septembre 2009

Les clous du spectacle




Un jour, nous baignerons dans les vers d'eau mutins
des golfes irradiés de cris de lamantins,
poème érubescent comme un sérum hutin
qui sur le visage, nous mettra l'âme en teint.

Et nous éparpillerons les reflets d'étoile,
au gré des mouvements du reflux de l'étole
des cieux, cataractés par les flots et les voiles,
par ces grandes ailes qui permettent les vols.

Car sur ce beau navire au plumage irisé,
où chaque plume accroche un bon point de rosée,
nous laisserons le vent nous gonfler de risées,
c'est assez d'un évent pour en être arthrosés !

Nous glisserons sur l'être et sans à-coup férir,
à l'ombre de tamariniers thuriféraires,
quant à ces critiques, si ce que tu crées fait rire,
nous les mettrons aux clous que les tueries ferrèrent.

samedi 5 septembre 2009

A l'Ouest, un peu de nouveau !

Prenez le temps de regarder ci-contre la liste de liens vers mes nouveaux blogs, résumant l'ensemble de mon boulot !
Au plaisir de vos lectures !

Michel P

vendredi 4 septembre 2009

La chauvine comédie



La civilisation nous fournit des théâtres,

de sombres naumachies pour des drames obscurs,

sans qu'aucun feu sacré n'eut jamais été âtre

de ces cabotins qui, nonobstant n'en ont cure.



Et dans leurs frusques, oiseaux de mauvaise augure,

ils travestissent ainsi d'alliances mesquines

(contre l'étrusque, ligués d'élégants ligures),

le décor d'empire en nous, que l'on damasquine.



Car dans cette indicible comédie chauvine,

l'état n'est qu'un prétexte à enrichir certains

dans un monde où l'argent coule à flots qui ravinent.



Tombe le masque, acteur, ô pâle puritain !

Tous tes publics n'ont plus l'usage du guignol !

Je sais qu'ils te feront bouffer tes roubignolles.

jeudi 3 septembre 2009

Tour-débat belle




Nous, bâtisseurs de cathédrales,
avec nos arcs, avec nos flêches,
et notre plein-cintre central,
et nos doubleaux de mots qui lêchent,

Nous affrétons des vaisseaux bruts,
montant au ciel comme des bulles,
en des phylactères abrupts
où des images déambulent.

Nous construisons la tour des langues,
« elle est pas belle ainsi tournée ? »
Visant un Dieu qui tangue, tangue,
puisque de s'ouvrir, tout renaît.

A quoi bon donc, être immortel ?
Et vivre tout empoussiéré ?
La vie n'existe que hors d'elle,
dans tous ces mots qui lui siéraient !

Nous fûmes plus que des légions
à mettre pierre à cette église,
pourvu qu'encor nous l'allégions
au prix des vers que nos legs lisent...

Alors, s'il faut mourir en biais,
n'étant jamais que tours de Pise,
s'il faut être humilié, renié
et oublié dans des remises,

s'il faut signer l'échec en blanc
et s'effondrer comme Gomorrhe,
je veux ne pas faire semblant,
mettre du sel à cette mort.

Honneur aux maîtres !

Ô Nuit

Ô Nuit camisole, le soir
te précède en pleurant ta traine,
ton manteau brodé de brouillard
et de bruine infirme en étrennes.

Ô Nuit qui m'isole du monde,
me succèdent, blanches et noires,
tes magies obscènes, immondes,
et leurs conjoints, les cauchemars.

Et de ces époux dans la tête,
formant lieux communs à la ronde,
de quatrains qui sont en quintettes,
j'extraie des musiques d'aronde.

Ô Nuit l'écorcheuse aux dents rousses,
je rêve, insomniaque et esthète,
aux tablatures que l'on trousse
Comme un jupon sans appuie-tête...

Ô Nuit mortelle aux griffes dures,
toi qui me suit, me fout la frousse,
ce peut-il qu'en moi tu perdures,
telle la ronce et l'art en brousse ?

dimanche 30 août 2009

Out of the trancyberian



Voilà ! J'écrivis, il y a longtemps, un texte en hommage à tous ces cybériens que la mer et sa marée emportèrent. Les aprentis écrivains ne survivent probablement pas à la Lune et ses rythmes, comme les progénitures envisagées... J'ai souhaité en faire un vrai poème, oubliant sa motivation première. J'en ai donc extrait une sorte de voyage onirique, très long, que je vous livre à présent, en souhaitant qu'il vous fasse voyager, vous aussi !
J'ai découvert, dernièrement, la verdeur des collines du pays basque. Je ne m'imaginais pas qu'il existât un pays aussi vert que celui de mon bout du monde, d'une verdure que je connus aussi en mon Irlande pré-natale... J'ai vécu un rêve merveilleux en découvrant cela !
Je sais parfaitement à qui en être redevable. Et que nulle ne dise jamais plus de moi que je suis un voyageur immobile ! Surtout quand on traverse la France en voiture !
Bref...
Je vous livre ici ce long texte dont je fus le tortionnaire ! Fasse qu'il vous plaise et vous fasse voyager à votre tour !




Pour quelques mots gratuits, comme du blé, soufflés,
Pour quelques brindilles qui m'auront essoufflé,

J'ai commencé la route, éternelle aventure,
Aux troquets tapageurs et au café des mots.
Faire si simple et sûr, surdité, c'est si dur,
Mais à la fin du fin, si t'y es c'est si beau !

De la vie d'une fée, des volutes d'un ange,
Je m'empoulpais de ces salles à visiter,
En me badigeonnant de curieuses contrées
Qui dans l'alcool et l'eau font un fiévreux mélange.

Si je fus le pantin du monde d'Améor,
Balbutinant bribes de sa curieuse langue,
Je fis ventre de l'antre à la bête qui dort
Et se réveille aussi à toutes mes harangues !

Je crevai la bulle de la fée Mélusine,
signant ce bel éclat d'un calligramme insigne !

Et voyageai hautain dans le cœur des chimères,
Pour me foncer au teint, de forcer la grand mer...

J'y vis Mona des bois au pays de l'amour,
De son humour sucré comme une gourmandise,
Tandis que de mots à maux (qui s'enflent toujours),
J'appris que vitesse et simplicité nous grisent.

De mes rails, j'ai revu la cité d'Atlantis,
Ressurgir un instant puis glisser aux abysses,
Et Tipoule insufflait (cher Thierry) sur Nous tous,
D'un Gulf Stream, les vers chauds, les caresses si douces.

De l'Ambre aussi, j'otai les échos hottentots,
Pareils à ces roses des déserts orientaux,
Effeuillées par les vents et par leurs doigts envieux,
Qui sculptent l'ailleurs, et l'ailleurs c'est toujours mieux !

L'air d'ailleurs, d'ailleurs !

Et ses jolies rumeurs :

La p'tite journaliste de Paris, pressée,
Prenait le temps dépressif de faire rêver...
De l'Amélie Poulain dans sa façon d' penser,
Du Renaud sur ses chants, dans sa façon d' fumer...

Ma tête (mise) dans les étoiles, mes larmes
Ont bu la poésie du regard et du charme,
Ont vu le carme igné de votre poémie,
Ces chants qui vous allaient si bien, ma chère amie...

Mais s'il est un endroit pour rêver, je dessine
Sur des feuilles d'acanthe, en beaux reflets de nuit,
De ces traits ciselés comme à l'encre de Chine,
Et qu'éclaire de noir, ce qu'elle y écrivit !

S'il n'est jamais vraiment voyageurs immobiles,
Que nous restent des textes qui nous font bouger,
En perçant leurs noirceurs de tons indélébiles,
Chez d'autres pèlerins suis enfin arrivé :
Oh ! Etaient-ce des vers ou des mots en dévers ?
Etaient-ce des feux lents au rivage ou des proses ?
Si ces naufrageurs nous mettent tête à l'envers,
Gardons du rail, la coque, et ce à l'overdose !

Puis je revins un jour, à Pontaniou, au bagne...
Là, un jeune bagnard, ma foi, désabusé,
Du genre de celui qui, sûr, se fout de tout,
Me rappela comment il nous faut alpaguer !

Glisser, s'introduire entre douceur et douleur,
Comme de Ducasse, un être surnaturel,
Hermaphrodite et mu par le rite des fleurs,
Par la messe ou la fesse au baiser naturel...

Et, évanescent, regarder le chat dormir,
Ou, d'un réveil, transpercer ses mondes secrets,
Car si, dans chaque vers, un Baudelaire expire,
Dans chaque ver de terre, un Baudelaire nait !

On forge mille colombes en ce pays !
Là rosit la timide et belle poésie...
Et les roses en boutons comme des bonbons,
Font de nos dieux odieux des femmes pour de bon !

Diane ! Oh sois ma guetteuse et reste face à moi !
Car de notre océan existe l'au-delà !
Que chante ce passeur de sons, passeur de mots,
Mon frère de chansons, mon pourvoyeur jumeau.

Et dans cet effet mer,

Si beau, si musical,

Je me laissais amer

Couler vers l'idéal,

Mes crayons de soleil,

Aux hurlements légers,

Laisseraient à ma veille

Vous parler de JC :

Les vieux messieurs sont riches de leurs existences.
On les croise, on les aime, on voudrait être aimé.
Mais on se prend toujours des vagues et des stances,
qui si on était femmes nous feraient pâmer...
Ne soyons plus sérieux, soyons primesautiers !
Que des calembours de Monsieur Mian, vous sautiez !

Et Passe la pouliche fantôme et sauvage !
Qui provoque le rêve et donne sans partage.
Si l'on sait que la poésie a son jeune âge,
Que la forme d'un poème a son doux visage,
On n'est pas séri-eux quand on a dix-sept ans !
Et que de love-songs en sont encor le chant...

Alors courage à tous !

Nos hérésies nous poussent !

Comme à ce postérieur dont la postérité
A douze coups de pieds à sonner sans tarder !
Et quand j'aurais connu ma mise en boite à moi,
A l'ombre en fleur des éternelles Cécilia,
Je sais que de là-haut, avec quelque poète,
On refera le monde en bouillants interprètes...

Alors, dans ces ballades, je vis au jour le jour,
Goûtant la musique et l'amour, le désamour,
Fuyant les chevaliers courtois des temps modernes
Qui ne savent jamais qu'un cœur, parfois, hiberne !
Fuyant le gestionnaire et son expert-comptable,
Qui comptent pour écrire un vers de poésie,
Goûtant les désirs feints, les plaisirs de la table
De multiplication des pains, et qui m'envient !

Peut-être, reviendra-t-elle, cette inconnue,
Qui, mutine, cachant dans ses bouquets de proses
Toutes les étendues de ses feuilles de lignes,
Finissait incomprise, insoumise, et lépreuse ?...

Toute Wonder Woman s'est mise à la retraite
des déchets d'écriture usés en plusieurs traites...

Pourtant, cher Galaad, nous voyageons encore,
Evitant la redite et parfois tous ces corps,
Nous composons des plis de nuits écervelées
Dans les replis perdus au fond des cervelets.
Nous croisons à tout large, une étroitesse écrue,
Mais aussi,en marge et comme un bouilli de cru,
Le joli blanc de Jean dit Naej en liberté,
et la fée canicule où fond neige en été...
Des Papillons de pluie, quelque pape de nuit,
De Nuîts-Saint-gorge, en fait, ou d'Avignon, d'ennui,
De vins bons, de vins cuits, devins de vins mauvais
Nous rendant parfois Christs, nous rendant parfois gais.

C'est l'enfonce de l'art, voyage hypothétique :
Le grand coup de couteau, vertu cyclothymique !
Les seize centimètres traversant le cœur,
Des chairs et des hymens, présidents qu'on raconte,
Et des vies de famille qui nous font si peur,
Et de l'enfance et de nos souvenirs qui comptent,
Faut-il toujours vraiment croire en sa bonne étoile ?
Poétiquement votre, oh, j'y ai renoncé :
Des fleurs, le parfum qui jamais ne se dévoile,
N'est que la corolle où les mots sont agencés.

Les mots bleuis de leurs avaries sont les vrais,
Ils puent d'un air sucré comme une eau de jouvence,
Mais ils se cultivent dans nos jardins secrets,
Et fleurissent de pisse ou de quelque autre essence.

Et les phrases leurs sont comme d'acides vagues,
Et eux, les affreux mots, comme des gouttes d'eau,
Se mélangent et se marient comme deux bagues
Ne formant plus en poèmes qu'un seul anneau,
Qu’un seul anneau de pouvoir et d'effroi, qu’enchaînent
Les fers de l'animal et les forges de l’Homme,
Dans des infinitudes pleines que déchaînent
Les violences d’âme de nos jolis pogroms !

Oui ! Soyons fous des mots !

Mourka ! Pas mous ni faux !

Epiphanons les êtres morts pour qui l'on prie !

Trouverai-je ma terrassière de l’esprit ?…

J'ai livré a ce feu, dans un grand exorcisme,
L'excès de mes espoirs, les fruits de ma gaîté,
Mes poésies pétries de maux, de pessimisme,
Ma vie entière où je ne suis qu'à dégoûter...

Parfois, pourtant, lorsque de jolis mots respirent,
Dans la langue de Villon, de Monsieur Corneille,
Comme dans celle de Poe, celle de Shakespeare,
J'écoute le vent de ces génies qui sommeillent…

Je vois des fleurs dans des nuages d'outre-manche,
Des tâches de vin beaucoup trop tôt accueillies,
Des chemises aux dérobés en avalanches,
De Londres, de l'ombre et tant de gouttes de pluie...

J'ai voyagé quelque part sur une montagne,
Pour un amour défunt, un effort qui nous gagne,
Toilé de liberté et de gréements troués
Dont nulle ne sut les déchirements trouver.

samedi 29 août 2009

Déchant du cormoran


Bel oiseau noircissant, au plumage irradié
de ces flux quintessents s'écoulant sur mes plumes,
j'ai glissé l'anathème en un marteau mendié,
et tant de « je t'aime », abattus sur l'enclume.

J'ai prolongé l'apnée dans le bain du poème,
qui m'était destiné comme un frère jumeau,
et fleuri mon fusil, ô certitude extrême,
d'un bouquet de grésil chevrotinnant de mots.

J'ai nourri d'or félin des princesses bancales,
et pourri d'alcalins cimetières mauresques,
submergés par les pleurs de leurs veuves dankales.

Alors, si de mes peurs, il m'est une arabesque,
et de mes plongeons lents, comme on fait une escale,
Laissez nos cerfs-volants s'effondrer en nos cales.

jeudi 27 août 2009

Solaire



J'écris pour la mer en colère
et pour ses naufragés fantômes,
des lignes de fond fendant l'air,
qui se succèdent et font tomes.

Je bave d'une encre visqueuse
comme le poulpe Apollinaire,
se faufilant par les muqueuses,
la peau, les muscles et les nerfs.

Surtout, j'écorche le papier,
je griffe, irrite, et je rature,
afin que vous n'ayez pas pied
au creux de ma littérature.

J'ai torturé des corps de texte,
décapité quelques en-têtes,
eu des amours comme prétextes,
et l'abjection comme épithète.

Mais dans ces larmes lycanthropes
- que je dis hurlements de vie -,
j'ai puisé l'âme anisotrope
où les rayons du vent dévient.

Et c'est vers vous que je retourne,
de par mes mots tant purulents,
n'empêchant pas que Terre tourne,
les feux de mon astre brûlant.

mardi 25 août 2009

ma folle alliée (réécriture)








Rappelez-vous !
Fébriles enfants des lumières électriques…
Rappelez-vous des courbes divines !
Des étreintes mystiques,
Des corps mous,
Des collines,
Des précipices hystériques,
Rappelez-vous de Camille !
Malheureux oubliants…
C’était la plus jolie des filles,
Je me voulus son amant…
Dans une autre peccadille,
Une autre vie sûrement,
Un rêve de pacotille,
Un phantasme éléphant.
De mémoire d’homme,
On ne connut d’elle,
Qu’enterrement…
Faut-il en somme,
Que les frimas nivellent,
Colère ment,
Nos nuits d’automne,
Torrides ritournelles,
Telles torrents,
Qui coulent, coulent, connes,
Ribambelles,
Et tourments…

Rappelez-vous !
Vains enfants des vingt cyniques…
Rappelez-vous de la belle en glaise !
Des vins fous,
Des falaises,
Des secousses sismiques,
Rappelez-vous de Miss Claudel !
Rejetons de la tourmente…
Je me suis damné pour elle,
Et pour ses femmes serpentes,
Et pour ses formes charnelles,
De son imagination, naissantes,
Et pour ces hommes infidèles,
Qui la précipitèrent sur la pente…
Raide heure nocturne,
Le froid m’envahit,
Cadavérique…
Les cendres dans l’urne,
Puisque tu es partie,
Laissant, magique,
Descendre, diurnes,
Toutes tes lubies,
Hypothétiques,
Les frissons de Lune,
Sur nos rachis
Cyclothymiques.

Alors nous nous retrouverons
Dans notre paradis rêvé,
Dépourvu de tous les jurons
De nos folies entremêlées.
Docteur béquille et mister aïe,
Main dans la main, nous avançons,
Aux seules sources qui nous aillent,
Les affres de nos créations.

Oh, Camille !
Tout se brise,
Se Déchire,
Et tout brûle :
Les familles,
Les églises,
Les désirs
Et leurs bulles,

Qui éclatent en l'air comme des savons flous,
Pression mandibulaire où la langue est morsure,
De mes mots pilés dont rien ne me renfloue,
Revis ta colère au bris de tes sculptures !

Versants durs
qui se heurtent
Bruyamment
- deux montagnes -,
Puis deux murs,
Puits d'un flirt
Et d'amants
En castagne :

Des trous noirs de l'enfer visités par Rimbaud,
Je n'ai saison qu'en faire et connais les hosties...
Oh, Camille, engourdie, engoncée de freins bots,
Du crime qu'on t'ourdit, je voudrais l'amnistie !

Et te sentir frémir comme un papier au vent,
Des femmes à maudire, il m'est un agenda...
Mais des papiers écrits, je te ferais auvent,
Sous mon soleil épris de sangs à Magenta !

Je te veux !
Libre et neutre !
Et cruelle !
Sibylline,
Dans les nœuds
De tes pleutres
Ritournelles
Damasquines...

L'horizon sombre de tes yeux couleur de nuit,
A fait peser des gourds sans source à tes deux mains,
Diffuse, et s'écoulant sans faire un moindre bruit,
Elle a bâtit le monument de mes demains.

Froid de la mort
Cloué sur nous,
Comme une chouette
qui nous effraie...
Je t'aime,
Camille,
L'île Saint Louis
En fait les frais...

Belle Camille qui m’émut,
Ta matière grise ma voix,
Unique chose qui m’ait mû,
Unique glose de nos voies.

Belle Camille qui m'amuse,
Dans tes douleurs stigmatisées,
Que ne fus-tu ma seule muse ?
Celle que j'eus vraiment aimée...

lundi 24 août 2009

Point à la ligne

Comme sueur sur mon crane est la sève des pins,
et midi filigrane incruste son empreinte
dans les rides du front que les cieux ont dépeint,
sur chacun des affronts des amours qu'on emprunte...

Oh, Camille, et ton art, et ma main sur ta bouche,
qu'un crachat, qu'un mollard, noierait dans nos déluges,
ta salive est immense où mes mots donc, t'abouchent,
de notre inflorescence est un flux vermifuge...

Je regarde ta main, au bout d'un hameçon,
qui nous guide demain sur le bout de la ligne,
dessinant comme un trait ce que nos âmes sont.

Chaque geste m'effraie, chaque toucher m'indigne :
pour les perles d'azur dont sont si lourds tes yeux,
je suis prêteur d'usure, un éternel envieux.

jeudi 13 août 2009

Trousse médicale


Que l'on tousse en mourant, d'un tabac par signaux,
quand la fumée nous rend comme à un âne idiot,
que l'on cuise en enfer ou dans des déserts noirs,
rien n'arrange à l'affaire, où tout est laminoir...

Il faut sortir d'un trou lorsque s'y est mis gale,
et des viols de Dutrou dont il n'est martingale,
il faut crever ce ventre où le mou fait l'aloi,
et prier que tout rentre au chaos des Valois !

Margot !
Magot !
Dieu ne reconnaît pas les siens !
Ni les preux, ni les parnassiens !
Ni plus les chapardeurs d'azur :
Dieu n'est qu'un prêteur sur usure...

J'ai beau mettre les doigts dans les boyaux du verbe,
explorer tout ton toi, l'art du poète imberbe,
j'ai l'humain plein de sens et de vagues sucions,
dont je puise l'essence à toute dissection...

Et s'il nous reste au moins, qui effleure du mâle,
un seul brin de ce foin qui ne soit anormal,
un seul mot, un seul vers pour finir apaisé,
je veux bien, si pervers, être bon à baiser.

mardi 11 août 2009

Ronce-art

"Eh ! Mignonne, allons voir les dégâts du matin" :
ce qui pût l'émouvoir, se changea en mâtin,
et quoiqu'elle garda des morsures sensuelles,
ce ne sont que crocs ras et raccrocs du sexuel !

Et la larme sonore en goûtant du malheur,
sombre en la passiflore inhumant les douleurs,
vertigineusement, la tige se reploie,
baissant honteusement sa tête sans exploits.

Alourdie de sa sève, engorgée d'un sir haut,
la fleur qui porte d'Eve en pressions météo,
des fruits d'ouragans, se referme en rosée...

Si sans prendre de gant, on peut toujours oser
l'effeuiller sans vergogne et qu'enfin on la plante,
il y a cœur qui cogne en toute belle plante !

lundi 10 août 2009

Le quarantième rougissant


A Toi,



Mon corps en est une prison,
ils sont étrangement présents,
et tous les barreaux de mes côtes,
forcés comme des horizons
dépassant les trois fois treize ans,
sifflent des invités plus qu'hôtes.

Ils sont l'effroi, la canicule,
mes longs hiver et puis l'été,
me possédant d'un corps spectral ;
et dans mon cœur, mes ventricules,
ils font couler comme un Léthé,
le sang mêlé d'un dieu mitral.

Et sur la lyre du sternum,
telle un rang de fourches caudines,
ils s'élancent dans l'air mutique
d'un vol transmutant la sterne Homme,
la vie quelque peu anodine,
ma bulle pas pâle hermétique...

Je subis de puissants tonnerres
dans leurs venteux émargements :
ils sont aux nerfs, l'œil du cyclone,
sortant de l'encre du tonner,
du bic auquel la marge ment,
houleux sont mes raccourcis clones.

Sous mes latitudes australes
où se lapident planisphères,
tournent les mots dans leur rondeau ;
enfin, dans un ultime râle,
laissant ce qui aplanit s'faire,
ils s'extirpent de mon rond dos.

J'ai quarante ans et des poussières
et des lueurs de flambeaux,
pour me guider sur l'océan,
où mon demain qui pousse hier,
laisse au bateau quelques flancs beaux
et mes deux mains sur ton séant.

Buveur de méninges


J'ai déçu des avirons, et déplu, torrentiel,
A tous les environs des nues entourant ciels
crépus, que nous chinions dans les braderies fauves,
joutant tels les mignons des arches des monts chauves.

J'ai ramé contre courants d'air et flux électriques,
Pour le rayon qui rend, dit-on, l'art et la trique,
Pour des astres crevards et l'étoile phtysique
Coulant sur nos buvards, puisque écrire est physique...

Inonder les vallées d'un déluge arc-en-ciel,
Pour après l'avaler d'un seul vers potentiel,
Tel serait le destin des buveurs de méninges !

Sirotant l'intestin de jus morts-nés de singes,
Ils distillent les fruits de leurs vertes entrailles,
Abreuvant de leurs bruits l'univers qui déraille.

vendredi 7 août 2009

Aphorisme du jour


Si, à l'occasion, vous souhaitez me parler de vos voyages, n'utilisez pas cette expression : "J'ai fait" tel ou tel endroit...
On dirait une collection de timbres (au moins de cachets sur un passeport !)

jeudi 6 août 2009

La danseuse




(publié avec l'aimable autorisation de Valérie Leduc)


A Laura,

Si l'arc est la mesure offerte aux ronds de jambes,
A ces fléchissements dans des tensions extrêmes,
La danseuse est soumise aux notes qui l'enjambent,
Aux partitions d'un corps du triste à la Carême.

Ses lignes échappant au tracé synoptique,
Je m'efforce d'y lire un fuyant scénario,
dans un ex-angle exsangue où j'ai maté ma tique,
l'arrachant d'une veine, à mes mots, contrario.

Si les musiques sont l'instrument de torture
Où l'on pose le son et la femme en tourment,
Que nous reste le beau de cette conjecture...

D'une géométrie qui défie l'analyse,
Sa dynamique est fluide et dit le mouvement,
D'autant qu'elle déchiffre une « lettre à Élise ».

La fille d'Avril


(publié avec l'aimable autorisation de Valérie Leduc)


Sa douceur obsidienne a plus peau que vingt ans
Sur le dos d'une indienne au teint mat obsédant,
Elle est d'un mois sauvage aux averses prévues,
D'un moi l'anthropophage où s'avalent mes vues...

L'épistole est mitraille, heurts en sons syllabiques,
D'écrire ses entrailles à la pointe bic,
Mais les rythmes quiescents des tambours qu'elle inspire,
Martèlent d'impatients et de divins empires.

Et que se contorsionne un tronc autour de hanches,
Que l'encre m'impressionne en flots, en avalanche,
Des noirceurs de sa peau restent les clartés d'âme.

Et s'il n'est de drapeau pour en draper Madame,
Qui n'a pour oripeau qu'un suaire de flamme,
Que me restent ces mots pour parler de la femme !

lundi 3 août 2009

La main droite du diable


J'ai détissé la trame aux ordres stylisés,
Farine amère au seigle en sigle et à la main,
Signes de croix gammées que de deux doigts osés,
Bénirent les pourceaux :« vous êtes en chemin ».

Et comme d'habitude, ô masses qui dérivent,
La bête immonde est là, des abrutis la suivent.

Troc et vol aux vantards, tric-trac avec les masses,
Le viol de leur mémoire est un wagon blindé,
où s'édicte en hoquets, le droit par contumace,
Avant que de ne choir de leur perchoir guindé.

S'il faut des mots crasseux que l'ordre se déclare,
Et des démocraties, cerveaux aseptisés,
J'ai de Villon, macabre danse au fond d'un bar,
De l'urne funéraire, un vote à excuser.
Pas de pitié, saigneurs, pitié que vous faisiez,
Les larmes des nazis sèchent près des brasiers.
Ma peur y est aussi, redressez vos colonnes !
Sur le fil à méninge, étendez les drapeaux !
Un suaire est là prévu, pour chaque des consonnes,
Et la voyelle aussi, pour chaque des lambeaux,
Puisque, politiciens, vous disséquez le vide,
Et qu'impertinemment, vous bouffez du néant.
Vos mots me font glisser vers les déserts acides
Où, bien sûr, vous aussi, vous glissez lentement.

Et comme d'habitude, ô masses qui dérivent,
La bête immonde est là, des abrutis la suivent,
La bête immonde est là, des abrutis la suivent.

samedi 6 juin 2009

Etoilée toi ?

M’aille à Véga qui navigua !
Et toi, les toits, l’étoilée toi ?
Oh, rions aux rayons d’Orion !
Brûle pourpoint, joug des porions !
Brûle à tes joues, ta bonne mine !
Carmine, car mine est sanguine.
Et toi, les toits, l’étoilée toi ?
En ta tresse, Antarès est là !
Minore mine, or, minotaure !
Rets sont labyrinthe ou bien torts.
Défilés de stars à l’instar…
Castor et Pollux, à l’os tard…
Raisons de la polaire en froid…
Et toi, les toits, l’étoilée toi ?
Or, quoique je m’affirme amant,
C’est toi qui luis brillamment.


Michel P © 2009