vendredi 7 mars 2008

Himalayaque

Il y a l'Himalaya.
Il y a des chaînes à nos cous, nos pieds, nos coups de pieds, nos coups de coeurs.
Il y a Elle et moi,
Il y a les vrais amants, et l'Everest, en nage de fontes trop lourdes, qu'on effleure.
Il y a les lianes,
Il y a des végétaux qui nous lient, des vergers, tôt, qui fleurissent.
Il y a les Diane,
Il y a des déesses chasseresses et pêcheresses entre six troênes et deux narcisses...
Il y a l'halleluyah,
Il y a le Kirie Eleïson, qui rit à chaque rime qui nous sonne;
Il y a l'oeil, le sable et l'oyat,
Il y a les plages de sel, et quelques mots faits entre voyelles et consomnes.

Jusant

free music


La
marée
descendante
s'immobilise
impénitemment,
inexorablement,
inéluctablement,
désappareillant
l'unicité
rocailleuse
d'ultimes
rives.

lundi 3 mars 2008

La petite mort

free music


De peur que leurs méats coul' pas,

femmes et hommes et cynismes,

ont fait des franges et des pas,

le long d'un canal qui signe isthme !



Que sommes-nous à mesurer

des sexes dont on eut pouvoir,

la langueur qui put en entrer,

sans que rien ne sut s'émouvoir.



Des libertés qu'on s'arrachait,

reste le geste à plus vouloir,

et quelque sexe en fit retrait,

en toi, moi je sus me mouvoir.



Souviens-toi des jours innocents,

des arbres morts qu'on regardait,

sans se sentir jamais pensant

que notre mort y résidait.

vendredi 29 février 2008

Correspondances en papier de vers



Dedicated to an improbable Sinéad O'Connor,


D'une photo, de quelques mots d'une inconnue,

j'ai dé-tressé des nids, là-haut, tout près des nues.

Des nids de papier, et de phrases sybillines,

où les vers de cristal se brisent sur leurs lignes.

Des nids dénués de haine et faits de longs cils,

où traine encor, sessile, le prénom de Cécile...

Lorsque s'en iront d'Elle, en quelque froissement

d'aile, ou en un clin d'oeil, sans même un croassement,

mais juste un croisement de plumes et d'épées,

les feulements de page, incidemment gravés,

comme à l'auxiliaire s'ajoute l'épithète,

les "je" d'égo ne seront plus que maux de tête.

A reconnaître mon image en ce miroir,

touchant du doigt le tain, liquide à la mémoire,

nous déformant de ronds dans l'eau, tout concentriques,

J'ouvrai la porte de citadelles toriques :

--------------------------------------------------------de l'eau secrète !

--------------------------------------------------------De la salée !

Des vasques de larmes enfouies,

----------------------------------------------en fuite perpétuelle,

-----------------------------------transies...

--------------------------------------------Mais tellement belles !

-----------------------------------La nuit,

lorsque le reflet des astres rayonne,

--------------------------un autre bruit

que celui de nos âmes qui crayonnent.

J'ai suivi la main de Camille

sur les muscles de ses statues,

laissé mon coeur partir en vrille,

lorsque mari fut mon statut...

Mais les maris, Cécile,

---------------------------------vibrionnent !

les fleurs et les idylles,

-----------------potentilles

---------------tormentilles,

-------------------------s'embrouillonnent

en dehors de l'hermétisme de nos poèmes,

de nos correspondances en papier de vers,

et que, mêmes de papier, ta peau, ma peau, aiment,

sur les bordures, les borders, et leurs dévers...

Dans une vie passée, j'ai rêvé de Rimbaud,

et de ses verts tilleuls, je fis l'infusion,

mais, jamais d'autres mots, émasculant le "beau",

ne me concédèrent, de l'autre à l'un, fusion.


Tout mirage est un miracle à nos horizons,

car de nos soifs, il fait couler les oraisons.


free music

samedi 23 février 2008

Suis un cap sizun !

J'ai le souvenir d'une église,
le croassement des corbeaux freux,
sur la pierre où l'on mit en guise
de duc, l'effraie au cri affreux.

Oiseaux de jour, oiseaux de nuit,
à l'oiseau-lyre est malheur bon,
car dans ce qui, parfois, nous nuit,
nait l'instrument d'où sort le son...

La larme à l'oeil est alarmiste :
les mimosas peuplent d'odeurs
les frais vrillés jardins capistes,
qui n'en ont cure, du malheur...

Ne coule en moi que la rivière,
plongeant mes doigts comme les branches
d'un vieux chêne enserré de lierre,
dans l'onde lente qui l'épanche.

Tantôt si fou, tantôt si calme,
Il est tant enserré de mers,
que lui poussent aussi des palmes,
frondaisons inaccoutumières,

le Cap est un pays d'extrêmes,
entre sa lande et ses bruyères,
ses bois profonds, ses plages blêmes,
en secret, coule son estuaire.

Qui saura un jour nos mystères ?
qui s'intéressera enfin ?
Les vies écrites dans la pierre,
Oh ! Seule Toi en sait la fin !

vendredi 22 février 2008

Tendresse

Je me rends compte que cet endroit est le weblog qui dure : bientôt deux ans.
Il s'en est passé des choses, durant tout ce temps.
Lui, m'a surtout servi de grenier à grains.
Je l'avais créé lorsque les pubs ont débarquées sur MSN.
Je l'ai souvent délaissé.
Mais je n'ai jamais songé à le supprimer.
C'est peut-être lui mon "jardin secret pas si secret puisque public"...
Je l'avais créé sous l'emprise d'une drogue dure, 1m61, brune aux yeux "menthe à l'eau".
Comme quoi, on peut survivre à l'opalescence de l'absinthe et de l'absente !
J'ai de la tendresse pour cet endroit. Il est un refuge. Peu nombreux sont ceux à le visiter. Peu importe !
C'est mon antre !
C'est moi le patron ici ! Et je sers la limonade ! Et même les bocks ! Et ses bords sont verts comme les tilleuls !

Gardien de soirs

J'entendais rêver si fort un gardien de square,
le pauvre, enchainé aux arènes de Lutèce,
qu'à vouloir enfin devenir gardien de phare,
il perdait les notions de parisienne adresse...

Timbré, sous les lilas, sans être poinçonneur,
il ne percevait plus que lumières de nuit,
et ne s'imaginait pas mieux qu'en ce sauveur,
pour lutter, en lutin, contre ses insomnies.

Mais dans sa tour d'ivoire, il était solitude,
et ses fantasmes d'y voir des mers déchainées,
n'étaient que ces lumières qu'on tente à dresser,
comme des naufrageurs dont les feus sont Bermudes.

Treize ors

Des sept cités de Cibola,
d'Eldorado en fiêvre inquiête,
du Kafiristan aux incas,
le mythe errant, partout s'émiette.

Mais les trésors que je n'ai pas,
sont ceux qui animent mes quêtes,
dont les rêves guident mes pas,
aucun grand or ne vaut l'enquête !

Aucune carte ne décrit
mieux son chemin, mieux sa présence,
que cette succession d'écrits,
frôlant si près la déchéance.

Le lien qu'indique cette croix,
d'un parchemin imaginaire,
n'est pas toujours, comme on le croit,
plus riche que l'itinéraire.

A chaque vers, c'est une pièce,
ou un bijou, ou une gemme,
qui s'ajoute lorsqu'une liesse,
ou un soupir, me dit qu'on aime.

Avoir un peu d'or dans la main,
ne pas s'oublier à le taire,
vaut plus que tous les trésors vains,
s'il faut finir au cimetière.

mercredi 13 février 2008

Les fleurs du bien

Mais toujours dans l'apprêt, pleurissent les cols chics,
amidonnées forêts aux fronts de ces Omphales,
qui s'accrochent au cou d'Hercules anarchiques,
dont les sexes sont mous quand l'euphorie s'installe.

Pleurissent, pleurissent, les fleurs de ces toisons,
comme de l'oeil l'iris, les larmes à foison,
les crocs qu'au deal, de Lerne, en spécula Jason,
et sa peur subalterne, en unique oraison.

Sentir la mandragore et son parfum de fin,
qui comme un fond s'honore, habille le destin,
ces perceptions, ersatz, me sont à la pensée.

Hors le poids de cent heurts, qu'il me faille encaisser,
et les Postdamer Platz, qu'il me faille poster,
les fleurs du bien en leurre, en sont des maquillées.

mercredi 6 février 2008

La prose du transcybérien ou de la petite Cécile de France

Texte inédit non publié lors de sa rédaction

Mais l'algarade
-----------------entre ces coeurs fiévreux,
C'est l'esplanade
-------------------emplie de leurs fonds creux,
Des désespoirs
------------------aux amours éconduites
Et des miroirs,
-----------------des zéros de conduite...
Blâme !
Blâme !
Blâme !
La machine à broyer les âmes
Entre en action
Pour nos dérélictions.
L'incertitude,
Le doute,
La solitude
Et toutes ses redoutes,
Nos vaines fortifications,
Ô Jéricho !
S'effondrent au moindre horizon,
Dès le premier bateau.
Les usines
------------poussent,
-----------------------atomiques,
------------------------------------comme autant de champignons,
Mélusine
-----------tousse,
--------------------impudique,
---------------------------------Des fées, défait la Sion,
Ô Jerusalem !
Serpentine et céleste incantation,
Oh ! Jet russe à l'aine,
Tout près de ces plaies, les passions,
Les indicibles "je t'aime",
De ceux qu'on sert à profusion,
Les indices de vies vaines
Et de nos scarifications.
Rhume !
Rhume !
Rhume !
La machine à gratte-bitume
Refait de ses dents des chaussées,
Sur l'avenue des amertûmes
Dont l'on ne peut se défausser...
Ne nous restent donc que des failles,
Sismiques cités des deux sexes,
Où poussent nos bouquets d'entrailles
Comme une fleur mise à l'index.
Ainsi, quoique mon coeur défaille
Quand se révolte mon cortex,
J'ai tant de trains, d'infinis rails,
Que vient Novonikolaïevsk.
Transe
--------cybérienne,
----------------------volutes
-------------------------------envoutantes,
Danses
---------caucasiennes,
-------------------------vos luttes,
-------------------------------------on vous tente.
Nous roulons vers les fûmeries d'opium
Et des fins parfums de femmes fatales
Et d'aussi fatals que leurs sont les hommes
Quand ils se donnent en doses létales.
Nous glissons sur l'huile de parachine,
Nous filons des colliers de perles fines
Sur les défilés des gorges mandchoues,
Des cols ténors qui mènent à Bakou.
Alors,
-------sur nos lignes
---------------------télégraphiques,
J'ignore
---------quel insigne
-----------------------électronique
Arbore
--------cette ondine
-----------------------pan-magnétique,
Eclore !
---------Eglantine
--------------------Où rien ne pique.
L'ourlet d'une rose, ses lèvres,
Et des creusets brulants d'un or fondu,
Lorsque sa main, vers moi, s'élève,
Soudain, les heures de ce temps font dû.

samedi 2 février 2008

Les terres creuses

J'ai posé sur mes cervicales
un hémisphère cerbèral,
et la demi-coque de noix
aux gravités sans foi ni loi.

Quoique des deux, je pusse faire,
l'une à l'autre, elles se soudèrent
en planète à tête chercheuse,
quand s'immisce île en terres creuses.

Comment y nait un océan,
sinon de larmes en céans ?
De quel soleil voit-on le jour,
sinon d'un sourire à l'amour ?

J'étais dépité des pitiés
que m'accordaient les amities,
au rang floué d'un instrument,
le passé arrangeait présent;

mes bas de laine, aux moues pleureuses,
s'effilochaient, mes terres creuses
se remplissaient des autochtones,
des habitants des voies atones,

et les rigoles des césures,
de vers en fleuve, oh, si, c'est sûr,
de verres en pluie, des vins remplirent
les prédictions de mes plus noirs désirs.

les terres creuses connaissent aussi,
leurs conflits généreux en appétit,
leurs généraux confits et leurs zéros,
et leurs huns, transigeant à l'apéro.

On les retrouve morts aux vins d'honneur,
et quelques chants de nos stupeurs
marquent ces lieux de leurs croix blanches,
liquides mots dont on s'épanche.

Pour quelques-uns d'entre nous tous,
chassant fûmées dont d'autres toussent,
les terres poussent à l'envers,
le monde n'est que fourmilière.

Dans l'infini des galleries,
de tout ce qui n'est pas écrit,
les portraits sont encor vivants,
malgré les heures et les ans.

La lumière entre rarement,
spectrales sont les voix des gens,
mais les éponges des cerveaux
essuient les platres de seuls mots...

J'ai connu un monde inconnu,
une jungle et pas d'indiens nus :
la terre creuse que j'explore,
cherchant toujours ma cité d'or.

mercredi 30 janvier 2008

Les baux de l'ère

S'il faut que nous louions les heures que nous prîmes,
en vagues trublions, volant le temps louable,
et en cambrioleurs pour le chasseur des primes,
ne resteraient douleurs que d'encre et de cartables.

S'il ne restait que gris de ces tendres couleurs,
de ces deux coeurs épris, qu'en vers et contre tout,
la plume raconta, futaie des rémouleurs,
du bois dont on chauffa, la fûmée ferait toux.

Mais rien n'est éternel, ni les gens ni les choix,
ni la fibre charnelle, où sombrent nos désirs,
L'appétit insatiable est sans festin de roi.

De rester associable, en étant triste sire,
il faut comprendre enfin, qu'on n'est propriétaire,
que des vents où l'on vint, signer les baux de l'ère.

samedi 26 janvier 2008

Ex-Sud

Je ne suis pas un homme bon,
et quels que fussent nos empires,
au prix d'une seule chanson,
n'en resterait que souvenirs...

J'entendais les sons délaissés,
dont on se souvient par moment,
laisser glisser les mots pressés,
comme des citrons émollients.

Nous parcheminons des sentiers
faits de jolis petits cailloux,
que l'on pend aux gorges des belles,
sans pouvoir se pendre à leur cou.

Et des Samaries, capitaine,
magasinant les souvenirs,
point n'est la femme en tant qu'Eden,
juste vestiges de soupirs...

Dans ma Louisiane est un ex-sud,
des lianes m'y relient encore,
des Louises dont mon corps exsude,
des fièvres dont d'autres sont morts.

dimanche 20 janvier 2008

Les cercles de feu

Texte inédit non publié lors de sa rédaction

Lorsque les soirs d'été brûleront des aveux,
Que les cerveaux blessés sembleront déjà vieux,
Je resterai figé dans un rond, désireux
De boucles emmêlées en doux cercles de feu.

Lorsque les nuits d'étoiles m'auront rattrapé,
Que le bateau sans voiles viendra m'embarquer,
Je pâlirai d'un mal que le sextant froissé
Redressera, draps sales en des mers salées.

Des mers de lait d'ânesse où je serai féal
Aux sirènes, princesses d'aubes boréales,
Pharaonne maîtresse ou muse ou bien vestale,
Je tisserai sa tresse en phrases verticales.

J'adresserai des mots en signe de promesses
Que de profonds échos ramèneront en messes,
En sombre oratorio que l'on donne en confesse
Lorsque l'archet sangle eaux du con jusqu'à la fesse.

J'aborderai la terre, alors, en son sein chaud
D'où le puissant cratère évacue les manchots,
Montrant du doigt l'artère où coule vive chaux,
Acide et délétère et tremblante au cachot.

Je ferai des moissons de flores vivrières,
Et de fortes boissons de Malte imaginaire,
Sur son île sans fond, sa ruche carnassière
D'abeilles qui s'en font de n'être qu'ouvrières.

Je ferai ces grands feux qui soignent les poisons,
Cautérisant au mieux les plaies de la raison,
Fertilisant les lieux que l'on couvre à foison,
Pour un instant le dieu qui couvre sa toison.

Viendront les soirs d'été, brûleront les aveux
Que, parfois, l'on se fait comme on fait des adieux,
Et des cheveux défaits entre des doigts envieux
De boucles emmêlées en doux cercles de feu.

mercredi 9 janvier 2008

Sexe faible ?

Elles sont sous brumes ou voilettes,
inconscientes des mauvais temps,
et parapluies comme toilettes,
leur font visage de printemps.

Bruines, ruines, écroulements,
à vider des bourses remplies,
voleuses, comme l'est le vent,
violeuses comme sont les pies.

Qu'elles soient encor blé en herbe
ou séduites de mal en pis,
Leurs traines trainent tant de gerbes,
qu'on en serait encor épris...

C'est un sillon que Dieu leur fit,
pour ramender leurs pieux hymens,
qui restent comme un fruit confit,
des rois fit-on fêtes de reines ?

samedi 5 janvier 2008

Coutances


Si l'horizon, entre ses draps
a pris Coutances
-----------------en un ciel bas,
c'est qu'aux va-et-vient en voiture,
à prix coûtant, soyons-en sûrs,
on met sutures aux enchères,
et quelque roublardise amère,
----------------monnaie de singe ou bien du pape,
------------------------------qu'on garde en tour-lanterne aussi,
le clocher, content, tinte aux mers
----------------qui de si près toujours s'attrapent,
------------------------------comme un bouquet de nos vessies.
Ici, le vert bocage a retroussé ses manches,
route par route, l'humide asphalte de Janvier
fait ressembler ces premiers jours à des dimanches,
qu'on passe au coin du feu où brûlent les pommiers.
Les ombres linéaires
---------------de ces couchers précoces
----------------------------en ces veillées tardives
----------------------------------------suivent deux doigts d'édit,
les deux flêches de pierre,
--------------deux arbres sans écorce,
---------------------------de deux lignes cursives.
---------------------------------------Mais dit ? Le nord ment, dit ?
Et de Coutances,
-----------l'écho transi
-------------------par les frimas
---------------------------d'un nouvel an,
---------------------------------des cloches denses
----------------------------------------------de Villedieu,
-----------------------------------------------------se met à poêle
-------------------------------------------------------------et à vapeurs,
des cloches, danse,
---------la côte aussi,
-----------------sous le verglas
--------------------------des sentiments
---------------------------------que l'on condense
--------------------------------------------sous les frileux
---------------------------------------------------chants de Noël
----------------------------------------------------------en Chandeleur.
Paisiblement, vaquent les vaches
en d'autres champs; croisant, croassant,
quelques corbeaux un peu bravaches,
des étourneaux étonnamment
re-dispersés, libres et laches,
et le vol d'un couple de buses,
près d'arbres d'où ne se détachent
que, sous quelques bruits d'arquebuses,
tout ce gui qui danse en leur sein,
je m'imprègne d'un vert d'espoir,
sans boules qui soient aux sapins,
ni semblants qui soient aux miroirs.
Le printemps revient à Coutances,
chaque fois que l'hiver s'en va,
en attendant, avec outrance,
on se répète que ça va...
Loin sont les enfants de Saint-Lô,
et roués Rohans de Rouen,
bretons qui, en normand allo,
changent chacun de mes enfants.
Comme une étape à moitié Ouest,
------------------------le hâvre de paix en chemin,
-----------------------------------près de la baie du Mont-Saint-moi,
je prends d'envie ce qu'il me reste,
-------------------------pour bâtir un beau destin,
-----------------------------------------négligeant mes anciens émois.
J'aime, là, le vent doux qui souffle sur Coutances,
depuis presque douze ans que j'y ai mis les pieds,
et lorsque j'aurai Mai pour belle recouvrance,
les souvenirs de Brest, oh, s'y sauront noyés.
Un jeune chêne y pousse en bordure d'un pré,
à quelques kilomètres des flêches de pierre,
car quoi que nous semions, ça finit par pousser,
dressant vers des demains, ce qu'on y mit hier.

lundi 17 décembre 2007

Baiser à BucaBrest

J'aime tes sourires immatures,
tes caressables devantures,
tandis que meurent les coulures
des fatigantes défoulures...
BucaBrest reste une indigeste
revue de ruines et de lests,
et les villes viles qu'on molleste
une liste du reader's digest.
j'ai imaginé quelques sons pour m'étourdir,
soupirs,
souffrir,
et quelques cons pour s'interdire.
Il n'est nulle pensée qui freine le pas.
Le pas des lois,
le pas des vices,
l'appat des cuisses,
les glissades perpétuelles
que l'on consent pour ces quelques minutes impossibles,
que les femmes transforment en ritournelles,
qui chaque mois ne reviennent qu'en sang...
sensibles,
Pourtant.
Il faut se faire raison !
Oublier les nuitées enivrantes
et les nocturnes oraisons,
dont on se fait des prières entêtantes.
Il faut violer les horizons !
Et balayer devant chez soi !
Pour que d'un doigt, notre maison
redevienne maison de loi.
Victimiser, ne nous vaut rien !
Batissons des fonts délictueux,
où les anges et les vauriens
batifollent en amoureux.
J'accroche comme un mi bémol
les rides de tes joues à moi,
et d'un baiser que l'on immole,
un sacrifice à notre croix.
S'aimer prend peu de temps...
Mais le temps fuit de ses durites,
et s'adorer en tant qu'amants
sèche la langue, on s'en irrite.
Restent ces mots à s'exhiber,
pour quelques heures de palabres,
mais le premier qui s'en irait,
en ferait-il illusion glabre ?

dimanche 16 décembre 2007

Vile ville

Tentaculaire pieuvre aux ventouses, en vain,
surchargées d'outre-preuves en d'inconnues mains,
ma ville, je t'altère, aujourd'hui des demains,
que ton poids, comme haltères, fait peser en devin.

De ta circulation, où se presse sanguine,
l'orange évolution de ta terre en saisine,
de tes feux tricolores qui sont ta résine,
tout m'empoisse dès lors que l'on s'aime sans guigne.

Ô cité policée, dont j'ai fait ma banlieue,
comme de peaux lissées où l'on signe un aveu,
je voudrais à ton scalp, ajouter un paraphe,

tracé d'un coup de scalpel sur un paragraphe.
Que je te sois fidèle ou amant passager,
ville au baiser mortel, je te suis attaché.

Cold song

samedi 15 décembre 2007

La vallée du Blavet

J'en ai Blavet tout un été,
des sinueuses égéries,
anguilles dans mon cou blessé,
d'où j'ai pleuré et d'où j'ai ri.

J'ai dit de l'air à mon hôtesse,
quand elle m'a dit s'axphyxier,
mais des sentiments, sa molesse,
laissait un fret tout avarié...

Et les faux rires entendus,
la joie de vivre exagérée,
là non plus ne s'est confondue
à celle fuyant mes baisers.

Il me fallut par un beau jour,
prendre une route en décallage,
vers des sentiers aux beaux détours
qui repassaient à Larmor-plage,

pour effacer d'un coup de doigt,
les restes de festins foutus,
mais je sais bien ce que je dois,
quand de deux "vous", l'on s'est fait "tu".

Les pailles loin de nos cheveux,
que depuis longtemps je n'ai plus,
étaient les poutres des beaux yeux
qui brillaient tout en ayant bu.

C'était à Saint Barthélémy,
quel joli nom pour un massacre !
Ne pas l'avoir pour ennemie,
pour un peu que nos humeurs s'âcrent...

Mais j'ai senti sa main passer
comme un rideau sur mon sommeil,
et poser sur mes yeux blessés
la chaleur d'innocents soleils.

Et le matin qui s'est suivi,
tout habillé de son ciel bleu,
comme ce mur l'est d'un lavis,
la vie la vit sans fonds sableux.

Sans ces mouvances éternelles,
soudain la rivière à mes pieds,
dans son immuable ritournelle,
soudain je la sentis m'épier !

Main dans la main, sur le volant,
on m'ammena dans la vallée,
où pas si loin de mon ponant,
coule tranquille, le Blavet.

Restent sourires éperdus,
et quelques bières avalées,
j'en ai Blavet, j'en ai perdu
de mes amours à sa vallée.

WHISKY

Wapitant les grandes étendues écossaises,
Highlands époustouflants aux tourbes ennivrantes,
Il me faut, pour ces douches et pour ces falaises,
Speyside à mes côtés, de tant d'eau ruisselante,
Kirkcaldy, aux Lowlands, en tisane de malt,
Y restent les liqueurs qui abreuvent nos haltes.

jeudi 13 décembre 2007

Magnétude

Nous nous sommes hûmés,
---------------------------------------humains,
fougue animale,
-------du bon sens présumé,
--------------------------------------tes mains
ont mis à mal
------------------la rationnalité
--------------------------------------des liens
d'ordre lingual,
------------d'habitude ralliée
-------------------------------------aux fins
des lois nuptiales.
deux pôles qui s'attirent,
-----------------------------------magnétiques,
------------------------------------------------------limitrophes,
deux chapitres de soupirs,
------------------------------deux tryptiques,
-----------------------------------------------en trois strophes,
et vitriol et soude
-------------------------encaustiquent
---------------------------------------------un parfum
Que le jeu de leurs coudes,
-------------------------------élastiques,
----------------------------------------------entretient....
Liquide ! Ils sont liquides quand ils sont biens !
Et de son inquiétude et de lui mort de faim,
de leurs vissicitudes on voudrait un destin
et de leur magnétude avoir le mot de fin.

mercredi 12 décembre 2007

Deauville




Comme deux ados, à Deauville,
dose adulte, à deux ados vils,

Désir de donner à nos âmes
des ailes, nous nous promenâmes...

L'été d'automne était indien,
deux, tu l'auras, était un tien,

et les frolures de nos bras
ailaient l'allure de nos pas.

Allant fronts contre front de mer,
nous saouler du beau temps, de l'air,

du beau de l'air en cet instant,
nous battions ce pavé distant.

La riviera comme un diamant,
mirait ses facettes d'amants,

les bow-windows comme autant d'yeux,
sous cet ardent soleil radieux.

Puisqu'on ne sait se dire adieu,
qu'en revoyure où rira Dieu,

nous tacherons ne pas faiblir,
l'attache, rond dans l'eau, fait lire...

Et nos festivals palatins,
ni festifs veaux, ni baladins,

parmi ces gens, lèchent vitrines,
à ma peau, strophe est la lettrine...

Rêver une maison fantôme,
de ces baraques qui font home,

rue Delahante, biscornue,
et des numéros bis connus.

S'il eut fallu qu'on ait fait mer
d'après-midi bien éphémères,

des océans auraient poussé
entre nos corps trop délacés.

Dans l'avenir, il faut vieillir,
délavant nerfs et souvenirs,

pour chasser nos dos-à-dos vils
d'une autre overdose à Deauville.

Les chants d'outre-chute

Il m'est rarement arrivé de vous en parler...
Ce blog fut créé, un premier Aout 2006, parce que la bande à Gates se mit à nous coller de la pub sans nous demander notre avis. Ici, tel n'est pas le cas. C'était l'été 2006... J'étais amoureux d'une cybérienne : un gentil poison aux mirettes opalescentes.
Je lui avais promis de finir mon plan de travail pour "les chants d'Ouest dominants", et qu'après, je serais enfin prêt, résilient, un bel amant, un bel amour.
Je me suis trompé.
Nul ne peut se prédire !
J'ai buté sur l'avant dernier texte : "Corto et nous..." Il m'a fallu 136 pages pour l'écrire.
J'ai laissé ici le dernier, mais je n'ai pas terminé de publier "Corto".
Il est curieux de noter que j'avais commencé mon travail sur ce texte la nuit précédant notre rencontre.
Oh, Michel ! Tu es indécrotablement romantique : tu donnes du sens à des choses qui n'en ont pas. Pourtant... Pourtant : je n'ai pu m'empècher d'écrire en dehors de ce premier plan de travail. Ecrire sur Corinne. Tant écrire sur Elle. Comme on transforme à coups de tatouages, une peau en BD d'Hugo Pratt.
Je n'ai pas pu m'en empècher...
C'est ainsi que sont nés "les chants d'outre-chute".
C'était le 18 Août 2006 (je viens de le vérifier dans le carnet manuscrit). C'était un texte qui s'appelait "Arzal", lieu où nous nous étions donnés rendez-vous avec nos enfants jumeaux, quelques jours plus tôt.
Là, je commençais, sans le savoir, à écrire le chapitre "endroits en vers". Toutes mes pérégrinations qui le complétèrent ne furent pas moins que des prétextes littéraires.
Puis, un Vendredi 1er Septembre 2006, je lui écrivais "Magnétude", rien que pour Elle et moi. Ce fut l'amorce du chapitre "cordes raides et corps de rudes", pour tous ces textes dont le titre finit en "-ède" ou en "-ude"...
Ensuite, un 12 Octobre, peu après une "nuit perfide à St Brévin", je restai "Exsangue" : ce fut le premier texte déstructuré du chapitre des "archi-textures".
Et ce fut le lendemain de ma rencontre avec Patricia, un 22 Octobre, presque soviétique dans ma souffrance à Corinne, que j'entamais par "Révolue Sion d'Octobre", le chapitre "parchemins faisant".
Souffrir ? La seule bonne raison de souffrir, c'est écrire !
Alors, voilà !
Pleins de textes sont inédits. Certains s'écrivent encore. Je crois qu'ils sont abboutis. Ils sont le produit de la seconde partie de mon voyage transcybérien. Ce soir, j'ai décidé de les livrer. Je poursuis l'oeuvre de résilience : nul ne peut se prédire !
Pourquoi les "chants d'outre-chute" ?
Un : parce que je vénère Chateaubriand.
Deux : parce que j'aime tant chanter que je continue.
Trois : parce que, quand on a chanté et qu'on a chuté, que reste-t-il après ?

mercredi 15 août 2007

L'improbable chant du cormoran

Si c'est par un rêve qu'on entre en cauchemar,
Et d'un autre rêve que l'on en sort, dit-on,
Ou que nos vies soient si sensibles aux hasards,
Qu'importe alors de l'oeuvre que nous éditons ?
Le son des infinies variations, oui, peut-être...
Et nos témoignages, au jugement dernier
Des combats que nous menons aux fins de renaître,
S'accumulent en jours, comme dans un panier...
Mais s'apposent aux cris des baisers de velour,
Aux larmes de l'écrit, le sel d'embruns corbeaux,
Et d'embruns de folie pour l'océan d'amour
Qu'en plume noire ébène, abordent nos bateaux.
C'est cherchant à percer des banquises sans tain
Où les lueurs passées inversent leur image,
Que nous nous effrayons à coups durs d'un chemin,
Dont nous aurions voulu amortir le passage.
Alors, s'il faut tant et tant corps pour ressentir,
Que nos cravattes serties d'or nous font pourrir,
Comme quelques pendus que l'on greffe à la place
Des amants éperdus qu'eux seuls mêmes remplacent,
Fasse que ce dernier souffle soit opportun,
Et que ce vent se lève pareil aux matins,
Qu'il gonfle nos veines de voiles impudiques
Vers ces pieux rivages que nous savons uniques...
Si, de tous nos champs intérieurs qu'on laisse en friche,
Ne reste que germe etouffé que ronces griffent,
Nous laisserons sans peine, aux charrues du destin,
Le tracé du sillon qui se lit dans nos mains.

Mais quand l'autel dépasse
--------------------------------------Le poids des sacrifices,
Que nos poignets se massent
----------------------------------------Le long des cicatrices,
Vaines sont les bonaces
-----------------------------------Et tous les artifices
Que nos cales entassent
----------------------------------En frôlant les récifs.
Et Toi dont un seul mot
----------------------------------Dépourvu de mesure,
Ressemble à ce sanglot
-----------------------------Dont on voudrait qu'il dure,
Rassemble le troupeau
----------------------------------Des sentiments impurs,
A l'opposé des maux
-------------------------------Qui de nous sont fracture.
Célèbre les bûchers
----------------------------De mon inquisition,
Et les autodafés
-----------------------Surgis de mes questions,
Puisque tout doit brûler
----------------------------------Pour la résurrection,
Laisse-moi t'embrasser
---------------------------------De flammes de passion.

Et des cent mille feux que j'embrasais autour,
Qu'un ver veut ravageur comme on voudrait du sang,
D'onze mille verges d'Apollinaire en tours,
Oh ! Ce soir, je dresserai un camps décent.
J'absorberai des laves rouges d'effusions,
Des larves, des larmes et nos métamorphoses,
Des continents trop pleins et leurs transformations,
Et sur ma mer, les noms quel'on met au « Formose ».
Ces noms d'oiseaux qu'Homère a puisé dans le vent,
Faisant d'un corps mourant et de son galbe atroce,
Le fruit, la matière aux grands cris d'égo, et lents,
S'effriteront les schismes qui nous cherchent crosses :
Je broierai le manichéisme d'une main,
Je boierai sa sève comme on me vampirise,
M'abreuverai des pluies qui tomberont demain,
Eteindre l'incendie qui fut sous mon emprise.
Je suis l'oiseau du feu, de la terre et de l'air,
L'oiseau de l'eau, et, tour à tour, aux éléments,
Comme aux stuppeurs, un fanatique épistolaire
Pour prouver qu'en tout ça, comme en tout, elle ment !
La mante religieuse dévore son mâle !
Ne le saviez-vous point, ô pauvres ignorants ?
L'amante religieusement, aux fleurs du mal,
Savoure l'halali de, là, la lie qu'on rend...
Sur les septentrions règne un soleil nocturne,
Et sur les sept péchés se jouent des capitaux
Décapités, grimpant en lacets de cothurnes,
Sur la jambe d'argile, à chaque chapiteau
Des châteaux de cartes que nous nous construisons,
Et qu'un souffle de vent pourrait annéantir,
Quoiqu'on souffre devant nos portes de prison,
Quoiqu'on s'ouvre un instant, c'est toujours pour partir !
Mais le premier départ, il est hors de nous même,
Lorsque l'écorce tombe ou s'enlève la peau,
Une mort, ça se signe à son assassin blême,
de la lente extrusion des successions de mots.
Si l'on connait le Cygne et sa fin triomphante,
Dont le chant n'envie rien à ce Kookabura,
Qui dans son cri, d'une mélodie lancinante,
S'achève empalé d'une épine d'accacia,
D'autres volatiles, noirs, au vol sans orgueil,
Mais dont la longue apnée au profond des flots clairs,
Laisse au piètre nageur le souci des ecueils,
D'autres faux muets qui sont aussi les rois des airs,
D'autres oiseaux ont leurs notes adamantines,
D'autres Phoenix, un seul, comme un corps qu'on me rend,
Vous offre en ces vains mots, l'enveloppe intestine
Qui contint l'improbable chant du cormoran.



Compte à rebours : Il ne reste plus de texte à écrire. Voici qui clot le chapitre "Les champs intérieurs" et par la même, le troisième et dernier volet des "chants d'Ouest dominants", à savoir "Un peu plus à l'Ouest, capitaine..."
Tout est écrit. Tout est "kismet" !

Corto et Nous...

Ce texte dont le travail a pris près de 14 mois, et comporte 136 pages, fera l'objet d'un blog MSN, une fois dactylographié et protégé.

Compte à rebours : Reste 1 texte à écrire.

C'est ici !