Le pinceau de mon doigt dessinait curviligne
un trait gras que l'on doit arpenter à plus faim,
tel un corps affublé d'une fièvre maligne
aurait sur toi tremblé d'un orgasme plus feint.
Si la belle ode à l'X est un accord majeur,
j'aurai de Wikileaks une pornographie
digne au moins d'un maillot sur un Bébé nageur
et du sang les caillots que menstrues pétrifient.
Mais le rouleau des mains qui passait sur ton dos,
de jours nuits à demain dans notre confusion,
dégorgeait ses désirs dans ma plume infusion.
Je grillais sur tes fesses comme un tournedos
en n'ayant de fèces aucun étron mineur ;
je n'avais qu'à saisir les plis de ta minceur.
C'est
entre Sèvre(s) et Babylone, Entre le Tigre, entre l’Euphrate, Et
ces trésors qu’on abandonne, Dans des Paris qu'un rien
épate, Et des Nabuchodonosor Avec un fin fil à la patte, Avec
l’écho du mauvais sort, Et des passés que rien ne gâte.
C'est
entre Sèvre(s) et Babylone, Comme deux cours dociles, gais, que
coule en files monotones Le flux des jours qui m’importaient, La
mélodie de leurs klaxons, Qui dans ma tête avant chantait, Comme
un seul chœur que Cora sonne, Et que Vocker pure enchantait…
C'est
entre Sèvre(s) et Babylone, Qu'au confluent de leur chemins, En
épousailles, qui fusionnent, En rue du four, si c’en est
un, J’ai pris du temps, j’ai fait du tort, J’ai fait la
manche et pris sa main, Serré son corps contre mon corps, Comme
on descend la rue Dupin.
Rues
de Sèvre(s) et de Babylone, Par le boul'vard si
transpercées, Comme on ras’paille avant l’automne, Comme
les blés, j’étais fauché, Mais d’afflictions qu’on
affectionne, Reste l’image de l’aimée, Même si mal, à ma
déconne, A ma bêtise à bon marché.
C’est
entre Babylone et Sèvres, Ma Mésopotamie de l’âme, Que je
posai dessus ses lèvres, De mon poison l’effet infâme, Mes
mains dans ses cheveux vieil or, Et du métro, d’infinies
rames, Impoli train dans ce décor, Et dont la bouche a pris LA
Femme…
Je me mets à rêver
d'une cigarette opiacée
brûlant
comme une allumette à Formose,
et d'un art révélé tel un Dieu haut-placé
sur l'or pulvérulent
de la métamorphose.
Des Bouddhas effarés
par des forêts de cognassiers
fervents,
pareils aux moulins à prières,
eux se sont dégrafés de nos croix en acier
et de nos croix de fer, vents
persiflant leurs prix hier.
Je subodore alors,
par le grand prisme opacifié
d'Orient,
l'inéluctable interruption
de l'arc multicolore aux soudés pacifiés
soumis à l'océan,
à sa lente éruption.
Les radeaux clandestins
tanguent dans les fumeries
d'opium ;
j'ai croisé Lumet à Formose :
épris de quel destin, Sydney qui fut, me rit ?
Mort aussi d'un lymphome,
hors ma métamorphose...
J'ai, dans le ventre de ma mère,
sucé d'insoupçonnables drogues,
fruits délicieusement amers,
cuits dans un improbable grog.
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